"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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mercredi 7 août 2019

Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours

Ne jamais oublier que la Méditerranée est le grand cimetière de réfugiés en détresse et celui de nos valeurs européennes. Jamais plus je ne pourrais regarder cette mer comme je la regardais avant. Ne jamais oublier.


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Plateau de Saclay, Triangle de Gonesse, et tous les projets de bétonnages même combat ... Lutter contre la mort et ses valets.


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Le pyromane fou ... no comment !


dimanche 21 janvier 2018

La France renonce à l'Exposition universelle 2025


« La France n'organisera pas l'Exposition universelle 2025. Samedi, Pascal Lamy, président du Groupement d'intérêt public Expofrance 2025, en a été informé dans un courrier de deux pages signé par Edouard Philippe. "J'ai décidé de ne pas donner suite à la candidature de la France à l'exposition universelle, qui sera retirée", écrit le Premier ministre. […] Dans la lettre adressée à Pascal Lamy, le Premier ministre pointe les "faiblesses structurelles" du modèle économique du projet. […] Dans le contexte de "redressement de nos finances publiques", le chef du gouvernement refuse donc de "grever l'avenir [...] d'engagements supplémentaires non maîtrisés". » nous relate le JDD du 20 janvier 2018.

Ainsi donc Edouard Philippe annonce le retrait de la candidature française à l'Exposition universelle 2025 pour et uniquement pour des raisons financières. Je ne peux que saluer, après l’interdiction de la pêche électrique et l’abandon de Notre Dame des Landes cette nouvelle excellente nouvelle. De mon coté, j’avais pointé du doigt, dans mon texte du 9 décembre 2017, cette absurdité économique : « Pour combattre la misère ou bien pour financer la recherche ou les hôpitaux publics, on nous affirme qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'état et qu'il faut arrêter de rêver mais, qu'en revanche, pour organiser des JO ou une écocide Exposition Universelle, totalement mégalo, consumériste et détruire, par la même occasion, des terres nourricières, on trouve, comme par miracle, les budgets, sans aucun problème. » Le premier Ministre nous confirme que l’on ne peut pas tout, et c’est une excellente chose.

Cependant nous pourrons avoir un petit sentiment d’amertume, en regardant les raisons pour lesquelles le gouvernement a été amené à abandonner les deux projets inutiles de notre Dame de Landes et l’écocide Exposition Universelle … ce n’est jamais la protection de l’environnement, les raisons écologiques ou la recherche de la durabilité qui apparaissent dans les raisons qui poussent nos dirigeants à renoncer. On renonce toujours pour des raisons financières jamais pour protéger l’environnement. En cela les « En Marche » n’ont toujours pas entamés leur conversion à l’écologie et sont toujours des productivistes, certes peut-être plus pragmatiques que des PS ou bien des LR, mais des productivistes toujours partant pour bétonner si, économiquement, cela est rentable.

Quoi qu’il en soit, une fois de plus, on ne va pas bouder notre joie de voir un projet absurde et destructeur être abandonné. Cette semaine aura été faste pour les luttes écolo, on n’a pas l’habitude … mais c’est bon quand même. J’en ai presque la tête qui tourne.

Ainsi donc des batailles se gagnent, même si l’honnêteté nous oblige à dire qu’on ne les gagne pas avec notre vision, mais on en gagne quand même en ce moment. Mais la guerre contre les saccageurs n’est pas terminée. Il nous reste beaucoup de travail pour faire comprendre, au plus grand nombre, l’urgence environnementale. Il nous reste à faire comprendre qu’un métro lourd sur le plateau de Saclay serait la mort des terres agricoles. Il nous reste à faire comprendre, dans le cadre des crises climatiques et énergétiques, l’urgence de protéger les terres agricoles périurbaines comme celles du triangle de Gonesse. Il nous reste à faire comprendre que notre modèle économique, basé sur la consommation et la croissance, n’est qu’une fuite en avant et qu’il ne peut être la solution puisqu’il est le problème. Reste à faire comprendre que la protection de notre environnement vital est incompatible avec un mode de vie où nous ne changerions rien, où nous ne renoncerions pas, où nous refuserions la sobriété. Il nous reste à faire comprendre que nous n’avons qu’une seule planète, qu’un seul habitat et qu’il nous faut le protéger si nous ne voulons pas disparaitre et n’être qu’un phénomène fugace dans l’histoire de ce vaisseau spatial aussi beau qu’il est fragile.

lundi 1 janvier 2018

Que nous souhaiter pour 2018 ?


Que nous souhaiter pour 2018 qui ne l’aura pas été pour 2017, mais avant également pour 2016 ou 2015 ? Nous nous sommes souhaités la paix et l’amour et tous deux ne sont pas arrivés. J’ai une pensée très émue pour tous ces hommes vendus en Syrie en 2017, comme aux pires temps de l’esclavage en Europe. J’ai une pensée compassionnelle pour tous les morts et survivants des traversées méditerranéennes. J’ai une pensée pour tous les martyres de la cause environnementale, à l’instar d’Isidro baldenegro Lopez, de Mias Mascarinas-Green, de Gordom Strom, de Santiago Maldonato, de Wayne Lotter ou bien encore de Ruben Arzaga, tous morts, en 2017 pour avoir voulu protéger notre Terre des saccageurs assassins. En 2017, 185 défenseurs de l’environnement auront été tués. Nous nous sommes souhaités une prise de conscience environnementale, mais force est de constater que les voyants sont toujours autant au rouge car même les écolos partent en vacances à l’autre bout de la planète, en avion et la plèbe s’enthousiasme pour une écocide et inutile Exposition Universelle 2025, prévue sur le Plateau de Saclay, en lieu et place de terres agricoles. Nous nous sommes souhaités la santé et le bonheur mais le glyphosate coule toujours de nos aliments et la consommation ne nous contente toujours pas. Mais d'un autre coté il est vrai que "la France n'a pas besoin de gens heureux, elle a juste besoin de consommateurs" comme nous le rappelle Nicole Ferroni dans son sketch sur la méditation.

Dès lors cela a-t-il encore du sens de se souhaiter des choses que, de toute manière, nous ne mettrons pas en œuvre ?

Mais sans souhaits et donc sans espoirs, la lutte pour la survie de nos enfants n’est pas possible. Aussi rappelons-nous toujours que l’espoir fait vivre et ainsi j’ai espoir que nous trouvions le chemin de la sagesse et que les religieux lâchent un peu du lest sur leurs certitudes et se détendent.

Espoir que nous trouvions le chemin de la sobriété heureuse … heureux de participer à la durabilité de l’espèce humaine qui est, reconnaissons-le, aussi stupide que magnifique.

J’ai espoir que cette année, le projet inutile d’Ayraultport de Notre-Dame des Landes soit enfin et définitivement enterré et la ZAD pérennisée, confirmée dans son rôle d’expérience alternative, écologique et solidaire. Le Gouvernement saura-t-il enfin écouter les arguments objectifs des opposants, légitimés par le rapport des experts ou bien cédera-t-il aux lobbies du béton et de la destruction ? Janvier 2018 sera le mois de la grande décision entre saccage et sagesse. Le mois de tous les dangers.

J’ai espoir, à l’instar du sociologue, Jean-Baptiste Comby que nous ne passions plus « sous silence les causes collectives et structurelles de la destruction de l’Environnement : l’aménagement des villes et des transports, l’organisation du travail, le fonctionnement de l’agriculture, le commerce international, l’extension infinie des marchés. C’est en imaginant et en luttant pour d’autres organisations sociales que nous rendrons possible l’adoption durable de styles de vie à la fois moins inégaux et plus respectueux des écosystèmes naturels. »

J’ai espoir que nous nous regardions enfin avec respect et fraternité, espoir que les plafonds de verre explosent enfin. J’ai espoir que les femmes ne soient plus méprisées, maltraitées, humiliées, vues comme des proies. J’ai espoir que nos frères noirs ne soient plus relégués, avec condescendance, à des travaux de services aux blancs révélant un simulacre d’égalité française, vestige d’une culture collective coloniale niée mais finalement toujours présente dans notre inconscient collectif. J’ai espoir que la juste colère contre les extrémismes religieux ne soit plus un prétexte de haine envers les croyants et que nous retrouvions l’esprit de la laïcité, seule garante des libertés de tous. J’ai espoir que les plus pauvres, les plus précaires d’entre nous ne soient plus vus comme les causes mais bien comme les victimes d’une crise systémique mondiale, et encore moins comme de vils profiteurs d’un système qui favorise, pourtant et quoi qu’on en dise, les plus riches sans que les envieux n’y voient a y redire. J’ai espoir que nous retrouvions la raison et que nous cessions d’inverser les valeurs car l’argent et la convoitise ne sont que de bien piètres maître et maîtresse. 

Et ainsi devant ces 326 jours de production d’électricité, 100 % renouvelables, au Costa-Rica, en 2017, j’ai espoir. Le pays vise le zéro CO2 en 2021. J’ai espoir devant la réduction record du trou de la couche d’ozone, qui a atteint sa plus petite taille en 2017 depuis 1988 et devrait continuer à se résorber. J’ai espoir devant la plus grande réserve naturelle, préservée pour 16 ans, en Arctique et grande comme la Méditerranée à l’instar des 1,5 million de km2 préservés en Antarctique et qui en font la plus grande réserve marine du monde. J’ai espoir quand je vois les deux espèces de Kiwis de Nouvelle-Zélande passer, grâce à des mesures de protections, d’espèces "en danger" à espèces "vulnérables" éloignant le risque d’extinction. J’ai espoir devant les 66 millions d’arbres plantés, en 12 heures, au nord de l’Inde pour lutter contre les changements climatiques. J'ai espoir quand le vois que la Chine, autrefois premier marché pour les défenses d'éléphants de contrebande, vient de promulguer, le 28 décembre 2017, l'interdiction totale du commerce de l'ivoire. "A partir d'aujourd'hui, l'achat et la vente d'ivoire et de produits de l'ivoire par les marchés, les magasins et les commerçants est hors-la-loi", a déclaré le ministère des Forêts sur son compte Weibo. Le ministère précise que l'interdiction porte aussi sur le commerce en ligne et sur les souvenirs achetés à l'étranger. J’ai espoir quand les Hommes sont de bonnes volontés même si j’exhorte à passer à la vitesse supérieure afin de gagner la guerre engagée contre la nature (selon les mots d'Hubert Reeves) et voir la conservation des équilibres écologiques l'emporter sur la destruction et l'effondrement.

Ainsi donc en 2018 je ne change ni d'idéaux, ni d'objectifs, ni de rêves, j’ai toujours espoir que la paix, la compassion et l’amour de l’autre et de notre Terre soient portés comme des étendards modernes et universels même si 2017 aura été une année catastrophique pour la Terre des Hommes. Et c’est avec cet espoir, accompagné d’une conscience éveillée, que j’aborde cette nouvelle année que je vous souhaite belle, heureuse, bienveillante, pleine de réussites décroissantes et d’amour.

samedi 9 décembre 2017

Non et toujours non à l'Exposition Universelle sur le plateau de Saclay


Pour l’Exposition Universelle de 2025, sur le plateau de Saclay, il n’y aura pas besoin d'enquête publique, pas besoin de demander aux gens s'ils désirent, ou non, que l'on bétonne les terres cultivées. Les élus la veulent cette exposition, pour leur plus grande gloire, et il n’est pas question de demander au gueux leur avis. Pi, il le sait pas encore, le peuple, mais il sera heureux, le peuple, avec cette exposition à 50 euros l’entrée. On le fera rêver, le peuple, il en a besoin en ce moment, le peuple. Mais comment ne pas « douter que l’exposition universelle ne sera qu’une fête populaire appuyée sur un modèle écologique vertueux ? S’interroge mon amie, Anne Launay, conseillère départementale EELV de l’Essonne. Comment imaginer que le quotidien des habitants du bassin de vie du plateau de Saclay ne sera pas impacté avec la visite d’au moins 270 000 personnes par jour, et ce pendant 6 mois ? »

Pas besoin, également, que les élus du département connaissent les budgets alloués, on ne leur demande juste que de voter, comme un seul homme, "OUI". Anne Launay, me rappelait que lors du vote du budget elle avait demandé à avoir accès au dossier, à avoir les chiffres mais on lui a répondu que c’était « top secret », plus secret encore que le secret défense, car il ne faudrait pas que les japonais, également en lisse pour une expo en 2025, tombent sur ces infos. Ainsi, à part Anne Launay et Hélène Dian-Leloup, deux élues (EELV) du groupe d’opposition RGE (rassemblement de la gauche et des écologistes) au conseil départemental, tous les autres élus ont voté cet engagement financier fantôme (avec prise en charge par les collectivités de l'éventuel déficit de l'expo*). Les JO de 2024 ne vous ayant pas assez ruiné, les mégalos productivistes, qui veulent absolument leur exposition universelle, vous sonneront l'hallali. En clair que nous dit-on là ? Pour combattre la misère ou bien pour financer la recherche ou les hôpitaux publics, on nous affirme qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'état et qu'il faut arrêter de rêver mais, qu'en revanche, pour organiser des JO ou une écocide Exposition Universelle, totalement mégalo, consumériste et détruire, par la même occasion, des terres nourricières, on trouve, comme par miracle, les budgets, sans aucun problème, que l’on fait voter par une assemblée d'élus godillots, tous drapés des vêtements des gens sérieux et réalistes, qui savent mieux que nous, pauvre chair à produire, puisqu'ils sont élus, ce qui est bon pour la croissance, ce qui est bon pour notre futur.

Et qu'importe, enfin, que l'on soit obligé d'accepter la charte des expositions internationales qui demande, aux états organisateurs, le cas échéant, de déroger aux lois d'urbanisme et environnementales, car une seule chose compte ... en mettre plein les yeux au monde entier, il faut que ces 6 mois de fête consumériste soient de l'extase à l'état pur, loin de ces pisse-froids d'écolos et qu'importe l'appel des 15000 scientifiques qui alertent sur l'état de notre environnement et qui nous conjurent de penser autrement et de cesser de détruire.

Sur le plateau de Saclay «une zone de protection naturelle de 2300 ha de terres agricole et forestière a bien été créée mais c’est une coquille vide. Elle n’est pas soumise à un règlement comme peut l’être un parc naturel régional et ces intérêts ne peuvent être défendus devant un tribunal en cas d’abus. Par ailleurs, son comité de pilotage n’est composé que d’élus. Il ne comprend ni associations locales ni agriculteurs », nous rappelle Anne Launay. « Comment va-t-on se déplacer sur le plateau durant les six mois de l’exposition ? - poursuit l’élue écologiste - on attend 50 millions de visiteurs soit 270 000 personnes chaque jour. La N 118 est déjà saturée. L’aéroport d’Orly a atteint ses rotations maximales et la future ligne 18 est conçue pour 100 000 voyageurs par jour.» Il n’y a pas de réponse à ces questions mais une chose est sûr, la ligne de métro 18, puisqu’il faut en parler, sera, à n’en pas douter, la fossoyeuse des terres nourricières du plateau. Cette ligne insuffisante pour l’exposition universelle et surdimensionnée pour l’après expo, appellera à poursuivre l’urbanisation du plateau afin de la justifier. La fragile protection des terres agricoles ne tiendra pas longtemps devant la nécessité de construire une ville nouvelle. De cela les élus bétonneurs et saccageurs en sont très conscients. On les voit déjà se lécher les babines devant des promesses en béton. Une réponse, via un tram sur le tracé de l'actuel TCSP, serait bien plus pertinente en associant légèreté, sobriété en carbone, avantages des bus et des métros sans leurs inconvénients et une modularité plus grande, mais cette solution, plus sobre et moins tape-à-l’œil, a de suite été rejetée par les élus locaux qui veulent leur métro lourd, dans une sorte de course à la plus grande ...

Ainsi donc cet événement, dont le thème est « la connaissance à partager, la planète à protéger », va commencer, pour être organisé, par détruire et pour toujours des terres cultivables et des terres forestières. Quelle absurdité sans nom. Quel révélateur de la duplicité, de la mauvaise foi, de l’hypocrisie, de la sournoiserie de nos élus qui s’affichent tous, pourtant, comme totalement convaincu de l’urgence écologique. A l'instar de Myriam Cau, Élue EELV dans le Nord, je dis qu'il est maintenant avéré que notre pays, la France, qui multiplie les discours de la Cop21 au MakeThePlanetGreatAgain ne fait rien pour atteindre ses propres objectifs et cela est très grave pour notre avenir.

La transition écologique attendra. La prise de conscience et les actions seront pour plus tard ... La croissance d'abord, la fuite en avant toujours, l'aveuglement comme étendard.

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*Dans sa délibération, la CPS (communauté du Plateau de Saclay) a refusé cette prise en charge, ce qui ne veut d'ailleurs pas dire que les villes, qui la composent, ne seraient pas obliger de le faire. La délibération de l'Essonne mentionne que la CPS ne garantie pas le déficit, mais ne dit rien sur ce que fera le Conseil départemental de l'Essonne en cas de déficit de l'expo (comme quoi malgré toutes les promesses nos élus et autres promoteurs ne sont pas si sûr que cela du succès) ... dans tous les cas si déficit il y a, se sont les contribuables qui paieront.

mardi 11 avril 2017

Non à l'expo universelle de 2025 sur les terres agricoles


Vous ne trouvez pas qu'il manque un beau lotissement dans ce paysage « sans rien » du bocage normand ? Ou une zone commerciale. Ce serait bien une zone commerciale dans ce vide inutile. Non ? Ou un parking pour camping-car. J’y verrais bien un parking. Comme ça on pourrait venir en voiture admirer ce beau paysage … et y jeter quelques déchets gras après le pique-nique. Ou un aéroport. On en manque tellement en France. Ou un Center-parcs écologique. Ou un métro aérien pour regarder, depuis les rames, ces magnifiques espaces agricoles ? Quoiqu’il en soit, nous sommes tous d'accord pour dire qu'il y manque cruellement des aménagements afin de valoriser ces espaces qui ne servent à rien et qu'il faut reprendre les choses en main afin de doper la croissance. Ou une exposition universelle en 2025 ?

Une exposition universelle ?

Une exposition universelle c’est ce qui menace, une fois de plus et après le cluster scientifico-immobilier de Paris-Saclay, les terres agricoles du plateau de Saclay et que soutiennent les villes pilotes des Ulis, de Massy, de Gif-sur-Yvette et d’Orsay avec des arguments à totalement courte vue : 40 à 60 millions de visiteurs, 23 milliard d’euros de retombées économiques et 160 000 création d’emplois selon l’édito, d’avril 2017, de Madame le maire des Ulis. 160 000 créations d’emplois ?!?! Qui et quoi ? Quand et pour quelle pérennité ? Rien n’est dit, mais on nous promet tout de même 160 000 emplois. Du pur foutage de gueule. Qui va croire ça, à par le productivite lambda ou l'adepte du dogme de la croissance ? Mais qu'importe, la magie est lancée et elle justifiera tout. 160 000 emplois !!! Évidemment, avec un El Dorado pareil, la destruction des terres agricoles est ensuite assez facile à vendre. Pour ces gens là, la fin justifie tous les moyens, même la non-durabilité, même hypothéquer l’avenir. Tout cela dans une vision d’un monde merveilleux d’urbanisme gigantesque, selon les propres mots de Madame le Maire, avec un globe terrestre de 127 m de diamètre, des jardins, des activités (temporaires), des promenades (dans un environnement bien maîtrisé et sans nature). Et après ? Que deviendront, une fois la liesse passée, ces terrains définitivement détruis, définitivement stériles pour produire de la nourriture ?

Seront-ils à l’image des 215 hectares de l’exposition universelle à Séville de 1992 qui s’étendent sur l’île de la Cartuja et qui sont dans un état de délabrement avancé. 70% des infrastructures de l’Expo ont été progressivement démolies puis laissées en friche, par manque de projets portés par la ville. De même, le pavillon des Pays-Bas (The Dutch Pavilion), élaboré à l’occasion de l’exposition universelle de Hanovre de 2000, est un bel exemple de la vanité de ces événements extrêmement fuguasses et dispendieux. Après l’exposition, le pavillon a été rapidement abandonné laissant, sur place, une friche atypique. L’exposition universelle de 2000 aura été marquée par un gouffre financier inattendu, accueillant des spectateurs en deçà des attentes, 18 millions de visiteurs au lieu des 40 millions prévus, une différence pas négligeable

Combien d’environnements naturels saccagés, selon les mots du Commandant Cousteau ? Combien de terres agricoles sacrifiées avec de belles incantations totalement greenwashing ? « Homme, nature et technologie » pour Hanovre 2000 ou bien encore « la connaissance à partager, la planète à protéger » pour le Paris-Saclay de 2025. Quelle infamie ! Combien de montagnes défigurées, de rivières détruites ou détournées, de forêts rasées, de biotopes, fragiles et uniques, dévastés, de champs bétonnés pour une éphémère exposition universelle, ou pour des jeux olympiques qui n’enrichissent que les multinationales et les entreprises du BTP ?

Ainsi le contraste entre l’éclat doré des médailles et l’obscurité des après-JO ne semble pas avoir d’égal. La préparation des J.O. fait souvent polémique dans le pays d’accueil : il faut en effet construire des immenses complexes sportifs extrêmement coûteux et parfois chasser des habitants (souvent pauvres) de leurs habitations qui sont détruites. Tout cela pour quoi au final ? L’impact environnemental des cimetières olympiques est considérable, notamment dans les zones montagneuses, où les aménagements survivent rarement à la durée de la compétition. Finalement, toutes ces installations olympiques finissent, pour une grande majorité, abandonnées, désertées et envahies par la nature. Piscine et village olympique de Berlin (JO de 1936), tour de saut à ski à Cortina d’Ampezzo, en Italie (JO d’hiver de 1956), tour de saut à ski à Grenoble (JO d’hiver de 1968), gare de train au stade olympique de Munich (JO de 1972), piste de bobsleigh, piste de saut à ski et complexe olympique transformé en cimetière à Sarajevo à Sarajevo (JO d’hiver de 1984), Court de tennis à Atlanta (JO de 1996), Tribunes, parcours de kayak et canoë, Piscine olympique, fontaines au village olympique, Terrain de beach-volley, bassin de plongée et bassin d’entraînement à Athènes (JO de 2004), Arène de beach-volley, parcours de kayak à Pékin (JO de 2008), Stade olympique de Sotchi (JO d’hiver de 2014) … Le sort réservé aux sites Olympiques est trop souvent réduit à l'abandon, pur et simple, des infrastructures, et trop peu de pays ont réussi la reconversion des lieux. Pour trois semaines de gloire, c’est beaucoup d’argent gaspillé quand on voit les ruines de ces installations. Des terres définitivement détruites pour l’Homme et sa survie.

Qu’importe que l’environnement de leurs concitoyens soit à jamais défiguré, les responsables politique auront eu leur heure de gloire. Ces gens, drapés de la bonne conscience inconsciente, sûr de leur bonne idée, de leur légitimité et de leur bon droit, ne sont pas raisonnables.

Ainsi cette notion « d’espace sans rien » me vient réellement d'une phrase d'un élu des Ulis qui, à l'époque où j’étais moi-même élu, me l'a sorti pour justifier le bétonnage, ne voyant plus le lien entre terres agricoles et bouffe qu'il achète. En substance, il me disait que « ce n’était vraiment pas si grave de bétonner les terres agricoles puisque l'on pouvait toujours aller chez Carrefour ». Cette disjonction, je ne cesse de la retrouver, au cours de mes nombreuses conversations. Mes interlocuteurs ne réalisent plus vraiment que notre nourriture provient de la terre et combien, ce que l’on achète, est dépendant du pétrole. Souvent mes interlocuteurs ne réalisent pas qu’il nous faut beaucoup de pétrole pour produire et acheminer notre nourriture jusqu’à nous et que cela représente une vulnérabilité incroyable. Mes interlocuteurs ne se demandent jamais pourquoi il n’y a pas de famines en France en hivers alors que nos champs sont vides. L'importation massive de nourritures à grand coup de gaz à effet de serre est devenue une chose normale. Un non-problème. Nous sommes des malades perfusés au pétrole, supprimez-nous notre perfusion et nous mourrons. Mes interlocuteurs ne se rendent pas compte que dans une période post-carbone, produire, comme nous le faisons actuellement, ne sera plus possible et qu’il nous faudra impérativement produire local et devenir sobre et frugal. A force de consommer, de consumer la planète, nous sommes passés de l'ère de l'abondance à l'ère de la rareté qu'il faudra gérer.

Ainsi, j’ai pour habitude de montrer, par un modèle simple, combien cette vulnérabilité est une réalité à craindre. Prenez les pâtes alimentaires. Pour les produire, il faut du blé et pour produire ce blé il faut des tracteurs pour labourer, des tracteurs pour semer, des moissonneuses batteuses pour récolter, des camions pour acheminer le grain aux silos puis aux usines, puis des camions pour acheminer les pâtes dans les supermarchés. Que des machines qui consomment du pétrole en grande quantité. Ainsi tout cela n’est « possible » qu’avec un pétrole à moins de 100 dollars le baril. Mais à 400 ou 500 dollars, nos pâtes bon marché seront –elles toujours aussi accessibles ?

Ainsi pour tenter d’enrayer un effondrement possible (cf club de Rome), l’urgence est de produire autrement, de produire localement et de saison … d’engager la conversion écologique de l’agriculture. Mais encore faudrait-il que cela soit encore possible. Pour ce faire, il faut qu’il y ait des terres à profusion et à proximité des villes. Et à raison de 100 000 ha qui partent sous le béton chaque année en France, il n'est pas certain que cela soit encore vraiment possible. Dès lors, ceux qui ne voient pas cela et poursuivent leur volonté de bétonner portent, pour moi, une énorme responsabilité dans le chaos à venir et seront responsables d’un crime contre l’humanité dont j’espère qu’ils seront encore vivant pour répondre de leurs actes inconscients. Vous reprendriez bien un peu de béton ?

Signez la pétition #NonExpo2025

Signez aussi sur Cyber@cteurs

samedi 4 mars 2017

Les Ulis: la mairie n'aime pas le développement durable mais adore le béton.

Les Ulis, conçue selon les préceptes de Le Corbusier, est une merveilleuse ville à la campagne … même si elle fut construite, à une époque où la protection des terres agricoles n’était pas devenue une priorité vitale, sur des champs de fraises. Une ville aux trois parcs majeurs (le Parc Nord, le Parc Urbain et le Parc Sud), une ville contrastée, une ville métissée, une ville aux milles couleurs, aux milles origines ou le "vivre ensemble" n’est pas un vain mot, n'est pas un slogan. Jeune ville de 40 ans, les Ulis peut s’enorgueillir d’être une véritable réussite où, malgré la densité urbaine, il fait bon vivre grâce à la vitalité de sa population et aux nombreux espaces verts entretenus, avec passion et talents, par les agents municipaux, à la campagne et aux forêts que l’on atteint après 10 minutes de marche à pied.

Mais ce bien vivre est mis en péril par la politique sécuritaire et anti-écologique de la majorité actuelle.

En effet je viens d'apprendre que la municipalité prévoit, dans le cadre du projet de révision du PLU (actuellement soumis à enquête publique) de détruire une partie du parc urbain de la ville, lieu de respirations et de récréations pour les habitants, afin d'agrandir le temple local de la consommation, "Les Ulis 2". Ce projet sonne comme un exemple visible et symbolique d'un culte de la croissance qui grignote, petit à petit mais inexorablement, l'espace vital des humains.

Je me souviens combien les élus de la majorité actuelle, à l'époque où ils étaient dans l'opposition, avaient bataillés pour que notre majorité ne transfert pas le centre commercial sur la décharge du parc sud, recouverte, encore aujourd'hui, de gravats de chantiers et de déchets en tout genres, et nous empêchaient de libérer de l'espace en ville pour y construire un éco-quartier exemplaire... et maintenant les voici qui souhaitent réduire les espaces verts de la ville.

Mais la mairie ne s’arrête pas là et prévoit d'urbaniser 60% du parc sud. Elle prévoit de noyer, sous le béton, 22 hectares de bois et de biodiversité, réduisant les 35 hectares actuels à une peau de chagrin … Préservant à peine la zone protégée. Ainsi, dans ce projet de bétonnage du parc sud, nos élus souhaiteraient déplacer les jardins familiaux sur la décharge du parc sud et bétonner l’espace libéré, construire sur les terres patiemment travaillées et enrichies, depuis 40 ans, par les Ulissiens qui y cultivent, avec passion et camaraderie, leurs fruits et légumes. Cerise sur le gâteau, à priori, les surfaces prévues ne seraient pas suffisantes pour reconstituer la surface actuelle.

Terres polluées pour les jardins familiaux et espaces verts détruits aux profits de la consommation … Bonjour le symbole !!!

Mais si vous n'étiez pas encore convaincus que Madame le Maire n'aime pas l'environnement, il vous suffit de lire le journal municipal, de ce mois-ci, qui fait la retape pour l'exposition universelle de 2025 qu'il est prévu de bâtir, sur les terres agricoles du plateau de Saclay. Pour justifier ce choix profondément douteux, la Mairie vante à longueur de ligne, l'attractivité du plateau et nous parle des chercheurs, des étudiants du Paris-Saclay, de ses dynamiques entrepreneurs, mais jamais de ses agriculteurs qui tentent la transition écologique de l'agriculture pour sauver les terres les plus fertiles d’Île de France.

Combien de terres agricoles, de montagnes, de forêts ou de rivières ont été suppliciées sur l'autel de jeux olympiques ou d'expositions éphémères et laissées en friches une fois l'extase passée ?

La mairie milite pour le bétonnage des terres agricoles sous le slogan de l'exposition, "la connaissance à partager, la planète à protéger".

Quelle inconséquence !!!

Donnez votre avis (négatif) sur la révision du PLU des Ulis : 

vendredi 16 septembre 2016

2017, en avant toute … pour une catastrophe écologique

"Il est étrange de regarder l’état de notre planète et les préoccupations de nos hommes politiques." Nous dit Philippe Torreton dans le journal l'Humanité du 9 septembre 2016. Barbara Pompili précise la pensée dans le Libération du 15 septembre, "Dans la séquence électorale qui s’engage, les questions environnementales ne font pas l’actualité. Pourtant, les candidats à la primaire de la droite préparent en silence un grand retour en arrière."

Déjà en février Luc Chatel, avait prévenu "Les Républicains doivent être le parti du principe d’innovation plus que du principe de précaution, le parti du gaz de schiste, des OGM, des biotechs". De son coté, dans sa région, Xavier Bertrand, abandonne le soutien aux énergies renouvelables et notamment à l’éolien. "Comble de la régression, poursuit Barbara Pompili, voila Nicolas Sarkozy qui nie l’impact des activités humaines sur le réchauffement climatique ! Celui qui avait commencé son quinquennat en recevant Al Gore en est aujourd’hui réduit à singer Donald Trump...". Ainsi donc, Nicolas Sarkozy, ce populiste, arriviste et opportuniste, en saurait plus, sur l'évolution du climat global, que tous les scientifiques du monde. Prochaine étape : la Terre est plate, le Kraken existe et la Terre ne tourne pas sinon les avions ne pourraient pas atterrir... "Ne nous y trompons pas, termine Barbara Pompili : un retour de la droite au pouvoir en 2017 ne marquerait pas, sur le plan environnemental, un coup d’arrêt, mais bien un retour en arrière sans précédent."

De leur coté, dans les territoires, la droite appel, au nom de la productivité et de la compétitivité à la poursuite de la fuite en avant. Inutile de rappeler l'activisme maladif de Bruno Retailleau pour voir le béton couler à Notre Dame des Landes ou bien les fermes-usines, les exploration du sous-sol, les incinération des déchets, les aéroport et lignes à grande vitesse, les centres de loisirs mégalos, les petits et grands projets inutiles et imposés qui fleurissent sur nos territoires et qui font, chaque jour, reculer le vivant devant le béton. Rappelons Roybon, un village vacances « Center Parc » qui doit artificialiser 202 hectares de zone humide ou bien encore EuropaCity, The complexe « ludo-touristico-commercial » du futur qui est vu comme un pôle d’attraction international : 31 millions de visiteurs par an (14,2 à Disneyland Paris), 230 000 m² de surface commerciale, 500 boutiques, 2 700 chambres d’hôtel, un parc aquatique, un cirque, des montagnes russes, un immense parc à neige (3 fois celui de Dubaï) et surtout la destruction des dernières terres agricoles proches de Paris, parmi les plus fertiles d’Europe. De tout cela, la droite en est et en sera l'ardent promoteur comme le prouve l’actuel activisme des élus de droite d’île de France qui œuvrent pour achever le bétonnage du plateau de Saclay. En effet, souvenez vous, l'île de France s'est portée candidate pour accueillir l'exposition universelle de 2025… mais pas à Paris … un des lieux possibles serait le Plateau de Saclay et ses terres agricoles en partie sanctuarisées. Il faut, dès lors, 50 ha pour cette future verrue ! Lors d'une réunion d'aglo, le 15 Septembre 2016 au soir, le maire de Verrières-le-Buisson, Thomas JOLY a été le seul Maire à exprimer des réserves aux cotés de la première adjointe d'Orsay. En revanche les maires de Bures sur Yvette, d'Igny et de Palaiseau ont fait des interventions fortes de soutien à la venue de cette exposition sur le Plateau, prétextant que cela accélérera l'arrivée du métro ! … qui, lui même, du propre aveu du commissaire enquêteur dépêché, à l'époque, sur l'enquête du cluster Paris-Saclay, accélérera l'abrogation de la protection des 2300 ha de terres agricoles et forestières, permettant, de fait, la poursuite du bétonnage du Plateau de Saclay. Car c'est bien connu, en France, les espaces naturels sont protégés jusqu'au premier projet de destruction.

Profitez bien, bande de bobos allumés et rêveurs, des derniers espaces encore non urbanisés de notre territoire car ce n'est pas avec la régression écologique, promise par la droite, que nous pouvons espérer autre chose que du béton, du béton et encore du béton.

Ainsi, la vue de l'arrivée, plus que probable, de la droite en 2017, on se dit que les Socialistes, avec leurs renoncements sociaux et environnementaux, auront bien préparé le terrain de la catastrophe écologique républicaine. Chapeau bas les artistes !

Mais laissons les mots de la fin à celui qui avait commencé ce texte, Philippe Torreton car, comme à son habitude, son franc parlé est salutaire.

"Il est étrange de regarder l’état de notre planète et les préoccupations de nos hommes politiques. C’est un exercice, si vous le faites, qui peut affecter durablement votre moral. Nos hommes politiques pourtant lisent des rapports alarmants sur l’état de notre planète, ils regardent comme vous et moi des documentaires, ils se font interpeller souvent, reçoivent des pétitions, ils sont informés, aucun d’entre eux ne peut affirmer ignorer les dangers qui pèsent sur la planète et qui autorisent des scientifiques tout à fait sérieux à estimer la fin de plus en plus probable de l’espèce humaine. Cette ignorance n’est donc plus permise car elle n’est plus possible, ainsi chaque député, chaque sénateur, chaque eurodéputé, en votant une loi ou un amendement qui va à l’encontre des intérêts écologiques de l’humanité, sait ce qu’il fait. Chaque vote électronique à main levée ou à bulletin secret n’allant pas dans le sens d’un impératif environnemental est donc une décision prise en toute âme et en toute conscience par le délégué européen ou national qui le fait.

Le modèle économique qui consiste à retrouver de la croissance à tout prix est périmé et surtout dangereux, dangereux non seulement pour les acquis sociaux, mais pour le devenir de l’humanité, car cette croissance repose sur un monde consommant et c’est précisément ce monde qui est pénalisant pour l’espèce humaine. La campagne présidentielle qui nous pend au nez ne sera pas centrée autour de l’écologie, il y sera question de migrants, de sécurité et de flexibilité dans les entreprises, le futur président peut être tranquille, il n’aura à faire preuve d’aucun courage, d’aucune vision d’avenir pour la planète. Il pourra faire sa petite popote néolibérale ou sociale-démocrate bien pépère, calé dans son fauteuil aux quatre pieds cloués… À moins qu’une catastrophe climatique ne s’abatte sur le pays dans les prochains mois, il en sera ainsi et il en sera ainsi encore longtemps car les Verts, chez nous, sont tombés dans tous les pièges du pouvoir et de la lutte pour y arriver. Il en sera ainsi car un homme ou une femme politique qui s’émouvrait de la disparition prochaine des gorilles par exemple serait instantanément certain de ne remporter aucun scrutin.

C’est pour cela que j’en appelle aux catastrophes, je m’en remets à la nature et à ses colères, j’appelle la pluie, le vent, le sable à nous venir en aide, j’implore les mers et nos océans à bomber leurs poitrines, la raison nous reviendra lorsque nous aurons un genou à terre, lorsque nos visages pleins de poussière laisseront voir des yeux suppliants, vous savez, ces mêmes yeux dont nous avons confié la gestion à la Turquie pour 6 milliards d’euros."

dimanche 29 novembre 2015

On ne défend pas les libertés en bridant les libertés

Après les attentats de Paris, encore combien d'événements viendront endeuiller nos cœurs ? J’ai envie de répondre par une question : Mais pourquoi croyez-vous donc que le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a reçu le prix Nobel de la paix en 2007 conjointement avec Al Gore ?

Le message était pourtant clair : "à détruire le climat et l'environnement nous préparons le chaos" ... Je rajouterai à l'instar de Vandana Shiva qui nous dit que "la violence infligée à la Terre et l'injustice infligée à l'humanité font partie du même processus. La durabilité ne peut être séparée de la justice des droits humains et de la paix", qu'à laisser, sous le plafond de verre, des jeunes parce qu’ils sont noirs, arabes, d’Aubervilliers ou des Ulis, les patrons préparent et entretiennent la révolte. Ainsi, comme rien n'est fait pour changer, nous entrons, avec le sourire de celui qui est contenté et repu de consommation, dans une ère de violences, de haines, de méfiances, d'extrémismes ... une ère médiévale ... une ère à la Mad Max. Mais finalement nous l'aurons bien cherché à n'avoir jamais voulu écouter et prendre en compte les alertes des gens éveillés. Non ? Voila le monde que nous laissons à nos enfants. Un monde en état d’urgence permanent. Un état d’urgence pérenne pour sauver les libertés comme l’aura fait, dans l’onirique odyssée Star Wars, l’empereur Palpatine qui, pour sauver la république, instaurera l’empire. Un état d’urgence qui sera l’autre nom de la dictature. Une dictature, décrite par Aldous Huxley dans le Meilleur des Mondes de 1931 qui "aurait les apparences de la démocratie, mais qui serait une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude". Une dictature qui, grâce a des "méthodes toujours plus efficaces de manipulation des esprits, changeront la nature des démocraties . Les vieilles formes pittoresques — élections, parlements, Cours suprêmes, et tout le reste — demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle espèce de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions de radio et de tous les éditoriaux."

Aujourd’hui nous en vivons les prémisses avec des démocrates qui instaurent la surveillance et la restriction de circulation, mais qu’en sera-t-il quand les fascistes seront au pouvoir ? Aujourd’hui sous ce "patriot act" à la française, nous acceptons que la lutte, contre les terroristes, soit transformée en ce vague et fourre-tout "maintient de l’ordre publique". Aujourd’hui nous assistons à un état d'urgence à géométrie variable où il est toujours intéressant de remarquer que toutes les manifestations festives, alternatives, écolos, citoyennes et pacifiques (cf la convergence tracto-vélo, des ZAD vers le plateau de Saclay, du WE passé ou bien encore la marche mondiale pour le climat du 29 Novembre) sont interdites jusqu'à nouvel ordre alors que les grands magasins et les parcs d'attractions sont ouverts. Soyons réalistes, il ne faut pas freiner le profit et la croissance !!! Un état d'urgence qui aura permis de débusquer d'avantage de maraîchers bio que d'islamistes radicaux. Un état d’urgence qui aura surtout permis, au moment de la COP21 (comme quoi les choses tombent bien), des perquisitions chez des citoyens proches de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et d’arbitraires assignations à résidence. En deux semaines, selon Reporterre, 1616 perquisitions administratives ont été menées et près de 300 citoyens ont été assignés à résidence et la liste risque bien de s’allonger ces prochains jours malgré les dénégations du Président de la République. À Rouen, cinq militants d’Alternatiba ont été convoqués au commissariat vendredi 27 Novembre. Un état d’urgence clairement et ouvertement contre les droits de l’Hommes comme l’annonce le gouvernement au conseil de l’Europe afin d’éviter tout procès devant la Cour européenne des Droits de l’Homme. Trop facile !!!!

Mais il est vrai que pour les Etats-Unis, donc pour la France, les écologistes représentent la seconde menace terroriste après les islamistes. Hum ?!?!

Ainsi, comme le dénoncent dans leur lettre de démission du 28 Novembre 2015, des militants du PS du 17ème arrondissement de Paris, je pense que définitivement le Parti Socialiste ne peut plus être le creuset de la recomposition nécessaire des forces progressistes à Gauche car il s’avère incapable de proposer un modèle économique qui ne soit pas fondé sur la croissance, mais au contraire accompagne trop souvent une dérive néo-libérale et autoritaire et acte tous les renoncements, depuis l’Ecotaxe jusqu’au droit de vote des étrangers aux élections locales. Il incarne cette fausse Gauche au pouvoir qui aura trahi toutes les valeurs de la Gauche sociale et écologiste.

En conséquence le PS n'aura jamais plus mon bulletin de vote, y compris au second tour de toute élection. Il importe qu’il disparaisse de l'horizon politique, et déjà qu'il perde largement les élections régionales. Qu’en bien même les bien commodes sondages du FN qui seront agités en épouvantail, car je n’en suis pas responsable. Rendons à César ce qui est à César, la montée du FN est précisément le résultat des orientations et des renoncements du PS au pouvoir et de son mépris pour ses partenaires de la vraie Gauche. Pourquoi la proportionnelle n'est elle toujours pas instaurée ? Précisément parce que la montée du FN arrange le PS. Ainsi, désolé, mais l'argument ne sera pas suffisant pour moi. Je ne voterai pas, dans ma région, pour une liste de "Gauche" menée par un socialiste quand bien même elle fusionnerait avec des écologistes et le Front de gauche.

C'est dans l'opposition, dans les luttes qu'une vraie Gauche, écologiste, citoyenne, démocrate, progressiste se reconstruira … ou pas.

Photo : Frédérick Florin

dimanche 8 novembre 2015

En vrac : Sécuritarisme aux Ulis, Science et Plateau de Saclay, l'écologie au pouvoir.

Sécuritarisme : Paroles d'Ulissiens lues dans le journal municipal de Novembre 2015, page 20 : "Je suis toute nouvelle aux Ulis, je trouve que l'atmosphère est sympathique et relativement calme", "Je suis Ulissien depuis 41 ans et je n'ai jamais remarqué de problèmes d'insécurité sur notre ville", "J'habite aux Ulis depuis un an, je me sens en sécurité ici", "Je suis arrivée aux Ulis avant même la création officielle de la ville. La ville est calme, sans problème de voisinage. Depuis 77, je trouve que la ville s'est bien améliorée et j'arpente celle-ci sereinement en journée". De mon coté j'habite les Ulis depuis 11 ans et je confirme ce que disent ces personnes. Je n'ai jamais ressenti de sentiment d'insécurité sur la ville, je m'y balade jour et nuit, sans crainte mais avec toujours les yeux émerveillés pour cette ville nouvelle très verte, aux habitants multiples qui ont, véritablement, su relever le défi du vivre ensembles.

Ainsi pour répondre à ce sentiment de bien être et de sécurité, qui est très majoritairement partagé par les habitants, la Mairie - apprend-t-on dans le même journal en page 18 - n'a rien trouvé de mieux que d'instaurer les symboles du flicage, des atteintes aux libertés et de l'insécurité en démarrant un programme pluriannuel d'installation de caméras de vidéo-surveillance. A terme, c'est une quarantaine de caméras qui surveilleront nos allées et venues tout en étant parfaitement inefficace, pour endiguer quoi que ce soit, comme l'histoire de ces appareils, installés dans bien d'autres villes, l'a démontré. Dispositif au budget colossal (près d'un million par an avec le budget consacré à la brigade de PM de nuit) et inefficace, mise en place pendant que la Mairie ferme, dans des choix politiques de droite et avec une bonne dose d'idéologie réac, les dispositifs culturels (Radazic et craintes sur les studios d'enregistrements, ...), d'éducations (fermeture la maison des parents, craintes sur les conditions de travail des ATSEM) et de préventions (Médiateurs de nuit) que nous avions mis en place et qui avaient démontré leur efficacité.

"La France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire régner l'ordre public
ils assassinent impunément"
"J'me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité"

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Science et Plateau de Saclay : Le 30 octobre, Claude Bartolone était en visite sur le plateau de Saclay. Pour le PS, en Ile-de-France, "la recherche scientifique prépare l'avenir et rayonne dans le monde entier". Tel est leur mantra, tel est leur slogan sans consistance, répété à l'envie pour faire jouir les fidèles, mais ... mais la question que l'on pourrait poser en sachant que nous n'aurons pas de réponse ne pourrait-elle être, quelle recherche fondamentale pourrons-nous mener sur le Paris-Saclay ? 

Comme vous le savez, le financement de la recherche fondamentale est aujourd’hui de plus en plus restreint. Le budget de l’ANR a été réduit, sans que pour autant, des sommes correspondantes n'aient été reversées aux organismes. De plus, le nombre de postes ouverts dans les métiers de la recherche ne cesse de baisser et la précarité d’augmenter. 

Ainsi donc ils nous construisent un bel écrin de béton sur des terres fertiles détruites à jamais pour une science sans moyen. 

Nous demandons que les moyens soient redonnés aux organismes en termes de budgets et de postes pour maintenir une recherche fondamentale compétitive au niveau international. Aujourd’hui, les chercheurs séniors passent trop de temps à "chercher" de l’argent, les ITA ne sont pas remplacés et les jeunes chercheurs se désespèrent de la rareté des postes et, souvent, partent à l’étranger. 

Définitivement donnez nous les moyens de fonctionner plutôt que de détruire les terres agricoles qui représentent notre futur, contrairement à votre béton à la courte durée de vie et qu'il faudra reconstruire (si l'on a encore l'énergie et les matériaux pour cela, ce qui est loin d'être sûr) dans 40 ans dans une sorte de fuite en avant mortelle.

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Notre monde a essayé tous les systèmes politiques : le capitalisme et le libéralisme tous deux associés à la droite et à la Gauche, nous avons eu les socialistes, les pseudo-communistes (URSS, Chine ... ), les libéraux et les fachos, le productivisme et le consumérisme ... et tous ont inéluctablement accompagné l'entropie de notre monde moderne sans jamais réussir à relever le défit de la durabilité ... et vous voudriez remettre aux manettes ces modèles qui ont toujours échoué ? 

En revanche il est toujours intéressant de remarquer que les écologistes n'ont jamais été mis à la tête des grandes institutions de l'état, de l'Europe ou des régions ... ne les empêchant pas, pourtant, de s'en prendre plein la gueule, par l'ordinarius populus, qui nous demande ce que nous faisons pour enrayer les dégradations environnementales et sociales alors que nous n'avons pas les manettes. 

Pourtant, quand on regarde les multiples expériences de gestions écologiques, alternatives et autogérées, qui fleurissent partout dans le monde et qui sont pérennes, apportant calme, paix, abondance, équilibre et durabilité, on est en droit de s'interroger sur l'intelligence des peuples qui refusent d'instaurer ces systèmes en préférant conserver ceux qui les maintiennent la tête sous l'eau.

Moi je militerai toujours pour l'avènement de l'écologie sociale et solidaire au pouvoir car elle est notre seule voie de salut.

samedi 31 octobre 2015

Comme un ultime doigt d'honneur du gouvernement aux vrais écologistes et à la COP21

L'État a publié, en fin de semaine dernière, le vendredi 23 octobre, un appel d'offres pour des "travaux de débroussaillage, le rétablissement d'accès et clôtures de la desserte routière de l'aéroport du Grand Ouest". Avec cet appel d'offre, on se rapproche du début des travaux à Notre-Dame-des-Landes. Et donc, Valls, au mépris de la parole donnée par François Hollande et à la veille de la COP21, provoque les vrais écologistes qui refusent de se soumettre au PS. A quelques semaines des élections régionales voilà un mauvais signal pour qui voulait favoriser le rassemblement de la gauche et des écologistes.


Dès lors et devant ce soufflet révélateur, lancé dans la droite ligne d'un fameux "l'environnement ça comment à bien faire" d'un petit président de la République, on peut se demander, à l'instar de Boris Aubel (contact Facebook), si l'on peut croire en la ‪COP21‬ à Paris ?

Un Paris qui va accueillir tous les dirigeants du monde qui se croient grands mais qui sont incapables de nourrir et de protéger leurs frères, incapables de prendre soin des animaux, des arbres, des plantes, qui épuisent les ressources naturelles au nom de la croissance et d'une mondialisation où les humains et l'environnement ne sont que des variables d'ajustement pour des multinationales toutes puissantes.

Paris capitale de la France, nous rappel encore Boris Aubel, où un jeune étudiant de 21 ans a été tué par une grenade lancée par un gendarme mobile sur le site de Sivens. Paris capitale d'une France pays de résistance mais capable de mobiliser quelques 1500 gendarmes mobiles, à Notre Dame des Landes, pour expulser des centaines de citoyens qui refusent de voir bitumés 2000 ha de zones humides et agricoles au profit d'un aéroport maintes fois démontré comme étant inutile et dispendieux et préserver ainsi un espace riche en biodiversité protégé, lui aussi, par la législation de ce même Etat. A la clé plusieurs personnes auront été blessées par les charges des forces de l'ordre français qui pensent agir dans le bon sens, dans le cadre de la loi, alors les recours déposés en justice n'ont pas tous été épuisés.

La liste de telles incohérences est longue. Mais ces deux cas suffisent.

L'histoire des sommets internationaux autour du climat le démontrent, le dérèglement climatique ne se résoudra pas autour de banquets qui nourriraient à eux seuls une bonne partie des SDF parisiens. Il ne se résoudra pas par des politiciens qui n'incarnent aucun changement mais une continuité dogmatique libérale et productiviste. Des politiques inféodés aux lobbies industriels mais qui, conscients de la force populaire, savent très bien endormir les peuples avec de belles publicités et de beaux téléfilms à dormir debout. Ainsi les peuples feraient mieux de se prendre en main plutôt que d'attendre encore que des personnes, soi-disant plus intelligentes, s'occupent d'eux et de la nature. Si les politiciens et les industriels consuméristes, libéraux et croissantistes aimaient la nature et les Hommes et avaient une volonté réelle à lutter contre le dérèglement climatique, cela se saurait.

Pour preuves, l'ONU doute, à la vue des propositions des états, de la possibilité de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés ... et tout le monde d'accuser, fort justement, les états de mettre de la mauvaise volonté. Mais en fin de compte, les engagements des états ne reflètent-ils pas les attentes de leurs citoyens qui veulent toujours plus consommer, toujours plus voyager, toujours plus de clim, de fringues swag et pas chères, de voitures, de pavillons, de saloperies électroniques, de viandes, de fraises en hivers et de fruits exotiques ?

Ainsi en vérité je vous le dis si les états sont clairement irresponsables, les citoyens ne le sont pas moins à refuser le renoncement, la sobriété et la simplicité.

Regardons le message (Envie de capitalisme, de consommation et de libéralisme) que nous envoyons collectivement par nos votes, notre inaction, notre attentisme, notre suivisme et notre soif de biens matériels, à nos gouvernements et ne soyons plus étonnés qu'ils surfent dans le sens du vent.

"Le dérèglement climatique nous renvoie directement à notre condition humaine, poursuit Boris Aubel, il met en contradiction toute l'élaboration de notre civilisation moderne basée notamment sur l'industrialisation de tous les procédés, l'utilisation de ressources énergétiques considérables et la bitumisation systématique des espaces naturels. L'humain civilisé n'est absolument pas volontaire pour se réharmoniser avec le vivant."

A ne pas vouloir vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre (Gandhi) , nous nous rendons tous responsables des changements climatiques et des crises écologiques et humanitaires. Si l'on ne fait rien, personne ne le fera à notre place.

Ainsi donc le gouvernement annonce la reprise des travaux à Notre Dame des Landes en 2016, mais, Citoyens de France, n'oubliez pas qu'il y a des élections prochainement et que notre seul poids sur les politiciens qui, une fois élus, se foutent de notre avis, est de ne pas voter pour eux. Et quand je dis ne pas voter pour ces gens-là, c'est aussi bien au premier tour qu'au second. Car comment faire cause commune avec des gens qui trouvent que les pétro-agriculteurs de la FNSEA sont les meilleurs écologistes de France, ou qui souhaitent bétonner NDDL pendant qu'ils bétonnent le plateau de Saclay, qui ont baissé les aides à l'agriculture bio, qui veulent tuer les loups et les requins, qui renoncent, à grands frais et sous la pression des réac aux bonnets rouges, à l'écotaxe, qui justifient la mort d'un manifestant écologiste ... ? En conséquence de quoi et en toute cohérence s'il est clair maintenant que je voterai écolo au premier tour des régionales, au second tour il sera hors de question pour moi de voter pour le PS (et l'UMP et le FN of course) même si EELV en est l'un des partenaires. Et ce n'est pas la honteuse récupération inique de Cambadelis, exprimée dans son twit du 17 octobre où le premier secrétaire du PS affirmait être fiers que les socialistes et les écologistes aient été à l'initiative de la ‪‎COP21,‬ qui m’illusionnera car définitivement l'écologie ne peut s'associer avec le productivisme.
 
Ainsi comme nous avons le pouvoir de non-achat pour faire plier les industriels,
nous avons le pouvoir de non-vote
car nous ne pouvons plus nous contenter du moindre mal.
Le non-vote est notre seule arme contre eux.

Foutons les dehors des régions !

Plus de votes pour le PS, l'UMP et le FN (évidement) 
aux régionales tant au premier tour qu'au second.

Moi c'est ce que je ferai, et vous ?

mardi 28 juillet 2015

Le grand bétonnage, une bombe climatique

Il faudrait compléter cet article par le bétonnage, dans le cadre de l’hyper-densification du Grand Paris, des parcelles de terrains de nos banlieues comme le Plateau de Saclay, mais cette analyse sur les liens entre bétonnage et émission des gaz à effet de serre est très pertinente. De quoi voir arriver AUTREMENT le sommet de la terre sur le climat à Paris-Le Bourget à la fin de cette année.

Le grand bétonnage, une bombe climatique
Par Jade LINDGAARD
Article publié le 27 juillet par Médiapart

Centre commercial d’Aéroville, tout près de l’aéroport de Roissy (DR). Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Center Parcs, autoroutes, zones d’activités commerciales : au nom du développement de l’activité économique, l’État mène une politique de destruction du territoire aux conséquences irréversibles. L’effet sur le climat est catastrophique : selon un calcul inédit de Mediapart, 100 millions de tonnes de CO2 sont émises chaque année, soit près de 20 % de toutes les émissions nationales, par ce bétonnage endémique.

Depuis la création de Mediapart, je reçois chaque mois des lettres d’opposants à des constructions de lotissements, de supermarchés, de parkings, de routes. La plupart sont de petits projets qui passent inaperçus au niveau national. Quelques hectares, quelques tonnes de ciment. Incapable de tout traiter, je les conserve dans un dossier dédié à côté de mon bureau, et dans les archives de mon ordinateur. Ce sont les témoignages d’une inquiétude diffuse, souvent sans grand moyen d’action, face au bétonnage continu et croissant du territoire national depuis 40 ans.

Chaque année, le développement de projets d’activité commerciale (centres commerciaux, centres de loisir, zones logistiques, entrepôts de stockage de la grande distribution…), d’infrastructures de transport (routes, lignes ferroviaires à grande vitesse…) et surtout de logements, détruit entre 50 000 et 100 000 hectares de terres et d’espaces agricoles en France. Les sols artificialisés, c’est-à-dire qui ont perdu leur état naturel, recouvrent 9,3 % du territoire (en métropole).

Ils ont augmenté de près de 70 % en 30 ans – moins depuis la crise de 2008 –, soit beaucoup plus vite que la population. L’équivalent d’un département disparaît tous les dix ans sous le béton. Plus d’un hectare sur deux est consommé par l’habitat individuel.

Ce grand bétonnage cause des dommages irréversibles aux terres agricoles. Entre 2006 et 2014, l’artificialisation s’est faite pour deux tiers à leurs dépens. Chantier après chantier, disparaissent les plaines, la beauté paysagère. Les oiseaux migrateurs perdent les mares où ils avaient l’habitude de se désaltérer. Des grenouilles, des campagnols, des tritons, des moineaux voient leur habitat rogné par les aires de parking. Le territoire se fragmente, s’imperméabilise et empêche les sols de résister aux inondations. Le cycle de l’eau se perturbe, créant un risque de pénurie, alors que la température se réchauffe, inexorablement.

Cette destruction du territoire est aussi une bombe climatique. Selon un calcul inédit réalisé pour Mediapart, le bétonnage du territoire français émet 100 millions de tonnes de CO2 chaque année. Cela représente 20 % de toutes les émissions de gaz carbonique du pays. C’est gigantesque. C’est presque autant que tous les rejets annuels des transports en France. Et pourtant c’est un chiffre tabou. Les émissions de CO2 du bétonnage en France sont invisibles. Elles ne sont pas mesurées. Elles ne sont pas suivies et ne font l’objet d’aucune politique de réduction. Les données de base sont éparpillées dans les tableaux de l’inventaire national des gaz à effet de serre. Chaque année, le Centre d’études sur la pollution atmosphérique, le Citepa, recense toutes les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national. Il les classe par secteur d’activité (énergie, agriculture, déchets…), selon la présentation habituelle des États. Dans son état « naturel », le sol est un capteur de CO2, alors que recouvert de béton ou de ciment, il perd sa capacité de stockage. Les experts du Citepa prennent donc en compte le changement d’usage des sols comme source de CO2 : 12,6 millions de tonnes pour la France entière en 2013 (voir le détail en Prolonger). Mais ils ne calculent pas les émissions dues aux chantiers, à la voirie induite, aux caractéristiques du bâti sur ces terrains artificialisés.

Bref, à toutes les activités qui se produisent sur les hectares en voie de dénaturalisation.

Myriade de petits projets

Pour obtenir le vrai bilan climatique du grand bétonnage, Mediapart a fait appel à une spécialiste des bilans carbone en France, Hélène Le Teno, ingénieure et directrice entreprise du cabinet de conseil Auxilia. Elle a patiemment agrégé les rejets de dioxyde de carbone nécessaires à la fabrication du béton et des matériaux de chantier, ceux des travaux, et enfin ceux des voiries (tunnels, métros, routes…) pour s’y rendre, une fois les constructions achevées. «Je ne prends pas seulement en compte la destruction du milieu mais aussi ce qui est construit sur le sol », explique-t-elle. Elle obtient ainsi l’estimation d’environ 100 millions de tonnes de CO2 annuels pour le bétonnage en France. C’est une évaluation prudente, qui ne tient pas compte des émissions de gaz à effet de serre produites par l’usage de ces sites, par exemple de toutes les voitures et de tous les camions qui vont rouler sur les nouveaux tronçons routiers et polluer l’atmosphère d’autres substances dangereuses (particules fines, dioxyde d’azote…).

Il ne serait pourtant pas difficile à l’État de surveiller les gaz à effet de serre du bétonnage : les projets d’activité commerciale font l’objet d’autorisation des préfets de région et de départements. Ils pourraient remonter chaque année le nombre d’hectares autorisés à la destruction. Ce suivi n’existe pas. Quant aux nouveaux logements, ils disposent de permis de construire délivrés par les mairies, et recensés dans la base de données Sitadel. Cette absence de coordination statistique fabrique l’invisibilité des effets climatiques de la destruction du territoire. Aucun outil n’est mis en place pour contrôler la consommation des espaces, alors qu’une multitude d’indicateurs sont utilisés chaque jour pour administrer la France. C’est plus que le signe d’une indifférence à ce saccage environnemental : le reflet d’une vision de l’aménagement du territoire inchangée depuis les Trente Glorieuses, et selon laquelle il est toujours bon d’ériger des bâtiments. Sans conscience que ces constructions diverses sont aussi des destructions du patrimoine et des richesses nationales.

Les grands projets d’aménagement, dits «grands projets inutiles et imposés » par leurs opposants, comme le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le tunnel ferroviaire du Lyon-Turin, le grand stade de Lyon, le centre commercial Europa City… ne sont pas les seuls en cause. Il y a toute la myriade de petits projets autorisés chaque jour : un nouveau centre de logistique, l’agrandissement d’un centre commercial, l’extension d’un parking. C’est la nappe diffuse, quotidienne, du bétonnage qui mite le territoire dans l’indifférence généralisée.

Depuis l’élection de François Hollande, comme sous le mandat de Nicolas Sarkozy – malgré les promesses du Grenelle de l’environnement – les projets d’aménagement pullulent. Près d’Agen, une «technopole » géante de 600 hectares (300 pour la zone d’activité, 300 pour les rocades et barreaux routiers) doit voir le jour à Sainte-Colombe-en-Brulhois, sur des terres alluviales, très fertiles. Dans l’Allier, un projet de golf et de villas à Montcombrouxles-Mines doit dévorer 300 hectares. Dans la plaine de Gonesse, en région parisienne, le groupe Immochan veut développer un projet de centre commercial et de divertissement (dont une piste de ski), Europa City, sur 300 hectares. Non loin de là, en Seine-et-Marne, Pierre et Vacances s’associe à Disney pour créer un village nature sur 260 hectares. À Roybon dans l’Isère, un Center Parcs doit s’implanter sur 60 hectares. Et à Notre-Dame-des-Landes, la zone réservée pour le projet d’aéroport il y a 40 ans couvre 1 700 hectares (mais l’aérogare sera plus petite).

L’énorme chantier du Grand Paris, avec les 68 nouvelles gares du Grand Paris Express, va lui aussi artificialiser des pans entiers du territoire francilien. A priori, l’augmentation de l’offre de services de transports collectifs permet de réduire l’usage de la voiture individuelle et donc de réduire le CO2 des routes. Sauf qu’en réalité, tout dépend du calibrage des sites, de l’importance des travaux et des conditions d’accès à ces nouvelles rames. Au vu de l’immensité du chantier à venir, 40 années d’utilisation des nouvelles installations pourraient être nécessaires pour compenser tout le CO2 qui aura été émis pour la construction des sites (c’est ce qu’on appelle le «temps retour sur carbone »), selon une estimation du cabinet Carbone 4. Il faudrait attendre presque un demi-siècle pour que leur effet soit bénéfique pour le climat. Ils pointent en particulier le problème du creusement des tunnels, très émetteurs (environ 40 000 tonnes de CO2 par km souterrain). « Le projet de transport et l’urbanisation collatérale sont par eux-mêmes source d’émissions. Les émissions absolues de la région Ile-de-France sont susceptibles d’augmenter par apport de la population et développement d’activité économique », préviennent-ils. Selon eux, du point de vue climatique, il faut choisir des infrastructures légères, des raccordements tram/train et la rénovation des lignes existantes, plutôt que la multiplication de gares somptueuses et d’un maillage excessif sous nos pieds.

« Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire des aéroports »

Le drame, c’est que les critères d’émission de CO2 ne contraignent pas les décisions d’aménagement du territoire. D’ailleurs, quel argument les contraint vraiment ? Les préfets sont les maîtres d’œuvre de ces projets, signent les avis des autorités environnementales et délivrent les autorisations de travaux. L’État est juge et partie. Pour le barrage de Sivens, «la procédure a bien été légale, mais elle est loin d’avoir été démocratique », résume Ben Lefetey, porte-parole du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, dans son livre Sivens, un barrage pour la démocratie.

La tenue de la COP 21, le sommet sur le climat, au Bourget en décembre a inscrit la question climatique dans l’agenda politique national. Les déclarations d’intention fusent sur le climat et se radicalisent à l’approche de la conférence. François Hollande a récemment déclaré qu’un accord permettant de contenir le réchauffement planétaire à 2 °C «signifierait refuser d’accéder à 80 % des ressources fossiles encore disponibles» et qu’il faut préserver les terres agricoles car elles «pourraient stocker 7 à 8 gigatonnes de CO2, tout en stimulant la fertilité des sols : cela nous permettrait de nourrir l’humanité». Et en même temps, son gouvernement relance le plan autoroutier (3,2 milliards d’euros de travaux). Tandis que son secrétaire d’État à la réforme territoriale, André Vallini, déclare que « pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV, des équipements de tourisme ». Manuel Valls appelle « tous les pays à se fédérer contre le réchauffement » et accorde le label grande cause nationale à la coalition climat 21, qui regroupe des dizaines de mouvements, associations et syndicats. Et, en même temps, veut lancer les travaux à Notre-Dame-des-Landes, pose la première pierre du village nature de Pierre et Vacances et Euro-Disney en Ile-de-France, et signe un accord avec le premier ministre chinois Li Keqiang pour développer les Center Parcs en Chine. Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, annonce un programme de recherche pour améliorer les stocks de matière organique des sols («4 pour 1 000 »). Et en même temps, signe le prolongement de l’autorisation de défrichement de la zone où veut se construire le Center Parcs de Roybon. Laurent Fabius, aux affaires étrangères, est le ministre de la COP 21. Et en même temps, il promeut EuropaCity, le giga-centre commercial d’Immochan dans le Val-d’Oise (300 hectares d’artificialisation).

C’est le festival de la dissonance cognitive. Elle crée de la confusion là où l'on aurait besoin de clarté sur les arbitrages économiques et d’une vision cohérente. Le sujet du climat semble servir de rideau de fumée pour que se poursuive une politique de développement de courte vue et bloquée au XXe siècle.

mercredi 25 mars 2015

Vert de colère

Le parti socialiste a peur. En cet entre-deux-tours, les candidats socialistes et leurs alliés ont peur de la raclé. Il faut dire qu'avec la politique déplorable, droitière et productiviste du gouvernement de ces messieurs Hollande et Valls, qui aura déçu bon nombres de français se réclamant de la Gauche et de l'écologie, il y a de quoi redouter la sanction légitime ... celle des urnes, car celle-ci est notre seul pouvoir. Aussi les appels au rassemblement de la gauche se multiplient ... mais pour quoi faire ?


"Faites barrage au FN et ne laissez pas la droite prendre les départements" nous exhortent les socialistes. Oui, d'accord. Mais en vérité je vous le dis, faire barrage au FN ou à la droite, comme seul mot d'ordre pour mobiliser les gens, cela ne vous semble-t-il pas "un peu court, jeune homme" ?. Cela me donne comme un arrière-goût du fameux slogan anarchiste : "élections, piège à cons !". Alors si oui, faire barrage au FN, je le conçois et y adhère sans restriction, je ne peux m’empêcher de me poser la question de la suite des choses une fois le FN écarté. Et pour faire quoi après ? Pour faire quoi, une fois que l'on aura remis les mêmes, à la tête des départements, des régions, du pays et de l'Europe ?

Il est certain que pour l'Essonne, mais cela est valable pour le reste des départements, cela se traduira par la poursuite de la course au bétonnage et à la consommation carbonée afin de satisfaire au culte de la croissance. Car, et c'est bien là notre problème collectif, les dogmes croissantistes, productivistes et consuméristes, véhiculés par les partis dont tous ces gens se réclament, qu'ils soient PS, UMP, ou bien FN, sont devenus l'unique but à atteindre sans réflexion et sans esprit critique. Ces dogmes, devenus religions, sont ce mensonge qui rassure alors que chacun sait qu'ils ne peuvent être la solution puisqu'ils sont le problème de nos crises environnementales, climatiques et énergétiques de par les excès qu'ils engendrent.

Ainsi remettre les mêmes au pouvoir, sans prise de conscience réelle et sincère de leur part, afin qu'ils poursuivent la même politique de fuite en avant qui nous emmène dans le mur, je n'en vois vraiment pas l’intérêt ? Remettre les mêmes mais pour quel projet ? Pour bétonner le plateau de Saclay ? Pour poursuivre le cluster Paris-Saclay sans donner de moyens à la Recherche Publique ? Pour poursuivre le projet du grand stade d'Evry et donner l'opium au peuple afin de le satisfaire et d'avoir la paix ? Pour continuer à construire sur les terres agricoles et forestières sans se soucier de notre impact écologique et climatique ? Pour ne toujours pas favoriser le transfert modal, ni avoir de réflexions puis d'actions sur les distances travail-domicile ? Pour poursuivre la surpopulation de l’île de France au détriment des autres régions, de l'environnement, de l'agriculture, de l'autonomie alimentaire et du climat ? Pour ne pas favoriser la transition écologique de l'agriculture et de l'économie ? Pour nous préparer un monde à la Blade Runner où nous mangerions du Soleil vert ? Pour ne pas regarder le dragon dans les yeux tout en espérant que cela passe ?

Certain trouverons cette réflexion vicieuse, laissant penser que l'on y trouve là toutes les bonnes raisons pour ne pas aller voter et à rester se lamenter dans son canapé. Moi je leur réponds que depuis ces trente dernières années je ne suis pas resté dans mon canapé et que je n'ai de leçons à recevoir de personne. J'ai été, depuis mes 18 ans, objecteur de conscience, militants écolo associatif puis politique et également syndical, puis je fus élu. Mais l'honnêteté m'oblige à regarder mon bilan et de constater que ce dernier n'est pas très positif tellement la puissance des conservatismes est forte et ma capacité à convaincre est faible. Les crises humaines et écologiques n'ont jamais reculées ... bien au contraire. Nous, les militants écologistes, il faut bien le reconnaître, avons été pris pour d'opportuns guignols aussi bien en interne du parti qu'en externe et le pragmatisme économique allié au courtermisme a toujours eu le dernier mot. Soyons honnêtes, la gauche comme la droite se fout éperdument des conséquences écologiques et donc sociales de leurs décisions et nous n'avons jamais réussi à influencer quoi que ce soit, si ce n'est dans l'épaisseur du trait. Ainsi Hollande parle de la COP21 mais n'a toujours pas stoppé l'Ayraultport de Notre Dame des Landes, ni engagé la marche forcée vers l'efficacité énergétique ni la promotion de la sobriété heureuse. En revanche il a superbement supprimé, à la demande des réactionnaires aux bonnets rouges et à la charge énorme des français, les portiques de l'écotaxe. Quid encore de obsolescence programmée qui est un crime contre l'humanité ? Quid de la taxe carbone ? Quid de la lutte contre l'expansion urbaine ? Quid des baisses des aides pour la culture bio ? Quid de tout cela mesdames et messieurs ?

La liste est bien trop longue pour tout citer mais je ne vois plus, dans les hommes et le femmes actuels, une véritable volonté de combattre les vrais problèmes que, eux mêmes ont créé en renonçant à leur pouvoir de régulation et d'organisation aux profits des banques, des actionnaires et des puissants ... cela en acceptant le libéralisme. Problèmes que eux mêmes ont créé en faisant leur, la fameuse et odieuse phrase de Ronald Reagan "l'Etat n'est pas la solution à notre problème ; l'Etat est le problème". Et ainsi, en l'état actuel des choses et des alliances, je suis bien obligé d'admettre que l'écologie ne gagnera jamais, ne pourra jamais gagner et qu'elle ne sera, au mieux, jamais qu'une caution verte d'une politique productiviste. Définitivement pour Hollande et ses sbires, à l'instar de Sarkozy en son temps mauvais, "l'environnement cela commence à bien faire".

Dès lors on me dit que si la colère est parfois salutaire, elle est souvent mauvaise conseillère et qu'elle se trompe totalement quand elle vise, tout et tout le monde sans nuance. On me dit que ces élections départementales ne sont pas le bon moment pour sanctionner une Politique Nationale. Que l'on ne peut pas sanctionner par les urnes, dimanche prochain, parce que, ce n'est pas la bonne élection. Mais, à les entendre ce n'est jamais le bon moment d'utiliser le seul pouvoir que nous ayons sur les politiques. Et si on ne le fait pas maintenant, quand le pourrons-nous ? Quand est-ce que l'on pourra avoir, un tant soit peu, d'influence sur les choses puisque le vote blanc ne sert à rien ? Ne dit-on pas qu'un droit ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ? Alors oui je suis en colère. Mais n'ai-je point de raison de l’être quand je vois ce qui m'entoure ? Oui je suis en colère. Furieusement en colère contre ceux qui préparent notre chute et celle de nos enfants. Je suis vert de colère ... que cela se sache !

mardi 9 décembre 2014

Guignolade


Lors d'une pause au conseil syndical des planètes du système solaire, Mars et la Terre s'entretiennent à part :

Mars : "Alors comment vas-tu en ce moment ? Tu as une petite mine."

La Terre : "Oh Pas terrible, tu sais j'ai une infection d'Homo Sapiens …"

Mars : "T'en fait pas, ça passe."

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Le 4 décembre 2014 : Y a-t-il une Ministre de l'écologie dans l'avion ? Voici qu'un problème technique, potentiellement sérieux mais heureusement sans conséquence pour l'équipage et les passagers, est survenu, lors de l'atterrissage, sur l’avion de Ségolène Royal qui était attendue, ce mardi, à Eurexpo pour le Salon Pollutec. ?!?! 2 heures de TGV cela aurait été beaucoup trop long pour une Ministre qui défile à New York pour le climat ?

7 décembre et les résultats du Téléthon 2014 : les Français encore plus généreux qu'en 2013 ... voici donc une bonne nouvelle pour les malades et ceux qui travaillent pour soulager leur peine. Mais ... car il y a toujours un mais dans les belles histoires. Mais n'oublions jamais que le Téléthon, à l'instar des Resto du Cœur ou des mutuelles, sont les révélateurs des démissions de l'état dans ses missions : 0 embauche dans la recherche publique, plus de subvention de base et gel des salaires des chercheurs et techniciens depuis 5 ans. Programmation de la mort de l'excellence française commencée sous Sarko et poursuivi par Hollande. Ainsi s'il ne faut pas empêcher les gens qui le peuvent d'être généreux, je préfère que les gens soient généreux en ne cherchant pas à se soustraire à l’impôt qui est la quintessence de la redistribution et de la solidarité que de se donner bonne conscience ponctuellement.

Le 8 décembre c'est bien gentil de stigmatiser, dans des reportages de merde, les cyclistes comme étant des dangers routiers, qui exaspéreraient les automobilistes, mais quand rien est fait pour nous, quand aucun aménagement sécurisé n'est en place, il ne faut pas nous demander de risquer notre peau aux cotés des conducteurs qui se foutent éperdument de nos vies et donc accepter que nous prenions quelques libertés avec le code de la route. Ne nous parlez pas de territoires partagés, la route est aux automobiliste, les autres l'utilisent à leurs risques et périls.

Ce même 8 décembre, la proposition, dans le projet de loi Macron sur la modernisation de l'économie, d'ouverture des magasins le dimanche, au nom de l'emploi et du sacro-saint dogme de la consommation, en dit long sur la pauvreté de la vision de nos dirigeants où l'existence est réduite à la consommation. Un piètre projet de société basé sur le principe de "je consomme donc je suis" mais qui oubli le droit à la vie de famille et à la culture, qui oubli le droit de "garder du temps pour penser, respirer et vivre, qui oubli de valoriser l’être, plutôt que le tout avoir" (Martine Aubry). Ainsi donc si définitivement Royal est une ministre à la politique déplorable, Macron, lui, est définitivement un grand ultra-libéral, qui veut "aller vite et être pragmatique" (je déteste ce mot qui permet de justifier tous les abus) et qui se fout, comme de l’an 40, de l’environnement. Plusieurs articles, en plus du précédent, du projet de loi du ministre de l’économie ont pour but d'"accélérer les grands projets pour favoriser le retour de la croissance" ... qu'importe les dégradations environnementales. Ainsi souhaite-t-il pouvoir délivrer les permis de construire en cinq mois, soutenir la filière du BTP en pleine crise, sécuriser les projets comme le Grand Paris, réformer les protocoles de l'enquête publique, réduire les obligations des études d’impact environnementales et, en cas d'annulation d'un permis de construire, faire en sorte que le propriétaire ne puisse plus, désormais, être condamné à détruire sa construction sauf exception (en zone naturelle ou architecturale remarquable, ou couverte par un plan de prévention des risques technologiques (PPRT) ou naturels (PPRN)), …

9 décembre : relance de la polémique autour du décret du préfet d'île de France qui vise à interdire les belles flambées d'hivers, dans les foyers, afin de lutter contre la pollution et les particules fines. Je salue enfin la prise de conscience des autorités de l'état sur le problème de la pollution et lui suggère donc d'interdire, également, l'utilisation de la voiture à tous les franciliens, d'interdire la construction de bâtiments en béton, l'arrêt des projets inutiles et imposés (Paris-Saclay, grand stade d’Évry, triangle de Gonesse ...) et d'interdire, enfin, les avions à partir de janvier 2015 au-dessus de l'île de France. Cette décision absurde et imbécile est vraiment l'illustration de la totale ignorance de nos autorités sur les problèmes environnementaux et leur politique de greenwashing qui ne sait que proposer des solutions prisent par le petit trou de la lorgnette sous couvert d'écologie. Pathétique !!!!

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Et pendant ce temps là, en ce 5 décembre, nous pouvions commémorer la première année sans Nelson Mandela. Un an qu'il nous a quitté mais personne n'en parle. Un an qu'il me manque. Un an que cet africain, rentré dans l'histoire, nous aura laissé avec nos valises et nos devoirs. Une pensée pour lui et pour son message d'amour, de paix, de pardon et d'espérance.