"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 18 août 2026

Manifeste de la Symbiosité

Préambule : L’Appel du Vivant 

La prise de conscience doit être radicale : l’humanité n’est pas au sommet de la vie, mais en son sein. Nous, êtres humains, nous ne sommes pas séparés du vivant, nous en sommes une expression. 

Aujourd’hui, nous proposons de reconnaître notre parenté universelle, non pas seulement entre humains, mais entre tous les êtres vivants. Ce lien naturel, nous l’appelons : la Symbiosité. 

La Symbiosité, c’est entrer en fraternité avec le vivant. C’est comprendre, au plus profond de nous-mêmes, que nous sommes tous interdépendants - non par obligation, mais par essence. C’est reconnaître que chaque être, du plus infiniment petit au plus majestueux, participe à la grande toile de la vie, et que notre destin est commun. 

1. Qu’est-ce que la Symbiosité ? 

La fraternité nous a appris à nous les humains à nous entraider, à partager, à nous reconnaître comme égaux. C’est un idéal noble et indispensable, mais incomplet. La Symbiosité est plus large, elle est l’extension naturelle de la fraternité envers le vivant dans son ensemble : elle inclut tous les êtres que ce soient les animaux, les insectes, les arbres, les plantes, les champignons, les bactéries mais aussi les biotopes comme les rivières, les mers, les plaines, les montagnes... 

Symbiosité vient du grec sumbiôsis : « vivre ensemble » suivi du suffixe -ité : « qualité, état ». 

La Symbiosité est la reconnaissance active et joyeuse de notre interdépendance avec l’ensemble du vivant. 

Elle est à la fois : 

  • Un état : celui d’une vie partagée, où chaque être, du microbe à la baleine, contribue à l’équilibre du tout. 
  • Une valeur : le respect, la coopération et la gratitude envers tous les êtres, quel que soit leur nature et leur fonction. 
  • Un engagement : agir de manière à préserver et renforcer les liens qui nous unissent au vivant. 
  • Une fraternité élargie : un lien de solidarité qui nous unit à tous les membres de la famille du vivant. 

La Symbiosité n’est pas une utopie lointaine. Elle nous invite à : 

  • S’émerveiller du vivant : apprendre ou réapprendre à voir la beauté, la richesse et l’ingéniosité du monde vivant. 
  • Écouter le vivant : Reconnaître que chaque être a sa propre voix, sa propre intelligence, sa propre place dans le grand tout. 
  • Protéger les membres de la communauté du vivant : Comme nous défendrions un membre de notre famille, nous défendons les forêts, les océans, les pôles, les espèces menacées. 
  • Célébrer notre unité : À travers des rituels, des fêtes, ou simplement des moments de silence et de gratitude, nous honorons cette fraternité élargie. 

La Symbiosité n’est pas un retour en arrière, mais une évolution nécessaire. Nous imaginons une société où : 

  • Les villes sont des écosystèmes à part entière, où humains et non-humains cohabitent harmonieusement. 
  • L’économie mesure sa réussite à l’aune du bien-être de tous les êtres vivants, pas seulement des actionnaires. 
  • La science et la technique se mettent au service du vivant et non l’inverse. 
  • La culture célèbre notre appartenance au vivant à travers l’art, la musique, la littérature et les rituels. 

 2. Les Principes Fondamentaux 

Premier principe : L’Interdépendance 

"Rien ne vit seul. Tout est lié." 

Nous reconnaissons que chaque être vivant, y compris l’humain, dépend d’un réseau complexe d’interactions. Notre survie est collective, nous sommes tous unis au cœur du vivant par un destin commun. 

Deuxième principe 2 : La Réciprocité 

"Prendre, mais aussi donner." 

Dans une fraternité véritable, on ne prend pas sans rendre. Nous nous engageons à rendre au vivant ce qu’il nous offre : les forêts qui purifient notre air, les océans qui nourrissent nos corps, les sols qui font pousser nos aliments, l’eau qui irrigue, nous hydrate et nous lave mais aussi les animaux qui, par leur simple existence, participent à la richesse, à l’équilibre et à la résilience du monde vivant dont nous faisons partie. La Symbiosité est un échange permanent, un dialogue entre toutes les formes de vie. 

Troisième principe : L’Humilité Écologique 

"Nous ne sommes pas les maîtres, mais les gardiens.

Nous renonçons à l’illusion de notre supériorité. L’humain est une espèce parmi d’autres, avec des droits, mais aussi des devoirs envers la communauté du vivant à la hauteur de sa puissance. Nous ne dominons pas la nature : nous en faisons partie et nous la préservons. 

Quatrième principe : La Conscience Symbiotique 

"Voir le monde comme un tout.

La fraternité avec le vivant exige une attention quotidienne aux liens invisibles qui nous relient aux autres êtres. Chaque choix (alimentation, transport, habitat, consommation) est une occasion de renforcer ou d’affaiblir la Symbiosité. Ouvrir les yeux, c’est déjà agir. 

Cinquième principe : L’Action Individuelle et Collective 

"La Symbiosité se pense mais surtout se vit.

Une fraternité qui ne se traduit pas en actes n’est qu’une illusion. Nous agissons du mieux que nous le pouvons à toutes les échelles : individuelle (réduire notre empreinte écologique et carbone), locale (soutenir les écosystèmes), et globale (exiger des politiques respectueuses du vivant). La Symbiosité est un mouvement, pas une théorie. 

3. Comment Vivre la Symbiosité au Quotidien ? 

Dans notre assiette 

  • Privilégier une alimentation régénérative : locale, saisonnière, végétale à majorité, et issue de pratiques agricoles respectueuses des sols, de la biodiversité et des animaux et insectes. 
  • Remercier avant de manger, en reconnaissance du travail des paysans, des plantes, des animaux et des micro-organismes. 

Dans notre habitat 

  • Créer des espaces accueillants pour le vivant : jardins sauvages, hôtels à insectes, toits végétalisés. 
  • Réduire notre empreinte carbone et notre consommation de ressources non renouvelables. 

Dans nos déplacements

  • privilégier les modes de transport doux et collectifs. Limiter drastiquement ses transports aériens tant en nombre qu’en distance. 

Dans nos paroles et nos idées 

  • Parler de la nature comme d’un sujet, pas d’un objet : utiliser un langage qui reconnaît ses droits, militer pour le contrat naturel. 
  • Éduquer à la Symbiosité : transmettre cette vision aux enfants, dans les écoles, les médias, les entreprises. 

Dans nos engagements 

  • Soutenir les mouvements de défense du vivant (associations, scientifiques, peuples autochtones). 
  • Voter et militer pour des lois qui protègent les écosystèmes et punissent leur destruction et celles qui nous permettrons de rentrer dans le symbiocène. 
  • Innover en faveur de technologies et de modèles économiques régénératifs (permaculture, économie circulaire, low-tech). 

4. Engagement Solennel 

"Je reconnais que ma vie est indissociable de celle de la Terre et de tous ses habitants. 

Je m’engage à cultiver la Symbiosité dans mes pensées, mes paroles et mes actes. 

Je promets de défendre le vivant, même quand il ne me ressemble pas, même quand il me dérange, même quand il me coûte. 

Car je sais que, en protégeant la vie, je me protège moi-même. 

Je reconnais que vivre implique parfois de prélever, transformer ou porter atteinte à d'autres formes de vie. Je m'engage à le faire avec respect, discernement et modération, en cherchant toujours à préserver l'équilibre du vivant. 

Que la Symbiosité soit notre boussole. Je ne suis pas seul. 

Je ne suis pas séparé de la nature ; je suis en elle et elle est en moi, comme la vague et l'océan ne font qu'un ». 

 5. Appel à l’Action 

Ce manifeste n’est qu’un début. À toi de le faire vivre. 

  • Signe-le et partage-le. 
  • Adapte-le à ton contexte, ta culture, tes combats. 
  • Agis selon ses principes, et inspire les autres à en faire autant. 

Par Christophe Bombled 

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