"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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samedi 25 mai 2019

Le sable est surexploité et c'est une catastrophe environnementale selon l'ONU

Il est partout. Dans les infrastructures, les ponts, les routes, le verre, les cosmétiques... Le sable est la matière première la plus utilisée après l'eau. Or cette ressource n'est pas illimitée et son extraction a des conséquences désastreuses sur l'environnement. À ce rythme, d'ici 2100, la quasi-totalité des plages pourrait avoir disparu. Un nouveau rapport de l'ONU plaide pour un encadrement international de son utilisation.



C’est la matière première la plus utilisée après l’eau. Le sable, composant essentiel du béton, est utilisé partout. Dans les routes, les ponts, les immeubles, le verre et même les cosmétiques. Chaque année 40 à 50 millions de tonnes de sable sont extraites. La construction d’une maison moyenne nécessite par exemple l’utilisation de 200 tonnes de sables. Or, la demande de cette ressource ne cesse d’augmenter, alerte un nouveau rapport de l’ONU.

"Déplacement, habitudes de consommation, croissance démographique, urbanisation et développement des infrastructures… la demande de sable a triplé au cours des deux dernières décennies", note Joyce Msuya, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement. "Nous avons maintenant besoin de 50 milliards de tonnes par an, en moyenne de 18 kg par personne et par jour".

Disparition de 24 îles indonésiennes

Or l’extraction du sable a un vrai impact environnemental. "Le fait de prendre du sable sur la plage enlève les défenses naturelles que l’on a contre les vagues de tempête. Cela a un impact sur les inondations côtières", a rappelé chez RFI Pascal Peduzzi, du Programme des Nations unies pour l’environnement. "Quand vous extrayez du sable sur les rivières, si vous creusez le fond, la dynamique de la rivière va changer. Il peut y avoir des ralentissements, soit des accélérations, donnant lieu des inondations plus fréquentes ou plus intenses, soit à des sécheresses".

Singapour est le plus gros importateur de sable au monde. Selon le rapport, la ville-État a augmenté sa superficie de 20 % au cours des 40 dernières années pour répondre à la croissance démographique. Le sable est principalement importé d’Indonésie. Or cette importation serait responsable de la disparition de 24 îles indonésiennes.

L'impact sur la biodiversité est également pointé du doigt. Les industriels draguent de plus en plus les rivières, lacs et fonds marins, la plupart des mines et carrières de sable étant épuisées. Une pratique qui participe à la destruction des espaces sous-marines et qui dérègle des écosystèmes.

Encadrer l'extraction du sable

"Pour l’une des matières les plus échangées sur la planète, la prise de conscience des impacts généralisés est très faible", atteste le rapport. "C’est l’une des activités les moins réglementées dans de nombreuses régions". Les chercheurs pointent ainsi la présence d'une Mafia du sable au Maghreb et particulièrement au Maroc.

Pour répondre aux enjeux de durabilité, l’ONU propose l’instauration de réglementations internationales pour encadrer l’extraction du sable et obliger à plus de transparence. Les auteurs soulignent la nécessité de réduire la construction des infrastructures et d’utiliser des alternatives au béton.

mardi 1 janvier 2019

2019, passer de la colère légitime à la force tranquille.

« Les mesures favorables aux classes supérieures prises en début de règne devaient provoquer un « choc de confiance ». Elles ont provoqué un choc de défiance » nous fait remarquer, fort justement, Laurent Joffrin. Depuis 6 semaine les « Gilets Jaunes » font vaciller les fondements même de notre démocratie avec leur refus de la représentativité, avec la violence verbales et physiques de certains mais que beaucoup légitimisent, par les outrances racistes de quelques-uns et que peu réprouvent publiquement. Notre République est un système bien fragile me disait souvent mon tendre père. Dieu qu’il avait raison. Aujourd’hui la République vacille et certains nostalgiques d’une eau de Vichy en appellent à l’armée, aux généraux pour renverser un gouvernement élu mais incapable d’être à la hauteur de l’évènement. Ils tâtonnent, ils avancent sans se concerter, reculent, se croient plus intelligents que les autres mais ne répondent pas aux attentes légitimes de justices sociales. Notre Napoléon en guenille et son armée au clinquant usé essaye de garder le cap d’un navire qui prend l’eau. Le mouvement des gilets jaunes est « une catastrophe pour notre économie », estime Bruno Le Maire. J'apprécie et je mesure toute l'humanité qu'il y a dans cette phrase pleine de compassion, mais depuis longtemps on sait que pour la droite, pour les libéraux, pour les capitalistes, ce qui est important ce n'est pas les humains qui vivent un quotidien catastrophique à cause de leurs politiques ultra-libérale, mais bel et bien les bénéfices, l'argent, les thunes, le blé, le flouze, les pépètes, les sous, le fric, l'oseille, le pèze, le pognon pour les actionnaires, les riches et les puissants, qu'importe les conséquences sur les gens et l'environnement. Pour la droite l'économie n'est pas au service de l'Homme mais c'est bien l'Homme qui est au service de l'économie. Ils attisent la haine et les sentiments d'oppression, de spoliation, d'étouffement, ils sèment la misère et s’étonnent de récolter la colère. Pour l’avocat Juan Branco « Aujourd'hui, la seule façon de provoquer un changement, c'est en faisant trembler ces gens, en leur montrant que la politique n'est ni un jeu, ni une opportunité de carrière ; en leur montrant qu'il y a des corps qui la subissent. » Ainsi, si je peux, à force de lectures et de conversations, maintenant comprendre la violence de certains « Gilets Jaunes », je n'arrive toujours pas à l'accepter car, en vérité je vous le dis, on n’obtient rien en en usant si ce n’est toujours plus de répressions de la part de ceux qui ont le pouvoir de le faire, si ce n’est des larmes et du sang. Mais ainsi, si cette violence est faite pour faire peur à Macron et ses copains, alors on peut espérer que cela soit réussi, mais si c’est utilisé dans l’espoir d’obtenir des avancées sociales, alors force est de constater que l’on voit bien que rien de fondamentalement révolutionnaire n'a été lâché. Les riches peuvent continuer de dormir sur leurs dividendes et les pauvres, brûler dans leurs logements insalubres.

Ainsi donc, grâce à Macron -cet objet politique fabriqué, selon Juan Branco, par des Xavier Niel, des Bernard Arnault, des Gabriel Attal, Jean-Pierre Jouyet ou bien encore des Benjamin Griveaux et une constellation d'intérêts - la République vacille faute de fondements humanistes et d’un trop-plein de visions comptables et dogmatiques. « Faut-il être aveugle pour comprendre que ce pouvoir ne tient plus que par la fidélité des forces de l'ordre, dont toute défaillance l'effondrerait ? » nous interroge Juan Branco. Et pendant que certains fous furieux en appellent au sabre, d’autres se retournent en arrière et en appellent au goupillon. Rappellent les valeurs et les traditions chrétiennes de la France, crachent sur l’esprit de laïcité qui anime et soude notre vivre ensemble. La République, sociale et laïque vacille, ses citoyens regardent vers l’extrême droite la Gauche ayant failli, la Gauche ayant trahi depuis 40 ans et c’est effrayant pour moi qui ne crois qu’en elle. Esther Benbassa, sénatrice EELV, pose la question à ses amis, de ce « que pourrait être la réponse politique forte d'une gauche écologiste authentique à un mouvement social de première importance comme les Gilets Jaunes ? Détourner le regard ? Attendre que ça passe ? Dire aux gens « il faut rentrer à la maison » ? » Je lui réponds que dans un premier temps il faut condamner fermement et clairement tous les comportements racistes, xénophobes, antisémites et nationalistes qui fleurissent ici et là. Dire que ces comportements sont indignes d'un soulèvement populaire, incompatibles avec les valeurs de la Gauche et des Ecologistes. Expliquer ensuite, encore et toujours que luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées car pour les riches et les puissants, les gens et l'environnement ne sont que des variables d'ajustements qui permettent de faire toujours plus de profits. Dire, encore et toujours, qu’il ne pourra y avoir de justice sociale dans le chaos environnemental que nous promettent les changement climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions, les saccages des biotopes, l’écocide des terres agricoles, les plastiques ici, là, partout, le sable pillé, … Ensuite il nous faut nous replonger dans les enseignements des grands maîtres de la non-violence et de la désobéissance civile afin de construire une rébellion, juste, forte, déterminée, durable et acceptable. Et enfin apporter une réponse sérieuse, mesurable, vérifiable, honnête et transparente aux causes des maux présents et futurs. Il nous faut penser le présent sans oublier le futur, allier le réalisme et le rêve.



Le rêve. Le rêve je viens de l’avoir en écoutant le discours anticonformiste de Clément Choisne, jeune ingénieur fraîchement diplômé de Centrale Nantes. D'un ton calme et posé, le jeune homme, se souvient « avec amusement » du discours d'entrée du directeur de l'école, « il nous invitait à prendre la parole, à donner un rôle, un vrai, à l'ingénieur dans notre société, à faire entendre notre voix ». « Je la prends aujourd'hui la parole », lance le jeune homme invité à la tribune pour se voir remettre son diplôme. Car si Clément fait ce discours c'est « parce qu'il y a des choses qui ne sont jamais remises en cause dans nos études d'ingénieur », explique le jeune diplômé originaire du Mans, « notamment la remise en cause d'un modèle qui crée des élites qui devront trouver des solutions sans jamais se demander si les solutions que l'on trouve sont pérennes, durables et égalitaires pour la société. […] Je vous rappelle que nous, les ingénieurs, nous sommes les géniteurs de l’obsolescence programmée. […] Je ne pense pas que le changement puisse venir de l'intérieur de ce système d'entreprises qui ont des modèles d'affaire fortement carbonés », explique Clément Choisne, « il y a toute une société alternative qui est en train de se monter par des solutions qui ont un sens, avec des initiatives locales, de votre fournisseur d’énergie à la manière dont vous vous déplacez ou encore la manière dont vous faites vos courses, tout est à repenser ».

Ce discours est réconfortant car il rappelle que nos vies se doivent d’avoir du sens afin qu’elles nous soient gourmandes. Ce discours est réconfortant car il rappelle que nous ne sommes pas des « parts de marchés » ni des « temps de cerveaux disponible », là est la vraie révolution ! Puisse-t-il y avoir encore et toujours plus de jeunes comme ce jeune. Puisse-t-il y avoir encore est toujours plus d’actions solidaires et je pense au Samu social, aux petits frères des pauvres, aux restos du cœur, aux pompiers volontaires, aux personnels des EPHAD, aux infirmières et aux infirmiers ... Malgré tout, malgré les difficultés, malgré les bâtons dans les roues, tous et toutes, ils et elles sont là ... Les bénévoles par milliers ... Il me faut aussi regarder de ce côté parce que c’est aussi ça qui nous porte et nous empêche de sombrer. Ils et elles sont la vraie France, la solidaire, la grande, la belle et la rebelle, la révolutionnaire.

C’est sur cette vison positive que je veux résolument ouvrir cette nouvelle année 2019, loin des violents, loin des méchants, loin des asséchés du cœur. C’est en pensant à tous ceux qui rêvent le monde autrement que par le profit - et qui risquent parfois leur vie (83 défenseurs de l’environnement ont encore été assassinés, en 2018, de par le monde) - mais par la bienveillance et l’engagement que je veux ouvrir mon année 2019.

Et c’est avec bienveillance que je vous souhaite une belle et heureuse année 2019. Que cette année vous apporte la joie, le bonheur, la paix et l’amour que vous méritez. Soyez révolutionnaires, soyez des artisans de paix et d’amour afin de bâtir un monde rempli d’envies sobres et écologiques, de rêves d’avenirs désirables, d’aventures humaines en équilibre avec notre seul et unique vaisseau spatial, avec notre seule et unique planète, berceau de notre vie, biosphère finie et fragile. Belle et heureuse année 2019.

dimanche 28 février 2016

Succès incontestable de la mobilisation pour l'abandon du projet d'aéroport

Les diverses composantes de la lutte de Notre-Dame-des-Landes (Coordination des opposants, COPAIn, ZAD ...) organisatrices de la mobilisation du samedi 27 février 2016 "pour l'abandon du projet d'aéroport et pour l'avenir de la ZAD", se sont réjouis de l'énorme réussite de cette journée, pourtant organisée, une nouvelle fois, dans un délai très


Sur le bitume se côtoient toutes les générations. Des familles et des amis "sans étiquette", des agriculteurs, des zadistes, des écolos, des militants du NPA, du PCF, d'EELV, de la Confédération paysanne, de la CGT ou de Solidaires. Des drapeaux bretons en côtoient d'autres, des basques, des alsaciens, des occitans, des catalans. Des groupes arrivent d'Angleterre et de Belgique et bien évidement de toute la France. Nous avons vécu, ce jour, certainement la plus grosse manifestation pour la sauvegarde du bocage de Notre-Dame-des-Landes et pour le soutien à celles et ceux qui font vivre cette ZAD.

Cependant les autorités minimisent l’événement en déclarant qu'il n'y aurait eu que 15 000 manifestants. Soyons sérieux !!! Définitivement savez-vous vraiment compter les manifestants ou même évaluer le nombre ? Personnellement, je ne sais pas, dans la foule, décompter le nombre de participants, même si je commence, par expérience et par des signes (temps d'arrêts longs, densité, longueur …) intrinsèques, à savoir évaluer si une manifestation est un succès ou non. Mais hier, force était de constater que tous les signes étaient réunis pour se dire que nous étions dans un mouvement important. Alors 15 000 ou 60 000 ? Si l'on en croit les photos, il semble qu'il serait quand-même très difficile de remplir, aussi densément, les deux sens de la 2x2 voies censée desservir, après travaux, le site du « futur » aéroport avec seulement 15 000 personnes. Peut-on vraiment remplir, densément et à perte de vue, les deux sens d'une double voie rapide avec seulement 15 000 personnes ? Un rapide calcul montre que l'on est plus proche de l'estimation de l'ACIPA que celle des forces de l'ordre : Ainsi, si la largeur d'une voie est de 3,5 m alors une 1x2 voies, avec la bande d'arrêt d'urgence représente, au minimum, une largeur de 8 m. Ainsi une 2x2 voies représente une largeur de 16 m. Si, par ailleurs, on estime la longueur du défilé à, au minimum, 5 000 m (tout en sachant que la manif faisait plus de 5 km de long), cela fait 80 000 m2. Maintenant, si l'on on estime qu'une personne représente, en foule dense, 1 m2 cela nous donne au moins 80 000 personnes défilants hier. On est donc beaucoup plus proche de l'estimation de L'ACIPA (60 000 manifestants) que celle des forces de l'ordre (15 000 manifestants). On est donc bien au niveau du foutage de gueule de la part des autorités qui soit nous prennent pour des cons, soit ne savent pas faire d'évaluations....Soit les deux.

Ainsi les organisateurs ont salué les plus de 60 000 personnes qui se sont déplacées, parfois de très loin (68 cars venus de toute la France), pour apporter leur soutien infaillible à cette lutte emblématique contre un projet inutile - basé sur des mensonges, des secrets et des manipulations - écologiquement et économiquement intenable. 60 000 personnes rassemblées pour dire à nouveau leur hostilité à ce projet stupide, car onéreux et nuisible. 60 000 personnes qui ont pris sur leur temps de loisir, sur leur budget aussi, pour montrer leur détermination. 60 000 personnes qui vous demandent si cela vous va comme référendum, Monsieur le Président ?

Ainsi, devant l'évidence, les médias ont bien été obligés de tout de même reconnaître le succès de ce rassemblement et parlent tous de démonstration de force. "Démonstration de force" ?!?! Oui mais de force pacifique et non violente, de convictions, de force d'espoir pour un monde meilleur, de force des mobilisations citoyennes afin que le vieux monde ouvre enfin les yeux et accompagne cette force alternative plutôt que de poursuivre une fuite en avant croissantiste issue d'un monde révolu qui ne vit plus que dans les espoirs d'une minorité possédante et dirigeante prête à tout pour gagner toujours plus sans conscience.

Le convoi, venu de l'est, était composé d'une cinquantaine de tracteurs - présence voulue symbolique afin de rappeler l'enjeu de préservation de la terre agricole - et d'un millier de personnes à vélo dès le point de départ de l'Erette. Il a rejoint, sous les acclamations, l'impressionnante marche venue de l'ouest, festive, musicale et colorée pour s'achever par l'érection d'une "vigie" qui, culminant à 9,60 m, est un symbole visible, depuis la route, de la formidable mobilisation du 27 février 2016 et qui montre notre vigilance par rapport à toute avancée discrète des travaux.

Les nombreux messages de soutien venant de partout (Allemagne, Italie, Turquie, Belgique, Grande-Bretagne, Québec...) prouvent, s'il en était encore besoin, que la lutte au départ locale de Notre-Dame-des-Landes rejoint désormais des préoccupations globales de choix de société. Le constat de l'incohérence entre, organiser la COP21 et, quelques mois après, vouloir construire un aéroport près d'une ville qui en possède déjà un, a été lui aussi renouvelé.

L'ambiance festive qui a régné toute la journée ne doit pas faire oublier la détermination farouche des opposant-e-s pour obtenir rapidement l'arrêt des procédures d'expulsion et l'abandon du projet. Les prochaines semaines seront déterminantes.

L'annonce d'un référendum sur le projet d'aéroport - dont l'organisation reste pour le moins floue et sujette à caution - n'a pas affaibli le mouvement d'opposition, bien au contraire, l'idée même est critiquée de toute part, "Une arnaque !", "Une non-réponse à une vraie question", "Le dernier joker de Hollande qui sent qu'on marque des points", estiment des participants.


"On ne lâchera rien ! L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne se fera jamais ! Si vous commencez quoi que ce soit, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont prêtes à se mobiliser et à venir faire barrage." Voici l'autre message adressé, ce samedi, au gouvernement, à Mr Retailleau et aux promoteurs.

dimanche 11 mai 2014

Le sable, ressource non renouvelable


Le sable, un matériau indispensable dans le domaine de la construction, est considéré par certains comme étant inépuisable. Grave erreur : seuls les sables marins et fluviaux sont adaptés aux besoins des chantiers et leur exploitation intensive déclenche une véritable «guerre du sable». A Tanger, «les petites mains» des trafiquants travaillent sur les plages au vu et au su de tous. Aux Maldives, la récolte se fait sous les eaux transparentes. L'Etat de Floride, à grand renfort de dragueuses offshore et de bulldozers, renfloue ses plages en voie de disparition, contribuant ainsi à déséquilibrer davantage l'écosystème maritime qui a fait sa renommée touristique. De leur côté, les élus et la population des Côtes d'Armor, en Bretagne, se mobilisent contre un nouveau projet de dragage.


Les plages du globe fondent comme du sucre. Elles pourraient même avoir totalement disparu avant la fin du siècle. La conséquence d'un appétit contemporain ­démesuré pour le sable — « héros invisible de notre époque », ­résume un géologue —, qui permet la fabrication du béton, mais aussi du verre, des cosmétiques ou des ordinateurs. Avec 15 milliards de tonnes par an, c'est aujourd'hui la ressource naturelle la plus consommée après l'eau.


Le sable, enjeu d'une bataille économique féroce, au risque de conséquences écologiques désastreuses et où les excès des uns rejaillissent dans la vie des autres, dans une réaction en chaîne aussi inexorable qu'aberrante : rivages qui s'érodent en Floride (où neuf plages sur dix sont en voie de disparition), littoral grignoté mètre cube après mètre cube au Maroc pour couler le béton des résidences de vacances, îles englouties en Indonésie ... violence des mafias.


vendredi 10 janvier 2014

Suis-je vraiment un khmer vert ? courriel à mes oncle et tante.

Merci mes chers oncle et tante, d’avoir pris le temps de me donner vos impressions sur mon positionnement écologique que l’on peut découvrir sur mon blog, aussi je vais prendre le temps de vous répondre. Je vais répondre à une notion que vous avez employé tous les deux : celle de « l’intégrisme » ou de « l’intransigeance » écolo que vous détecteriez chez moi. Je balaierai dans un premier temps ces idées pour me concentrer, ensuite, sur le fond de mon engagement au service d’une écologie sociale et solidaire. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Je ne suis pas écologiste pour les beaux yeux des baleines et des oiseaux (même si j’aime les baleines et les oiseaux), mais parce que je pense, je vois et je sais que notre mode vie martyrise notre humanité.

Ainsi premièrement le terme intégriste est un terme fort et pour lequel il ne faut pas être susceptible pour le recevoir. Je vais donc le prendre entouré de l’amour familial et de la confiance que nos liens de sang m’autorisent à y voir accolés. Pourtant, souvent, quand j’entends ce terme pour me définir, je me demande quelle sera la prochaine étape ? Irons-nous jusqu’au terme de terroriste, comme Sarkozy l’a souvent fait (cf : déplacement à Bayonne le 1er mars 2012 par exemple) devant des militants pacifiques ? Irons-nous jusqu’au terme de terroriste ? Telle est la question que je me pose même si la réponse est déjà, plus ou moins, une réalité puisque toutes les personnes activistes, dans le domaine de la protection de l’environnement sont, depuis le mandat précédent, classées personnes à surveiller. De son côté le FBI considère l'écologie comme la deuxième menace terroriste la plus importante après le fondamentalisme islamique. Concernant l’intransigeance écolo, je réfute également ce qualificatif tant mon action municipale démontre le contraire. Je passe mon temps à transiger, à négocier, à faire des compromis et des concessions dans le cadre de mon action d’élu aux Ulis. Mais si l’on qualifie mes convictions profondes et l’énergie que je mets à les défendre d’intégrisme écolo, alors oui, je suis cela. Mais suis-je vraiment un facho vert ? Ne dit-on pas que, « qui veut tuer son chien, l’accuse d’avoir la rage » ? Suis-je vraiment un Khmer Vert ? Si je le suis ce ne peut être qu’en réaction à la pensée unique qui s’articule autour du dogme de la croissance et portée par, ce que je nomme, les Khmers consuméristes et productivistes. Cela est tellement vrai qu’en France, s’opposer à ce dogme est perçu comme être un mauvais patriote, presque comme une trahison nationale et donc un danger potentiel pour le pays. Pour être un bon Français il faudrait consommer. Mais je n’ai, avec d’autres, que ma réflexion, mes mots et mon pouvoir de non-achat comme arme, alors qu’eux ont tous les pouvoirs, celui des médias, de l’industrie, des finances et de la politique. Et ces gens, réunis au sein d’associations comme le « Siècle » par exemple, nous font vivre dans une matrice. Nous font vivre dans une illusion (que nous acceptons quand nous les laissons faire) de stabilité, d’abondance et de permanence, le tout aidé par la cupidité, l’envie et la peur. Ces gens nous font vivre dans une illusion alors que les réalités géologiques, physiques et chimiques de la planète sont toutes autres : nous sommes limités aux stocks non-renouvelables de matières premières, de pétrole, nous sommes contraints dans une très fine couche d’atmosphère respirable. Alors quand je vois que la balance n’est pas en ma faveur je me dis que ce n’est pas obligatoirement moi l’intégriste et l'irréaliste.

Mais alors quelle est cette énergie qui me pousse ? Je suis comme Ferrat qui se questionne, « je ne sais ce qui me possède et me pousse à dire à voix haute, ni pour la pitié ni pour l'aide, ni comme on avouerait ses fautes, ce qui m'habite et qui m'obsède ». Eveillé depuis une trentaine d’année par des gens comme Cousteau, Wangari Muta Maathai, Hulot ou bien encore Hubert Reeves, Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Edgar Morin ou Jean-Marc Jancovici, je ne peux plus fermer les yeux. Depuis mes 18 ans la réalité me saute aux yeux et je sais. Je sais que notre monde carboné n’est qu’un épiphénomène dans la grande Histoire de l’Homme. Notre confort, notre santé, notre espérance de vie sont directement corrélés au nombre de barils que nous brûlons. Il y a eu un avant pétrole, il y aura un après-pétrole … avec les conséquences que cela aura si nous n’anticipons pas. Nier cela n’arrangera pas l’avenir. Depuis mes 18 ans la réalité me saute aux yeux, je ne peux rien y faire et je ne peux me taire. Et surtout je ne vais pas me taire parce que mes concitoyens ont mal aux yeux.

Mon métier, que j’ai choisi en fonction de cette conscience, confirme toutes ces craintes. Mon métier, qui tourne autour de l’observation de la planète, m’amène à côtoyer nombre de scientifiques (cf mes deux préfaceurs de mon blog) dont, aux incertitudes près, les constats convergent vers une dégradation de notre environnement. Ce n’est pas nous, scientifiques et écologistes, qui créons les problèmes mais c’est bien l’observation du globe qui nous les révèle. Un satellite ou un dosage n’a pas d’opinion politique. Dans le cadre de mon métier, je suis amené à beaucoup voyager (en me disant qu’il y a des maux nécessaires) et je vois. Je vois les plastiques en mer, les glaces qui auraient dues être là et qui n’y sont pas, les efforts désespérés qui sont fait pour sauver, de la naïveté passée, le biotope des Kerguelen, la poussée suicidaire des métropoles chinoises. Je vois, j’écoute, j’observe et j’en déduis que notre monde n’est pas durable à court terme. Mon dernier voyage en Chine fut la démonstration de cela. En effet les chinois, qui envient et copient notre modèle occidental, remplacent, aujourd’hui, un vélo par une voiture et construisent, à coups de béton, de sable, de fer, d’énergie et de gaz à effets de serre, des milliers de tours d’habitations détruisant aussi bien leur histoire que les champs et les espaces naturels. Comme nous ne pouvons les blâmer de vouloir accéder, comme nous, au confort et à la facilité, j’en ai déduis que nous devions, nous, nous interroger sur notre propre modèle de vie, sur notre propre compatibilité avec les contraintes géologiques, climatiques et écologiques que notre petite Terre, aux espaces finis, nous impose. Nous devrions nous poser en permanence la question de notre durabilité … et, collectivement, nous ne le faisons pas. Ce qui est de la totale inconscience.

Se questionner, voilà bien le propre de l’Homme, non ? Et c’est à partir de cette réflexion que je vais tenter de répondre à ta question, mon oncle : que doit-on faire pour ces embouteillages permanents à la Réunion si ce n’est construire toujours plus de routes ? J’y suis allé deux fois là-bas et, en effet, j’ai vu ces interminables queues de voitures et cette impossibilité à se déplacer correctement démontrant qu’il y a trop de voitures pour un si petit territoire. Alors que pouvons-nous faire ? Un, je pense qu’il faut se poser la question de savoir si cela peut durer ? La réponse est clairement non, tant cela est néfaste pour les gens et pour l’environnement. Deux, il faut faire un constat et se demander si la géographie d’une île ronde et montagneuse, où la majeur partie de la population se trouve sur une fine tranche de littoral est compatible avec une augmentation permanente du nombre de véhicules personnels ou si travailler loin de son domicile est une bonne chose ? Constater, également, que jamais au grand jamais, le fait d’adapter une route au trafic n’a, à terme, arrangé les choses, puisque cela pousse les automobilistes qui alors avaient refusé de prendre leur voitures, devant la facilité qui leur est faite, se mettent à prendre leur véhicule. In fine les embouteillages reviennent avec encore plus de voitures et plus de pollution. Les embouteillages sont la résultante de la politique du «tout voiture» développée en France depuis l'après-guerre. Bref pour répondre à ta question, il faut, dans un premier temps, changer de paradigmes et accepter de réfléchir autrement, accepter de réfléchir sur cette bougeotte que nous avons tous, réfléchir en pensant proximité, en pensant transports en commun etc … La Réunion ne serait-elle pas un bon modèle de la durabilité de notre monde moderne, comme le fut l’île de Pâque en un autre temps, tant en terme d’espace, que de ressources, que d’énergie, que de peuplement ?

Enfin je terminerai sur le thème de l’écologie sociale et solidaire avec « cet émerveillement » que tu décris, mon oncle, « devant les spectacles magnifiques que nous propose toujours la nature ». Tel est bien un privilège de riches (dont nous sommes) qui peuvent s’évader, le temps des vacances, loin de leur ville, loin de la pollution. Mais ceux qui sont les plus pauvres, les plus précaires, ne profitent pas de « ces spectacles magnifiques que nous propose toujours la nature ». Quand tu vis le long du périf. ou de l’autoroute, à respirer les pots d’échappements à longueur de jours et de nuits et que la mer, tu ne la vois qu’une après-midi par an parce que le secours populaire t’y emmène, « les spectacles magnifiques que nous propose toujours la nature » sont franchement bien loin. La nature (apprivoisée et domestiquée s’entend) est pour les riches … le béton et la grisaille pour les pauvres, voici le modèle de notre société. Plus loin de nous, les plus pauvres des plus pauvres subissent, dans notre totale indifférence, les affres de notre confort, ils sont les migrants chinois, les saigneurs de latex au Libéria, les habitants du Golf du Niger, de Lagos ou bien encore des bords du lac Victoria. Ils démontrent que la dégradation de l’environnement touche d’abord les plus pauvres et cette réalité nous oblige à ne pas nous contenter. Je ne m’en contente pas, cela m’empêche souvent de dormir mais comme je ne peux sauver le monde j’agis là où je le peux quand et je le peux, je cris et j’écris pour ne pas être le premier à laisser tomber.

Voici un court résumé de ma pensée j’espère que vous me comprendrez un peu mieux. Court résumé, car si vous voulez l'approfondir vous avez mon blog que j’alimente depuis 2006.

Votre pénible et étrange neveu Bruno qui vous embrasse et vous aime.

vendredi 7 juin 2013

Le sable - Enquête sur une disparition

De Bombay à la Bretagne en passant par Dubaï, Tanger ou les Maldives, cette passionnante enquête en forme de thriller dévoile une urgence, planétaire et donc humaine, inconnue du grand public : 

Le film ici

On le trouve dans le béton, qui alimente, au rythme de deux tonnes par an et par être humain, un boom immobilier ininterrompu. Mais aussi dans les puces électroniques, le papier, le plastique, les peintures, les détergents, les cosmétiques… Ce sable que nous aimons fouler du pied ou laisser filer entre nos doigts s’est glissé à notre insu dans tous les interstices de notre quotidien. L’industrie le consomme en quantités croissantes, plus encore que le pétrole. Peut-être parce que, contrairement à l’or noir, cette matière première perçue comme inépuisable est restée à ce jour pratiquement gratuite. 

Alors que le sable des déserts est impropre à la construction, les groupes du bâtiment ont longtemps exploité les rivières et les carrières. Puis ils se sont tournés vers la mer, provoquant ce qui est en train de devenir une véritable bombe écologique. Car le sable joue un rôle essentiel dans la protection des côtes et l’équilibre des écosystèmes marins. Les conséquences de cette surexploitation apparaissent peu à peu au grand jour. Petit à petit, les appétits économiques ont grignoté au moins 75 % des plages du monde, et englouti des îles entières, en Indonésie et aux Maldives, tandis que Singapour ou Dubaï ne cessaient d’étendre leur territoire en important, parfois frauduleusement, du sable. 

Disparition des poissons, impact aggravé de l’érosion et des tempêtes, bords de mer devenus lunaires … : face aux timides régulations adoptées pour tenter de limiter le pillage, la “ruée vers le sable” s’est en réalité accélérée, sous l’égide de grandes entreprises multinationales et de mafias locales.

Ainsi les effets du bétonnage ne se font pas sentir que localement. Quand on pense bétonnage on pense, à juste titre aux pertes de terres agricoles et forestières locales et aux pertes de biodiversités et d’indépendance alimentaire qui vont avec ... mais l’on pense rarement à l’impact, que cette soif de béton a sur des populations lointaines subissant destruction et mafias. Alors il est vrais que les Ulis et ses environs ou bien encore toutes ces villes qui s'étendent au rythme de 100 000 ha/an ne sont pas Dubaï ni Singapour mais n’oubliez pas que le monde est peuplé de gens qui n’ont aucun impact sur l’environnement …

C’est pas moi, c’est les autres !!!