"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

Affichage des articles dont le libellé est République. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est République. Afficher tous les articles

dimanche 21 septembre 2025

Pour la République et la Paix ...

Texte lu par mes soins, pour le groupe des Écologistes des Ulis,

lors de la fête de la République et de la paix, célébrée, 

comme tous les 21 septembre.

Chères citoyennes, chers citoyens, 

Chères amies, chers amis, 

La manifestation d'extrême droite du week-end dernier, à Londres, est effrayante par son ampleur. Il ne sert à rien de le nier, définitivement le fascisme a le vent en poupe en Europe et dans le monde. Trump a brisé les derniers tabous. L'humanisme, en état de sidération, perd du terrain, au profit de la haine décomplexée et c'est catastrophique. 

Soutenir l'extrême droite c'est soutenir un groupe qui porte en lui les germes de la violence, du meurtre, du sang et des larmes. Les fascistes et leurs ami.e.s pourront toujours argumenter que c'est faux, la réalité a le cuir épais : "Aux Etats-Unis, l’extrême droite est impliquée dans 93 % des meurtres extrémistes" peut-on lire dans libération. [...] Sur 20 ans (aux USA ndt), une très large majorité des meurtriers (347 sur 371) sont liés à des organisations d’extrême droite. Pour la majorité d’entre eux (262), il s’agit de suprémacistes blancs. [...]. 

Et ainsi, n'en déplaise à la droite et son extrême et à l’ère de la post-vérité où tout est permis, l'assassin de Charlie Kirk est bien des leurs. 

Chez les écologistes on condamne fermement le fait de tuer quelqu’un et particulièrement pour ce qu’il dit. Cependant transformer cet homme raciste, sexiste, homophobe, transphobe et antisémite, en martyr de la liberté d’expression c’est juste ouvrir davantage les discours ultra réactionnaires et racistes dans l’espace public. 

Benjamin Brillaud (nota bene) dit et on partage « Je vois des comparatifs avec Martin Luther King, Kennedy, Charlie Hebdo… c’est la foire à la saucisse. Tant de « silences » médiatiques sur tant d’horreurs, et tant de bruit sur un suprémaciste qui n’attisait que la haine…c’est symptomatique de quelque chose et c’est profondément triste. » 

C’est dans ce contexte national et international régressif qu’aujourd’hui, nous célébrons la République et la Paix. Et cela n’en a que plus d’importance. Deux valeurs indissociables, deux idéaux qui nous rappellent que la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité ne peuvent pleinement s’épanouir que dans un monde libéré de la violence et du mépris de la vie. 

Notre République démocratique et humaniste est notre bien commun, notre Etat de droits, non négociable, est le gardien de nos libertés. Notre République démocratique et humaniste nous rassemble au-delà de nos différences. Elle nous oblige à protéger les plus vulnérables, à garantir à chacune et chacun sa place, sa dignité, ses droits. Mais la République ne peut être vivante que si elle s’adosse à la justice sociale et à la justice environnementale et il ne peut y avoir de justice sociale, donc de paix civile sans justice environnementale. 

La Paix, elle, n’est pas seulement l’absence de guerre. Elle est la construction quotidienne d’un monde où l’on privilégie le dialogue à la confrontation, le soin à la prédation, le partage à l’accaparement. Elle commence ici, dans notre manière de vivre ensemble, et elle s’étend jusqu’à la planète toute entière. Le pacifisme c'est travailler à annihiler toutes les causes de la guerre mais pas de refuser un conflit imposé par une puissance incontrôlée car on ne peut pas crier « à tout prix la paix ». Quel prix sommes-nous prêts à payer pour avoir la paix en cas d’agression ? 

Le pacifisme c'est travailler à annihiler toutes les causes de la guerre, or, nous le savons, notre maison commune est menacée et premièrement par la remise en cause de la science au profit des croyances. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les inégalités s’aggravent. Les crises écologiques alimentent les conflits et déplacent des millions de personnes. C’est pourquoi être écologiste aujourd’hui, c’est être artisan de paix. Car sans respect de la nature, il n’y aura pas de justice, et sans justice, il n’y aura pas de paix. C’est tout le message du Prix Nobel de la paix de 2007, décerné au GIEC pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme qui, à terme, provoqueront tensions et guerres. 

En ce jour de fête, souvenons-nous que chaque geste compte. Chaque engagement local, dans une pensée globale, participe à cette grande œuvre de concorde. Chaque arbre planté, chaque énergie renouvelable produite, chaque solidarité créée entre voisins est une victoire de la République et de la Paix. 

Alors, rassemblons nos forces. Portons haut les couleurs de l’écologie, de la démocratie, et de l’humanité. La République est notre socle, la Paix est notre horizon, et l’écologie est le chemin qui relie l’une à l’autre. 

Vivce la France, vive la République, vive la Paix, et vive l’écologie !

 

samedi 12 juin 2021

Vos petits-enfants sont devenus fous !!!


La montée des idées d’extrême droite dans la société française est vertigineuse. Idées d’extrême droite, c’est-à-dire idées racistes, autoritaires, nationalistes, sécuritaires et violentes. Chaque semaine, une nouvelle limite semble être franchie : des hooligans d’Action française envahissent le conseil régional d’Occitanie, des généraux à la retraite évoquent l’intervention de l’armée pour la « protection de nos valeurs civilisationnelles », une manifestation de policiers se déroule devant l’Assemblée nationale en présence du ministre de l’Intérieur alors que les manifestants conspuent la justice, un « vidéaste considéré comme un humoriste », selon Le Figaro, Papacito, montre avec des armes comment tuer un militant de gauche, Éric Zemmour a table ouverte sur CNews pour propager la théorie du "grand remplacement", etc. … nous dit ,en préambule, Hervé Kempf dans son édito de Reporterre du 12 Juin 2021. 

Hervé Kempf a raison et c’est effrayant, même les petits-enfants des déporté.e.s s’imaginent voter pour l’extrême-droite. 

Et la Gauche est en dessous de tout, incapable de s’organiser pour offrir une alternative heureuse et généreuse, un avenir désirable, face à l’avancée des idées fascisantes. Car en effet, s’il me faut reconnaître que les idées écologistes ont infusé la société, il nous faut admettre, qu’en parallèle, les idées du Front National, se sont implantées à une vitesse vertigineuse. La Droite ne s’imagine même plus comme un rempart à son extrême, elle se couche devant elle. Le Front National a gagné la bataille des idées et c’est dramatique. 

Ce n'est pas pour défendre le fossoyeur des chances, de la Gauche et des écologistes, à changer l'avenir du pays, mais, à bien y réfléchir, ce qu'a dit Méluche n'est pas totalement stupide. Je ne sais pas si le gouvernement ou si les fachos ont prévu de faire perpétrer un attentat ou un assassinat (en fait je n'y crois pas, je ne crois pas au complot), mais il me semble que ce qu'a dit (mal et maladroitement) Méluche c'est qu'il n'y a rien de mieux, pour faire pencher les électeurs, 6 mois avant les élections, vers le toujours plus sécuritaire, que de leur servir un bon gros fait-divers qui va bien formater les émotions et donc les votes. Là-dessus les partisans de l'ordre, de la sécurité, du travail, de la famille et de la patrie peuvent se reposer sur leurs idiots utiles que sont les violents, les idéologues de tous poils et les prêcheurs de haine. Ces idiots utiles, croyant déstabiliser la République en fomentant des actes violents, ne font que renforcer les comportements de défenses immunitaires, de répression, d'atteinte aux libertés (pour notre sécurité nous assurent-ils), de recherche de Bouc-émissaires, avec la bénédiction de citoyens de plus en plus nombreux. Citoyens qui, croyant se protéger derrière ceux qui hurlent plus forts, qui désignent à l'emporte-pièce les faux coupables, qui parlent haut de démocratie sans l'aimer, vont faire le jeu du désordre, de la haine et de la guerre. 

Charles, Winston, réveillez-vous !!! Ils sont devenus fous !!!! Charles, Winston et tous les autres pourquoi vous êtes-vous battus ? Quelles sont ces causes immenses qui vous ont mobilisé et qui aujourd'hui ne semble plus être des priorités ? La liberté ? La démocratie ? L'offrande de vos braves innocents en valait-elle la peine à la vue de votre descendance indigne, inculte et amnésique ? Le fascisme bon teint et décomplexé s'enracine un peu plus chaque jour en France, bafouant vos combats et les sacrifices des héros. La giffle (inadmissible) sur un président est plus grave, pour les commentateurs, que la mise à mort (même symbolique), au peloton d'exécution d'un militant communiste. Pourquoi pas un juif aussi ? Pourquoi pas un homosexuel également ? Pourquoi pas un enfant trisomique pendant qu'ils y sont ? Les héritiers de vos ennemis ont tribune ouverte, chaque jours, dans les médias des médiocres et y déversent leurs tombereaux d'aigres vacuités sépulcrales. Les nazis d'aujourd'hui sont sortis de leurs caves moisies d'opprobres et de hontes, pour exposer au grand jour et sous les sourires complices de Monsieur Blanc-cassis, leurs funestes idéologies. La France a été un pays de collabos, aujourd'hui leurs petits-enfants n'ont plus que cela comme rêves ... faire comme grand-papa. Vous parlez d'un idéal ! Vous avez combattu la haine et aujourd'hui vos petits-enfants s'y vautrent, vous avez combattu pour la démocratie et aujourd'hui vos petits-enfants la conchient. Charles, Winston, réveillez-vous, vos petits-enfants sont devenus fous.

dimanche 13 octobre 2019

A toi, le petit garçon qu’un élu de la République a fait pleurer

Vendredi 11 octobre, Julien Odoul, président du groupe RN régional a perturbé la séance de l’assemblée plénière du conseil de Bourgogne Franche-Comté en prenant à partie une mère d’élève dans l’assistance, car elle portait un voile.

A toi, le petit garçon qu’un élu de la République a fait pleurer parce qu’il s’en est pris publiquement à ta maman, je veux te dire que ce n’est pas cela la République. Dijon est la ville où j’ai grandi, alors je ne veux pas que tu gardes ce souvenir amer de ce vendredi.

Sèche tes larmes et sois fier de ta maman, fier de qui tu es, de ta famille et aussi de ton pays. Rassure-toi, nous sommes légions derrière toi pour faire face à ces discours de haine du quotidien, qui montent résistiblement.

Il faut que tu le saches, ce n’est pas cela la promesse républicaine. Oui, ta maman peut s’habiller comme elle le veut et t’accompagner avec tes camarades lors des sorties scolaires, sans se faire moquer ou attaquer comme une dangereuse « provocatrice communautariste » comme l’a traitée M. Julien Odoul.

Nos lois, tout comme l’article 6 du règlement du Conseil Régional invoqué par M. Odoul le disent clairement : « La présidente de région peut interdire l’accès à une personne ou à un groupe de personnes dont le comportement est susceptible de troubler le déroulement d’une séance ».

Ta maman ne perturbait pas la séance, elle avait à cœur de te montrer comment fonctionne une assemblée démocratiquement élue, au pays des droits de l’Homme. Le perturbateur de séance, c’était lui, celui qui a attaqué ta maman pour qu’on le remarque et non pas l’inverse.

Sous prétexte d’être un élu, il pervertit les textes de loi et confond la laïcité avec la censure. La laïcité, ce n’est pas se moquer des autres ou leur interdire l’entrée des lieux de la République, la laïcité, c’est un concept fragile mais qui nous permet de vivre ensemble, en toute liberté.

Dans l’ordre laïque, la place de chacun est respectée et la liberté de chacun est reconnue, ce qui permet l’apprentissage de la liberté réelle : être reconnu par l’autre comme son égal, en tant que sujet libre. La laïcité est un terreau fertile pour l’apprentissage des lois en assurant que la citoyenneté transcende les identités individuelles. La laïcité doit pouvoir donner à tout citoyen le sentiment d’appartenance à une communauté libre, où le respect de sa personne se fait à priori sans distinction et sans prérequis. C’est le rôle de l’éducation républicaine promulguée par la France : montrer le caractère universel et l’aspiration de tous à la liberté.

C’est ce cadeau qu’à voulu te faire ta maman, en t’accompagnant voir le fonctionnement d’une assemblée libre. Ne laisse pas un idiot te le gâcher, cette République est la tienne, la mienne, et aussi la sienne. On peut ne pas être d’accord entre tous les citoyens, mais jamais le fantasme ne fera la loi.

Un jour, tu te poseras peut être la question de la foi religieuse, tu douteras même peut être de l’existence d’un dieu, ce sera ta vie, tu te poseras toutes les questions que tu voudras.

Mais ne doute jamais de l’amitié et du soutien de nous tous, qui avons pleuré avec toi ce jour là.

Par Alexis Poulin

jeudi 10 janvier 2019

Mes doléances

Voici mes doléances, du 7 Janvier 2019, exprimées sur le cahier de Doléances ouvert en Mairie des Ulis, à partir des différents textes déjà édités sur ce blog depuis la crise dite des "Gilets Jaunes".


Il paraîtrait, lit-on ici et là, "qu’aucun désaccord, aucun ras-le-bol ni aucune colère ne peuvent légitimer que l’on mette à mal ce qui fait que l’on vit mieux, plus libre et plus heureux en France qu’à peu près n’importe où ailleurs dans le monde." J’ai furieusement envie de dire qui est ce "on" dans ce "on vit mieux" ? Pour moi, tant qu'il y aura des allocataires aux Restos du Cœur, au Secours Catholique ou Populaire, je ne me contenterais pas de ce "on vit mieux". Définitivement les inégalités sont mortifères pour notre démocratie, pour la paix sociale, pour le vivre ensemble. Pour moi tant qu'il y aura de gens qui brûleront dans leurs logements insalubres, tant qu'il y aura des gens qui crèveront de froid dans leurs logements insalubres, tant qu'il y aura des gens qui mourront sous les gravats de leurs logements insalubres, tant qu'il y aura des gens qui seront malades à cause de leurs logements insalubres alors ce "on vit mieux" ne me consolera jamais. Qui sème la misère récolte la colère. 60 ans de trahisons politiques produisent aujourd'hui la moisson de colères de ceux qui sont exclus de ce "on". "Les mesures favorables aux classes supérieures prises en début de règne devaient provoquer un "choc de confiance". Elles ont provoqué un choc de défiance" nous fait remarquer, fort justement, Laurent Joffrin. Et en effet, depuis 6 semaine les Gilets Jaunes réclament plus de justices sociales, plus d’égalité dans la prise en charge de la Nation. Les Gilets Jaunes disent non aux privilèges, disent non à la féodalité qui sont fielleusement instaurés en France depuis des décennies. Je soutiens leurs colère et profite de la mise en place de ce cahier de doléances pour faire part de ce qui me paraît important à reprendre en mains, dans notre pays, pour revenir à la République sociale, chose qu’elle n’est plus depuis longtemps, et la faire évoluer vers une République Ecologique Sociale et Solidaire, seul et unique voie pour un avenir durable, pacifique et désirable. En effet il ne pourra y avoir de justice sociale dans le chaos environnemental que nous promettent les changements climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions, les saccages des biotopes, l’écocide des terres agricoles, les plastiques ici, là, partout, … Les luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées.

Permettez-moi donc de vous faire part, ici de mes doléances pour une France plus solidaire, plus juste et enfin sociale et écologique :

D’un point de vue financier : Il nous faut supprimer le CICE, rendre l’argent à ceux qui en ont besoin, aux projets qui travaillent pour le bien publique et non pour des intérêts privés. Il nous faut lutter de façon volontaire et transparente contre l'évasion fiscale, l'optimisation fiscale et la fraude fiscale causes principales des problèmes financiers de notre pays. Cesser le sauvetage systématique des banques qui ne travaillent jamais pour les citoyens mais uniquement pour des financiers avides d’argent. Arrêt du versement des milliards de dividendes versés aux capitalistes alors que l’on demande toujours plus d’efforts aux familles. "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches" nous dit Victor Hugo. Dans la même idée il nous faut rétablir l’ISF dont la suppression n’a rien fait ruisseler sur les classes populaires et moyennes mais que celles-ci se doivent de compenser pour équilibrer le budget de l’état. Il nous faut refuser cette mondialisation inhumaine et destructrice pour l'environnement et le climat, retrouvons la voie de la bienveillance. Revenons sur les traités internationaux et taxons le kérosène des avions exonérés, aujourd’hui, de TVA, TIPP/TIC, taxe carbone ... qu’importe le tourisme de masse qui, de toute façon est incompatible avec un monde durable. Car il y a véritablement de la colère contre un système qui prétend être inquiet du bouleversement climatique, mais qui organise l'importation de milliard de tonnes de saloperies par containers entiers transportés par des cargos exonérés de taxes et qu’importe l’impact écologique de cette logique consumériste. Reconnaitre enfin que nous nous sommes fourvoyés avec les dogmes de la croissance et de la consommation et qu’ils ne sont qu'une fuite en avant d'un système qui nous pousse vers notre perte, vers l’effondrement de notre humanité.

D’un point de vue des services rendus à la population : Il nous faut rouvrir des écoles partout car l’éducation doit sortir du dogme de la rentabilité, la culture et le savoir sont l’essence même de notre humanité et cela ne peut être rentable. Il nous faut cesser les fermetures des hôpitaux de proximité et des maternités. Il nous faut investir massivement dans la santé publique et réouvrir les services publics de proximité. Retour aux fondements du CNR pour une Sécurité Sociale au service des citoyens et non au profit du privé. Il nous faut cesser la braderie des autoroutes et aéroport, biens inaliénables des citoyens. Réouverture des petites lignes SNCF et cessation de la mise en concurrence de la SNCF. Cessation des attaques systématiques contre les fonctionnaires, Serviteurs de la Nation, bouc émissaires de choix politiques funestes. Retour à un système de retraite juste, vivable et durable indépendant des moyens de capitalisation des citoyens. Renforcement des moyens de fonctionnement de notre système de Recherche Publique, base de l’économie de tout pays développé. Cessation de l’hypocrisie par rapport au chômage institutionnalisé si utile pour faire taire les colères de ceux qui ont encore un emploi. Reconnaitre que la colère citoyenne est issue de 60 ans de trahisons politiques et qu’il nous faut redonner plus de pouvoir aux citoyens avec plus de contrôles sur les élus.

D’un point de vue environnemental : cesser immédiatement l’utilisation des pesticides, fongicides, herbicides, glyphosate pour une véritable transition écologique de l’agriculture. Militer auprès de l’Europe pour que les aides de la PAC aillent à l’agriculture biologique, de saison et locale. Lutter réellement et non avec des effets d’annonces, s’apparentant à du greenwashing, contre les déchets plastiques, la pollution de l'air, de la terre et de l'eau, la déforestation, le massacre de la biodiversité. Arrêt des additifs alimentaires et des perturbateurs endocriniens. Arrêt du bétonnage sans fin et l'accaparement des terres par des prédateurs financiers. Arrêt de notre système agricole productiviste et polluant, soutenu par la FNSEA et les multinationales de l'agroalimentaire, qui pousse nos agriculteurs au suicide. Arrêt de la souffrance animale. Il nous faut, d’urgence, nous transformer pour arriver à une France décarbonnée.

Lutte contre la violence pour un monde plus pacifique et durable : Cessation de nos participations aux guerres coloniales et cessation de nos ventes d’armes, soyons un pays pacifiste et non-violent. Lutte, encore et toujours, contre les guerres et toutes les violences sexistes, homophobes, racistes et xénophobes. Trouvons les moyens d’être intransigeant vis-à-vis de tous les prêcheurs de haines.

En vous remerciant de transmettre à qui de droit ces doléances et en espérant que celles-ci seront lues et prise en compte. Dans l’espoir qu’enfin des choses puissent changer sans violence et grâce à une écoute sincère, je vous prie de croire en mes sentiments les meilleurs.

Bruno BOMBLED

mardi 1 janvier 2019

2019, passer de la colère légitime à la force tranquille.

« Les mesures favorables aux classes supérieures prises en début de règne devaient provoquer un « choc de confiance ». Elles ont provoqué un choc de défiance » nous fait remarquer, fort justement, Laurent Joffrin. Depuis 6 semaine les « Gilets Jaunes » font vaciller les fondements même de notre démocratie avec leur refus de la représentativité, avec la violence verbales et physiques de certains mais que beaucoup légitimisent, par les outrances racistes de quelques-uns et que peu réprouvent publiquement. Notre République est un système bien fragile me disait souvent mon tendre père. Dieu qu’il avait raison. Aujourd’hui la République vacille et certains nostalgiques d’une eau de Vichy en appellent à l’armée, aux généraux pour renverser un gouvernement élu mais incapable d’être à la hauteur de l’évènement. Ils tâtonnent, ils avancent sans se concerter, reculent, se croient plus intelligents que les autres mais ne répondent pas aux attentes légitimes de justices sociales. Notre Napoléon en guenille et son armée au clinquant usé essaye de garder le cap d’un navire qui prend l’eau. Le mouvement des gilets jaunes est « une catastrophe pour notre économie », estime Bruno Le Maire. J'apprécie et je mesure toute l'humanité qu'il y a dans cette phrase pleine de compassion, mais depuis longtemps on sait que pour la droite, pour les libéraux, pour les capitalistes, ce qui est important ce n'est pas les humains qui vivent un quotidien catastrophique à cause de leurs politiques ultra-libérale, mais bel et bien les bénéfices, l'argent, les thunes, le blé, le flouze, les pépètes, les sous, le fric, l'oseille, le pèze, le pognon pour les actionnaires, les riches et les puissants, qu'importe les conséquences sur les gens et l'environnement. Pour la droite l'économie n'est pas au service de l'Homme mais c'est bien l'Homme qui est au service de l'économie. Ils attisent la haine et les sentiments d'oppression, de spoliation, d'étouffement, ils sèment la misère et s’étonnent de récolter la colère. Pour l’avocat Juan Branco « Aujourd'hui, la seule façon de provoquer un changement, c'est en faisant trembler ces gens, en leur montrant que la politique n'est ni un jeu, ni une opportunité de carrière ; en leur montrant qu'il y a des corps qui la subissent. » Ainsi, si je peux, à force de lectures et de conversations, maintenant comprendre la violence de certains « Gilets Jaunes », je n'arrive toujours pas à l'accepter car, en vérité je vous le dis, on n’obtient rien en en usant si ce n’est toujours plus de répressions de la part de ceux qui ont le pouvoir de le faire, si ce n’est des larmes et du sang. Mais ainsi, si cette violence est faite pour faire peur à Macron et ses copains, alors on peut espérer que cela soit réussi, mais si c’est utilisé dans l’espoir d’obtenir des avancées sociales, alors force est de constater que l’on voit bien que rien de fondamentalement révolutionnaire n'a été lâché. Les riches peuvent continuer de dormir sur leurs dividendes et les pauvres, brûler dans leurs logements insalubres.

Ainsi donc, grâce à Macron -cet objet politique fabriqué, selon Juan Branco, par des Xavier Niel, des Bernard Arnault, des Gabriel Attal, Jean-Pierre Jouyet ou bien encore des Benjamin Griveaux et une constellation d'intérêts - la République vacille faute de fondements humanistes et d’un trop-plein de visions comptables et dogmatiques. « Faut-il être aveugle pour comprendre que ce pouvoir ne tient plus que par la fidélité des forces de l'ordre, dont toute défaillance l'effondrerait ? » nous interroge Juan Branco. Et pendant que certains fous furieux en appellent au sabre, d’autres se retournent en arrière et en appellent au goupillon. Rappellent les valeurs et les traditions chrétiennes de la France, crachent sur l’esprit de laïcité qui anime et soude notre vivre ensemble. La République, sociale et laïque vacille, ses citoyens regardent vers l’extrême droite la Gauche ayant failli, la Gauche ayant trahi depuis 40 ans et c’est effrayant pour moi qui ne crois qu’en elle. Esther Benbassa, sénatrice EELV, pose la question à ses amis, de ce « que pourrait être la réponse politique forte d'une gauche écologiste authentique à un mouvement social de première importance comme les Gilets Jaunes ? Détourner le regard ? Attendre que ça passe ? Dire aux gens « il faut rentrer à la maison » ? » Je lui réponds que dans un premier temps il faut condamner fermement et clairement tous les comportements racistes, xénophobes, antisémites et nationalistes qui fleurissent ici et là. Dire que ces comportements sont indignes d'un soulèvement populaire, incompatibles avec les valeurs de la Gauche et des Ecologistes. Expliquer ensuite, encore et toujours que luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées car pour les riches et les puissants, les gens et l'environnement ne sont que des variables d'ajustements qui permettent de faire toujours plus de profits. Dire, encore et toujours, qu’il ne pourra y avoir de justice sociale dans le chaos environnemental que nous promettent les changement climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions, les saccages des biotopes, l’écocide des terres agricoles, les plastiques ici, là, partout, le sable pillé, … Ensuite il nous faut nous replonger dans les enseignements des grands maîtres de la non-violence et de la désobéissance civile afin de construire une rébellion, juste, forte, déterminée, durable et acceptable. Et enfin apporter une réponse sérieuse, mesurable, vérifiable, honnête et transparente aux causes des maux présents et futurs. Il nous faut penser le présent sans oublier le futur, allier le réalisme et le rêve.



Le rêve. Le rêve je viens de l’avoir en écoutant le discours anticonformiste de Clément Choisne, jeune ingénieur fraîchement diplômé de Centrale Nantes. D'un ton calme et posé, le jeune homme, se souvient « avec amusement » du discours d'entrée du directeur de l'école, « il nous invitait à prendre la parole, à donner un rôle, un vrai, à l'ingénieur dans notre société, à faire entendre notre voix ». « Je la prends aujourd'hui la parole », lance le jeune homme invité à la tribune pour se voir remettre son diplôme. Car si Clément fait ce discours c'est « parce qu'il y a des choses qui ne sont jamais remises en cause dans nos études d'ingénieur », explique le jeune diplômé originaire du Mans, « notamment la remise en cause d'un modèle qui crée des élites qui devront trouver des solutions sans jamais se demander si les solutions que l'on trouve sont pérennes, durables et égalitaires pour la société. […] Je vous rappelle que nous, les ingénieurs, nous sommes les géniteurs de l’obsolescence programmée. […] Je ne pense pas que le changement puisse venir de l'intérieur de ce système d'entreprises qui ont des modèles d'affaire fortement carbonés », explique Clément Choisne, « il y a toute une société alternative qui est en train de se monter par des solutions qui ont un sens, avec des initiatives locales, de votre fournisseur d’énergie à la manière dont vous vous déplacez ou encore la manière dont vous faites vos courses, tout est à repenser ».

Ce discours est réconfortant car il rappelle que nos vies se doivent d’avoir du sens afin qu’elles nous soient gourmandes. Ce discours est réconfortant car il rappelle que nous ne sommes pas des « parts de marchés » ni des « temps de cerveaux disponible », là est la vraie révolution ! Puisse-t-il y avoir encore et toujours plus de jeunes comme ce jeune. Puisse-t-il y avoir encore est toujours plus d’actions solidaires et je pense au Samu social, aux petits frères des pauvres, aux restos du cœur, aux pompiers volontaires, aux personnels des EPHAD, aux infirmières et aux infirmiers ... Malgré tout, malgré les difficultés, malgré les bâtons dans les roues, tous et toutes, ils et elles sont là ... Les bénévoles par milliers ... Il me faut aussi regarder de ce côté parce que c’est aussi ça qui nous porte et nous empêche de sombrer. Ils et elles sont la vraie France, la solidaire, la grande, la belle et la rebelle, la révolutionnaire.

C’est sur cette vison positive que je veux résolument ouvrir cette nouvelle année 2019, loin des violents, loin des méchants, loin des asséchés du cœur. C’est en pensant à tous ceux qui rêvent le monde autrement que par le profit - et qui risquent parfois leur vie (83 défenseurs de l’environnement ont encore été assassinés, en 2018, de par le monde) - mais par la bienveillance et l’engagement que je veux ouvrir mon année 2019.

Et c’est avec bienveillance que je vous souhaite une belle et heureuse année 2019. Que cette année vous apporte la joie, le bonheur, la paix et l’amour que vous méritez. Soyez révolutionnaires, soyez des artisans de paix et d’amour afin de bâtir un monde rempli d’envies sobres et écologiques, de rêves d’avenirs désirables, d’aventures humaines en équilibre avec notre seul et unique vaisseau spatial, avec notre seule et unique planète, berceau de notre vie, biosphère finie et fragile. Belle et heureuse année 2019.

samedi 8 décembre 2018

Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Jeudi 29 Novembre, le mouvement des « Gilets Jaunes » a envoyé, aux médias et aux députés, un communiqué comprenant une quarantaine de revendications : Zéro SDF, retraites, salaire maximum... Pour ma part j’y vois du bon et du moins bon (pourquoi ces quelques cibles, ces quelques lignes vis-à-vis de l'immigration ? Y aurait-il des FN et leurs obsessions, dans le mouvement des gilets jaunes ? Quel est le signal donné par ces lignes ? Que les problèmes des français viennent aussi des immigrés !), mais globalement je me vois très en accord avec la majorité des revendications. Pourtant, le samedi suivant, sur la place de l’étoile et ses alentours, la situation a dépassé l‘entendement républicain. Casses, émeutes, voiture brulés, biens public et privés (même si je ne vais pas pleurer sur les boutiques de luxe des Champs-Elysées) saccagés, violence de toute part. Les "Gilets jaunes" visiblement, c'est une évidence, améliorent le niveau de vie des pauvres casseurs qui peuvent se servir dans les magasins le samedi soir. Révolte dans mon cœur ... et une évidence : Les violences des casseurs, empêchent de parler des 42 revendications des GJ. Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Révolte dans mon cœur de pacifiste et de non-violent. « Pas en mon nom ! » j’ai envie de crier, car je suis aussi du peuple et je réprouve les violences de Paris. TRÈS EN COLÈRE !!! Je n'ai pas de mots pour exprimer ma colère à son juste niveau. VANDALES !!!, voici le mot que vous m’avez inspiré. Vous n'êtes pas le peuple ! Vous n'êtes pas des manifestants !! Vous n'êtes que des vandales !!! Très en colère contre les saccages d'hier comme je suis en colère, depuis 30 ans, contre la violence des exploiteurs de misère, des patrons, des capitalistes, des actionnaires, des politiques, à la solde des lobbies et des puissants, qui maltraitent et sacrifient salariés et environnement, depuis toujours, pour toujours plus de profits indignes. « C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches » nous dit Victor Hugo. Honte à vous tous casseurs, saccageurs, violents, admirateurs de ces violences, patrons bien gros, capitalistes sans âme, hommes et femmes de droite qui avez semé la misère et qui récoltez la colère, honte à vous tous !!!

Grosse colère également contre la Droite Rutabaga, ces pauvres ères qui gagnent 1200 euros par mois mais qui votent pour des gens qui leur garantissent qu’ils resteront à 1200 euros par mois. Grosse colère car voici des années que la droite-rutabaga vote pour leurs oppresseurs. Des années que nous les syndicalistes et les militants écologistes et de gauche on se bat contre ceux qui nous oppressent sans que la droite-rutabaga ne nous soutienne (beaucoup de Gilets Jaunes avouent que c'est la première fois qu'ils manifestent) voir nous conchient. Des années que les français votent pour le libéralisme et le capitalisme, des années qu'on leur dit que c'est de la merde, mais tant qu'ils avaient espoirs de tirer leur épingle du jeu, ils jouaient la carte du chacun pour soi. Maintenant, la droite-rutabaga pleure. Les français récoltent ce pour quoi ils votent depuis des années !!! La dignité n'est pas de casser l'arc de triomphe ! L'indignité c'était de voter pour ceux qui nous exploiteraient et chier sur ceux qui se vouaient à la défense des travailleurs. La dignité n'est pas de saccager car la fin ne justifie pas les moyens. Et en revanche la violence justifie toutes les oppressions, tous les états d'urgence, toutes les restrictions de libertés par ceux qui ont les moyens de le faire. Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Et pourtant face à la violence le gouvernement réagit. De ce que j'ai retenu de l'intervention du 1er Sinistre, le 4 décembre, c’est qu'ils reculent, de six mois, l'enculade mais qu'elle viendra quand même. Dès lors quid de la justice sociale ? Quid du rééquilibrage de la charge de la Nation entre riches et plus modestes ? Quid du CICE ? Quid de la lutte contre la fraude fiscale ? Quid de la hausse des salaires ? Quid d'une réelle revalorisation du salaire minimum (150 ; 200 euros) ? Quid d'un salaire maximum ? Rien !!! Aucune volonté de travailler pour les citoyens !!! On lâche temporairement sur l'essence mais surtout on ne s'attaque pas aux causes des inégalités !!! Rien, je vous dis ! Rien si ce n'est qu'on nous entubera plus tard. Ces politiciens sont sourds, mais pourtant face à la violence des « Gilets Jaunes », ils réagissent. Quel est le signal qui est envoyé aux autres mouvements revendicatifs, pacifistes et républicains ? Pour attirer l’attention nous faut-il donc casser, bruler, frapper, taper sur du flic ?

Et que dire de ces politiques qui alternent, depuis 60 ans, l’intérim du pouvoir, qui ont organisé, depuis 60 ans, la richesse des riches et la misère des pauvres et qui viennent, sur les ondes, nous expliquer que le mouvement des « gilets Jaunes », des pauvres, des précaires, des sans-dents était prévisible ? Ainsi donc et sans vergogne et à l'instar des autres, Gérard L'archer, sur France inter, le 5 décembre, nous explique, sans honte, combien c'est injuste (il nous arracherait presque une larme) que les plus pauvres morflent alors qu'il fait partie d'un mouvement qui, depuis des décennies, offre ristournes, cadeaux, subventions, et autres crédits d'impôts aux patrons et aux entreprises sans jamais les conditionner à des engagements sociaux et salariaux mesurables et chiffrables. Il est définitivement insupportable d'entendre ces gens, qui sont responsables de la misère en France, venir nous faire une explication de texte du moment. La décence voudrait qu'ils fassent profil bas. Mais non, ils continuent, tous arrogants qu'ils sont, à venir commenter et nous expliquer qu'ils ont compris la détresse des gens d'en bas, tout en refusant les mea culpa, en refusant de reconnaître que ce sont leurs dogmes libéraux qui sont les causes de la misère. Insupportables, ils sont définitivement Insupportables !!!

« Personnellement, me dis mon frère, je suis toujours aussi désemparé. Après une période de rejet des GJ (Je le dis sans honte car je crois en la taxe carbone et que voir des 4x4 avec un GJ sur la plage avant me débecte) mais j'admets que sans justice sociale, cela ne pourra jamais passer), je partage pas mal d'idée avec la FI, je trouve certains discours de Mélenchon et autres parfaitement justes, ce gouvernement et cette politique "vieux monde relooké nouveau monde" me dégoute, je crois aussi que la violence sociale soft actuellement en vigueur nécessite un rapport de force si l'on veut que les choses bougent. Et pourtant je suis très mal à l'aise (pour ne pas dire plus) avec cette ambiance insurrectionnelle et la violence qui va avec, très inquiet pour mes enfants et ma famille, mon ex-famille, mes amis qui vivent à Paris, pour la démocratie (même si j'aspire à une 6ème république ) car je suis persuadé que des forces fascistes n'attendent que ce genre d'événement pour prendre le pouvoir, je crains aussi un effondrement rapide de notre économie sans possibilité d'organiser ensuite une quelconque transition écologique et plus prosaïquement je crains pour mon emploi qui fait vivre toute ma famille et qui nous permet enfin de devenir propriétaire de notre appartement (je sais, je suis sûrement petit bourgeois). Bref, je suis sûrement confus, mais vous aurez compris que je suis traversé par tout un tas d'émotions souvent contradictoires qui m'empêchent d'être serein en ces moments troublés. Suis-je le seul ou parmi vous, certains sont-ils dans les mêmes errements que moi ? »

Non, p'tit frère tu n'es pas le seul à être troublé, confus, à être traversé par des sentiments contradictoires, je le suis pleinement et totalement. Je partage 100 % de ce que tu dis, mais cela ne m’empêche pas de penser que la violence n'apporte rien, la preuve en est que, ce sur quoi le gouvernement a lâché, ce ne sont pas les choses structurelles qui font qu'il y a tant d'inégalités et tant de violences sociales dans notre pays. Ils ont juste lâché du lest, donné des os à ronger, mais rien de structurellement révolutionnaire. Après ces événements tout recommencera comme avant, le gouvernement aura bien protégé les intérêts des capitalistes et des plus riches. La violence, pour le moment ne paye pas, seule une révolution dans les urnes peut trouver une issue positive... encore faut-il avoir des personnalités qui soient à la hauteur des enjeux et ça ... ce n’est pas gagné, il n'y aura qu'un seul Mandela ... et pourtant il faudra bien que des hommes et des femmes s'y collent.

A ces mots, sur Facebook, un contact me dit « Mais enfin ! Mandela était terroriste et un militaire dont l'organisation s'appelait "Fer de lance de la nation" donc... ».

Donc quoi ? lui réponds-y-je. Mandela fut un homme qui a renoncé à la violence, qui a profondément incarné le « vivre ensemble », qui a rejeté la vengeance et la haine, qui a magnifié la réconciliation et le pardon. J'ai une profonde admiration pour Mandela qui compris que ses combats ne commenceraient à avoir des résultats qu’à partir du moment où il renoncerait à la violence, ce qu’il fit en prison.

« Mais sans la violence - poursuit mon contact Facebook - on ne se serait pas intéressé à l'Apartheid tu sais. Les papous se font massacrer en ce moment ; les Rohingyas aussi... Je ne fais pas l'apologie de la violence et j'ai milité autant que toi (notamment à Nuit debout) sur cette question. »

Vaste sujet pour lequel le média Facebook n’est pas le plus pertinent, lui réponds-t-y-je. Je citerai juste Martin Luther King, « La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l’agression et l’esprit de revanche. Le moyen d’en sortir est l’amour » et Mandela « Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. ». J'espère en l'amour, je crois au vivre ensemble, j'aspire à la paix, tel est ma philosophie.

A ces mots, mon contact me rétorque que, pour lui aussi, telle est sa philosophie mais que pourtant, MLK, Gandhi ou Mandela seraient arrivés après des affrontements très forts. Que lui aussi « admire ces gens qui sont parmi les plus importants de l'histoire. Mais les pacifistes ont aussi collaboré pendant la guerre et les résistants ont détruit, tué parfois. »

Alors pour finir je lui dis que Gandhi disait « entre la violence et la non-violence je préfère la non-violence mais entre la violence et la lâcheté je préfère la violence ». Les situations de ces trois grands hommes, aux moments ultimes où ils ont prêché la non-violence était bien plus violente, bien plus périlleuse que celle que vivent les gilets jaunes aujourd'hui (sans nier les problèmes des GJ). Aussi justifier la violence, dans un pays où l’on est encore libre de contester, alors que d'autres ont utilisé la non-violence alors que leurs vies étaient menacées, je trouve juste cela énorme. Injustifiable. Insoutenable. Quant aux résistants je l’ai renvoyé à la phrase de Gandhi ci-dessus. La situation en France aujourd'hui n'est pas celle de 1940, n'est pas celle de l'Inde de Gandhi, n'est pas l'Amérique de MLK, n'est pas celle de l'Afrique du Sud de Mandela. Sans nier les problèmes en France.

Définitivement les violents sont les idiots utiles des puissants et pourtant. Et pourtant ... hum !!! Alors que 136 000 de Gilets Jaunes manifestaient partout en France, les marches pour le climat ont rassemblé, ce même jour, presque autant de monde et se sont déroulées dans le calme sans pour autant monopoliser l'attention médiatique et politique. Faut-il donc casser, brûler, voler, saccager, être violent pour que l'on prenne au sérieux les revendications écologiques ? Notre monde prône-t-il la prime à la casse ?

dimanche 21 octobre 2018

Mal barré, on est mal barré !

Environnement.
Pire que le climato-sceptique il y a le climato-j'm'en'foutiste. Pire que l'ignorant il y a l'écocidaire qui s'en fout car il a le droit de vivre sa vie comme lui l'entend, qu'importe les conséquences ... Le droit ! "j'ai tout de même le droit, non ?". Bon, le devoir on verra plus tard ... "je ne dois rien à personne, j'ai le droit !" Mais pas d’inquiétude, on est sauvé !!! Le monde n'est peuplé que de gens qui n'ont aucune responsabilité dans le dérèglement climatique et la dégradation de l'environnement. Chouette bonne nouvelle que cela !!! Le réchauffement climatique ? Ce n’est pas moi, c'est les autres ! Le plastique en mer ? Ce n’est pas moi, c'est les autres ! Les autres ! Mal barré, on est mal barré !

Humanisme.
Esther Benbasa : « Italie néo-fasciste. Salvini veut imposer un couvre-feu à 21h aux "petits magasins ethniques" tenus par des étrangers. Quelle bonne idée ! Ça lui est venu comment ? Ça rappelle des choses, c'est sûr. A propos, les Juifs, Salvini a dit à quelle heure ils devaient fermer ? » Mal barré, on est mal barré !

France.
- Édouard Philippe : "Bon Hulot il a tout grillé en disant qu'on roulait pour les lobbies agroalimentaires ! On fait quoi..?"
- Emmanuel Macron : "Je sais !! On nomme la directrice de com' de Danone au gouvernement !!"
#Génie #MakeTheFoutageDeGueuleGreatAgain #JeSuisYaourt" Guillaume Meurice
Mal barré, on est mal barré !

Economie.
Malgré sa dette, la France reste très attractive pour les capitalistes car son patrimoine est garant de sa solvabilité. En cédant au privé, nos machines à cash (autoroutes, aéroports, …) et nos bijoux de famille, nos gouvernements successifs affaiblissent, petit à petit mais inexorablement, la position de notre pays face aux prédateurs privés qui lorgnent sur nos retraites, notre sécurité sociale, nos hôpitaux... Au final c'est tout notre système social et redistributif qu'ils mettent en péril. Ces gens sérieux n'en sont définitivement pas. 
Mal barré, on est mal barré !



Consumérisme.
Selon Auchan, selon leur pub, tu ne fais plus tes courses... Tu sauves le monde. #consumerisme, #greenwashing.
Mal barré, on est mal barré !

Ecologie.
Ou quand la nouvelle secrétaire d'Etat à l'écologie vantait les mérites de l'huile de palme. Mal barré, on est mal barré.

Le nouveau ministre de l’Agriculture, M. Didier Guillaume vient de déclarer que « C’est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides ou pas ». Mal barré, on est mal barré.

Catherine Candelier dit et je partage : « un député qui veut interdire le VTT en période de chasse 😳, un ministre qui demande des preuves aux scientifiques de la dangerosité des pesticides (comme s'il n'y en avait pas ?!?!)😳, une lanceuse d'alerte licenciée😵, un gouvernement qui refuse de supprimer les avantages fiscaux de la production d'huile de palme 😳 et une ministre de l'environnement pro-huile de palme 😳 ... Je pense que j'ai fait le bilan de la journée, et qu'il n'est pas mauvais hein ? » Mal barré, on est mal barré !

Entre Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, qui s'interroge sur l'innocuité des pesticides, et Emmanuelle Wargon, la championne de l'huile de palme à l'environnement on sent bien que la planète est une priorité gouvernementale. Mal barré, on est mal barré.

Santé.
Comment désengorger les Urgences ? Olivier Véran, député LREM, a la solution : créer un « forfait réorientation » de 60 euros pour inciter les urgences à refuser les patients dont l’état peut attendre un rendez-vous en ville. Surtout ne pas s'interroger sur les moyens donnés aux hôpitaux et aux services publics de la santé. Surtout pas ! Mal barré, on est mal barré !

Social.
Castaner trouve que toucher des allocations chômage et partir en vacances est scandaleux ?!?! LREM ? 50 ans de retard. Définitivement ce nouveau monde et bien vieux. Mal barré, on est mal barré !

Biodiversité.
Le quota d'autorisation d'abattage du loup relevé à 51 bêtes. Le fameux "plafond à ne pas dépasser" devient bel et bien un quota à exécuter à tout prix. A quoi peut donc bien servir la protection européenne de la Convention de Berne ? Quand la France sera t'elle condamnée pour ses actes de "destruction d'une espèce protégée" ?... Citoyens, vous remercierez vos élus anti-loups, certains éleveurs qui ne savent pas protéger les troupeaux et les chasseurs qui se délectent de leurs "trophées"... Mal barré, on est mal barré !

dimanche 27 août 2017

Ou quand l'argumentaire néo-colonialiste est toujours vivant

C'était pendant la campagne de la primaire de la droite. François Fillon n'avait pas encore effectué sa percée. L'émission politique (France 2) choisit de lui opposer le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota, en duplex. Dialogue de sourds, au cours duquel Fillon ressortit à Domota la panoplie complète des arguments colonialistes. Mathlide Larrère les démonte un par un.




Pour lire la suite, c'est ici

Retrouvez toutes les chroniques de l'historienne Mathilde Larrère ici 

dimanche 30 avril 2017

Présidentielles 2017, second tour : "Là tu n'as plus le choix, il faut que tu affrontes la réalité"


Imaginez vous une France, demain, gouvernée par :

Marine Le Pen : Présidente
Nicolas Dupont-Aignant : Premier Ministre
Florent Phillipot : Ministre de l’éducation
Bruno Gollnisch : Ministre des affaires étrangères,
Gilbert Collard : Garde des Sceaux,
Marion Maréchal-Le Pen : Ministre en charge des droits des femmes,
Robert Ménard : Ministre de l'intérieur en charge des cultes,
Christine Boutin : Ministre de la famille (chrétienne),
Wallerand de St Just : Ministre de l'économie.
….

Un cauchemar !!!!
C'est ça que vous voulez pour diriger la France ?

À ceux qui ont la mémoire courte, pour ma part je ne confonds pas le fascisme tout court avec le "fascisme de la finance". Le fascisme, le vrai, même drapé de respectabilité Républicaine, reste celui qui tape dur, celui des milices, celui des policiers patriotes, celui qui utiliserait, par exemple, à la première attaque terroriste ou devant des mouvements sociaux trop forts, l'article 16 de la constitution qui donne, sur simple consultation du premier ministre et du président de l'assemblée les "pouvoirs exceptionnels" à la Présidente de la République. Au fait, messieurs Hollande et Valls, merci pour l'état d'urgence et la loi de renseignements. Aviez-vous envisagé qu'il se pourrait, qu'un jour, le FN soit au pouvoir légalement ? Aviez vous réfléchi à ce que le FN pourrait en faire ?

Ainsi, le 7 mai, moi, l'indigne, le peureux, celui qui baisse son froc, le traître à la cause anticapitaliste, j'irai me salir les mains pour tenter de préserver les libertés de ceux qui sont trop purs pour faire de même et j'essayerai de calmer cette nausée que d'autres, trop sensibles - pôvres choux - trouvent au dessus de leurs capacités.

Mais ne pas voter contre Le Pen parce-que ce serait l'avoir en 2022, n'est-ce pas, finalement, risquer de gagner du temps ? "le vote d'extrême droite doit être réduit au minimum par nos propres forces", nous disait Jean-Luc Mélenchon, en 2002. "Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l'essentiel parce que l'effort lui paraît indigne de soi? Ne pas faire son devoir républicain en raison de la nausée que nous donne le moyen d'action, c'est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l'inconvénient individuel" poursuivait il.

Ainsi, comme j'ai voté contre Sarkozix en votant Hollande, je voterai contre Le Pen en votant Macron. Précisons, car si cela va sans dire, cela va mieux en le disant, qu’il est parfaitement évident que mon vote, contre le FN, n'est et ne sera jamais et EN AUCUN CAS un ralliement, de ma part, aux idées libérales et croissantistes de Macron. Dès lors, si Macron passe au second tour, ce que je souhaite pour la sauvegarde de la République, il aura deux défis majeurs à relever, sans droit à l’échec si l’on souhaite faire reculer définitivement le FN et réussir le défi de la durabilité qui conditionnera le chaos ou la paix :
  • le défi du plein emploi digne et respectueux de l'environnement, qui puisse permettre aux gens de vivre, d'avoir un futur désirable et non juste survivre, juste être de la chair à produire. Un défi qui n'autorise pas tout, car la fin ne peut justifier tous les moyens (travailleurs pauvres allemands, contrats zéro euro en Grande-Bretagne …). Le risque, en cas d'échec, sera donc bien de poursuivre d'alimenter les scores du FN et de le voir s'installer pour de bon à L'Elysée
  • les défis écologique et climatique pris à bras le corps conditionneront l'effondrement, ou non, en fonction des choix qui seront pris, de notre civilisation (cf le Club de Rome) et donc notre propre survie à moyen terme.
"Aujourd'hui, Emmanuel Macron, vous ne pouvez pas prétendre devenir un président responsable et ignorer tous les laissés-pour-compte de la mondialisation. Pas plus que vous ne pouvez ignorer les 26% du corps électoral qui ont choisi, au premier tour, la vision plus intégrale de l'écologie et des solidarités défendue par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Vous voulez être le 7 mai celui qui aura le devoir de les représenter, ayez le courage de leur donner des gages aujourd'hui! […] M. Macron, ce vote de raison et de responsabilité au 2e tour vous oblige plus qu'il nous oblige. Il ne s'agit en aucun cas d'un chèque en blanc et encore moins d'une adhésion sans réserve à votre projet, qui n'a pas pris la mesure de l'exigence de solidarité dans laquelle se trouvent le pays, l'Europe et le monde" Nicolas Hulot, Le Monde, le 29 avril 2017

Mais, vu ses idéaux ultra-libéraux, croissantistes et consuméristes, j'ai des doutes sur sa capacité à relever ces deux défis majeurs puisque ces idéaux, ces dogmes, sont les causes des problèmes sociaux, environnementaux et climatiques actuels. Nous sommes donc dans une merde sans nom, mais ...

Le 7 mai, 
j'irais tout de même choisir l'adversaire 
que je veux affronter pendant 5 ans.

Et pour moi, ce sera Macron.

dimanche 5 février 2017

Ce que m’inspire l’affaire Fillon

Celui qui a écris le scénario de cette présidentielle 2017 devrait être nominé aux césars. Je n’ai jamais vu une campagne aussi déroutante, une campagne où tout se mêle, un « dégagisme » - pour reprendre le mot de la France Insoumise - révélateur d’un immense ras-le-bol des élites méprisantes, l’espoir de voir l’idée d’écologie sociale et solidaire émerger enfin à gauche, mais aussi l’ancrage du nationalisme, du remplis sur soi, de la peur, du retour en arrière, de la remise en cause de la République par ceux même qui sont sensés vouloir la représenter et une clémence décomplexée, pour leur train de vie à la moralité douteuse, par ceux qui les soutiennent.

Ainsi depuis quelques semaines nous découvrons, au travers du « PenelopeGate », que « Monsieur Propre » ne semble plus l’être autant que cela. Un « PenelopeGate », qui se transforme, peu à peu, en « Affaire Fillon » tant son épouse ne semble plus qu’être une victime collatérale, une victime suppliciée et non une coupable, victime d’un homme qui se serait servi d’elle pour enrichir - au mieux - sa famille. Titiou Lecoq, dans le Slate du 3 février 2017, résume assez bien le doute qui s’installe : « Je m'étais déjà dit que quand tu filais un emploi fictif à ta femme, ça me paraissait logique de la prévenir. Histoire qu'elle ne dise pas, dans plusieurs interviews, qu'elle n'a jamais travaillé pour toi. Pourquoi cette erreur? À moins que cette femme soit tellement considérée comme quantité négligeable que, du coup, tu ne lui expliques rien. Et des années plus tard, à cause de toi, cette femme se retrouve au milieu d'un scandale politique qui la dépasse largement ». Alors qu’on était en train de se demander comment Monsieur allait se sortir de ce mauvais pas, on a entendu, admiratif d’une telle abnégation, Gérard Longuet déclarer que Pénélope Fillon se serait résignée à un salaire de misère (non mais sur quelle planète vivent-il ?) en étant l'assistante de son époux malgré l'absence de preuves, à l'heure où j'écris ces lignes, de travaux effectués et de présence sur le lieu de travail. C’est alors que leur avocat, pensant trouver l’argument imparable, nous a révélé que la permanence parlementaire de François Fillon se trouvait … dans son manoir (journal 20 minutes). Impayable !!! Avec un avocat comme ça, on n’a pas besoin d'adversaires politiques. Alors c’est lorsqu’enfin a entendu Fillon dire qu’«elle a toujours travaillé dans l’ombre car ce n’est pas son style de se mettre en avant» que l’on s’est dit qu’il ne s'en sortait vraiment pas !

Ainsi à l’entendre dire, « Je le dis ce soir, je la défendrai, je l'aime, je la protégerai et je dis à tous ceux qui veulent s'en prendre à elle qu'ils me trouveront en face », on a envie de lui répondre, «Ce n’est pas ta femme qui est en cause, ballot, c'est toi ! ».

Quoi qu'il en soit, entre vous et moi, vivre comme un nabab du moyen-âge (Le Seigneur de Beaucé se voit recevoir, par fermage, 218kg de viandes fraîches et 21 quintaux de blé), aux frais des français pendant que ces derniers tirent la langue à chaque fin de mois, tout en leur demandant de faire encore et toujours plus d'efforts, a quelque chose de profondément immoral. « Pour le commun des salariés, obtenir une augmentation - en général modeste - peut être un parcours de négociations souvent difficile. Mais certains ont une idée tellement élevée de leur rôle, de leur mérite et de leur personne que leur rémunération ne leur apparait jamais suffisante. Ainsi tous les moyens sont bons, y compris utiliser leur femme (à son insu ?) » Nous dit Marc. Comme quoi, avoir une foi revendiquée, en caution d’une politique que l’on sait violente et antisociale, ne veut pas obligatoirement dire que l'on a une morale. « François Fillon, qui appelle tous les jours les chômeurs et les malades à se serrer la ceinture, qui veut supprimer des milliers d'emplois de fonctionnaires, était non seulement un député fictif (12% de présence à l'assemblée nationale) mais a aussi embauché ou fait embaucher sa femme sur un emploi fictif. C'est scandaleux » résume assez bien Yannick Jadot.

Mais l’affaire Fillon, a révélé d'autres aspects tout aussi choquants. Ainsi, outre une moralité pécuniaire finalement assez douteuse de l’intéressé, nombre de ses soutiens se sont lâchés dans des postures et des idées qui me semblent inquiétantes pour la démocratie.

Ainsi le 3 février au matin sur France-Inter, on a pu entendre, à la sortie du meeting de « sa majesté qui reçoit le bon peuple au château », un militant de déclarer « la presse ça fout la merde ! ». Michèle Alliot-Marie ne dit pas autre chose « toute cette transparence rappelle à une dictature communiste ». Bruno Retailleau, chez Jean-Jacques Bourdin, ira dans le même sens : « le début de la campagne de François Fillon a été volée. On nous aura volé le début de cette campagne, c’est très grave ». Proposons-lui de déposer plainte contre Le Canard enchaîné pour « vol de campagne ». Et alors quoi ? Vous voulez un pays sans presse ou aux ordres ? Hé ! Vous savez ce que c'est qu'un pays sans presse libre ? Ainsi, après les propos, plus que douteux, d'un certains nombres de militants LR de Nice et de ses environs, sur l'immigration, en voici d'autres qui remettent en cause la légitimité de la liberté de la presse. L'extrême droitisation de la droite dite « républicaine » est plus que préoccupante.

De son coté Marine Le Pen, celle-là même qui fait éjecter, violemment, des journalistes (Cf. Paul Larrouturou - « le quotidien » - 1er février 2017), contre tous les principes de liberté de la presse, en réagissant sur « l'affaire Fillon », tape sur les juges. « La République des juges, qui ont le pouvoir de compromettre un homme ! » dit-elle très offusquée ! Mais une république où les juges ne sont pas là pour garantir la justice et appliquer le droit, ça s'appelle comment ? Ceci ne serait-il pas un petit avant goût de ce que nous réserve un FN qui serait au pouvoir ? Bienvenu dans la fachosphère, j'ai envie de dire, mais attention, tout de même, aux chemises brunes qui attendent dans les penderies.



Alors, pour sauver ce qui peut l’être et ripoliner, une dernière fois, ses habits de chevalier blanc, in fine, François Fillon a annoncé qu’il renoncerait à la présidentielle s’il était mis en examen. Quand on connait toutes les étapes qu’il faut passer pour mettre en examen un parlementaire et que l’on apprend qu’il existe une trêve de la justice, de plusieurs semaines, avant le premier tour et pendant toutes la période des présidentielles, on se dit que cette déclaration est une belle posture de pure forme, sans risque et faite à peu de frais ... et il le sait. Ainsi donc il peut se présenter avant d’être mis en examen et s’il est élu ... l’affaire sera balayée !

« Ainsi, aujourd’hui, nous sommes face à une responsabilité historique : ce pays peut basculer du côté du populisme mais aussi choisir l'espoir » nous dit Yannick Jadot. Mais cet espoir ne sera possible qu'avec une coalition EELV-FI-BH, car avec une telle coalition et devant la débandade de la droite, le chemin de l'espoir est un boulevard. Si nous n'arrivons pas à le prendre, ce boulevard, cela démontrera, une fois de plus, que la France possède la Gauche la plus con du monde.

mardi 31 janvier 2017

Hamon, Jadot, Mélenchon, unissez-vous !


La victoire de Benoît Hamon sur Manuel Valls est une belle surprise, qui rouvre le champ de l’espoir : l’écologie et la justice sociale seront bien dans le débat de l’élection présidentielle, portées par trois candidats, MM. Hamon, Jadot et Mélenchon. Il faut aller plus loin : viser l’union ou l’alliance.


Que de surprises, dans cette campagne présidentielle ! Qui aurait dit il y a un an que François Fillon battrait Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ? Qui aurait dit voici neuf mois qu’Emmanuel Macron serait un possible candidat de second tour ? Qui aurait dit il y a six mois que Benoît Hamon porterait les couleurs du Parti socialiste ?

Célébrons d’abord une bonne nouvelle : Manuel Valls est balayé. Cet homme dangereux et autoritaire a été battu à plate couture par Benoît Hamon dans le deuxième tour de la primaire de la « Belle alliance populaire », dimanche 29 janvier, par 58 % à 41 %. C’est un score digne des « Experts », l’équipe française de handball qui, le même jour, a remporté la Coupe du monde par 33 buts à 26.

Maintenant, où en sommes-nous ? A moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, qui aura lieu le 22 avril, le jeu semble bien posé : dans l’ordre alphabétique, François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, et Jean-Luc Mélenchon ont chacun(e) des chances raisonnables de se placer dans une des deux positions de tête. Des surprises pourront encore venir, notamment d’un éventuel effacement de M. Fillon, rattrapé par son comportement népotiste (« népotisme : abus de quelqu’un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille »), d’un effondrement de M. Macron à la façon de Balladur, chéri des sondages, en 1995, ou de tout autre événement, les surprises étant par définition imprévisibles.

Cinq compétiteurs, donc. Représentant avec Fillon une droite dure néo-libérale, avec Le Pen une droite xénophobe et nationaliste, avec Macron une voie néo-libérale de type Fillon mais ouverte sur les questions sociétales, avec Hamon, un socialisme en recomposition axé sur l’écologie, avec Mélenchon, une gauche alliant exigence écologique et de justice sociale.

Résultat du quinquennat de M. Hollande, qui a appliqué une politique néo-libérale contraire à ses engagements de 2012, le Parti socialiste est déchiré entre les néo-libéraux, qui se rallieront - surtout les parlementaires - à Emmanuel Macron, et une base désireuse de revenir à gauche. M. Hamon aura du mal à gérer cet éclatement : il aura l’ascendant dans un parti qu’il connaît parfaitement, mais il ne pourra éviter la fuite d’une partie de ses élus.

La droite, de son côté, va se déchirer, avec un Fillon coincé par la rivalité de Mme Le Pen et l’attraction exercée par le jeune Macron, expert en communication et privilégié par l’oligarchie.

Concrétiser l’union entre l’exigence écologique et 
le souci de justice sociale

Jeu très ouvert, donc. Hamon peut-il nuire à l’essor de Mélenchon ? Sans doute, et c’est l’inquiétude qu’avaient de très nombreux citoyens soucieux de donner le plus de force possible à la dynamique de La France insoumise. Mais la victoire de Hamon permet aussi un éclatement possible du PS et une recomposition d’une force opposée au productivisme qui unit les trois candidats de droite. Elle permet aussi de mettre les questions de la transition écologique au centre du débat, puisque trois candidats la porteront avec force, MM. Hamon, Jadot et Mélenchon.

Mais il faut aller plus loin. Ce qui est en jeu, dès cette année, c’est la formation de cette force qui empêchera la France de glisser vers un régime nationaliste de nature fasciste, ou vers un régime néo-libéral autoritaire appliquant la stratégie du choc. Ce qui est en jeu, c’est la concrétisation de cette union entre l’écologie et la justice sociale, dans une démocratie renouvelée, union à laquelle aspirent tant de citoyens, et qu’expriment tant d’alternatives, de mouvements, de pensées depuis dix ans.

Messieurs, vous avez maintenant une lourde responsabilité

MM. Mélenchon, Hamon, et Jadot, vous avez maintenant une lourde responsabilité. La première est de ne pas vous déchirer, d’aller à cette bataille présidentielle en parfaite courtoisie et respect réciproques, sans céder aux tentations qui vous seront proposées par des médias aux mains des oligarques de vous blesser les uns les autres.

Mais il y a plus encore : vous devez chercher l’union. Certes, le programme de La France insoumise, discuté et réfléchi de longue date, a le mérite de l’antériorité et de toutes celles et ceux qui y ont participé. Certes, M. Mélenchon et ceux qui le soutiennent peuvent arguer de la logique de leur stratégie, et critiquer les errements du Parti socialiste et donc de son actuel champion. Certes, et c’est peut-être le plus important, s’il y a mille points d’accord entre vous sur la transition écologique, sur la politique fiscale, sur la démocratie, la politique étrangère et le rôle de l’Etat font débat, et même parfois opposition.

Mais nous sommes des millions, en France, à penser que ce qui vous unit est plus important que ce qui vous sépare. Pour l’avenir, Messieurs Hamon, Jadot, et Mélenchon, parlez-vous, travaillez ensemble, préparez l’avenir. Et même si nous savons que la vie politique est âpre et la concurrence sévère, nous savons que de belles surprises peuvent encore arriver : unissez-vous !


Signez les appels 
Hamon, Jadot, Mélenchon : un candidat mais pas trois !

Celui de Marc Dufumier, Professeur émérite, AgroParisTech, 
Gérard Filoche, Inspecteur du travail et Membre du Bureau National du PS et 
Marie-Monique Robin, Réalisatrice : SIGNEZ ICI

Ou celui de Change.org : SIGNEZ ICI

samedi 3 décembre 2016

Le choix de l’insoumission

A la veille de la réunion du Front commun à Montreuil, la Coopérative écologie sociale (dont sont notamment membres Francine Bavay, conseillère fédérale EELV, Sergio Coronado, député EELV des Français de l'étranger, Patrick Farbiaz, conseiller fédéral EELV, Bénédicte Monville-De Cecco, conseillère régionale d’Île de France EELV), profite de l’occasion pour «reposer au sein d’EELV, la question de l’opportunité d’une candidature écologiste à la présidentielle».

La situation nouvelle dans laquelle nous nous trouvons depuis l’élection de Donald Trump et la désignation de François Fillon comme candidat de la droite et du centre nous oblige à réaffirmer les choix, finalement minoritaires, que nous avions portés lors du dernier Congrès d’EELV et alors même que les primaires de l’écologie viennent de s’achever. La victoire sans appel de deux réactionnaires sur les bases d’une révolution ultralibérale, conservatrice, et souverainiste dans deux des six plus grandes puissances du monde conjuguée avec le poutinisme et le renforcement de la prédominance de Xi Jinping en Chine, ou encore d’Erdogan en Turquie change la donne. Le monde dans lequel nous entrons rompt non seulement avec les Trente glorieuses mais aussi, en Occident, avec la promesse de progrès social et démocratique. Le chaos géopolitique se double maintenant d’une hypothèse autoritaire. Le capitalisme n’a plus besoin de la démocratie, nulle part.

Dès lors, l’enjeu de l’élection présidentielle se modifie. Ce n’est plus seulement la défaite de la gauche qui se profile mais la nécessité d’entamer une recomposition politique pour organiser la résistance de celles et ceux qui veulent s’opposer au tsunami réactionnaire et ordo-libéral qui vient. Nous savions déjà, avant la victoire de François Fillon, que le vote à gauche se départagera entre celles et ceux qui, dans la peur d’un 21 avril annoncé, vont nous expliquer que le danger immédiat est celui de la droite et de l’extrême droite et celles et ceux qui estiment, comme en 1969, que l’enjeu est de montrer qu’il est possible d’en finir avec l’hégémonie d’une gauche néoconservatrice sur la gauche sociale, écologique et morale qui se bat depuis quatre ans contre ce gouvernement qui dévoie toutes nos valeurs. Mais si la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis démontre, s’il le fallait encore, que la première réponse est parfaitement inutile à long terme, celle de François Fillon renforce l’idée que la politique de la gauche de gouvernement depuis 2011 dans tous les domaines a encouragé cette révolution conservatrice. Il faut tout faire pour mettre en minorité le Parti Socialiste, responsable au premier chef de cette situation.

Vouloir porter un discours de changement positif est dans ce cadre une illusion et ne débouchera que sur une nouvelle déception. Faire 2, 3 voire 4 % reviendra à enfoncer un clou supplémentaire sur le cercueil de l’écologie politique alors qu’elle est la seule idée propulsive de l’avenir. Dans ces conditions, une candidature EELV, que notre candidat a qualifiée lui-même de candidature de témoignage à l’élection présidentielle, n’est pas souhaitable. Yannick Jadot a assurément des qualités pour être le candidat d’EELV mais à quoi sert un candidat de témoignage dans la période inédite que nous traversons ? Pourquoi prétendre que l’enjeu se situe encore dans la diffusion des idées écologistes alors qu’il s’agit de manière urgente de se demander comment créer les conditions qui permette de sortir l’écologie politique de la situation de marginalité où depuis la fin du XIXème siècle les forces conservatrices travaillent à la maintenir ? Yannick Jadot ne répond pas à ces questions. A quoi sert dans une période d’exaspération des national-populismes, de mensonges et de négation du dérèglement climatique et de ses conséquences de continuer à prétendre qu’il existe un peuple de l’écologie ? Quelle est la pertinence d’une candidature qui veut faire la synthèse entre une écologie bourgeoise, soucieuse de santé et de préservation de la nature, mais qui pourtant refuse de poser la question des rapports de production et de la prédominance du capital, et une écologie politique, au sens plein du terme, qui affronte la relation fondamentale entre capitalisme et destruction de la nature ? Avons-nous besoin d’une énième candidature de témoignage ? Sans un processus de rassemblement des forces du champ de l’émancipation sociale et écologiste quel sens cette candidature peut avoir ?

Ces dernières années, l’écologie politique a encore souffert du louvoiement, du renoncement, de l’accaparement par une « firme » d’un espace qui pourtant avait réuni plus de 16 % de l’électorat aux élections européennes de 2009. Ce formidable élan a été détruit par les petits marquis qui sont allés sans vergogne rejoindre la cohorte des soldats perdus du gouvernement Hollande-Valls. Notre parti a choisi d’y mettre un terme et c’est tant mieux mais pour quoi faire ?

L’élection présidentielle n’a jamais été le tremplin des candidat-es écologistes aux élections législatives. Ils ont toujours réalisé de meilleurs scores que le candidat parce que les électeurs votent utile en mai et reviennent en partie à un vote de conviction en juin. Cette fois-ci pourtant la revendication d’autonomie intransigeante dont se revendique le candidat EELV à la présidentielle comme d’ailleurs la majorité issue du Congrès de Pantin obère cette possibilité. Sur le terrain, les militant-es écologistes savent bien que l’heure est au désarroi et qu’il s’agit d’abord de regrouper des forces citoyennes en rupture avec le hollandisme pour rebâtir à partir du bas sur une plate forme partagée par l’ensemble des forces de la gauche de transformation sociale et écologique. Crier autonomie, autonomie, autonomie, n’a donc aucun sens sinon conforter celles et ceux qui se fourvoient et travaillent en réalité au maintien de la marginalité écologique. C’est-à-dire les tenants d’une écologie qui doute d’elle-même et de son potentiel de transformation radicale de nos sociétés. SI nous voulons, comme certains le prétendent, « déminoriser » l’écologie, il faut maintenant prendre nos responsabilités en devenant une des forces motrices d’une recomposition qui commencera sur le terrain dès les prochaines législatives.

La prochaine élection présidentielle consacrera la défaite de la gauche sociale libérale qui durant cinq ans aura trahi toutes nos aspirations, tous les engagements signés, toutes les promesses faites à des partenaires vassalisés et réduits à jouer les utilités. Et ce ne sont pas les dernières gesticulations d’une aile « gauche » du PS étrangement silencieuse en dehors des périodes électorales qui y changeront quoique ce soit, même si elles pourront duper certain-es électeurs/électrices. De ce fait, les électrices et électeurs de gauche n’auront que le choix entre des solutions par défaut : soit s’abstenir, soit témoigner, soit désobéir. Comme nous estimons que le vote est un acte politique de citoyenneté minimum, nous ne nous abstiendrons pas. Comme nous considérons que les candidatures de témoignage sont inutiles dans une période où l’écologie politique est dévoyée par le capitalisme vert, nous choisirons la désobéissance, car l’insoumission est le seul vote utile dans une période où le chaos est la règle et la cohérence dans la conviction, l’exception.

Désobéir à la Vème République et à son système présidentialiste qui, avec les primaires, a transformé notre pays en hippodrome de courses de chevaux entraînés par des écuries où suiveurs, courtisans et sponsors cherchent à miser sur le meilleur canasson pour l’emporter tous les cinq ans.

Désobéir à un système partidaire qui s’est coupé du peuple en choisissant la voie de l’oligarchie, de la soumission au gouvernement invisible des lobbies et des multinationales.

Désobéir à son parti politique, défait et laminé par les petites ambitions d’une partie de ses cadres et inviter ses militant-es à considérer avec nous la gravité de la situation et à en tirer toutes les conséquences.

C’est pourquoi nous faisons le choix de participer au front commun qui se dessine. Nous ne ne le faisons ni en fan, ni en groupie, ni en supporter de Jean-Luc Mélenchon. Nous avons des désaccords avec lui : son tropisme jacobin et centralisateur, sa vision géopolitique «campiste » datant de l’affrontement Est/Ouest, ses déclarations à l’emporte pièce, notamment sur l’immigration ou le « récit national » qu’il faudrait adopter « à partir du moment où on est français » … et nous comptons bien le dire haut et fort. Mais il a au moins trois qualités essentielles à nos yeux :

1) Il a réconcilié une partie de la gauche profonde avec l’écologie en faisant la jonction entre justice sociale et justice écologique. En prônant l’éco socialisme, la règle verte, la lutte déterminée contre les Grands projets inutiles et Imposés, [...], il permet à une partie des syndicalistes, de la gauche sociale, de converger avec l’écologie politique. En rompant notamment [...] avec l’immobilisme du PCF et du PS, il écologise en profondeur la gauche et prépare l’étape suivante, celle où l’écologie politique sera le moteur de la gauche.

2) Il a le rôle de voiture bélier dans cette présidentielle où il s’agit enfin de rompre avec une sociale-démocratie qui a rejoint le camp de la droite avec sa politique économique et sociale de régression (CICE, politique de l’offre, lois Macron, loi travail, répression antisyndicale, anti-jeunes, en particulier quand ils ou elles sont issu-es des milieux populaires, anti-militant-es, en particulier quand ils ou elles sont écologistes … ), sa politique productiviste anti écologiste (Notre Dame des Landes, Sivens, boues rouges, algues vertes, diesel, …) sa politique sociétale (déchéance de nationalité, expulsions des Rom, enterrement du droit de vote des étrangers et du contrôle au faciès, Etat d’urgence permanent, méga fichage TES, …), sa politique étrangère (logique de guerre en Afrique et au Moyen Orient, soutien aux dictatures, …). Il faut «hacker» cette présidentielle pour en finir avec le cycle d’Epinay sur lequel a prospéré un PS qui a renié un par un tous ses engagements de départ. Jean-Luc Mélenchon, parce qu’il a toujours dénoncé depuis le début du quinquennat, la présidence et la majorité autour de François Hollande a pour des millions de français cette crédibilité là. Nous devons empêcher non seulement le face-à-face entre les deux derniers présidents complices de la même politique d’austérité mais plus largement faire exploser définitivement le champ politique français constitué depuis des décennies et œuvrer à sa recomposition. Comme en Espagne, au Portugal, aux Etats Unis avec Bernie Sanders et Jill Stein, il faut pirater le système électoral en vigueur.

3) Jean-Luc Mélenchon par son combat permanent pour la VIème République, pour des mandats révocables, pour la proportionnelle, pour une Constituante, pour une majorité rose rouge verte peut enfin être l’occasion de la recomposition du paysage politique à gauche et au delà des partis constitués. Nuit Debout et le mouvement contre la loi Travail, les zadistes, les initiatives citoyennes et écologistes montrent que la recomposition se fera par le bas, qu’elle s’ancrera localement comme à Barcelone et à Madrid dans le communalisme libertaire. Mais l’implosion de ce système doit aussi venir par en haut. Le PS comme le PC (qui vient d’ailleurs de faire le choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon) et à certains égards ce qui reste d’EELV sont des freins qui bloquent cette recomposition par le bas. Si Jean-Luc Mélenchon dépasse ne serait-ce que d’une voix François Hollande ou n’importe quel représentant du social libéralisme, la crise sera telle au PS que nous pourrons nous engager enfin dans une autre voie, celle de la construction d’un mouvement de type nouveau, un bloc social et écologiste où pourront s’agréger les forces motrices du changement issues des mouvements de la protestation sociale, de l’écologie, du féminisme, de l’antiracisme, du pacifisme. La recomposition est à ce prix. Elle ne dépendra pas du Parti de Gauche ou de la France Insoumise car il ne peut y avoir de recomposition par le haut, par le fait du prince. Un présidentiable ne peut jouer le rôle fédérateur d’une force politique au XXIème siècle et c’est une bonne chose. Et ce même si « La France Insoumise » en expérimentant des moyens d’organisation horizontaux où la liberté de chacun de faire campagne, est un mode d’organisation qui pourrait être utile comme on l’a vu avec Momentum, le mouvement pro Corbyn ou avec la campagne de Bernie Sanders.

Nous espérons que notre choix sera l’occasion de reposer au sein d’EELV, la question de l’opportunité d’une candidature écologiste à la présidentielle dans les conditions que nous avons à nouveau spécifiées ici. Si tel n’était pas le cas, celles et ceux qui parmi nous sont à EELV, utiliseront leur droit de retrait durant la campagne des présidentielles en même temps que nous nous battrons pour des candidatures les plus unitaires sur la base de plate–formes citoyennes, de gauche et écologistes aux élections législatives. Nous avons toujours décidé de notre orientation, sans a priori et en fonction de l’analyse d’une situation donnée. Aujourd’hui, au moment où les périls se rapprochent, si nous voulons une recomposition dont l’axe soit la convergence entre le social et l’écologie, il faut savoir rompre avec les attitudes boutiquières et faire le choix d’un front commun.

Article publié, par la Coopérative Ecologie Sociale, dans le Blog des invités de Médiapart, le 2 Décembre 2016