"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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lundi 17 août 2026

Mais ils sont où les écolos ?

Préambule : Ce texte qui s'exprime au nom des écologistes de l'Essonne est un texte martyr que j'ai écris en prévision d'un futur tract (plus court) de rentrée. Donc en l'absence de validation par notre groupe de rédaction ce texte n'engage que moi. 

L’été 2026 confirme tout ce que les écologistes disent depuis 50 ans, mais Le Figaro, dans un grand élan de mauvaise foi, ne sait rien faire d’autre que de titrer que cet évènement consacre la défaite de l’écologie politique. 

La haine des écolos est un puits sans fond, est une source inépuisable de désinformations et d'opprobres infondées et belliqueuses. Le nouveau truc de nos opposant.e.s, sur les réseaux sociaux, à l'heure des incendies monstres, après l'écolo-bashing nous décrivant comme des doux dingues alarmistes, des écolos punitifs, aura été : "mais ils sont où les écolos ?". Comme si nous étions toutes et tous des pompiers, comme si nous étions toutes et tous des agriculteur.trice.s propriétaires de citernes qui se sont montrées si utiles pour renforcer la lutte. La mauvaise foi des productivistes, des consuméristes, des climatocidaires, des écocidaires et des droitards, est sans limite. 

Mais pour répondre à cette question on peut dire que tout de même cette réflexion est parfaitement débile ne serait-ce que parce qu'elle part du postulat que les écologistes n’auraient pas été sur le terrain en train de donner un coup de main. Qu'est ce qui permet de dire cela ? Pourquoi ne seraient-ils et elles pas aussi sur place ? Faut-il que dans chacune de nos actions, nous ayons des oriflammes verts pour être bien identifié.e.s et prouver que nous sommes bien présent.e.s ? C'est tellement à pleurer de bêtises. Rappelons que la solidarité est l'un des grands principes de l'écologie, contrairement à la droite et son extrême qui prône le chacun pour soi. 

Par ailleurs n'y a-t-il pas des pompiers écolo ? Des agriculteur.trice.s écolo ? La confédération paysanne n’en est-elle pas un bon exemple ? 

Les « écolos », contrairement à la droite et son extrême, n'ont pas attendu les grands incendies de cet été pour se soucier du vivant, humain et non-humain, d'aujourd'hui et de demain, toute notre histoire le démontre. 

D'ailleurs où était la droite et son extrême pendant les évènements ? Ils et elles doivent être en train d'avaler la honte d'avoir toujours voté contre tous les projets d'augmentations de moyens donnés aux pompiers et à la lutte contre les incendies, comme par exemple, créer des pares-feux de feuillus, établir un plan national d’adaptation de la forêt, lutter contre la perte des chemins forestiers ou bien encore réhausser la taxe de séjour au profit des moyens des pompiers et faire contribuer les compagnies d’assurances aux budgets des soldats du feux et pire … ils et elles ont refusé d’augmenter les effectifs des pompiers professionnels Depuis cinquante ans, les écologistes alertent, expliquent, documentent… à l'échelle locale, nationale, mondiale… ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous offre. La crise écologique est là. Le prix de l'inaction climatique va être de plus en plus élevé et c'est un choix politique. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

En Essonne comme ailleurs, elle frappe d’abord celles et ceux qui ont le moins de moyens pour s’en protéger. « Si réfugiés climatiques il doit y avoir en Bretagne, ce seront essentiellement des nantis capables de s’offrir une résidence secondaire » nous dit Nicole Roux, professeure de sociologie à l’Université de Brest dans le journal La Croix du 6 août 2026. Les plus pauvres, ne pouvant fuir ailleurs, resteront sous la chaleur. Faire de l’écologie, c’est décider de protéger. C’est faire de la transition écologique une transition juste. 

Nous refusons une écologie qui demande toujours plus d’efforts aux habitants tout en laissant les grandes puissances économiques continuer comme avant. 

Les petits gestes sont utiles mais les décisions collectives sont indispensables et nous défendons une écologie populaire parce que chacun doit pouvoir vivre dignement. 

Nous défendons une écologie solidaire parce que personne ne doit être laissé seul face aux défis écologique, climatiques et de biodiversité qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. 

Nous défendons une écologie concrète parce que l’écologie doit améliorer la vie quotidienne. 

Nous défendons une écologie politique parce qu’il faut changer le système, pas seulement les comportements. 

Ainsi face à la multiplication des canicules, notre priorité doit être de conduire une réflexion sur ce que pourra être la vie en Essonne sous 50°C afin de pouvoir anticiper et adapter les villes pour qu'elles soient plus fraîches, plus vertes, vivables ... plus résilientes. 

Il nous faut absolument davantage d’arbres en pleine terre et d'essences adaptées au climat de demain, il faut déminéraliser les villes, désimperméabiliser les sols pour rendre à la terre les eaux de pluies, il faut une gestion responsable de l'eau et un accès gratuit et à toute heure, à l'eau potable, pour toutes et tous, il nous faut créer des îlots de fraîcheur accessibles à toutes et tous, il faut des écoles, des collèges et des lycées où les enfants ne souffrent pas de la chaleur. 

Il faut, à l'instar de ce qui a été fait pour lutter contre le tabagisme et l'alcoolisme et pour participer à lutter contre le changement climatique, interdire la publicité pour les voyages, les compagnies aériennes, les voitures, les croisières, etc ... Il nous faut aussi cesser les subventions aux compagnies aériennes low cost. 

Il nous faut encore et toujours permettre à nos concitoyen.ne.s de s’émanciper de la voiture en développant des bourses d’échanges de travails pour rapprocher les lieux professionnels des lieux d’habitations, il faut continuer à développer les transports en communs et l’accès des vélos aux trains, sécuriser les déplacements à pied et à vélo, créer des cheminements ombragés. 

Il nous faut nous sortir de l’agriculture industrielle capitaliste, inadaptée aux défis climatiques et environnementaux, qui ne sert pas à nourrir la population mais juste à faire des profits. Il nous faut entamer, avec les agriculteur.trice.s, la transition écologique de l’agriculture essonnienne pour nourrir, toute l’année, les franciliens et les franciliennes. Il nous faut cesser le maïs aux profits d’une agriculture vivrière locale, de saison, adapté au climat et qui rémunère correctement les paysans et les paysannes tout en protégeant les sols et la biodiversité. Il nous faut sanctuariser les terres agricoles et les petites exploitations. 

Il ne faut laisser personne seul face aux canicules et ainsi il nous faut développer la climatisation dans les lieux sensibles et fermés : hôpitaux, écoles, prisons, EHPAD et autres maisons de retraites. 

Parce que l'écologie ne doit pas être une contrainte supplémentaire pour les habitants et qu’elle doit être une amélioration concrète de leur vie il nous faut anticiper. 

Et comme il n’y a pas d’écologie sans écologiste, rejoignez-nous !

mardi 11 août 2026

Lécologie n'est pas apolitique, elle est de Gauche

Il existe des formules dont le succès tient moins à leur vérité qu’au confort qu’elles procurent. Affirmer que l’écologie ne serait « ni de droite ni de gauche », qu’elle serait de « bon sens », appartient à cette catégorie, car cette prétendue neutralité permet de reconnaître la gravité du dérèglement climatique sans jamais avoir à désigner les intérêts qui l’alimentent, les rapports de pouvoir qui empêchent d’y répondre et les choix collectifs qu’il faudrait assumer pour en sortir. 

Bien sûr, l’altération du climat, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources et la pollution des milieux concernent l’humanité tout entière, cependant cette universalité du péril ne signifie nullement que ses causes, ses conséquences et les moyens de s’en protéger seraient également répartis. Nous appartenons à une même communauté de destin mais nous n’occupons pas tous la même place dans l’organisation économique qui détermine ce qui est produit, dans quelles quantités, au bénéfice de qui et au prix de quelles destructions. 

L’écologie devient concrète dès que l’on cesse de la réduire à la protection sentimentale de la nature pour s’interroger sur l’organisation matérielle de la société. Elle devient concrète lorsqu’il faut décider si l’eau doit être administrée comme une marchandise ou comme un bien commun, si l’énergie doit répondre aux exigences de rentabilité ou aux besoins de la population, si la production doit être orientée par la demande solvable ou par l’utilité sociale, si la propriété confère un droit absolu d’usage ou si elle doit être limitée lorsque son exercice compromet les conditions de l’existence collective. À chacune de ces questions, la droite et la gauche n’apportent pas les mêmes réponses, parce qu’elles ne défendent ni la même conception de la liberté, ni la même définition de la justice, ni la même organisation du pouvoir économique. 

La droite peut sincèrement vouloir préserver des paysages, défendre un patrimoine naturel, soutenir certaines innovations moins polluantes ou réglementer des pratiques devenues manifestement dangereuses. Des femmes et des hommes de droite peuvent aimer profondément leur territoire, observer la disparition des espèces et s’inquiéter de l’avenir laissé à leurs enfants : il ne s’agit donc pas de distribuer des certificats de sensibilité à la nature selon l’appartenance politique de chacun. Néanmoins, l’écologie n’est pas seulement un attachement à ce que nous trouvons beau ou digne d’être conservé mais la recherche d’une organisation sociale compatible avec les limites physiques du monde, ce qui suppose de transformer les mécanismes qui déterminent notre manière de produire, de consommer, de travailler, de nous déplacer et d’habiter. Or, lorsque la droite se heurte à cette exigence, elle refuse presque, si ce n’est toujours, de remettre en cause la primauté du marché, la concentration de la propriété, la recherche continue de rentabilité et le pouvoir que la richesse confère à ceux qui la détiennent. 

C’est précisément pour cette raison que l’expression « écologie de droite » constitue un oxymore. 

Ce que la droite présente comme une politique écologique consiste le plus souvent à corriger certains effets du modèle économique tout en préservant les principes qui les produisent. Elle veut rendre la croissance plus propre sans interroger la nécessité de produire toujours davantage, améliorer l’efficacité des technologies sans jamais se demander à quels besoins elles répondent, ni qui décide de leur développement. Elle peut ainsi encourager l’achat d’un véhicule moins polluant tout en conservant un aménagement du territoire qui rend la voiture indispensable. Elle peut promouvoir des vêtements fabriqués avec des matières recyclées tout en laissant prospérer une industrie fondée sur le renouvellement permanent des collections. Elle peut enfin demander aux entreprises de publier des engagements climatiques sans retirer aux investisseurs le pouvoir d’exiger toujours plus de rendement. 

Dans cette conception, il ne s’agit jamais de réduire véritablement l’emprise de l’économie sur le vivant, mais de créer les conditions permettant à l’accumulation de se poursuivre sous une apparence renouvelée. Le vocabulaire évolue, les campagnes publicitaires s’adaptent, mais le principe demeure : ce qui est rentable doit pouvoir continuer d’exister, même lorsque son utilité sociale est douteuse et que son coût collectif devient considérable. La responsabilité individuelle occupe naturellement une place centrale dans cette écologie de marché, parce qu’elle permet de reporter sur les comportements personnels une question qui relève surtout de l’organisation collective. Le citoyen est sommé de devenir un consommateur irréprochable, capable d’identifier le bon produit, le bon label et le bon investissement, tandis que les structures qui organisent ses possibilités demeurent largement inchangées. 

Nos gestes individuels comptent, évidemment, mais ces gestes ne peuvent remplacer des décisions publiques qui s’appliquent à l’ensemble de l’économie, puisqu’un individu ne choisit ni la stratégie énergétique du pays, ni l’organisation des chaînes de production, ni l’implantation des services, ni les normes imposées aux industriels, ni les orientations prises par les banques et les fonds d’investissement. En faisant de l’écologie une affaire de vertu personnelle, la droite produit une morale exigeante pour les individus et une réglementation indulgente pour les puissances économiques. Elle soumet les comportements ordinaires à un examen permanent tout en considérant comme excessif, irréaliste ou liberticide tout ce qui pourrait réellement limiter la capacité des acteurs dominants à extraire, produire, vendre et accumuler. 

Cette contradiction trouve son origine dans une divergence fondamentale concernant la nature même de la liberté. Pour la droite, la liberté repose largement sur la possibilité de posséder, d’investir, d’entreprendre et de disposer de ses ressources selon ses intérêts. Pour la gauche, aucune liberté ne peut être véritable lorsqu’elle donne à quelques-uns le pouvoir de dégrader les conditions d’existence de tous les autres.

La liberté d’un groupe industriel de maintenir une activité destructrice ne peut être placée sur le même plan que la liberté collective de vivre dans un environnement sain, pas davantage que le droit de propriété ne peut justifier la captation durable d’une ressource indispensable. 

Le projet de mégacentre de données porté par Google à Ozans-Châteauroux en offre une illustration presque caricaturale : 195 hectares artificialisés, huit à dix bâtiments, deux postes électriques et de nouvelles infrastructures à très haute tension pouvant atteindre 400 000 volts, afin de satisfaire les besoins privés d’une multinationale en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Une telle infrastructure mobiliserait durablement nos terres et nos capacités électriques, tout en faisant peser une pression supplémentaire sur nos nappes phréatiques, tant les centres de données sont connus pour être de véritables ogres hydriques. Ce projet doit être combattu de toutes nos forces. Poser de telles limites n’est pas une négation de la liberté, mais la condition de son partage. Une société dans laquelle les décisions les plus déterminantes sont abandonnées à ceux qui possèdent les moyens de production, les capitaux et les infrastructures n’est pas réellement gouvernée par ses citoyens, même lorsque ceux-ci sont régulièrement appelés à voter. La démocratie demeure incomplète tant qu’elle s’arrête devant la porte des conseils d’administration, notamment lorsqu’il s’agit d’entreprises dont les activités détruisent nos conditions d’existence. Une démocratie qui soustrait l’économie à la délibération commune demeure profondément mutilée. 

Ainsi, l’écologie est nécessairement de gauche : elle exige que nous reprenions collectivement le pouvoir de décider de ce qui mérite d’être produit, des ressources qui doivent être préservées, des activités qui doivent être transformées et de la manière dont les efforts seront répartis. Elle ne peut se satisfaire d’une transition administrée par le marché, puisque le marché ne connaît que la demande solvable et ne protège que ce qui peut être converti en valeur économique. Une écologie de gauche ne demande donc pas simplement aux entreprises de devenir plus responsables ; elle définit démocratiquement des règles auxquelles leur activité doit se conformer. Elle ne se contente pas de corriger les inégalités après leur apparition ; elle s’attaque aux mécanismes qui concentrent les richesses, les ressources et le pouvoir de décision. Elle ne traite pas l’eau, l’énergie, le logement, l’alimentation, la santé ou les transports comme des secteurs commerciaux ; elle reconnaît qu’ils constituent les fondements matériels de l’égalité et qu’ils doivent, à ce titre, relever d’une maîtrise publique ou coopérative.

Cette écologie assume que certaines productions devront diminuer, que certains secteurs devront être profondément transformés et que certaines activités devront disparaître tout en affirmant que cette transformation ne pourra être acceptée que si elle améliore concrètement la vie du plus grand nombre. La sobriété ne peut pas signifier que l’on exige de nouvelles privations de ceux qui manquent déjà de l’essentiel, tandis que demeure intacte la consommation disproportionnée d’une minorité de privilégiés. Elle doit consister à organiser démocratiquement la réduction de ce qui est destructeur ou socialement inutile afin de garantir à chacun l’accès à ce qui permet une existence digne. Il s’agit là d’une politique de répartition, d’émancipation et de sécurité collective. Cela suppose des services publics puissants, capables de soustraire les besoins essentiels aux fluctuations du marché ; une planification écologique permettant d’inscrire les investissements dans le temps long ; une fiscalité qui mobilise prioritairement les fortunes et les activités dont l’empreinte est la plus importante ; une démocratie économique donnant davantage de pouvoir aux travailleurs ; ainsi que des collectivités disposant de ressources stables pour agir sans dépendre d’une compétition permanente entre territoires. 

Cela suppose également de repenser le travail, car l’écologie ne peut pas se limiter à la nature de ce que nous produisons sans interroger les conditions dans lesquelles nous le produisons. Une économie qui épuise les corps, impose des rythmes toujours plus intenses et mesure toute activité à l’aune de sa rentabilité participe de la même logique que celle qui épuise les ressources. Réduire le temps de travail, sécuriser les parcours professionnels, accompagner les reconversions et reconnaître l’utilité sociale des métiers essentiels constituent donc des questions pleinement écologiques. L’écologie prolonge ainsi la lutte des classes, lutte historique de la gauche, parce qu’elle révèle que la question sociale et la question environnementale procèdent d’un même conflit : celui qui oppose la satisfaction des besoins humains à l’accumulation privée, la maîtrise démocratique de nos choix à la concentration du pouvoir, et la recherche du bien commun à la mise en concurrence généralisée. 

Encore faut-il que la gauche accepte de tirer toutes les conséquences de cette exigence. Le quinquennat de François Hollande a montré qu’une majorité élue à gauche pouvait cesser de gouverner à gauche : lorsqu’un pouvoir place la compétitivité des entreprises au centre de sa politique, accepte le cadre social-libéral comme horizon indépassable, subordonne la transformation écologique à la préservation de la croissance et renonce à affronter les intérêts économiques dominants, son étiquette ne suffit plus à qualifier son action. Cette critique ne vise ni les militants socialistes, ni les élus locaux, ni les citoyens sincèrement attachés à la justice sociale. Elle rappelle simplement qu’une organisation politique ne peut pas demander à être jugée seulement sur son histoire ou sur les convictions personnelles de ses membres. Elle doit être jugée sur les intérêts qu’elle affronte et sur les politiques qu’elle met en œuvre lorsqu’elle gouverne. La gauche n’est pas un patrimoine garanti par un nom : c’est une politique que l’on accomplit. 

Affirmer que l’écologie est de gauche ne consiste donc pas à annexer une cause universelle au profit d’un parti ou d’un appareil. Il s’agit de reconnaître que la transformation écologique exige une certaine conception de la société : une société dans laquelle les besoins essentiels échappent à la logique marchande, où la propriété n’autorise pas toutes les prédations, où la richesse n’achète pas un droit supérieur à décider, où la puissance publique garantit à chacun les moyens matériels de son autonomie. L’écologie n’est donc pas un supplément d’âme ni une épice que chaque famille politique pourrait ajouter à son programme sans modifier le reste, elle impose de choisir entre deux organisations de la société : l’une qui cherche à préserver un modèle fondé sur l’accumulation en tentant, bon an mal an d’atténuer ses dommages ; l’autre qui accepte d’en transformer les structures afin de rendre possible un avenir commun. 

Ce choix porte sur la propriété, la production, le travail, la richesse et la démocratie. Il engage notre conception de la justice autant que notre rapport au monde vivant. L’écologie n’échappe donc pas au conflit politique : elle en révèle la ligne de partage. 

L’écologie est de gauche

Par Mansour Thiam

mercredi 5 août 2026

La mousson, une histoire d'écoanxiété

« Il y a une fissure en toute chose : c’est ainsi que rentre la lumière ». Albert Cohen 

L’éveil 

Mon intérêt pour la nature est né alors que j'avais 10 ou 12 ans. Je le dois à mon frère Bruno et à son admiration sans borne pour le commandant Cousteau. Je revois encore son indignation devant le massacre des baleines, sa détermination farouche à défendre ces géants des océans dont il nous parlait comme de proches parents menacés. Je me revois aussi, assis à ses côtés, tous les vendredis soir, devant la télé, à regarder l’émission Thalassa, le magazine de la mer. 

Dans sa chambre s'entassaient les numéros de Terre Sauvage. Je les feuilletais comme des livres de contes. Les photographies y révélaient un monde d'une beauté presque irréelle. Ces pages de papier glacé furent les premières fenêtres ouvertes sur l'immensité du vivant. 

Bientôt, je rejoignis la Fondation Cousteau puis Greenpeace. À l'adolescence, j'arborais fièrement sur ma veste en jean le badge vert de l'organisation, comme un modeste étendard de mes convictions naissantes. Je croyais alors que l'amour de la nature suffisait à la protéger. 

Je ne savais pas encore que la conscience écologique pût aussi être une blessure. 

La chute 

Au printemps 2005, une fissure s'ouvrit dans le monde que je croyais connaître. 

Tout commença par un livre d'Hubert Reeves. Je crois qu'il s'agissait de Chroniques du ciel et de la vie, recueil de ses interventions radiophoniques sur France Culture. Peu importe finalement le titre exact ; ce qui demeure, c'est le vertige qu'il fit naître en moi. 

Certaines pages furent comme des éclairs dans une nuit d'orage. Elles révélaient des horizons assombris, des équilibres menacés, un avenir chargé d'inquiétudes. À travers ces mots, d’une rigueur implacable, une vérité s’est imposée à moi : la fragilité de notre présence sur Terre. 

Je refermais le livre mais cette vérité nouvelle, discrète d'abord, vint prendre place dans les replis de mon esprit. Puis elle grandit, lentement, inexorablement : comme une racine qui cherche sa voie sous la pierre. 

L'été suivant, tandis que cette inquiétude poursuivait son travail silencieux, ma vie familiale se trouvait elle aussi à un tournant. Ma première épouse, attendait une petite fille, notre troisième enfant. L’aîné était né en fin 2000 et son frère deux ans après. L’arrivée prochaine d'une petite sœur nous obligeait à quitter notre logement devenu trop étroit. 

Nous avions obtenu un appartement plus grand dans le treizième arrondissement de Paris. Mais celui-ci était dans un triste état et il m'a fallu, avec l'aide de mon père et de Didier, le mari de ma cousine Hélène, presque un mois d’un travail harassant pour le rafraichir. Tous mes congés y sont passés cet été car il y avait urgence ; nous devions déménager dans le courant du mois d'août. Pendant ce temps, mon épouse, alitée, vivait une grossesse difficile, menacée d’un accouchement prématuré, tout en s’occupant du mieux qu’elle le pouvait des garçons. 

Fatigue, inquiétude, urgence : tout se mêlait. 

Puis vint ce soir-là, ordinaire en apparence. 

J'étais épuisé par des heures de travaux lorsque je tombai sur un dossier du magazine Le Nouvel Observateur consacré au changement climatique. 

Ce fut le second choc. 

Certains textes sont des seuils, celui d’Hubert Reeves avait entrouvert la porte ; celui-ci l'enfonça. Et lorsqu'on la franchit, on ne revient jamais tout à fait au même endroit. 

Au fil des pages, quelque chose se fissura définitivement en moi. Le monde dans lequel je croyais vivre m’est apparu soudain comme une illusion fragile, une construction insoutenable lancée à pleine vitesse vers un mur invisible. 

Je sentis vaciller les fondations mêmes de ma réalité. 

Tout ce qui m'avait semblé solide devenait soudain friable. Le progrès, la croissance, la promesse d'un avenir nécessairement meilleur que le présent : autant de récits auxquels j'avais adhéré sans les questionner. Je comprenais brusquement qu'il ne s'agissait peut-être que d'histoires que nous nous racontions collectivement pour ne pas voir l'abîme sous nos pieds. 

Ce fut une expérience étrange, presque physique. 

Comme si le paysage familier de mon existence se dissolvait. Comme si le sol sur lequel je marchais depuis toujours se désagrégeait. Le sol s’est dérobé sous mes pieds. 

Je tombais. 

Et ma chute sera longue. 

Ensuite, les choses sont plus confuses dans mon esprit, c'est une sorte de brouillard jusqu'à la naissance de ma fille, le 1er octobre 2005. 

Ce jour-là fut très stressant car ma femme avait eu un précédent accouchement très difficile et nous étions inquiets pour celui qui arrivait. La naissance fut douloureuse mais finalement toutes les deux allaient bien, heureusement. 

Et pourtant, au cœur même de ce bonheur immense, une douleur insoutenable me traversa. 

Je découvris ce jour-là qu'il était possible d'éprouver simultanément la joie la plus pure et le désespoir le plus profond. Mille questions m’assaillaient et me torturaient. 

Qu'avions-nous fait ? 

À quelles tempêtes avais-je exposée mon bébé mais aussi ses frères ? 

Comment continuer à vivre normalement lorsque l'on croit apercevoir un incendie à l'horizon ? 

Quels paysages pourront-ils encore contempler lorsqu'ils seront adultes ? 

Que pouvais-je faire pour protéger mes enfants des souffrances à venir ? 

Cette culpabilité nouvelle était d'une profondeur vertigineuse. 

Elle ne m'a jamais totalement quitté. 

 L’obsession 

Je tentais malgré tout de poursuivre ma route : j'allais travailler, je m'occupais de ma famille, je jouais avec les enfants, je souriais, Je donnais le change. 

Mais rien n’était plus normal. Ma vision du monde s’était brisée, et la nouvelle me terrifiait. 

J'ai été alors pris d'une boulimie de lecture sur le sujet du changement climatique. Je voulais tout savoir, tout comprendre. Je voulais mesurer l'étendue du danger. Je voulais trouver une faille dans le raisonnement, une erreur dans les calculs, une raison d'espérer. 

C'est ainsi que je découvris Jean-Marc Jancovici et son blog Manicore. J'y passais des heures. À mesure que je comprenais les liens entre énergie, climat, économie et croissance, la carte du monde se recomposait dans mon esprit. Tout devenait terriblement cohérent. 

Cette lecture me faisait à la fois du bien, car elle m'ouvrait les yeux et l'esprit, et la fois du mal, car je ne voyais plus que l'impasse mortifère dans laquelle nous nous étions collectivement engouffrés. 

Je me mis à me questionner mentalement sur l'empreinte carbone de chaque geste du quotidien. Chaque achat, chaque aliment, chaque déplacement, chaque objet devenait une question morale. Je n'habitais plus le présent ; j'habitais les conséquences. 

Je n'en dormais plus la nuit, je m'épuisais. 

Je me suis mis à évoquer ce sujet avec ma femme, ma famille, mes amis, mes collègues. Je ne parlais plus que de cela. A part Bruno, mon frère, personne ne semblait comprendre l'ampleur de la catastrophe annoncée. Je ne comprenais pas comment les autres pouvaient continuer à vivre comme si de rien n'était, insensibles à l’urgence. Cela me rendait fou. J'avais beau argumenter, on me renvoyait toujours l'idée que j'étais catastrophiste, que je voyais tout en noir et que je finissais même par devenir fatigant par mon extrémiste. Moi, j’avais le sentiment inverse : c’était le monde qui sombrait dans une forme d’aveuglement extrême. Je me sentais terriblement seul. J'avais l'impression d'être Don Quichotte à me battre contre des moulins. J'en suis devenu agressif et colérique. J'étais en rage contre le monde entier. 

Mes parents, en plein désarroi, ne semblaient pas comprendre la profondeur de mon angoisse. Malgré mes sautes d’humeur, ils ont toujours été présents et aimants. Leur maison était un refuge. Je les remercie de m'avoir accompagné durant cette phase douloureuse. 

C'est finalement mon épouse qui a su trouver les mots pour j'accepte d'aller consulter mon médecin. Sans trop de difficulté, celui-ci a rapidement diagnostiqué une dépression et m'a prescrit des antidépresseurs. Le traitement a duré quatre ans. Je me souviens qu'à mi-traitement, alors que je me sentais mieux, j’ai voulu arrêter les médicaments. Mon médecin, constatant que j'étais encore fragile psychologiquement, a alors prononcé cette phrase que j'ai toujours en mémoire "il vaut mieux être accro aux antidépresseurs qu'à la dépression". Qu’il soit aussi remercié de son aide. 

En parallèle, j'ai tenté de me faire accompagner par un psy. Le premier, un psychiatre, fut une catastrophe car brutalement il m'a fait comprendre que pour lui le changement climatique était un phantasme et que je délirais. Je me souviens être sorti de son cabinet avec un sentiment de révolte sans limite. Autant dire que je ne l'ai jamais revu. Je me souviens après avoir trouvé une dame très douce qui me recevait dans une toute petite pièce. J'ai fait quelques séances avec elle mais les souvenirs sont très vagues. Est-ce que cela m'a fait du bien ? Je n'en suis pas certain car j'ai rapidement arrêté les séances. 

Ce que je garde de cette période c'est un sentiment absolu de noirceur, de solitude, de colère, d'impuissance et de désespoir. Et le mot écoanxiété n'avait pas encore été inventé ! 

La lumière 

C'est alors que, doucement, la lumière est revenue. 

La première éclaircie prit la forme d'une adhésion à l’association écologiste Les Amis de la Terre. 

Je me souviens de nos réunions en plein cœur de Paris dans un vieil appartement gris qui sentais un peu la poussière. Il y avait une grande table recouverte d'un feutre vert autour de laquelle nous nous assoyions. Les sujets de débats n'étaient pas très joyeux et les actions proposées n'étaient pas très enthousiasmantes. 

Pourtant, lors de ces réunions, quelque chose en moi s'apaisait. Pour la première fois depuis longtemps, je n'avais plus besoin de justifier mes angoisses puisque mes camarades les partageaient. Je n'étais plus l'oiseau de mauvais augure. Je n’étais plus cette sorte de Cassandre dérangeante. Mais tout cela manquait de souffle, de vie ! 

C’est alors qu’un soir, au détour d'une réunion, je fis une rencontre décisive. Celle de l'association des Amis de l'ÉCOZAC de la Place de Rungis. 

À la tribune se tenaient Philippe Bovet, Marcus Neumann et Elsa Gheziel, venus présenter leur projet : Leur but était de militer pour la construction du premier quartier respectueux de l'environnement dans le 13eme arrondissement de Paris. L'association avait rédigé une plate-forme d'objectifs qui demandait que les bâtiments soient économes en énergie, construits avec des matériaux biosourcés et alimentés en énergie renouvelable, que les eaux de pluie soient récupérées, que la place de la voiture soit repensée pour favoriser les modes de transport doux, que des jardins partagés soient mis à disposition des habitants. L'idée était aussi de peser plus largement sur le débat public et faire avancer les politiques publiques en lien avec l'habitat, l'urbanisme et le changement climatique. 

Mais j'entendis aussi autre chose. J'entendis une promesse. La promesse qu'il était encore possible d'agir. La promesse que la lucidité n'était pas condamnée à l'impuissance. Pour la première fois, il ne s’agissait plus seulement de comprendre ou de dénoncer, mais d’entreprendre. Concrètement. Localement. Utilement. J'ai été immédiatement enthousiasmé par ce projet et sans la moindre hésitation j'ai adhéré à l'association. 

J'ai été très impressionné par la personnalité des membres de ce trio. Chacun apportait une lumière particulière. 

Philippe, avec son savoir encyclopédique, et bien qu’à peine plus âgé que moi, est devenu à cette époque mon père spirituel en écologie. 

Marcus, avec sa rigueur de scientifique mais avec son âme d'entrepreneur était un battant, là où beaucoup voyaient des obstacles, il cherchait déjà des stratégies. 

Enfin, Elsa faisait vivre au quotidien l'association. Je crois aujourd'hui qu'elle ne mesurait pas l'importance qu'elle eut dans ma reconstruction. Un jour où je lui confiais mon désarroi devant l'intensité de mes émotions, elle me répondit simplement : 

"Bienvenue chez les êtres humains. Seuls les psychopathes ne ressentent rien". 

Cette phrase, si simple en apparence, eut sur moi l'effet d'une bénédiction. Pendant des années, j'avais considéré ma sensibilité comme une faiblesse. Elle me permit soudain de la regarder autrement. Comme une preuve de mon humanité. 

A côté d'eux je me sentais tout petit, mais ils ont eu la gentillesse de m'accueillir, de me faire confiance et de me laisser une place dans leur groupe. C'est ainsi que je suis devenu le coordinateur des bénévoles de l'association, puis quelques temps après administrateur de l'association. 

Je me suis plongé à corps perdu dans mes missions d'autant plus que l'association a rapidement pris de la visibilité et de l'ampleur. Mon épouse a eu l'intelligence de me laisser beaucoup de temps pour cette activité. 

Avec les bénévoles, qu'il fallait motiver, nous avons fait du tractage, des manifestations, tenus des stands lors d'événements, été présents lors des réunions publiques organisées par la mairie. 

Avec l'association, nous organisions aussi des voyages d'étude sur les écoquartiers à destination de tout type de public et notamment de décideurs politiques. L’idée était de changer leurs représentations en montrant ce qui se faisait de bien à l’étranger puisque la France était alors très en retard sur le sujet. Nous partions toujours en train (j'ai décidé en 2005 que je ne prendrai plus jamais l'avion). Nous avons visité Bedzed, en banlieue de Londres, Malmö en Suède, et surtout le quartier Vauban à Fribourg en Brisgau en Allemagne. 

Ce dernier voyage fut une révélation, il m'a semblé que je pouvais toucher du doigt le paradis. Enfin je pouvais voir un exemple d'habitat durable, moderne, confortable, beau et au contact de la nature bien qu'urbain. Je me suis pris à rêver d'habiter avec mes enfants et ma femme dans un tel environnement. 

Nos efforts ont été couronnés de succès et c’est ainsi que le premier écoquartier de Paris est sorti de terre. 

Je dois beaucoup à cette association et à ses fondateurs, en ce qu'ils m'ont permis de me remettre en mouvement et de reprendre contact avec la vie. 

L’ancrage 

A mesure que je m'engageais, une autre transformation se produisait. Je découvrais que l'action extérieure ne suffisait pas. On peut tenter de changer le monde. Encore faut-il apprendre à habiter le sien. C'est à cette époque que la méditation de pleine conscience entra dans ma vie. 

Mon père m’avait parlé de la « pleine conscience », présentée comme un outil de performance cognitive. J’ai découvert plus tard que c’était bien plus que ça. 

J’ai lu Kabat-Zinn sans tout comprendre au début, mais fasciné. Puis Christophe André, Zindel Segal, Jack Kornfield, Matthieu Ricard… Et surtout, j’ai pratiqué. 

J’ai fréquenté les bouddhistes, les champions du monde en la matière. J’ai testé plusieurs traditions, avant de m’ancrer dans celle de Shamballa, la plus laïque. Retraites, enseignements, protocole MBSR… 

J’ai découvert un continent intérieur dont j'ignorais l'existence. Dans cet espace de silence, je rencontrai peu à peu mes peurs, ma colère, ma tristesse. Je cessai de les combattre. J'appris à les écouter. Puis à les laisser passer comme les nuages passent dans le ciel. 

J’y ai appris de grandes vérités : l’impermanence et l’interdépendance de toute chose, la vraie nature de l'esprit et l’importance de la compassion. Je compris que la souffrance naît souvent de notre désir désespéré de retenir ce qui change et de repousser ce qui nous effraie. Je compris aussi que l'on peut regarder la réalité telle qu'elle est sans renoncer pour autant à la joie. 

Cette découverte fut immense. Elle transforma progressivement mon rapport au monde. Peu à peu, mon âme retrouva son souffle. C'est ainsi qu’en 2010 j'ai écrit "mixer le bonheur" qui se voulait une synthèse de ce que j'avais appris sur ce sujet et que l’on peut retrouver sur le blog de Bruno. 

Les antidépresseurs quittèrent ma vie. 

Les bouleversements 

Enfin cette période a été celle des bouleversements amoureux. 

Avec mon épouse, rien ne s’améliorait. Je pense, et c'est un euphémisme, n'avoir pas été très drôle pour elle. Je ne comprenais pas qu'elle ne prenne pas conscience de la gravité de la situation, de ce que cela allait impliquer pour l'avenir de nos enfants et qu'elle ne souhaitait pas changer sa façon de vivre. Cela me rendait dingue et je crois que je la rendais dingue en retour. Avec le recul, j'en suis sincèrement navré, il me semble que ma femme ne méritait pas cela. 

Notre couple s’est alors défait. Ce jour de 2007 où j’ai fait ma valise pour quitter définitivement le foyer familial reste le pire de ma vie. Ce fut un déchirement profond, j’avais l’impression d’abandonner mes enfants, d’échouer. 

Ma sœur m'a beaucoup accompagnée durant cette période. Je lui dois beaucoup grâce à son écoute et à son soutien moral. 

Pourtant, j'ai rapidement retrouvé un second souffle dans cette nouvelle vie de célibataire. Enfin ce n'était plus la guerre à la maison et je pouvais organiser ma vie selon mes nouvelles valeurs. Les enfants semblaient bien s'accommoder de notre séparation et j’étais heureux de pouvoir m’en occuper quand ils étaient sous mon toit. Je crois qu’ils étaient heureux aussi. 

J'ai pu aussi rencontrer et recevoir des gens qui partageaient mes convictions et pleinement m'impliquer dans l'association. 

Enfin, cela a été aussi la période où j'ai rencontré Céline qui est aujourd'hui mon épouse. Notre rencontre en 2009 a été décisive dans ma reconstruction psychologique. Enfin je rencontrais une femme partageant mes valeurs et mes craintes liées au changement climatique. Enfin je pouvais partager mes convictions sans passer pour un hurluberlu. Nous nous comprenions, ressentions la même chose et, cerise sur le gâteau, partagions le même intérêt pour la méditation. Enfin je n'étais plus seul et j'allais pouvoir rebâtir ma vie sur de nouvelles fondations. Je ne remercierai jamais assez la vie qui nous a fait croiser et entremêler nos chemins. 

La mousson 

Alors que retirer comme leçon de cette expérience de vie ? 

D’abord, que l’écoanxiété est le prix d’un regard lucide. Mais regarder le dragon dans les yeux sans s’entourer, c’est risquer de s’y brûler. 

Ensuite, mon écoanxiété et la dépression qui l’a suivie ont été comme la mousson. 

Soudain dans ma vie des nuages noirs se sont amoncelés. Une pluie battante s'est mise à tomber. Peu à peu l'eau glaciale est montée autour de moi. Inexorablement elle a tout recouvert. Elle s'est infiltrée partout. Tout a été noyé, emporté, dévasté par ce courant glacial. J’ai lutté pour ne pas sombrer dans ces eaux noires. 

Et puis, un jour, la pluie s’est calmée. L’eau a reflué, lentement. Les nuages se sont dissipés. Derrière eux, les rayons du soleil se sont mis à percer. 

C’est alors que j’ai pris conscience que le paysage autour de moi et en moi avait changé. Plus rien n’était intact. Mais quelque chose avait grandi, refleuri, verdi. Comme les végétaux après la pluie, j’avais retrouvé une nouvelle vigueur. Je venais de pénétrer dans un nouveau monde nouveau, riche d'amour du vivant, d'humanité, de bienveillance et d’humilité. J'étais entré dans un nouveau paradigme et c'est celui-ci que je m'emploie dorénavant à faire vivre au quotidien. 

Namasté chères lectrices et chers lecteurs. 

Par Christophe Bombled 

vendredi 24 juillet 2026

L’ère des confinements

« Petites boîtes, petites boîtes, Petites boîtes faites en ticky-tacky » Graeme Allwright 

Après le COVID, nous pensions que le confinement serait une parenthèse. Une anomalie de l’histoire. Une mesure exceptionnelle, dictée par l’urgence sanitaire. Mais si nous nous trompions ? 

Depuis des années déjà, nous apprenons à vivre enfermés. 

Je me souviens que petit, avec mes camarades, nous nous amusions dehors, nous jouions dans la rue, nous grimpions dans les arbres, nous construisions des cabanes et nous allions nous promener dans le village. Le matin, c’est en petite troupe que nous partions à l’école. Aujourd’hui, les rues sont vides d’enfants : trop dangereux, dit-on. Trop d’accidents, trop de peurs, réelles ou fantasmées. Alors on reste à l’intérieur, derrière des murs rassurants. 

Puis est venu le COVID et le temps du confinement sanitaire. Nous avons appris à limiter nos déplacements, à réduire nos contacts, à vivre à distance. Pendant des mois, nous avons découvert qu’il était possible de travailler, d’étudier, de consommer et même de maintenir un semblant de vie sociale sans quitter son domicile. Et nous nous y sommes, en partie, habitués 

C’est ainsi que dans le même temps, un autre confinement s’est installé presque silencieusement : le confinement numérique. Les écrans occupent une place croissante dans nos vies jusqu’à envahir notre quotidien. Ils nous donnent l’illusion de nous relier au monde entier mais nous nous éloignent de ceux qui nous entourent. Nous échangeons davantage de messages, mais moins de paroles. Nous parlons à des IA. Nous faisons moins l’amour. Nous fréquentons des communautés virtuelles, mais nous ne connaissons pas nos voisins. Nous apprenons à vivre dans des univers filtrés, protégés, maîtrisés. Comme si notre époque nous poussait à remplacer l’expérience directe du monde par sa version numérisée. Le numérique nous retient chez nous : les repas, uberisés; le cinéma, netflixisés ; les amis, pixélisés ! Les courses, les rencontres, les démarches administratives, le travail, tout vient à nous. Le monde extérieur devient optionnel. Il suffit d’un écran, d’un canapé, d’une connexion. Nous ne sommes pas enfermés par la force, mais par commodité. Et c’est peut-être là le plus troublant : nous apprenons à aimer notre enfermement et nous nous confinons dans une bulle virtuelle. 

Aujourd’hui, un nouveau type de confinement s’impose à nous, plus implacable, plus brutal : celui imposé par le dérèglement climatique. Les chaleurs deviennent écrasantes, l’air parfois irrespirable, les catastrophes naturelles plus fréquentes. Alors, une fois encore, nous nous replions. Nous fermons les volets, nous restons chez nous, nous évitons l’extérieur devenu hostile, invivable. 

Et demain ? 

Demain, vivrons-nous dans un monde où l’enfermement sera la norme ? Un monde où l’on ne sortira plus, où l’on se protégera sans cesse, où le lien avec la nature — et avec les autres — sera toujours plus ténu. Un monde de précaution permanente. Et ce qui ressemble à une protection pourrait bien devenir une prison. 

Car cette évolution n’est pas seulement subie. Elle est aussi, en partie, le fruit de nos choix collectifs. Notre mode de vie, énergivore, extractif, déconnecté du vivant, participe à rendre le monde extérieur moins habitable. Nous avons fragilisé les équilibres dont dépend notre liberté. 

D’une certaine manière, nous construisons nous-mêmes les murs qui nous enferment. 

La peine est silencieuse, progressive : un enfermement à perpétuité dans des espaces de plus en plus contrôlés, de plus en plus artificiels, de plus en plus coupés du vivant. 

Et cette ère du confinement ne sera pas vécue de la même manière par tous. Certains habiteront des logements spacieux, climatisés, connectés, entourés de services. D’autres seront enfermés dans des espaces trop petits, trop chauds, trop bruyants, trop pauvres. Le confinement des uns ressemblera à un cocon ; celui des autres à une assignation à résidence. 

Mais peut-être est-il encore temps pour infléchir la trajectoire ? 

À condition de reconnaître notre interdépendance. De comprendre que nous ne sommes pas séparés du reste du vivant, mais intimement liés à lui. À condition de transformer nos modes de vie, de production, de consommation. Et surtout, de réapprendre à tisser des liens — avec les autres humains, mais aussi avec le monde vivant dans son ensemble. 

Sans cela, l’ère du confinement ne fera que commencer et peut-être trouverons nous cela normal ? 

Par Christophe Bombled 

mercredi 1 octobre 2025

Nous sommes tous et toutes atteint.e.s du syndrome de Diogène

Imaginez un appartement dont chaque pièce déborde de déchets. Les couloirs sont encombrés de sacs plastiques, les fenêtres obstruées par des montagnes d’objets inutiles, l’air est irrespirable, saturé de poussière et de moisissures. Le sol craque sous le poids des accumulations, les murs suintent l’humidité, et pourtant, le locataire refuse de jeter quoi que ce soit. Il reste là, à vivre dans son propre cloaque incapable d’agir pour retrouver un logement sain. 

Maintenant, agrandissez cette image à l’échelle de la planète : Bienvenue chez nous ! 

Nous vivons aujourd’hui sur terre littéralement au milieu de nos déchets. Les produits chimiques suintent dans nos sols et polluent les eaux, les pesticides imprègnent nos assiettes, les microplastiques et métaux lourds s’accumulent dans nos foies, reins et cerveaux, les PFAS circulent dans notre sang, les suies des mégafeux noircissent nos poumons, les dioxines corrodent nos cellules, les perturbateurs endocriniens sabotent nos hormones. Chaque bouffée d’air est un cocktail toxique, chaque gorgée d’eau un mélange de résidus industriels, chaque bouchée de nourriture un concentré de nos propres poisons. Nous sommes devenus les cobayes d’une expérience monstrueuse : celle d’une civilisation qui, jour après jour, s’empoisonne elle-même ainsi que le reste du vivant. 

Le syndrome de Diogène, c’est nous. Comme le malade qui s’accroche à ses ordures, nous nous cramponnons à ce qui nous détruit. Nos "trésors" à nous, ce sont les énergies fossiles qui réchauffent notre atmosphère, l’agriculture intensive qui stérilise nos sols et pollue les eaux, la surconsommation qui remplit nos décharges. Nous préférons l’enfer connu de notre modèle toxique à l’effort d’un changement. Nous tergiversons, nous débattons, nous reportons, comme un malade qui tripatouille ses déchets plutôt que de se prendre en main, alors que son logement pourrit autour de lui. 

Les scientifiques ont identifié des lignes rouges : neuf limites planétaires, les seuils à ne pas franchir pour que la Terre reste habitable. Nous en avons déjà pulvérisé sept. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les sols se transforment en poussière, les océans deviennent des soupes acides, l’air irrite nos poumons… Nous vivons en surrégime, comme un Diogène qui continue à entasser des ordures dans un studio déjà saturé, jusqu’à ce que le plafond s’effondre. 

Les conséquences ? Elles crèvent les yeux. Des maladies qui explosent, des canicules qui tuent, des sécheresses qui transforment les terres fertiles en déserts, des inondations qui noient nos villes, des forêts aux arbres malades et des campagnes sans vie. Pourtant, nous faisons semblant de ne pas voir. Nous parlons de Mars, de colonies spatiales, de terres promises ailleurs dans l’univers. Mensonge ! Aucune planète de rechange ne nous attend. Aucune arche spatiale ne viendra nous sauver. Nous sommes destinés à vivre ici, dans cette maison qui fut si belle et que nous souillons méthodiquement, comme un malade qui s’évertue à pourrir son propre appartement devenu insalubre. 

Les limites planétaires ne sont pas des théories. Ce sont les murs de notre maison qui aujourd’hui se fissurent et qui s’effondrent 

Nous aimons nous croire indépendants, maîtres de notre destin. Illusion ! Quand les forêts canadiennes brûlent, ce sont nos poumons en Europe qui suffoquent. Quand les plastiques envahissent le Pacifique, ils finissent dans nos estomacs. Quand les pesticides exterminent les abeilles, nos assiettes se vident. Nos choix ont des répercussions en cascade. Les gaz à effet de serre que nous crachons ne restent pas au-dessus de nos têtes : ils voyagent, s’accumulent, réchauffent la planète, font monter les océans, déclenchent des catastrophes à des milliers de kilomètres. 

Nous ne sommes pas des îles, tout est interdépendant ; nous sommes une sous-partie d’un seul organisme planétaire aujourd’hui intoxiqué, asphyxié, au bord de l’effondrement. Notre bien-être est indissociable de celui de la Terre. Nous vivrons sainement seulement dans un environnement sain, et misérablement dans un environnement misérable. Mais apparemment nous sommes tous enchaînés à ce système délétère que nous avons créé, comme les chaînes d’un Diogène qui l’attachent à ses déchets. 

Nous avons bâti une civilisation sur une illusion : celle d’une planète toujours capable d’absorber les fruits pourris de notre mode de vie moderne. Or, la physique et la chimie, elles, ne plaisantent pas. Elles ne se soucient ni de nos beaux discours, ni de nos promesses électorales, ni de nos tergiversations, ni de nos espérances. Elles agissent, implacables. Et leurs effets sont déjà là : effondrement des écosystèmes, multiplication des catastrophes, empoisonnement généralisé. 

Il n’y a pas de négociation possible. Soit nous changeons, soit nous disparaissons. Soit nous nous soignons de notre syndrome généralisé de Diogène, soit nous serons ensevelis sous nos propres immondices, étouffés dans notre maison transformée en décharge géante. 

 Christophe B. 

dimanche 21 septembre 2025

Pour la République et la Paix ...

Texte lu par mes soins, pour le groupe des Écologistes des Ulis,

lors de la fête de la République et de la paix, célébrée, 

comme tous les 21 septembre.

Chères citoyennes, chers citoyens, 

Chères amies, chers amis, 

La manifestation d'extrême droite du week-end dernier, à Londres, est effrayante par son ampleur. Il ne sert à rien de le nier, définitivement le fascisme a le vent en poupe en Europe et dans le monde. Trump a brisé les derniers tabous. L'humanisme, en état de sidération, perd du terrain, au profit de la haine décomplexée et c'est catastrophique. 

Soutenir l'extrême droite c'est soutenir un groupe qui porte en lui les germes de la violence, du meurtre, du sang et des larmes. Les fascistes et leurs ami.e.s pourront toujours argumenter que c'est faux, la réalité a le cuir épais : "Aux Etats-Unis, l’extrême droite est impliquée dans 93 % des meurtres extrémistes" peut-on lire dans libération. [...] Sur 20 ans (aux USA ndt), une très large majorité des meurtriers (347 sur 371) sont liés à des organisations d’extrême droite. Pour la majorité d’entre eux (262), il s’agit de suprémacistes blancs. [...]. 

Et ainsi, n'en déplaise à la droite et son extrême et à l’ère de la post-vérité où tout est permis, l'assassin de Charlie Kirk est bien des leurs. 

Chez les écologistes on condamne fermement le fait de tuer quelqu’un et particulièrement pour ce qu’il dit. Cependant transformer cet homme raciste, sexiste, homophobe, transphobe et antisémite, en martyr de la liberté d’expression c’est juste ouvrir davantage les discours ultra réactionnaires et racistes dans l’espace public. 

Benjamin Brillaud (nota bene) dit et on partage « Je vois des comparatifs avec Martin Luther King, Kennedy, Charlie Hebdo… c’est la foire à la saucisse. Tant de « silences » médiatiques sur tant d’horreurs, et tant de bruit sur un suprémaciste qui n’attisait que la haine…c’est symptomatique de quelque chose et c’est profondément triste. » 

C’est dans ce contexte national et international régressif qu’aujourd’hui, nous célébrons la République et la Paix. Et cela n’en a que plus d’importance. Deux valeurs indissociables, deux idéaux qui nous rappellent que la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité ne peuvent pleinement s’épanouir que dans un monde libéré de la violence et du mépris de la vie. 

Notre République démocratique et humaniste est notre bien commun, notre Etat de droits, non négociable, est le gardien de nos libertés. Notre République démocratique et humaniste nous rassemble au-delà de nos différences. Elle nous oblige à protéger les plus vulnérables, à garantir à chacune et chacun sa place, sa dignité, ses droits. Mais la République ne peut être vivante que si elle s’adosse à la justice sociale et à la justice environnementale et il ne peut y avoir de justice sociale, donc de paix civile sans justice environnementale. 

La Paix, elle, n’est pas seulement l’absence de guerre. Elle est la construction quotidienne d’un monde où l’on privilégie le dialogue à la confrontation, le soin à la prédation, le partage à l’accaparement. Elle commence ici, dans notre manière de vivre ensemble, et elle s’étend jusqu’à la planète toute entière. Le pacifisme c'est travailler à annihiler toutes les causes de la guerre mais pas de refuser un conflit imposé par une puissance incontrôlée car on ne peut pas crier « à tout prix la paix ». Quel prix sommes-nous prêts à payer pour avoir la paix en cas d’agression ? 

Le pacifisme c'est travailler à annihiler toutes les causes de la guerre, or, nous le savons, notre maison commune est menacée et premièrement par la remise en cause de la science au profit des croyances. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les inégalités s’aggravent. Les crises écologiques alimentent les conflits et déplacent des millions de personnes. C’est pourquoi être écologiste aujourd’hui, c’est être artisan de paix. Car sans respect de la nature, il n’y aura pas de justice, et sans justice, il n’y aura pas de paix. C’est tout le message du Prix Nobel de la paix de 2007, décerné au GIEC pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme qui, à terme, provoqueront tensions et guerres. 

En ce jour de fête, souvenons-nous que chaque geste compte. Chaque engagement local, dans une pensée globale, participe à cette grande œuvre de concorde. Chaque arbre planté, chaque énergie renouvelable produite, chaque solidarité créée entre voisins est une victoire de la République et de la Paix. 

Alors, rassemblons nos forces. Portons haut les couleurs de l’écologie, de la démocratie, et de l’humanité. La République est notre socle, la Paix est notre horizon, et l’écologie est le chemin qui relie l’une à l’autre. 

Vivce la France, vive la République, vive la Paix, et vive l’écologie !

 

jeudi 30 janvier 2025

Claude Allègre est donc mort.

Par Jean-Marc Jancovici - 2025 

Claude Allègre est donc mort. S'il n'avait été "que" scientifique, il n'est pas sur qu'il y aurait eu cet hommage (pour le moins maladroit !) de notre premier ministre sur X, mais voilà : il a aussi été ministre. Or, dans ce milieu, il est souvent de bon ton de dire du bien de vos adversaires une fois qu'ils sont morts. 

 Il est certain qu'Allègre a fait des choses bien dans sa vie. Mais il y a une chose qu'il a fini par faire très mal : parler du dossier du réchauffement climatique d'origine humaine. Et il l'a fait avec énormément d'énergie ! 

Rappelons tout d'abord que s'il a été si efficace dans cette "croisade", c'est notamment parce qu'à l'époque il était très facilement invité dans les media (pas de réseaux sociaux alors). Cela m'avait conduit à publier cette longue dissertation sur le fait que le "droit au débat", souvent mis en avant par des journalistes pour convier l'ancien ministre, était en l'espèce un argument dévoyé.

A l'époque où Allègre était très présent, je m'étais fendu de deux commentaires un peu longs sur les écrits de notre ancien ministre. Le premier "analysait" une tribune qu'il avait publiée dans Le Monde en octobre 2006, où l'auteur se posait en victime parce qu'il avait le courage de dire la vérité.

La tribune en question avait fait l'objet d'un appel en Une du journal, et la rédaction l'avait faite précéder d'un chapô dans lequel était écrite la phrase suivante : "L'unanimité actuelle sur la responsabilité de l'effet de serre dans le réchauffement de la Terre est suspecte." .

Et à l'époque il n'y avait pas que Le Monde ! De très nombreux organes de presse, écrite, radio ou télé lui ont ouvert leurs colonnes ou tendu le micro. La bonne nouvelle est que depuis la presse est devenue globalement beaucoup plus sérieuse sur la question climatique. 

Emporté par mon élan, j'avais aussi recensé son livre "Ma Vérité sur ma Planète". En me relisant, je me dis qu'à l'époque j'étais un peu plus énervé qu'aujourd'hui sur la forme 🙂. 

 Il subsiste pourtant un "mystère Allègre". En 1987, ce dernier a publié un ouvrage intitulé "12 clés pour la Géologie" (Belin). Il y écrivait : "[l’augmentation de la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère] est autrement plus important[e] que le danger nucléaire. La concentration en gaz carbonique augmente dans l’atmosphère, et, par ce que l’on appelle l’effet de serre, la température du globe augmente lentement. (…) Le problème est extrêmement important scientifiquement et nous devrions prendre des mesures rapidement. (…) la source du gaz carbonique est la combustion des combustibles fossiles. (…)". 

Question, que j'aurais adoré voir traitée par la presse à l'époque : pourquoi, entre 1987 et 2006, notre ancien ministre a aussi radicalement changé d'avis, alors même que la science progressait ? Une chose est certaine : il est désormais un peu tard pour lui poser la question...

mardi 20 août 2024

Soyons le changement ... conversation avec un copain

 

A un copain qui répond, sur facebook, à mon interrogation, faussement naïve, sur ce que l’on doit faire concrètement, individuellement et collectivement, pour éviter l’effondrement, en me disant que « concrètement Bruno, à notre niveau, en dehors du militantisme, que crois-tu que l’on puisse faire ? Par contre n’hésites pas à poser ta question à Patrick Pouyanné, le pdg de total qui s’est fait 20 milliards de bénefs en 2022. Je ne parle pas des Jeff Bezos, Elon Musk et autres. Je pense que nous culpabiliser, nous petit peuple, ne résoudra pas le problème. Nous ne sommes que de tout petit colibri et chacun agit avec sa conscience... » ... j’ai envie de lui dire que ... 

Un, si la vidéo que tu montres n’est pas culpabilisante alors je ne sais pas ce que c’est. Vidéo qui dénonce la futilité des gens qui, subjugués par leurs téléphones, ne voient pas l’urgence climatique et d’effondrement du monde, un monde en feu qui défile au dehors du train dans lequel ils et elles sont. Si ça ce n’est pas culpabilisant en dénonçant leur inconscience !?!? 

Ensuite j’en ai assez marre de cette réflexion qui dit qu’il ne faut pas culpabiliser les gens. Et bien si ! Au contraire !!! Moi je dis qu'il faut responsabiliser les gens puisque nous nous revendiquons adultes et donc logiquement responsables de nos actes. Ce sont les enfants qui sont considérés comme irresponsables. Pas les adultes ! Ainsi ce monde (celui du monde libre, celui de ces gens qui ont la chance d’avoir le droit de vote et de pouvoir s’exprimer librement) est organisé par les électeurs et les électrices qui votent majoritairement pour un monde carboné, climatocidaire et écocidaire. Les gens votent pour maintenir l’organisation actuelle du système. Les gens ne votent pas pour la décroissance, ni pour la préservation de l’environnement, ni pour celle du climat. Les toutes dernières élections françaises et européennes l'ont encore démontré. Donc oui, les gens libres sont responsables de la situation car les politiques et donc l’organisation du système, ne viennent que parce que les gens votent majoritairement pour cela. Ils et elles sont donc responsables et … coupables de la situation. 

Ensuite, non ! Je ne vais pas poser la question à Patrick Pouyanné, à Jeff Bezos, à Elon Musk, ni aux autres car ces gens-là ne se font du bénef que grâce à la demande des consommateur.trice.s. En effet que fait Total si ce n’est que produire de l’essence pour les SUV des parisien.ne.s, du kérosène pour les avions des touristes ou bien encore du gasoil pour les camions d’amazon ? Que fait Jeff Bezos si ce n’est que répondre à la demande des consommateur.trice.s qui ne supportent plus d’attendre pour recevoir le dernier gadget à la mode au détriment de tout ? Que font les entreprises si ce n’est produire des biens de consommations pour répondre à la folie consumériste ? Que fait la CMA-CGM si ce n'est transporter la demande mondiale de produits de consommation ? Que l’on ne vienne pas me dire que les consommateur.trice.s de fast-fashion ne sont pas responsables ni coupables de maintenir un système basé sur l’exploitation et le gâchis ! Que fait Luca de Meo en produisant des voitures toujours plus lourdes si ce n’est de répondre à une vraie demande de grosses voitures ? Que font les marques de téléphones si ce n'est que de répondre aux envies des consommateur.trice.s d'avoir des portables toujours plus complexes, toujours plus hype, toujours plus à la mode ? Sans demandes des consommateur.trice.s, il n'y aurait rien de tout cela. Alors oui, certes les entreprises entretiennent l'envie, mais notre responsabilité devrait nous aider à résister et à refuser. Mais dans l'ensemble nous ne renonçons pas. Telle est notre responsabilité. 

Oui nous sommes toutes et tous responsables et coupables de ce qui arrive car nous refusons de renoncer à tout cela. Donc si déjà les gens pouvaient commencer à ressentir une certaine culpabilité ce serait déjà une excellente étape dans la prise de conscience car, franchement, si l’on voit que rien ne s’arrange au niveau des défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas, c’est qu’il y a un gros paquet de gens qui ne ressentent, souvent en toute conscience, aucune culpabilité. 

Mon camarade (MI) me répond sur ma publication Facebook : Sauf que nous n’arriverons jamais à changer la conscience de la plupart des gens Bruno, l’Homme est ainsi fait ... après je comprends ton raisonnement (tu vois je ne suis pas totalement négatif 😉) et c’est donc pour cela que j’ai mis à la fin que nous ne sommes que des colibris et nous agissons avec notre conscience. Bruno, toi et moi ne sommes pas dupe... l’Homme est et sera malheureusement toujours consumériste, égoïste, aimant le pouvoir, la guerre, il est là le problème, donc en ce sens je ne suis pas responsable de l’inconscience des autres... et c’est pour cela que je dis à part le militantisme (j’aurai dû rajouter en dehors de nous-même être éco-responsable mais ça va de soi), que peut-on faire ? Après il y a aussi malheureusement les pays pauvres, où tu peux comprendre que l’objectif de certains est juste de se nourrir et de se loger car ils doivent survivre. Par contre le côté positif est que nous pouvons bien éduquer nos enfants pour qu’ils prennent conscience des enjeux de l’urgence climatique... Et quant à cette vidéo chacun interprète comme il veut le niveau de culpabilité... moi je trouve qu’elle dénonce une situation point. A chacun de prendre la chose comme il souhaite, selon son niveau d’éco-responsabilité. Autre chose, bien que je sois un peu d’accord avec toi sur ça, je pense que si les hommes comme Musk etc arrêtaient sans cesse d’innover sur des technologies énergivores, nous n’en serions pas là. Nous ne pouvons pas reprocher à l’être humain d’avoir des envies... d’ailleurs je te réponds de mon smartphone 😉. Je pense que nous sommes d’accord sur le fond mais pas sur la forme. Je suis contre l’écologie punitive. Dans tout ça notre vrai "ennemi" est ce monde ultra-capitaliste. Et désolé pour ce long commentaire 😉 Bien à toi. 

BB : merci pour ta réponse, il y aurait encore beaucoup de points à débattre mais merci d'avoir pris le temps d'exposer ta pensée, c'est cool 😊 Cependant, par pitié, arrête avec l'écologie punitive. Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Économie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous promettent. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

MI : Oui et ? Que peut faire le petit peuple que l’on est contre ça, concrètement ? Je te pose la question. Moi j’en ai marre que l’on tape sur les mêmes à chaque fois. 

BB : ben juste arrête de dire que l'écologie est punitive, car c'est complètement faux et c'est la phrase de ceux et celles qui veulent que rien ne change. C'est la phrase des adeptes du greenwashing, de ceux et celles qui parlent d'écologie quand ça fait bien d'en parler mais qui, lorsqu'il faut passer au concret, se débinent et disent que l'écologie ça commence à bien faire et que les ayatollahs de l'écologie sont de dangereux extrémistes. La destruction du climat et de l'environnement n'est pas un droit, juste un crime contre l'humanité. Pour le moment c'est l'absence d'écologie qui est punitive à la vue de ce que l'on se prend dans la gueule et de ce qui va arriver. 

MI : Non Bruno, je ne dis pas que l’écologie est punitive, je dis que certains dont toi faites de l’écologie punitive à vouloir faire culpabiliser le petit peuple que nous sommes et suite à ce que tu as dit, tu préfères plus culpabiliser le peuple que les Pouyanné, Elon Musk, Jeff Bezos et les autres. Les gens qui nient ce besoin d’écologie ou les climato-sceptique je veux bien. Mais les gens qui font des efforts, à leur niveau, que peuvent-ils faire de plus ? Encore une fois c’est pour cela que je dis que chacun agit avec sa conscience en bon colibri... 

BB : En fait je ne m'attaque pas au "petit peuple" en épargnant les gros bonnets du capitalisme écocidaire et climatocide, je m'attaque juste au moteur de notre économie écocidaire et climatocide. Et quel est le moteur de notre économie mondiale ? La consommation ! Et comme tout moteur, celui de l'économie mondiale produit beaucoup de Gaz à Effet de Serre (GES). Donc je m'attaque à la consommation et donc à ceux et celles qui font fonctionner cela, c'est à dire les consommateur.trice.s. Je ne m'attaque pas au "petit peuple", je m'attaque aux consommateur.trice.s. Concernant les efforts que font certaines personnes et ben c'est bien et c'est toujours bon à prendre mais de quels efforts parle-t-on ? Tu parles des gens qui renoncent ? Qui ne prennent plus l'avion ? Qui ne mangent plus de viande ? Qui n'achètent plus de fruits et légumes exotiques mais du bio, local et de saison ? Qui habitent en ville et non dans des lotissements construits sur les terres agricoles et/ou forestières ? Qui vont au boulot en vélo ou en transport en commun ? Qui font du zéro déchet ? Qui n'achètent pas de produits ultra-transformés ? Qui ne renouvellent pas tous les six mois leurs gadgets électroniques ? Qui font réparer plutôt que de racheter ? Qui n'achètent des fringues que quand il faut et non pas parce qu'ils et elles ont envie ? Qui n'achètent pas sur internet mais préfèrent les magasins ? Qui n'ont plus qu'une seule voiture ou plus du tout ? Qui recyclent bien et correctement ? Qui compostent tout ? Si tu me parles de ces gens qui font tout ça, tout le temps, alors oui, je ne sais pas ce qu'ils peuvent encore faire de plus (à part voter écolo, le reste n'est plus trop de leur responsabilité. Mais que représentent ces gens-là dans la population mondiale ? Pas bézef sinon on commencerait à voir les émissions de GES diminuer, à voir les compagnies aériennes s'inquiéter du peu de voyageurs, les constructeurs de voitures, de téléphones etc... s''inquiéter du manque de clients, les GMA-CGM s'inquiéter du ralentissement de la mondialisation, les compagnies de croisières obligées de laisser leurs paquebots de merde à quai faute de touristes. Mais on ne voit rien de tout cela donc cela veut dire que le moteur de l'économie écocidaire, climatocide et anti-social est toujours en marche, donc je continuerai à m'attaquer à lui puisqu'il est le principal émetteur de GES. 

MI : pour moi l’idée c’est de rester sobre et tout doit reposer sur un certain équilibre. Je refuse l’idée de tout rejeter en bloc et puis il y a aussi des conditions qui font que, par exemple, des gens ne peuvent pas faire autrement que de prendre l’avion. Tu ne peux pas interdire l’avion qui permet à des gens issues de l’immigration par exemple d’aller retrouver leur famille, aux Antilles, en Afrique etc... aussi, je pense que l’ on ne peut pas, à MINIMA, interdire des gens à se faire plaisir, je dis bien à minima... voilà pour moi tout doit être dans la sobriété et garder un certain équilibre, mais pas interdire et rejeter tout en bloc... 

BB : Prendre l'avion tous les ans, je n’appelle pas cela rester sobre. Le problème c'est comment tu définis le "à minima" ?!?! Nous n'avons pas tous et toutes les mêmes niveaux de minimum. Donc on ne va pas pouvoir se baser là-dessus, il va falloir légiférer. Ensuite, encore un fois, se faire plaisir, oui, mais au détriment des générations futures, NON !!! Détruire l'environnement, comme je le dis tout le temps, n'est pas un droit, juste un crime contre l'humanité. Ensuite il n'est pas question d'interdire aux gens qui ont de la famille ailleurs d'aller les voir tous les 5 ans, en avion (je serais très mal placé pour dire le contraire), mais moi je te parle de ces gens qui prennent l'avion tous les ans qui pour une semaine à Dubaï, qui 15 jours aux USA, qui 10 jours en Thaïlande, qui une semaine aux Seychelles, qui 10 jours sur un paquebot de merde, etc... Les domiens et autres gens issus de l'immigration, qui retournent au pays, sont souvent mis en avant pour justifier le droit des autres à voyager en avion. Perso je fais une grosse différence entre quelqu'un qui retourne un mois vivre en famille et quelqu'un qui part une semaine, tous les ans (j'en ai un paquet autour de moi), à l'autre bout de la planète pour consommer du voyage. L'état de l'environnement, du climat, de la biodiversité, des réserves d'énergies fossiles et de métaux ne nous permettent plus d'être modéré, il nous faut être radical ou bien nous nous effondrerons dans la douleur. Perso je préférerais que la réalité ne soit pas celle-là mais ce n'est pas le cas. Alors on peut, comme beaucoup, faire l'autruche et nier la gravité de la situation, mais cela ne résoudra pas les problèmes que nous aggravons et refusant de renoncer. Je n'y peux rien, c'est la réalité. 

MI : Après on peut continuer le débat des heures... pour moi à chacun sa conscience, dans le fond nous sommes d’accord sauf que nous ne mettons pas le curseur au même endroit... pour moi il est logique que chaque été un immigré ou fils d’immigré aille voir sa famille au Maghreb ou en Afrique... en vérité nous pouvons juste ralentir le processus mais pas le stopper. La planète a 4 milles milliards d’années, elle a connu plusieurs ères et en connaîtra d’autres... nous, nous sommes arrivés dessus que très récemment... 

BB : Il n'est pas question de nier les différentes phases géologiques de la Terre mais de dire que les bouleversements climatiques et environnementaux fulgurants que nous vivons ne sont pas naturels mais bel et bien anthropiques, qu'ils sont massifs et rapides et mettent en danger notre durabilité. Ensuite et après tout, l'humanité est libre de s'autodétruire si elle le veut. L'humanité disparaîtra par sa propre bêtise, bon débarras ! Encore une fois je ne cherche pas à sauver la Terre qui vivra très bien sans nous, mais à faire comprendre que c'est notre durabilité et celle de nos enfants qui est en danger. Enfin non je ne suis pas d'accord pour dire que les domien.ne.s et autres enfants de l'immigration ont logiquement le droit de prendre l'avion tous les ans. Tous les ans ce n'est pas climato-compatible. Non les efforts doivent être partagés par tout le monde et la conscience écologique et climatique, qui impose des renoncements, doit être chez tout le monde. 

MI : Waw !!! De dire ça c’est du despotisme Bruno ... tu ne peux pas empêcher les enfants d’immigrés de retourner dans leur pays d’origine autant qu’ils le souhaitent ... sinon il ne fallait pas appeler leurs parents quand la France en avait besoin ... bref. j’arrête là on ne sera pas d’accord et c’est ça la démocratie...bonne journée à toi 

BB : Je ne suis pas responsable de ce qu'ont fait mes ancêtres en revanche j'en subit, comme tout le monde, les conséquences écologiques car la génération de mes parents aura bien joui, sans limite, des richesses de la Terre. Mais aujourd'hui nous sommes toutes et tous dans le même bateau des défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétique et métallique qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. Et les enfants d'immigrés n'y échappent pas. Eux et elles, comme moi, ne sont pas responsables de l'histoire passée mais nous sommes responsables du futur. Ensuite concernant le despotisme cela fait 40 ans que j'explique les problèmes en misant sur l'intelligence et la bonne volonté en me disant que les gens finiront bien par ouvrir les yeux et enfin agiront car comme Cousteau le disait "on protège ce que l'on aime et on aime ce qu'on connait". Mais force est de constater l'échec de l'exercice. Donc, à un moment, il va falloir contraindre par la loi (c'est mon côté antilibéral de Gauche). Dans son documentaire sur le surtourisme "les réseaux sociaux vont-ils tuer le tourisme", dans son émission "sur le front", Hugo Clément ne dit pas autre chose et met en image ce que je dis. On y découvre l'envers du décor des vacances de rêves boostées par les milliers de photos idylliques d'Instagram (on pourrait lui reprocher de ne pas parler, également, du voyage carboné pour se rendre aux Maldives, mais ce n'est pas le sujet) et ça fait mal aux yeux. On y voit aussi que des communes en viennent à limiter les libertés des touristes car c'est véritablement devenu un fléau. Ce documentaire démontre que je suis dans le vrai et que, puisqu'il est impossible de raisonner les gens et compter sur leur conscience écologique, ben il faut prendre des mesures de limitation des libertés et/ou d'interdictions d'accès aux sites. Démonstration que ce n'est pas moi qui suis punitif mais bel est bien le tourisme consumériste qui, à force d'inconséquences et de "j'ai bien le droit !", oblige à prendre des décisions radicales. Il va donc falloir encore et toujours plus légiférer, voire interdire ou dire clairement qu'on s'en bat le steak des problèmes écologiques ... et au moins ce sera moins hypocrite. Mais on ne peut pas avoir de double discours : dire que l'on a un problème grave avec le climat et l'environnement et ne rien faire pour tenter de régler le problème. Bonne journée à toi aussi. Amitiés 

 MI : Bien sûr que tu ne l’es pas, mais les enfants d’immigrés non plus n’en sont pas responsables . Sauf que nous (oui moi je suis petit fils d’immigrés 😉) on a la chance d’avoir notre famille proche en France. Et on ne peut contraindre personne. Bon on ne sera pas d’accord lol ... moi je suis pour le pragmatisme. Je le répète à chacun sa conscience. Bonne journée. Amitiés 

BB : Les consciences cela s'éveille 😉 Aller, j'arrête de t'embêter. Passe une très bonne journée. Que la paix et l'amour soient toujours sur toi. Amitiés 

MI : Nous avons notre liberté de conscience. Belle journée 😉 

BB : Oui mais comme il y a des bonnes consciences il y a aussi des mauvaises consciences. Des gens peuvent faire les pires choses en pleine conscience et c’est pourquoi ils ou elles sont reconnu.e.s coupables. La conscience peut même être au repos comme le chante Patrick Bruel dans sa chanson "Alors regarde". Encore une fois, les consciences cela s'éveille. La conscience, en soit, n'est pas un argument pour ne pas critiquer les actions et laisser faire le pire. 😉Amitiés et merci pour cette très agréable joute verbale.