"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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lundi 17 août 2026

Mais ils sont où les écolos ?

Préambule : Ce texte qui s'exprime au nom des écologistes de l'Essonne est un texte martyr que j'ai écris en prévision d'un futur tract (plus court) de rentrée. Donc en l'absence de validation par notre groupe de rédaction ce texte n'engage que moi. 

L’été 2026 confirme tout ce que les écologistes disent depuis 50 ans, mais Le Figaro, dans un grand élan de mauvaise foi, ne sait rien faire d’autre que de titrer que cet évènement consacre la défaite de l’écologie politique. 

La haine des écolos est un puits sans fond, est une source inépuisable de désinformations et d'opprobres infondées et belliqueuses. Le nouveau truc de nos opposant.e.s, sur les réseaux sociaux, à l'heure des incendies monstres, après l'écolo-bashing nous décrivant comme des doux dingues alarmistes, des écolos punitifs, aura été : "mais ils sont où les écolos ?". Comme si nous étions toutes et tous des pompiers, comme si nous étions toutes et tous des agriculteur.trice.s propriétaires de citernes qui se sont montrées si utiles pour renforcer la lutte. La mauvaise foi des productivistes, des consuméristes, des climatocidaires, des écocidaires et des droitards, est sans limite. 

Mais pour répondre à cette question on peut dire que tout de même cette réflexion est parfaitement débile ne serait-ce que parce qu'elle part du postulat que les écologistes n’auraient pas été sur le terrain en train de donner un coup de main. Qu'est ce qui permet de dire cela ? Pourquoi ne seraient-ils et elles pas aussi sur place ? Faut-il que dans chacune de nos actions, nous ayons des oriflammes verts pour être bien identifié.e.s et prouver que nous sommes bien présent.e.s ? C'est tellement à pleurer de bêtises. Rappelons que la solidarité est l'un des grands principes de l'écologie, contrairement à la droite et son extrême qui prône le chacun pour soi. 

Par ailleurs n'y a-t-il pas des pompiers écolo ? Des agriculteur.trice.s écolo ? La confédération paysanne n’en est-elle pas un bon exemple ? 

Les « écolos », contrairement à la droite et son extrême, n'ont pas attendu les grands incendies de cet été pour se soucier du vivant, humain et non-humain, d'aujourd'hui et de demain, toute notre histoire le démontre. 

D'ailleurs où était la droite et son extrême pendant les évènements ? Ils et elles doivent être en train d'avaler la honte d'avoir toujours voté contre tous les projets d'augmentations de moyens donnés aux pompiers et à la lutte contre les incendies, comme par exemple, créer des pares-feux de feuillus, établir un plan national d’adaptation de la forêt, lutter contre la perte des chemins forestiers ou bien encore réhausser la taxe de séjour au profit des moyens des pompiers et faire contribuer les compagnies d’assurances aux budgets des soldats du feux et pire … ils et elles ont refusé d’augmenter les effectifs des pompiers professionnels Depuis cinquante ans, les écologistes alertent, expliquent, documentent… à l'échelle locale, nationale, mondiale… ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous offre. La crise écologique est là. Le prix de l'inaction climatique va être de plus en plus élevé et c'est un choix politique. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

En Essonne comme ailleurs, elle frappe d’abord celles et ceux qui ont le moins de moyens pour s’en protéger. « Si réfugiés climatiques il doit y avoir en Bretagne, ce seront essentiellement des nantis capables de s’offrir une résidence secondaire » nous dit Nicole Roux, professeure de sociologie à l’Université de Brest dans le journal La Croix du 6 août 2026. Les plus pauvres, ne pouvant fuir ailleurs, resteront sous la chaleur. Faire de l’écologie, c’est décider de protéger. C’est faire de la transition écologique une transition juste. 

Nous refusons une écologie qui demande toujours plus d’efforts aux habitants tout en laissant les grandes puissances économiques continuer comme avant. 

Les petits gestes sont utiles mais les décisions collectives sont indispensables et nous défendons une écologie populaire parce que chacun doit pouvoir vivre dignement. 

Nous défendons une écologie solidaire parce que personne ne doit être laissé seul face aux défis écologique, climatiques et de biodiversité qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. 

Nous défendons une écologie concrète parce que l’écologie doit améliorer la vie quotidienne. 

Nous défendons une écologie politique parce qu’il faut changer le système, pas seulement les comportements. 

Ainsi face à la multiplication des canicules, notre priorité doit être de conduire une réflexion sur ce que pourra être la vie en Essonne sous 50°C afin de pouvoir anticiper et adapter les villes pour qu'elles soient plus fraîches, plus vertes, vivables ... plus résilientes. 

Il nous faut absolument davantage d’arbres en pleine terre et d'essences adaptées au climat de demain, il faut déminéraliser les villes, désimperméabiliser les sols pour rendre à la terre les eaux de pluies, il faut une gestion responsable de l'eau et un accès gratuit et à toute heure, à l'eau potable, pour toutes et tous, il nous faut créer des îlots de fraîcheur accessibles à toutes et tous, il faut des écoles, des collèges et des lycées où les enfants ne souffrent pas de la chaleur. 

Il faut, à l'instar de ce qui a été fait pour lutter contre le tabagisme et l'alcoolisme et pour participer à lutter contre le changement climatique, interdire la publicité pour les voyages, les compagnies aériennes, les voitures, les croisières, etc ... Il nous faut aussi cesser les subventions aux compagnies aériennes low cost. 

Il nous faut encore et toujours permettre à nos concitoyen.ne.s de s’émanciper de la voiture en développant des bourses d’échanges de travails pour rapprocher les lieux professionnels des lieux d’habitations, il faut continuer à développer les transports en communs et l’accès des vélos aux trains, sécuriser les déplacements à pied et à vélo, créer des cheminements ombragés. 

Il nous faut nous sortir de l’agriculture industrielle capitaliste, inadaptée aux défis climatiques et environnementaux, qui ne sert pas à nourrir la population mais juste à faire des profits. Il nous faut entamer, avec les agriculteur.trice.s, la transition écologique de l’agriculture essonnienne pour nourrir, toute l’année, les franciliens et les franciliennes. Il nous faut cesser le maïs aux profits d’une agriculture vivrière locale, de saison, adapté au climat et qui rémunère correctement les paysans et les paysannes tout en protégeant les sols et la biodiversité. Il nous faut sanctuariser les terres agricoles et les petites exploitations. 

Il ne faut laisser personne seul face aux canicules et ainsi il nous faut développer la climatisation dans les lieux sensibles et fermés : hôpitaux, écoles, prisons, EHPAD et autres maisons de retraites. 

Parce que l'écologie ne doit pas être une contrainte supplémentaire pour les habitants et qu’elle doit être une amélioration concrète de leur vie il nous faut anticiper. 

Et comme il n’y a pas d’écologie sans écologiste, rejoignez-nous !

vendredi 14 août 2026

Choisir la dignité

Il ne s’agit plus d’un simple malaise. Quelque chose se défait sous nos yeux. Ce qui se joue aujourd’hui est une dérive. Une dérive qui s’accélère, s’installe, se banalise, et finit par contaminer nos manières de parler, de penser, de regarder les autres humains comme non-humains. La haine n’est plus marginale, elle s’exprime, se partage, se justifie. Le rejet devient une posture. La domination, la discrimination se banalisent au point de ne plus choquer autant qu’elles le devraient. 

Et cette dérive a ses relais. 

Sur les réseaux sociaux, la violence est devenue un spectacle. Plus un propos est excessif, plus il circule. L’humiliation fait réagir, la nuance disparaît. On ne cherche plus à comprendre, mais à disqualifier, à écraser, à engranger les likes. 

Dans certains médias, les mêmes mécaniques s’installent : simplification, dramatisation, opposition permanente - l’essentiel est de créer le clivage. À force de présenter le monde comme une menace, à force de désigner des ennemis, on finit par fabriquer une réalité où la peur devient la seule grille de lecture. 

Dans ce climat poisseux, les discours politiques d’extrême droite prospèrent. Ils ne créent pas seulement des divisions : ils les exploitent, les amplifient, les enracinent. Ils désignent, hiérarchisent, excluent sur fond de saluts nazis. Ils proposent une vision du monde où certains auraient moins de légitimité à exister que d’autres — et où le vivant lui-même devient une ressource à dominer plutôt qu’un équilibre à respecter. Une vision brutale, simpliste, dangereuse. 

À cela s’ajoutent des discours qui glorifient la domination, qui enferment chacun dans des rôles étroits, où la virilité devient synonyme de contrôle, de dureté, de mépris. Ces logiques virilistes ne sont pas anodines : elles nourrissent un imaginaire de confrontation permanente, où l’autre n’est plus un égal, mais un rival ou une menace et où toute forme de vulnérabilité, humaine ou animale, est dévalorisée. 

Tout cela produit une atmosphère profondément délétère. Une atmosphère qui nous abîme collectivement. Car à force de déshumaniser les autres, on finit toujours par appauvrir notre propre humanité et, au-delà, à rompre le lien essentiel qui nous unit à l’ensemble du vivant. 

Il est temps de refuser cette pente. 

Refuser, cela commence par des actes simples mais exigeants. Ne pas relayer la haine. Ne pas banaliser l’humiliation. Ne pas se taire lorsque la dignité est attaquée qu’elle concerne un être humain ou toute forme de vie vulnérable. Cela demande du courage, mais c’est un courage accessible, quotidien, concret. 

La bienveillance, dans ce contexte, n’est pas la posture molle que l’on veut nous dépeindre. C’est au contraire une ligne de résistance. Elle consiste à refuser de céder à la facilité du rejet, à maintenir une exigence de dignité dans nos paroles et dans nos actes. Et elle ne peut plus se limiter aux relations humaines : elle implique de reconnaître que nous faisons partie d’un tout, d’un tissu vivant que nos choix impactent directement. 

L’humanisme, lui, ne peut plus être pensé de manière isolée. Il repose sur une réalité simple : nous sommes faits de la même matière sensible. Nous partageons les mêmes émotions, les mêmes peurs, les mêmes fragilités. Et au-delà de nous, d’autres formes de vie éprouvent, réagissent, subissent. Reconnaître cela, c’est élargir notre conscience, et notre responsabilité. 

Oublier cela, c’est ouvrir la porte à toutes les déshumanisations et à toutes les formes de destruction du vivant. 

Le respect n’est pas négociable. Il ne dépend ni de l’accord, ni de l’appartenance, ni de l’identité. Il est le seuil en dessous duquel une société bascule. Et ce respect doit s’étendre à l’ensemble du vivant, car mépriser la vie sous toutes ses formes revient à affaiblir les fondements mêmes de notre humanité. 

Construire une société plus juste et plus tolérante n’est pas une option morale abstraite, c’est une nécessité. Une société juste refuse les hiérarchies arbitraires entre les êtres. Une société tolérante ne se contente pas de supporter les différences : elle les reconnaît comme une richesse, et s’organise pour que chacun puisse vivre dignement. 

La solidarité, elle, ne relève pas d’un idéal généreux mais facultatif. Elle découle d’un fait : nous sommes interdépendants. Nos vies sont liées, nos équilibres sont communs, nos vulnérabilités se répondent entre humains, mais aussi avec les écosystèmes qui nous portent. Ce qui fragilise l’un finit toujours par atteindre les autres. 

Le partage, dans ce cadre, devient un acte de lucidité autant que de générosité. Il reconnaît que personne ne se construit seul, que personne ne tient durablement dans l’isolement, la domination ou l’exploitation. 

 Et la fraternité ou plus largement la symbiosité, c’est-à-dire la solidarité entre les êtres ne sont pas des mots d’apparat. Ils sont une exigence. Ils obligent à refuser les discours qui hiérarchisent les vies, à ne pas détourner le regard, à ne pas s’habituer à l’inacceptable. 

Nous ne sommes pas spectateurs. 

Chaque parole prononcée, chaque silence accepté, chaque geste posé participe à façonner le monde qui vient. 

Rien n'est neutre. 

Nourrir la haine ou préserver la dignité. 

Participer à la dégradation ou opposer une résistance. 

Exploiter ou respecter. 

La question n'est donc pas de savoir quel monde nous souhaitons. Elle est de savoir quel monde nous construisons déjà, jour après jour, par ce que nous acceptons et par ce que nous refusons. 

Car ce qui se dégrade aujourd'hui ne s'arrêtera pas de lui-même. Mais ce que nous faisons exister ensemble, dans nos actes les plus ordinaires comme dans nos choix les plus décisifs, peut encore changer le cours des choses. 

Par Christophe Bombled

mercredi 1 octobre 2025

Nous sommes tous et toutes atteint.e.s du syndrome de Diogène

Imaginez un appartement dont chaque pièce déborde de déchets. Les couloirs sont encombrés de sacs plastiques, les fenêtres obstruées par des montagnes d’objets inutiles, l’air est irrespirable, saturé de poussière et de moisissures. Le sol craque sous le poids des accumulations, les murs suintent l’humidité, et pourtant, le locataire refuse de jeter quoi que ce soit. Il reste là, à vivre dans son propre cloaque incapable d’agir pour retrouver un logement sain. 

Maintenant, agrandissez cette image à l’échelle de la planète : Bienvenue chez nous ! 

Nous vivons aujourd’hui sur terre littéralement au milieu de nos déchets. Les produits chimiques suintent dans nos sols et polluent les eaux, les pesticides imprègnent nos assiettes, les microplastiques et métaux lourds s’accumulent dans nos foies, reins et cerveaux, les PFAS circulent dans notre sang, les suies des mégafeux noircissent nos poumons, les dioxines corrodent nos cellules, les perturbateurs endocriniens sabotent nos hormones. Chaque bouffée d’air est un cocktail toxique, chaque gorgée d’eau un mélange de résidus industriels, chaque bouchée de nourriture un concentré de nos propres poisons. Nous sommes devenus les cobayes d’une expérience monstrueuse : celle d’une civilisation qui, jour après jour, s’empoisonne elle-même ainsi que le reste du vivant. 

Le syndrome de Diogène, c’est nous. Comme le malade qui s’accroche à ses ordures, nous nous cramponnons à ce qui nous détruit. Nos "trésors" à nous, ce sont les énergies fossiles qui réchauffent notre atmosphère, l’agriculture intensive qui stérilise nos sols et pollue les eaux, la surconsommation qui remplit nos décharges. Nous préférons l’enfer connu de notre modèle toxique à l’effort d’un changement. Nous tergiversons, nous débattons, nous reportons, comme un malade qui tripatouille ses déchets plutôt que de se prendre en main, alors que son logement pourrit autour de lui. 

Les scientifiques ont identifié des lignes rouges : neuf limites planétaires, les seuils à ne pas franchir pour que la Terre reste habitable. Nous en avons déjà pulvérisé sept. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les sols se transforment en poussière, les océans deviennent des soupes acides, l’air irrite nos poumons… Nous vivons en surrégime, comme un Diogène qui continue à entasser des ordures dans un studio déjà saturé, jusqu’à ce que le plafond s’effondre. 

Les conséquences ? Elles crèvent les yeux. Des maladies qui explosent, des canicules qui tuent, des sécheresses qui transforment les terres fertiles en déserts, des inondations qui noient nos villes, des forêts aux arbres malades et des campagnes sans vie. Pourtant, nous faisons semblant de ne pas voir. Nous parlons de Mars, de colonies spatiales, de terres promises ailleurs dans l’univers. Mensonge ! Aucune planète de rechange ne nous attend. Aucune arche spatiale ne viendra nous sauver. Nous sommes destinés à vivre ici, dans cette maison qui fut si belle et que nous souillons méthodiquement, comme un malade qui s’évertue à pourrir son propre appartement devenu insalubre. 

Les limites planétaires ne sont pas des théories. Ce sont les murs de notre maison qui aujourd’hui se fissurent et qui s’effondrent 

Nous aimons nous croire indépendants, maîtres de notre destin. Illusion ! Quand les forêts canadiennes brûlent, ce sont nos poumons en Europe qui suffoquent. Quand les plastiques envahissent le Pacifique, ils finissent dans nos estomacs. Quand les pesticides exterminent les abeilles, nos assiettes se vident. Nos choix ont des répercussions en cascade. Les gaz à effet de serre que nous crachons ne restent pas au-dessus de nos têtes : ils voyagent, s’accumulent, réchauffent la planète, font monter les océans, déclenchent des catastrophes à des milliers de kilomètres. 

Nous ne sommes pas des îles, tout est interdépendant ; nous sommes une sous-partie d’un seul organisme planétaire aujourd’hui intoxiqué, asphyxié, au bord de l’effondrement. Notre bien-être est indissociable de celui de la Terre. Nous vivrons sainement seulement dans un environnement sain, et misérablement dans un environnement misérable. Mais apparemment nous sommes tous enchaînés à ce système délétère que nous avons créé, comme les chaînes d’un Diogène qui l’attachent à ses déchets. 

Nous avons bâti une civilisation sur une illusion : celle d’une planète toujours capable d’absorber les fruits pourris de notre mode de vie moderne. Or, la physique et la chimie, elles, ne plaisantent pas. Elles ne se soucient ni de nos beaux discours, ni de nos promesses électorales, ni de nos tergiversations, ni de nos espérances. Elles agissent, implacables. Et leurs effets sont déjà là : effondrement des écosystèmes, multiplication des catastrophes, empoisonnement généralisé. 

Il n’y a pas de négociation possible. Soit nous changeons, soit nous disparaissons. Soit nous nous soignons de notre syndrome généralisé de Diogène, soit nous serons ensevelis sous nos propres immondices, étouffés dans notre maison transformée en décharge géante. 

 Christophe B. 

samedi 20 septembre 2025

Fête de l'Huma : la réponse de Paul Watson

Mail de Paul Watson aux adhérent.e.s de Sea Sheperd France. Une réponse qui a le méritre d'être claire et honnorable. 

Hier, je ne savais pas ce qu'était un écofasciste. 

Aujourd'hui, apparemment, j'en suis un. 

Samedi dernier, j'ai parlé devant une foule conséquente lors de la conférence annuelle de la Fête de l'Humanité en France. 

Ce fut un événement passionnant, quelques milliers de personnes sympathisantes mais également environ deux cent manifestants indignés qui me hurlaient dessus et exigeaient qu'on me fasse taire , ce que j'ai trouvé plutôt ironique pour un évènement qui défend la liberté d'expression. 

Ce n'est pas de la faute des organisateurs, que j'ai trouvés plutôt ouverts et respectueux du droit de parole, et j'apprécie qu'ils m'aient invité. 

Les quelques centaines de perturbateurs étaient un groupe pour le moins enthousiaste, certains brandissaient le poing et me dénonçaient comme cette chose qu'ils appellent un « écofasciste. » J'ai l'habitude d'être traité de beaucoup de choses, notamment d'écoterroriste, d'extrémiste environnemental, d'activiste militant perturbateur et d'écopirate. Tous des surnoms très flatteurs et maintenant je peux en ajouter un nouveau - écofasciste. 

C'était génial. J'adore les publics hostiles et les débats animés, j’ai trouvé leurs chants « antifascistes " accrocheurs et mélodieux . 

J’ai toujours trouvé ce genre de perturbations excitantes pour ma part car elles créent une atmosphère propice à la transmission d'un message. La dernière fois que j'ai eu un public encore plus hostile, c'était il y a de nombreuses années quand j'ai débattu avec le Premier ministre de Terre-Neuve Brian Peckford devant un public de mille partisans de la chasse aux phoques, ou en 1984 quand je me suis adressé à une foule de trappeurs et de chasseurs en Colombie-Britannique du Nord en m'opposant à l'abattage de loups sponsorisé par le gouvernement. J'ai apprécié ces rencontres et je dois admettre que j'ai également apprécié la rencontre de samedi dernier. Rien de mieux que les cris fervents d'une foule pour m’inspirer et me motiver davantage. Donc j'étais très certainement inspiré pour exprimer mes positions, encore plus haut et fort, sur le biocentrisme, l'écologie profonde et les droits de la nature, ce qui, me dit-on, est de l'écofascisme. 

Et si c'est ainsi que l'écofascisme est défini, je ne m’en défendrai pas. 

Donc, en gardant le sourire et en élevant le volume de ma voix, j'ai transmis mon message sur l'importance de défendre la vie, la diversité et l'interdépendance dans les océans. 

D'après ce que j'ai compris, ces gens étaient contrariés que mes priorités soient écologiques et non politiques, que je valorise la vie des autres espèces au-dessus de l'humanité et que je considère le matérialisme humain et le comportement humain comme destructeurs pour la nature. Leur point de vue est que ma position de rectitude écologique n'est pas un point de vue politiquement acceptable. 

Tout ceci est très vrai et je ne présente aucune excuse. Je considère leur colère anthropocentrique comme une validation de mon biocentrisme. 

Nous, les humains, vivons sur cette planète grâce à des centaines de milliers d'espèces, nous sommes des passagers du Vaisseau Terre, et si nous voulons survivre, nous devons nous assurer que tous survivent. Je défends le biocentrisme, l'idée que nous ne sommes pas les maîtres et possesseurs de cette planète, que nous ne sommes pas l'espèce la plus importante au monde , et que les droits des humains ne devraient pas avoir la priorité sur les droits des autres espèces, plantes comme animaux. 

Certains considèrent apparemment mes critiques de l'anthropocentrisme comme racistes. 

Je ne crois pas qu'une personne biocentrique puisse être raciste puisque nous reconnaissons qu'il n'y a qu'une seule race, la race humaine, et que chaque humain est égal à tout autre humain et que toute vie de toutes les espèces est interdépendante. 

Cependant, nous ne sommes pas écologiquement égaux à de nombreuses autres espèces parce que beaucoup d'autres espèces sont plus précieuses que nous au maintien de la vie sur Terre. Cela signifie concrètement qu'elles n'ont pas besoin de nous, mais nous avons besoin d'elles. Nous ne pouvons pas vivre sur cette planète sans les microbes, les abeilles, les champignons, les arbres, les poissons, le phytoplancton et les baleines. Ils se porteraient en revanche très bien sans nous. 

Certains m'ont accusé d'être anti-autochtone pour m'être opposé à la chasse baleinière de la tribu Makah de l'État de Washington, oubliant commodément que mon opposition était à l'invitation de plus d'une douzaine d'Anciens de la nation Makah et que beaucoup de membres de mon équipage étaient eux mêmes autochtones. 

Ne se revendiquer ni de droite ni de gauche ni même centriste est une position incompréhensible pour certains. Ce sont des valeurs politiquement anthropocentriques, et je rejette les valeurs anthropocentriques. Donc, pour la droite, je suis dénoncé comme gauchiste et pour la gauche, je suis dénoncé comme extrémiste de droite ou cette chose intéressante qu'ils appellent un écofasciste. 

Après toute une vie passée à travailler avec et à lutter pour les droits des autochtones d'Amérique du Nord et du Sud, des Aborigènes d'Australie et des Maoris de Nouvelle-Zélande, c'était hilarant de voir un groupe d'Européens blancs privilégiés me dénoncer sur la base de désinformation et de propagande biaisée de mon histoire, une histoire dont ils ne savent de toute évidence pas grand-chose. 

Certains m'ont accusé d'être anti-immigration, ce à quoi j'ai répondu que je ne crois pas aux frontières et que mes opinions sur l'immigration sont les mêmes que celles du défunt leader du syndicat United Farmworkers, César Chávez : l'immigration illégale est utilisée par l'agrobusiness et les entreprises américaines pour maintenir les communautés latinos dans la pauvreté, une politique qui perpétue la misère et l'esclavage moderne aux États-Unis. 

Je ne suis certainement pas nationaliste et, à mon avis, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud devraient avoir des frontières ouvertes. Un être humain devrait avoir la liberté de se déplacer sur la planète sans restriction ni persécution. 

Et bien sûr, on m’accuse d’être raciste à cause de mon amitié avec Brigitte Bardot. Pour cela, je ne présente aucune excuse. Ce que Brigitte Bardot a accompli en 1977 mit fin au massacre commercial des phoques au Canada. Parce qu'elle a parlé, parce qu'elle a utilisé sa célébrité pour faire avancer la cause, plusieurs millions de bébés phoques ont eu la vie sauve et le marché des produits en peau de phoque s’est effondré dans de nombreux pays, y compris dans toute l'Europe. Je connais très peu de gens qui ont accompli autant pour les animaux qu'elle. 

Une autre accusation est que je veux voir la population humaine réduite de huit milliards à moins d'un milliard de personnes. C'est une déformation grossière de ce que j'ai réellement dit de nombreuses fois, à savoir que si l'humanité persiste à ignorer les lois de l'écologie, de l'interdépendance et la diminution de la diversité, cela conduira à la diminution des ressources et de la capacité de charge et aura des conséquences dévastatrices sur les populations humaines qui chuteraient en deçà de 1 milliard. Je ne préconise pas une réduction forcée de la population, mais je souligne que si la croissance démographique humaine n'est pas stabilisée, cela entraînera un effondrement écologique et l'incapacité de soutenir plus de huit milliards de personnes. 

Un monde sans abeilles, sans arbres, sans herbe, sans poissons n'est pas un monde capable de soutenir tant de milliards de primates consommateurs de ressources finies. 

Énoncer des faits écologiques et exposer des réalités écologiques n'est pas anti-humain. En fait, c'est très pro-humain parce que le mouvement environnemental vise vraiment à sauver l'humanité de la folie écologique de l'humanité. 

Si mes positions politiques ne sont ni de droite ni de gauche, alors que sont-elles ? C'est très simple, mes positions politiques sont anti-guerre (peu importe la raison), anti-racisme, anti-pauvreté, anti-génocide, pro-animal, pro-plante, pro-nature, pro-enfants et pro-paix. 

Je n'ai pas besoin de me définir par les querelles incessantes et improductives entre les stupides idéologies anthropocentriques de gauche et de droite. 

Mes positions ont toujours été écologiquement correctes, c'est-à-dire conformes aux trois lois fondamentales de l'écologie - la loi de la diversité, la loi de l'interdépendance et la loi des ressources finies. 

 Aucune espèce ne peut survivre en dehors de ces impératifs écologiques. 

Mes efforts pour travailler avec les Kayapó remontent à 1989 quand j'étais aux côtés du chef Paulinho Paiakan pour m'opposer au barrage du fleuve Xingu. En 1973, j'ai servi au combat comme infirmier pendant l'occupation de Wounded Knee par l'American Indian Movement pour défendre le traité de Fort Laramie de 1868. 

Tout cela ne signifie grand-chose pour quelques centaines de blancs qui me crient "écofascisme" tout en essayant sans succès de m'empêcher de parler. Ils ont décidé que ce que je disais était inacceptable pour eux et c'est parfaitement compréhensible puisque je ne tiens pas les positions que j'exprime dans le but de plaire aux gens. Je sais que mes opinions énervent beaucoup de gens et c'est le but - forcer les gens à affronter les réalités écologiques. 

Une question qui m'a été posée était si j'avais dit que les vies de quatre cent mille phoques valaient plus que les vies de quatre chasseurs de phoques qui sont morts en essayant de tuer des bébés phoques du Groenland. J'ai dit que oui, j'avais dit ça. Pourquoi dirais-je une telle chose ? Eh bien, parce que les vies de quatre cent mille phoques valent plus que les quatre hommes qui essayaient de les tuer. Est-ce une déclaration écofasciste ? Peut-être, mais je vois ça comme une vérité écologique. La survie d'une espèce menacée est plus importante que les quelques vies d'une espèce beaucoup plus abondante. Je suis monté sur cette scène sans savoir ce qu'était un écofasciste. 

Une heure plus tard, j'en suis descendu sous les applaudissements de mille personnes et les huées de quelques centaines d'autres avec une compréhension claire que selon leurs valeurs anthropocentriques, j'étais un environnementaliste écofasciste qui aime et respecte les animaux et la nature plus que l'humanité. 

 Et à cette accusation, et si c'est leur définition, je plaide fièrement coupable. 

Capitaine Paul Watson

 

Photo : Paul Watson à la Fête de l'Huma samedi 13 septembre. - ©THIERRY LE FOUILLE/SIPA 

dimanche 1 janvier 2023

Bonne et heureuse année 2023


En ce premier janvier mes pensées pacifistes vont à toutes les victimes de violences et de guerres.

N'étant pas superstitieux, je connais le côté vain des vœux mais ils racontent tout de même toute la bienveillance que l'on porte à nos proches et nos ami.e.s. Alors pourquoi s'en priver ? 

Aujourd'hui je pense aux iranien.ne.s et aux Ukrainien.ne.s et je leur souhaite que 2023 voit la fin de leur calvaire et que leur combat pour la liberté soit couronné de toutes les victoires espérées. 

À vous toutes et tous je vous souhaite une belle et heureuse année 2023 riche de tous les possibles. 

À nous tous et toutes je nous souhaite qu'enfin notre espèce découvre la sagesse afin que nous puissions réellement relever le défi de la durabilité. Ça urge !!!! 

Et en effet, la lutte pour l’environnement versus les dégradations de la planète est une course de vélo contre un TGV. Personne ne peut dire que nos idées n’infusent pas les groupes humains, mais à un rythme qui ne permet pas de contrebalancer les atteintes irréversibles que notre humanité inflige à son seul et unique vaisseau spatial. Tout prend trop de temps et du temps on en a de moins en moins. L’ADN des écologistes c’est d’être des lanceurs d’alertes et de ne pas relâcher la pression devant une opinion qui est plus encline à s’illusionner de bonnes petites nouvelles, au détriment des catastrophes annoncées, afin de se rassurer et poursuivre tranquillement notre fuite en avant. En matière d’écologie, l’opinion préférera, aux vérités qui dérangent, les mensonges qui rassurent. La maison brule et nous regardons ailleurs. Et pourtant, depuis plus de 50 ans nous alertons sur les défis climatiques, de biodiversité, énergétiques, écologiques et métalliques qui sont devant nous et qui conditionnent notre durabilité suivant les réponses collectives que nous apporterons ou non. Depuis plus de 50 ans nous alertons et l’histoire nous donne tristement raison. Il y a urgence dans la mobilisation générale. 

Mais en ce début d’année, fatigué de plus de 30 ans de militantisme, j’ai envie de voir le verre à moitié rempli afin de nous redonner un peu d’énergie positive pour poursuivre, demain, avec entrain et volonté, les luttes écologiques, sociales et solidaires. Pour ces vœux de nouvelle année, une fois n’est pas coutume, je vais m’efforcer de regarder ce qui a été encourageant en 2022 afin de se dire que 2023 pourra être encore mieux et montrer que c’est possible dès lors que la mobilisation est collective. Ainsi janvier 2022 a vu la loi « antigaspillage » entrer en vigueur et aura aussi marqué l’interdiction de nombreux plastiques à usage unique. De même le projet controversé d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion (Côtes-d’Armor) a été abandonné par la Compagnie armoricaine de navigation qui le portait. Le 1er février, le tribunal administratif de Paris a mis fin aux activités de la cellule Demeter censée lutter contre « l’agribashing » et qui servait à surveiller et entraver les associations écologistes. Toujours en février, l’Islande a annoncé qu’elle mettra fin à la pêche à la baleine à partir de 2024. Le 31 mars, le tribunal administratif de Besançon a annulé le permis de construire et l’autorisation environnementale accordés à Amazon pour un projet d’entrepôt de 76 000 mètres carrés prévu à Fontaine (Territoire de Belfort). En 2022 il s’est vendu plus de bicyclettes neuves que de voitures, motos et scooters réunis. Depuis septembre 2022 les menus végétariens sont devenus la norme dans les cantines de Grenoble (Isère). Fin juin, le gouvernement des Pays-Bas a annoncé son intention de limiter le trafic de l’aéroport Amsterdam-Schiphol. Le 17 août, le groupe Florian, industriel du bois, a abandonné son projet de méga-scierie à Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Le 5 septembre, l’installation du premier parc éolien en mer de France a été achevée au large de Saint-Nazaire. Loups, ours, baleines ou aigles démontrent que lorsqu’on la laisse prospérer, la faune sauvage parvient à faire son retour, comme le révèle un rapport de l’ONG European wildlife comeback paru le 26 septembre. Le 21 octobre, la France s’est retirée du Traité sur la charte de l’énergie (TCE), jugé incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris suivie par l’Union Européenne le 24 novembre. Le 25 octobre, le tribunal administratif de Grenoble (Isère) a suspendu le projet de construction d’une retenue collinaire visant à alimenter la station de ski de la Clusaz (Haute-Savoie). Le 2 décembre, la Commission européenne a validé la suppression, en France, de certaines lignes aériennes lorsqu’il existe une alternative en train de moins de 2h30. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le Parlement européen et les États membres se sont accordés pour interdire l’importation de plusieurs produits, comme le cacao, le café ou le soja, lorsqu’ils contribuent à la déforestation. Etc, etc, etc … Le site « Vert, le média » ressence 80 bonnes nouvelles dans son article « Bonnes nouvelles (ou presque) pour l’écologie en 2022 ». Merci à lui pour cet article qui fait du bien dans ce monde de brutes. 

De notre côté, aux Ulis, le chemin vers la résilience avance après 40 ans de déni municipal. Ainsi et entre autres, notre ville a été désignée « Ville engagée pour la biodiversité » par la Région Ile de France, c’est une belle étape pour atteindre le titre de capitale de la biodiversité. La Municipalité que par ailleurs je soutiens ne veut pas regarder la maison bruler et même si le chemin de la résilience, pour notre ville et ses habitant.e.s, n’est pas encore gagné, je reconnais que l’écoute et la volonté sont là et je m’en félicite. 

Mais tout ceci n’est pas venu de la seule et unique bonne volonté des dirigeant.e.s de cette planète, il aura fallu la mobilisation sans faille, des écologistes du monde entier, pendant des années et des années, pour arracher ces avancées. L’écologie est la démonstration de l’union fait la force, que la mobilisation paye. Je vous appelle donc à vous mobiliser, à vous engager pour 2023 et les années qui suivront pour l’écologie concrète, politique et/ou associative. Nous n’avons plus le choix que la lutte engagée, déterminée, comme les jeunes de « Bigger than us » nous y invitent, et pacifique et ce ne sera jamais que groupé.e.s que nous y parviendrons. Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas juste de le prévoir mais de le rendre vivable, viable, paisible, désirable, en un mot … durable. Engagez-vous ! rejoignez-nous ! rejoignez les Ecologistes 

Bonne et heureuse année 2023 à toutes et à tous

mercredi 22 avril 2020

Le monde d’après ... le challenge ultime.

Pour reprendre, en préambule, ce que disait Agnès Sinaï, du journal Actu-Environnement, à l'époque de l’éruption du volcan Eyafjöll en 2010, "seule l'extrême densité énergétique du pétrole permet à l'avion d'atteindre la performance étonnante de son vol. L'aviation est entièrement tributaire du pétrole." A l’époque du monde d’avant, "le mythe d'Icare, emportant des touristes enchantés vers des destinations de rêve, conjurant les limites de l'espace et du temps, célébrant le droit à l'urgence et le nomadisme de plaisir, entretenait l'illusion d'une abondance sans limites" aux conséquences environnementales et climatiques qui souciaient finalement assez peu de monde. "Rien n'y fait. La paralysie momentanée du transport aérien ne suscite pas le vrai débat : celui d'un système qui engendre autant de liberté que de servitudes et qui, tôt ou tard, butera sur les limites des ressources fossiles."

Pourtant, aujourd’hui et à l’heure du Coronavirus, de ce que je peux lire, voir et entendre, il me semble qu'il y a un consensus scientifique pour dire que ce confinement de l'humanité est une bénédiction pour l'environnement, les milieux et les espèces. J'ai le sentiment que nous avons là l'image réelle ce qu'il nous faudrait faire, de façon pérenne, pour espérer contrer le réchauffement climatique, restaurer les milieux naturels et contrer l'effondrement de la biodiversité. Cela nous donne une bonne image des efforts drastiques et dramatiques (arrêt total de l'hyperconsommation, arrêt total du tourisme de masse, arrêt de la mondialisation capitaliste, retour au juste nécessaire, à la simplicité, acceptation du renoncement, questionnement sur l'utilité et sur l'importance que l'on donne à certaines activités, questionnement sur l'équité, sur la redistribution des richesses, ...) qu'il faudrait que l'humanité fasse, si elle veut se sauver. Cela donne une image du niveau d'arrêt qu'il faut atteindre pour préserver les dernières gouttes de ce précieux pétrole, énergie magique et unique, que des imbéciles gâchent dans des avions destinés à rejoindre d'immondes paquebots polluants comme des millions de voitures. Cela donne une image de la futilité des politiques des petits pas et des petits gestes et que si l'on veut vraiment agir alors il faut arriver à ce niveau d'arrêt des activités humaines. C'est dire notre capacité de nuisances que l'on peut vraiment mesurer, là, aujourd'hui. C'est dire le challenge qui est devant nous (reproduire la même chose, tout en permettant aux humains de vivre libres et épanouis). C'est dire les choix vertigineux qui sont devant nous. C'est dire la hauteur du mur que nous avons devant nous. C'est dire le temps que nous avons perdus, alors que nous alertons depuis 40 ou 50 ans en disant que plus on attendra, plus la marche sera haute. Aujourd'hui la marche est un mur. Ce n’est vraiment pas gagné.

"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'Homme, mais pas assez pour assouvir sa cupidité" disait le Mahatma Gandhi

Mais d’ores et déjà, "en raison de la crise due au coronavirus, les firmes françaises poussent le gouvernement et Bruxelles à revoir leur réglementation dans plusieurs domaines, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre." titre le Monde. Par ailleurs la chute du cours du baril de pétrole est une mauvaise nouvelle pour le climat, une mauvaise nouvelle qui ne va pas donner, à qui que ce soit, l’envie d’investir dans la transition écologique mais, au contraire, va pousser possiblement le gouvernement à soutenir notre secteur pétrolier et plus seulement les grands groupes. Cela alors que soutenir l'industrie aérienne ou pétrolière c'est investir directement dans le réchauffement climatique et la dégradation de l'environnement. Sans oublier également que soutenir la pétro-agriculture, l'élevage intensif, l'industrie agro-alimentaire, l'industrie automobile, les banques privées, la mondialisation capitaliste, le tourisme de masse etc... c'est également investir directement dans le réchauffement climatique et la dégradation de l'environnement, des habitats et de la biodiversité. Investir dans le monde d'avant, comme nous le démontre notre accalmie environnementale actuelle, c'est se mettre une balle dans le pied.

Il est temps de penser à un autre mode de développement qui respect les équilibres naturels et écologiques et l'humanité, de penser à un autre mode de vie plus résilient, plus durable, plus solidaire et plus social. Ça urge !!!

Je n’ai aucune prétention de croire que ce sera facile, je n'ai aucune prétention de dire que de simples YAKA et FAUKON suffiront, mais je crois que l'on peut et que l'on doit être en droit de pouvoir attendre, de la part de ceux qui en ont le pouvoir, de l'imagination, de l'audace, de l'envie … la volonté de sortir du pragmatisme et du réalisme qui stérilise toutes les énergies. Nous sommes en droit de demander à nos responsables de faire tomber, comme ils savent si bien le faire aujourd'hui, pour sauver l'économie capitaliste, les dogmes de la doxa capitaliste, pour créer un monde écologique, social et solidaire. Jean-Marc Jancovici ne dit pas autre chose "Alors que le pays vient de franchir la barre d'un salarié sur deux au chômage partiel dans les entreprises (ce qui signifie, en pratique, que le taux de chômage atteint actuellement 50%), le Haut conseil pour le climat rappelle lui aussi qu'il faudrait que la relance ne se fasse pas "à l'identique", c'est à dire avec la même dépendance aux émissions de gaz à effet de serre." Et les citoyens, comme toujours, ont un rôle énorme dans cette affaire en refusant de retourner dans le monde d'avant, en utilisant leur pouvoir de non-achats, en s'engageant ouvertement et durablement pour la transition écologique et en cessant de voter pour des conservateurs. Si massivement les citoyens s'engagent les politiques suivront.


mercredi 15 avril 2020

Covid-19 : Derrière l’épidémie, la crise écologique

Par : Antoine de Ravignan
30/03/2020 - Alternatives économiques
 

Le Covid-19 est le dernier exemple en date de maladies qui explosent à la faveur de la pression accrue des hommes sur leur environnement. Et qui se diffusent d’autant mieux que leur environnement est dégradé.

L’origine du coronavirus ? Il a été créé par les Américains pour affaiblir la Chine. Pas du tout ! Un grand labo a déposé un brevet dessus avant de le laisser s’échapper en vue d’encaisser les chèques du vaccin qu’il est en train de mettre au point…

Les démentis et les clarifications, comme ceux de l’Institut Pasteur ou les travaux de journalistes, comme cet article du Huffington Post, peinent à endiguer la dissémination de fake news complotistes. Elle est d’autant plus nourrie qu’il existe à Wuhan, capitale de la province du Hubei et épicentre de l’épidémie, un laboratoire de recherche biologique ultrasécurisé travaillant sur les virus les plus dangereux de la planète et construit en partenariat avec les Occidentaux, la France en particulier.

Le pangolin et la chauve-souris

Le Covid-19 est bien parti de Wuhan et des hommes en sont bien à l’origine. Mais la cause est plus triviale que dans les romans. Plus bêtement, un ou des contacts entre des animaux sauvages infectés par le Sars-CoV2 et des individus parmi ceux qui les ont capturés, transportés, vendus ou achetés.

Wuhan, comme d’autres sites en Chine, accueille un gigantesque marché – aujourd’hui fermé – où l’on trouve toutes les bestioles possibles pour satisfaire tous les goûts alimentaires possibles : serpents, chiens, civettes, pangolins… Dans le cas présent, le coupable serait ce petit mammifère à écailles très prisé des Asiatiques, l’une des espèces les plus braconnées au monde et en voie d’extinction.

Pour vivre, un virus a besoin d’un hôte pouvant l’héberger sans se faire tuer. On l’appelle réservoir. Dans le cas du coronavirus, mais aussi du virus Ebola et d’autres pathogènes, le réservoir le plus évident est la chauve-souris. Ce mammifère est très doué pour cohabiter avec toutes sortes d’organismes nuisibles pour d’autres… et vit souvent à proximité des hommes.

Cependant, les caractéristiques génétiques du virus porté par la chauve-souris sont telles que sa transmission à l’homme est impossible. Elle s’est donc faite via un animal intermédiaire auquel le virus a pu s’adapter. En 2002, une première épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) ou Sars, en anglais, avait émergé en Chine, avant de s’étendre l’année suivante dans le reste du monde. L’agent responsable était là encore un coronavirus, baptisé Sars-Cov1. Et là encore les marchés aux animaux de Chine continentale étaient derrière cette épidémie de pneumonie virale. A l’époque, la civette avait été identifiée comme le chaînon entre le réservoir naturel du virus et l’homme.

Un enjeu croissant de santé publique

Hier les civettes, aujourd’hui les pangolins… Mais peu importe au fond par qui le malheur arrive : on parle d’une seule et même réalité, celle de maladies dites zoonotiques (transmises à l’homme par un animal) qui se multiplient depuis plusieurs décennies à la suite de contacts plus ou moins directs avec des animaux sauvages normalement porteurs de pathogènes. Sida, Ebola, Sras sont des célébrités, mais il y en a beaucoup d’autres.

Les maladies infectieuses émergentes, c’est-à-dire qui apparaissent pour la première fois ou réapparaissent alors qu’elles avaient disparu depuis longtemps, sont devenues un enjeu majeur de santé publique et mobilisent de plus en plus la communauté scientifique et médicale internationale. En 1995, le site spécialisé PubMed référençait une centaine de publications sur ce sujet, un chiffre passé à près de 2800 en 2017. Toute cette littérature souligne la place prépondérante des zoonoses dans ces maladies nouvelles.

En 2008, un article de la revue Nature avait dénombré plus de 330 maladies ayant « émergé » depuis 1940, à un rythme quatre fois plus rapide à la fin du XXe siècle qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La majorité (60 % selon cet article, mais beaucoup avancent des chiffres supérieurs) étaient des zoonoses et, parmi celles-ci, 72 % étaient issues du la faune sauvage. L’essor des élevages industriels, avec un contrôle et une hygiène qui peuvent faire défaut, avec des animaux stressés, confinés, astreints à des régimes alimentaires simplifiés, dont les défenses immunitaires sont par conséquent affaiblies ou artificiellement dressées par l’usage massif d’antibiotiques – qui en retour posent de redoutables problème de résistance des agresseurs –, n’est donc pas seul en cause.

Un monde hyper connecté

Mais pourquoi le monde sauvage – ou celui qui subsiste dans les zones tropicales – se rappelle-t-il ainsi au bon souvenir d’une humanité qui n’a fait que s’en éloigner ? Ces maladies véhiculées par les animaux de la forêt ou de la savane n’ont-elles pas toujours existé ? N’ont-elles pas toujours été contractées par des chasseurs accidentellement mordus, griffés, blessés ?

« Autrefois, un chasseur pouvait ramener une maladie au village, il y avait des morts, mais le virus ne se serait probablement pas déplacé beaucoup plus loin, explique Rodolphe Gozlan, directeur de recherches à l’institut de recherche pour le développement (IRD). Aujourd’hui, on est immédiatement confronté à l’épidémie parce que la connexion entre les gens est infiniment plus importante. Dans les zones tropicales, la pression sur l’environnement est de plus en plus forte, de plus en plus régulière. Et on ramène des maladies non plus dans des villages mais dans des villes dont la population a explosé, et qui sont de plus en plus en contact avec le reste d’un monde hyperconnecté. » En outre, ajoute le chercheur, les systèmes immunitaires de beaucoup d’habitants de ces zones de contact sont souvent affaiblis, du fait de la pauvreté ou de la pollution de l’air (comme à Wuhan), ce qui facilite l’expression des pathogènes et donc leur transmission.

La pression humaine sur la faune sauvage ne se résume pas à des fantaisies gastronomiques ou à des croyances dans des vertus érotiques qui désignent les classes moyennes et aisées asiatiques comme les coupables habituels. Selon le rapport mondial sur la biodiversité publié en mai dernier par l’IPBES, l’alimentation de 350 millions de personnes à faibles revenus dans les pays en développement dépend des produits issus de la forêt. Sous les tropiques, ce seraient six millions de tonnes d’animaux sauvages qui seraient ainsi abattus chaque année. La consommation de « viande de brousse » n’est pas qu’un fait culturel, c’est aussi une source de protéines qui contribue à la sécurité alimentaire de populations toujours plus nombreuses, particulièrement en Afrique, foyer également de nombreuses zoonoses.

Le rôle du déboisement

Les prélèvements de faune sauvage représentent, selon l’IPBES, le deuxième facteur de perte de biodiversité terrestre après la destruction des habitats naturels. Cette destruction, due pour l’essentiel aux déboisements pour étendre les surfaces agricoles, est également un facteur de dissémination des pathogènes. Rodolphe Gozlan : « Quand on déforeste, on ne fait pas juste qu’abattre des arbres. On modifie un habitat dans lequel vivaient des animaux porteurs. Cette faune se redistribue dans des zones auxquelles l’homme va accéder beaucoup plus facilement, ce qui crée des fronts de contact beaucoup plus importants et ce qui va donc permettre de ramener vers les villes ces réservoirs viraux et bactériens. »

De nombreuses recherches établissent des liens entre la fragmentation et la destruction des forêts et la diffusion de maladies, zoonotiques ou non : maladie de Lyme en Amérique du Nord, leishmaniose au Costa-Rica, paludisme dans les zones tropicales (les moustiques appréciant les espaces humides ouverts aux rayons du soleil)... « Il ne s’agit pas de protéger ces forêts uniquement parce qu’il y a de beaux papillons. Ce sont aussi des barrières sanitaires pour les populations », souligne Rodolphe Gozlan, qui écrit dans The Conversation : « dans les îles de Sumatra, la migration des chauves-souris fruitières causée par la déforestation dû aux incendies de forêt a conduit à l’émergence de la maladie de Nipah chez les éleveurs et les personnels des abattoirs en Malaisie. »

D’une façon générale, les perturbations des écosystèmes, qu’elles soient liées à des changements d’usages des sols ou aux conditions climatiques, tendent à modifier la distribution des organismes pathogènes et leur hôtes. On sait que de nombreuses épidémies (malaria, fièvre de la vallée du Rift, dengue…) sont favorisées par des événements climatiques dont la fréquence pourrait croître avec le réchauffement global.

Déjà, « l’augmentation des températures moyennes aurait eu un effet significatif sur l’incidence de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, causée par un virus transmis par les tiques, ainsi que sur la durabilité du virus Zika, transmis par les moustiques dans les régions subtropicales et tempérées », écrit encore Rodolphe Gozlan. Des pathologies pourraient ainsi s’étendre au-delà des zones tropicales avec l’élévation des températures et les modifications des précipitations. Dans les zones septentrionales, la fonte des sols gelés en permanence pourrait de même libérer des pathogènes disparus, dont l’anthrax.

Retour de manivelle

Le coronavirus, comme la plupart des autres maladies émergentes, c’est le retour de manivelle de la nature. Qui peut inversement protéger les humains si on sait la protéger. La recherche a mis en évidence le rôle joué par la diversité des espèces pour freiner la transmission des pathogènes. Exemple, la maladie de Lyme aux Etats-Unis, qui circule grâce aux tiques transportés par des souris : on en trouve beaucoup moins là où il existe d’autres animaux porteurs mais capables de s’en débarrasser, comme l’opossum de Virginie. Ou encore, la bilharziose : « la transmission à l’homme de cette maladie parasitaire, qui affecte 200 000 personnes dans le monde, peut être largement réduite par la présence de certaines espèces d’escargots qui sont des hôtes pour ce parasite, mais qui sont très incompétents pour le transmettre », indique le chercheur de l’IRD. Une plus grande biodiversité favorise ainsi cet « effet de dilution » des pathogènes chez des hôtes qui n’infecteront pas l’homme.

« Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer les conséquences, toutes les conséquences », a solennellement déclaré Emmanuel Macron dans son discours aux Français le 16 mars dernier. Aurons-nous appris que cette crise est fondamentalement une crise écologique globale ? Et en tirerons-nous les conséquences, toutes les conséquences ?

jeudi 2 janvier 2020

Quand je pense à 2019 … tout pour ma gueule

Quand je pense à 2019 c’est l’expression de l’égoïsme et du « j’m’en foutisme » qui me vient en tête. En effet même si les Pays-Bas ont construit, en 2019, 5 îles artificielles pour préserver la biodiversité ou que l'Italie a rendu l'étude du réchauffement climatique obligatoire à l'école, je ne parviens pas à m’ôter de la tête cette impression que le chacun pour soi et le « tout pour ma gueule » s’enracine toujours un peu plus, chaque jour symbolisé par ces gens qui se garent sur deux places car la peinture de leur voiture est tellement importante au regard de ce qui se passe dans le monde.

Ainsi en cette période Sainte je tiens à saluer la religion la plus importante et la plus dévouée au monde, le climatoscepticisme, talonnée par le climato'j'm'enfoutisme. A l'heure où nous pouvons nous asseoir sur l'objectif des 2 degrés pour aller vraisemblablement et plus rapidement que prévu vers les +3 voire +4 degrés, les climatosceptiques ont décidé de miser leur avenir (et celui de leurs enfants dont, visiblement, il se foutent comme de leur première chemise) à 100% sur l'hypothèse que 99% des scientifiques auraient tort. Ça c'est de la foi.

Températures records en Australie, à Moscou et ces jours-ci pic de douceur en France ... Il n’est pas beau notre changement climatique ? M'enfin l'essentiel n'est-il pas que l'on puisse toujours bouffer des fruits exotiques qui détruisent Hommes et environnement, partir en avion, à l'autre bout de la planète, pour voir le soleil en hiver « parce que c'est trop horrible de vivre sans », s'acheter plein de saloperies inutiles mais dont on a tellement envie et qu'importe mon impact environnemental puisque de toute façon, les coupables, c'est les autres.

Bienvenue chez les climato'j'm'enfoutistes ou quand le journal de France 2, le 25 décembre, fait la promotion de la destruction du climat et de l'environnement en vantant la nouvelle destination de Zanzibar pour les touristes. 7000 km pour profiter des plages nous dit le reportage comme si de rien n'était. Comme si détruire le climat et l'environnement était un droit normal et à promouvoir. Et TF1 la promo des serres de tailles équivalentes à Paris, au Pays-Bas, chauffées et éclairées, pour avoir la chance d'avoir des roses à la St Valentin et des fraises en décembre. Bienvenue dans la génération « j'ai le droit et je vous emmerde !!! ». Pfff !!! A quoi bon ?

COP25, en route pour ... toujours plus de dérèglement climatique.

Bienvenue chez les « hors sol » ou à la COP25. En route pour ... toujours plus de dérèglement climatique. Mais avant de critiquer l'incurie des autres nations, balayons devant notre porte. La France, qui se veut championne de l'environnement, « n'a pas joué de rôle fort pendant ces négociations », estime sur France-info Armelle Le Comte, de l'association Oxfam France. « Ces derniers jours, il n'y avait aucun ministre. Le Premier ministre et la ministre de la Transition écologique et solidaire ne sont passés qu'en coup de vent. » La militante dénonce, selon elle, le « double discours d'Emmanuel Macron, qui passe son temps à nous dire à quel point le climat est le défi de notre avenir et en même temps, quand les négociations les plus importantes de l'année ont lieu, il n'y a personne. » Cela n'aura pas empêché le ministère de la Transition écologique de regretter, dans un communiqué envoyé ce dimanche, « un manque d'ambition climatique malgré certaines avancées obtenues dans l'accord ». « Au vu de l’urgence climatique et des attentes des citoyens, la France regrette que les gouvernements ne soient pas allés assez loin dans leurs engagements », indique le ministère, tout en rappelant que « durant toutes les négociations, la France s’est mobilisée pour appeler à l’ambition et ne pas accepter de recul de nos engagements ». #foutagedegueule #hontederien #ilsosenttout #onnousprendpourdescons

Et pour bien le prouver qu’on nous prend pour des cons, pour les vacances de Noël, la ministre de l'Ecologie, Élisabeth Borne, s'est envolée pour Marrakech. Bon, d'un autre côté ce n’est pas comme s'il fallait être crédible en parlant d'écologie et de climat. Ce n’est pas comme s'il y avait un changement climatique. "Heu ?!?! La COP25 ? Heu ?!?! Nan ch'connais pas !" Ce n’est pas comme si le gouvernement se devait de promouvoir un changement de priorités ... De son côté, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au Tourisme, n’est pas en reste. Dans l’avion qui le conduit le week-end sur la côte, il plaisante, devant le journaliste de Paris Match : « Je fais des allers-retours Paris-Biarritz presque aussi facilement que si je prenais le métro ! » Il vient d’acheter un appartement dans le centre-ville avec sa compagne. « make our planet great again » qu'il disait l'autre. Pourquoi ne suis-je pas surpris ?

Et ici ou là, sur Facebook ou ailleurs, qu'est-ce que j'aime, également, tous ces gens qui exposent, comme si de rien n'était, leurs voyages en avions à l'autre bout du monde pour aller, rien que par leur unique présence abîmer tous les paysages. Qu'est-ce que j'aime tous ces gens qui foutent ma planète au tombeau. Moi je ne vois pas un voyage, je vois un grand doigt d'honneur fait à l'humanité. #toutpourmagueule

On n'apprend rien

Ailleurs et un autre jour, la raffinerie Total de Grand puits (77) vote l’arrêt et durcit le mouvement contre la réforme des retraites. Outre le fait que je soutiens cette action, j'espère, aujourd'hui comme à chaque blocage et chaque risque de pénuries d'essence, que mes compatriotes prendront conscience de leur (de notre) dépendance au pétrole, que cela n'est pas durable et qu'il faut tout mettre en œuvre pour nous en émanciper. Notre civilisation est fondée sur sa capacité à brûler du pétrole, supprimez son énergie elle s'effondrera et pas en douceur. Je suis intimement persuadé que ça se passera comme ça, dans le chaos et l’arbitraire de ceux qui détiendrons les dernières réserves d’énergie. Je le prédis depuis longtemps. Je suis persuadé que nous retomberons au moyen âge avec ceux qui possèdent et ceux qui subissent la loi arbitraire de celui qui possède … En pire de ce que l’on connait aujourd’hui. Le droit et la justice n'existera plus. Seul régnera la loi du plus fort, la loi des petits chefs de guerres qui s'accapareront le droit de vie ou de mort.

Pour avoir un avant-goût du sujet il suffit de regarder la panique que suscite, aux stations-service, les blocages de raffineries, l'angoisse que suscite une panne d'électricité un peu longue, ou bien encore une panne de plusieurs jours, d'eau chaude (eau chaude et chauffage produit pour toute la ville par l'usine d'incinération), en hiver, aux Ulis ou enfin, il faut voir le Carrefour des Ulis, vide après trois jours de neige qui empêche les camions de ravitailler. En regardant ces avant-goûts on se rends compte combien nous sommes vulnérables et totalement dépendants des apports extérieurs. Coupez les apports extérieurs en trois jours l'île de France se meurt. Pour s'adapter il faudrait sanctuariser les terres agricoles pour les transformer en terres vivrières puis former la population au maraîchage et l'élevage, car tout le reste sera obsolète et futile. Mais force est de constater que nous n’en prend pas ce chemin. Donc au moment de l'effondrement ce sera le chacun pour soi et dieu pour tous.

L'heure est à réorganiser notre fonctionnement ... Ça urge !!!! Mais j'ai des doutes. Notre espèce n'apprend rien. La jouissance immédiate est bien trop forte face à l'urgence de l'adaptation et de transformation pour espérer un futur.

Le pétrole ne se trouve pas utile que dans nos déplacements, mais également dans notre santé, notre alimentation, notre habillement, tout notre quotidien, toute notre survie, toute notre espérance de vie. Le chantier de la transition écologique est titanesque mais aucun dirigeant ne l'entame, par peur, par paresse intellectuelle, par incompétence, par électoralisme. Mais majorité de mes concitoyens ne souhaite pas qu'on l'entame, alors pourquoi s'enagager dans ce chantier ? Le spectacle doit continuer. Notre monde s'effondrera nous l'aurons bien cherché et nul ne pourra dire qu'on ne savait pas.

Alors rassurez-vous (3 secondes) personne ne parle de la fin du monde ni de l'humanité mais « juste » de la fin de ce monde. La fin de ce monde pour basculer dans un autre monde qui, dans une pénurie d’énergies fossiles, avec le dérèglement climatique la destruction de l’environnement et la dégringolade de la biodiversité, entre autres, risque de ne pas être aussi paisible que celui que nous connaissons aujourd'hui. Personne ne dit que l'humanité disparaîtra on dit juste qu'il va y avoir une diminution dramatique de la population mondiale. Et comment réduit-on une population ? Il n’y a que trois possibilités : la guerre, la maladie et la faim … tout ce que nous sommes en train de préparer en détruisant notre environnement et en épuisant les ressources.

Déjà la baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-unis se confirme. Les causes multiples de cette régression ne sont pas exactement les mêmes entre ces deux pays, mais les inégalités, la dégradation de l’environnement et l'accès au système de santé restent des facteurs communs qui soulignent les limites des politiques pratiquées outre-Manche et outre Atlantique. Ou quand la redistribution ne fonctionne plus. Logiquement, suite à toutes les politiques néfastes, anti-sociales, libérales et anti-écologiques, menées depuis, au bas mot, 30 ans, ce constat, de baisse de l'espérance de vie, devrait être fait en France dans les années qui viennent. Patience, Manu et LREM poursuivent le travail.

L’optimiste me rétorquera que l'on s'adaptera mais l'adaptation n'est possible que si l'on regarde le problème en face et que l’on prend les mesures adéquates d’adaptation. Or aujourd'hui l'immense majorité des humains ne regarde pas le problème donc on ne peut pas prendre les bonnes mesures d'adaptation. Donc non on ne s'adaptera pas au choc.

Belle et heureuse année à vous tous ... malgré tout.

A l’heure de la sixième extinction massive des espèces, c'est fou le bonheur que me procure, maintenant, l'apparition d'une mésange bleue sur mon balcon et je me mets à rêver qu’un futur désirable est possible. Mais je rêve. Je rêve que les humains se réveilleront. Mais je rêve. Je rêve que 2020 sera enfin l’année du réveil de la force. Mais je rêve. Je rêve car il ne me reste plus que cela. Je rêve que 2020 soit l’année de la prise de conscience, du partage, de la paix, de l’équilibre. Alors ce n’est plus un rêve mais un souhait que je vous adresse à tous. Que cette année 2020 vous soit une année d’éveil dans la sérénité de la sobriété, dans la paix et l’amour du vivant et de la beauté simple. Belle et heureuse année à vous tous ... malgré tout.

mercredi 3 juillet 2019

La crevette, une histoire pas si rose que cela


Peu caloriques, riches en protéines, vitamines et sels minéraux, ces charmants invertébrés sont un mets de choix que l'on consomme, sans modération et sans conscience, partout dans le monde et en toute saison. Mais quelles sont les conséquences, pour l'environnement, de notre appétence pour la crevette ?

L'élevage d'abord. Il est connu et maintenant bien documenté que cette pratique est la cause d’une forte déforestation, de dégâts environnementaux (destruction des coraux, des mangroves et de leur faune et pollution des littoraux) et sources d'émissions de gaz à effet de serre (un sachet de 450 grammes de crevettes surgelées = 1 tonne de CO2). Outre l'élevage lui-même, le bilan carbone est également aggravé par l’impact de la nourriture, des emballages, du stockage et de la logistique nécessaire pour les envoyer à l’autre bout du monde.

Les 3/4 de la production de crevettes proviennent d'Asie (Indonésie, Thaïlande, Philippines, etc.), là où les conditions climatiques permettent une croissance rapide (plus la température de l’eau est élevée plus la crevette grandit vite). L'autre quart de la production mondiale de crevettes d'élevages provient d'Amérique latine. Les élevages de crevettes ont explosé dans les années 1970, grâce à la demande des consommateurs aux États-Unis, en Europe de l'ouest et au Japon. Au total, plus de 4 millions de tonnes de crevettes sont vendues chaque année dans le monde. D’immenses surfaces de mangroves ont été défrichées pour installer des élevages de crevettes, ce qui a gravement perturbé de nombreux écosystèmes très fragiles et causé de fortes érosions. De plus, pour nourrir ces élevages, les producteurs n'hésitent pas, contre toute réglementation, à faire ratisser, au chalut, les mangroves (nurseries pour nombre d'espèces animales) pour surpêcher tout ce qui peut être pêché (poissons adultes, juvéniles, et autres animaux vivant là) afin d'en faire de la farine animale qui sera donnée aux crevettes. Ainsi l'élevage des crevettes, à l'instar de l'élevage de poissons, n'évite en rien la surexploitation des mers. Et une fois de plus, la destruction de l'environnement, la destruction des mangroves met en péril les populations locales qui, depuis toujours, savaient prélever leur nourriture sans détruire ces milieux extrêmement fragiles.

Par la suite, au bout de 3 à 5 ans, les étangs d’élevages de crevettes sont abandonnés à cause des maladies qui prolifèrent dans les bassins (les crevettes développent des bactéries multi-résistantes), de l’acidité et de la contamination des sols. En effet au bout de quelques années d'exploitation intensive, il se forme des dépôts importants de boues toxiques, au fond des bassins (mélange d’excréments et de produits chimiques), formant ainsi une zone inexploitable. Pour que les sols se régénèrent, il faut entre 35 et 40 ans de "jachère".

Quel parcours !

Mais la crevette sauvage n'est pas indemne de tous reproches, ainsi les crevettes surgelées que nous trouvons dans nos assiettes ont une histoire assez incroyable et sont un excellent exemple du partage du travail dans l’économie mondialisée où chaque pays se spécialise sur telle ou telle tâche. Les crevettes sont pêchées en Scandinavie, en Norvège ou en Suède, par des bateaux de pêche spécialisés. Puis elles sont expédiées par camion et vont traverser douze frontières jusqu’au Maroc où elles sont lavées, épluchées par des ouvrières payées, en Dirhams, beaucoup moins cher qu’en Scandinavie. Elles repartent ensuite en camion vers ….la Scandinavie. De là, elles sont réexportées vers toute l’Europe. Pour chaque tonne de crevettes ainsi traitée, on dépense 150 litres de gasoil pour parcourir 10 000 kilomètres avant que les crevettes n’atterrissent dans votre assiette.

Enfin et pour couronner le tableau, la pêche intensive des crevettes conduit à la destruction de la faune marine. En effet, pour 1 kg de crevettes pêchées, jusqu'à 10 kg d'animaux marins et de poissons sont pris dans les filets de pêche. La pêche à la crevette, à elle seule, est à l'origine de plus de 30 % des poissons pêchés puis rejetés à la mer.

L’exemple des crevettes est valable pour d’autres produits. Chaque jour sont acheminés par la route 70 kg de marchandises par européen, soit 25 tonnes par an et par personne !

Une fois de plus et dans un nécessaire changement de comportements, afin de prendre en compte les défis écologiques, climatiques, énergétiques et de biodiversité qui conditionnent, suivant les réponses que l'on apportera, notre durabilité, privilégions une alimentation locale (française), artisanale, de qualité et de saison et si l'on ne trouve pas … et bien l'on s'en passe, on y renonce !

Sources : Conso-globe, Futura planète, Radio Télévision Suisse, 

lundi 6 mai 2019

Biodiversité: Une seule espèce, l’homme, menace l’ensemble du vivant

Les scientifiques de l’Ipbes, « le GIEC de la biodiversité », publient ce lundi la première évaluation depuis 2005 de l’état mondial de la biodiversité et des systèmes écosystémiques



Sur les huit millions d’espèces animales et végétales sur la Terre, un million est aujourd’hui menacé d’extinction au cours des prochaines décennies. Du jamais vu jusqu’à présent dans l’histoire de l’humanité. Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne.

Les scientifiques de l’Ipbes, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystèmiques, avaient prévenu : "le rapport sur l’état mondial de la biodiversité, qu’ils publient ce lundi à Paris, ne serait guère rassurant."

« On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas »

Pendant trois ans, 150 chercheurs du monde entier, aidés de 350 autres ont compilé pour l’Ipbes – c’est-à-dire le GIEC de la biodiversité – ont passé en revue 15.000 références scientifiques pour dresser la carte mondiale du vivant : combien restent-ils d’espèces animales et végétales sur Terre ? En quel état sont-elles ? Et, surtout, quelle pression l’homme fait-il peser sur elles ?

Aux 1.800 pages du rapport complet, l’Ipbes a ajouté ce lundi, « le résumé aux décideurs », un texte de 40 pages qui leur récapitule les messages clés et esquisse les divers scénarios possibles pour les dirigeants politiques. C’est ce document qui a fait l’objet d’âpres négociations entre les représentants des 132 pays membres de l’Ipbes toute la semaine dernière, au siège de l’Unesco à Paris. C’est ce qui donne une valeur historique à ce document, dit Pierre Cannet, responsable des programmes Nature au WWF France : « Non seulement il s’agit une évaluation très complète de l’état actuel de la biodiversité, ces 15.000 références représentant l’équivalent de près de 18 années de travail scientifique, commence-t-il. Mais, en plus, les conclusions ont été validées, via ce résumé pour décideurs, par 132 pays qui ne pourront plus dire "on ne savait pas". »

La colonisation de la Terre par l’homme

Et ce résumé pour décideurs fait froid dans le dos. Tout autant que le « un million » d’espèces menacées d’extinction ou la perte générale de l’abondance des espèces locales depuis 1900, Pierre Cannet pointe « la colonisation de la Terre par l’homme » au sujet de laquelle le rapport de l’Ipbes fourmille de données.
  • Les trois quarts de l’environnement terrestre et environ 66 % du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine.
  • Plus d’un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage.
  • 60 milliards de tonnes de ressources renouvelables et non-renouvelables sont maintenant extraites chaque année dans le monde. Une quantité qui a presque doublé depuis 1980.
  • Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992.
  • En 2015, 33 % des stocks de poissons marins ont été exploités à des niveaux non durables ; 60 % l’ont été au niveau maximum de pêche durable, et seulement 7 % à un niveau inférieur à celui estimé comme étant durable.
  • La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980.

« Pour la première fois depuis qu’il y a de la vie sur Terre, nous avons une seule et même espèce, l’homme, qui menace l’ensemble du vivant », résume Pierre Cannet.

Pas qu’une question de hausse de la population mondiale

Certes, cette emprise de l’homme sur le vivant est la conséquence, en partie, d’une démographie galopante. Les scientifiques de l’Ipbes n’éludent pas ce facteur. « Depuis 1970, la population mondiale a plus que doublé passant de 3,7 à 7,6 milliards d’individus », rappelle le rapport. Mais l’évaluation pointe aussi « l’augmentation de la consommation par habitant et l’innovation technologique, dont les dommages causés à la nature ont diminué dans certains cas tandis qu’ils ont augmenté dans d’autres. »

Autrement dit, il n’y a aucun pays qui n’a pas sa part de responsabilité dans cette érosion du monde vivant, même ceux dont la population est stable. « Une tendance qui émerge est celle dite de l’interconnectivité mondiale ou « télécoupling », indique le professeur américano-brésilien Edouardo S. Brondizio, qui a coprésidé le rapport de l’Ipbes. Dans ce cas, l’extraction des ressources et leur production ont lieu dans une partie du monde, mais servent souvent à satisfaire les besoins de consommateurs éloignés, qui vivent dans d’autres régions. » « C’est par exemple l’huile de palme que les pays industrialisés du nord importent d’Indonésie, de Malaisie et de plus en plus d’Afrique, où cette production, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est source de déforestation, illustre Pierre Cannet. C’est encore le soja, produit massivement au Brésil où elle grignote la savane du Cerrado puis importé dans les pays du Nord pour y nourrir les élevages. »

« Dans les dix pays les plus consommateurs de ressources naturelles, on retrouve alors sans surprise les pays du G7, poursuit le responsable des programmes Nature au WWF France. Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et la France qui arrive en quatrième position ».

« Agir dès maintenant à tous les niveaux, du local au mondial »

L’Ipbes ne va pas alors par quatre chemins. « Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier », indique son président, l’écologiste Sir Robert Watson. S’il n’est pas trop tard pour agir, « il faut le faire maintenant, à tous les niveaux, du local au mondial », précise le rapport, qui appelle à « un changement transformateur » de nos sociétés.

C’est peut-être une limite de cette évaluation de l’Ipbes pour Pierre Cannet. « Dans les scénarios et les pistes d’améliorations recensées, elle n’est pas aussi précise que peuvent l’être les rapports du GIEC sur le climat », observe-t-il. Quoi qu’il en soit, la feuille de route est connue : fin 2020 se tiendra en Chine la COP15 de la Convention sur la diversité biologique. Elle devra fixer, pour la décennie à venir, des cibles claires pour endiguer la perte de biodiversité et des mécanismes de mise en œuvre afin de les atteindre. Beaucoup appellent à l’adoption d’un accord mondial ambitieux à la mesure de ce qu’a été la COP21 de Paris pour le climat.

La France dit déjà préparer l’événement, via notamment le G7 de l’environnement qu’elle organise depuis dimanche à Metz. Elle devrait aboutir ce lundi à l’adoption d’une charte de la biodiversité par la quinzaine de pays présent. L’occasion pour ces Etats de montrer leur détermination à agir, assure-t-on au ministère de la transition écologique.

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Pourquoi préserver la biodiversité n’est pas qu’un enjeu environnemental ?

« Nous sommes en train d’éroder les fondements même de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier ». Le constat est de Sir Robert Watson, le président de l’Ipbes, dans le rapport publié ce lundi.

Les 1.800 pages n’inventorient pas seulement les espèces animales et végétales sur Terre, il liste aussi tous les services que rend la nature à l’homme. « Plus de deux milliards de personnes dépendent ainsi du bois pour satisfaire leurs besoins en énergie primaire, environ 70 % des médicaments utilisés contre le cancer sont naturels ou sont des produits synthétiques inspirés par la nature », illustre le rapport. Plus de 75 % des types de cultures vivrières dans le monde, y compris les fruits et légumes mais aussi le café, le cacao et les amandes, dépendent par ailleurs de la pollinisation par les animaux. La nature est par ailleurs un atout de taille dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les écosystèmes marins et terrestres sont les seuls puits d’émissions de carbone anthropiques, avec une séquestration brute de 5,6 gigatonnes de carbone par an (l’équivalent d’environ 60 % des émissions anthropiques mondiales).

Voilà pourquoi, selon l’Ipbes, si nous ne parvenons pas à endiguer cette érosion du vivant, la communauté internationale ne parviendra pas à réussir ses dix-sept Objectifs de développement durable (ODD) qu’elle s’est fixé à atteindre pour 2030. Ceux d’éradiquer la pauvreté et la faim dans le monde par exemple, celui encore d’assurer à tous une eau propre et un assainissement…

Fabrice Pouliquen - 20 Minutes

mardi 30 avril 2019

Brésil : 100e jour de deuil pour l’environnement et la pensée

Élu avec le soutien du puissant lobby agroalimentaire, Jair Bolsonaro vient de fêter son 100e jour à la tête de l’État brésilien. L’environnement, lui, est en deuil. Depuis son arrivée au pouvoir, on ne compte plus les coups de boutoir que le nouveau président a portés à la politique environnementale de son pays. Si ce travail de sape porte préjudice avant tout à la population brésilienne, en particulier aux peuples autochtones, il a aussi des répercussions sur notre assiette et notre climat.



1. Neutralisation du ministère de l’Environnement

Avant même son élection, le nouveau président avait annoncé qu’il supprimerait le ministère de l’Environnement. Les nombreuses critiques l’ont contraint à renoncer à ce projet, mais il n’en a pas moins réussi à totalement démanteler le ministère. Tout d’abord, il a nommé à sa tête un avocat d’affaires, Ricardo Salles. Alors qu’il était secrétaire à l’environnement de l’État de São Paulo, il a été condamné pour fraude administrative au profit de compagnies minières, et a déclaré que le changement climatique est un problème « secondaire ».

Ensuite, le président Bolsonaro a adopté une flopée de mesures et de décrets visant à affaiblir le ministère de l’Environnement en le privant, à petit feu, de ses moyens d’action.

2. Liquidation des territoires autochtones

Lors de ses 100 premiers jours au pouvoir, J. Bolsonaro a commencé à mettre à exécution ses promesses de campagne, à savoir en finir avec la démarcation des terres indigènes et ouvrir ces dernières à l’exploitation minière, agricole et forestière.

Il a privé la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI) de sa responsabilité de délimiter les territoires indigènes, la transférant au ministère de l’Agriculture. Teresa Cristina, à la tête de ce ministère, a déclaré être « favorable au développement de l’agro-négoce sur les terres indigènes ». Selon la FUNAI, 115 territoires indigènes étaient en attente d’être démarqués au début de l’année.

Ces mesures mettent en péril la forêt amazonienne, où se situent la plupart des territoires indigènes, et aggravent la détresse des peuples autochtones et les violences qu’ils subissent.

Les terres indigènes, qui représentent 13 % du territoire brésilien, constituent un rempart contre la destruction de la forêt : seulement 2 % de la déforestation de la forêt tropicale a lieu à l’intérieur des territoires autochtones.

Lire l’appel des peuples indigènes du monde entier à protéger la nature.

3. Bazardage de la forêt amazonienne

Le président, tout comme ses ministres, ne cessent de répéter dans les réunions internationales que le Brésil va ouvrir encore davantage ses forêts à tous types d’industries. Il a par exemple proposé à D. Trump un partenariat pour explorer l’Amazonie. Cela serait non seulement illégal mais, en outre, irait à l’encontre de la souveraineté du Brésil puisque les zones protégées et les terres indigènes, qui appartiennent aujourd’hui à l’État, pourraient tomber aux mains d’une poignée d’entreprises étrangères.

4. Autorisation en masse de pesticides dangereux

En à peine trois mois, le nouveau gouvernement a autorisé l’utilisation de 121 nouveaux pesticides – un record (à titre de comparaison, 13 pesticides avaient été autorisés sur toute l’année 2010). Or 41 % de ces substances sont classées comme très toxiques ou extrêmement toxiques.

La majeure partie de ces pesticides sont utilisées pour les cultures du maïs ou du soja, qui servent ensuite à alimenter le bétail, au Brésil mais aussi dans le monde entier, et notamment en Europe (37 % du soja importé dans l’UE vient du Brésil). Ainsi, même si certains de ces pesticides sont interdits en Europe car trop dangereux, ils pourraient bien se retrouver directement ou indirectement dans nos assiettes.

La politique de sape environnementale de J. Bolsonaro sert les intérêts des industriels qui l’ont fait élire, au détriment de la santé de la population brésilienne, des droits des peuples autochtones et de la préservation de la biodiversité. Alors que la déforestation est repartie à la hausse au Brésil, l’ouverture des territoires autochtones et des forêts aux industriels ne présage rien de bon non plus pour le changement climatique. C’est aussi le climat mondial qui porte le deuil.

Texte : Greenpeace

4. Breaking news : l'interdiction de penser

Le président du Brésil a une vision bien singulière de ce que doit être l’enseignement. Selon maître Jair Bolsonaro, penser par soi-même, aiguiser son esprit critique, relève du supplément d’âme. Dans la lignée des brûleurs de livres, ce chantre de l’extrême droite a ainsi décrété vendredi, dans un tweet hallucinant, que la philosophie et la sociologie ne feraient plus l’objet de financements publics dans les universités fédérales. Au diable les sciences humaines, place aux filières rentables,...