"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

dimanche 30 décembre 2012

L’art des grands projets inutiles


Les grands projets d’aménagement du territoire ne visent pas toujours à satisfaire des besoins. Pour vendre la construction d’une ligne de train à grande vitesse que peu de gens souhaitent utiliser ou celle d’un aéroport dans une région qui n’en nécessite pas, ingénieurs, promoteurs et maîtres d’ouvrage rivalisent d’habileté et de rhétorique. Justifier l’inutile est devenu une véritable culture dont on peut saisir les règles, les rites et les rythmes en lisant la conclusion d’un séminaire — fictif — sur le sujet.

Vous, bâtisseurs de cathédrales du nouveau millénaire, poursuivez un dessein plein d’esprit et de noblesse. Mais la population ne comprend pas toujours le sens de vos rêves. « Votre projet ne sert à rien ! », vous oppose-t-on parfois. Comment, dans ces conditions, faire fructifier vos ambitions ?

Les intervenants que nous venons d’entendre ont su nous faire partager leur inestimable expérience, et je vais tenter de dégager les axes stratégiques forts qui vous aideront à y parvenir.

Commençons par les transports. C’est un réconfort pour le bâtisseur contemporain que d’observer une campagne traversée comme l’éclair par des trains perchés sur leur digue de ballast. La course à la mobilité est synonyme de réussite. Nos sociétés vivent à la vitesse d’Internet. L’économie est un écheveau de flux tendus. L’homme doit s’y soumettre, et ce secteur offre un large éventail d’opportunités.

Pour séduire vos interlocuteurs, la démesure sera votre premier atout. Incitez vos ingénieurs à ébaucher des plans pharaoniques : percer cinquante kilomètres de tunnel sous les Alpes pour le tracé du train à grande vitesse (TGV) Lyon-Turin, mettre en valeur des milliers de mètres carrés de bocage pour implanter un aéroport dans la région nantaise, creuser sous la ville de Barcelone… L’exploit technologique, nourrissant l’orgueil national, occultera les désagréments pour les autochtones.

Sachez tirer parti de la concurrence entre métropoles : elle favorise le gigantisme et sert vos projets. Labourez le terrain politique en flattant la mégalomanie des grands élus qui rêvent tous d’une tour Eiffel dans leur cité. Une fois que vous aurez gagné leur confiance, ils sauront faire pression sur la cohorte des élus plus modestes, dont les finances seront ponctionnées même si les retombées pour leur territoire n’existent que sur le papier. Afin qu’aucune objection ne s’élève, votre pari sur l’avenir devra être pourvoyeur d’emplois. Le chantier terminé, si l’on vous fait remarquer que les promesses ne sont pas tenues, il sera toujours temps d’échafauder des analyses vous dédouanant : la crise, la crise ! Jouez de vos accointances gouvernementales pour obtenir un label d’intérêt général : ce dispositif administratif procure un véritable passe-droit.

Entourez-vous de bureaux d’études maîtrisant l’art de sophistiquer les dossiers jusqu’à les rendre indéchiffrables. Quand le fait le plus anodin se présente de manière abstraite, les curieux se découragent. La science étant l’apanage des scientifiques, seul un polytechnicien sera en mesure de compter les trains d’une ligne L durant un temps t. Pour se forger un avis, les élus s’en tiendront aux conclusions de vos études sérieuses, véridiques et bien intentionnées. Inutile, en revanche, de déployer trop de subtilité pour approcher la presse régionale : c’est un allié toujours fiable, et la générosité de votre régie publicitaire sera perçue par ce secteur sinistré comme un geste en faveur de la liberté de la presse.

Lorsque vous vous estimez en mesure d’œuvrer en harmonie avec les élus et les médias, présentez le plan de financement. Le secteur français de la grande vitesse fonctionne selon un schéma avisé. Réseau ferré de France (RFF) cumule des dizaines de milliards d’euros de dettes. Plusieurs lignes à grande vitesse (LGV) sont déficitaires, et le réseau secondaire se détériore. Pourtant, il faut se féliciter qu’une élite mobile bénéficie des TGV. Même si l’Espagne, numéro un européen en la matière, se trouve en pleine tempête financière, l’audace commande de persister dans la construction de deux mille kilomètres de voies nouvelles, pour un budget moyen de 20 millions d’euros le kilomètre.

Pour financer ces projets à la viabilité économique plus que douteuse, il est capital d’emprunter la voie des partenariats public-privé. En obtenant la construction, la maintenance, la gestion et l’exploitation d’une infrastructure, votre maîtrise sera totale, et les collectivités publiques vous seront pieds et poings liés. Vos experts expliqueront que vos bénéfices reflètent votre patriotisme, et le fardeau des pertes publiques sera dépeint comme un moindre mal au regard des emplois — hum ! — créés.

Au vu de l’ampleur des déficits budgétaires actuels, l’enveloppe présentée (qui explosera par la suite) pourra sembler exorbitante à vos commanditaires. Afin qu’ils fassent avaler aux contribuables des pilules de plusieurs milliards d’euros, fournissez-leur des chiffres propres à enivrer les plus sceptiques. Certaines données sont à minimiser, d’autres à amplifier. C’est en spéculant sur des besoins futurs que vous hypnotiserez vos concitoyens. Multipliez les tonnes de fret de marchandises et les passagers par millions, sans hésiter à flirter avec l’absurde. Seul un avenir où vous aurez gagné pourra vous donner tort.

Si le domaine du transport ferroviaire réserve de juteux contrats, ne négligez pas l’aérien, à l’exemple du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes. Nantes est certes pourvue d’un aéroport sous-exploité, et la région, en cul-de-sac, en accueille déjà douze. Mais c’est oublier que l’époque est à la virtualité. Car enfin, il n’est nul besoin de besoins pour faire prospérer une idée !

Evoluer avec son époque a un coût. Il est bien sûr regrettable d’ensevelir des hectares de biodiversité sous des bijoux de technologie, mais ces sacrifices sont indispensables. Avec une législation de plus en plus contraignante, vos infrastructures doivent offrir des garanties d’insertion écologique et paysagère. Il existe de nombreux artifices pour enduire acier et béton du vert HQE (haute qualité environnementale) : un musée sur l’agriculture locale, des panneaux solaires, un toit végétal…

Il vous faudra, sur ce dossier, conserver un moral à toute épreuve. Car, malgré tous vos engagements, les écologistes aboieront. Ils seront rejoints par une foule d’esprits influençables, dont l’approche naïve peut dresser un obstacle imprévu. Un retraité dans la force de l’âge se révèle parfois un adversaire opiniâtre, qui va décortiquer vos plans de manière obsessionnelle. On le déplore au Pays basque, autour du projet de LGV vers l’Espagne : un argumentaire enflammé, livré par deux trublions, est relayé par les réseaux alternatifs. Misez sur votre service de communication pour leur barrer l’accès aux médias de grande envergure. Évitez que la contestation ne s’étende, ne devienne emblématique ou gagne les tribunaux administratifs, au risque d’un gel des chantiers.

Une bataille de chiffres ne peut opposer que des adversaires de même catégorie. Face aux arguments amateurs, invoquez la rigueur technocratique de vos spécialistes. Avec l’ardeur des pionniers, brandissez l’intérêt national, voire international, face à la vision passéiste de vos contradicteurs. Revendiquez votre participation sincère et transparente aux concertations publiques. Compte tenu de vos soutiens politiques et médiatiques, le dialogue, mené selon les méthodes adéquates, ne devrait pas vous inquiéter.

La contre-offensive doit être graduée. Vous devrez peut-être piloter une campagne de dénigrement par voie de presse. Si vous n’étouffez pas la révolte dans l’œuf, votre lobbying devra œuvrer à la criminalisation de l’opposition à votre ouvrage. A la légitimité revendiquée par les protestataires, répondez par la légalité institutionnelle et le recours à la force publique. Et si on vous accule au bras de fer, montrez votre détermination ; vous aussi avez le droit de vous exprimer ! Au nom de l’intérêt général, assignez, inondez les protestations sous des nuages de gaz lacrymogène, distribuez les amendes par milliers et faites éventuellement interpeller à tour de bras, comme en Allemagne pour la nouvelle gare de Stuttgart. La bataille peut aussi se gagner manu militari, comme nous l’enseigne l’expérience contre le maquis radical des « No TAV » du val de Suze, en Italie. Si la tournure des évènements l’impose, la possibilité de décréter un chantier « zone militaire d’intérêt stratégique » n’est pas à écarter.

Certes, planifier un grand marché public s’avère de plus en plus laborieux ; mais le jeu en vaut la chandelle. Les concessions accordées par les autorités s’étalent de nos jours sur plus d’un demi-siècle. Pour votre entreprise et vos actionnaires, c’est la promesse de décennies de prospérité. D’autant que l’éventail des pyramides du futur ne cesse de s’élargir : groupes hospitaliers, centres commerciaux, quartiers d’affaires, infrastructures sportives, tours ... Pour paraphraser George Orwell, dont l’un des personnages déclarait : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force », je n’hésiterai pas à l’affirmer : l’inutile, c’est rentable !

monde-diplomatique.fr

jeudi 27 décembre 2012

Notre Dame des Luttes !

Voici le documentaire de 52 minutes de Jean-François Castell qui a mis en ligne, en un acte de solidarité, l'intégralité de son travail consacré à la lutte des opposants à Notre Dame des Landes .

Ce no comment laisse volontairement la parole aux opposants, ceux de la première heure comme l'agriculteur Michel Tarin et ceux arrivés plus récemment sur le site pour lutter contre le projet d'aéroport du Grand Ouest.Tous les Zadistes expriment ainsi une solidarité, une expérience de vie et de lutte en commun loin de l'image que le gouvernement et les élus locaux souhaiteraient que nous croyons, loin de cette image de terroristes. 

Cette résistance est une résistance réfléchie, argumentée, légitime et salutaire.

Ce documentaire montre bien que si nous gagnons - et nous gagnerons - ce sera grâce à toutes les mobilisations qu'elles soient sur le terrain, dans les champs, les rues, les réseaux sociaux ou bien encore auprès des politiques. Ce grand mouvement, qui ne faibli pas, même si les médias n'en parlent plus, se nourrit de tous.

J'en suis, ils en sont, vous en êtes, nous en sommes tous et tous ensemble !!!



Lire aussi 
de Hervé Kempf

mercredi 19 décembre 2012

Notre Dame des Landes : petits arrangements


Quand le président de Vinci Airports
travaillait pour le ministère des Transports.

Nicolas Notebaert, aujourd’hui à la tête de Vinci Airports, conseillait le ministre des Transports et de l’Équipement au moment où le projet de futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes ressortait des cartons et que s’amorçait localement le débat public.

Bastamag

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Notre Dame des Landes est un projet caduque
avant même d’avoir commencé. 

Nous sommes bientôt en 2013 et il suffit d’ouvrir le dossier pour voir que deux éléments remettent en cause le projet :

  • Le scénario le plus pessimiste de rentabilité du projet repose sur un taux de croissance de 1,9% et un prix du baril, en 2025, de 60 euros. Le scénario le plus optimiste pour l’aéroport est encore plus irréaliste, puisqu’il envisage un taux de croissance de 2,4%.
  • La modification déjà intervenue entre le projet initial, déclaré d’utilité publique, et le projet actuel, qui fait l’objet de la concession, remet en cause la base juridique initiale. En effet, ne peut être réalisé que le projet déclaré d’utilité publique. Le fait que la superficie foncière ait été réduite de moitié, même s’il s’agit d’une bonne nouvelle pour la protection des terres, remet en cause la validité de la Déclaration d’utilité publique (DUP).


Corinne Lepage

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les parlementaires alertés sur les trucages de la DGAC

Nexus est une association britto-angevine d’utilisateurs de transports en commun. Elle a découvert que la DGAC (Direction générale de l’aéronautique civile) a gonflé le trafic aérien estimé en 2020 et 2050 du futur aéroport de Notre-Dame des Landes en agglomérant les trafics assurés par l’avion et le rail.

L’association a alerté, le 17 décembre 2012, l’ensemble des députés et des sénateurs à ce sujet par lettre ouverte communiquée aussi au Ministère des Transports, à RFF et à la FNAUT. RFF a refusé de faire des commentaires à ce sujet, mais un cadre de la direction Bretagne-Pays de Loire confie que le « projet d’aéroport est transcendé par de fortes implications politiques qui tendent parfois à primer sur les aspects purement techniques ».


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Un enfumage de première classe.

Claude Chéreau (président de la commission du dialogue sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, nommé(e) par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault) prévient qu'il n'est pas question "d'aborder le fond du dossier", donc la remise en question du projet. Des propositions pourraient être transmises au Premier ministre, notamment pour mieux faire accepter le projet aux habitants.

Pour mieux t'enfumer mon enfant, pour mieux t'enfumer !!!

mardi 11 décembre 2012

Le nouveau boulot de monsieur Hulot

Nicolas Hulot vient d’être nommé «envoyé spécial pour la protection de la planète» par not’ bon président François Hollande. Le titre fait de l’effet. Nous avons donc un missi dominici des écosystèmes. Reste à savoir ce que l’ancien globe-trotter médiatique de TF1 pourra accomplir à ce poste. Reste à se demander comment le candidat malheureux à la candidature Europe-Écologie-les-Verts utilisera cette nomination pour préserver notre vaisseau spatial.

J’aime bien Nicolas Hulot, je le connais depuis des décennies. Je suis parti avec lui faire l’idiot à l’œil émerveillé parmi les volcans et les ours bruns du Kamtchatka. Nous avons cherché, dans des mares bouillonnantes et acides, des bactéries voisines de celles qui ont incarné l’origine de la vie. Je me suis souvent retrouvé à son côté dans des conférences ou des débats, pour les enfants et les plus grands, à l’école comme à la radio ou dans les étranges lucarnes.

Le boulot dont il vient d’hériter a des aspects sympathiques. La tâche sera bénévole et, nous dit-on, «bénéficiera de l’appui des ministères compétents». Elle aura pour ambition de «sensibiliser, informer et mobiliser» le grand public : parfait ! Il s’agira d’«une mission internationale diplomatique» qui s’inscrira «dans la tradition universaliste de la France», afin d’«entretenir un dialogue régulier sur les enjeux du long terme, climatiques et planétaires» : j’adhère ! Bien entendu, et comme tout le monde, j’ignore comment, dans ce schéma, Nicolas Hulot abordera les dossiers écologiquement incorrects de Notre-Dame des Landes, du Lyon-Turin, [...].

L’«envoyé spécial pour la protection de la planète», affirme-t-il, gardera son «entière liberté de parole». Je le crois. Le problème ne réside pas dans sa sincérité ou dans sa capacité à conserver son jugement. La difficulté gît dans les caractéristiques mêmes de sa fonction. Que peut espérer un ambassadeur des climats et de la biodiversité ? Dans quels coins de la planète doit-il aller batailler ? Quels succès peut-il espérer ?

J’ai une certaine expérience dans ce domaine : mes vingt années de travail comme « bras droit » du commandant Cousteau.

Jacques-Yves Cousteau, c’était Nicolas Hulot, mais en beaucoup plus célèbre. Il avait eu la palme d’Or à Cannes pour Le Monde du silence (avec Louis Malle). Il avait coiffé son bonnet rouge dans plus de cent vingt films de télévision, diffusés dans plus de cent vingt pays du globe. Au meilleur de son histoire, la Fondation Cousteau (dont j’ai été l’un des créateurs, en 1981) ne comptait pas quelques milliers de membres, comme la Fondation Nicolas Hulot, mais près de cent mille en France et plus de deux cent cinquante mille aux États-Unis. Cousteau n’était pas l’ambassadeur écolo d’un président de la République française : le monde entier l’appelait « Captain Planet ». Lors de la conférence mondiale de Rio de Janeiro, en 1992 (nous y fûmes !), il a été présenté à la tribune en premier, avant le président du pays organisateur (le Brésil), avant le président américain George Bush, avant François Mitterrand, avant tous les autres chefs d’État.

Jacques-Yves Cousteau, c’était Nicolas Hulot, mais célèbre au fin fond de l’Ouganda, de la Papouasie, du Sahara ou de la Mongolie intérieure. Je l’ai vu maintes fois décrocher son téléphone et obtenir, dans la minute suivante, le dirigeant du monde dont il avait besoin. Cependant, fort de cette aura, en ayant pour arme cette réputation universelle du « Captain Planet », qu’avons-nous obtenu en écologie ? Je suis triste de devoir l’écrire : peu de chose. Nous avons hurlé contre les marées noires, et obtenu quelques aménagements dans la construction des pétroliers et les règles de navigation. Nous avons bataillé contre la chasse à la baleine, et fait adopter, en 1986, le moratoire qui protège les grands cétacés ; ce qui n’empêche pas le Japon et quelques autres de continuer à massacrer ces espèces. Nous avons (avec l’aide de Michel Rocard et du premier ministre australien de l’époque) remporté une victoire mémorable et essentielle contre les firmes minières et pétrolières qui voulaient exploiter le grand continent du Sud : nous avons fait prolonger de cinquante ans le Traité de l’Antarctique.

Hormis ces succès, quoi ? Pas grand chose de durable. Des mesures de protection locales, pour quelques récifs de coraux, quelques hectares de forêt vierge, quelques sites exceptionnels… Globalement, bien davantage de déceptions que de joies. Nous avons alerté le monde entier sur l’effondrement des ressources vivantes de la mer : aucun effet ! Le drame est consommé : l’océan est un désert. Nous nous sommes battus (il y a bientôt trente ans) pour éviter le réchauffement climatique : la situation est bien pire aujourd’hui qu’alors. Nous avons tenté – en vain, là aussi – de faire adopter par l’assemblée générale de l’ONU la « Déclaration universelle des droits des générations futures » : c’était un texte capital, qui aurait pu changer bien des lois et bien des pratiques. Nous n’y sommes pas parvenus…

Quand je vois des magazines titrer sur la « dictature verte » ou la « tyrannie des écolos », je me gondole. Les écologistes ont perdu quasiment tous leurs combats depuis qu’ils ferraillent sur le front du climat, de la biodiversité, des pollutions et des saccages, autrement dit de la bêtise humaine.

Lorsque je regarde Nicolas Hulot partir au combat avec son nouvel uniforme d’« envoyé spécial » du président Hollande, je ne puis m’empêcher d’éprouver deux sentiments aussi puissants que contradictoires.

Le premier : la solidarité. Vas-y, Nicolas, je suis avec toi, déterminé à continuer le combat ! Ton nouveau boulot, c’est celui de Sisyphe : nous autres, écolos, nous le connaissons bien et nous sommes prêts à nous y coller tant qu’il le faudra.

Le deuxième : le fatalisme. Je l’exprime dans mes livres avec ce que je puis y ajouter d’humour noir : « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! » Même Cousteau , même Hulot n’y changeront pas grand chose. Cela ne devrait plus prendre beaucoup de temps !

mercredi 28 novembre 2012

Hulot : «Notre-Dame-des-Landes est un investissement archaïque»

Nicolas Hulot a beau être une figure médiatique de premier plan, ses prises de parole publiques sont toujours choisies. Et distillées dans le but de frapper les consciences. Alors que débute jeudi le débat national sur la transition énergétique, orchestré par la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, le président de la Fondation pour la Nature et l’Homme sort de sa réserve pour évoquer tous les sujets chauds du moment : l’avenir en France des gaz de schiste, l’évolution du bonus-malus écologique et bien-sûr, la fronde contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes.

NOTRE-DAMES-DES-LANDES

Comment sortir de l’impasse à Notre-Dame-des-Landes ?

NICOLAS HULOT. Je n’ai pas de recette miracle mais je pense qu’il faut sortir des postures jusqu’aux boutistes de part et d’autre. Arrêtons de caricaturer ce combat en le réduisant à une bataille entre progressistes et obscurantistes. Il y a un vrai mouvement citoyen contre cet aéroport qui rassemble des jeunes, le monde paysan, des écologistes et beaucoup de personnes soucieuses de construire une société différente. C’est l’expression d’un vrai désarroi. Je trouve affligeant qu’au XXIème siècle, on envoie des forces de l’ordre face à des jeunes et des paysans qui se battent contre ce projet. Donnons-nous du temps pour écouter sincèrement les arguments, y compris économiques, et nommons un médiateur qui soit une autorité incontestable. Il n’y a pas d’urgence à faire cet aéroport, alors remettons les choses à plat.

Le grand-ouest a-t-il besoin de ce nouvel aéroport ?

Dans la région, je note qu’il y en a déjà un à Rennes, un à Lorient, un autre quasi inutilisé à Angers qui n’est pas optimisé et l’actuel aéroport de Nantes qui ne fermera pas car Airbus n’en déménagera pas. La conviction de ceux qui défendent Notre-Dame-des-Landes est sincère...mais obsolète. Ce projet a été pensé il y a plus de quarante ans à un moment où le trafic aérien était en expansion, où le baril de pétrole ne coûtait que quelques dollars et où il n’y avait pas de problème de réchauffement climatique. Aujourd’hui, le monde a changé et on s’obstine à l’ignorer. Maudits soient les yeux fermés ! L’aéroport et ses accès coûteront au final plus d’un milliard d’euros. Non seulement ce sont des investissements d’hier mais il y a d’autres priorités, surtout si la France veut respecter ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Que dites-vous à Jean-Marc Ayrault qui soutient personnellement ce projet ?

Je ne lui jette pas la pierre et j’entends ses arguments mais il n’a pas la bonne grille de lecture.A la conférence environnementale, en septembre, le Premier ministre avait parlé de « zéro artificialisation des sols » et j’avais dit bravo. Cela signifie que lorsque l’on sacrifie des terres agricoles, devenues rares et précieuses, il faut être sûr que ça corresponde bien aux besoins d’aujourd’hui. Je dis à l’ensemble des interlocuteurs qu’il faut sortir des dogmes et des crispations et se remettre tous autour de la table. En période de crise économique et écologique, il y a des choix à faire. Notre-Dame-des-Landes est un investissement archaïque qui sacrifie l’avenir à des intérêts à court terme.

LE DEBAT SUR L’ENERGIE

Qu’attendez-vous du débat sur l’énergie qui débute jeudi ?

Que la France définisse collectivement, avec tous ses citoyens, ses véritables besoins énergétiques et ainsi le modèle qu’elle souhaite mettre enœuvre pour les décennies à venir, tout en tenant nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les ONG doivent accepter que tout le monde participe au débat. Mais donnons au maximum des signes de neutralité en laissant la parole aux experts, à des autorités indépendantes, aux citoyens et en ne laissant pas à des ministres le soin de piloter les débats : le gouvernement ne doit pas être juge et partie.

Quelle est la priorité en matière énergétique ?

La sobriété. Il faut à tout prix, à confort égal, réduire la voilure en matière de production et de consommation d’énergie. Les prix de l’énergie ne cessant d’augmenter, des centaines de milliers de précaires énergétiques n’arrivent plus à boucler leur fin de mois à cause de la flambée des factures. Il faut leur donner les moyens de réduire drastiquement leur consommation. Le chantier de l’efficacité énergétique est tellement immense qu’il permettra de réindustrialiser la France. La banque publique d’investissement doit être prioritairement dédiée à ces questions de transition écologique et énergétique. Pour l’heure, cela n’est pas clairement affirmé.

Le principe d’un bonus-malus sur le prix de l’énergie a du mal à passer...

Il faut garantir aux classes moyennes et défavorisées que toute fiscalité écologique ou énergétique supplémentaire se substituera à d’autres prélèvements obligatoires. Et expliquer qu’en ayant des comportements vertueux, ils gagneront en pouvoir d’achat.

Faut-il fermer durablement la porte aux gaz de schiste ?

Il n’y a pas le début d’une preuve que ces méthodes d’extraction puissent être sans conséquences environnementales et sanitaires. La France ne peut pas à la fois promettre de lutter contre le changement climatique et relancer une nouvelle filière d’exploitation d’énergies fossiles. Quant aux arguments économiques, les compagnies américaines risquent très vite de déchanter. Il en est du mirage des gaz de schiste comme il en a été des agro-carburants de première génération. Ce sont des leurres. Les écologistes sont souvent vus comme des empêcheurs d’avancer mais si on les avait écoutés sur les agro-carburants, l’amiante ou le diesel qui est devenu un fardeau, on ne serait pas aujourd’hui dans des impasses.

LA VIE POLITIQUE

Les Verts ont-ils leur place dans le gouvernement ?

Les ministres écologistes font leur job et doivent garder leur liberté de parole. Mais pour sortir des psychodrames permanents, il ne faut pas se contenter de faire de l’écologie au prorata des rapports de force électoraux.L’attitude visant à sous-traiter ici et ailleurs ces enjeux environnementaux n’est plus acceptable. Les deux plus grandes formations politiques n’ont pas commencé leur mutation écologique. Ni l’UMP ni le PS ne tiennent compte du fait que le monde a changé, que l’on a basculé dans la rareté des ressources naturelles. Ils n’ont pas compris que la pire contrainte qui pèse sur nos sociétés est le changement climatique. Je les invite à lire le récent rapport de la banque mondiale sur les conséquences économiques alarmantes du réchauffement de la planète.

Que vous inspire le psychodrame à l’UMP ?

C’est consternant et il ne faudra pas s’étonner si le vote extrême, les bulletins blancs et l’abstentionnisme progressent. De vous à moi, je préférerais que ce type d’emballement politico-médiatique, dans ce cas stérile, puisse avoir la même ampleur à chaque rapport scientifique sur la crise écologique.

François Hollande va-t-il vous nommer ambassadeur de France à l’ONU en charge de l’environnement ?

Cela ne m’a pas été proposé. Il faudrait par ailleurs aller vivre à Washington ou New-York, ce qui serait compliqué à titre personnel (il vit actuellement à Saint-Lunaire, en Bretagne). J’ai décidé pour l’instant de me consacrer exclusivement à mon engagement écologique à travers ma Fondation et je réfléchis à d’autres modalités. C’est un sujet crucial mais qui a disparu des écrans radars et il y a urgence à réveiller la société française et européenne sur ces enjeux.

leparisien.fr

lundi 26 novembre 2012

Climat. «Il sera bientôt trop tard»

Le climatologue Jean Jouzel a été l'un des premiers à alerter l'opinion sur le réchauffement de la planète. Ce qui lui a valu de partager, avec Al Gore, le prix Nobel de la Paix. Vice-président du GIEC, il sera présent à Doha où s'ouvre aujourd'hui, et jusqu'au 7 décembre, la conférence sur le climat de l'ONU. La conférence de Doha sera tournée vers deux objectifs centraux : avancer vers l'accord de réduction les émissions mondiales de gaz à effet de serre attendu pour 2015 pour une entrée en vigueur en 2020, en planifiant les grandes étapes, et préserver le protocole de Kyoto, seul outil juridique contraignant. Ambitions frileuses pour le Réseau action climat (RAC) qui considère qu'"il est hors de question d'attendre les bras croisés un accord adopté en 2015 et appliqué à partir de 2020. les gouvernements de la planète doivent accroître leur niveau d'action et d'ambition avant 2020 et établir une feuille de route claire, avec des échéances chaque année, en vue d'un texte ambitieux « prêt à signer » en 2015"


La lutte contre le réchauffement climatique semble être en panne. Est-ce aussi votre avis?
Oui. Tous les rapports qui sortent en ce moment montrent que l'on n'est pas sur la bonne trajectoire. Tous les pays se sont, d'une certaine façon, accordés pour empêcher que le réchauffement dû aux activités humaines ne dépasse pas 2°C d'ici la fin du siècle. Or, on n'en prend pas la route. On sait déjà qu'en 2020, on aura 15% d'émissions en trop pour atteindre cet objectif.

Il y a donc urgence...
Oui. Si on n'agit pas au cours de cette décennie, il sera trop tard. C'est maintenant qu'il faut agir. On n'arrête pas le dire mais il y a un certain scepticisme vis-à-vis de la communauté des climatologues. On nous dit: attendons de voir, est-ce que ça va vraiment se réchauffer ou pas? Même si on n'a seulement que deux ou trois dixièmes de degré supplémentaires dans une dizaine d'années, les gens s'en rendront compte. Et à ce moment-là, ils nous demanderont: pourquoi ne l'avez-vous pas dit, alors que l'on n'arrête pas de le faire.

On assiste régulièrement à des phénomènes climatiques extrêmes. Est-on certain qu'ils sont liés au réchauffement climatique?
On ne veut pas aller trop vite pour attribuer tel ou tel évènement au réchauffement climatique. On préfère prendre notre temps. Il faut un peu de recul mais c'est vrai que pour Sandy, il y a effectivement des études qui montreraient un lien avec le réchauffement de l'océan. C'est un type d'événements qui risque de devenir plus intense. Cela donne, en tout cas, une vision de ce que pourraient être les dégâts liés au changement climatique. On voit bien que dans ce cas-là, se protéger avec une digue, ça ne servirait à rien. Ce cyclone a, au moins, eu le mérite de le faire comprendre.

Le rapport de la Banque mondiale évoque un réchauffement de quatre degrés d'ici 2060. N'est-ce pas, quand même, un peu trop alarmiste?
C'est un scénario extrême mais que l'on ne peut pas exclure. Les émissions deCO2 n'ont jamais augmenté aussi rapidement qu'au cours de ces dix dernières années. Même si ce risque est plutôt pour 2100, quatre degrés, en moyenne globale, c'est énorme. Ça veut dire peut-être 5-6 degrés en France. On rappellera juste, pour mesurer les conséquences d'un tel réchauffement, que 6°C, c'est l'équivalent d'un passage glaciaire-interglaciaire.

Pour bien faire, de combien faudrait-il réduire les émissions de CO2?
C'est très clair: il faut qu'en 2020, le niveau des émissions commence à redescendre. Qu'elles soient divisées par deux par rapport au niveau de 1990, c'est-à-dire au moins par trois en 2050 par rapport au niveau actuel, si on veut avoir une chance de rester en dessous des deux degrés supplémentaires.

Cela vous paraît-il possible?
Techniquement, c'est possible. Mais plus on attendra, plus ce sera difficile et plus cela coûtera cher de basculer vers une société sobre en carbone. Économiquement, c'est un mauvais choix de retarder l'action. J'ai du mal à comprendre cet immobilisme et cet égoïsme de nos générations par rapport à ce risque énorme.

Qu'attendez-vous de la conférence de Doha?
On attend un véritable lancement de la deuxième phase du protocole de Kyoto. Il faut commencer à penser à l'après 2020. Que tous les pays acceptent une certaine forme de contraintes sur leurs émissions de CO2. L'idée forte de Doha, c'est de lancer, sur un bon rythme, des négociations pour aboutir à un accord en 2015.

Pessimiste ou optimiste finalement?
J'ai longtemps été optimiste et je le reste. Mais je crains que l'objectif des deux degrés ne soit pas respecté. On aura beaucoup de mal à rester en dessous.

Propos recueillis par Yvon Corre

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Bruno BOMBLED : C’est avec le plus immense intérêt que l’on écoutera le discours de l’incomparable ministre de l’écologie, Delphine Batho, à Doha (Prochaine Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se déroulera du 26 novembre au 7 décembre). Gageons qu’elle ne manquera pas de souligner combien la France est en pointe dans la lutte contre le changement climatique même en poursuivant le projet à Notre Dame des Landes où bien la relance de l'économie par la consommation ... mais maintenant on sait  tous que les socialistes ont la recette pour offrir la solutions aux problèmes en proposant de vielles solutions sans émissions de Gaz à Effet de Serre !!!

vendredi 23 novembre 2012

Sans vergogne et sans scrupule ...


ILS ONT OSE !

Aujourd’hui nous sont arrivées, par les réseaux sociaux, les images de l’action policière qui se trame sur le site de Notre Dame des Landes. Des images de CRS tout en armure, armés et casqués. Une armée bleue marine. Une armée aux couleurs de Vinci. Une armée symbole de la soumission des politiques au dogme de la croissance et de la consommation.

Je suis dégoûté par ce que je ne croyais n'être possible que pour un gouvernement de droite.

Je voulais encore croire que les socialistes étaient encore mus par les idées d’insoumission et de révoltes qui  animent depuis toujours l'histoire de la Gauche, mais aujourd’hui mes dernières illusions sont tombées sous le coup du déferlement de violence à l’encontre d’idéaux alternatifs et progressistes.

Je ne croyais pas qu’un jour, un gouvernement se réclamant de la Gauche, réagirait et argumenterait pour défendre l’indéfendable, comme un vulgaire gouvernement de droite ... par la force, par l’autorité, par le refus du dialogue, par le mensonge et les contre-vérités.

Je ne croyais pas qu’un gouvernement, se réclamant de la Gauche, mépriserait un mouvement populaire, issu, majoritairement,  de ses rangs, comme aura pu le faire Sarkozy et sa clique pendant 5 ans.

Je ne croyais pas qu’un gouvernement se réclamant de la Gauche utiliserait la rhétorique d’un De Villepin qui entend ceux qui ne manifestent pas.

Je ne croyais pas, qu'après le déplacement de dizaines de milliers de femmes et d'hommes, venus, pacifiquement, de toute la France, manifester contre un projet inutile, coûteux et écologiquement nuisible, un gouvernement se réclamant de la Gauche, imperturbablement, continuerait sur sa lancée sans rien lâcher même pas une adresse envers ceux qui, pour beaucoup, ont voté pour eux et leur dire qu'ils avaient pris en compte leur grogne.

Je ne croyais pas qu'ils oseraient détruire ce que des milliers de personnes, réunis en une chaîne citoyenne fraternelle et unitaire ont construit afin de concrétiser et matérialiser une opposition argumentée et résolument pas dogmatique.

Je suis dégoûté et meurtri par des agissements que je ne croyais réservé qu'à une droite dure, méprisante et inflexible.

Aujourd'hui cette opération détruit tout possibilité de dialogue et creuse, encore un peu plus, le fossé qui se crée entre un gouvernement qui promettait le changement maintenant et un peuple qui l'attendait pour enfin respirer. Ce comportement interroge... 

Quelle déception !

Bruno BOMBLED
23 Novembre 2012

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L'opération policière de ce jour, sur la ZAD est une action "juridiquement bancale" déclare Rue 89. En effet, la police, ce jour (23 novembre 2012), est intervenue, sans décision de justice, sur une propriété privée, celle d’un agriculteur qui n’a pas encore été exproprié et que les manifestants avaient justement choisi pour être à l’abri des exactions policières. Cela est contraire aux accords signés en mai à l’issue de la grève de la faim. "Pas de décision de justice, juste un arrêté préfectoral, c’est formidable ! Force du droit, dit le gouvernement, et ben bravo ! Depuis quand le préfet se substitue-t-il à un juge pour dire que la maison est illégale ?" nous dit Françoise Verchère. Un constat d'huissier a été fait très tôt ce matin et plusieurs actions et plaintes auront été déposées dans l'après-midi devant le tribunal de St Nazaire contre AGO/VINCI et l'Etat pour voie de fait, violation de domicile, et destruction de biens.

mercredi 21 novembre 2012

Ayraultport, le déni socialiste

Alors qu’aucun argument, en faveur de l’implantation d’un aéroport à Notre Dame des Landes, ne tient après avoir tous été démontés par les personnes compétentes (techniciens, pilotes, politiques, scientifiques etc …) le gouvernement s’obstine.

Pourtant un argument devrait faire mouche : celui de la raréfaction du pétrole qui se profile dans les années qui viennent (certains disent 2013, d'autres 2014-2015) et qui pose la question de la durabilité de cette infrastructure censé être utilisée, normalement, pour plusieurs dizaine années. Or la crise du pétrole est imminente et le kérosène nécessaire aux avions va devenir bientôt inabordable, ainsi les avions vont rester au sol pour la plupart …

Comme je l'ai déjà dis, cela n’est pas de l’écologie, c’est de la géologie !

Mais le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, anciennement maire de Nantes, s'obstine et fait preuve, depuis trop d’années, d’un aveuglement néfaste à propos de NDDL.

Alors que nous devrions nous adapter, nous préparer et investir dans les sciences et techniques de l'après pétrole, les socialistes (mais pas qu'eux !), dans un déni collectif, continuent les projets pétrolés et carbonés comme si le pétrole allait continuer de couler à flot. Ce qui n'est pas le cas à très court terme ! Or un nouvel aéroport n’a de sens que si le trafic aérien croit. A coté de cela, ce projet va engendrer un surcroît de trafic routier Nantes, Rennes – NDDL qui entraînera, inévitablement, une consommation accrue de pétrole. Ainsi lorsque le pétrole deviendra trop cher (ou trop difficile d’accès) alors ce projet sera un échec.

Pile c’est une erreur, face c’est un échec.

Et malgré tout, ils persistent à vouloir un projet pharaonique voué à l'échec à très court terme. Ils continuent des projets comme si leur monde était éternel.

Et vous vous dites pragmatiques, responsables et raisonnables ?!?!

laissez-moi rire !!!

Bruno BOMBLED

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Comparons ce qui est comparable

Quelques chiffres d'aéroports non saturés :



Nombre d’aéroports :

49 en Allemagne
37 en Grande Bretagne
contre
plus de 147 en France
dont
14 dans le grand ouest
2 en Loire Atlantique

S'il faut bien qu'on batte nos voisins européens sur quelque chose, ben c'est chose faite !

Superficie :

Avec ses 1600 ha prévus
(1/4 de la superficie de Strasbourg
ou
1/7 de la superficie de Paris intra muros),
l'Ayraultport de Notre Dame des Landes sera
plus grand qu'Orly (1 528 hectares).

Il n'a pas un peu le melon le père Ayrault ?
Les socialistes sont-ils si aveugles qu'ils ne voient pas qu'ils ont affaire à un total mégalo ?
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Petit cours d'écologie biologique.

Interrogé par lemoniteur.fr, après la manif du 17 novembre, le groupe Vinci, concessionnaire du projet précise que "les opérations préparatoires du Futur aéroport du Grand Ouest se déroulent conformément au planning prévisionnel". Dès 2013 les travaux débuteront et "ne sont pas retardé", indique Vinci. Ces derniers consistent en un diagnostic archéologique et un diagnostic écologique (défrichements, déplacements des premières espèces, diagnostics archéologiques, premiers travaux de desserte routière).

Quand je vois leur naïveté (pour ne pas dire leur cynisme) écologique, ils me font marrer (pour ne pas dire pleurer), tous ces bétonneurs, en croyant qu'ils seront plus fort que la nature. 

Bel exemple de la prétention humaine que voilà ! 

Ne réalisent-ils donc pas que si les espèces protégées se sont installées là, et pas ailleurs, c'est qu'il doit bien y avoir des raisons ? Soit le site est leur dernier lieu de vie - les autres ayant été détruits ou isolés (par des routes notamment) - soit les conditions écologiques du lieu (Physico-chimie des eaux et des sols, hydrographie, luminosité, espèces proies, etc ...) sont uniques et donc indispensables à leur survie. Les espèces sont inféodées à leur milieu ... grande avancée dans la préservation, prise en compte depuis les années 80 : "On ne protège efficacement et durablement, une espèce, que si l'on protège son environnement". Ainsi on ne déplace pas des espèces animales ou végétales comme on déplace des meubles, c'est bien là une vision humaine et de saccageurs que l'on voit à l'oeuvre maintenant. Rien ne dit, rien ne prouve que les espèces déplacées s'adapteront et proliféreront dans leur nouvel environnement. A l'heure de l'effondrement de la biodiversité, c'est un risque pris contraire à tout bon sens.

La lutte continue !!!!!

mardi 20 novembre 2012

José Bové veut un médiateur à Notre-Dame-des-Landes

Présent, avec 40.000 manifestants lors du week-end de "réoccupation" du site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le paysan du Larzac, devenu député européen en appelle à François Hollande. Il réclame, avec les autres élus d'Europe Ecologie, la nomination d'un médiateur "pour tout remettre à plat".




A la veille du rassemblement de Notre-Dame-des-Landes, François Hollande a parlé de "la force du droit et de la primauté de la volonté" pour justifier la construction du futur aéroport. Que lui répondez-vous ?

Je pense que François Hollande a commis une erreur politique en montant au créneau. Il l'a fait sans doute pour soutenir Jean-Marc Ayrault. Mais je pense que le rôle du chef de l'Etat doit être, en nommant un médiateur, de préserver une porte de sortie, y compris à son premier ministre. Il faut tout remettre à plat sur ce dossier mal engagé : les nuisances, l'aménagement du territoire, les atteintes à l'environnement. Le choix à la fois de la construction de l'aéroport et de ce site ont été faits il y a quarante ans dans un autre contexte économique. J'espère donc que la position de Hollande n'est pas définitive et qu'il saura entendre les arguments, légitimes, des opposants.

Est-ce vraiment un nouveau Larzac, comme on l'a beaucoup écrit ?

Il y a beaucoup de similitudes entre ces deux luttes. D'abord le noyau dur des paysans qui refusent les expropriations à Notre-Dame-des-Landes est constitué des anciens paysans-travailleurs de Loire Atlantqiue qui, avec Bernard Lambert dans les années 70, avaient soutenu les paysans du Larzac. Ensuite, nous nous trouvons face au même rouleau compresseur : l'utilité publique du projet ne se discute pas, la disparition de terres agricoles, le chantage à l'emploi avec les arguments soit-disant économiques, l'usage des forces de l'ordre, etc.

L'alliance jeunes squatters – paysans vous paraît-elle durable sur le site de Notre-Dame-des-Landes, notamment sur l'usage de la non violence comme moyen d'action ?

Au Larzac, il n' y avait pas eu autant d'installation sur le territoire convoité par l'armée car nous étions éloignés des grands centres urbains. Là, le site de Notre-Dame-des-Landes est seulement à une vingtaine de kilomètres de Nantes, donc il y a plus d'installations. Pour la plupart, ce sont des jeunes qui sont venus il y a trois ans, qui ont passé deux hivers et qui ont su tissé des liens avec les paysans et les riverains. Cette jonction de générations et de milieux différents est la condition même du succès de ce combat car la question de la construction d'une stratégie d'action non violente doit se poser en permanence. L'élargissement de la lutte en dépend, mais avec 40.000 personnes présentes pacifiquement sur le site le week-dernier, c'est plutôt bien parti.



Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, a déjà dit que les constructions illégales seraient de nouveau démontées par les forces de l'ordre.

Manuel Valls devrait bien regarder son dossier. Toutes les constructions provisoires du week-end ont été faites sur des parcelles appartenant à des agriculteurs et donc, d'un point de vue juridique, non expulsables pour le moment. Et cela tant que tous les recours contre les expropriations n'ont pas été tranchées par la justice. Et puis, il y a aussi les recours à propos du respect de la loi sur l'eau. La solution ne viendra donc pas des CRS mais d'une décision politique, comme François Mitterrand avait su le faire pour le Larzac. De notre côté, nous continuerons la mobilisation – pourquoi pas une grande manifestation sur le site durant l'été 2013 – pour convaincre l'Etat que, sur ce dossier, il fait fausse route.

Source : La Vie

jeudi 8 novembre 2012

Finis les +2°C, vers un réchauffement de +6°C d’ici 2100

Réduire la hausse des températures dues au réchauffement climatique à 2°C est désormais presque impossible selon l’étude Low Carbon Economy Index du cabinet de consultants PricewaterhouseCoopers (PwC). Au rythme d’évolution actuel des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique pourrait donc atteindre au moins 6°C d’ici la fin du siècle.


L’intensité carbone de l’économie mondiale a diminué de moins de 1 % durant les quatre années depuis que la baisse s’est amorcée. Ce rythme a été de 0,7 % en 2011. Selon l’étude de PwC, ce rythme a été lent malgré l’attention portée par la communauté internationale aux changements climatiques. La crise financière en a freiné la progression. Or, pour atteindre l’objectif de 2°C il aurait fallu réduire l’intensité carbone de 3,7 % par an…

Et aujourd’hui, avec le recul accumulé, l’effort doit être amplifié ! Selon PwC, l’intensité carbone mondiale doit diminuer de 5,1% par an, un taux jamais atteint depuis 1950 ! Autant dire que le défi à relever est considérable. Ce n’est pas une « tactique de choc », mais « un simple calcul mathématique », insiste Thierry Raes, associé fondateur du développement durable et des changements climatiques chez PwC. « Nous ignorons l’ampleur de la transformation et des innovations techniques nécessaires. Quel que soit le scénario ou la réponse, il n’est plus possible de faire comme si de rien n’était. », ajoute-t-il.

Un réchauffement climatique bien présent

« L’avenir est bien plus difficile à prévoir. Même en doublant nos taux mondiaux de décarbonisation chaque année jusqu’en 2050, le réchauffement climatique atteindrait encore 6°C ; les ambitions des États de limiter le réchauffement à 2°C paraissent donc tout à fait irréalistes », prévoit Thierry Raes. « Nous devons désormais, pendant les 39 prochaines années, atteindre un objectif jamais réalisé jusqu’ici », ajoute-t-il.

La prochaine conférence des Nations unies sur le changement climatique se déroulera à Doha, au Qatar, du 26 novembre au 7 décembre prochains. Ce rapport montre que nous avons passé un cap critique et qu’il est plus que grand temps d’aboutir à un accord mondial ambitieux et contraignant. Cela semble loin d’être gagné.

Auteur : Matthieu Combe

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La Banque mondiale vient de publier un rapport, à l'occasion de la prochaine réunion (du 26 novembre au 7 décembre) des États ayant ratifié la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Doha au Qatar qui décrit un monde dont la température moyenne serait en hausse de 4°C. Ainsi la Banque Mondiale prévient que "si des mesures et des engagements supplémentaires ne sont pas pris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le monde connaîtra probablement un réchauffement de plus de 3°C par rapport au climat préindustriel". Pire, les auteurs du rapport évaluent à 20% le risque que les engagements actuels nous mènent à une hausse supérieure à 4°C. Car en cas de non respect des promesses, une hausse de température de 4°C "pourrait intervenir dès les années 2060", et cela sans compter qu'"il ne s'agira pas d'un point final : il faudra s'attendre à la poursuite du réchauffement qui pourrait dépasser 6°C au cours des siècles suivants". Mais "au vu des incertitudes qui continuent à planer sur la véritable nature et l'ampleur de ces conséquences, nous n'avons aucune certitude qu'une adaptation (humaine) à une planète +4°C soit possible" prévient le rapport. Et de rappeler que le 4ème rapport du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (Giec) "prévoyait que la production alimentaire mondiale augmenterait avec une élévation moyenne de la température locale comprise entre 1 et 3°C mais pourrait décroître avec des températures supérieures".

Source : actu-environnement.com

mercredi 7 novembre 2012

Notre Dame des Landes : les critiques se multiplient et le gouvernement délire

Voici ce qui va disparaître sous les pistes du futur Ayraultport, aux multiples Ayraultgares, routes, parkings, hangars et autres zones commerciales. Merci bien pour cette vision bétonnée et carbonée de notre avenir Monsieur Ayrault ! Mais alors que le gouvernement continu d’expulser manu militari les opposants au projet d’aéroport, les critiques se multiplient à l’encontre du Premier ministre pendant que les personnalités PS délirent.


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[...] "On se souvient que pour calmer les opposants (à Notre Dame des Landes) et conserver sa place de premier-ministrable, François Hollande, alors fraîchement élu à l’Elysée, lui avait demandé de se débarrasser de cette encombrante casserole. C’est chose faite, en juin 2012, quand Jean-Marc Ayrault promet un « moratoire » sur la question. Les grévistes de la faim se remettent à table. La chaleur de l’été écrase les résistances et les CRS regagnent leurs fourgons." [...] Daniel Mermet

Des promesses, encore des promesses, toujours des promesses ... et au final ? Rien ne change ! pfff ! faites chier les mecs !

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Valls en plein fantasme de l’ultra gauche.

[...]Par un de ces curieux télescopages dont l’actualité a le secret, voilà que la fameuse ultra gauche resurgit sous le feu des projecteurs. L’ultra gauche vous savez, c’est ce fantasme que tout bon ministre de l’intérieur qui se respecte se doit d ‘agiter sous le nez de la population pour justifier qui, des nouvelles mesures sécuritaires, qui, des arrestations arbitraires, qui, des répressions sans fondement. Valls de préciser sa pensée en citant "des groupes violents gravitant autour de projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin ou l’aéroport de Notre Dame des Landes en France". Nous y voilà…. Notre-Dame-des-Landes donc. [...] Cf : Petits Matins et Grand Soir (Blog)

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[...] En face de simples frondes, des cailloux, des barrages bricolés. Mais cela suffit au PS Jacques Auxiette, Président de la Région Pays de la Loire, pour affirmer que cette opposition est le fait de "professionnels de la guérilla urbaine" [...] Cf : Le Canard enchaîné.

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[...] pour connaître un peu la situation économique et financière du pays et l’évolution du marché des transports aériens, je dis que ce projet d’aéroport international a tout de la folie pharaonique ! [...] Et l’on se met à redouter qu’il ne s’agit plus là que d’une affaire personnelle pour l’ancien Maire de Nantes, dont on comprend qu’il cherche à laisser une trace, mais qu’on aurait aimé mieux inspiré en la matière.[...] Le plus étonnant dans cet entêtement, c’est le peu de cas que font le premier ministre et les grands élus de la région de la contestation des habitants et d’une foule d’associations.[...] Cf : Daniel Cohn-Bendit au Nouvel Obs

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[...] François Mitterrand avait mis fin à l'extension du camp militaire du Larzac. François Hollande occupe militairement Notre Dame des Landes. [...] Du temps de François Hollande, ce sont des forces armées qui sont mobilisées pour le compte d'une multinationale privée. [...] C'est au nom des intérêts de ces multinationales et de leurs projets dévastateurs que les luttes de résistance, (dis)qualifiées de violentes et illégales par une subtile inversion rhétorique, sont réprimées. C'est le stade ultime de la capture des pouvoirs publics par le secteur privé. Les multinationales n'ont même plus besoin de violer les droits des populations, corrompre et acheter les récalcitrants, commettre des exactions et crimes en tout genre, détruire les écosystèmes et la nature, etc. Les pouvoirs publics s'en chargent. En respectant les lois (du plus fort). Au nom de l'intérêt général. [...] Ce projet d'aéroport conçu du temps du Concorde cristallise l'opposition radicale entre un imaginaire du siècle passé et une imagination tournée vers l'avenir. [...] Ainsi face à cette indécrottable idéologie productiviste et croissantiste, face à cet imaginaire tout droit venu du siècle passé et incapable de penser le caractère fini de la planète, préférant toujours la compétition à la coopération, des gens inventent, expérimentent, proposent, innovent. C'est le cas des participant de la ZAD à Notre-Dame des Landes, installés pour construire autre chose qu'un monde de compétition et de prédation. [...].Cf : Maxime Combes, membre de l'Aitec et d'Attac

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"[...] Que les porteurs du projet de Notre Dame des Landes orientent maintenant les débats sur la gêne sonore après avoir argumenté sur une pseudo-saturation puis sur le prétendu danger de l'aéroport de Nantes Atlantique nous semble relever à la fois d'amateurisme, de raccourcis aussi maladroits que malvenus dans le seul but de tenter de trouver une justification à un projet qui fait de plus en plus douter tant le grand public que nos acteurs sociaux économiques, enfin...[...]". Cf : Le collectif de Pilotes doutant de la pertinence du projet de NDDL

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"C'est dingue de se dire que les pigeons, les médecins et autres propriétaires terriens ont eu gain de cause en l'espace de quelques jours, juste en menaçant de montrer dents et griffes et que là, sur des questions aussi centrales que sont l'aménagement du territoire, les enjeux agricoles, le changement climatique, la préservation de la biodiversité, l'économie des deniers publics ou bien encore l'anticipation de la crise énergétique, qui mobilisent tant et tant de monde, sur le terrain, maintenant dans la presse, sur le net et dans la rue, célèbres et anonymes, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, à l'instar de Sarkozy et de sa clique, fasse la sourde oreille, ignore et méprise le peuple et avance, sans jamais se poser de question sur la pertinence de leur choix. Réveillez-vous, Monsieur le Premier Ministre, il n'est jamais honteux de reconnaître que l'on a eu tord." Bruno BOMBLED

lundi 5 novembre 2012

Notre Dame des Landes : Stéphane Hessel demande à Jean-Marc Ayrault de reconsidérer sa position

Stéphane Hessel appelle le Premier ministre à reconsidérer sa position sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Souhaitant la fin des violences policières, il juge le projet ni économiquement nécessaire ni écologiquement innocent.



Reporterre - Que pensez-vous du déploiement de forces policières, engagé depuis le 16 octobre, pour expulser les jeunes occupants de Notre Dame des Landes ?

Stéphane Hessel - Je trouve toujours très regrettable que des problèmes, qui suscitent tout naturellement une opposition des uns et une opposition des autres, soit traitée avec de la violence. C’est le contraire de ce que nous a appris le mouvement socialiste, qui est un mouvement de remise ensemble des positions des uns et des autres, surtout lorsqu’il s’agit de ces jeunes indignés, dont j’ai eu l’occasion de marquer la vitalité. Il ne faut pas les brusquer, il ne faut surtout pas leur envoyer la police, il faut discuter avec eux.

Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est très discuté, de longue date et de façon très argumentée. Que pensez-vous de ce projet ?

Je ne le connais pas suffisamment, ça n’a pas été un des sujets sur lesquels je me suis jusqu’ici engagé. Mais tout ce que j’en entends dire, et notamment de la part de mes amis d’Europe Ecologie Les Verts, avec lesquels je me suis engagé pour essayer de donner le maximum de sens au programme écologique français, je n’entends qu’une chose, c’est que ce projet de Notre Dame des Landes n’est ni véritablement nécessaire sur le plan économique, des études l’ont je pense démontré, ni suffisamment innocent sur le plan de problèmes comme la loi sur l’eau, comme la dégradation des terres agricoles.

Il me semble donc qu’il est normal que ceux qui se sont engagés derrière ce projet, reconsidèrent leur position et au moins reviennent à une discussion, à un débat, à un débat conduit avec le respect de l’autre, et arrivent peut-être à la conclusion que véritablement on s’était fourvoyé en voulant à tout prix cet aéroport.

Qu'aimeriez-vous dire à Jean-Marc Ayrault à ce propos ?

A Jean-Marc Ayrault, je voudrais dire deux choses. D’abord je voudrais dire que j’ai beaucoup de respect pour lui, que je considère qu’il a fait à Nantes un travail remarquable. Et je suis heureux qu’il ait accepté le choix de François Hollande de diriger notre gouvernement.

Mais je voudrais lui dire que tout homme peut avoir des raisons de reconsidérer une position qu’il a prise, qu’il a prise sous je ne sais quelle influence particulière. Mais à laquelle il ne doit pas rester lié sans se demander s’il n’y a pas une solution qui ne mettrait pas en conflit des gens auxquels il doit l’amitié et le respect.

Ceux qui protestent, ceux qui n’en veulent pas, ce sont de bons citoyens français, ce ne sont pas des malotrus, des voyous, au contraire, ce sont des gens qui ont bien réfléchi.

J’aimerais que lui aussi réfléchisse bien. Je lui dis ça avec tout le respect que j’ai pour lui et avec la conviction que lorsqu’il tiendra compte de l’émotion provoquée, de la volonté citoyenne de faire autrement, eh bien que lui aussi se demandera s’il ne peut pas, s’il ne doit pas, faire autrement.

Propos recueillis par Hervé Kempf et Eduardo Febbro.
Support informatique : Thierry Eraud.
Source : Reporterre

jeudi 1 novembre 2012

Réponse du gouvernement aux évènements de Notre Dame des Landes


A l'assemblée Nationale, le 31 octobre 2012

Voilà bien une réponse qui ne va pas apaiser les choses,
qui ne va pas dans le bon sens et
qui n'arrangera certainement pas la fracture qui s'installe 
entre le gouvernement socialiste et le mouvement citoyen.

Mais pourquoi diable, Jean-Marc Ayrault,
directement impliqué en tant que juge et partie,
n'a-t-il pas eu le courage de répondre lui-même ?

Bravo à Sergio Coronado (député EELV)
pour cette interpellation ferme et courageuse

Rassemblement parisien contre l'Ayraultport

Rassemblement unitaire
(Europe Ecologie-Les Verts, Parti de Gauche,
Alternatifs et autres anarchistes)
devant le siège du Parti Socialiste, Rue de Solférino,
Pour manifester notre opposition au projet d'aéroport de
Notre Dame des Landes,
ce 1er novembre 2012.

Beaucoup de monde, beaucoup de CRS,
un quartier totalement bloqué et pas un interlocuteur en face.





mercredi 31 octobre 2012

Aéroport de Nantes: Duflot désapprouve



vidéo sur une partie des évènements de la journée d'hier 
30 octobre 2012

La milice de Vinci continue, 
sous les ordre de Jean-Marc Ayrault, 
de repousser les résistants,
afin de défendre les intérêts des financiers.

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Aéroport de Nantes: Duflot désapprouve

Avec Reuters et AP Mis à jour le 31/10/2012 à 08:33 | publié le 31/10/2012 à 08:22

La ministre du Logement Cécile Duflot a confirmé sur RTL son opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), défendu par le premier ministre Jean-Marc Ayraud et déploré l'intervention des forces de l'ordre, mardi, contre des manifestants opposés à cette infrastructure. "Il y a un désaccord sur ce projet-là, qui est un désaccord ancien (...) Mon désaccord sur ce point est connu par le premier ministre", a dit l'ancienne dirigeante d'Europe-Ecologie-Les Verts, parti hostile à ce projet.

"Je ne crois pas que sur des projets aussi compliqués la répression et le manque de dialogue, ce qui est le cas, soient la bonne méthode", a-t-elle ajouté. Des affrontements ont opposé hier les forces de l'ordre à des manifestants anti-aéroport.

"Dans un moment où nous devons économiser les deniers publics, il va falloir choisir" entre ce projet d'aéroport et les autres priorités en matières de transport, a conclu la ministre écologiste.

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"le gouvernement a dépassé les limites"

Par Noël Mamère
(AFP / 30 octobre 2012 21h26)

BORDEAUX - Le député écologiste Noël Mamère a estimé mardi que le gouvernement avait dépassé les limites après les affrontements entre forces de l'ordre et opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), jugeant que la question du soutien des écologiste au gouvernement se posait.

Le gouvernement a dépassé les limites (...) On est en droit de s'interroger sur la poursuite de notre soutien à un gouvernement qui utilise la force comme ses prédécesseurs pour imposer un projet dont ne veulent pas les habitants, a estimé le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Bègles (Gironde) lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP.

Quand un gouvernement qui, dans sa majorité, a des écologistes, renie à ce point ses engagements sur la transition écologique en défendant par les moyens de la force (...) un projet inutile, on est en droit (...) de s'interroger sur la sincérité de ce gouvernement, a-t-il ajouté.

Le projet d'aéroport Grand Ouest, défendu de longue date par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, est un symbole des projets dont on ne veut plus, qui sont gaspilleurs, producteurs de gaz à effets de serre et qui sont la trace d'une économie ancienne dont on doit tourner la page, a poursuivi l'élu.

M. Mamère, qui n'était pas sur place mardi, a par ailleurs indiqué qu'il comptait s'y rendre prochainement avec des parlementaires et des députés européens.

De vifs affrontements, consécutifs à une nouvelle opération d'évacuation des adversaires au projet d'aéroport Grand Ouest, ont opposé mardi à Notre-Dame-des-Landes forces de l'ordre à adversaires du projet.

La préfecture de Loire-Atlantique a comptabilisé six blessés légers côté forces de l'ordre mais n'a pu confirmer si les affrontements avaient fait des blessés côté opposants.

Selon ces derniers, au moins trois personnes ont été blessées.

L'opération avait été lancée à l'aube par les forces de l'ordre afin de permettre les travaux préparatoires prévus début 2013, préalables à la construction de l'équipement dont l'ouverture est prévue en 2017, selon la préfecture.

samedi 27 octobre 2012

Projet d'aéroport Notre-Dame des Landes : Non merci !


Depuis plus d'une semaine, plus de 500 gendarmes [1] sont mobilisés en vue d'expulser les opposants au projet d'aéroport situé à Notre-Dame des Landes (44).

Ce coup de force est inacceptable.
Alors que :


Est-il bien raisonnable d’investir plus de 250 millions d’euros d’argent public pour aider une multinationale à saccager plus de 2000 hectares de terres agricoles et zones humides ?

Ce projet d'aéroport est :

  • Inutile : Alors que l'aéroport actuel de Nantes Métropole voit son trafic stagner depuis de nombreuses années, la construction d'un nouvel aéroport ne se justifie pas. Les promoteurs de ce projet inutile espèrent voir le trafic aérien doubler. Comme de mauvaise coutume, les hypothèses de trafic surévaluées servent à justifier un projet inutile.
  • Coûteux : Alors que les partenariats publics/privés se soldent systématiquement par une privatisation des bénéfices et une nationalisation des pertes, le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes va nécessité l'engagement de l'État, à hauteur de 246 millions d'euros.
  • Climaticide : Le trafic aérien représente entre 3 et 5% des émissions globales de gaz à effet de serre. Chaque infrastructure supplémentaire crée un appel d'air, incitant les usagers à utiliser l'avion plutôt que d'autres modes de transport plus écologique. Face à la crise climatique, il n'y a pas de place pour l'ambiguïté.

À l'heure de l'indispensable transition énergétique, nous exigeons :

L'arrêt des expulsions,
l'abandon de ce projet d'aéroport.


[1] Un demi-million d’euros. C’est ce que coûte « au bas mot » l’opération lancée dès le 16 octobre par le gouvernement Ayrault pour déloger les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, selon le site Presse Océan. Entre la mobilisation de 1 200 militaires et policiers, le déplacement d’escadrons venant de différentes régions, le recours à des hélicoptères à visée nocturne en soutien logistique, la note flambe...

mercredi 24 octobre 2012

La honte de Jean-Marc Ayrault, en film.

Notre Dame des Landes

"La gendarmerie, milice de Vinci !"



Honte à vous Monsieur le Premier Ministre !
Honte à vous !

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Lors de l’enquête publique, 80 % des contributions faites aux sept enquêteurs étaient opposées au projet. Cependant, l’enquête s’est quand même avérée positive pour déclarer une Déclaration d’Utilité Publique (DUP).

De plus lors de la DUP, l’ACIPA a déposé cinq recours au Conseil d’Etat pour annuler la procédure. Ils ont été rejetés sans motivation.

L’argument de la saturation de Nantes Atlantique ne tient pas car ce qui sature un aéroport ce n’est pas le nombre de passagers mais le nombre de mouvements c’est dire de décollages et d’atterrissages. Nantes Atlantique stagne à ce sujet depuis dix ans.

l’aéroport n’est plus conçu pour neuf millions de passagers mais pour quatre millions, c’est à dire le même nombre que dans l’aéroport actuel.

Le projet est passé de 16 % de fonds publics à 44 %.

Sources : CE-Delft, cabinet d’études européen mandaté par par le collectif des élus contre l’aéroport (CeDpa)

vendredi 19 octobre 2012

En vrac : Métaux, épandanges et loup

Montebourg : La France doit « redevenir un pays minier » affirme Arnaud Montebourg. A l’occasion d’un colloque sur les métaux stratégiques, le ministre du Redressement productif, déjà favorable à l’exploitation du gaz de schiste, s’est déclaré favorable au retour des mines en France. Entre sa vision d’un redressement économique via la bagnole, une industrie lourde, ou l’exploitation des Hydrocarbures de schiste, Ce ministre est décidément l’ennemi de la conversion écologique si impérieuse, est définitivement le ministre du passé aux idées dépassées … pauvre de nous.

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Épandages : "Vous adorez la chimie, vous adorerez la chimio". La Guadeloupe autorise les épandages aériens et elle persiste et signe en annonçant qu’un nouvel arrêté préfectoral permettait à nouveau de déroger à l’interdiction générale des épandages aériens des pesticides…Bon appétit avec les bananes des Antilles ! Au revoir à la santé de nos compatriotes.

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Loup : Le nouveau groupe national loup (qui y participe ?) a été installé mardi 16 octobre avec pour objectif de terminer le nouveau plan de gestion du loup pour les années 2013-2018, pour le mois de mars prochain. Le député Christophe Castaner, député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence a accepté de représenter le gouvernement et n’a pas trouvé mieux que de dire, en ouverture des travaux, "j'ai tenu à rappeler que le loup était aujourd'hui une menace pour l'élevage et le pastoralisme". Cela a visiblement beaucoup plu à Yves Derbez, président de l'association Éleveurs et Montagnes, qui participait également à cette réunion et qui a déclaré, à sa sortie du ministère, avoir "enfin des raisons d'espérer". A bon entendeur salut ! Les loups n’ont qu’à bien se tenir et les moutons seront bien gardés. Merde ! Merde et merde !!!

mercredi 17 octobre 2012

The Airfood Project : alertez l’opinion et les décideurs

The Airfood Project est une action de solidarité pour obtenir le maintien de l’aide alimentaire européenne, un fond européen d’urgence menacé de suppression, ce qui mettrait en danger la survie de ses millions de bénéficiaires. Il nous reste très peu de temps pour interpeller les pouvoir publiques et mettre les décideurs européens face à leurs responsabilités, dans un contexte de crise économique -– et donc humanitaire - aggravé. Si un nouveau programme n’est pas voté, dans le cadre financier pluriannuel, d’'ici décembre 2012, ce sont 130 millions de repas qui risquent de disparaître fin 2013.

En participant dès maintenant au The Airfood Project, alertez l’opinion et les décideurs… et aidez-nous à le défendre !




  
 Le principe ? Vous connaissez le Air Guitar, qui consiste à faire semblant de jouer de la guitare comme un pro, mais sans guitare ? Et bien le Airfood , c’est un peu la même chose. C’est un dîner où l’on mange… mais avec une assiette vide, parce que c’est ce qui risque d’arriver à ces européens en grande difficulté s’ils perdent cette aide alimentaire vitale.

Depuis 25 ans, l’aide alimentaire européenne permet de répondre aux besoins alimentaires les plus urgents de plus de 18 millions d’européens précaires – grâce à la distribution, non d’argent mais de denrées agricoles en surplus, via les ONG (Banques Alimentaires, la Croix-Rouge, le Secours populaire français, Restos du Coeur ...). Il permet à la fois de fournir de la nourriture à ceux qui en ont le plus besoin, de lutter contre le gaspillage et d’offrir à ses bénéficiaires un moment d’écoute et de solidarité indispensable. Bref, c’est un projet humanitaire peu coûteux, pragmatique et efficace… Protégeons-le !

samedi 13 octobre 2012

Pic pétrolier : Colloque de l'Assemblée Nationale de janvier 2011 (extrait)

Jean-Marc Jancovici, né en 1962, est un ingénieur français diplômé de l'École polytechnique et de Télécom, qui s'est spécialisé dans la thématique énergie-climat. Il est consultant, enseignant, conférencier, auteur de livres et chroniqueur. Il est connu pour son travail de sensibilisation et de vulgarisation sur le changement climatique et la crise énergétique.


4 - JM.Jancovici - colloque Assemblée Nationale... par avenir_sans_petrole

Pour en savoir plus sur les travaux de Jean-Marc JANCOVICI, 
rendez-vous sur son site :