L’éveil
Mon intérêt pour la nature est né alors que j'avais 10 ou 12 ans. Je le dois à mon frère Bruno et à son admiration sans borne pour le commandant Cousteau. Je revois encore son indignation devant le massacre des baleines, sa détermination farouche à défendre ces géants des océans dont il nous parlait comme de proches parents menacés. Je me revois aussi, assis à ses côtés, tous les vendredis soir, devant la télé, à regarder l’émission Thalassa, le magazine de la mer.
Dans sa chambre s'entassaient les numéros de Terre Sauvage. Je les feuilletais comme des livres de contes. Les photographies y révélaient un monde d'une beauté presque irréelle. Ces pages de papier glacé furent les premières fenêtres ouvertes sur l'immensité du vivant.
Bientôt, je rejoignis la Fondation Cousteau puis Greenpeace. À l'adolescence, j'arborais fièrement sur ma veste en jean le badge vert de l'organisation, comme un modeste étendard de mes convictions naissantes. Je croyais alors que l'amour de la nature suffisait à la protéger.
Je ne savais pas encore que la conscience écologique pût aussi être une blessure.
La chute
Au printemps 2005, une fissure s'ouvrit dans le monde que je croyais connaître.
Tout commença par un livre d'Hubert Reeves. Je crois qu'il s'agissait de Chroniques du ciel et de la vie, recueil de ses interventions radiophoniques sur France Culture. Peu importe finalement le titre exact ; ce qui demeure, c'est le vertige qu'il fit naître en moi.
Certaines pages furent comme des éclairs dans une nuit d'orage. Elles révélaient des horizons assombris, des équilibres menacés, un avenir chargé d'inquiétudes. À travers ces mots, d’une rigueur implacable, une vérité s’est imposée à moi : la fragilité de notre présence sur Terre.
Je refermais le livre mais cette vérité nouvelle, discrète d'abord, vint prendre place dans les replis de mon esprit. Puis elle grandit, lentement, inexorablement : comme une racine qui cherche sa voie sous la pierre.
L'été suivant, tandis que cette inquiétude poursuivait son travail silencieux, ma vie familiale se trouvait elle aussi à un tournant. Ma première épouse, attendait une petite fille, notre troisième enfant. L’aîné était né en fin 2000 et son frère deux ans après. L’arrivée prochaine d'une petite sœur nous obligeait à quitter notre logement devenu trop étroit.
Nous avions obtenu un appartement plus grand dans le treizième arrondissement de Paris. Mais celui-ci était dans un triste état et il m'a fallu, avec l'aide de mon père et de Didier, le mari de ma cousine Hélène, presque un mois d’un travail harassant pour le rafraichir. Tous mes congés y sont passés cet été car il y avait urgence ; nous devions déménager dans le courant du mois d'août. Pendant ce temps, mon épouse, alitée, vivait une grossesse difficile, menacée d’un accouchement prématuré, tout en s’occupant du mieux qu’elle le pouvait des garçons.
Fatigue, inquiétude, urgence : tout se mêlait.
Puis vint ce soir-là, ordinaire en apparence.
J'étais épuisé par des heures de travaux lorsque je tombai sur un dossier du magazine Le Nouvel Observateur consacré au changement climatique.
Ce fut le second choc.
Certains textes sont des seuils, celui d’Hubert Reeves avait entrouvert la porte ; celui-ci l'enfonça. Et lorsqu'on la franchit, on ne revient jamais tout à fait au même endroit.
Au fil des pages, quelque chose se fissura définitivement en moi. Le monde dans lequel je croyais vivre m’est apparu soudain comme une illusion fragile, une construction insoutenable lancée à pleine vitesse vers un mur invisible.
Je sentis vaciller les fondations mêmes de ma réalité.
Tout ce qui m'avait semblé solide devenait soudain friable. Le progrès, la croissance, la promesse d'un avenir nécessairement meilleur que le présent : autant de récits auxquels j'avais adhéré sans les questionner. Je comprenais brusquement qu'il ne s'agissait peut-être que d'histoires que nous nous racontions collectivement pour ne pas voir l'abîme sous nos pieds.
Ce fut une expérience étrange, presque physique.
Comme si le paysage familier de mon existence se dissolvait. Comme si le sol sur lequel je marchais depuis toujours se désagrégeait. Le sol s’est dérobé sous mes pieds.
Je tombais.
Et ma chute sera longue.
Ensuite, les choses sont plus confuses dans mon esprit, c'est une sorte de brouillard jusqu'à la naissance de ma fille, le 1er octobre 2005.
Ce jour-là fut très stressant car ma femme avait eu un précédent accouchement très difficile et nous étions inquiets pour celui qui arrivait. La naissance fut douloureuse mais finalement toutes les deux allaient bien, heureusement.
Et pourtant, au cœur même de ce bonheur immense, une douleur insoutenable me traversa.
Je découvris ce jour-là qu'il était possible d'éprouver simultanément la joie la plus pure et le désespoir le plus profond. Mille questions m’assaillaient et me torturaient.
Qu'avions-nous fait ?
À quelles tempêtes avais-je exposée mon bébé mais aussi ses frères ?
Comment continuer à vivre normalement lorsque l'on croit apercevoir un incendie à l'horizon ?
Quels paysages pourront-ils encore contempler lorsqu'ils seront adultes ?
Que pouvais-je faire pour protéger mes enfants des souffrances à venir ?
Cette culpabilité nouvelle était d'une profondeur vertigineuse.
Elle ne m'a jamais totalement quitté.
L’obsession
Je tentais malgré tout de poursuivre ma route : j'allais travailler, je m'occupais de ma famille, je jouais avec les enfants, je souriais, Je donnais le change.
Mais rien n’était plus normal. Ma vision du monde s’était brisée, et la nouvelle me terrifiait.
J'ai été alors pris d'une boulimie de lecture sur le sujet du changement climatique. Je voulais tout savoir, tout comprendre. Je voulais mesurer l'étendue du danger. Je voulais trouver une faille dans le raisonnement, une erreur dans les calculs, une raison d'espérer.
C'est ainsi que je découvris Jean-Marc Jancovici et son blog Manicore. J'y passais des heures. À mesure que je comprenais les liens entre énergie, climat, économie et croissance, la carte du monde se recomposait dans mon esprit. Tout devenait terriblement cohérent.
Cette lecture me faisait à la fois du bien, car elle m'ouvrait les yeux et l'esprit, et la fois du mal, car je ne voyais plus que l'impasse mortifère dans laquelle nous nous étions collectivement engouffrés.
Je me mis à me questionner mentalement sur l'empreinte carbone de chaque geste du quotidien. Chaque achat, chaque aliment, chaque déplacement, chaque objet devenait une question morale. Je n'habitais plus le présent ; j'habitais les conséquences.
Je n'en dormais plus la nuit, je m'épuisais.
Je me suis mis à évoquer ce sujet avec ma femme, ma famille, mes amis, mes collègues. Je ne parlais plus que de cela. A part Bruno, mon frère, personne ne semblait comprendre l'ampleur de la catastrophe annoncée. Je ne comprenais pas comment les autres pouvaient continuer à vivre comme si de rien n'était, insensibles à l’urgence. Cela me rendait fou. J'avais beau argumenter, on me renvoyait toujours l'idée que j'étais catastrophiste, que je voyais tout en noir et que je finissais même par devenir fatigant par mon extrémiste. Moi, j’avais le sentiment inverse : c’était le monde qui sombrait dans une forme d’aveuglement extrême. Je me sentais terriblement seul. J'avais l'impression d'être Don Quichotte à me battre contre des moulins. J'en suis devenu agressif et colérique. J'étais en rage contre le monde entier.
Mes parents, en plein désarroi, ne semblaient pas comprendre la profondeur de mon angoisse. Malgré mes sautes d’humeur, ils ont toujours été présents et aimants. Leur maison était un refuge. Je les remercie de m'avoir accompagné durant cette phase douloureuse.
C'est finalement mon épouse qui a su trouver les mots pour j'accepte d'aller consulter mon médecin. Sans trop de difficulté, celui-ci a rapidement diagnostiqué une dépression et m'a prescrit des antidépresseurs. Le traitement a duré quatre ans. Je me souviens qu'à mi-traitement, alors que je me sentais mieux, j’ai voulu arrêter les médicaments. Mon médecin, constatant que j'étais encore fragile psychologiquement, a alors prononcé cette phrase que j'ai toujours en mémoire "il vaut mieux être accro aux antidépresseurs qu'à la dépression". Qu’il soit aussi remercié de son aide.
En parallèle, j'ai tenté de me faire accompagner par un psy. Le premier, un psychiatre, fut une catastrophe car brutalement il m'a fait comprendre que pour lui le changement climatique était un phantasme et que je délirais. Je me souviens être sorti de son cabinet avec un sentiment de révolte sans limite. Autant dire que je ne l'ai jamais revu. Je me souviens après avoir trouvé une dame très douce qui me recevait dans une toute petite pièce. J'ai fait quelques séances avec elle mais les souvenirs sont très vagues. Est-ce que cela m'a fait du bien ? Je n'en suis pas certain car j'ai rapidement arrêté les séances.
Ce que je garde de cette période c'est un sentiment absolu de noirceur, de solitude, de colère, d'impuissance et de désespoir. Et le mot écoanxiété n'avait pas encore été inventé !
La lumière
C'est alors que, doucement, la lumière est revenue.
La première éclaircie prit la forme d'une adhésion à l’association écologiste Les Amis de la Terre.
Je me souviens de nos réunions en plein cœur de Paris dans un vieil appartement gris qui sentais un peu la poussière. Il y avait une grande table recouverte d'un feutre vert autour de laquelle nous nous assoyions. Les sujets de débats n'étaient pas très joyeux et les actions proposées n'étaient pas très enthousiasmantes.
Pourtant, lors de ces réunions, quelque chose en moi s'apaisait. Pour la première fois depuis longtemps, je n'avais plus besoin de justifier mes angoisses puisque mes camarades les partageaient. Je n'étais plus l'oiseau de mauvais augure. Je n’étais plus cette sorte de Cassandre dérangeante. Mais tout cela manquait de souffle, de vie !
C’est alors qu’un soir, au détour d'une réunion, je fis une rencontre décisive. Celle de l'association des Amis de l'ÉCOZAC de la Place de Rungis.
À la tribune se tenaient Philippe Bovet, Marcus Neumann et Elsa Gheziel, venus présenter leur projet : Leur but était de militer pour la construction du premier quartier respectueux de l'environnement dans le 13eme arrondissement de Paris. L'association avait rédigé une plate-forme d'objectifs qui demandait que les bâtiments soient économes en énergie, construits avec des matériaux biosourcés et alimentés en énergie renouvelable, que les eaux de pluie soient récupérées, que la place de la voiture soit repensée pour favoriser les modes de transport doux, que des jardins partagés soient mis à disposition des habitants. L'idée était aussi de peser plus largement sur le débat public et faire avancer les politiques publiques en lien avec l'habitat, l'urbanisme et le changement climatique.
Mais j'entendis aussi autre chose. J'entendis une promesse. La promesse qu'il était encore possible d'agir. La promesse que la lucidité n'était pas condamnée à l'impuissance. Pour la première fois, il ne s’agissait plus seulement de comprendre ou de dénoncer, mais d’entreprendre. Concrètement. Localement. Utilement. J'ai été immédiatement enthousiasmé par ce projet et sans la moindre hésitation j'ai adhéré à l'association.
J'ai été très impressionné par la personnalité des membres de ce trio. Chacun apportait une lumière particulière.
Philippe, avec son savoir encyclopédique, et bien qu’à peine plus âgé que moi, est devenu à cette époque mon père spirituel en écologie.
Marcus, avec sa rigueur de scientifique mais avec son âme d'entrepreneur était un battant, là où beaucoup voyaient des obstacles, il cherchait déjà des stratégies.
Enfin, Elsa faisait vivre au quotidien l'association. Je crois aujourd'hui qu'elle ne mesurait pas l'importance qu'elle eut dans ma reconstruction. Un jour où je lui confiais mon désarroi devant l'intensité de mes émotions, elle me répondit simplement :
"Bienvenue chez les êtres humains. Seuls les psychopathes ne ressentent rien".
Cette phrase, si simple en apparence, eut sur moi l'effet d'une bénédiction. Pendant des années, j'avais considéré ma sensibilité comme une faiblesse. Elle me permit soudain de la regarder autrement. Comme une preuve de mon humanité.
A côté d'eux je me sentais tout petit, mais ils ont eu la gentillesse de m'accueillir, de me faire confiance et de me laisser une place dans leur groupe. C'est ainsi que je suis devenu le coordinateur des bénévoles de l'association, puis quelques temps après administrateur de l'association.
Je me suis plongé à corps perdu dans mes missions d'autant plus que l'association a rapidement pris de la visibilité et de l'ampleur. Mon épouse a eu l'intelligence de me laisser beaucoup de temps pour cette activité.
Avec les bénévoles, qu'il fallait motiver, nous avons fait du tractage, des manifestations, tenus des stands lors d'événements, été présents lors des réunions publiques organisées par la mairie.
Avec l'association, nous organisions aussi des voyages d'étude sur les écoquartiers à destination de tout type de public et notamment de décideurs politiques. L’idée était de changer leurs représentations en montrant ce qui se faisait de bien à l’étranger puisque la France était alors très en retard sur le sujet. Nous partions toujours en train (j'ai décidé en 2005 que je ne prendrai plus jamais l'avion). Nous avons visité Bedzed, en banlieue de Londres, Malmö en Suède, et surtout le quartier Vauban à Fribourg en Brisgau en Allemagne.
Ce dernier voyage fut une révélation, il m'a semblé que je pouvais toucher du doigt le paradis. Enfin je pouvais voir un exemple d'habitat durable, moderne, confortable, beau et au contact de la nature bien qu'urbain. Je me suis pris à rêver d'habiter avec mes enfants et ma femme dans un tel environnement.
Nos efforts ont été couronnés de succès et c’est ainsi que le premier écoquartier de Paris est sorti de terre.
Je dois beaucoup à cette association et à ses fondateurs, en ce qu'ils m'ont permis de me remettre en mouvement et de reprendre contact avec la vie.
L’ancrage
A mesure que je m'engageais, une autre transformation se produisait. Je découvrais que l'action extérieure ne suffisait pas. On peut tenter de changer le monde. Encore faut-il apprendre à habiter le sien. C'est à cette époque que la méditation de pleine conscience entra dans ma vie.
Mon père m’avait parlé de la « pleine conscience », présentée comme un outil de performance cognitive. J’ai découvert plus tard que c’était bien plus que ça.
J’ai lu Kabat-Zinn sans tout comprendre au début, mais fasciné. Puis Christophe André, Zindel Segal, Jack Kornfield, Matthieu Ricard… Et surtout, j’ai pratiqué.
J’ai fréquenté les bouddhistes, les champions du monde en la matière. J’ai testé plusieurs traditions, avant de m’ancrer dans celle de Shamballa, la plus laïque. Retraites, enseignements, protocole MBSR…
J’ai découvert un continent intérieur dont j'ignorais l'existence. Dans cet espace de silence, je rencontrai peu à peu mes peurs, ma colère, ma tristesse. Je cessai de les combattre. J'appris à les écouter. Puis à les laisser passer comme les nuages passent dans le ciel.
J’y ai appris de grandes vérités : l’impermanence et l’interdépendance de toute chose, la vraie nature de l'esprit et l’importance de la compassion. Je compris que la souffrance naît souvent de notre désir désespéré de retenir ce qui change et de repousser ce qui nous effraie. Je compris aussi que l'on peut regarder la réalité telle qu'elle est sans renoncer pour autant à la joie.
Cette découverte fut immense. Elle transforma progressivement mon rapport au monde. Peu à peu, mon âme retrouva son souffle. C'est ainsi qu’en 2010 j'ai écrit "mixer le bonheur" qui se voulait une synthèse de ce que j'avais appris sur ce sujet et que l’on peut retrouver sur le blog de Bruno.
Les antidépresseurs quittèrent ma vie.
Les bouleversements
Enfin cette période a été celle des bouleversements amoureux.
Avec mon épouse, rien ne s’améliorait. Je pense, et c'est un euphémisme, n'avoir pas été très drôle pour elle. Je ne comprenais pas qu'elle ne prenne pas conscience de la gravité de la situation, de ce que cela allait impliquer pour l'avenir de nos enfants et qu'elle ne souhaitait pas changer sa façon de vivre. Cela me rendait dingue et je crois que je la rendais dingue en retour. Avec le recul, j'en suis sincèrement navré, il me semble que ma femme ne méritait pas cela.
Notre couple s’est alors défait. Ce jour de 2007 où j’ai fait ma valise pour quitter définitivement le foyer familial reste le pire de ma vie. Ce fut un déchirement profond, j’avais l’impression d’abandonner mes enfants, d’échouer.
Ma sœur m'a beaucoup accompagnée durant cette période. Je lui dois beaucoup grâce à son écoute et à son soutien moral.
Pourtant, j'ai rapidement retrouvé un second souffle dans cette nouvelle vie de célibataire. Enfin ce n'était plus la guerre à la maison et je pouvais organiser ma vie selon mes nouvelles valeurs. Les enfants semblaient bien s'accommoder de notre séparation et j’étais heureux de pouvoir m’en occuper quand ils étaient sous mon toit. Je crois qu’ils étaient heureux aussi.
J'ai pu aussi rencontrer et recevoir des gens qui partageaient mes convictions et pleinement m'impliquer dans l'association.
Enfin, cela a été aussi la période où j'ai rencontré Céline qui est aujourd'hui mon épouse. Notre rencontre en 2009 a été décisive dans ma reconstruction psychologique. Enfin je rencontrais une femme partageant mes valeurs et mes craintes liées au changement climatique. Enfin je pouvais partager mes convictions sans passer pour un hurluberlu. Nous nous comprenions, ressentions la même chose et, cerise sur le gâteau, partagions le même intérêt pour la méditation. Enfin je n'étais plus seul et j'allais pouvoir rebâtir ma vie sur de nouvelles fondations. Je ne remercierai jamais assez la vie qui nous a fait croiser et entremêler nos chemins.
La mousson
Alors que retirer comme leçon de cette expérience de vie ?
D’abord, que l’écoanxiété est le prix d’un regard lucide. Mais regarder le dragon dans les yeux sans s’entourer, c’est risquer de s’y brûler.
Ensuite, mon écoanxiété et la dépression qui l’a suivie ont été comme la mousson.
Soudain dans ma vie des nuages noirs se sont amoncelés. Une pluie battante s'est mise à tomber. Peu à peu l'eau glaciale est montée autour de moi. Inexorablement elle a tout recouvert. Elle s'est infiltrée partout. Tout a été noyé, emporté, dévasté par ce courant glacial. J’ai lutté pour ne pas sombrer dans ces eaux noires.
Et puis, un jour, la pluie s’est calmée. L’eau a reflué, lentement. Les nuages se sont dissipés. Derrière eux, les rayons du soleil se sont mis à percer.
C’est alors que j’ai pris conscience que le paysage autour de moi et en moi avait changé. Plus rien n’était intact. Mais quelque chose avait grandi, refleuri, verdi. Comme les végétaux après la pluie, j’avais retrouvé une nouvelle vigueur. Je venais de pénétrer dans un nouveau monde nouveau, riche d'amour du vivant, d'humanité, de bienveillance et d’humilité. J'étais entré dans un nouveau paradigme et c'est celui-ci que je m'emploie dorénavant à faire vivre au quotidien.
Namasté chères lectrices et chers lecteurs.
Par Christophe Bombled
