"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

Affichage des articles dont le libellé est Macron. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Macron. Afficher tous les articles

lundi 1 janvier 2024

2024 une année écologique, en France et en Europe

Comme Marine Tondelier, Secrétaire Nationale des Écologistes, je fais le même constat que cette année 2023 fut tristement agitée malgré tous les bons vœux qui avaient été souhaités traditionnellement : mobilisation contre la réforme des retraites et contre l’entêtement du gouvernement, bataille pour le libre accès à l’eau marquée par les évènements de Sainte-Soline, la mort du jeune Nahel et les questions sociétales qu’elle a soulevé, besoin criant de remettre des moyens pour la continuité des services publics, ou encore intensification des conflits en Ukraine, en Arménie et au Proche Orient … 

Par ailleurs l’adoption récente de la loi immigration, rêvée par l’extrême droite et permise par la droite extrême et par la majorité, révèle que les digues, à droite, ont craqué et la droite décomplexée est En Marche ! Le président Macron qui devait être un rempart au RN est devenu son meilleur tremplin. Ainsi Jordan Bardella est intronisé première personne politique préférée des Français.e.s par le «JDD» de Vincent Bolloré, à l'heure où le journaliste d’extrême droite, Geoffroy Lejeune a été nommé directeur de la rédaction du même journal. Pire encore le RN est le premier parti en intentions de votes aux européennes, le président du RN, qui participe à cela, est bel et bien l’emblème de l’opération de lissage effectuée par le parti d’extrême droite ... et ça marche !

Souvenons-nous toujours de ce que disait Françoise Giroud : « Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser. » 

Aujourd’hui, comme hier, Le fascisme c'est la gangrène de Rome à Paris, de New Delhi à Jérusalem, d'Ankara aux petits villages d'Europe ... Partout la droite extrême monte en se montrant proche du peuple, et pourtant, partout, leurs actions montrent le contraire. En France, les votes du RN démontrent qu’il n'aime pas les gens, le RN les utilise ! Ainsi malgré « la stratégie de respectabilité sagement appliquée par les parlementaires RN » nous dit le journal l’Humanité, les votes du RN « montrent que la dédiabolisation n’est qu’un vernis et leur discours social une imposture. ». 

Pour exemple, les député.e.s RN ont voté :

  • contre l’augmentation du SMIC, 
  • contre l’indexation des salaires sur l’inflation, 
  • contre la revalorisation des retraites et des fonctionnaires, 
  • contre la gratuité des cantines, 
  • contre la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, 
  • contre le gel des loyers, 
  • contre taxer davantage les riches, 
  • contre la garantie jeunes à 1 063 euros 
  • pour la réduction des droits liés au chômage. 
  • Etc … 

Dès lors il est temps que la Gauche et les écologistes se réveillent et sortent de leur fatalisme. 

Non le RN n’a pas encore gagné ! 

Chaque mobilisation compte et comptera ! 

Chaque vote, pour une société écologique et sociale, compte et comptera ! 

Ainsi donc, alors que les écologistes s’élancent vers un objectif de renforcer la présence des Verts, au parlement européen en 2024, en les soutenant, portons maintenant, toutes et tous ensemble, un projet politique capable de répondre aux urgences sociales et aux défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. 

Ensemble, portons, aujourd’hui, demain et toujours un projet d’Écologie Sociale et Solidaire en permettant aux écologistes d’orienter pleinement les décisions nationales et européennes car seul.e.s les écologistes sont en capacité de relever les défis de la durabilité. 

Ainsi, le 9 juin 2024 votons écologiste ! 

Votons pour la liste présentée par Marie Toussaint. 

Dans l’attente de ce rendez-vous important pour l’avenir, que sont les européennes, je vous souhaite une belle et heureuse année 2024, pleine de succès, de paix, d’amour et d’amitiés dans vos vies.

samedi 10 avril 2021

Les "jeunes pour le climat" veulent une union de la gauche en 2022

Youth for Climate Paris, l'émanation française du mouvement de la jeunesse pour le climat initié par Greta Thunberg, appelle dans cette tribune à l'union des gauches pour la présidentielle de 2022. "Nous ne nous reconnaissons pas dans les guerres d'égo qui animent les candidatures de gauche", écrivent-ils notamment, appelant à traduire l'union qu'ils constatent sur le terrain par une unité politique. 
 

Nous, jeunesse pour le climat, n'appelons aucunement à voter pour un parti et ne soutenons aucun parti. Mais aujourd'hui nous devons être réalistes et prendre en compte qu'une candidature de gauche unie, certes imparfaite, reste de loin meilleure que Macron ou Le Pen et permettrait de sauver de nombreuses vies humaines et non humaines à court, moyen et long terme. 
 
Nous devons nous refuser à laisser les appareils de pouvoir à la droite et sortir de notre impuissance politique qui s'incarne par le cycle infernal de défaites politiques que nous encaissons, entre LPPR, réforme des retraites, lois contre le 'séparatisme', ou aide pour le permis de chasse, qui mutilent humains et non humains. 
 
En délaissant les institutions politiques et étatiques à l'idéologie de l'oppression, autrement dit la droite, nous entrons dans un cercle vicieux où nos combats ne consistent plus qu'à rejeter la défaite, c'est-à-dire que ce que nous considérons aujourd'hui comme une victoire est en réalité une non-défaite, renvoyant en plus à un imaginaire qui rendrait désirable notre société actuelle. Nous affirmons ainsi partout que nous voulons à tout prix filmer les flics alors que c'est la violence étatique qui est le cœur du problème ; nous luttons contre la réforme des retraites en affirmant que notre système est l'un des meilleurs du monde alors même que nous sommes conscients de la précarité de nombre de nos retraités. Nos luttes se contentent de réagir à l'actualité que les dirigeants nous imposent, et qui nous empêche de gagner du terrain. Nous devons dépasser cette position défensive et gagner une capacité d'initiative en nous appuyant sur des perspectives alternatives tangibles. 
 
Une conception matérialiste du monde exige de nous le fait de voir le réel en face sans l'usurper. Nous en arrivons à la conclusion que si nous voulons sortir de ces cercles vicieux pour former des cercles vertueux, ce qui apparaît aujourd'hui comme une nécessité, il nous faut avoir des dirigeants à la tête des appareils étatiques qui soient les personnes les plus proches de nos idées. Un mandat clair précisera la mission à remplir dans ces organes. Il s'agira notamment de contrôler les orientations politiques qui y seront décidées. Cela impliquera de ne plus avoir à centrer nos luttes sur des reculs que nous font concéder les gouvernants, et ainsi mener une politique de conquête à travers le militantisme. C'est pourquoi nous voulons une union de la gauche en 2022 et nous croyons que s'insérer dans cette lutte précise est une condition sine qua non pour l'avancée concrète de nos luttes de manière générale, à travers les modes d'actions spécifiques à nos mouvements. 
 
Nous ne nous reconnaissons pas dans les guerres d'égo qui animent les candidatures de gauche, nous sommes lassés de voir celles et ceux qui prétendent représenter la gauche se battre entre elle et eux, et avoir comme objectif unique de se mettre en avant, leur personne et leur parti. Les luttes progressistes découlent dans leur ensemble de récits menés collectivement. Sur le terrain nous ne cessons pas de nous rapprocher, de travailler ensemble, de faire des alliances, de s'écouter et de se prêter nos voix. Le gage de notre réussite réside en un rapprochement sur le terrain politique également. 
 
À vous qui prétendez représenter la gauche : vous ne représenterez rien ni personne tant que votre seul objectif sera de mettre en avant votre parti. Il en va de vos responsabilités."
 

jeudi 2 avril 2020

Covid-19, et la vie bascula : Dès maintenant !

Une fois cette tragédie surmontée, tout recommencera-t-il comme avant ? Depuis trente ans, chaque crise a nourri l’espérance déraisonnable d’un retour à la raison, d’une prise de conscience, d’un coup d’arrêt. On a cru au confinement puis à l’inversion d’une dynamique sociopolitique dont chacun aurait enfin mesuré les impasses et les menaces. La débandade boursière de 1987 allait contenir la flambée des privatisations ; les crises financières de 1997 et de 2007-2008, faire tituber la mondialisation heureuse. Ce ne fut pas le cas.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont à leur tour suscité des réflexions critiques sur l’hubris américaine et des interrogations désolées du type : « Pourquoi nous détestent-ils ? » Cela n’a pas duré non plus. Car, même quand il chemine dans le bon sens, le mouvement des idées ne suffit jamais à dégoupiller les machines infernales. Il faut toujours que des mains s’en mêlent. Et mieux vaut alors ne pas dépendre de celles des gouvernants responsables de la catastrophe, même si ces pyromanes savent minauder, faire la part du feu, prétendre qu’ils ont changé. Surtout quand — comme la nôtre — leur vie est en danger.

La plupart d’entre nous n’avons connu directement ni guerre, ni coup d’État militaire, ni couvre-feu. Or, fin mars, près de trois milliards d’habitants étaient déjà confinés, souvent dans des conditions éprouvantes ; la plupart n’étaient pas des écrivains observant le camélia en fleur autour de leur maison de campagne. Quoi qu’il advienne dans les prochaines semaines, la crise du coronavirus aura constitué la première angoisse planétaire de nos existences : cela ne s’oublie pas. Les responsables politiques sont contraints d’en tenir compte, au moins partiellement (lire « Jusqu’à la prochaine fin du monde… »).

L’Union européenne vient donc d’annoncer la « suspension générale » de ses règles budgétaires ; le président Emmanuel Macron diffère une réforme des retraites qui aurait pénalisé le personnel hospitalier ; le Congrès des États-Unis envoie un chèque de 1 200 dollars à la plupart des Américains. Mais déjà, il y a un peu plus de dix ans, pour sauver leur système en détresse, les libéraux avaient accepté une hausse spectaculaire de l’endettement, une relance budgétaire, la nationalisation des banques, le rétablissement partiel du contrôle des capitaux. Ensuite, l’austérité leur avait permis de reprendre ce qu’ils avaient lâché dans un sauve-qui-peut général. Et même de réaliser quelques « avancées » : les salariés travailleraient plus, plus longtemps, dans des conditions de précarité accrues ; les « investisseurs » et les rentiers paieraient moins d’impôts. De ce retournement, les Grecs ont payé le plus lourd tribut lorsque leurs hôpitaux publics, en situation de détresse financière et à court de médicaments, observèrent le retour de maladies qu’on croyait disparues.

Ainsi, ce qui au départ laisse croire à un chemin de Damas pourrait déboucher sur une « stratégie du choc ». En 2001, déjà, dans l’heure qui suivit l’attentat contre le World Trade Center, la conseillère d’un ministre britannique avait expédié ce message à des hauts fonctionnaires de son ministère : « C’est un très bon jour pour faire ressortir et passer en douce toutes les mesures que nous devons prendre. »

Elle ne pensait pas forcément aux restrictions continues qui seraient apportées aux libertés publiques au prétexte du combat contre le terrorisme, moins encore à la guerre d’Irak et aux désastres sans nombre que cette décision anglo-américaine allait provoquer. Mais une vingtaine d’années plus tard, il n’est pas nécessaire d’être poète ou prophète pour imaginer la « stratégie du choc » qui se dessine.

Corollaire du « Restez chez vous » et de la « distanciation », l’ensemble de nos sociabilités risquent d’être bouleversées par la numérisation accélérée de nos sociétés. L’urgence sanitaire rendra encore plus pressante, ou totalement caduque, la question de savoir s’il est encore possible de vivre sans Internet. Chacun doit déjà détenir des papiers d’identité sur lui ; bientôt, un téléphone portable sera non seulement utile, mais requis à des fins de contrôle. Et, puisque les pièces de monnaie et les billets constituent une source potentielle de contamination, les cartes bancaires, devenues garantie de santé publique, permettront que chaque achat soit répertorié, enregistré, archivé. « Crédit social » à la chinoise ou « capitalisme de surveillance », le recul historique du droit inaliénable de ne pas laisser trace de son passage quand on ne transgresse aucune loi s’installe dans nos esprits et dans nos vies sans rencontrer d’autre réaction qu’une sidération immature. Avant le coronavirus, il était déjà devenu impossible de prendre un train sans décliner son état-civil ; utiliser en ligne son compte en banque imposait de faire connaître son numéro de téléphone portable ; se promener garantissait qu’on était filmé. Avec la crise sanitaire, un nouveau pas est franchi. À Paris, des drones surveillent les zones interdites d’accès ; en Corée du Sud, des capteurs alertent les autorités quand la température d’un habitant présente un danger pour la collectivité ; en Pologne, les habitants doivent choisir entre l’installation d’une application de vérification de confinement sur leur portable et des visites inopinées de la police à leur domicile. Par temps de catastrophe, de tels dispositifs de surveillance sont plébiscités. Mais ils survivent toujours aux urgences qui les ont enfantés.

Les bouleversements économiques qui se dessinent consolident eux aussi un univers où les libertés se resserrent. Pour éviter toute contamination, des millions de commerces alimentaires, de cafés, de cinémas, de libraires ont fermé dans le monde entier. Ils ne disposent pas de service de livraison à domicile et n’ont pas la chance de vendre des contenus virtuels. La crise passée, combien d’entre eux rouvriront, et dans quel état ? Les affaires seront plus souriantes en revanche pour des géants de la distribution comme Amazon, qui s’apprête à créer des centaines de milliers d’emplois de chauffeur et de manutentionnaire, ou Walmart, qui annonce le recrutement supplémentaire de 150 000 « associés ». Or qui mieux qu’eux connaît nos goûts et nos choix ? En ce sens, la crise du coronavirus pourrait constituer une répétition générale qui préfigure la dissolution des derniers foyers de résistance au capitalisme numérique et à l’avènement d’une société sans contact.

À moins que… À moins que des voix, des gestes, des partis, des peuples, des États ne perturbent ce scénario écrit d’avance. Il est courant d’entendre : « La politique, ça ne me concerne pas. » Jusqu’au jour où chacun comprend que ce sont des choix politiques qui ont obligé des médecins à trier les malades qu’ils vont tenter de sauver et ceux qu’ils doivent sacrifier. Nous y sommes. La chose est encore plus vraie dans les pays d’Europe centrale, des Balkans ou d’Afrique qui, depuis des années, ont vu leur personnel soignant émigrer vers des contrées moins menacées ou des emplois plus rémunérateurs. Il ne s’agissait pas, là non plus, de choix dictés par les lois de la nature. Aujourd’hui, sans doute, on le comprend mieux. Le confinement, c’est aussi un moment où chacun s’arrête et réfléchit…

Avec le souci d’agir. Dès maintenant. Car, contrairement à ce que le président français a suggéré, il ne s’agit plus d’« interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde ». La réponse est connue : il faut en changer. Dès maintenant. Et puisque « déléguer notre protection à d’autres est une folie », alors cessons de subir des dépendances stratégiques pour préserver un « marché libre et non faussé ». M. Macron a annoncé des « décisions de rupture ». Mais il ne prendra jamais celles qui s’imposent. Non pas seulement la suspension provisoire, mais la dénonciation définitive des traités européens et des accords de libre-échange qui ont sacrifié les souverainetés nationales et érigé la concurrence en valeur absolue. Dès maintenant.

Chacun sait dorénavant ce qu’il en coûte de confier à des chaînes d’approvisionnement étirées à travers le monde et opérant sans stocks le soin de fournir à un pays en détresse les millions de masques sanitaires et produits pharmaceutiques dont dépend la vie de ses malades, de son personnel hospitalier, de ses livreurs, de ses caissières. Chacun sait aussi ce qu’il en coûte à la planète d’avoir subi les déforestations, les délocalisations, l’accumulation des déchets, la mobilité permanente — Paris accueille chaque année trente-huit millions de touristes, soit plus de dix-sept fois son nombre d’habitants, et la municipalité s’en réjouit...

Désormais, le protectionnisme, l’écologie, la justice sociale et la santé ont partie liée. Ils constituent les éléments-clés d’une coalition politique anticapitaliste assez puissante pour imposer, dès maintenant, un programme de rupture.

vendredi 3 mai 2019

La fête du travail est celles des droits des travailleurs à vivre !!!



"Toujours prêt à décrocher le pompon, Emmanuel Macron, le prêcheur de la République, transforme le 1er Mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses en lutte pour leurs droits - en fête du travail, de la patrie et du productivisme ... La famille n’est pas loin." nous dit, sur facebook, Esther Benbasa à la parution du tweet du président Macron à l'occasion du 1er mai.

Et en effet, pour moi, la fête des travailleurs est là pour nous rappeler que la vraie vie, celle qui a du sens n'est pas celle enchaînée au poste de travail pour produire des choses mortes, des choses inutiles, des services imbéciles, pour produire de la richesse chez les capitalistes mais, bel et bien, celle que l'on trouve auprès des amis, de la famille, de la nature, de la culture, de l'engagement humaniste et pacifiste. Le travail est evidement nécessaire, mais il faut le laisser à sa place car définitivement il ne sert à rien de perdre sa vie à la gagner.

Mais, je laisse à Jean-Louis Alessandri, la place dans cette publication car je ne saurais mieux dire les choses.

"Putain de Travail!


Depuis quelques années déjà, la réthorique sur le 1er mai tend à faire célébrer le travail. Du “vrai travail” de Pétain à Sarkozy ou encore le dernier tweet de Macron tendent à dévoyer le réel sens de ce jour hautement symbolique pour les travailleurs. Il ne s’agit pas de célébrer “ceux qui aiment le travail” ou le “chérissent parce qu’ils produisent” 1. Au delà du caractère apophasique de cette remarque qui sous entend que le travail est synonyme de “plaisir”, (on aime ce qui nous plaît, on chérit ce qui nous est cher), et que donc seuls les “amoureux” de leur travail, ceux qui le placent au dessus de tout le reste comme valeur humaine, sont les vrais travailleurs, il est évident que cette forme de langage cherche à nous faire penser que nous célébrons le travail tous les 1er mai. Néanmoins, il n’en est rien. L’histoire du mouvement ouvrier depuis le 19ème siècle cherche à s’émanciper du labeur. Au vu des chiffres d’une étude menée en Grande Bretagne, où 49% des travailleurs haïssent leur emploi, il est évident que le travail, pour une moitié d’entre nous, ne revêt pas ce caractère “amoureux” que les politiques veulent nous laisser croire. La révolution industrielle ayant fortement changé le paradigme économique a transformé le terme “métier” en “emploi”. Changement sémantique hautement symbolique puisque l’emploi revêt une idée de “tâche” accomplie étant évaluée à une rémunération, le terme métier, lui, implique une formation, des compétences et des qualités reconnues par la société toute entière. La vision de la société sur le “travail” est devenue biaisée et la horde de travailleurs pauvres n’a fait qu’augmenter tout au long des décennies. Certes, il est évident qu’un travail constitue une forme d’émancipation sociale il n’en reste pas moins que l’idée “de chérir” le travail n’est pas nécessairement en lien avec ce que les travailleurs pensent de leur emploi. Si ce n’est donc as le travail que l’on célèbre le 1er mai, qu’en est-il?

La lutte ouvrière s’est faite dans le sang et les larmes. C’est le combat pour la réduction du temps de travail, pour de meilleures rémunérations, des conditions de labeur plus humaines qui ont été au centre du mouvement ouvrier et syndicaliste. Peu de revendications sociales se basent sur “Aimer son travail”, “le chérir”. Il n’est certes pas incompatible de travailler et d’aimer ce que l’on fait tous les jours, mais pour cela, il faut que les conditions d’emplois soient suffisamment “humaines”. On ne peut aimer ce qui fait souffrir, ce qui ne nous rend pas heureux.

Les manifestants de Hay Market de 1886 tombés sous les balles de la police de Chicago, de Trafalgar Square et du premier Bloody Sunday de l’histoire, le 13 novembre 1887 où 300 manifestants furent arrêtés après avoir vu tomber trois des leurs sous les tirs de la police londonienne, des mineurs de Decazeville en 1886; de Marie Blondeau à Fourmies en 1892, tombée, parmi huit de ses camarades sous les balles des fusils Lebel, des grèves des mineurs à Pontypryd au Pays de galles matées par la troupe, des cheminots dans la vallée de la Rhonda et Tonypandy battus à mort pour certains par les Bobbies anglais, ont tous le point commun d’avoir lutté pour une réduction du temps de travail, des meilleurs salaires et des conditions de labeur humaines. Tous ces événements ont été entachés du sang des manifestants, des exécutions sans preuves et des arrestations. Car, comme le Procureur de la République le dira au sujet des journalistes Roche et Duc Quercy : "Ils ont soutenu des théories sociales. Or, le socialisme est un vain mot"

Un vain mot, voilà ce que le pouvoir a toujours pensé de la lutte ouvrière, une vaine lutte, c’est ÇA le 1er mai, la commémoration de ces luttes ouvrières, de ces tombés sous les coups de buttoirs des différents états, non pas l’amour du travail et de ceux qui le chérissent. Les ouvriers chériront leur travail lorsque leurs revendications sociales, légitimes seront entendues. Que la 7ème puissance mondiale se regarde enfin en face, qu’elle analyse la situation et alors le peuple aimera son travail, le chérira. Jusque là, le 1er mai sera le jour de la commémoration des leurs tombés pour leurs droits à vivre dignement de leur labeur.

mardi 19 mars 2019

Manifestants pour le climat, soyons cohérents, soyons radicaux

Par Hervé Kempf (Reporterre)

Un moment de basculement est en train de se produire pour le climat. Il appelle de la part de celles et ceux qui manifestent et ont pris conscience un engagement réel et durable. Qui ne sera pas toujours facile.


Le succès de la marche pour le climat samedi 16 mars à Paris et dans de nombreuses autres villes, les quelque 2 millions de signatures à l’appui de l’Affaire du siècle, le mouvement international des jeunes pour le climat, et pour tout dire, la vague qui s’est levée depuis septembre dernier pour déclarer l’état d’urgence climatique, constituent un mouvement de fond, un moment de basculement. La question écologique est clairement en train de passer un nouveau cap, de sortir des invocations floues et distantes pour s’incarner dans une forte revendication populaire. Et c’est un moment réconfortant, joyeux, stimulant, roboratif.

Mais pour que la vague soit vraiment puissante, qu’elle envahisse comme la marée la plage atone du conservatisme des politiques et des habitudes, les manifestantes et manifestants doivent être cohérents, et donc radicaux. Cohérents ? Si l’on affirme qu’il y a urgence climatique, qu’il n’y a plus que cinq, dix, quinze ans pour éviter un réchauffement planétaire d’1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, qu’il faut agir fortement à la mesure de la gravité du moment, on ne peut se contenter de retourner chez soi et de continuer comme avant. Il faut réfléchir davantage, s’engager plus loin, changer plus avant.

La cohérence, c’est de comprendre que les mots ne sont pas futiles : que les slogans « Justice climatique, justice sociale » et « Ce n’est pas le climat qu’il faut changer, c’est le système » appellent une transformation globale de la société. Comprendre aussi que revendiquer, parce qu’elle est indispensable, une division par huit des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 suppose un changement radical du mode de vie et des habitudes de consommation dans le sens de la sobriété. Et ce ne sera pas facile (y compris pour l’auteur de ces lignes !) : pas ou presque plus d’avion, du vélo et beaucoup moins d’autos, moins de viande, beaucoup moins de tous ces objets dont on a pris l’habitude de les considérer comme normaux, pas ou plus de publicité, on en passe. Pour le dire autrement, faire face à l’urgence climatique, ce n’est pas mettre des éoliennes partout, c’est réduire drastiquement la consommation d’énergie donc la consommation matérielle. Autant l’avoir en tête si l’on ne veut pas se bercer d’illusions.

Être cohérent implique aussi d’être radical. Changer le système implique que ce ne sont pas les gestes de chacun — même s’ils sont indispensables — qui changeront la donne, comme voudraient nous le faire croire les dominants, à commencer par M. Macron. Non, cela implique de changer les politiques et les rapports de pouvoir.

Et dès lors, la radicalité commence par un constat : les gouvernants, aujourd’hui, ne sont pas de braves gens qui, par pure ignorance, ne voudraient pas agir pour le climat et qu’il faudrait ramener à la raison. Ce sont les instruments d’une oligarchie qui vise essentiellement à maintenir la position privilégiée des ultra-riches et un système économico-financier qui préfère la prédation de la planète à la baisse des profits. Autrement dit, les gouvernants aujourd’hui ne sont pas des alliés, mais des ennemis, et seul le rapport de force — ou le changement de gouvernants — peut faire évoluer fortement les politiques.

La radicalité se prolonge par un engagement : celui de ne pas en rester à des paroles, à des slogans, à des pancartes. Mais de s’engager soi-même ou au moins de soutenir effectivement celles et ceux qui agissent. On peut le faire de façon non violente mais avec efficacité — en se mettant d’ailleurs en danger juridique voire physique — comme le montrent, entre autres, les militants d’ANV-COP21, quand ils vont décrocher les portraits de Macron, les étudiants pour le climat quand ils vont envahir la Société générale, les militants contre le « grand contournement ouest » de Strasbourg ou contre Europacity — pour ne citer que quelques exemples.

Urgence climatique ? Urgence sociale, urgence politique, urgence d’agir.

Photo : Manifestation pour le climat, 16 mars 2019 (© Eric Coquelin/Reporterre)

mardi 1 janvier 2019

2019, passer de la colère légitime à la force tranquille.

« Les mesures favorables aux classes supérieures prises en début de règne devaient provoquer un « choc de confiance ». Elles ont provoqué un choc de défiance » nous fait remarquer, fort justement, Laurent Joffrin. Depuis 6 semaine les « Gilets Jaunes » font vaciller les fondements même de notre démocratie avec leur refus de la représentativité, avec la violence verbales et physiques de certains mais que beaucoup légitimisent, par les outrances racistes de quelques-uns et que peu réprouvent publiquement. Notre République est un système bien fragile me disait souvent mon tendre père. Dieu qu’il avait raison. Aujourd’hui la République vacille et certains nostalgiques d’une eau de Vichy en appellent à l’armée, aux généraux pour renverser un gouvernement élu mais incapable d’être à la hauteur de l’évènement. Ils tâtonnent, ils avancent sans se concerter, reculent, se croient plus intelligents que les autres mais ne répondent pas aux attentes légitimes de justices sociales. Notre Napoléon en guenille et son armée au clinquant usé essaye de garder le cap d’un navire qui prend l’eau. Le mouvement des gilets jaunes est « une catastrophe pour notre économie », estime Bruno Le Maire. J'apprécie et je mesure toute l'humanité qu'il y a dans cette phrase pleine de compassion, mais depuis longtemps on sait que pour la droite, pour les libéraux, pour les capitalistes, ce qui est important ce n'est pas les humains qui vivent un quotidien catastrophique à cause de leurs politiques ultra-libérale, mais bel et bien les bénéfices, l'argent, les thunes, le blé, le flouze, les pépètes, les sous, le fric, l'oseille, le pèze, le pognon pour les actionnaires, les riches et les puissants, qu'importe les conséquences sur les gens et l'environnement. Pour la droite l'économie n'est pas au service de l'Homme mais c'est bien l'Homme qui est au service de l'économie. Ils attisent la haine et les sentiments d'oppression, de spoliation, d'étouffement, ils sèment la misère et s’étonnent de récolter la colère. Pour l’avocat Juan Branco « Aujourd'hui, la seule façon de provoquer un changement, c'est en faisant trembler ces gens, en leur montrant que la politique n'est ni un jeu, ni une opportunité de carrière ; en leur montrant qu'il y a des corps qui la subissent. » Ainsi, si je peux, à force de lectures et de conversations, maintenant comprendre la violence de certains « Gilets Jaunes », je n'arrive toujours pas à l'accepter car, en vérité je vous le dis, on n’obtient rien en en usant si ce n’est toujours plus de répressions de la part de ceux qui ont le pouvoir de le faire, si ce n’est des larmes et du sang. Mais ainsi, si cette violence est faite pour faire peur à Macron et ses copains, alors on peut espérer que cela soit réussi, mais si c’est utilisé dans l’espoir d’obtenir des avancées sociales, alors force est de constater que l’on voit bien que rien de fondamentalement révolutionnaire n'a été lâché. Les riches peuvent continuer de dormir sur leurs dividendes et les pauvres, brûler dans leurs logements insalubres.

Ainsi donc, grâce à Macron -cet objet politique fabriqué, selon Juan Branco, par des Xavier Niel, des Bernard Arnault, des Gabriel Attal, Jean-Pierre Jouyet ou bien encore des Benjamin Griveaux et une constellation d'intérêts - la République vacille faute de fondements humanistes et d’un trop-plein de visions comptables et dogmatiques. « Faut-il être aveugle pour comprendre que ce pouvoir ne tient plus que par la fidélité des forces de l'ordre, dont toute défaillance l'effondrerait ? » nous interroge Juan Branco. Et pendant que certains fous furieux en appellent au sabre, d’autres se retournent en arrière et en appellent au goupillon. Rappellent les valeurs et les traditions chrétiennes de la France, crachent sur l’esprit de laïcité qui anime et soude notre vivre ensemble. La République, sociale et laïque vacille, ses citoyens regardent vers l’extrême droite la Gauche ayant failli, la Gauche ayant trahi depuis 40 ans et c’est effrayant pour moi qui ne crois qu’en elle. Esther Benbassa, sénatrice EELV, pose la question à ses amis, de ce « que pourrait être la réponse politique forte d'une gauche écologiste authentique à un mouvement social de première importance comme les Gilets Jaunes ? Détourner le regard ? Attendre que ça passe ? Dire aux gens « il faut rentrer à la maison » ? » Je lui réponds que dans un premier temps il faut condamner fermement et clairement tous les comportements racistes, xénophobes, antisémites et nationalistes qui fleurissent ici et là. Dire que ces comportements sont indignes d'un soulèvement populaire, incompatibles avec les valeurs de la Gauche et des Ecologistes. Expliquer ensuite, encore et toujours que luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées car pour les riches et les puissants, les gens et l'environnement ne sont que des variables d'ajustements qui permettent de faire toujours plus de profits. Dire, encore et toujours, qu’il ne pourra y avoir de justice sociale dans le chaos environnemental que nous promettent les changement climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions, les saccages des biotopes, l’écocide des terres agricoles, les plastiques ici, là, partout, le sable pillé, … Ensuite il nous faut nous replonger dans les enseignements des grands maîtres de la non-violence et de la désobéissance civile afin de construire une rébellion, juste, forte, déterminée, durable et acceptable. Et enfin apporter une réponse sérieuse, mesurable, vérifiable, honnête et transparente aux causes des maux présents et futurs. Il nous faut penser le présent sans oublier le futur, allier le réalisme et le rêve.



Le rêve. Le rêve je viens de l’avoir en écoutant le discours anticonformiste de Clément Choisne, jeune ingénieur fraîchement diplômé de Centrale Nantes. D'un ton calme et posé, le jeune homme, se souvient « avec amusement » du discours d'entrée du directeur de l'école, « il nous invitait à prendre la parole, à donner un rôle, un vrai, à l'ingénieur dans notre société, à faire entendre notre voix ». « Je la prends aujourd'hui la parole », lance le jeune homme invité à la tribune pour se voir remettre son diplôme. Car si Clément fait ce discours c'est « parce qu'il y a des choses qui ne sont jamais remises en cause dans nos études d'ingénieur », explique le jeune diplômé originaire du Mans, « notamment la remise en cause d'un modèle qui crée des élites qui devront trouver des solutions sans jamais se demander si les solutions que l'on trouve sont pérennes, durables et égalitaires pour la société. […] Je vous rappelle que nous, les ingénieurs, nous sommes les géniteurs de l’obsolescence programmée. […] Je ne pense pas que le changement puisse venir de l'intérieur de ce système d'entreprises qui ont des modèles d'affaire fortement carbonés », explique Clément Choisne, « il y a toute une société alternative qui est en train de se monter par des solutions qui ont un sens, avec des initiatives locales, de votre fournisseur d’énergie à la manière dont vous vous déplacez ou encore la manière dont vous faites vos courses, tout est à repenser ».

Ce discours est réconfortant car il rappelle que nos vies se doivent d’avoir du sens afin qu’elles nous soient gourmandes. Ce discours est réconfortant car il rappelle que nous ne sommes pas des « parts de marchés » ni des « temps de cerveaux disponible », là est la vraie révolution ! Puisse-t-il y avoir encore et toujours plus de jeunes comme ce jeune. Puisse-t-il y avoir encore est toujours plus d’actions solidaires et je pense au Samu social, aux petits frères des pauvres, aux restos du cœur, aux pompiers volontaires, aux personnels des EPHAD, aux infirmières et aux infirmiers ... Malgré tout, malgré les difficultés, malgré les bâtons dans les roues, tous et toutes, ils et elles sont là ... Les bénévoles par milliers ... Il me faut aussi regarder de ce côté parce que c’est aussi ça qui nous porte et nous empêche de sombrer. Ils et elles sont la vraie France, la solidaire, la grande, la belle et la rebelle, la révolutionnaire.

C’est sur cette vison positive que je veux résolument ouvrir cette nouvelle année 2019, loin des violents, loin des méchants, loin des asséchés du cœur. C’est en pensant à tous ceux qui rêvent le monde autrement que par le profit - et qui risquent parfois leur vie (83 défenseurs de l’environnement ont encore été assassinés, en 2018, de par le monde) - mais par la bienveillance et l’engagement que je veux ouvrir mon année 2019.

Et c’est avec bienveillance que je vous souhaite une belle et heureuse année 2019. Que cette année vous apporte la joie, le bonheur, la paix et l’amour que vous méritez. Soyez révolutionnaires, soyez des artisans de paix et d’amour afin de bâtir un monde rempli d’envies sobres et écologiques, de rêves d’avenirs désirables, d’aventures humaines en équilibre avec notre seul et unique vaisseau spatial, avec notre seule et unique planète, berceau de notre vie, biosphère finie et fragile. Belle et heureuse année 2019.

samedi 8 décembre 2018

Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Jeudi 29 Novembre, le mouvement des « Gilets Jaunes » a envoyé, aux médias et aux députés, un communiqué comprenant une quarantaine de revendications : Zéro SDF, retraites, salaire maximum... Pour ma part j’y vois du bon et du moins bon (pourquoi ces quelques cibles, ces quelques lignes vis-à-vis de l'immigration ? Y aurait-il des FN et leurs obsessions, dans le mouvement des gilets jaunes ? Quel est le signal donné par ces lignes ? Que les problèmes des français viennent aussi des immigrés !), mais globalement je me vois très en accord avec la majorité des revendications. Pourtant, le samedi suivant, sur la place de l’étoile et ses alentours, la situation a dépassé l‘entendement républicain. Casses, émeutes, voiture brulés, biens public et privés (même si je ne vais pas pleurer sur les boutiques de luxe des Champs-Elysées) saccagés, violence de toute part. Les "Gilets jaunes" visiblement, c'est une évidence, améliorent le niveau de vie des pauvres casseurs qui peuvent se servir dans les magasins le samedi soir. Révolte dans mon cœur ... et une évidence : Les violences des casseurs, empêchent de parler des 42 revendications des GJ. Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Révolte dans mon cœur de pacifiste et de non-violent. « Pas en mon nom ! » j’ai envie de crier, car je suis aussi du peuple et je réprouve les violences de Paris. TRÈS EN COLÈRE !!! Je n'ai pas de mots pour exprimer ma colère à son juste niveau. VANDALES !!!, voici le mot que vous m’avez inspiré. Vous n'êtes pas le peuple ! Vous n'êtes pas des manifestants !! Vous n'êtes que des vandales !!! Très en colère contre les saccages d'hier comme je suis en colère, depuis 30 ans, contre la violence des exploiteurs de misère, des patrons, des capitalistes, des actionnaires, des politiques, à la solde des lobbies et des puissants, qui maltraitent et sacrifient salariés et environnement, depuis toujours, pour toujours plus de profits indignes. « C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches » nous dit Victor Hugo. Honte à vous tous casseurs, saccageurs, violents, admirateurs de ces violences, patrons bien gros, capitalistes sans âme, hommes et femmes de droite qui avez semé la misère et qui récoltez la colère, honte à vous tous !!!

Grosse colère également contre la Droite Rutabaga, ces pauvres ères qui gagnent 1200 euros par mois mais qui votent pour des gens qui leur garantissent qu’ils resteront à 1200 euros par mois. Grosse colère car voici des années que la droite-rutabaga vote pour leurs oppresseurs. Des années que nous les syndicalistes et les militants écologistes et de gauche on se bat contre ceux qui nous oppressent sans que la droite-rutabaga ne nous soutienne (beaucoup de Gilets Jaunes avouent que c'est la première fois qu'ils manifestent) voir nous conchient. Des années que les français votent pour le libéralisme et le capitalisme, des années qu'on leur dit que c'est de la merde, mais tant qu'ils avaient espoirs de tirer leur épingle du jeu, ils jouaient la carte du chacun pour soi. Maintenant, la droite-rutabaga pleure. Les français récoltent ce pour quoi ils votent depuis des années !!! La dignité n'est pas de casser l'arc de triomphe ! L'indignité c'était de voter pour ceux qui nous exploiteraient et chier sur ceux qui se vouaient à la défense des travailleurs. La dignité n'est pas de saccager car la fin ne justifie pas les moyens. Et en revanche la violence justifie toutes les oppressions, tous les états d'urgence, toutes les restrictions de libertés par ceux qui ont les moyens de le faire. Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Et pourtant face à la violence le gouvernement réagit. De ce que j'ai retenu de l'intervention du 1er Sinistre, le 4 décembre, c’est qu'ils reculent, de six mois, l'enculade mais qu'elle viendra quand même. Dès lors quid de la justice sociale ? Quid du rééquilibrage de la charge de la Nation entre riches et plus modestes ? Quid du CICE ? Quid de la lutte contre la fraude fiscale ? Quid de la hausse des salaires ? Quid d'une réelle revalorisation du salaire minimum (150 ; 200 euros) ? Quid d'un salaire maximum ? Rien !!! Aucune volonté de travailler pour les citoyens !!! On lâche temporairement sur l'essence mais surtout on ne s'attaque pas aux causes des inégalités !!! Rien, je vous dis ! Rien si ce n'est qu'on nous entubera plus tard. Ces politiciens sont sourds, mais pourtant face à la violence des « Gilets Jaunes », ils réagissent. Quel est le signal qui est envoyé aux autres mouvements revendicatifs, pacifistes et républicains ? Pour attirer l’attention nous faut-il donc casser, bruler, frapper, taper sur du flic ?

Et que dire de ces politiques qui alternent, depuis 60 ans, l’intérim du pouvoir, qui ont organisé, depuis 60 ans, la richesse des riches et la misère des pauvres et qui viennent, sur les ondes, nous expliquer que le mouvement des « gilets Jaunes », des pauvres, des précaires, des sans-dents était prévisible ? Ainsi donc et sans vergogne et à l'instar des autres, Gérard L'archer, sur France inter, le 5 décembre, nous explique, sans honte, combien c'est injuste (il nous arracherait presque une larme) que les plus pauvres morflent alors qu'il fait partie d'un mouvement qui, depuis des décennies, offre ristournes, cadeaux, subventions, et autres crédits d'impôts aux patrons et aux entreprises sans jamais les conditionner à des engagements sociaux et salariaux mesurables et chiffrables. Il est définitivement insupportable d'entendre ces gens, qui sont responsables de la misère en France, venir nous faire une explication de texte du moment. La décence voudrait qu'ils fassent profil bas. Mais non, ils continuent, tous arrogants qu'ils sont, à venir commenter et nous expliquer qu'ils ont compris la détresse des gens d'en bas, tout en refusant les mea culpa, en refusant de reconnaître que ce sont leurs dogmes libéraux qui sont les causes de la misère. Insupportables, ils sont définitivement Insupportables !!!

« Personnellement, me dis mon frère, je suis toujours aussi désemparé. Après une période de rejet des GJ (Je le dis sans honte car je crois en la taxe carbone et que voir des 4x4 avec un GJ sur la plage avant me débecte) mais j'admets que sans justice sociale, cela ne pourra jamais passer), je partage pas mal d'idée avec la FI, je trouve certains discours de Mélenchon et autres parfaitement justes, ce gouvernement et cette politique "vieux monde relooké nouveau monde" me dégoute, je crois aussi que la violence sociale soft actuellement en vigueur nécessite un rapport de force si l'on veut que les choses bougent. Et pourtant je suis très mal à l'aise (pour ne pas dire plus) avec cette ambiance insurrectionnelle et la violence qui va avec, très inquiet pour mes enfants et ma famille, mon ex-famille, mes amis qui vivent à Paris, pour la démocratie (même si j'aspire à une 6ème république ) car je suis persuadé que des forces fascistes n'attendent que ce genre d'événement pour prendre le pouvoir, je crains aussi un effondrement rapide de notre économie sans possibilité d'organiser ensuite une quelconque transition écologique et plus prosaïquement je crains pour mon emploi qui fait vivre toute ma famille et qui nous permet enfin de devenir propriétaire de notre appartement (je sais, je suis sûrement petit bourgeois). Bref, je suis sûrement confus, mais vous aurez compris que je suis traversé par tout un tas d'émotions souvent contradictoires qui m'empêchent d'être serein en ces moments troublés. Suis-je le seul ou parmi vous, certains sont-ils dans les mêmes errements que moi ? »

Non, p'tit frère tu n'es pas le seul à être troublé, confus, à être traversé par des sentiments contradictoires, je le suis pleinement et totalement. Je partage 100 % de ce que tu dis, mais cela ne m’empêche pas de penser que la violence n'apporte rien, la preuve en est que, ce sur quoi le gouvernement a lâché, ce ne sont pas les choses structurelles qui font qu'il y a tant d'inégalités et tant de violences sociales dans notre pays. Ils ont juste lâché du lest, donné des os à ronger, mais rien de structurellement révolutionnaire. Après ces événements tout recommencera comme avant, le gouvernement aura bien protégé les intérêts des capitalistes et des plus riches. La violence, pour le moment ne paye pas, seule une révolution dans les urnes peut trouver une issue positive... encore faut-il avoir des personnalités qui soient à la hauteur des enjeux et ça ... ce n’est pas gagné, il n'y aura qu'un seul Mandela ... et pourtant il faudra bien que des hommes et des femmes s'y collent.

A ces mots, sur Facebook, un contact me dit « Mais enfin ! Mandela était terroriste et un militaire dont l'organisation s'appelait "Fer de lance de la nation" donc... ».

Donc quoi ? lui réponds-y-je. Mandela fut un homme qui a renoncé à la violence, qui a profondément incarné le « vivre ensemble », qui a rejeté la vengeance et la haine, qui a magnifié la réconciliation et le pardon. J'ai une profonde admiration pour Mandela qui compris que ses combats ne commenceraient à avoir des résultats qu’à partir du moment où il renoncerait à la violence, ce qu’il fit en prison.

« Mais sans la violence - poursuit mon contact Facebook - on ne se serait pas intéressé à l'Apartheid tu sais. Les papous se font massacrer en ce moment ; les Rohingyas aussi... Je ne fais pas l'apologie de la violence et j'ai milité autant que toi (notamment à Nuit debout) sur cette question. »

Vaste sujet pour lequel le média Facebook n’est pas le plus pertinent, lui réponds-t-y-je. Je citerai juste Martin Luther King, « La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l’agression et l’esprit de revanche. Le moyen d’en sortir est l’amour » et Mandela « Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. ». J'espère en l'amour, je crois au vivre ensemble, j'aspire à la paix, tel est ma philosophie.

A ces mots, mon contact me rétorque que, pour lui aussi, telle est sa philosophie mais que pourtant, MLK, Gandhi ou Mandela seraient arrivés après des affrontements très forts. Que lui aussi « admire ces gens qui sont parmi les plus importants de l'histoire. Mais les pacifistes ont aussi collaboré pendant la guerre et les résistants ont détruit, tué parfois. »

Alors pour finir je lui dis que Gandhi disait « entre la violence et la non-violence je préfère la non-violence mais entre la violence et la lâcheté je préfère la violence ». Les situations de ces trois grands hommes, aux moments ultimes où ils ont prêché la non-violence était bien plus violente, bien plus périlleuse que celle que vivent les gilets jaunes aujourd'hui (sans nier les problèmes des GJ). Aussi justifier la violence, dans un pays où l’on est encore libre de contester, alors que d'autres ont utilisé la non-violence alors que leurs vies étaient menacées, je trouve juste cela énorme. Injustifiable. Insoutenable. Quant aux résistants je l’ai renvoyé à la phrase de Gandhi ci-dessus. La situation en France aujourd'hui n'est pas celle de 1940, n'est pas celle de l'Inde de Gandhi, n'est pas l'Amérique de MLK, n'est pas celle de l'Afrique du Sud de Mandela. Sans nier les problèmes en France.

Définitivement les violents sont les idiots utiles des puissants et pourtant. Et pourtant ... hum !!! Alors que 136 000 de Gilets Jaunes manifestaient partout en France, les marches pour le climat ont rassemblé, ce même jour, presque autant de monde et se sont déroulées dans le calme sans pour autant monopoliser l'attention médiatique et politique. Faut-il donc casser, brûler, voler, saccager, être violent pour que l'on prenne au sérieux les revendications écologiques ? Notre monde prône-t-il la prime à la casse ?

mardi 20 novembre 2018

Gilet Vert, je suis !


Les "Gilets Jaunes" sont donc passés à l’offensive, samedi 17 novembre, avec un bilan dont, si j’avais fait partie du mouvement, je ne serais pas très fier : 1 mort, 400 blessés dont plusieurs gravement et dont, c’est un cas historique dans l’histoire des manifestations modernes en France, non imputables à la police, des insultes racistes, des violences homophobes, de la casse de voitures, des violences souvent, de nombreux dégâts, comme un péage vandalisé, un conseil régional envahi, des migrants remis à la gendarmerie comme n'importe quel groupuscule identitaires l'aurait fait et des citoyens terrorisés. Comment appelle-t-on cela, des gens qui terrorisent des citoyens, déjà ? Et pourtant "au vu du bilan humain et des violences, il apparaît que les Gilets Jaunes bénéficient d’une mansuétude de fait de la part des médias (et des citoyens, ndt). [...] Imaginez l’indignation générale après un tel bilan à l’issue d’une manifestation d’étudiants, de zadistes ou de la CGT ? Imaginez les réactions si ce spectacle avait été le fait de jeunes de banlieues ? Le couvre-feu serait déjà déclaré comme en 2005 ! La mansuétude est surtout due aux politiques. LFI, qui accompagne ce mouvement, est bien discrète à propos des dérives racistes parfois observées, la droite ne dit rien des boules de pétanque lancées sur la police sans répliques de flash-ball, ni des fameuses ‘prises d’otages d’usagers’ qu’elle est toujours prompte à dénoncer." nous dit fort justement Thomas Legrand sur France Inter.

Ainsi donc ce mouvement assez nouveau en France m’a laissé quelque peu dubitatif devant sa violence, son agressivité et la pauvreté du fond des revendications, finalement assez populistes. Voici en fait des sujets de colères que j'aurai bien aimé voir ce week-end et que nous dénonçons (via ce blog par exemple) depuis des décennies, nous les "bobos écolos hors-sol, citadins intellos, pauvres déconnectés de la vraie vie", sans que jamais nous ne soyons suivis par l'opinion, voir le plus souvent fustigés et conchiés. Sujets qui commencent à être récupérés par certains "Gilets Jaunes" devant l'évidente pauvreté de la revendication du prix de l'essence. Ecologiste encore et toujours je suis, #giletvert je suis !

  • Colère contre le CICE
  • Colère contre l'évasion fiscale
  • Colère contre l'optimisation fiscale
  • Colère contre la fraude fiscale
  • Colère contre la fermeture des écoles
  • Colère contre la fermeture des hôpitaux
  • Colère contre la fermeture des maternités
  • Colère contre la fermeture des services publics de proximité
  • Colère contre la casse de notre Sécurité Sociale au profit du privé.
  • Colère contre la fermeture des petites lignes SNCF
  • Colère contre la mise en concurrence de la SNCF
  • Colère contre les attaques systématiques contre les fonctionnaires, Serviteurs de la Nation, bouc-émissaires de choix politiques funestes
  • Colère contre la casse des retraites
  • Colère contre la casse de notre système de Recherche Publique.
  • Colère contre le chômage institutionnalisé
  • Colère contre 60 ans de trahisons politiques
  • Colère contre les pesticides, fongicides, herbicides, glyphosate, ...
  • Colère contre le sauvetage permanent des banques
  • Colère contre les autoroutes et aéroport bradés
  • Colère contre les déchets plastiques, la pollution de l'air, de la terre et de l'eau, la déforestation, le massacre de la biodiversité...
  • Colère contre les additifs alimentaires, des perturbateurs endocriniens
  • Colère contre le bétonnage sans fin
  • Colère contre l'accaparement des terres
  • Colère contre notre système agricole productiviste et polluant, soutenu par la FNSEA et les multinationales de l'agroalimentaire, qui pousse nos agriculteurs au suicide
  • Colère contre la souffrance animale 
  • Colère contre les milliards de dividendes versés et contre les efforts toujours demandés aux familles
  • Colère contre les guerres et toutes les violences sexistes, homophobes, racistes et xénophobes.
  • Colère contre tous les prêcheurs de haines
  • Colère contre une mondialisation inhumaine et destructrice pour l'environnement et le climat
  • Colère contre le kérosène des avions exonérés de TVA, TIPP/TIC, taxe carbone ... Faut pas toucher au tourisme
  • Colère contre un système qui prétend être inquiet du bouleversement climatique, mais qui organise l'importation de saloperies par containers entiers transportés par des cargos exonérés de taxes
  • Colère contre les dogmes de la croissance et de la consommation qui ne sont qu'une fuite en avant d'un système qui nous pousse à notre perte.
  • Colère contre un "chef de l'état" plus préoccupé par sa piscine et sa vaisselle que du bien-être de ses concitoyens pauvres et modestes.
  • Colère contre une précarité orchestrée car utile aux capitalistes.
  • Colère contre toujours les mêmes qui se goinfrent au détriment des salariés et des familles.
  • Colère contre l'argent roi et du veau d'or qui a pris le pas sur la vie
  • ...
Liste emprunté à l’un de mes contacts de Facebook et 
adapté par votre humble serviteur
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Et si je pense depuis très longtemps maintenant que le peuple n’a pas toujours raison et que le "bon sens" n’est pas toujours paysan, je pense cependant qu’il aurait été de bon ton que le gouvernement réponde avec sérieux au mouvement des "Gilets Jaunes". Que ne pensais-je à cela, qu'aussitôt dit, aussitôt fait, dimanche soir, nous avons pu voir Edouard Philippe réagir aux évènements du 17 sur France 2. Fabuleux Édouard Philippe sur France 2, ce soir-là, qui ne répond à rien, qui est droit dans ses bottes, à l'image de son poteau Alain Juppé, et décide de ne rien changer à sa politique, c'est à dire à ne pas taxer le kérosène, ni le gas-oil des cargos et autres paquebots, ni rouvrir les petites lignes SNCF, ni relocaliser les services publics dans les petites villes, ni rétablir l'ISF qui n'a rien fait ruisseller mais que les français se doivent de compenser, ni la cessation de la braderie des biens publics et autres machines à cash, au privé et que les français se devront de compenser, ni la fin du CICE que les français se doivent de compenser, ni rien... Fabuleux bonimenteur qui évoque, jusqu'à la nausée, la transition écologique sans dire ce qu'il entend concrètement faire si ce n'est faire raquer les français. Fabuleux premier sinistre qui n'évoque rien si ce n'est que sa politique et celle du président est la bonne. Je suis #giletvert

vendredi 9 novembre 2018

François Ruffin : Le CICE « Le voila, votre pognon de dingue ! »



François Ruffin
1 novembre, 18:30

Madame la ministre, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur général, en quelle langue faut-il donc vous le dire ?

En anglais : "what a waste !"
En italien :"che spreco !"
Je veux bien, même, essayer en chinois : "touome lang fei !"

En français, tout de même : "quelle gabegie ! Quel gâchis colossal !"

J’ai découvert le scandale, un matin, en écoutant la radio – je roulais dans mon Berlingo : « D’après un rapport de France Stratégie, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi aurait permis de créer ou de sauvegarder 100 000 emplois. » C’est le genre de calcul que j’aime bien faire dans ma tête ; ça fait passer le temps au volant. Allons-y ensemble : le CICE coûte aux alentours de 20 milliards d’euros par an ; si l’on divise cette somme par 100 000 emplois, on obtient 200 000.

J’ai dit à mon collaborateur, Vincent, qui était à côté de moi : « Tu te rends compte : 200 000 euros par emploi et par an ! Ce n'est pas possible, j’ai dû m’emmêler dans les zéros… » Sur le siège passager, Vincent a vérifié sur son téléphone portable : « C’est bien ça : 200 000 euros par an pour un emploi. »

Cela paraissait tellement incroyable, tellement délirant, tellement surréaliste ! Si j’étais informaticien, je fabriquerais un « convertisseur de CICE ». Vous saisiriez le nom d’un métier, « infirmier » par exemple. C’est la débâcle dans les hôpitaux, on le sait tous : les patients attendent des nuits entières aux urgences ; les établissements parisiens épuisent leurs salariés ; dans d’autres, le personnel apporte son propre papier toilette. Bref, l’hôpital est au bord de la crise de nerfs. Donc, embaucher des infirmiers, qui est contre ? Eh bien, ces 20 milliards de CICE, ça fait 625 000 infirmiers !

Mais vous avez raison : il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Avec mon convertisseur, chacun pourrait se faire son propre mix, ses embauches idéales : des accompagnants pour les enfants handicapés, des animateurs pour le périscolaire, des auxiliaires pour les personnes âgées, des inspecteurs du travail… et tout ça, par centaines de milliers. Est-ce que vous saisissez, maintenant, l’énormité de ces 20 milliards ?

Et à qui profite ce CICE ? Pour moitié aux multinationales. Le premier bénéficiaire dans le privé, c’est Carrefour, Carrefour qui licencie 4 500 caissières et autres employés, Carrefour qui reçoit, néanmoins, 130 millions d’euros au titre du CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi.

Emploi, emploi… ça ne vous choque pas ? Dans tout le pays, il n’y a qu’ici que ça ne choque pas ! Tous les experts vous le disent : le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi est une gabegie. Le comité de suivi de France Stratégie le dit. La fédération « Travail, emploi et politiques publiques » du CNRS le dit. Le laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques le dit. Toutes ces études aboutissent à la même conclusion : un effet quasi nul.

Malgré ces rapports, ces études, ces évaluations, que décidez-vous ? Que décidez-vous après la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, après la flat tax, après la suppression de l’exit tax, après la baisse de l’impôt sur les sociétés ? Vous décidez de poursuivre le CICE, de le pérenniser en allègements de charges et même, pour cette année, de le doubler, en le faisant passer à 40 milliards d’euros. Quarante milliards, c’est, pour 2018, douze fois le budget de l’agriculture, quatorze fois celui de la culture, quatre fois celui de l’écologie !

Mais vous êtes sourds.

Vous êtes sourds aux faits ; vous êtes sourds aux Français ; vous êtes aveuglés par votre dogme. Ces chercheurs, de France Stratégie ou du CNRS, devraient abandonner leur langue convenue et convenable. Ils devraient vous l’écrire en très grand, en lettres clignotantes, tout en klaxonnant : Gaspillage ! Gaspillage ! Gaspillage !

Ou alors, comme Cyrano de Bergerac, ils devraient vous le déclamer.

Généreux : « Moi, si j’avais un tel magot dans ma besace, /Il faudrait sur le champ que je le partageasse ! »

Curieux : « Dites-moi, de quoi sert ce fabuleux pécule ? /Aimez-vous à ce point les très grandes fortunes / Que paternellement vous vous préoccupâtes / De leur tendre ce chèque de 40 000 patates ? »

Dramatique : « Ô rage ! Ô désespoir ! C’est le peuple que l’on saigne ! /Mais pour les millionnaires, quelle formidable aubaine ! »

Agressif : « Le voilà donc, monsieur, votre « pognon de dingue » /Pour que l’oligarchie fasse follement la bringue ! »

Quarante milliards, donc ! Quarante milliards ! Et en même temps, vous osez. En même temps, vous osez geler les pensions de retraite. En même temps, vous osez geler les allocations familiales.

En même temps, vous osez geler les pensions d’invalidité.

Vous vous rattrapez sur les familles pauvres, sur les personnes âgées, sur les personnes handicapées. Sur elles, vous allez gratter 7 milliards. À elles, vous criez la nécessité de l’effort budgétaire. Vous osez. Bravo ! Chapeau !

Victor Hugo écrivait : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. » Vous êtes les maîtres d’œuvre de cette injustice ! Vous êtes le bras armé de cette iniquité !

mercredi 29 août 2018

Hulot aura essayé, respect M. Hulot.

Hulot a démissionné ! Quel aveu d'échec pour tout le monde, lui-même, d’abord, en n’ayant pas réussi à convaincre, Macron ensuite, qui perd le seul ancrage environnemental qui pouvait le forcer, un tant soit peu, à penser « environnement » et penser que nous pourrions y croire et nous tous qui, à des degrés différents, l’ont défié, ne l’ont pas soutenu alors qu’il avait totalement besoin de nous tous. Quelle mise en lumière du vrai visage du Macronisme. L'illusion est enfin totalement dissipée. Il n'y a pas de place pour l'écologie dans le Macronisme. Avec le départ de Hulot c'est la démonstration imparable que l'écologie n'est pas soluble avec la droite. Hulot aura essayé ! Mais sans une mobilisation populaire, sans aucun soutien de l'opinion, il ne pouvait rien ! Nous étions ses troupes et ses troupes n'étaient pas là. Dès lors, épuisé par les renoncements, les petits pas et les gros arrangements, il a jeté l’éponge.

Ceux qui me connaissent bien savent que depuis très longtemps maintenant, je dis, à qui veut l'entendre, que les petits pas, que les petits gestes, que les petites avancées ne suffisent plus et qu'il faut passer à la vitesse supérieure. Depuis longtemps je compare les avancées environnementales comme la course d'un cycliste avec un motard, les motards étant les pollueurs et autres saccageurs. Alors oui certes nous avançons mais les destructions avancent bien plus vite. "L'état de la planète ne s'accomode pas des petits pas" nous dit Nicolas Hulot. ... heureux de m'entendre donner raison par Nicolas Hulot mais parfaitement triste d'avoir raison.

Tantôt dépressif, tantôt romantique, présenté comme un adepte du "grand soir", Nicolas Hulot n'était, à en croire ses anciens collègues du gouvernement, décidément pas fait pour gouverner car trop fragile, trop idéaliste. Après avoir fustigé ses mauvaises manières, voilà la basse condescendance de ceux qui sont droit dans leurs bottes pour minimiser leurs fautes et amoindrir un geste fort. Finalement pour tous ces sinistres, il n'y aurait que le geste d'un dépressif. Pourquoi pas d'un suicidaire pendant que vous y êtes ? Finalement on fait comme pour les "femmes", les écolos ils ne sont pas sérieux, ils ne sont que dans l'émotion.

Quant à Chevènement il ne trouve rien de mieux à dire que les écologistes "sapent la compétitivité de la France. Celle-ci est le principal problème que nous avons à résoudre, comme en témoigne le déficit (75 milliards d’euros) de notre balance commerciale. Il est temps de se recentrer sur l’essentiel." Et ainsi, pour ce vieillard issu d'un siècle qui nous a entraîné là où nous sommes aujourd'hui, la démission de Nicolas Hulot est une bonne nouvelle car le principal pour un pays c'est ses tunes pas sa durabilité ni celle de l'humanité. La vieillesse est un naufrage.

Ces gens me dégoutent, c'est tellement plus simple de le disqualifier et de se mettre la tête dans le sable.

Hulot a démissionné, pauvre de nous, nous voici seuls, passagers d’un paquebot fou, piloté par d’aveugles dogmatiques aux ordres des lobbies.

Hulot aura essayé, respect M. Hulot.

Ci-après le témoignage touchant d’un de ses compagnons de route, le biologiste et photographe sous-marin montpelliérain, Laurent Ballesta, connu, notamment pour sa participation à Ushuaïa Nature et ses documentaires diffusés sur Arte, qui publie, dans Midi Libre, une tribune émouvante en réaction à la démission de Nicolas Hulot.


"La mer est sublime ce matin, épaisse et limpide à la fois, comme seule la Méditerranée sait l’être. En sortant de l’eau, il n’est pas encore 8h30, la journée s’annonce belle, et puis hélas j’allume la radio. Nicolas Hulot démissionne.



La stupéfaction est aussi grande pour les intervieweurs que pour les auditeurs. Son ton calme et ému, ni rageur, ni vengeur impose le respect et c’est à peine si les journalistes osent l’interrompre. On assiste, presque muet, à un instant de grâce, quand bien même est-il dramatique.

Bien sûr, dans un sursaut d’égo d’animatrice vedette, on lui pose cette question vicieuse pour savoir si ce renoncement ne serait pas l’aveu de son incompétence. Il répond "peut-être" parce que, lui, en a fini depuis longtemps, avec l’orgueil.

Moi je crois savoir que ce boulot il le fait pour de bonnes raisons, pas pour une bonne fonction. Pouvoir d’influence, avantage de la notoriété, Nicolas n’a jamais eu besoin d’être ministre pour posséder ces atouts-là.

Au contraire, en acceptant le poste, il savait qu’il les fragiliserait. Il n’avait rien de personnel à y gagner et il l’a fait quand même, preuve que c’est la cause et les convictions qui l’ont conduit à accepter. Et ce sont ces mêmes convictions qu’il le conduise aujourd’hui à refuser de continuer.

Je l’écoute et mes sentiments sont paradoxaux : je suis rassuré de voir qu’il existe encore des hommes influents avec autant d’intégrité, mais je suis angoissé par ce qui nous attend désormais. Je suis fier d’être l’ami d’un tel homme et déçu qu’il n’ait pas réussi plus longtemps.

J’entends déjà les sarcasmes des cyniques "je l’avais bien dit ! C’était foutu d’avance dans un tel gouvernement". Croyez-vous vraiment que Nicolas Hulot était si naïf ? Il est des causes trop sérieuses pour qu’on les passe au filtre du possible avant de les embrasser.

Je crois que Nicolas ne s’est jamais demandé si les ambitions étaient réalisables, seulement si elles étaient nécessaires. Il aura tout essayé au cours de sa carrière : nous émouvoir avec des films, faire de l’éducation avec sa fondation, du conseil auprès des présidents, du lobbying auprès des plus grandes sociétés, et puis enfin, entrer au gouvernement. On ne peut rien lui reprocher.

Dans ce moment de désespoir, je veux encore croire que le choc de son départ sera le défibrillateur qui va ranimer les consciences des gouvernants et des gouvernés. Il n’y a aucune raison d’être optimiste, mais il n’y aucun intérêt à être pessimiste.

Que l’on dise "ça va s’arranger" ou bien "de toute façon, c’est foutu", ces deux postures sont stériles. Mieux vaut encore se taire et agir. Puisqu’on ne lui permet plus d’agir, il a raison de partir et de se taire. Même si je veux croire à un sursaut futur.

En attendant, demain matin, je retournerai plonger, admirer des petits bouts de notre belle planète, explorer les fonds marins, y prendre du plaisir autant que possible, et même essayer de partager ce plaisir, essayer de profiter sans gaspiller, de jouir sans nuire."

jeudi 19 juillet 2018

Bruno David : «On ne pourra pas toujours s’en tirer, il n’y a pas de planète B»

Il y a dix ans, on était réveillé par les oiseaux, plus aujourd’hui. Un constat parmi mille autres de l’extinction majeure des espèces qui bouleverse la planète de façon irréversible. Le naturaliste Bruno David, président du Muséum d’histoire naturelle, s’alarme.


Le naturaliste Bruno David, président du Muséum national d’histoire naturelle, partage le constat alarmiste de ses pairs. Et craint que l’homme ne soit pas capable de réagir à temps.

Les scientifiques n’ont plus de mots assez durs pour qualifier l’état de la biodiversité : «Anéantissement biologique», «défaunation aux conséquences catastrophiques»… La situation est-elle si grave ?

J’aime bien prendre du recul. Lors des derniers 500 millions d’années, il y a eu cinq crises d’extinction majeures de la biodiversité et une cinquantaine d’autres plus petites. On peut en tirer des leçons. Premièrement, il n’y a pas deux crises identiques, elles sont toujours conjoncturelles. Deuxièmement, les crises ne tuent pas, elles ne provoquent pas une hécatombe mais sont plus pernicieuses : de génération en génération, les espèces sont moins peuplées. Une crise est mondiale et touche différents groupes d’espèces. Dernière caractéristique : elles sont brutales à l’échelle géologique, de l’ordre du million d’années en moyenne. La deuxième leçon à retenir des crises passées est qu’elles ont toutes été multifactorielles.

On serait donc en train de provoquer et vivre la sixième extinction majeure des espèces ?

Rappelons les faits. Nous constatons un déclin mondial et extrêmement brutal de la biodiversité, qui touche des groupes extrêmement divers, les vertébrés, les insectes et la microfaune du sol. Ça n’a jamais été aussi rapide dans l’histoire. La vitesse est le facteur le plus inquiétant.

Si on extrapole les chiffres du Millenium ecosystem assessment (1) étudiant les 200 dernières années, on aboutit à une éradication de tous les mammifères en environ 10 000 ans. Et cela peut s’accélérer. De même pour le changement climatique, on est sur des vitesses de bouleversement qui ne sont pas compatibles avec la vie végétale et animale.

Vous dites que la crise actuelle est multifactorielle. Quels sont ces facteurs ?

On parle beaucoup du réchauffement climatique, mais la plus grosse pression sur la biodiversité est le changement d’usages. C’est l’utilisation qu’on fait de la planète qui touche le plus la biodiversité. Les études sur le déclin des oiseaux communs publiées par le Muséum et le CNRS, fin mars, montrent que dans les plaines agricoles, l’utilisation des produits phytosanitaires et l’intensification des pratiques empêchent les oiseaux de se reproduire correctement. La pollution, l’agriculture, le changement climatique sont autant de facteurs qui s’additionnent.

On peut donc bien parler d’«anéantissement biologique» ?

Oui. Je ne l’aurais peut-être pas dit il y a quelques années parce qu’on n’avait pas toutes les données détaillées sur le déclin des espèces communes. Mais depuis cinq ans, on empile les mauvaises nouvelles. La diminution des oiseaux, des insectes, de la microfaune du sol qu’on observe en France est extraordinairement alarmante. On est en plein milieu d’une crise du passé. Sauf qu’on va beaucoup plus vite.

Est-on en train de la vivre en France ?

Chez nous, dans nos jardins, beaucoup de gens constatent qu’il y a moins de lapins de garenne et de hérissons, par exemple. Il y a dix ans, j’étais réveillé par les oiseaux à 5 heures du matin, qui faisaient un boucan pas possible. Aujourd’hui, je ne le suis plus, et je ne pense pas être devenu sourd. Face à cela, je me dis : «Ce n’est pas possible. Qu’avons-nous fait ?» On détruit leurs environnements. On bourre les champs de produits phytosanitaires. On met des enrobages sur les graines de céréales pour qu’elles ne soient pas mangées par les parasites et cela empoisonne les animaux. On injecte des perturbateurs endocriniens dans l’eau. Les bestioles se reproduisent moins bien, voire s’empoisonnent. On perturbe tout le système écologique.

Un système dont les humains font partie...

Le dualisme nature versus homme est totalement faux. On a deux kilos de bactéries en nous dont notre vie dépend. En tant qu’espèce, on vit en symbiose avec le reste du monde. On en a besoin pour exister, pour manger, boire. Quand on porte atteinte à la biodiversité, c’est à nous, humains, qu’on porte atteinte. On est en train de gravement perturber le fonctionnement des écosystèmes qui nous rendent un tas de services : la purification de l’eau, de l’atmosphère, les ressources alimentaires, la régulation des grands cycles biochimiques et du climat.

Ces fonctionnements peuvent basculer vers de nouveaux équilibres si on les modifie de manière trop importante. Des équilibres dont on ne connaît pas les conséquences. J’aime prendre l’exemple de la tour Eiffel. Si on lui enlève une, deux, trois poutrelles, c’est comme si on enlève des espèces de certains écosystèmes. Au bout d’un moment, la tour Eiffel va s’effondrer. On aura basculé dans un nouvel écosystème qui ne rendra pas les mêmes services. Et dont les humains seront peut-être absents.

Dans votre livre la Biodiversité de crise en crise, vous posez cette question : «l’espèce humaine sera-t-elle la prochaine à disparaître ?»

Je continue de le penser fortement. Elle ne sera pas la toute prochaine à disparaître, mais sûrement une des prochaines. Parce que nous sommes trop prétentieux de penser qu’avec notre technologie, on pourra toujours s’en tirer. Il n’y a pas de planète B. Il faut arrêter de rêver, il n’y a pas d’autre option que de rester sur Terre pour le moment et d’essayer d’y vivre le mieux possible. La deuxième chose, c’est que nous sommes une espèce complexe, donc fragile. On a une physiologie compliquée, on a l’impression d’avoir une bonne carapace, avec notre technologie, notre pharmacopée, qui nous protègent, mais jusqu’à une certaine limite…

La pharmacopée, qui dépend de la biodiversité…

Oui, il y a des tas d’exemples. Un seul, peut-être le plus spectaculaire. Des bactéries symbiotiques qui vivent sur les larves d’animaux marins microscopiques, les bryozoaires, sécrètent un produit qui est un anticancéreux majeur, contre le cancer du pancréas.

Ces alertes provoquent un certain émoi… qui retombe vite. Pourquoi ?

En étant optimiste, je me dis que nous avons conscience de la manière dont on agit sur notre environnement, donc on a une capacité à réagir. Mais si je me tourne vers l’histoire des sociétés, je constate que l’homme a un comportement puéril face à des enjeux majeurs. Il va, à chaque fois, au bout de son erreur. Nous sommes au volant d’un véhicule sur l’autoroute, nous savons qu’il y a un mur et qu’on y va très vite. Mais la réaction n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Je pense qu’on va aller dans le mur. Et ce sera irréversible. Une fois que la tour Eiffel est en mille morceaux sur le Champ de Mars, elle a changé d'état, c'est fini, on est dans le mur.

Sait-on quand se situe ce point de bascule ?

Le paléo-écologiste Anthony Barnosky estime que cela se passera autour de 2050, en extrapolant une tendance : pour le moment, 25 % de la surface des continents est touchée par les changements anthropiques de manière importante. Il continue la courbe et estime que quand on atteindra 50 à 60 %, la planète va commencer à fonctionner autrement. Mais je pense que c’est difficile à évaluer, car on ne sait pas comment on va réagir, quelle sera la pression démographique. En 1980, on était 4,5 milliards d’humains, aujourd’hui, on est plus de 7,5 milliards.

Que faire pour éviter ce basculement ?

Je n’ai pas de solution miracle, je ne suis ni politique ni économiste, je suis naturaliste, je porte un constat. Il faut complètement changer de mode de consommation. Mais la première remise en cause est d’abord démographique. Si on ne veut pas totalement changer de mode de vie, il faut qu’on accepte une réduction de la population. On est dans un modèle économique où il faut qu’elle augmente, mais jusqu’où ? 200 millions, 500 millions, pour la France ? Notre planète est finie, on ne peut pas avoir une croissance infinie, c’est du b.a.-ba. A un moment, il va falloir changer de système. Je pense qu’on ne sera pas capables de le faire, et que ce sont les circonstances qui nous l’imposeront. Le fait que les écosystèmes ne nous rendront plus les mêmes services, que les territoires ne seront plus habitables comme ils l’étaient, risque de provoquer des grandes migrations écologiques extraordinairement violentes et des guerres. Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut absolument qu’on freine. Mais rien que l’interdiction de trois insecticides néonicotinoïdes en Europe pour protéger les pollinisateurs, vous avez vu le barouf que ça a fait !

Que pouvons-nous faire en tant que citoyens ?

D’abord, on peut utiliser nos bulletins de vote. On peut aussi manifester : on a le droit de s’exprimer sur l’environnement, de manière démocratique et pacifique. Dans notre vie quotidienne, il faut s’interroger sur chacun de nos petits gestes, sans pour autant renoncer à vivre.

Les petits gestes suffiront-ils ?

Non, peut-être pas. Il faut, après, convaincre les politiques. Nicolas Hulot est sans doute la bonne personne au bon endroit pour le moment, parce qu’il a cette sensibilité.

Qu’attendez-vous de son plan biodiversité ?

Je prends tout ce qui est bon à prendre.

Le gouvernement se montre incohérent, par exemple avec le projet de mine d’or géante en Guyane, soutenu par Emmanuel Macron…

Il y aura forcément des incohérences, car on ne peut pas basculer dans un autre système économique du jour au lendemain. Je pense qu’on en est incapables, moi le premier. Mais il y a quand même le début d’une vraie prise de conscience. Elle ne se traduit juste pas encore en actes.

- - - - - - - - - - - - -

(1) Le Millenium ecosystem assessment (Evaluation des écosystèmes pour le millénaire) est né en 2000 à la demande du Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. Il vise à fournir des informations scientifiques relatives aux conséquences des changements que subissent les écosystèmes pour le bien-être humain ainsi qu’aux possibilités de réagir.