"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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jeudi 17 novembre 2022

Depuis 1972 … on sait !


 

Depuis 1972, le club de Rome, les scientifiques et les écologistes n’ont de cesse d’alerter sur les limites de la croissance. Depuis 1972 les informations existent et sont diffusées partout dans le monde. Partout dans le monde les écologistes avec des artistes, des auteur.e.s , des cinéastes, des journalistes, des documentaristes, par tous les moyens, alertent sur des vérités qui dérangent. Mais jamais nous n’avons trouvé le bon média qui mobiliserait les foules. Beaucoup de nos concitoyen.ne.s, devant l'urgence écologique, ont l'impression de maîtriser leur futur et rien n’est fait pour les détromper. Notre société capitaliste et productiviste fait tout pour entretenir l’illusion et nous prendre pour des clients. La voiture électrique en est un bon exemple, elle n’est pas faite pour sauver le climat mais pour sauver l’industrie automobile. j'ai le sentiment qu'avec le tout électrique, sans remettre en cause la voiture personnelle et sans renforcer les moyens alternatifs, confortables, faciles et nombreux, au mieux, la France et l’Europe sont en train de rater la transition de la mobilité, au pire, préparent le crash de l’effondrement. Pas assez de métaux et pas assez d'énergie pour ce rêve techno-croyant, pour cette utopie, pour ce show qui doit continuer. 

Depuis 1972 les défis écologiques, climatiques, de biodiversité et métalliques, qui se poseront dans les années qui suivront vont être documentés (GIEC, Rapport Greenpeace de 1993, …) mais notre monde aura préféré l’orchestre à la vigie. Depuis 1972 nous, les écologistes, ne cessons de dire qu’il faut ralentir, économiser les ressources mais on nous a fait passer, au mieux pour de doux rêveurs et rêveuses utopistes, au pire pour des ayatollahs, des khmers vert.e.s. Encore aujourd’hui certain nous traitent d’«Ecoterroristes» alors que ceux et celles qui me terrorisent sont les bétonneurs, ceux et celles de la pétrochimie, de la pétro-agriculture et de l'agriculture intensive, qui ne sont pas faites pour nourrir les gens mais pour faire de l’argent, les entreprises polluantes, la mondialisation écocidaire, ceux et celles qui détruisent la forêt, les terres agricoles, les rivières, les sols et la biodiversité,... Mais il est vrai qu'il est plus facile de taper le messager que d’écouter le message

Mardi dernier, la population mondiale a dépassé les 8 milliards d’habitants, selon l’estimation officielle des Nations unies, qui y voit « un important jalon du développement humain » et un rappel, en pleine COP27, de « notre responsabilité partagée de prendre soin de notre planète ». 8 milliards d’humains, sommes-nous trop nombreux et nombreuses ? Jennifer Sciubba, chercheuse en résidence au cercle de réflexion Wilson Center, résume « Notre impact sur la planète est déterminé bien plus par nos comportements que par notre nombre ». 

8 milliards d’humains sur cette Terre, dès lors la bonne question ne serait-elle pas ? Est-ce que les 10 % de la population mondiale la plus riche, absolument responsable de l'essentiel des crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques, à ne pas vouloir renoncer et à clamer leur droit de détruire la planète parce qu'ils et elles en ont les moyens, n'est pas juste totalement égoïste, insensible et préfère sa gueule et la captation des ressources et des richesses à la survie de notre espèce ? 

A cela Antonio Guterres, devant près de 100 chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Charm el-Cheikh, répond : « L'humanité a un choix : coopérer ou périr. C'est soit un Pacte de solidarité climatique soit un Pacte de suicide collectif ». 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous promettent. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!!

En 1972 le club de Rome modélisait l’effondrement de notre société thermo-industrielle vers les années 2030. Nous y arrivons. Je me souviens de ce que me répondait Jean Jouzel, quand je lui demandais ce qu’il pensait du club de Rome et du rapport Meadows, lui de me répondre que « le problème de ces gens, c’est qu’ils ont eu raison trop tôt ». Aujourd’hui tous les voyants sont au rouge et que faisons-nous ? Nous nous apprêtons à regarder une coupe du monde, très contestable, au Qatar et nous apprenons que l’Arabie Saoudite veut organiser des jeux d’hivers là où il ne neige jamais. Partout on bétonne, on privatise l’eau dans des méga-bassines, on construit des complexes hôteliers et des golfs sur 400 hectares de prairies et de bois classés Natura 2000, en Sologne. Partout on détruit. On extrait du pétrole dans des réserves naturelles. Imaginez. Des nouveaux puits de pétrole en Ouganda. 419. Creusés en partie dans un parc naturel. Imaginez. Un oléoduc géant. Qui va transporter le liquide noir visqueux sur plus de 1400 kilomètres. Et qui sera chauffé à 50 degrés … Parce que ce pétrole-là, est épais. On prévoit de chercher les métaux précieux par 5000 m de fond, dans les mers lointaines, car nous avons épuisé ceux facilement accessibles sur la terre ferme. Partout on surproduit de la viande. En Chine, 650 000 cochons seront bientôt entassés et engraissés dans un bloc de béton de 26 étages. On sur-voyage car « on n’a qu’une vie et que l’on ne peut se passer de s’en vanter sur Facebook ». Nous admirons ceux et celles qui font de l’argent même si pour cela l’environnement et des femmes et des hommes souffrent. L’espèce humaine est une espèce invasive et destructrice. « Tant que vous nommerez “croissance” le fait de raser un espace gorgé de vie pour le remplacer par un espace commercial, nous n’aurons pas commencé à réfléchir sérieusement » a déclaré l'astrophysicien Aurélien Barrau, aux grands patrons du Medef, en septembre 2022. C’est bien résumé. 

Tous les voyants sont au rouge. Crises écologiques et climatiques mais aussi crise énergétiques et métalliques. Rappelons la nasse dans laquelle nous sommes toutes et tous : sans métaux pas d'énergie et sans énergie pas de métaux. Sans métaux et sans énergie notre monde moderne va droit à l'effondrement. « En vérité, ce récit de la transition énergétique capitaliste s’ancre dans une histoire qui est fausse : il renvoie à l’idée que, par le passé, on aurait déjà initié des transitions, et que, en ce moment, on s’apprêterait à entrer dans une phase nouvelle. Mais les énergies et les matières sont dans un rapport de symbiose » qui nous nasse, nous dit Jean-Baptiste Fressoz, historien de l'environnement. Les pénuries d'essence, comme celle que nous venons de subir, avec la peur que cela engendre chez nous, nous font prendre conscience (je l’espère) de notre dépendance non-durable aux énergies fossiles et qu'il est urgent de nous en émanciper (par une organisation systémique) volontairement, de nous en désintoxiquer avant que, au minimum, la géologie ne nous l'impose ... au pire, le climat dont les dérèglements s’accélèrent. 

Dès lors quelles sont nos marges de manœuvres, à notre échelle au moment où ce ne sont plus les petits gestes qui pourront nous sauver, même s'ils seront toujours bons à prendre ? Les petits gestes ne peuvent plus contrebalancer les crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité. Aujourd'hui l'heure est à la transformation écologique radicale et résolument sociale de notre système de pensées et de valeurs, de l'Europe et de notre économie. L'heure est à la sobriété voulue et heureuse, aux renoncements massifs. L'heure est à l'arrêt du consumérisme, à l'arrêt du tourisme de masse et de la mondialisation écocidaire. L'heure est au deuil de la techno-croyance car la solution ne peut venir de la technologie puisqu'elle est le problème. L'heure est à la décroissance de l'inutile, du jetables et du futile mais à la croissance du local, du bio et du saisonnier, du durable, du réparable, du simple, du partage, de l'amitié, de la solidarité, de l'art, de la culture, du savoir ... L'heure est venue de voter pour l’écologie car seule la conjonction de politiques écologiques européennes avec la mobilisation citoyenne, quelle soit municipale et individuelle, pourra nous faire espérer un avenir durable. 

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » nous exhortait Gandhi. 

A nous de le faire.

samedi 1 février 2020

Être de Gauche ...

Il y a quelques jours, mon ami Soulé Ngaidė, m’a demandé de témoigner sur ce que c’était, pour moi, être de Gauche. Voici, ci-après ma réponse. Merci Soulé pour cette demande de témoignage. Amitiés à toi mon ami.

Pour moi, être de gauche, c’est tout d’abord se sentir l’héritier des luttes sociales qui ont forgé notre système de solidarité. C’est être de toutes les luttes émancipatrices, c'est être féministe, être pour l'égalité, totale et sans débat, des femmes et des hommes. Être de gauche c’est, pour moi, se sentir l'héritier des résistants et du Conseil National de la Résistance comme nous a demandé de l’être, Stéphane Hessel : « Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! » C’est refuser l’ordre établi, la soumissions à l’argent et au système. Être de Gauche c’est être antiraciste et contre l’homophobie, c’est voir l’autre non pas comme une menace mais comme une chance. C’est voir l’autre comme un être libre. Être de gauche c’est être rebelle, vivant et debout, c’est être cette petite voie qui dit « NON ! »

Être de Gauche c’est également être résolument écologiste et le vivre dans sa propre vie. C'est être pour une écologie sociale et solidaire car il ne pourra y avoir de justice sociale sans justice environnementale et climatique. Cette évidence est démontrée un peu partout dans le monde. Dès lors que l'environnement est fortement dégradé, c'est la loi du plus fort qui règne, la loi des petits chefs de clans, des mafias et des trafics. Le mal sait se vautrer dans le mal. Le bonheur et l'épanouissement sont impossibles dans un environnement dégradé. Être de Gauche c’est être pour une écologie radicale qui ne s’accommode pas des petits pas car nous n’en avons plus le temps. Être pour une écologie qui permet de préserver l’environnement des humains qui ne peuvent espérer survivre durablement, qu’en équilibre avec les autres espèces et leurs milieux, qu’en équilibre avec leur atmosphère, qu’en équilibre avec la qualité de leur eau, de l’air et de leur nourriture. Ainsi, par une écologie sociale et solidaire, on préserve tout le vivant. L’écologie ne peut donc qu’être de Gauche car elle vise à préserver l’humain plutôt que l’économie, elle est humaniste plutôt que comptable. Il ne peut donc y avoir d’écologie à droite puisque l’écologie c’est aller contre le productivisme industriel, le consumérisme, la croissance, la notion de bénéfices, le libéralisme, dogmes qui tous nous ont amené au point de basculement que nous connaissons aujourd’hui.

Le libéralisme c’est croire que l’Homme serait assez intelligent pour s’autoréguler tout seul, sans loi, sans règle et sans contrainte. L’histoire de l’humanité démontre que cela est un mythe propagé par les puissants, par les dominants, par les possédants. Le libéralisme c’est ne considérer l’Homme et l’environnement que comme des variables d’ajustements pour toujours mieux profiter, toujours plus posséder. C’est bien là l’une des raisons qui font que, lorsque l’on est de gauche, on ne peut être pour le libéralisme, puisque cela heurte deux de ses valeurs fondamentales : travailler à toujours améliorer la condition humaine et préserver son habitat. Être de Gauche c’est se dire que l’état se doit d’être l’organisateur. L’Homme a besoin de lois et de règle pour le limiter dans son instinct de prédateur égoïste.

Être de gauche c’est préférer l’équité à l’égalité même si l’égalité est chose précieuse. La liberté, l’égalité et la fraternité sont choses précieuses. Pour moi, être de gauche c’est finalement préférer à ce que « tout le monde paye en fonction de ses moyens » plutôt que « tout le monde paye pareil ». Être de gauche, c’est toujours se poser la question de ce qui peut apporter plus de bien-être à tous, ce qui peut apporter plus de sens à notre courte présence sur Terre. Être de Gauche, pour moi, c’est toujours préférer l’humain au capital, la vie n’a de sens que par l’humain et non par le trop d’argent gagnée. Être de Gauche c’est être pour un état redistributif aux services publics forts et performants. C’est être pour un état planificateur. Être de Gauche c’est se questionner sur ce sur quoi doivent être indexés les salaires et non plus accepter, comme une évidence, les études ou les responsabilités comme raisons. L’idée que le nombre d’années d’études justifieraient les hauts salaires est juste un argument des classes dominantes pour perpétuer leur statut. Le salaire est ce qu’une société accepte pour classer ses maillons entre ceux qui serviront et ceux qui se serviront.

Enfin et aussi, être de Gauche, pour moi, c’est être totalement et sans concession aucune pour la Laïcité, c’est-à-dire être protecteur de toutes les croyances religieuses et de leurs adeptes mais sans jamais accepter de religion d’Etat, sans jamais accepter que les règles, dogmes et les interdits religieux ne dictent la vie du pays. Être de Gauche c’est toujours cantonner la foi et la religion à la sphère privée et veiller à ce que jamais cela ne sorte de cet espace.

vendredi 8 mars 2019

#Metoo ... dans l'Eglise Catholique


« Avec les révélations du livre Sodoma sur l’homosexualité au Vatican, on cesse de rire. Car on est en droit d’exiger des hommes qui s’instituent juges de leurs frères et de leurs sœurs qu’ils mettent leurs actes en conformité avec ce qu’ils exigent des autres. Leur hypocrisie est déjà un immense scandale. Le pape François a-t-il la force, les moyens et l’intention de faire la lumière sur ce monde du mensonge et du double langage ? » Nous dit fort justement l’excellente revue « Témoignage Chrétien ».

De son coté, Arte a diffusé, le 5 mars, un documentaire dénommé « Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise » qui traite du sort des religieuses abusées sexuellement et qui font face au silence de l'Eglise et au patriarcat institutionnalisé en dogme.

Pédophilie, homosexualité en son sein et réprouvée pour les laïques, viols, prostitution ... L'Eglise catholique (mais j'imagine tous les groupes religieux également) a vraiment un problème avec le sexe. L'Eglise doit revoir ses dogmes, tous ses dogmes ! Notamment ceux qui ont trait à la Sexualité. À refuser d’admettre l’importance de la sexualité, l’église catholique risque de finir par disparaître complètement.

Ainsi donc, depuis des décennies, des religieuses de tous les continents sont abusées sexuellement par des prêtres prédateurs. Si la parole des victimes de prêtres pédophiles s’est libérée ces dernières années, celle de sœurs agressées sexuellement, par des hommes d’Église, peine à franchir le mur du silence. Pourtant, elles sont nombreuses, partout dans le monde, à subir des viols par des ecclésiastiques abusant de leur autorité. Certains prêtres n’hésitent pas même à détourner les textes des Évangiles pour disposer impunément du corps des religieuses. Lesquelles, lorsqu’elles se retrouvent enceintes, sont exclues de leurs congrégations ou contraintes d’avorter. Quand ces crimes sont avérés, les coupables sont seulement mutés par la justice cléricale et malgré des dénonciations répétées au sein de l’institution, trois papes se sont succédé, sans jamais remédier aux violences sexuelles perpétrées contre les religieuses.

Le silence de l'Eglise sur les crimes commis, par des prêtres, sur des religieuses est une honte profonde, est une infamie, une insulte faite aux victimes, faite aux croyants, faite à l'humanité, faite à dieu. Ce film d'Arte est l'ultime chance pour l'Eglise de retrouver le chemin de l'honneur. Ce film est une chance. L'Eglise doit saisir cette chance. Ce film est une chance et devrait lui être comme un électrochoc parce que, aujourd’hui, beaucoup de gens se détournent d'elle (dans le début des années 60, 35 % des français disaient aller à la messe tous les dimanches, aujourd'hui on atteint à peine 5%) et que si elle persiste dans son hautaine et méprisante position il est à craindre que la situation ne s'aggrave. Ainsi la crise des vocations est un phénomène qui prends de l’ampleur en France, il n'y a plus assez de candidats à la prêtrise comme le montre la fermeture, dernièrement, du séminaire de Lille faute de séminaristes. La crédibilité de l’Eglise est extrêmement écornée et si elle ne révolutionne pas ses comportements et ses dogmes elle sera totalement inaudible. Et enfin, définitivement, l'Eglise a perdu son honneur en se taisant, en étouffant ces affaires, elle s'honorerait à en tirer les bonnes conclusions, à condamner, à exclure et à réformer ses dogmes.

L'impunité des prélas ne peut plus être tolérée !!! L'Eglise ne peut plus se taire !!! L'Eglise doit s'exprimer publiquement !!! L'Eglise doit jouer la transparence !!! L'Eglise doit condamner publiquement les agissements et ceux qui détruisent des enfants, des femmes, des hommes et par la même occasion le message de la bonne nouvelle !!! L'Eglise doit faire le ménage en interne et répudier tous ses criminels !!! La révolution féministe doit aussi passer dans l'Eglise catholique !!! L'église se doit de revoir ses dogmes pour plus de liberté en son sein. « Il y a un besoin urgent de faire la vérité pour rendre sa crédibilité à la parole catholique officielle. Une révolution culturelle est également nécessaire. » nous dit l'essayiste Christine Pedotti dan Témoignage Chrétien.

Si elle ne le fait pas (la fenêtre de tir est étroite) alors elle sera définitivement discréditée et ne pourra jamais plus se présenter devant nous pour nous enseigner car tout sonnera faux, tout ne sera qu'hypocrisie. Ses valeurs sont écornées elle se doit de les redorer ou disparaitre. La communauté des croyants doit demander des comptes à l'Eglise !!! En ce qui me concerne, en tant que catholique j’ai regardé ce documentaire. En tant que catholique j’ai fait la différence entre ma foi en dieu et la perversion, la cruauté, la saleté de certains hommes qui se croient des dieux.

Toutes mes pensées vont aux victimes.

samedi 14 avril 2018

Prostitution : L’ultime hypocrisie

Revenus en baisse, violences en hausse : les travailleuses du sexe jugent «préjudiciable» la loi du 13 avril 2016 qui pénalise leurs clients, selon une enquête d'Hélène Le Bail, chercheuse au CNRS et au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), auprès de plus 600 prostituées publiée jeudi dernier. Le constat est cinglant : « La loi sur la prostitution met en difficulté les personnes qu’elle était censée protéger mieux », résume Hélène Le Bail. De son coté Sergio Coronado dresse, ci-après, un constat, après plusieurs mois d'application de la prohibition prostitutionnelle, identique aux craintes que beaucoup d'opposants à ce texte moralisateur et non humaniste exprimaient à l'époque. Alors ? Les abolitionnistes se soucient elles vraiment des femmes ou plutôt de la vertu ? Qu'importe les méfaits de cette loi inefficace et de pure posture, qui ne s'attaque en rien aux vrais problèmes (proxénétisme, trafic humains, crimes, mafia, ... ), tant que l'honneur des dames patronnesses est sauf puisqu'elles auront cassé du bonhomme, désignés coupables, eux et leur sexualité dégueulasse.

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La loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel procède d’une proposition de loi portée par le groupe socialiste et annoncée par l’engagement de François Hollande au cours de la campagne présidentielle de « pénaliser le client ». Un rapport de Maud Olivier l’a précédée, avec le soutien de la délégation des droits des femmes de l’Assemblée nationale et des titulaires du portefeuille en charge des droits des femmes sous la présidence de François Hollande (Najat Vallaud-Belkacem, Pascale Boistard puis Laurence Rossignol).

Une commission spéciale pour l'examen de la proposition de loi fut mise en place pour mener à bien le travail d’auditions et d’amendements. Guy Geoffroy, député Les Républicains, l’a présidée, lui qui avait été à l’origine, en avril 2011, avec Danielle Bousquet, d’un rapport d’information sur la prostitution, précurseur dans le choix répressif. Maud Olivier en fut la rapporteure, et je fus l’un des secrétaires.

Une opposition fondée

Au nom du groupe écologiste, je fus l’un des rares opposants au texte, épaulé au sénat par Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne. Il convient d’expliquer sur quoi cette position se fondait.

Elle s’appuyait à la fois sur des lectures de travaux de recherche, d’études et de rapports, des auditions que j’avais organisées spécifiquement pour entendre les personnes vivant de la prostitution, des visites des lieux de prostitution (avec le « Bus des femmes » notamment). Elle se fondait également sur une réticence à analyser les pratiques et les faits sociaux sous un angle uniquement idéologique ou moral, doublée d’une opposition à la pente répressive dans laquelle le législateur tombe trop souvent avec insouciance et délectation.

Elle reposait aussi sur l’appréciation du rapport préalable à la proposition de loi, puis sur la proposition de loi elle-même : le déséquilibre était majeur entre mesures répressives fortes, faiblesse du volet social et mesures favorables à la santé des personnes.

Si le rapport de Maud Olivier prend acte des enjeux de santé pour les personnes prostituées, notamment au regard du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST), il ne formule aucune proposition pour y répondre. Quant à la proposition de loi dans sa version initiale, elle ne mentionne même pas la lutte contre le VIH et les IST. Aucun article ne mentionne même les enjeux sanitaires. Il en est seulement fait mention dans l’article 4 de la loi qui se donne comme objectif de « sensibiliser les populations aux effets de la prostitution sur la santé ».

Il fallut les débats en séance de l’Assemblée nationale pour réintroduire la santé dans le texte, par un amendement du Gouvernement, et sous la pression de certaines associations.

Le souci des personnes vivant du travail sexuel

Enfin, mon souci portait sur le texte, ses dispositions et ses conséquences sur une population déjà précaire, stigmatisée, confrontée à des problèmes de santé publique et de violence ; il s’orientait également sur la nécessité absolue de traquer proxénètes et réseaux de traite, et non pas sur une volonté, finalement abstraite, de me situer dans un débat préexistant entre abolitionnisme et réglementaristes.

A ce titre, j’avais été attentif à la mobilisation des associations communautaires et de santé publique et avais lu avec intérêt le courrier adressé aux parlementaires en septembre 2013 par les associations « Élus locaux contre le sida », « Le Planning familial », « Act Up-Paris », « Arcat », « Médecins du Monde » et « AIDES ». Dans ce document, elles notent : « De nombreux rapports d’experts rejoignent nos propres inquiétudes. En France, deux récents rapports de l’Igas et du CNS attestent de la pluralité́ des situations prostitutionnelles, de l’incohérence des politiques publiques actuelles et soulignent la nécessité de mettre la santé et la sécurité des personnes se prostituant au cœur des préoccupations politiques. Au plan international, les instances impliquées dans la santé publique ou dans la lutte contre le sida (Onusida, PNUD, OMS) concluent que des législations répressives, directes ou indirectes, à l’encontre des travailleurs et des personnes qui se prostituent renforcent la discrimination et impactent négativement leur santé. »

Un débat impossible

Le débat s’avéra souvent impossible. La rapporteure et les principaux promoteurs du texte ont posé d’emblée des postulats, jamais questionnés : la prostitution revient à de la traite, de l’esclavage ; il ne saurait y avoir de prostitution consentie. Pareille position a induit comme conséquence le refus d’entendre celles et ceux qui vivent de cette activité, de considérer la variété des situations (qu’y a-t-il de commun entre la prostitution de rue, celle qui s’organise dans les salons, ou celle des escorts qui travaillent sur internet?), de se pencher sur la prostitution masculine... Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la prostitution de décembre 2012 ne fut jamais sérieusement abordé.

Tout ce qui pouvait interroger ou mettre à mal ces postulats a été balayé d’un revers de main : les études scientifiques, les positions des organisations internationales (ONU Sida...) ou des associations travaillant avec les personnes prostituées.

Les chiffres, jamais sourcés, ont fusé ; la confusion entre traite et prostitution a été la règle, alors même que les représentants du ministère de l’Intérieur ont fait preuve, lors des auditions, d’une grande prudence sur les chiffres avancés, qui concernaient pour l’essentiel la prostitution de rue.

Puisque la prostitution est une violence, l’achat d’un acte sexuel tarifé est un viol... La logique semble imparable. Le modèle suédois, qui prescrit l’achat de tout acte sexuel, fut le paravent à tout débat.

Faiblesse du volet social, option répressive

Alors, ce texte?

Commençons par ce qui fit consensus : l’abrogation du délit de racolage passif. Institué en 2003 par la loi sur la sécurité intérieure, le délit de racolage passif était puni de deux mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende – auparavant, seul le racolage actif était sanctionné d'une contravention.

La mesure n’avait pas permis de lutter contre le proxénétisme, avait fragilisé les conditions de travail des personnes prostituées, tendu les relations avec les forces de l’ordre et, de surcroît, avait fini par être de moins en moins appliquée. Et, sur l’initiative de la sénatrice Esther Benbassa, une proposition de loi visant à l’abrogation du délit de racolage avait déjà été adoptée par le Sénat le 28 mars 2013.

Le constat d’échec du délit de racolage facilita son abrogation, mais ne mit pas un terme à la multiplication des arrêtés municipaux. Ce fut une posture des plus hypocrites d’une partie des promoteurs du texte; voter la dépénalisation du racolage, tout en encourageant l’adoption des arrêtés municipaux à l’origine d’un harcèlement permanent des personnes prostituées.

Le titre du texte de loi est ambitieux : il s’agit de lutter contre le système prostitutionnel. Mais, à la lecture, l’équation paraît incomplète : la priorité est de réguler la « demande » (les clients) plutôt que l’« offre » (les proxénètes). La lutte contre les réseaux mafieux de proxénètes et de traite se pose en angle mort du texte, alors même qu’il s’agit sans doute l’un des principaux échecs des politiques publiques. « Sans client, pas de prostitution » voulut prophétiser la députée Marie-George Buffet.

23 articles, et 6 chapitres, dont seul le premier chapitre (composé de quatre articles) est consacré à la lutte contre le proxénétisme, avec en réalité une seule disposition qui fait obligation aux fournisseurs d’accès à internet d’empêcher l’accès aux sites hébergés à l’étranger qui contreviennent à la loi française contre le proxénétisme et la traître des êtres humains... Rien d’autre contre les réseaux et autres mafias.

Quiconque connaît le fonctionnement de l’internet, la possibilité offerte par les sites miroirs de démultiplier l’accès, mesure l’inefficacité d’une telle disposition. Et deux ans après la promulgation de cette loi, quelques clics suffisent pour se connecter à ce type de sites.

Lutter contre les proxénètes n’était pas l’objet du texte.

Le parcours de sortie de la prostitution

En réalité, les deux piliers du texte sont, d’une part, la mise en place d’un parcours de sortie de la prostitution, d’insertion sociale et professionnelle au chapitre 2, et l’interdiction de l’achat d’un acte sexuel au chapitre V.

Aider et accompagner les personnes à sortir de la prostitution est une préoccupation partagée. En ce sens, j’ai déposé nombre d’amendements pour améliorer les conditions de prise en charge et de suivi pour celles et ceux qui veulent changer de vie et d’activité. Le bilan ne fut guère probant : le volet social est demeuré un prétexte, un outil au service d’une idéologie prohibitionniste.

Subordonner l’entrée dans un parcours de sortie de prostitution à un arrêt sans délai et définitif de l’activité de travail sexuel revient à exclure les personnes qui ne peuvent s’y plier ou qui ont besoin de temps. Aux yeux des promoteurs du texte, la bonne victime est celle qui est capable d’arrêter du jour au lendemain une activité ; pour les autres, c’est « circulez, il n’y a rien à voir » ...

Sous prétexte de lutter contre l’immigration clandestine et contre tout appel d’air (selon les mots même de la rapporteure), la situation des personnes étrangères demeure scandaleuse : engagées dans ce parcours, elles ne peuvent bénéficier que d’un titre de séjour provisoire qui n’est pas de plein droit, au risque d’une expulsion. Pour celles et ceux qui dénoncent un réseau de proxénètes ou de traite, le titre de séjour est octroyé pour la seule durée de la procédure et en absence de condamnation, l’expulsion demeure l’option la plus probable malgré les risques pris pour la vie du témoin, sa sécurité et celle de sa famille ainsi que de ses proches...

En outre, seules les associations agréées peuvent prendre en charge ce parcours ; et pour avoir accès à l’agrément, il faut se plier à l’idéologie du texte. Cela revient à écarter la plupart des associations communautaires et de santé publique travaillant avec ces populations.

Si l’objectif réel du texte consiste à permettre la sortie de la prostitution, les financements annoncés s’avèrent dérisoires : ils ne représentent en effet que 160 € par an et par personne. Nous savons aujourd’hui que les sommes prévues ont été amputées. Nous savons aussi que les associations ayant soutenu le texte ont vu leurs budgets se maintenir ou augmenter, alors que les associations intervenant sur la santé sexuelle de toutes les femmes (comme le Planning familial), se retrouvent avec des budgets en berne. Dans le budget 2018, les crédits dédiés à la lutte contre le système prostitutionnel, le proxénétisme et la traite des êtres humains connaissent une baisse de 25%.

De même, selon un article du journal Le Monde, daté du 16 novembre 2017, vingt-cinq personnes avaient bénéficié du parcours de sortie de la prostitution instauré par la loi. Dans un article du journal L’Humanité, daté du 15 décembre 2017, le chiffre donné s’élève à trente-sept. Certes, les dispositifs ont mis du temps à être mis en place..., mais le constat dressé par les acteurs associatifs pointe les craintes exprimées lors du débat parlementaire : l’aide de 330 euros par mois est insuffisante pour constituer une alternative sérieuse à l’activité du travail sexuel. Par ailleurs, elle arrive bien souvent des mois après l’entrée dans le parcours de sortie, et demeure conditionnée à l’arrêt immédiat et définitif de l’activité. Les conditions d’accès au parcours de sortie de la prostitution sont irréalistes : comment vivre avec 330 euros par mois, se loger, parfois élever des enfants... et être tout à la fois capable de construire un projet professionnel ?

On ne peut que vivement attendre le rapport prévu dans la loi, deux ans après la promulgation du texte, comme celui des associations de travail communautaire et de santé publique.

Pénaliser le client pour abolir la prostitution

L’interdiction de tout achat d’acte sexuel constitue en réalité la mesure principale de la loi. L’achat d’actes sexuels est donc désormais sanctionné par une contravention de 1 500 euros (jusqu’à 3 500 euros en cas de récidive).

S’inspirant de la politique de pénalisation d’acheteurs d’actes sexuels en vigueur dans quelques pays (dont la Suède), les promoteurs de la loi fixent l’objectif d’en finir avec la prostitution en s’attaquant uniquement à la demande. Comme nous l’écrivions avec Esther Benbassa dans une tribune parue dans Le Monde, le 28 novembre 2013, « cette proposition n'en est pas moins un texte d'inspiration moralisatrice, marqué par un souci d'hygiénisme social, tournant le dos aux préoccupations de santé publique, et niant la complexité des situations de prostitutions pour la réduire à l'esclavage ».

A l’instar de nombre d’associations, d’organismes internationaux, nous considérons que les politiques prohibitionnistes dont cette mesure s'inspire ont pour conséquence une plus grande précarité pour celles et ceux qui ont recours à la prostitution pour vivre.

L’opposition des écologistes, dont j’étais le porte-parole, relève non d’une bienveillance à l’égard des clients du travail sexuel, mais d’une conviction : pénaliser le fait de se prostituer, directement (comme avec la pénalisation du racolage) ou indirectement (comme avec la pénalisation des clients), alors même que se prostituer ne fait pas l’objet d’une interdiction dans la loi, revient à précariser, stigmatiser, affaiblir la capacité de négociation des personnes prostituées. Pénaliser le client ne donne pas plus de pouvoir à la personne prostituée. Cela affecte certainement la demande, ce qui diminue les revenus, aggrave les conditions de travail et exacerbe la concurrence. Cela conduit à de plus grandes prises de risques, à une impossibilité de choisir ses clients ou d’imposer systématiquement l’utilisation du préservatif, à des déplacements des lieux de rencontre et de travail vers des zones plus isolées, ou vers l’internet. Cela expose aussi à des violences plus grandes.

L’isolement et la clandestinité constituent des facteurs d’aggravation des risques en même temps qu’ils restreignent les possibilités d’accès aux dispositifs et moyens de prévention.

A l’invitation que j’ai souvent formulée de considérer véritablement les enjeux de stigmatisation ou de santé, il m’a toujours été opposé une fin de non-recevoir : la présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’Egalité des chances entre les hommes et les femmes s’est contentée d’affirmer « Notre loi n’est pas nuisible pour la santé, au contraire »...

Quand j’ai fait mention des enjeux de lutte contre le VIH dans le débat, la même élue m’a opposé l’absence d’études, niant l’expertise des institutions internationales, et oubliant les études de la revue The Lancet.

Un point a été particulièrement problématique dans ce débat, et notamment sur ce sujet précis : l’impossibilité des promoteurs de la proposition de loi d’une part de concevoir que l’on puisse se livrer à la prostitution par décision propre (balayant ainsi sans discussion toute possibilité de consentement) et, d’autre part, de considérer que, dans toute situation, l’achat d’un acte sexuel constitue une violence si immense qu’il est comparable, comme affirmé dans l’hémicycle, à un viol...

Il m’est toujours difficile de comprendre comment on peut décider de prohiber l’achat d’un acte dont la vente n’est pas interdite.

Enfin, le souci de lutter contre les violences et les stéréotypes de genre est une préoccupation légitime. Ce combat doit-il se mener sur les dos des personnes les plus stigmatisées et des condition d’exercice de leur activité? Peut-on mener cette bataille tout en cédant face aux offensives conservatrices, comme ce fut le cas avec l’abandon des ABCD de l’égalité ?

La sainte alliance entre une droite répressive et une gauche moralisatrice

Le texte fut voté à une très large majorité, la loi promulguée le 13 avril, les cinq décrets d’application et les deux circulaires publiés dans les moins qui ont suivi.

Les associations communautaires et de santé publique font état d’un volet social guère attractif ; les associations abolitionnistes qui ont apporté leur soutien au texte n’affirment pas le contraire. Des centaines de clients de la prostitution de rue ont été pénalisées ; la prostitution ne semble pas avoir diminuée tandis que les conditions de travail des personnes prostituées se sont dégradées.

Ma conviction reste toujours la même : considérer qu’il ne peut en aucun cas exister de consentement pour une personne prostituée est pour moi le contraire de l’humanisme; nier la parole des victimes ne contribue pas à leur émancipation; assurer l’accès au droit commun permet d’octroyer les outils nécessaires à une reprise en main de sa vie.

Le 12 avril 2018, par Sergio Coronado - député EELV des Français à l'étranger

mardi 6 mars 2018

Harcèlement : Non les animaux ne sont pas des harceleurs !

Saluée par la Secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, la nouvelle campagne contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les transports en Île-de-France ne fait pourtant pas l'unanimité. Les affiches, visibles dans les couloirs du métro et des trains de la région depuis ce lundi 5 mars, mettent en scène des femmes en milieu hostile, menacées par des animaux, ours, requin ou encore loup.


« Pour dénoncer le harcèlement sexuel en Île-de-France, on ne pouvait pas concevoir affiches plus idiotes. Ni plus absurdes. Ni plus connes (pour rester vulgaire, tels ces objets eux-mêmes). Ni plus injustes pour des animaux innocents que les humains massacrent à longueur d'année et amènent au bord de l'extinction (requins, ours, tigres, loups, etc.). Ni plus fausses sur le plan scientifique. Ni plus crétines, sortant du cerveau d'un publicitaire. Ni plus indignes du ministère de l'Egalité Hommes-Femmes s'il a donné son aval... » s’indigne, à juste titre, Yves Paccalet sur Facebook.

De son côté Vincent Message, sur Facebook, nous dit la même chose, « Pour lutter contre le harcèlement dans les transports, ce fléau qui pourrit la vie de centaines de milliers de femmes chaque jour, la Région Ile de France, présidée par Valérie Pécresse, et la RATP n'ont rien trouvé de mieux que de représenter les harceleurs sous les traits d'un requin, d'un ours et d'un loup. C'est essayer de sortir d'une idéologie nauséabonde et meurtrière (le sexisme) en montrant qu'on n'est pas sortis du tout d'une autre idéologie dévastatrice (le spécisme) et qu'on n'a rien, mais rien compris aux enjeux du XXIe siècle.

Jusqu'à preuve du contraire, poursuit Vincent, les requins, les ours et les loups n'agressent pas les femmes dans le métro, ne violent pas les femmes dans les forêts. Les femmes sont emmerdées, agressées, violées par des hommes tout ce qu'il y a de plus banal. Les requins, les ours et les loups sont peut-être des prédateurs dans leurs écosystèmes, mais ils sont surtout des proies. Nos proies. Les requins blessent environ 70 personnes par an et en tuent entre 4 et 10. Les hommes tuent 100 millions de requins par an - entre autres pour manger leurs ailerons, en les rejetant à la mer agonisants une fois ces ailerons prélevés. Les loups ont été exterminés en France entre la fin du 18e siècle et 1940. Ils n'étaient plus que 5000 en 1800, ils ne sont réapparus qu'en 1992 et ne sont que 300 aujourd'hui. Les ours aussi ont été chassés méthodiquement, assujettis et exploités dans les cirques, baladés chaînes au cou avant d'être tués. »


« Il y en a marre des poncifs éculés sur les "dents de la mer" et la "cruauté" des prédateurs soi-disant "sanguinaires". Ces espèces superbes et qui ne sont à coup sûr jamais "perverses", ne devraient pas pouvoir être utilisées en tant que cauchemars pour dénoncer des agressions dont les auteurs ne sont pas des animaux, mais bel et bien sans exception des êtres humains. » renchéri Yves Paccalet

« Les agresseurs sexuels ne sont pas des animaux mais des humains rien qu'humains, trop humains, nous dit Vincent Message. Le sexisme et le spécisme ont d'ailleurs les mêmes origines historiques : la croyance des mâles qu'ils peuvent dominer et violenter celles et ceux sur lesquelles leur force physique ou leur habileté technique leur permettent de prendre le dessus. C'est pour cela que Jacques Derrida parlait de carnophallologocentrisme. Ce mot-valise peut faire peur mais il est en réalité limpide : le sujet mâle s'est défini comme celui qui tue les animaux pour manger de la viande, s'approprie les corps féminins de gré ou de force, et se vante de maîtriser la raison. "Ce ne sont pas les hommes que l'on stigmatise, ce sont les prédateurs", s'est justifiée Valérie Pécresse. Mais comment faire tomber nos préjugés en s'aveuglant aussitôt avec d'autres œillères ? Incitons la région et la RATP à revoir leur copie et, ce coup-ci, à y réfléchir à deux fois. Notre génération doit tout faire pour faire progresser la cause des femmes et pour faire reculer les violences faites aux femmes. Mais la cause des femmes mérite mieux que les mauvaises idées de communicants qui semblent n'avoir rien compris à ce qu'est la domination. »


« Après le porc, voici les ours, les loups, les requins associés aux pires comportements humains. Non contents d'anéantir la grande faune sauvage, nous projetons sur elle notre propre perversité. Cette campagne, essentielle sur le fond, est désastreuse sur la forme. Un scandale à un moment où les scientifiques ne cessent de nous alerter sur la 6eme extinction des espèces.» ajoute Nicolas Thierry, sur facebook.

« Exigeons le retrait immédiat et définitif de ces affiches infantiles (requin, ours et loup), infantiles au mauvais sens du mot, c'est-à-dire fantasmées pour un âge mental de quatre ou cinq ans ; et finalement nuisibles au juste propos qu'elles prétendent appuyer. » conclu Yves Paccalet.

samedi 24 décembre 2016

vendredi 11 novembre 2016

Trump, ou le plus grand "fuck you" jamais vu dans l'histoire de l'humanité

Quelques semaines avant la triste élection de Donald Trump, Michael Moore, qui garde les yeux ouverts, qui observe et se renseigne sur le Monde dans lequel il vit, prédisait le résultat lors d’une conférence filmée.

« […] Que Trump y croit vraiment ou non (à ses idées antisystème), là n’est pas le problème, ce qui est pertinent, c’est qu'il ait dit ces choses-là aux gens qui souffrent. Et c'est pourquoi tous les misérables, les infâmes, les travailleurs oubliés qui faisaient partie de ce qui s'appelait la «classe moyenne», aiment Trump. Il est le cocktail Molotov humain qu'ils ont attendu. La grenade humaine qu'ils pourront jeter légalement dans le système qui les a dépossédés, le 8 Novembre, jour de l'élection. Ils le pourront, même s'ils ont perdu leur emploi. Même s'ils ont été évincés par la banque et divorcés et maintenant que l'épouse et les enfants sont absents, que la voiture a été reprise, qu'ils n'ont pas eu de vraies vacances depuis des années, même s’ils ont essentiellement tout perdu ce qu'ils avaient... Ils ont encore une chose. La seule chose qui ne leur coûte pas un centime et qui est garantie par la Constitution américaine: le droit de vote! Ils sont peut-être sans le sou. Peut-être sans-abri. Malmenés et brisés. Ça n'a pas d'importance, car tout est égalisé ce jour-là. Un millionnaire a le même nombre de vote qu'une personne sans emploi: UN SEUL! Et il y a davantage de personnes issues de l'ancienne classe moyenne, que de gens dans la classe des millionnaires... Ainsi, le 8 Novembre, les dépossédés marcheront dans l'isoloir, avec un bulletin de vote. Ils fermeront le rideau, prendront ce levier —ou un stylo ou l’écran tactile— et mettront une grosse croix en face du nom de l'homme qui a menacé de bouleverser et de renverser le système qui a ruiné leur vie: Donald J. Trump! Ils voient que ces mêmes élites, qui ont ruiné leur vie, détestent Trump. CorporateAmerica déteste Trump. WallStreet déteste Trump. Les politiciens de carrière détestent Trump. Les médias détestent Trump... après l'avoir aimé et créé. Maintenant, ils le détestent. Et comme l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je vote, le 8 Novembre, l'élection de Trump va être le plus grand FUCK YOU jamais vu dans l'histoire de l'humanité. […] » - Michael Moore.

Ainsi donc le vote Trump, le Brexit ou bien l’abandon, par les citoyens, des idées humanistes de Gauche au profit de l’individualisme de la Droite ou de l’extrême droite, sont bel et bien l'expression absurde d'un raz-le-bol, justifié et légitime, du libéralisme et de la finance toute puissante, qui ne pensent qu'agent, bénéfices, croissance et chiffre d'affaires au détriment des humains. L’accord de libre-échange Nord-Américain (ALENA) qui a eu des effets désastreux, tant au Mexique qu'aux Etats-Unis, ou bien encore l'accord transpacifique, TPP, tant décrié par les Américains, ne sont pas étrangers à l'élection de Trump. Ce système inhumain, construit pour une ultra-minorité de privilégiés, où les salariés et l'environnement ne sont que des variables d'ajustement, où les gens se disent: « et moi là dedans ? Ne suis-je donc qu'une machine à produire de la richesse pour les riches ? », engendre le monstre. Ce sentiment d’abandon et de mépris qui se répand, assez justement, partout, engendre des réponses effrayantes de la part des électeurs

Ainsi une des causes de l'élection de Trump serait la mauvaise répartition des fruits de la croissance américaine. Il a été calculé que le 1 % les plus riches des Américains aura capté, à lui seul, 85 % de la hausse des revenus intervenue entre 2009 et 2013. « Du coup, pour protester, le bon peuple américain a voté pour un milliardaire dont une des rares propositions est de baisser les impôts des plus riches et le taux horaire du revenu minimum. Il y a là une logique qui m'échappe !?!? » me dit mon frère. Mais c'est bien là toute l'absurdité et le seul coté comique de cette élection : les gens ont voté contre un système en mettant aux manettes un homme issu du système, un pur produit de ce système !!! Cette élection est une énorme escroquerie.

L’élection de Trump me confirme ce que je pressentais depuis longtemps : en matière de politique, l'intelligence ne paye pas … c'est pourquoi, l'écologie politique n'a aucune chance d’accéder aux plus hautes fonctions.

Et maintenant ? Quelle leçon tirer de cet événement pour la France et pour une Europe qui refuse de se faire sociale ? Quand donc, les chantres du libéralisme et de la finance mondialisée, les partisans du sauvetage des entreprises mais pas des salariés, reconnaîtront-ils qu’ils sont totalement les responsables du désordre mondial qui ne cesse de monter en puissance et de la montée des nationalismes ? « Rien ne serait pire que de perpétuer le système » nous dit Benoît Hamon, car comme les mêmes causes, dans des systèmes équivalents, produisent les mêmes effets, quand la société ne veut rien faire pour protéger l’individu, ce dernier se tournera vers un(e) démagogue qui lui parle de lui … et de lui d’abord qu’importe le reste du monde. Trump, Sarkozy, Le Pen, Juppé... C’est d’abord le vote du chacun pour soi et fuck le collectif. « Quand on ne protège pas le peuple, il se venge. Il s’est vengé aux états Unis et il se vengera en Europe» - Benoît Hamon. Ainsi nos oppositions aux négociations de traités de libres échanges, que ce soit le CETA ou bien le TAFTA, ainsi qu'au libéralisme et au capitalisme, qui ne sont pas destinés à protéger les Hommes mais bien les intérêts des entreprises et donc des actionnaires, prennent tout leur sens.

Quoi qu’il en soit nous voici donc bien, maintenant, dans un monde plein d’incertitudes. Un monde où les progressistes ont reçu, en pleine face, un véritable uppercut. Un monde nouveau où la première puissance prône la production de gaz de schiste et de charbon, nie l’importance de la pollution industrielle sur la santé et le dérèglement climatique, doute de la science, est partisane des OGM, a à sa tête un belliciste et un chauvin, un xénophobe et un haineux, a un Vice-président, Mike Pence, sexiste, homophobe, ultra-religieux, créationniste et anti-avortement. Alors je me dis que depuis le temps que l'humanité prépare sa disparition, dans une lente mais inexorable agonie, cet événement américain peut, peut-être, nous porter le coup de grâce et abréger les souffrances d'une humanité absurde, dans un chaos et un effondrement planétaire.

lundi 4 juillet 2016

NDDL : Nous avons perdu la consultation du 26 juin, avons-­nous, pour autant, perdu tout droit à nous opposer ?

Enseignante, maire de Bouguenais (44) et maman de plusieurs enfants, conseillère générale de Loire-Atlantique chargée de l’environnement, cela fait près de 40 ans que Françoise Verchère accumule les responsabilités depuis sa commune du sud de l’agglomération nantaise. Françoise Verchère est particulièrement connue, aujourd'hui, pour sa résistance au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et est l'auteure d'un livre accusateur sur le sujet "la fabrication d'un mensonge d'Etat". Ci-après elle nous livre, sur la consultation du 26 juin dernier, une tribune, comme à son habitude, d'une pertinence remarquable et bizarrement reprise par aucun journal. Je me permets donc de vous la livrer là, n'hésitez pas à partager.

Depuis le 27 juin, on entend en boucle cette critique prévisible : « Vous avez perdu, vous devez respecter le suffrage universel, vous portez un mauvais coup à la Démocratie en continuant votre opposition. »

Cette réaction n’est pas étonnante, elle paraît même au premier abord « logique », mais pour ne pas rester à la surface des choses, la pensée mérite toujours un peu de temps, de raisonnement et plus de 140 caractères… Essayons donc d’y voir plus clair.

Première critique : on nous renvoie à l’épisode encore douloureux du referendum de 2005 sur la constitution européenne. Le peuple vote « Non », et l’on bafoue son vote quelques mois plus tard en faisant adopter par le parlement le traité de Lisbonne qui permet l’essentiel de ce qui était inscrit dans la constitution refusée. Que ce scandale démocratique réel soit utilisé pour discréditer notre position est d’une parfaite mauvaise foi. J’ai pour ma part quitté à ce moment ­là le Parti Socialiste avec les conséquences que l’on sait. Ceux qui nous rappellent au respect de La Démocratie aujourd’hui peuvent-­ils d’abord me rappeler leur réaction écrite, orale ou les actes qu’ils ont posés à ce moment-­là ? Juste pour mémoire. Cela devrait en inciter quelques­ uns à plus de modération, voire au silence
Sur le fond maintenant : la consultation du 26 juin était une consultation pour avis, pas un referendum (extrait de la lettre reçue par chaque électeur : « Cette consultation a la valeur d’un avis. ».) Un avis n’engage pas et n’a pas valeur de loi. D’ailleurs, c’est ce que nous expliquent régulièrement les autorités qui ont balayé d’un revers de la main l’avis négatif du Comité de scientifiques chargés d’évaluer la méthode de compensation, l’avis négatif par voie de conséquence de la Commission d’enquête publique au titre de la loi sur l’eau, l’avis négatif du Conseil National de Protection de l’Environnement, l’avis négatif du Conseil Supérieur du Patrimoine naturel. Tout récemment et sur un autre sujet, le gouvernement a déclaré d’utilité publique la ligne LGV du Sud­ Ouest malgré l’avis négatif de la commission d’enquête. Qui s’en scandalise ?

Admettons pour le raisonnement que l’avis du peuple ait plus de poids. L’avis du peuple abolit­-il la loi ? NON. La question posée n’étant pas « Êtes-­vous pour l’abolition de la loi sur l’eau ? », tout le monde conviendra que même si le peuple dit vouloir un nouvel aéroport, ce désir ne peut effacer les règles fixées par la loi. Visiblement, cela n’a pas l’air d’émouvoir ceux qui ne cessent de nous rappeler au respect des règles républicaines. A ce jour le résultat de dimanche ne fait donc pas du projet de NDDL un projet légal, ni au niveau national ni au niveau européen.

Seconde critique : on nous dit que, si nous n’acceptons pas de jeter l’éponge, nous n’aurions pas dû participer à la consultation mais appeler au boycott. Quelqu’un peut-­il me donner l’exemple d’un boycott réussi de consultation populaire ? Certes la participation aurait été en baisse mais des électeurs se seraient évidemment déplacés pour voter non. Le score final aurait parfaitement convenu au gouvernement car on oublie bien vite le taux de participation de toute élection. La remplaçante de JM Ayrault a été élue dernièrement par 14,5 % des électeurs, compte tenu du taux d’abstention ; la voit­-on douter un instant de sa représentativité ?Nous étions piégés de toute façon : le périmètre de la consultation a été choisi pour que le OUI l’emporte, à partir d’un sondage. Participer, c’était perdre et nous avons perdu mais en faisant baisser le score du Oui par rapport au sondage. Ne pas participer, c’était perdre aussi. Et dans ce cas que n’aurions ­nous entendu sur notre peur de passer par les urnes et notre refus de la démocratie ? !

C’est pourquoi nous avons dit dès le début collectivement que nous participerions mais que le vote ne nous engagerait pas à arrêter toute contestation ( cf supra, sur la légalité du projet).

Sur le principe même d’une consultation : en mars 2015, lors de notre audition par la commission spécialisée d’Alain Richard, nous avions dit notre méfiance sur le principe d’une consultation en ces termes : « Le Président de la République a évoqué le recours au referendum pour trancher des situations bloquées. Est­ce une bonne solution ? Nous sommes circonspects sur cette proposition car les questions que pose un referendum sont nombreuses : le périmètre, la formulation de la question (pour ou contre un projet ou bien un choix entre plusieurs solutions ?) le temps de l’information de la population, les moyens matériels et financiers donnés aux parties présentes, tout peut être sujet à débat… et à
La France n’a pas la culture de la « votation citoyenne » contrairement à la Suisse. Dès lors proposer un referendum in fine n’est-­ce pas surtout révélateur d’un sérieux déficit de concertation et de débat en amont ?

Bien que félicités pour notre travail d’analyse, nous n’avons évidemment pas été entendus. Et toutes nos craintes ont été confirmées : périmètre biaisé, pas d’alternative alors que le rapport des experts de Ségolène Royal aurait dû servir de point d’appui à la consultation comme l’avait promis la ministre, information de la population de manière discutable pour le moins, utilisation anormale de moyens publics (bulletins municipaux, site internet et extranet, position des maires). Inutile au demeurant de se lancer dans un contentieux post­électoral, nous n’avons aucune chance de gagner. Où sont les dénonciations de tout cela par les zélateurs de la Démocratie ?

Dernière critique déjà entendue : il semble qu’on ne puisse plus utiliser le simple mot de résistance sans se faire reprocher de bafouer les héros de La Résistance. Qu’on ne puisse plus non plus rappeler que légalité et légitimité sont parfois en opposition. Qu’à part contre une dictature à la Pinochet (chacun mettra le nom du dictateur de son choix), seule l’obéissance serait de règle, parce que c’est pire ailleurs et que malgré tout « on est encore en démocratie ». Même si notre
« démocratie » est malade gravement, même si ceux qui se gargarisent du mot le vident de son sens et de ses valeurs, même si petit à petit nous allons vers une démocratie d’apparence, comme dans les meilleurs romans d’anticipation… Pour un peu, c’est nous qui serions coupables de la montée du Front National, du climat social dégradé, et peut-­être même de l’échec de la lutte contre le terrorisme…

Il y aurait tant à dire… et le bac de philo est derrière nous. Qui se soucie de la philo du reste ? En quelques mots cependant : Antigone et Créon sont les figures de l’affrontement entre légalité et légitimité (bien avant De Gaulle et Pétain !). Or Créon n’est pas un tyran, ni un nazi avant l’heure. Il veut la paix pour sa ville, après les affrontements meurtriers entre les frères d’Antigone ; il pense que le bien public et la restauration de l’ordre nécessitent qu’il y ait un bon et un méchant (pour édifier le peuple qui ne vote pas à l’époque), d’où son refus de la sépulture pour un des frères d’Antigone. D’où la rébellion de cette dernière. Au nom d’une valeur pour elle supérieure : son respect des rites funéraires.

Ce qui fait que nous maintenons notre opposition et notre résistance au nouvel aéroport, c’est précisément que la consultation ne fait pas de NDDL un bon projet, ni un projet anodin. Le réduire à la destruction de quelques hectares de terres agricoles, sans plus de conséquences, est un raccourci édifiant.

Mes valeurs supérieures à moi, qui ne me suis jamais prise pour Antigone, sont les suivantes : la recherche de la vérité, le refus de la destruction irréversible, le respect du vivant. Et si je me bats avec tant d’autres pour les tritons de NDDL, ou pour la poignée d’agriculteurs qui y restent (pour reprendre la moquerie habituelle des pro­aéroport), c’est parce que je ne peux plus regarder mes tout petits­enfants sans être terrorisée, à tout point de vue, par le monde que nous allons leur laisser.

Françoise Verchère, coprésidente du CéDpa

dimanche 21 juin 2015

Au service de Sarkozy, la navigatrice Maud Fontenoy fait naufrage

Bombardée déléguée à l’environnement du parti « Les Républicains », elle approuve les OGM, les gaz de schiste et le diesel, et conteste la restriction du Round-up.


Au terme d’une tournée de promotion dans les médias pour faire connaitre ses opinions rétrogrades sur l’écologie, l’ex-navigatrice Maud Fontenoy a logiquement rejoint les rangs de l’ex-UMP dont elle est non moins logiquement devenue la Déléguée à l’environnement pour la commission exécutive du nouveau parti.

Dans son livre peu ou mal contesté par les confrères, Les raisons d’y croire (Plon), l’amoureuse incontestée des océans, reprend à son compte et aux prix de contorsions comiques face à la réalité, la philosophie de la fameuse phrase de monsieur Sarkozy lancée aux agriculteurs : « L’écologie, ça commence à suffire. » Et elle lance sa campagne de mensonges logiquement par une mise en doute des méfaits du Round-up et plus généralement du glysophate qu’il contient. Elle explique tranquillement que l’étude du Centre International sur le Cancer (CIRC) qui dépend de l’Organisation Mondiale pour la Santé, organisme dépendant de l’ONU, n’apporte aucune preuve pour classer le principal composant de ce désherbant comme « probablement cancérigène ». Elle réclame, posture classique de la droite de nouvelles études « pour réfléchir ». Elle oublie de faire remarquer que l’usage de ce produit ne sera limité par la ministre de l’Ecologie que pour les jardiniers amateurs et non pas les agriculteurs et les communes qui en constituent les plus gros utilisateurs (93%). Avec des dosages de glysophate souvent supérieurs.

Comme son maitre Sarkozy dont elle avait rêvé d’être ministre de l’environnement à la grande fureur de Nathalie Kosciusko-Morizet, elle revient sur l’interdiction en France de l’exploitation des gaz de schistes. Avec toujours la même antienne : il n’existe aucune preuve que leur extraction entraine des pollutions. Oubliant au passage qu’il s’agit d’une loi voulu par son président et que ce type d’extractions est en plus d’une incitation au recours plus important aux énergies fossiles dont l’usage contribue au dérèglement climatique. De quoi faire plaisir aux milieux industriels qui soutiennent le président de l’ex-UMP qui a remis récemment en cause de principe de précaution. Comme sa déléguée dont le discours ravit le Medef et la FNSEA qui l’ont fait immédiatement savoir.

Les constructeurs automobiles ont d’ailleurs eux aussi apprécié à sa juste valeur l’affirmation de Maud Fontenoy expliquant que les nouveaux moteurs diesel n’engendraient aucune pollution particulière. Nouvel oubli : ils émettent (un peu) moins de particule grâce aux filtres (quand ils sont régulièrement changés) mais rejettent beaucoup plus de NO2, le dioxyde d’azote qui n’a pas la réputation d’être bon pour le climat et les poumons.

Evidemment, deuxième grande satisfaction pour Monsanto et quelques autres, la navigatrice se déclare en faveur des cultures OGM dont elle ne voit pas « en quoi ils constituent un danger et un problème », écartant de quelques boutades la question des agriculteurs contraints de racheter des semences car celle que les multinationales vendent sont stériles. Argumentation mensongère que, comme tous les autres, elle a écarté en quelques mots lors de ses interventions. Notamment à France-Inter où sa prestation a été, à plusieurs reprises, provoqué les protestations des auditeurs.

Maud Fontenoy, dans le même style que les chroniqueurs de droite et d’extrême droite qui choquent et provoquent pour « faire le buzz », offre aux lecteurs, aux téléspectateurs et aux auditeurs une version très « light » de l’écologie. En prenant à rebrousse-poil tous les rapports, toutes les études des scientifiques. Du pur Sarkozy qui a depuis longtemps oublié le Grenelle de l’Environnement. Surtout quand il s’est rendu compte que sa posture provisoire et son discours cela ne lui avait pas rapporté une seule voix à droite. Il parait que, Nathalie Kosciusko-Morizet étant affectée à d’autres tâches, la navigatrice va orienter toute la campagne environnementaliste de l’ex-UMP. Et inciter son parti à cesser de réclamer une gestion plus écologique de la capitale. Première offensive prévue : une bataille contre la fermeture programmée d’une nouvelle partie des voies sur berge de Paris et la trop grande place annoncée à la bicyclette.

Par Claude-Marie Vadrot (Politis)

samedi 13 juin 2015

Deux ou trois brèves énervées (2)

Le 8 juin a eu lieu la "JOURNÉE MONDIALE DES OCÉANS" à l'Unesco !! 
Qu'en sortira t'il ? 
de belles paroles et de belles intentions ? 
Et puis après ? 
Business as usual and the show must go on ?

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Entendu au congrès mondial du vélo à Nantes.
  • L’indemnité kilométrique pour le cycliste, c’est pas gagné. Après le débat à l’Assemblée, la loi de transition énergétique, qui inclut l’indemnité kilométrique, doit encore repasser au Sénat, puis de nouveau à l’Assemblée pour son adoption définitive au plus tard « à la rentrée ». Ensuite, il faudra avaliser l’indemnité kilométrique par un décret, mais personne ne peut dire si ni quand il sera signé. « Les décrets, vous savez, on peut les attendre très longtemps », confie-t-on au ministère des transports.
  • La peur d'en faire trop. C’est un élu dirigeant la métropole de Lyon qui le confie : « le vélo, c’est bien, mais il ne faudrait quand même pas qu’il y en ait trop ; sinon, cela bouleverserait les équilibres et il faudrait réaménager la ville ». Le même discours a été entendu dans les services du transporteur Semitag, à Grenoble, et dans de nombreuses villes. D’un côté, les élus encouragent le vélo au nom de « la planète ». De l’autre, ils freinent des quatre fers. Mais ce n’est pas en passant de 2 à 4% que « la planète » sera « sauvée ». Il faudrait au moins 20%. Et vite.
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D'accord avec Montebourg. Valls qui clame qu'il assumera ses actes, devra assumer le fait que la droite ne votera jamais pour une politique libérale portée par le PS et les électeurs de Gauche ne voteront plus pour un PS devenu libéral. «Le social-libéralisme condamne la gauche». Valls assumera le désespoir et le dégoût des électeurs de Gauche devant les trahisons qu'ils ont subi.

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Entendu le 6 juin : L'imposture écologique !!!!! Maud Fontenoy, vous savez la caution "verte" des grandes entreprises (Bolloré, Euro RSCG, Havas, Carrefour, Hase, etc.) ? Maud Fontenoy celle qui ne ferme pas la porte aux OGM ou au gaz de schiste, promeut l'usage des pesticides et la croissance, celle qui squatte les écoles de la République avec ses "Kits Environnement" avec la bénédiction et les encouragements de Mme Najat Vallaud-Belkacem, rejoint la direction de l'UMP, abusivement rebaptisé "Les Républicains", et sera chargée de l'environnement. Envie de vomir !!!

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Corrida, enfin une bonne nouvelle : Selon le Huffington post, la corrida est radiée du patrimoine culturel immatériel de la France. YES !!!!!

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Vu le 4 juin au JT de France2, le choc de compétitivité selon Macron : baisse des salaires avec augmentation du temps de travail sans toucher aux actionnaires ni aux patrons. Le MEDEF en rêvait, le PS l'a fait.

mercredi 29 avril 2015

Talon Bishop tuée par un requin, adieux et respect

Dans une lettre ouverte adressée au préfet de la Réunion, Danielle Austin, la mère de Talon Bishop, rend un vibrant hommage à sa fille victime d’une attaque mortelle de requin en février dernier. L’occasion pour elle de lancer un cri de colère face à cette crise et de rappeler notre lien avec la Terre qu'il nous faut respecter. Respect et humilité !


"Ma fille, Talon, 22 ans, est morte en février des suites d’une attaque de requin à l’Etang-Salé. La Réunion est régulièrement secouée par ce type de drames avec à la clé un traitement médiatique qui peut être à échelle variable. Aujourd’hui ma peine est encore immense, et ma colère intacte. Je veux la partager.

Qui était Talon Bishop ?

Née le 2 septembre 1992 à la clinique d’Auchel dans le Pas-de-Calais, Talon est arrivée dans ce monde en urgence, après seulement sept mois et demi de grossesse. Je venais de lui offrir une nouvelle vie, à elle et son frère Reiss, sept ans, loin des quartiers mal famés du sud de Londres où j’avais grandi. Ce jour-là, je coulais d’ailleurs une dalle dans l’ancien corps de ferme que je rénovais, pour le transformer en lieu de vacances destiné aux enfants en difficulté des banlieues européennes. Je me suis toujours battue pour élever mes enfants, près de la nature et en toute sécurité. Talon et moi étions inséparables, mais sa belle enfance au sein de la magnifique propriété et entreprise familiale le Gite de Fléchin était partiellement gâchée par un père irresponsable et surtout absent. Talon n’a eu de contact qu’à deux reprises avec lui, à huit ans, en lui rendant visite à Londres, visite lors de laquelle il jeta ses chaussures préférées à la poubelle, et en recevant un appel de sa part le jour de son seizième anniversaire, alors qu’il ne savait pas quel âge elle avait... Quittant un système scolaire qui ne lui convenait pas avant le bac, elle a cherché et trouvé sa propre voie, à force de caractère et d’indépendance, en réussissant le concours de moniteur-éducateur à l’IRTS de Lille, après une sélection rigoureuse où seules 8 personnes sur 40 étaient retenues. Restée volontairement en métropole, alors que sa famille était partie s’installer à La Réunion, elle a su surmonter l’éloignement et les difficultés, trouver les financements toute seule afin de réussir sa formation. Diplômée en juin 2014, elle est déçue de voir qu’elle n’a aucun droit à l’aide financière de l’Etat pour la soutenir pendant sa recherche de travail. Elle disait ne pas comprendre comment les jeunes de moins de 25 ans pouvaient s’en sortir, sans accompagnement dans cette transition vers la vie professionnelle. Elle décide alors d’orienter sa recherche vers La Réunion, afin de rejoindre sa famille qui lui manquait tant.

Ravie de s’être rapprochée de moi et de sa sœur, elle est confrontée à la difficulté du marché de l’emploi à La Réunion, mais tombe sous le charme de l’île, qu’elle adore pour sa mixité notamment. Pour la première fois de sa vie, on ne fait pas attention à sa couleur de peau ! Quelques jours avant l’accident, je lui avais demandé de considérer la possibilité d’un retour en métropole, car je m’inquiétais pour son avenir. Elle m’a dit "Maman, je suis prête à tout pour rester ici, même changer de métier et reprendre une formation en pâtisserie". Le jour de l’accident, elle était avec son copain et un groupe de personnes, jeunes et moins jeunes. Une copine décide de les amener à l’Étang-Salé, n’ayant pas le permis, Talon suit le mouvement, sans que personne parmi les plus âgés notamment ne réfléchisse plus avant. Pourquoi ? Une fois installés sous le pont Mulla, les deux amoureux ont décidé d’aller tremper leurs pieds dans l’eau sans que personne ne cherche à les en dissuader. Pourquoi ?

Son compagnon revient sur la plage pour chercher quelque chose. Talon était seule dans l’eau quand l’attaque s’est produite, elle avait de l’eau jusqu’à la taille. Qui aurait pu croire qu’une telle chose puisse arriver dans un mètre cinquante d’eau ? Talon a certes fait une erreur ce jour-là, mais elle n’a surtout pas eu de chance et elle l’a tragiquement payé de sa vie. Sous la forme d’un requin de 3m50, la nature a violemment repris ses droits, et l’homme n’est rien face à cette force. Toute le monde a sa part de responsabilité, il est trop facile de blâmer les victimes car elles n’auraient pas dû être là. Talon n’était pas surfeuse, ni zorey, ni célèbre. Elle était face à l’océan, un élément imprévisible sur une île qu’elle ne connaissait pas. Quand on est jeune, que l’on n’a pas forcément la notion du danger de mort, on n’est pas conscient, on pense vivre pour l’éternité. Une fois sur cette plage de plusieurs kilomètres de sable noir, il n’y a rien pour couper l’envie d’aller rejoindre cet océan envoûtant. Le tout petit panneau de mise en garde (50cm) indique l’importance que l’Etat donne à ce problème. Se décharger de cette façon est inhumain !

Pourquoi ce cri de colère ?

Parce que Talon Bishop n’était pas seulement la quatorzième victime d’une attaque de requin à La Réunion. Elle était un être humain avec une personnalité, une histoire et elle ne méritait pas ce qui lui est arrivé. Une magnifique, courageuse, intelligente jeune femme de 22 ans qui était un peu perdue et tellement inquiète de ce que l’avenir lui réservait qu’elle a oublié quelques instants que la nature est plus forte que tout. Ma fille adorée a perdu la vie d’une façon horrible et inimaginable, mais malgré toute ma peine, je ne peux pas en vouloir aux requins.

En revanche je suis outrée par la suite des événements. Le soir de l’accident, j’avais rendez-vous avec des amis dans le centre-ville de Saint-Pierre à 20H00. Dès leur arrivée, mon téléphone s’est mis à sonner. Choquée d’entendre la voix d’un gendarme, j’apprends que ma fille a été victime d’une attaque de requin et que je dois me rendre au CHU de Saint-Pierre. J’avais eu un dernier message de Talon à 17H41 et je ne savais même pas qu’elle allait à la plage. J’arrive avec mes amis, sous le choc, et donne le nom de ma fille à l’accueil. L’hôpital nous fait attendre à l’extérieur, alors que nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un simple blessure à la jambe. Je fais venir mon compagnon et notre fille.

On nous demande ensuite de rencontrer un psychologue, complètement dépassé et incompétent face à la situation. Je lui suggère d’aller parler aux personnes qui étaient présentes lors de l’attaque car elles devaient également être traumatisées. Plus d’une heure plus tard, nous voyons arriver un chirurgien et son assistant qui, après nous avoir amenés dans une pièce minuscule, nous annonce brutalement le décès de Talon, en présence de notre fille cadette de dix ans... Le choc et le traumatisme sont amplifiés par le peu de tact et le manque l’humanité de l’équipe hospitalière. J’aurais voulu annoncer cette terrible nouvelle dans le calme à ma deuxième fille, mais à la place, elle gardera pour le reste de sa vie le souvenir de ses deux parents hurlant de douleur pendant ce qui semblait une éternité.

Immédiatement et sans explications supplémentaires d’un point de vue médical, on nous amène à la morgue, à l’opposé du centre hospitalier. Sans aucun autre suivi psychologique ni médical pour surmonter la charge émotionnelle. Dévastés, nous sommes renvoyés chez nous après avoir passé plusieurs heures auprès du corps sans vie de la belle Talon. Une fois rentrés chez nous, l’hôpital n’a par contre pas manqué de nous appeler pour nous demander la donation des rétines de notre fille. Je me suis effondrée. Le lendemain, mon compagnon s’est occupé de toutes les démarches administratives, aller à la gendarmerie et contacter le centre funèraire. Puis mon fils arrive de métropole. Il faut faire vite donc nous allons voir les pompes funèbres les plus proches, à la Ravine des Cabris, où une dame sans aucune compassion nous demande si nous pouvons payer en espèces. L’endroit est glauque, poussiéreux, les murs sont garnis de fausses fleurs sales. Pas de choix, pas de condoléances, mais par contre une surfacturation de plus de 300 euros. On profite pour gagner, voler même, sur la mort.

Où est l’humanité dans tout ça ? Je suis en colère contre l’Homme et ce système qui nous déshumanise ! Quels enseignements tirer de ce drame ? Avant tout, je veux que personne ne parle en mon nom ni en celui de Talon. Nous aimons cette île, bien qu’installés depuis quelques années seulement. C’est un endroit unique au monde, d’une beauté exceptionnelle, mais la nature est aussi pleine de dangers. Faire face et prévoir ces dangers et s’adapter à la nature qui nous entoure plutôt que de vouloir la contrôler est impératif. Les océans sont dans cet état-là à cause de l’Homme et du manque de respect qu’il a pour son environnement naturel. Tuer tous les requins n’est pas la solution ni notre façon de concevoir la vie.

Respecter la nature et vivre avec.

Il faut d’abord s’interroger sur les pratiques de pêche. La pêche intensive effectuée au large par de nombreuses entreprises, françaises et autres, hors de notre vue pour que l’on ne se pose pas de questions, déséquilibre la chaîne alimentaire. Donc la nourriture des requins, baleines, dauphins, qui deviennent à leur tour des victimes collatérales de cette pêche dévastatrice pour l’écosystème océanique. Les pêcheurs locaux qui posent des drumlines près des zones de baignade, augmentent la possibilité que les requins se rapprochent de ces sources de nourriture devenues régulières. Par ailleurs de nombreuses personnes, organisations et entreprises déversent leurs ordures quotidiennement dans la nature, les eaux usées rejetées dans la mer, notamment en période de cyclone, et plus globalement tous ceux qui considèrent l’océan comme un garde- manger et une poubelle.

De manière générale, les politiques et pratiques mises en place avec la récurrence des attaques de requins le sont sans concertation avec des experts rompus à ces problématiques dans d’autres endroits du globe. Je suis favorable à la préservation de la Réserve marine. Mais le manque de capacité à proposer des solutions concrètes, depuis la sensibilisation au risque dès l’école (on le fait bien pour la route) jusqu’à la mise en place de vrais moyens humains, est révélatrice d’un échec à protéger durablement nos plages. Il faut protéger la population et les touristes, les protéger parfois d’eux-mêmes. La banalisation du problème fait croire aux gens, surtout aux jeunes, que rien ne peut leur arriver.

J’aurais préféré que ma fille prenne une amende de 500 euros car elle est allée dans l’eau dans une zone de baignade interdite. Il est vrai que nous ne pouvons pas protéger toutes les côtes de La Réunion, mais on peut créer des zones sécurisées pour les baigneurs et mettre en place une vraie surveillance des plages, ce qui pourrait en outre créer de l’emploi. Quant au surf à La Réunion, il semblerait que l’activité soit devenue trop dangereuse pour être pratiquée en ce moment. On ne dompte pas un océan entier comme ça ! Après réflexion, je suis contre la pêche intensive de toutes les espèces, requins inclus. Je suis contre le fait que ce problème devienne politique et racial, que les organisations se battent entre elles plutôt que de trouver des solutions ensemble.

Je suis opposée à ce que des dizaines de millions d’euros soient consacrés inefficacement à cette crise, alors que La Réunion a d’autres problèmes aussi importants à gérer : violences intra-familiales, drogue, chômage, alcoolisme, suicide ou désespoir, fléaux auxquels beaucoup de Réunionnais doivent faire face quotidiennement. Les jeunes en détresse, sans avenir ni perspectives, me touchent beaucoup plus que le fait que l’on ne puisse plus surfer à La Réunion. L’importance de l’amour, le respect d’autrui et de l’environnement sont des choses que j’ai inculquées à mes enfants dès leur plus jeune âge. Je déplore que notre système n’en fasse pas autant. Nous sommes une famille métisse, je suis créole anglaise, mon compagnon est franco-vietnamien, j’ai des enfants noir et blanc et j’ai trouvé mon paradis. Je n’ai pas envie de le voir détruit par la politique, le profit et l’inaction. l faut travailler tous ensemble pour préserver ce cadeau que la nature nous a donné, l’île de La Réunion.

Repose en paix ma fille, avec notre amour éternel."

Danielle Austin, 
Photo : DR - Facebook

samedi 30 novembre 2013

En vrac : Climat, OGM et prostitution

Climat : Le Japon, le Canada, l’Australie reculent sur leurs engagements. La Pologne a bloqué les négociations. Et aucun pays ne fait contrepoids.

Qui a entendu des négociations climatiques de Varsovie qui se sont terminées le 22 novembre ? 

Personne ? Normal la crise climatique qui remet en cause notre mode de vie est définitivement (volontairement ?) Persona non grata dans le concert des dogmes consumériste et productiviste. 

Le Japon a prévenu que ses émissions de CO2 allaient augmenter de 3.8% d’ici à 2020, tandis que l’Australie a annoncé le retrait de sa taxe carbone. Il n’y a plus aucune volonté politique de faire avancer la cause climatique. En ayant organisé le sommet mondial du charbon durant la conférence et en plébiscitant l’exploitation des gaz de schistes, la Pologne se contrefiche ouvertement des questions climatiques. Si la Chine n’est pas très allante sur ses engagements de réduction d’émissions de CO2, les Etats-Unis refusent de s’engager sur des objectifs chiffrés et l’Europe est engluée … A Copenhague, les pays avaient promis de mettre la main au portefeuille en versant 100 milliard de dollars d’ici à 2020. Mais il semble que l’on s’éloigne de ces promesses. De 2010 à 2012, 30 milliards de dollars auraient dû être versés, mais seuls 6 milliards l'ont été. Enfin avant on parlait de milliards destinés aux politiques d’adaptation, maintenant on parle de millions. 

Tout cela alors que la « zone rouge » s’approche selon les scientifiques. Les politiques porteront la responsabilité de leur inaction.

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OGM : Voici donc une étude qui dérange vraiment. L'étude sur les risques à long terme du maïs NK 603 et de son herbicide associé, le Roundup, produits tous les deux par la société Monsanto, publiée en septembre 2012 dérange tellement, que la revue « Food and chemical toxicology », qui avait publié l’article de Gilles Eric Séralini, lui demande de le retirer. La revue cède-t-elle aux pressions de Monsanto comme le dénonce Joël Spiroux, président du Criigen, Corinne Lepage, députée européenne, Paul Deheuvels, statisticien membre de l'Académie des sciences, François Veillerette, président de Générations futures ? Pour Gilles Eric Séralini, la demande qui lui est adressée est liée à "l'arrivée dans le comité éditorial de la revue de Richard Goodman, un biologiste qui a travaillé plusieurs années chez Monsanto", entre 1997 et 2004. "La publication du Pr Séralini pose les bonnes questions sur la toxicité à long-terme des OGM et de l'herbicide Roundup, ce n'est pas en le faisant retirer de la publication que ces questions vont disparaître", conclut Corinne Lepage.

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Prostitution : En ce matin du 25 novembre, sur France Inter, j’ai trouvé mon maître en matière de Naïveté en la très respectable Ministre du droit des femmes, Mme Najat Vallaud-Belkacem. En effet, à la question de Patrick Cohen qui lui demandait si elle conseillerait à une prostituée de dénoncer son proxénète, comme le projet de loi le lui permettra (comme si cela n’existait pas dès à présent), elle de répondre que oui puisque le projet de loi la protégera 6 mois renouvelables le temps de la procédure. Hum, donc selon Mme la ministre les trafiquants et autres mafieux sont les seuls humains qui ne communiquent pas entre eux avec les moyens modernes et instantanés que nous offre notre merveilleux monde de technologies. Ainsi une fois le proxo dénoncé, il est sûr que jamais au grand jamais ses complices ne sauront qui l’a dénoncé et que les menaces mortelles faites sur les familles restées au pays ne s’appliqueront pas, et qu’une fois la protection (sous quelle forme ? avec quels moyens ?) levée et la fille rentrée au pays, celle-ci ne sera pas exécutée pour l’exemple.

Avec ce projet de loi c'est Candide au pouvoir :

"Mon client ne veut pas mettre de préservatif et est violent … je le dénonce à la police, c’est si siiiiiimple !"

"Je dénonce mon proxo et après les 6 mois de protection que m’offre la France, de retour au pays, je ne risque pas de représailles de la part des mafieux qui m’ont envoyé faire le trottoir dans le beau pays des droits de l’Homme. C’est tellement booooo la vie !!!!"

On va renouer avec la brigade des mœurs et le flicage des citoyens de base, mais en ne touchant surtout pas les riches héritiers, en goguette à Paris, qui louent les services d'escort-girls. Mme la ministre accorda ce matin là, sur France Inter, que le but est de supprimer la prostitution visible, putain quel cynisme il y a eu dans cet aveux ! Quid, dès lors des réseaux sur internet ? Dans les salons ? Dans les grands hôtels ? Quid des hommes et des transgenres qui se prostituent ? Rien ! On cachera la misère sous le tapis, mais elle sera toujours là, toujours plus underground, loin des associations, toujours plus à la merci des salauds mais notre conscience collective sera bien au chaud. Tout est bien dans le meilleur des mondes.

Non, la lutte contre les réseaux ne doit pas passer par l’utilisation des plus faibles. Nous ne pouvons accepter un transfert de responsabilités et demander aux victimes de se mettre encore plus en danger, elles et leurs familles. La juste et nécessaire lutte contre les réseaux doit se faire par l’installation de moyens policiers et militaires à la hauteur de nos ambitions.