"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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mardi 11 août 2026

Lécologie n'est pas apolitique, elle est de Gauche

Il existe des formules dont le succès tient moins à leur vérité qu’au confort qu’elles procurent. Affirmer que l’écologie ne serait « ni de droite ni de gauche », qu’elle serait de « bon sens », appartient à cette catégorie, car cette prétendue neutralité permet de reconnaître la gravité du dérèglement climatique sans jamais avoir à désigner les intérêts qui l’alimentent, les rapports de pouvoir qui empêchent d’y répondre et les choix collectifs qu’il faudrait assumer pour en sortir. 

Bien sûr, l’altération du climat, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources et la pollution des milieux concernent l’humanité tout entière, cependant cette universalité du péril ne signifie nullement que ses causes, ses conséquences et les moyens de s’en protéger seraient également répartis. Nous appartenons à une même communauté de destin mais nous n’occupons pas tous la même place dans l’organisation économique qui détermine ce qui est produit, dans quelles quantités, au bénéfice de qui et au prix de quelles destructions. 

L’écologie devient concrète dès que l’on cesse de la réduire à la protection sentimentale de la nature pour s’interroger sur l’organisation matérielle de la société. Elle devient concrète lorsqu’il faut décider si l’eau doit être administrée comme une marchandise ou comme un bien commun, si l’énergie doit répondre aux exigences de rentabilité ou aux besoins de la population, si la production doit être orientée par la demande solvable ou par l’utilité sociale, si la propriété confère un droit absolu d’usage ou si elle doit être limitée lorsque son exercice compromet les conditions de l’existence collective. À chacune de ces questions, la droite et la gauche n’apportent pas les mêmes réponses, parce qu’elles ne défendent ni la même conception de la liberté, ni la même définition de la justice, ni la même organisation du pouvoir économique. 

La droite peut sincèrement vouloir préserver des paysages, défendre un patrimoine naturel, soutenir certaines innovations moins polluantes ou réglementer des pratiques devenues manifestement dangereuses. Des femmes et des hommes de droite peuvent aimer profondément leur territoire, observer la disparition des espèces et s’inquiéter de l’avenir laissé à leurs enfants : il ne s’agit donc pas de distribuer des certificats de sensibilité à la nature selon l’appartenance politique de chacun. Néanmoins, l’écologie n’est pas seulement un attachement à ce que nous trouvons beau ou digne d’être conservé mais la recherche d’une organisation sociale compatible avec les limites physiques du monde, ce qui suppose de transformer les mécanismes qui déterminent notre manière de produire, de consommer, de travailler, de nous déplacer et d’habiter. Or, lorsque la droite se heurte à cette exigence, elle refuse presque, si ce n’est toujours, de remettre en cause la primauté du marché, la concentration de la propriété, la recherche continue de rentabilité et le pouvoir que la richesse confère à ceux qui la détiennent. 

C’est précisément pour cette raison que l’expression « écologie de droite » constitue un oxymore. 

Ce que la droite présente comme une politique écologique consiste le plus souvent à corriger certains effets du modèle économique tout en préservant les principes qui les produisent. Elle veut rendre la croissance plus propre sans interroger la nécessité de produire toujours davantage, améliorer l’efficacité des technologies sans jamais se demander à quels besoins elles répondent, ni qui décide de leur développement. Elle peut ainsi encourager l’achat d’un véhicule moins polluant tout en conservant un aménagement du territoire qui rend la voiture indispensable. Elle peut promouvoir des vêtements fabriqués avec des matières recyclées tout en laissant prospérer une industrie fondée sur le renouvellement permanent des collections. Elle peut enfin demander aux entreprises de publier des engagements climatiques sans retirer aux investisseurs le pouvoir d’exiger toujours plus de rendement. 

Dans cette conception, il ne s’agit jamais de réduire véritablement l’emprise de l’économie sur le vivant, mais de créer les conditions permettant à l’accumulation de se poursuivre sous une apparence renouvelée. Le vocabulaire évolue, les campagnes publicitaires s’adaptent, mais le principe demeure : ce qui est rentable doit pouvoir continuer d’exister, même lorsque son utilité sociale est douteuse et que son coût collectif devient considérable. La responsabilité individuelle occupe naturellement une place centrale dans cette écologie de marché, parce qu’elle permet de reporter sur les comportements personnels une question qui relève surtout de l’organisation collective. Le citoyen est sommé de devenir un consommateur irréprochable, capable d’identifier le bon produit, le bon label et le bon investissement, tandis que les structures qui organisent ses possibilités demeurent largement inchangées. 

Nos gestes individuels comptent, évidemment, mais ces gestes ne peuvent remplacer des décisions publiques qui s’appliquent à l’ensemble de l’économie, puisqu’un individu ne choisit ni la stratégie énergétique du pays, ni l’organisation des chaînes de production, ni l’implantation des services, ni les normes imposées aux industriels, ni les orientations prises par les banques et les fonds d’investissement. En faisant de l’écologie une affaire de vertu personnelle, la droite produit une morale exigeante pour les individus et une réglementation indulgente pour les puissances économiques. Elle soumet les comportements ordinaires à un examen permanent tout en considérant comme excessif, irréaliste ou liberticide tout ce qui pourrait réellement limiter la capacité des acteurs dominants à extraire, produire, vendre et accumuler. 

Cette contradiction trouve son origine dans une divergence fondamentale concernant la nature même de la liberté. Pour la droite, la liberté repose largement sur la possibilité de posséder, d’investir, d’entreprendre et de disposer de ses ressources selon ses intérêts. Pour la gauche, aucune liberté ne peut être véritable lorsqu’elle donne à quelques-uns le pouvoir de dégrader les conditions d’existence de tous les autres.

La liberté d’un groupe industriel de maintenir une activité destructrice ne peut être placée sur le même plan que la liberté collective de vivre dans un environnement sain, pas davantage que le droit de propriété ne peut justifier la captation durable d’une ressource indispensable. 

Le projet de mégacentre de données porté par Google à Ozans-Châteauroux en offre une illustration presque caricaturale : 195 hectares artificialisés, huit à dix bâtiments, deux postes électriques et de nouvelles infrastructures à très haute tension pouvant atteindre 400 000 volts, afin de satisfaire les besoins privés d’une multinationale en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Une telle infrastructure mobiliserait durablement nos terres et nos capacités électriques, tout en faisant peser une pression supplémentaire sur nos nappes phréatiques, tant les centres de données sont connus pour être de véritables ogres hydriques. Ce projet doit être combattu de toutes nos forces. Poser de telles limites n’est pas une négation de la liberté, mais la condition de son partage. Une société dans laquelle les décisions les plus déterminantes sont abandonnées à ceux qui possèdent les moyens de production, les capitaux et les infrastructures n’est pas réellement gouvernée par ses citoyens, même lorsque ceux-ci sont régulièrement appelés à voter. La démocratie demeure incomplète tant qu’elle s’arrête devant la porte des conseils d’administration, notamment lorsqu’il s’agit d’entreprises dont les activités détruisent nos conditions d’existence. Une démocratie qui soustrait l’économie à la délibération commune demeure profondément mutilée. 

Ainsi, l’écologie est nécessairement de gauche : elle exige que nous reprenions collectivement le pouvoir de décider de ce qui mérite d’être produit, des ressources qui doivent être préservées, des activités qui doivent être transformées et de la manière dont les efforts seront répartis. Elle ne peut se satisfaire d’une transition administrée par le marché, puisque le marché ne connaît que la demande solvable et ne protège que ce qui peut être converti en valeur économique. Une écologie de gauche ne demande donc pas simplement aux entreprises de devenir plus responsables ; elle définit démocratiquement des règles auxquelles leur activité doit se conformer. Elle ne se contente pas de corriger les inégalités après leur apparition ; elle s’attaque aux mécanismes qui concentrent les richesses, les ressources et le pouvoir de décision. Elle ne traite pas l’eau, l’énergie, le logement, l’alimentation, la santé ou les transports comme des secteurs commerciaux ; elle reconnaît qu’ils constituent les fondements matériels de l’égalité et qu’ils doivent, à ce titre, relever d’une maîtrise publique ou coopérative.

Cette écologie assume que certaines productions devront diminuer, que certains secteurs devront être profondément transformés et que certaines activités devront disparaître tout en affirmant que cette transformation ne pourra être acceptée que si elle améliore concrètement la vie du plus grand nombre. La sobriété ne peut pas signifier que l’on exige de nouvelles privations de ceux qui manquent déjà de l’essentiel, tandis que demeure intacte la consommation disproportionnée d’une minorité de privilégiés. Elle doit consister à organiser démocratiquement la réduction de ce qui est destructeur ou socialement inutile afin de garantir à chacun l’accès à ce qui permet une existence digne. Il s’agit là d’une politique de répartition, d’émancipation et de sécurité collective. Cela suppose des services publics puissants, capables de soustraire les besoins essentiels aux fluctuations du marché ; une planification écologique permettant d’inscrire les investissements dans le temps long ; une fiscalité qui mobilise prioritairement les fortunes et les activités dont l’empreinte est la plus importante ; une démocratie économique donnant davantage de pouvoir aux travailleurs ; ainsi que des collectivités disposant de ressources stables pour agir sans dépendre d’une compétition permanente entre territoires. 

Cela suppose également de repenser le travail, car l’écologie ne peut pas se limiter à la nature de ce que nous produisons sans interroger les conditions dans lesquelles nous le produisons. Une économie qui épuise les corps, impose des rythmes toujours plus intenses et mesure toute activité à l’aune de sa rentabilité participe de la même logique que celle qui épuise les ressources. Réduire le temps de travail, sécuriser les parcours professionnels, accompagner les reconversions et reconnaître l’utilité sociale des métiers essentiels constituent donc des questions pleinement écologiques. L’écologie prolonge ainsi la lutte des classes, lutte historique de la gauche, parce qu’elle révèle que la question sociale et la question environnementale procèdent d’un même conflit : celui qui oppose la satisfaction des besoins humains à l’accumulation privée, la maîtrise démocratique de nos choix à la concentration du pouvoir, et la recherche du bien commun à la mise en concurrence généralisée. 

Encore faut-il que la gauche accepte de tirer toutes les conséquences de cette exigence. Le quinquennat de François Hollande a montré qu’une majorité élue à gauche pouvait cesser de gouverner à gauche : lorsqu’un pouvoir place la compétitivité des entreprises au centre de sa politique, accepte le cadre social-libéral comme horizon indépassable, subordonne la transformation écologique à la préservation de la croissance et renonce à affronter les intérêts économiques dominants, son étiquette ne suffit plus à qualifier son action. Cette critique ne vise ni les militants socialistes, ni les élus locaux, ni les citoyens sincèrement attachés à la justice sociale. Elle rappelle simplement qu’une organisation politique ne peut pas demander à être jugée seulement sur son histoire ou sur les convictions personnelles de ses membres. Elle doit être jugée sur les intérêts qu’elle affronte et sur les politiques qu’elle met en œuvre lorsqu’elle gouverne. La gauche n’est pas un patrimoine garanti par un nom : c’est une politique que l’on accomplit. 

Affirmer que l’écologie est de gauche ne consiste donc pas à annexer une cause universelle au profit d’un parti ou d’un appareil. Il s’agit de reconnaître que la transformation écologique exige une certaine conception de la société : une société dans laquelle les besoins essentiels échappent à la logique marchande, où la propriété n’autorise pas toutes les prédations, où la richesse n’achète pas un droit supérieur à décider, où la puissance publique garantit à chacun les moyens matériels de son autonomie. L’écologie n’est donc pas un supplément d’âme ni une épice que chaque famille politique pourrait ajouter à son programme sans modifier le reste, elle impose de choisir entre deux organisations de la société : l’une qui cherche à préserver un modèle fondé sur l’accumulation en tentant, bon an mal an d’atténuer ses dommages ; l’autre qui accepte d’en transformer les structures afin de rendre possible un avenir commun. 

Ce choix porte sur la propriété, la production, le travail, la richesse et la démocratie. Il engage notre conception de la justice autant que notre rapport au monde vivant. L’écologie n’échappe donc pas au conflit politique : elle en révèle la ligne de partage. 

L’écologie est de gauche

Par Mansour Thiam

dimanche 21 septembre 2025

Pour la République et la Paix ...

Texte lu par mes soins, pour le groupe des Écologistes des Ulis,

lors de la fête de la République et de la paix, célébrée, 

comme tous les 21 septembre.

Chères citoyennes, chers citoyens, 

Chères amies, chers amis, 

La manifestation d'extrême droite du week-end dernier, à Londres, est effrayante par son ampleur. Il ne sert à rien de le nier, définitivement le fascisme a le vent en poupe en Europe et dans le monde. Trump a brisé les derniers tabous. L'humanisme, en état de sidération, perd du terrain, au profit de la haine décomplexée et c'est catastrophique. 

Soutenir l'extrême droite c'est soutenir un groupe qui porte en lui les germes de la violence, du meurtre, du sang et des larmes. Les fascistes et leurs ami.e.s pourront toujours argumenter que c'est faux, la réalité a le cuir épais : "Aux Etats-Unis, l’extrême droite est impliquée dans 93 % des meurtres extrémistes" peut-on lire dans libération. [...] Sur 20 ans (aux USA ndt), une très large majorité des meurtriers (347 sur 371) sont liés à des organisations d’extrême droite. Pour la majorité d’entre eux (262), il s’agit de suprémacistes blancs. [...]. 

Et ainsi, n'en déplaise à la droite et son extrême et à l’ère de la post-vérité où tout est permis, l'assassin de Charlie Kirk est bien des leurs. 

Chez les écologistes on condamne fermement le fait de tuer quelqu’un et particulièrement pour ce qu’il dit. Cependant transformer cet homme raciste, sexiste, homophobe, transphobe et antisémite, en martyr de la liberté d’expression c’est juste ouvrir davantage les discours ultra réactionnaires et racistes dans l’espace public. 

Benjamin Brillaud (nota bene) dit et on partage « Je vois des comparatifs avec Martin Luther King, Kennedy, Charlie Hebdo… c’est la foire à la saucisse. Tant de « silences » médiatiques sur tant d’horreurs, et tant de bruit sur un suprémaciste qui n’attisait que la haine…c’est symptomatique de quelque chose et c’est profondément triste. » 

C’est dans ce contexte national et international régressif qu’aujourd’hui, nous célébrons la République et la Paix. Et cela n’en a que plus d’importance. Deux valeurs indissociables, deux idéaux qui nous rappellent que la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité ne peuvent pleinement s’épanouir que dans un monde libéré de la violence et du mépris de la vie. 

Notre République démocratique et humaniste est notre bien commun, notre Etat de droits, non négociable, est le gardien de nos libertés. Notre République démocratique et humaniste nous rassemble au-delà de nos différences. Elle nous oblige à protéger les plus vulnérables, à garantir à chacune et chacun sa place, sa dignité, ses droits. Mais la République ne peut être vivante que si elle s’adosse à la justice sociale et à la justice environnementale et il ne peut y avoir de justice sociale, donc de paix civile sans justice environnementale. 

La Paix, elle, n’est pas seulement l’absence de guerre. Elle est la construction quotidienne d’un monde où l’on privilégie le dialogue à la confrontation, le soin à la prédation, le partage à l’accaparement. Elle commence ici, dans notre manière de vivre ensemble, et elle s’étend jusqu’à la planète toute entière. Le pacifisme c'est travailler à annihiler toutes les causes de la guerre mais pas de refuser un conflit imposé par une puissance incontrôlée car on ne peut pas crier « à tout prix la paix ». Quel prix sommes-nous prêts à payer pour avoir la paix en cas d’agression ? 

Le pacifisme c'est travailler à annihiler toutes les causes de la guerre, or, nous le savons, notre maison commune est menacée et premièrement par la remise en cause de la science au profit des croyances. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les inégalités s’aggravent. Les crises écologiques alimentent les conflits et déplacent des millions de personnes. C’est pourquoi être écologiste aujourd’hui, c’est être artisan de paix. Car sans respect de la nature, il n’y aura pas de justice, et sans justice, il n’y aura pas de paix. C’est tout le message du Prix Nobel de la paix de 2007, décerné au GIEC pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme qui, à terme, provoqueront tensions et guerres. 

En ce jour de fête, souvenons-nous que chaque geste compte. Chaque engagement local, dans une pensée globale, participe à cette grande œuvre de concorde. Chaque arbre planté, chaque énergie renouvelable produite, chaque solidarité créée entre voisins est une victoire de la République et de la Paix. 

Alors, rassemblons nos forces. Portons haut les couleurs de l’écologie, de la démocratie, et de l’humanité. La République est notre socle, la Paix est notre horizon, et l’écologie est le chemin qui relie l’une à l’autre. 

Vivce la France, vive la République, vive la Paix, et vive l’écologie !

 

samedi 20 septembre 2025

Fête de l'Huma : la réponse de Paul Watson

Mail de Paul Watson aux adhérent.e.s de Sea Sheperd France. Une réponse qui a le méritre d'être claire et honnorable. 

Hier, je ne savais pas ce qu'était un écofasciste. 

Aujourd'hui, apparemment, j'en suis un. 

Samedi dernier, j'ai parlé devant une foule conséquente lors de la conférence annuelle de la Fête de l'Humanité en France. 

Ce fut un événement passionnant, quelques milliers de personnes sympathisantes mais également environ deux cent manifestants indignés qui me hurlaient dessus et exigeaient qu'on me fasse taire , ce que j'ai trouvé plutôt ironique pour un évènement qui défend la liberté d'expression. 

Ce n'est pas de la faute des organisateurs, que j'ai trouvés plutôt ouverts et respectueux du droit de parole, et j'apprécie qu'ils m'aient invité. 

Les quelques centaines de perturbateurs étaient un groupe pour le moins enthousiaste, certains brandissaient le poing et me dénonçaient comme cette chose qu'ils appellent un « écofasciste. » J'ai l'habitude d'être traité de beaucoup de choses, notamment d'écoterroriste, d'extrémiste environnemental, d'activiste militant perturbateur et d'écopirate. Tous des surnoms très flatteurs et maintenant je peux en ajouter un nouveau - écofasciste. 

C'était génial. J'adore les publics hostiles et les débats animés, j’ai trouvé leurs chants « antifascistes " accrocheurs et mélodieux . 

J’ai toujours trouvé ce genre de perturbations excitantes pour ma part car elles créent une atmosphère propice à la transmission d'un message. La dernière fois que j'ai eu un public encore plus hostile, c'était il y a de nombreuses années quand j'ai débattu avec le Premier ministre de Terre-Neuve Brian Peckford devant un public de mille partisans de la chasse aux phoques, ou en 1984 quand je me suis adressé à une foule de trappeurs et de chasseurs en Colombie-Britannique du Nord en m'opposant à l'abattage de loups sponsorisé par le gouvernement. J'ai apprécié ces rencontres et je dois admettre que j'ai également apprécié la rencontre de samedi dernier. Rien de mieux que les cris fervents d'une foule pour m’inspirer et me motiver davantage. Donc j'étais très certainement inspiré pour exprimer mes positions, encore plus haut et fort, sur le biocentrisme, l'écologie profonde et les droits de la nature, ce qui, me dit-on, est de l'écofascisme. 

Et si c'est ainsi que l'écofascisme est défini, je ne m’en défendrai pas. 

Donc, en gardant le sourire et en élevant le volume de ma voix, j'ai transmis mon message sur l'importance de défendre la vie, la diversité et l'interdépendance dans les océans. 

D'après ce que j'ai compris, ces gens étaient contrariés que mes priorités soient écologiques et non politiques, que je valorise la vie des autres espèces au-dessus de l'humanité et que je considère le matérialisme humain et le comportement humain comme destructeurs pour la nature. Leur point de vue est que ma position de rectitude écologique n'est pas un point de vue politiquement acceptable. 

Tout ceci est très vrai et je ne présente aucune excuse. Je considère leur colère anthropocentrique comme une validation de mon biocentrisme. 

Nous, les humains, vivons sur cette planète grâce à des centaines de milliers d'espèces, nous sommes des passagers du Vaisseau Terre, et si nous voulons survivre, nous devons nous assurer que tous survivent. Je défends le biocentrisme, l'idée que nous ne sommes pas les maîtres et possesseurs de cette planète, que nous ne sommes pas l'espèce la plus importante au monde , et que les droits des humains ne devraient pas avoir la priorité sur les droits des autres espèces, plantes comme animaux. 

Certains considèrent apparemment mes critiques de l'anthropocentrisme comme racistes. 

Je ne crois pas qu'une personne biocentrique puisse être raciste puisque nous reconnaissons qu'il n'y a qu'une seule race, la race humaine, et que chaque humain est égal à tout autre humain et que toute vie de toutes les espèces est interdépendante. 

Cependant, nous ne sommes pas écologiquement égaux à de nombreuses autres espèces parce que beaucoup d'autres espèces sont plus précieuses que nous au maintien de la vie sur Terre. Cela signifie concrètement qu'elles n'ont pas besoin de nous, mais nous avons besoin d'elles. Nous ne pouvons pas vivre sur cette planète sans les microbes, les abeilles, les champignons, les arbres, les poissons, le phytoplancton et les baleines. Ils se porteraient en revanche très bien sans nous. 

Certains m'ont accusé d'être anti-autochtone pour m'être opposé à la chasse baleinière de la tribu Makah de l'État de Washington, oubliant commodément que mon opposition était à l'invitation de plus d'une douzaine d'Anciens de la nation Makah et que beaucoup de membres de mon équipage étaient eux mêmes autochtones. 

Ne se revendiquer ni de droite ni de gauche ni même centriste est une position incompréhensible pour certains. Ce sont des valeurs politiquement anthropocentriques, et je rejette les valeurs anthropocentriques. Donc, pour la droite, je suis dénoncé comme gauchiste et pour la gauche, je suis dénoncé comme extrémiste de droite ou cette chose intéressante qu'ils appellent un écofasciste. 

Après toute une vie passée à travailler avec et à lutter pour les droits des autochtones d'Amérique du Nord et du Sud, des Aborigènes d'Australie et des Maoris de Nouvelle-Zélande, c'était hilarant de voir un groupe d'Européens blancs privilégiés me dénoncer sur la base de désinformation et de propagande biaisée de mon histoire, une histoire dont ils ne savent de toute évidence pas grand-chose. 

Certains m'ont accusé d'être anti-immigration, ce à quoi j'ai répondu que je ne crois pas aux frontières et que mes opinions sur l'immigration sont les mêmes que celles du défunt leader du syndicat United Farmworkers, César Chávez : l'immigration illégale est utilisée par l'agrobusiness et les entreprises américaines pour maintenir les communautés latinos dans la pauvreté, une politique qui perpétue la misère et l'esclavage moderne aux États-Unis. 

Je ne suis certainement pas nationaliste et, à mon avis, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud devraient avoir des frontières ouvertes. Un être humain devrait avoir la liberté de se déplacer sur la planète sans restriction ni persécution. 

Et bien sûr, on m’accuse d’être raciste à cause de mon amitié avec Brigitte Bardot. Pour cela, je ne présente aucune excuse. Ce que Brigitte Bardot a accompli en 1977 mit fin au massacre commercial des phoques au Canada. Parce qu'elle a parlé, parce qu'elle a utilisé sa célébrité pour faire avancer la cause, plusieurs millions de bébés phoques ont eu la vie sauve et le marché des produits en peau de phoque s’est effondré dans de nombreux pays, y compris dans toute l'Europe. Je connais très peu de gens qui ont accompli autant pour les animaux qu'elle. 

Une autre accusation est que je veux voir la population humaine réduite de huit milliards à moins d'un milliard de personnes. C'est une déformation grossière de ce que j'ai réellement dit de nombreuses fois, à savoir que si l'humanité persiste à ignorer les lois de l'écologie, de l'interdépendance et la diminution de la diversité, cela conduira à la diminution des ressources et de la capacité de charge et aura des conséquences dévastatrices sur les populations humaines qui chuteraient en deçà de 1 milliard. Je ne préconise pas une réduction forcée de la population, mais je souligne que si la croissance démographique humaine n'est pas stabilisée, cela entraînera un effondrement écologique et l'incapacité de soutenir plus de huit milliards de personnes. 

Un monde sans abeilles, sans arbres, sans herbe, sans poissons n'est pas un monde capable de soutenir tant de milliards de primates consommateurs de ressources finies. 

Énoncer des faits écologiques et exposer des réalités écologiques n'est pas anti-humain. En fait, c'est très pro-humain parce que le mouvement environnemental vise vraiment à sauver l'humanité de la folie écologique de l'humanité. 

Si mes positions politiques ne sont ni de droite ni de gauche, alors que sont-elles ? C'est très simple, mes positions politiques sont anti-guerre (peu importe la raison), anti-racisme, anti-pauvreté, anti-génocide, pro-animal, pro-plante, pro-nature, pro-enfants et pro-paix. 

Je n'ai pas besoin de me définir par les querelles incessantes et improductives entre les stupides idéologies anthropocentriques de gauche et de droite. 

Mes positions ont toujours été écologiquement correctes, c'est-à-dire conformes aux trois lois fondamentales de l'écologie - la loi de la diversité, la loi de l'interdépendance et la loi des ressources finies. 

 Aucune espèce ne peut survivre en dehors de ces impératifs écologiques. 

Mes efforts pour travailler avec les Kayapó remontent à 1989 quand j'étais aux côtés du chef Paulinho Paiakan pour m'opposer au barrage du fleuve Xingu. En 1973, j'ai servi au combat comme infirmier pendant l'occupation de Wounded Knee par l'American Indian Movement pour défendre le traité de Fort Laramie de 1868. 

Tout cela ne signifie grand-chose pour quelques centaines de blancs qui me crient "écofascisme" tout en essayant sans succès de m'empêcher de parler. Ils ont décidé que ce que je disais était inacceptable pour eux et c'est parfaitement compréhensible puisque je ne tiens pas les positions que j'exprime dans le but de plaire aux gens. Je sais que mes opinions énervent beaucoup de gens et c'est le but - forcer les gens à affronter les réalités écologiques. 

Une question qui m'a été posée était si j'avais dit que les vies de quatre cent mille phoques valaient plus que les vies de quatre chasseurs de phoques qui sont morts en essayant de tuer des bébés phoques du Groenland. J'ai dit que oui, j'avais dit ça. Pourquoi dirais-je une telle chose ? Eh bien, parce que les vies de quatre cent mille phoques valent plus que les quatre hommes qui essayaient de les tuer. Est-ce une déclaration écofasciste ? Peut-être, mais je vois ça comme une vérité écologique. La survie d'une espèce menacée est plus importante que les quelques vies d'une espèce beaucoup plus abondante. Je suis monté sur cette scène sans savoir ce qu'était un écofasciste. 

Une heure plus tard, j'en suis descendu sous les applaudissements de mille personnes et les huées de quelques centaines d'autres avec une compréhension claire que selon leurs valeurs anthropocentriques, j'étais un environnementaliste écofasciste qui aime et respecte les animaux et la nature plus que l'humanité. 

 Et à cette accusation, et si c'est leur définition, je plaide fièrement coupable. 

Capitaine Paul Watson

 

Photo : Paul Watson à la Fête de l'Huma samedi 13 septembre. - ©THIERRY LE FOUILLE/SIPA 

vendredi 2 février 2024

Crise de l'agriculture ... le bal des tartuffes

Et si on arrêtait le bal des tartuffes ? Non, ni le RN ni LR ne défendent les agriculteur.ices au Parlement Européen.... Les parlementaires LR ont voté pour le marché de libre-échange avec la Nouvelle -Zelande.... 


Le bal des faux-culs, la suite .... Il y a celles et ceux dont les élu.e.s européen.ne.s, nationaux et régionaux votent et agissent VRAIMENT en soutien aux agriculteur.trice.s ... et il y a celles et ceux qui posent des panneaux à l'envers quand leurs représentant.e.s votent à l'unanimité les textes qui détruisent à la fois la planète et les revenus des agriculteur.trice.s. 

Et pourtant … Voter pour l'ultra-libéralisme, pour le capitalisme prédateur, pour les accords libre-échangiste, voter pour la concurrence débridée puis pleurer, ensuite, contre les conséquences qui vous affectent tout en accusant les écolos d'être responsables de tous ses malheurs et réclamer à l’État providence de réparer ce que vous avez plébiscité lors de vos votes, tout en affirmant votre détestation de ce même État qui régulerait trop et surprotégerait trop, telle est la logique absurde des agriculteur.trice.s productivistes, largement électeur.trice.s de la droite qui est au pouvoir en Europe et en France totalement responsable de la jungle économique actuelle qui fait souffrir les plus fragiles. 

 

Ainsi donc on peut lire dans Reporterre du 26 janvier 2024 : "[...] Pour Benjamin, agriculteur à Saint-Sulpice-sur-Lèze, les « normes écologistes dictées par les bobos écologistes de Paris » sont responsables de leurs difficultés[...] 

heu 🤔?!?! 🤔 Je ne savais que nous étions au pouvoir 🤔 je méconnaissais notre si grande influence sur les prises de décisions. 

En temps de crise profonde, il est toujours facile de trouver des boucs émissaires. Cependant, les écologistes ne sont pas les responsables du dérèglement climatique (ou pas plus que tout le monde), de l'épuisement des sols par le labourage à outrance et les pesticides qui tuent toutes vies, de l'érosion des sols par la destruction des haies et du labour, du bétonnage des terres agricoles, de l'effondrement de la biodiversité, pas plus que des suicides, des cancers et maladies dû à l'utilisation des pesticides chez les agriculteur.trice.s, ni du mille feuilles administratif, pas plus que du non-respect de la loi Egalim ou des accords de libres échanges. 

Il arrive un moment où il faut savoir reconnaître sa propre responsabilité (c'est pourquoi, personnellement, je cherche, tous les jours, à modifier ma vie afin de ne pas être plus responsable, que ce que le système ne me l'impose, de la destruction de notre environnement et du climat) et aujourd'hui les écolos ne sont pas responsables de la situation difficile (pour ne pas dire dramatique) des agriculteur.trice.s. 

 

Entre vous et moi, si vous voulez bien comprendre l'impasse dans laquelle sont les agriculteur.trice.s aujourd'hui à cause des politiques passées et actuelles et comprendre les méandres d'un système qui, sous couvert de défendre les paysan.ne.s, en fait les broie, je ne peux que vous conseiller de lire (si ce n'est déjà fait) l'excellente enquête d'Inès Leraud "Algues vertes, l'histoire interdite". Enquête qui montre très bien que le but des financiers n'est pas de nourrir les gens mais de faire du fric. Excellente enquête qui montre bien qui sont les responsables de la difficile situation agricole en France et ce ne sont ni les normes, ni les écolos. 

 

Que l’on ne se méprenne pas, il est parfaitement clair que je soutiens l’agriculture française cependant il est clair aussi que je ne soutiens pas la FNSEA qui cogère l’agriculture française, avec les différents gouvernements actuel et précédents, depuis des décennies, non pour défendre les intérêts des paysan.ne.s mais ceux des sociétés de l’agro-alimentaires capitalistes. Je soutiens la confédération paysanne, le seul syndicat paysan qui défend, dans une logique, écologique, sociale et solidaire, les paysan.ne.s et non les multinationales, les banques ou bien encore l'agro-industrie qui étranglent, petit à petit, les agriculteur.trice.s. Pour une agriculture saine, fière et vivante, je soutiens la Conf' !!! ✊ 

Ainsi donc, à la fin de cette séquence agricole, le premier Ministre, Gabiel Attal, en voulant faire un pas vers les agriculteur.trice.s et comme pour leur donner raison, fait un doigt d'honneur aux associations de protection de l'environnement en proclamant … 

  • Moins de normes, notamment environnementales, 
  • Que le délai des recours contre les méga-bassines réduit à deux mois, 
  • Que les contrôles seront moins fréquents, ouvrant la porte à tous les abus écologiques 
  • Un moratoire sur les jachères qui permettent, un peu, de faire souffler la biologie des sols, 
  • Que les réglementations sur les haies seront réduites, 
  • Une pause « pour discuter du zonage » des zones humides 
  • Que l'OFB sera mise sous tutelle des préfets et lui ordonne de réduire sa pression sur l'agriculture. 
  • L’arrêt du plan Écophyto 2030 
  • ...

Aux problèmes de revenus des agriculteur.trice.s, Attal répond par une régression écologique. 

On savait qu'avec Macron et sa clique « l'environnement ça commence à bien faire », mais là c'est un enterrement de première classe. 

Pensez-y à chaque scrutin, si vous aimez vraiment nos agriculteur.trice.s et que vous voulez vraiment les soutenir alors cessez de voter pour l'ultra-libéralisme, cessez de voter pour le capitalisme, cessez de voter pour le libre échangisme ... 

Cessez de voter, tant en France qu'en Europe, pour la droite et son extrême qui détruisent le monde agricole en mettant les européen.ne.s en concurrence les un.e.s avec les autres sans harmonisation sociale et salariale. 

Dès lors la concurrence est biaisée et déloyale, impossible et mortelle pour nos agriculteur.trice.s. La droite, au pouvoir partout, a oublié que l’on ne bâtît pas une communauté sans règles sociales communes. 

Cessez d'être complices des politiques de droite qui détruisent les paysan.ne.s. votez pour une France et une Europe Écologique, sociale et solidaire.

lundi 1 janvier 2024

2024 une année écologique, en France et en Europe

Comme Marine Tondelier, Secrétaire Nationale des Écologistes, je fais le même constat que cette année 2023 fut tristement agitée malgré tous les bons vœux qui avaient été souhaités traditionnellement : mobilisation contre la réforme des retraites et contre l’entêtement du gouvernement, bataille pour le libre accès à l’eau marquée par les évènements de Sainte-Soline, la mort du jeune Nahel et les questions sociétales qu’elle a soulevé, besoin criant de remettre des moyens pour la continuité des services publics, ou encore intensification des conflits en Ukraine, en Arménie et au Proche Orient … 

Par ailleurs l’adoption récente de la loi immigration, rêvée par l’extrême droite et permise par la droite extrême et par la majorité, révèle que les digues, à droite, ont craqué et la droite décomplexée est En Marche ! Le président Macron qui devait être un rempart au RN est devenu son meilleur tremplin. Ainsi Jordan Bardella est intronisé première personne politique préférée des Français.e.s par le «JDD» de Vincent Bolloré, à l'heure où le journaliste d’extrême droite, Geoffroy Lejeune a été nommé directeur de la rédaction du même journal. Pire encore le RN est le premier parti en intentions de votes aux européennes, le président du RN, qui participe à cela, est bel et bien l’emblème de l’opération de lissage effectuée par le parti d’extrême droite ... et ça marche !

Souvenons-nous toujours de ce que disait Françoise Giroud : « Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser. » 

Aujourd’hui, comme hier, Le fascisme c'est la gangrène de Rome à Paris, de New Delhi à Jérusalem, d'Ankara aux petits villages d'Europe ... Partout la droite extrême monte en se montrant proche du peuple, et pourtant, partout, leurs actions montrent le contraire. En France, les votes du RN démontrent qu’il n'aime pas les gens, le RN les utilise ! Ainsi malgré « la stratégie de respectabilité sagement appliquée par les parlementaires RN » nous dit le journal l’Humanité, les votes du RN « montrent que la dédiabolisation n’est qu’un vernis et leur discours social une imposture. ». 

Pour exemple, les député.e.s RN ont voté :

  • contre l’augmentation du SMIC, 
  • contre l’indexation des salaires sur l’inflation, 
  • contre la revalorisation des retraites et des fonctionnaires, 
  • contre la gratuité des cantines, 
  • contre la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, 
  • contre le gel des loyers, 
  • contre taxer davantage les riches, 
  • contre la garantie jeunes à 1 063 euros 
  • pour la réduction des droits liés au chômage. 
  • Etc … 

Dès lors il est temps que la Gauche et les écologistes se réveillent et sortent de leur fatalisme. 

Non le RN n’a pas encore gagné ! 

Chaque mobilisation compte et comptera ! 

Chaque vote, pour une société écologique et sociale, compte et comptera ! 

Ainsi donc, alors que les écologistes s’élancent vers un objectif de renforcer la présence des Verts, au parlement européen en 2024, en les soutenant, portons maintenant, toutes et tous ensemble, un projet politique capable de répondre aux urgences sociales et aux défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. 

Ensemble, portons, aujourd’hui, demain et toujours un projet d’Écologie Sociale et Solidaire en permettant aux écologistes d’orienter pleinement les décisions nationales et européennes car seul.e.s les écologistes sont en capacité de relever les défis de la durabilité. 

Ainsi, le 9 juin 2024 votons écologiste ! 

Votons pour la liste présentée par Marie Toussaint. 

Dans l’attente de ce rendez-vous important pour l’avenir, que sont les européennes, je vous souhaite une belle et heureuse année 2024, pleine de succès, de paix, d’amour et d’amitiés dans vos vies.

jeudi 6 juillet 2023

Dès lors les banlieues se sont embrasées

 


"Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue." Dom Helder Camara 

Même en étant "connu défavorablement" de la police, même en refusant d'obtempérer, la mort n'était pas une option. Non Nahel n'avait aucunes bonnes raisons d'être tué. Je pense à la famille et fait mienne leur douleur. 

Et c’est comme une histoire qui se répète avec "Monsieur blanc cassis qui continue son délire convaincu que déjà son âme est chez le diable, que sa mort fût trop douce, qu'il méritait pire ... "

"Je vois la France entière du fond de mes ténèbres 

Les charognards sont là, la mort ne vient pas seule 

J'ai la connerie humaine comme oraison funèbre 

Le regard des curieux comme unique linceul 

C'est bien fait pour ta gueule 

Tu n'es qu'un p'tit salaud 

On portera pas le deuil 

C'est bien fait pour ta peau" 

Renaud

Dès lors les banlieues se sont embrasées … Mais ?!?! 

Mais en quoi piller le Franprix et l'opticien c'est rendre hommage à Nahel ?!?! Franprix ou l'opticien sont-ils responsables de la mort de Nahel ? En quoi les pillages vont-ils régler les problèmes qui se posent dans la police ? Les pillards ne sont que des vandales. En quoi casser la ville cela va-t-il améliorer la qualité de vie des Ulissien.ne.s ? 

Casser, brûler la voiture des Ulissien.ne.s, qui ne sont pas les gens les plus riches de la planète, casser l'une des villes les plus pauvres de l'Essonne, une ville profondément amoureuse et au service de sa population, c'est quoi le message politique ?!?! 

"Déjà que j'avais pas grand chose 

Dans ma petite vie pas toujours rose 

[...] Oublié des hommes et de Dieu 

Entre ma petite femme et mon chien 

J'avais que la télé et puis rien 

[...] On m'a taxé ma seule richesse 

Et je réalise avec tristesse 

Que les voleurs c'est malheureux 

Volent toujours à plus pauvres qu'eux 

Si je tenais l'enfant de gredin 

Qui m'a volé mon nain de jardin 

Je lui ferais passer le goût du pain 

Je lui ferais passer le goût du pain" 

Renaud 

"Moi je te le dis, je condamne fermement les violences. C'est pas bien ! C'est mal ! La colère est légitime, mais les voyous ils n'ont pas à détruire les services publics, les transports ou les hôpitaux. Ça ! C'est le travail de l’État !!!" Wali Dia, France Inter. 

La solution ne peut jamais être la violence en État de droits, la solution est obligatoirement politique, par l'engagement et le vote. C'est en cela que l'apaisement ne se décrète pas mais qu'il se construit ... 

Bouder la Gauche et les écologistes ou s'abstenir c'est s'assurer que des politiques de droites soient au pouvoir et que l'on récolte la misère et la colère. 

La violence ne fait juste que renforcer l'image de racailles que l'on a dans l'esprit des conservateur.trice.s et des réactionnaires qui eux et elles ne s'abstiennent pas de voter à droite. La violence fait le lit des fachos. Les violent.e.s sont les idiot.e.s utiles des fascistes. 

Mais ceci étant dit, je vois dans la colère populaire une colère contre une France qui n'a pas fait son travail autour de notre culture collective colonialiste et un brin raciste qui engendre plafonds de verre et stigmatisation sociale, qui engendre la frustration et donc la colère. Je repense au film "Noirs en France" qui retrace très bien les préjugés qui sont dans nos têtes façonnées par des années de pub racistes et de blagues à la con. Un film qui retrace des histoires individuelles, façonnées par des années de préjugés et de stéréotypes. Qu'y a-t-il de commun entre les Noir.e.s français.e.s ? Pas grand-chose ou pour mieux dire, autant qu'avec n'importe quel.le autre citoyen.ne de France. Pas grand-chose, en effet, hormis leur couleur de peau et le racisme dont ils et elles sont victimes, c'est ce que démontre très bien ce film. 

Je vois dans la colère populaire une colère contre une France qui maintient les castes et enferme ses enfants dans des stéréotypes. Une France qui s'empêche de faire Nation. En "France, aujourd'hui, certaines vies valent moins que d'autres. Certains territoires valent moins que d'autres. L’égalité y est un concept théorique." nous dit très justement Cyrielle Châtelain, Députée EELV. 

Aujourd'hui combien sommes-nous à nous être regardé.e.s honnêtement en face et avons reconnu être forgé.e.s de cette petite, minable, condescendante et insidieuse supériorité blanche, même ceux et celles qui, comme moi, ont été élevé.e.s dans l'anti-racisme ? Combien ? Combien sommes nous à avoir accepté que cela fasse tristement partie de notre histoire, de notre culture collective, mais que jamais cela ne puisse biaiser notre regard, notre écoute et notre respect pour nos semblables issu.e.s d'ailleurs ? 

J'accuse depuis des années et je continue à accuser la droite et le patronat d'être la cause de la désespérance des jeunes en refusant la diversité dans leurs entreprises, en mettant des bâtons dans la vie de nos jeunes issu.e.s des cités et des banlieues. Rien de pire que les racistes non-racistes qui nous expliquent, la main sur le cœur, la voix tremblante d'émotions, que tout ça est dans nos têtes, que tout cela n'existe pas et surtout pas dans leur entreprise. Et pourtant les testing d'SOS racisme, nous disent une autre version de l'histoire. 

Comme le dit mon ami Mustapha L., "Les Mustapha, Rachida, Mamadou et autres, nous avons tous et toutes des "incidents" croustillants et multiples à raconter. Lorsque il a fallut les relater, nous étions dans la victimisation" 

Les patrons sont responsables de la discrimination sociale, du désespoir et finalement de la colère.

samedi 12 juin 2021

Vos petits-enfants sont devenus fous !!!


La montée des idées d’extrême droite dans la société française est vertigineuse. Idées d’extrême droite, c’est-à-dire idées racistes, autoritaires, nationalistes, sécuritaires et violentes. Chaque semaine, une nouvelle limite semble être franchie : des hooligans d’Action française envahissent le conseil régional d’Occitanie, des généraux à la retraite évoquent l’intervention de l’armée pour la « protection de nos valeurs civilisationnelles », une manifestation de policiers se déroule devant l’Assemblée nationale en présence du ministre de l’Intérieur alors que les manifestants conspuent la justice, un « vidéaste considéré comme un humoriste », selon Le Figaro, Papacito, montre avec des armes comment tuer un militant de gauche, Éric Zemmour a table ouverte sur CNews pour propager la théorie du "grand remplacement", etc. … nous dit ,en préambule, Hervé Kempf dans son édito de Reporterre du 12 Juin 2021. 

Hervé Kempf a raison et c’est effrayant, même les petits-enfants des déporté.e.s s’imaginent voter pour l’extrême-droite. 

Et la Gauche est en dessous de tout, incapable de s’organiser pour offrir une alternative heureuse et généreuse, un avenir désirable, face à l’avancée des idées fascisantes. Car en effet, s’il me faut reconnaître que les idées écologistes ont infusé la société, il nous faut admettre, qu’en parallèle, les idées du Front National, se sont implantées à une vitesse vertigineuse. La Droite ne s’imagine même plus comme un rempart à son extrême, elle se couche devant elle. Le Front National a gagné la bataille des idées et c’est dramatique. 

Ce n'est pas pour défendre le fossoyeur des chances, de la Gauche et des écologistes, à changer l'avenir du pays, mais, à bien y réfléchir, ce qu'a dit Méluche n'est pas totalement stupide. Je ne sais pas si le gouvernement ou si les fachos ont prévu de faire perpétrer un attentat ou un assassinat (en fait je n'y crois pas, je ne crois pas au complot), mais il me semble que ce qu'a dit (mal et maladroitement) Méluche c'est qu'il n'y a rien de mieux, pour faire pencher les électeurs, 6 mois avant les élections, vers le toujours plus sécuritaire, que de leur servir un bon gros fait-divers qui va bien formater les émotions et donc les votes. Là-dessus les partisans de l'ordre, de la sécurité, du travail, de la famille et de la patrie peuvent se reposer sur leurs idiots utiles que sont les violents, les idéologues de tous poils et les prêcheurs de haine. Ces idiots utiles, croyant déstabiliser la République en fomentant des actes violents, ne font que renforcer les comportements de défenses immunitaires, de répression, d'atteinte aux libertés (pour notre sécurité nous assurent-ils), de recherche de Bouc-émissaires, avec la bénédiction de citoyens de plus en plus nombreux. Citoyens qui, croyant se protéger derrière ceux qui hurlent plus forts, qui désignent à l'emporte-pièce les faux coupables, qui parlent haut de démocratie sans l'aimer, vont faire le jeu du désordre, de la haine et de la guerre. 

Charles, Winston, réveillez-vous !!! Ils sont devenus fous !!!! Charles, Winston et tous les autres pourquoi vous êtes-vous battus ? Quelles sont ces causes immenses qui vous ont mobilisé et qui aujourd'hui ne semble plus être des priorités ? La liberté ? La démocratie ? L'offrande de vos braves innocents en valait-elle la peine à la vue de votre descendance indigne, inculte et amnésique ? Le fascisme bon teint et décomplexé s'enracine un peu plus chaque jour en France, bafouant vos combats et les sacrifices des héros. La giffle (inadmissible) sur un président est plus grave, pour les commentateurs, que la mise à mort (même symbolique), au peloton d'exécution d'un militant communiste. Pourquoi pas un juif aussi ? Pourquoi pas un homosexuel également ? Pourquoi pas un enfant trisomique pendant qu'ils y sont ? Les héritiers de vos ennemis ont tribune ouverte, chaque jours, dans les médias des médiocres et y déversent leurs tombereaux d'aigres vacuités sépulcrales. Les nazis d'aujourd'hui sont sortis de leurs caves moisies d'opprobres et de hontes, pour exposer au grand jour et sous les sourires complices de Monsieur Blanc-cassis, leurs funestes idéologies. La France a été un pays de collabos, aujourd'hui leurs petits-enfants n'ont plus que cela comme rêves ... faire comme grand-papa. Vous parlez d'un idéal ! Vous avez combattu la haine et aujourd'hui vos petits-enfants s'y vautrent, vous avez combattu pour la démocratie et aujourd'hui vos petits-enfants la conchient. Charles, Winston, réveillez-vous, vos petits-enfants sont devenus fous.

samedi 10 avril 2021

Les "jeunes pour le climat" veulent une union de la gauche en 2022

Youth for Climate Paris, l'émanation française du mouvement de la jeunesse pour le climat initié par Greta Thunberg, appelle dans cette tribune à l'union des gauches pour la présidentielle de 2022. "Nous ne nous reconnaissons pas dans les guerres d'égo qui animent les candidatures de gauche", écrivent-ils notamment, appelant à traduire l'union qu'ils constatent sur le terrain par une unité politique. 
 

Nous, jeunesse pour le climat, n'appelons aucunement à voter pour un parti et ne soutenons aucun parti. Mais aujourd'hui nous devons être réalistes et prendre en compte qu'une candidature de gauche unie, certes imparfaite, reste de loin meilleure que Macron ou Le Pen et permettrait de sauver de nombreuses vies humaines et non humaines à court, moyen et long terme. 
 
Nous devons nous refuser à laisser les appareils de pouvoir à la droite et sortir de notre impuissance politique qui s'incarne par le cycle infernal de défaites politiques que nous encaissons, entre LPPR, réforme des retraites, lois contre le 'séparatisme', ou aide pour le permis de chasse, qui mutilent humains et non humains. 
 
En délaissant les institutions politiques et étatiques à l'idéologie de l'oppression, autrement dit la droite, nous entrons dans un cercle vicieux où nos combats ne consistent plus qu'à rejeter la défaite, c'est-à-dire que ce que nous considérons aujourd'hui comme une victoire est en réalité une non-défaite, renvoyant en plus à un imaginaire qui rendrait désirable notre société actuelle. Nous affirmons ainsi partout que nous voulons à tout prix filmer les flics alors que c'est la violence étatique qui est le cœur du problème ; nous luttons contre la réforme des retraites en affirmant que notre système est l'un des meilleurs du monde alors même que nous sommes conscients de la précarité de nombre de nos retraités. Nos luttes se contentent de réagir à l'actualité que les dirigeants nous imposent, et qui nous empêche de gagner du terrain. Nous devons dépasser cette position défensive et gagner une capacité d'initiative en nous appuyant sur des perspectives alternatives tangibles. 
 
Une conception matérialiste du monde exige de nous le fait de voir le réel en face sans l'usurper. Nous en arrivons à la conclusion que si nous voulons sortir de ces cercles vicieux pour former des cercles vertueux, ce qui apparaît aujourd'hui comme une nécessité, il nous faut avoir des dirigeants à la tête des appareils étatiques qui soient les personnes les plus proches de nos idées. Un mandat clair précisera la mission à remplir dans ces organes. Il s'agira notamment de contrôler les orientations politiques qui y seront décidées. Cela impliquera de ne plus avoir à centrer nos luttes sur des reculs que nous font concéder les gouvernants, et ainsi mener une politique de conquête à travers le militantisme. C'est pourquoi nous voulons une union de la gauche en 2022 et nous croyons que s'insérer dans cette lutte précise est une condition sine qua non pour l'avancée concrète de nos luttes de manière générale, à travers les modes d'actions spécifiques à nos mouvements. 
 
Nous ne nous reconnaissons pas dans les guerres d'égo qui animent les candidatures de gauche, nous sommes lassés de voir celles et ceux qui prétendent représenter la gauche se battre entre elle et eux, et avoir comme objectif unique de se mettre en avant, leur personne et leur parti. Les luttes progressistes découlent dans leur ensemble de récits menés collectivement. Sur le terrain nous ne cessons pas de nous rapprocher, de travailler ensemble, de faire des alliances, de s'écouter et de se prêter nos voix. Le gage de notre réussite réside en un rapprochement sur le terrain politique également. 
 
À vous qui prétendez représenter la gauche : vous ne représenterez rien ni personne tant que votre seul objectif sera de mettre en avant votre parti. Il en va de vos responsabilités."
 

jeudi 2 avril 2020

Covid-19, et la vie bascula : Dès maintenant !

Une fois cette tragédie surmontée, tout recommencera-t-il comme avant ? Depuis trente ans, chaque crise a nourri l’espérance déraisonnable d’un retour à la raison, d’une prise de conscience, d’un coup d’arrêt. On a cru au confinement puis à l’inversion d’une dynamique sociopolitique dont chacun aurait enfin mesuré les impasses et les menaces. La débandade boursière de 1987 allait contenir la flambée des privatisations ; les crises financières de 1997 et de 2007-2008, faire tituber la mondialisation heureuse. Ce ne fut pas le cas.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont à leur tour suscité des réflexions critiques sur l’hubris américaine et des interrogations désolées du type : « Pourquoi nous détestent-ils ? » Cela n’a pas duré non plus. Car, même quand il chemine dans le bon sens, le mouvement des idées ne suffit jamais à dégoupiller les machines infernales. Il faut toujours que des mains s’en mêlent. Et mieux vaut alors ne pas dépendre de celles des gouvernants responsables de la catastrophe, même si ces pyromanes savent minauder, faire la part du feu, prétendre qu’ils ont changé. Surtout quand — comme la nôtre — leur vie est en danger.

La plupart d’entre nous n’avons connu directement ni guerre, ni coup d’État militaire, ni couvre-feu. Or, fin mars, près de trois milliards d’habitants étaient déjà confinés, souvent dans des conditions éprouvantes ; la plupart n’étaient pas des écrivains observant le camélia en fleur autour de leur maison de campagne. Quoi qu’il advienne dans les prochaines semaines, la crise du coronavirus aura constitué la première angoisse planétaire de nos existences : cela ne s’oublie pas. Les responsables politiques sont contraints d’en tenir compte, au moins partiellement (lire « Jusqu’à la prochaine fin du monde… »).

L’Union européenne vient donc d’annoncer la « suspension générale » de ses règles budgétaires ; le président Emmanuel Macron diffère une réforme des retraites qui aurait pénalisé le personnel hospitalier ; le Congrès des États-Unis envoie un chèque de 1 200 dollars à la plupart des Américains. Mais déjà, il y a un peu plus de dix ans, pour sauver leur système en détresse, les libéraux avaient accepté une hausse spectaculaire de l’endettement, une relance budgétaire, la nationalisation des banques, le rétablissement partiel du contrôle des capitaux. Ensuite, l’austérité leur avait permis de reprendre ce qu’ils avaient lâché dans un sauve-qui-peut général. Et même de réaliser quelques « avancées » : les salariés travailleraient plus, plus longtemps, dans des conditions de précarité accrues ; les « investisseurs » et les rentiers paieraient moins d’impôts. De ce retournement, les Grecs ont payé le plus lourd tribut lorsque leurs hôpitaux publics, en situation de détresse financière et à court de médicaments, observèrent le retour de maladies qu’on croyait disparues.

Ainsi, ce qui au départ laisse croire à un chemin de Damas pourrait déboucher sur une « stratégie du choc ». En 2001, déjà, dans l’heure qui suivit l’attentat contre le World Trade Center, la conseillère d’un ministre britannique avait expédié ce message à des hauts fonctionnaires de son ministère : « C’est un très bon jour pour faire ressortir et passer en douce toutes les mesures que nous devons prendre. »

Elle ne pensait pas forcément aux restrictions continues qui seraient apportées aux libertés publiques au prétexte du combat contre le terrorisme, moins encore à la guerre d’Irak et aux désastres sans nombre que cette décision anglo-américaine allait provoquer. Mais une vingtaine d’années plus tard, il n’est pas nécessaire d’être poète ou prophète pour imaginer la « stratégie du choc » qui se dessine.

Corollaire du « Restez chez vous » et de la « distanciation », l’ensemble de nos sociabilités risquent d’être bouleversées par la numérisation accélérée de nos sociétés. L’urgence sanitaire rendra encore plus pressante, ou totalement caduque, la question de savoir s’il est encore possible de vivre sans Internet. Chacun doit déjà détenir des papiers d’identité sur lui ; bientôt, un téléphone portable sera non seulement utile, mais requis à des fins de contrôle. Et, puisque les pièces de monnaie et les billets constituent une source potentielle de contamination, les cartes bancaires, devenues garantie de santé publique, permettront que chaque achat soit répertorié, enregistré, archivé. « Crédit social » à la chinoise ou « capitalisme de surveillance », le recul historique du droit inaliénable de ne pas laisser trace de son passage quand on ne transgresse aucune loi s’installe dans nos esprits et dans nos vies sans rencontrer d’autre réaction qu’une sidération immature. Avant le coronavirus, il était déjà devenu impossible de prendre un train sans décliner son état-civil ; utiliser en ligne son compte en banque imposait de faire connaître son numéro de téléphone portable ; se promener garantissait qu’on était filmé. Avec la crise sanitaire, un nouveau pas est franchi. À Paris, des drones surveillent les zones interdites d’accès ; en Corée du Sud, des capteurs alertent les autorités quand la température d’un habitant présente un danger pour la collectivité ; en Pologne, les habitants doivent choisir entre l’installation d’une application de vérification de confinement sur leur portable et des visites inopinées de la police à leur domicile. Par temps de catastrophe, de tels dispositifs de surveillance sont plébiscités. Mais ils survivent toujours aux urgences qui les ont enfantés.

Les bouleversements économiques qui se dessinent consolident eux aussi un univers où les libertés se resserrent. Pour éviter toute contamination, des millions de commerces alimentaires, de cafés, de cinémas, de libraires ont fermé dans le monde entier. Ils ne disposent pas de service de livraison à domicile et n’ont pas la chance de vendre des contenus virtuels. La crise passée, combien d’entre eux rouvriront, et dans quel état ? Les affaires seront plus souriantes en revanche pour des géants de la distribution comme Amazon, qui s’apprête à créer des centaines de milliers d’emplois de chauffeur et de manutentionnaire, ou Walmart, qui annonce le recrutement supplémentaire de 150 000 « associés ». Or qui mieux qu’eux connaît nos goûts et nos choix ? En ce sens, la crise du coronavirus pourrait constituer une répétition générale qui préfigure la dissolution des derniers foyers de résistance au capitalisme numérique et à l’avènement d’une société sans contact.

À moins que… À moins que des voix, des gestes, des partis, des peuples, des États ne perturbent ce scénario écrit d’avance. Il est courant d’entendre : « La politique, ça ne me concerne pas. » Jusqu’au jour où chacun comprend que ce sont des choix politiques qui ont obligé des médecins à trier les malades qu’ils vont tenter de sauver et ceux qu’ils doivent sacrifier. Nous y sommes. La chose est encore plus vraie dans les pays d’Europe centrale, des Balkans ou d’Afrique qui, depuis des années, ont vu leur personnel soignant émigrer vers des contrées moins menacées ou des emplois plus rémunérateurs. Il ne s’agissait pas, là non plus, de choix dictés par les lois de la nature. Aujourd’hui, sans doute, on le comprend mieux. Le confinement, c’est aussi un moment où chacun s’arrête et réfléchit…

Avec le souci d’agir. Dès maintenant. Car, contrairement à ce que le président français a suggéré, il ne s’agit plus d’« interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde ». La réponse est connue : il faut en changer. Dès maintenant. Et puisque « déléguer notre protection à d’autres est une folie », alors cessons de subir des dépendances stratégiques pour préserver un « marché libre et non faussé ». M. Macron a annoncé des « décisions de rupture ». Mais il ne prendra jamais celles qui s’imposent. Non pas seulement la suspension provisoire, mais la dénonciation définitive des traités européens et des accords de libre-échange qui ont sacrifié les souverainetés nationales et érigé la concurrence en valeur absolue. Dès maintenant.

Chacun sait dorénavant ce qu’il en coûte de confier à des chaînes d’approvisionnement étirées à travers le monde et opérant sans stocks le soin de fournir à un pays en détresse les millions de masques sanitaires et produits pharmaceutiques dont dépend la vie de ses malades, de son personnel hospitalier, de ses livreurs, de ses caissières. Chacun sait aussi ce qu’il en coûte à la planète d’avoir subi les déforestations, les délocalisations, l’accumulation des déchets, la mobilité permanente — Paris accueille chaque année trente-huit millions de touristes, soit plus de dix-sept fois son nombre d’habitants, et la municipalité s’en réjouit...

Désormais, le protectionnisme, l’écologie, la justice sociale et la santé ont partie liée. Ils constituent les éléments-clés d’une coalition politique anticapitaliste assez puissante pour imposer, dès maintenant, un programme de rupture.

jeudi 26 mars 2020

Ce petit virus touche même les riches !

Je publie, ici, un texte qui m'a été passé via facebook et intitulé "Le billet d'humeur d'Alain Damasio", mais sans référence qui permette de vérifier que ce texte est bien de lui, je ne peux donc affirmer assurément qu'Alain Damasio en est bien l'auteur. Cela étant dit l'important n'est pas véritablement son auteur mais ce qui y est dit et que je partage entièrement ces lignes.

"Ce qui est hallucinant, c'est comment un minuscule virus à létalité finalement assez faible arrive à bouleverser l'ordre économique mondial en un mois.

Soudain, ce qui était décrété totalement impossible devient la norme : la BCE lâche 750 milliards d'euros, excusez du peu, comme une fleur. On trouve de l'argent partout pour les chômeurs partiels, les PME sont réabondées, la santé devient bien national intouchable, c'est tout juste s'ils nous annoncent pas qu'on va revaloriser les retraites de 20% ! Ça montre que tout n'est que question de choix, de priorité sociale et politique. Et qu'on nous a menti éhontément pendant des années — mais évidemment on le savait.

Les pauvres peuvent bien crever du cancer, de l'amiante, de la pollution, de conditions de travail scandaleuses qu'on connaît depuis toujours, les salariés se suicider dans leurs boîtes à management harcelant, ça leur en touche une sans bouger l'autre alors qu'on parle ici de 10 à 15 000 morts rien que pour les effets du chômage.

Mais là attention, c'est différent, hein : ça touche tout le monde, ce petit virus, ça touche même… les riches ! comme les pauvres et même davantage les riches que les pauvres car les riches bougent, voyagent, ils serrent des mains, organisent des réunions, commercent, ils sont mobiles, agiles, ouverts, cosmopolites, transnationaux, urbains, alors ils dérouillent leur mère et ça leur fout les jetons. Et on ne peut pas laisser les riches crever comme des salauds de pauvre quand même, faut pas déconner non plus, faut que les statuts soient maintenus, si l'égalité face à la mort devient la norme, où va-t-on, hein ?

Alors on met le paquet ! On note en passant, mais sans y faire gaffe alors que c'est l'info la plus importante selon moi de l'épidémie, qu'il y a aura au final moins de morts en Chine que les années précédentes grâce au coronavirus et malgré les morts qu'il fait, tout simplement parce que la décroissance forcé de la production et des échanges a limité fortement la pollution en Chine, mais ça, c'est secondaire, ce sont des chiffres pour les pauvres, les riches ont les moyens de se ressourcer, de se protéger et de vivre ailleurs que dans les sites les plus pollués donc ces morts là ne comptent pas.

Il est très probable que tous les états européens renationalisent leur compagnie aérienne, à commencer par Air France pour éviter qu'elle coule corps et biens. Il y a trois mois, on cravachait encore à collecter des pétitions pour éviter qu'ils privatisent Aéroport de Paris, vous vous souvenez ?

Et il est hautement probable qu'on ait un pur retour keynèsien avec relance de la consommation intérieure pour sauver l'économie et nationalisations multiples. Les néolibéraux restent des pragmatiques et savent qu'en cas de catastrophe, seul l'État peut sauver le business et se comportent en socialistes parfaits à ce moment là.

Moi j'ai juste envie de pendre tous les patrons qui chialent pour leurs chiffres d'affaires, et mendient des subventions de l'État, avec leurs tripes.

Et à ma connaissance, les plus touchés de tous, les intermittents, rien n'est prévu pour eux !! La culture peut bien aller se faire foutre. De toute façon, les intermittents sont de sales gauchistes et le spectacle vivant est un business trop secondaire.

Bref, je comprends qu'on s'attache à savoir si l'on est contaminant et à flipper de toucher une poignet de porte et à gueuler sur les gens qui jouent pas ou mal le jeu en ripaillant sur la plage d'en-vau, mais faut déjà se projeter sur l'après et faire en sorte qu'ils n'utilisent pas la récession massive qui vient pour nous étrangler plus que jamais.

Ce qu'on a fait pour le corona, faut le faire pour le réchauffement et la transition écologique, oui, s'appuyer dessus, en faire un étendard du "tout est possible si on le veut".

Et se rappeler que lorsque quelque chose touche les classes dirigeantes directement, les rend à leur tour vulnérables (cf nb de députés touchés, cf Jacob, Dati; Estrosi, Vassal ...), là, comme par enchantement, ça devient priorité nationale "pour tous". Je vous parie un billet que le virus ne toucherait pas les CSP++, la réaction aurait été totalement différente".

Illustration de la fable de La Fontaine, "Les animaux malades de la peste"

samedi 1 février 2020

Être de Gauche ...

Il y a quelques jours, mon ami Soulé Ngaidė, m’a demandé de témoigner sur ce que c’était, pour moi, être de Gauche. Voici, ci-après ma réponse. Merci Soulé pour cette demande de témoignage. Amitiés à toi mon ami.

Pour moi, être de gauche, c’est tout d’abord se sentir l’héritier des luttes sociales qui ont forgé notre système de solidarité. C’est être de toutes les luttes émancipatrices, c'est être féministe, être pour l'égalité, totale et sans débat, des femmes et des hommes. Être de gauche c’est, pour moi, se sentir l'héritier des résistants et du Conseil National de la Résistance comme nous a demandé de l’être, Stéphane Hessel : « Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! » C’est refuser l’ordre établi, la soumissions à l’argent et au système. Être de Gauche c’est être antiraciste et contre l’homophobie, c’est voir l’autre non pas comme une menace mais comme une chance. C’est voir l’autre comme un être libre. Être de gauche c’est être rebelle, vivant et debout, c’est être cette petite voie qui dit « NON ! »

Être de Gauche c’est également être résolument écologiste et le vivre dans sa propre vie. C'est être pour une écologie sociale et solidaire car il ne pourra y avoir de justice sociale sans justice environnementale et climatique. Cette évidence est démontrée un peu partout dans le monde. Dès lors que l'environnement est fortement dégradé, c'est la loi du plus fort qui règne, la loi des petits chefs de clans, des mafias et des trafics. Le mal sait se vautrer dans le mal. Le bonheur et l'épanouissement sont impossibles dans un environnement dégradé. Être de Gauche c’est être pour une écologie radicale qui ne s’accommode pas des petits pas car nous n’en avons plus le temps. Être pour une écologie qui permet de préserver l’environnement des humains qui ne peuvent espérer survivre durablement, qu’en équilibre avec les autres espèces et leurs milieux, qu’en équilibre avec leur atmosphère, qu’en équilibre avec la qualité de leur eau, de l’air et de leur nourriture. Ainsi, par une écologie sociale et solidaire, on préserve tout le vivant. L’écologie ne peut donc qu’être de Gauche car elle vise à préserver l’humain plutôt que l’économie, elle est humaniste plutôt que comptable. Il ne peut donc y avoir d’écologie à droite puisque l’écologie c’est aller contre le productivisme industriel, le consumérisme, la croissance, la notion de bénéfices, le libéralisme, dogmes qui tous nous ont amené au point de basculement que nous connaissons aujourd’hui.

Le libéralisme c’est croire que l’Homme serait assez intelligent pour s’autoréguler tout seul, sans loi, sans règle et sans contrainte. L’histoire de l’humanité démontre que cela est un mythe propagé par les puissants, par les dominants, par les possédants. Le libéralisme c’est ne considérer l’Homme et l’environnement que comme des variables d’ajustements pour toujours mieux profiter, toujours plus posséder. C’est bien là l’une des raisons qui font que, lorsque l’on est de gauche, on ne peut être pour le libéralisme, puisque cela heurte deux de ses valeurs fondamentales : travailler à toujours améliorer la condition humaine et préserver son habitat. Être de Gauche c’est se dire que l’état se doit d’être l’organisateur. L’Homme a besoin de lois et de règle pour le limiter dans son instinct de prédateur égoïste.

Être de gauche c’est préférer l’équité à l’égalité même si l’égalité est chose précieuse. La liberté, l’égalité et la fraternité sont choses précieuses. Pour moi, être de gauche c’est finalement préférer à ce que « tout le monde paye en fonction de ses moyens » plutôt que « tout le monde paye pareil ». Être de gauche, c’est toujours se poser la question de ce qui peut apporter plus de bien-être à tous, ce qui peut apporter plus de sens à notre courte présence sur Terre. Être de Gauche, pour moi, c’est toujours préférer l’humain au capital, la vie n’a de sens que par l’humain et non par le trop d’argent gagnée. Être de Gauche c’est être pour un état redistributif aux services publics forts et performants. C’est être pour un état planificateur. Être de Gauche c’est se questionner sur ce sur quoi doivent être indexés les salaires et non plus accepter, comme une évidence, les études ou les responsabilités comme raisons. L’idée que le nombre d’années d’études justifieraient les hauts salaires est juste un argument des classes dominantes pour perpétuer leur statut. Le salaire est ce qu’une société accepte pour classer ses maillons entre ceux qui serviront et ceux qui se serviront.

Enfin et aussi, être de Gauche, pour moi, c’est être totalement et sans concession aucune pour la Laïcité, c’est-à-dire être protecteur de toutes les croyances religieuses et de leurs adeptes mais sans jamais accepter de religion d’Etat, sans jamais accepter que les règles, dogmes et les interdits religieux ne dictent la vie du pays. Être de Gauche c’est toujours cantonner la foi et la religion à la sphère privée et veiller à ce que jamais cela ne sorte de cet espace.

vendredi 3 mai 2019

La fête du travail est celles des droits des travailleurs à vivre !!!



"Toujours prêt à décrocher le pompon, Emmanuel Macron, le prêcheur de la République, transforme le 1er Mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses en lutte pour leurs droits - en fête du travail, de la patrie et du productivisme ... La famille n’est pas loin." nous dit, sur facebook, Esther Benbasa à la parution du tweet du président Macron à l'occasion du 1er mai.

Et en effet, pour moi, la fête des travailleurs est là pour nous rappeler que la vraie vie, celle qui a du sens n'est pas celle enchaînée au poste de travail pour produire des choses mortes, des choses inutiles, des services imbéciles, pour produire de la richesse chez les capitalistes mais, bel et bien, celle que l'on trouve auprès des amis, de la famille, de la nature, de la culture, de l'engagement humaniste et pacifiste. Le travail est evidement nécessaire, mais il faut le laisser à sa place car définitivement il ne sert à rien de perdre sa vie à la gagner.

Mais, je laisse à Jean-Louis Alessandri, la place dans cette publication car je ne saurais mieux dire les choses.

"Putain de Travail!


Depuis quelques années déjà, la réthorique sur le 1er mai tend à faire célébrer le travail. Du “vrai travail” de Pétain à Sarkozy ou encore le dernier tweet de Macron tendent à dévoyer le réel sens de ce jour hautement symbolique pour les travailleurs. Il ne s’agit pas de célébrer “ceux qui aiment le travail” ou le “chérissent parce qu’ils produisent” 1. Au delà du caractère apophasique de cette remarque qui sous entend que le travail est synonyme de “plaisir”, (on aime ce qui nous plaît, on chérit ce qui nous est cher), et que donc seuls les “amoureux” de leur travail, ceux qui le placent au dessus de tout le reste comme valeur humaine, sont les vrais travailleurs, il est évident que cette forme de langage cherche à nous faire penser que nous célébrons le travail tous les 1er mai. Néanmoins, il n’en est rien. L’histoire du mouvement ouvrier depuis le 19ème siècle cherche à s’émanciper du labeur. Au vu des chiffres d’une étude menée en Grande Bretagne, où 49% des travailleurs haïssent leur emploi, il est évident que le travail, pour une moitié d’entre nous, ne revêt pas ce caractère “amoureux” que les politiques veulent nous laisser croire. La révolution industrielle ayant fortement changé le paradigme économique a transformé le terme “métier” en “emploi”. Changement sémantique hautement symbolique puisque l’emploi revêt une idée de “tâche” accomplie étant évaluée à une rémunération, le terme métier, lui, implique une formation, des compétences et des qualités reconnues par la société toute entière. La vision de la société sur le “travail” est devenue biaisée et la horde de travailleurs pauvres n’a fait qu’augmenter tout au long des décennies. Certes, il est évident qu’un travail constitue une forme d’émancipation sociale il n’en reste pas moins que l’idée “de chérir” le travail n’est pas nécessairement en lien avec ce que les travailleurs pensent de leur emploi. Si ce n’est donc as le travail que l’on célèbre le 1er mai, qu’en est-il?

La lutte ouvrière s’est faite dans le sang et les larmes. C’est le combat pour la réduction du temps de travail, pour de meilleures rémunérations, des conditions de labeur plus humaines qui ont été au centre du mouvement ouvrier et syndicaliste. Peu de revendications sociales se basent sur “Aimer son travail”, “le chérir”. Il n’est certes pas incompatible de travailler et d’aimer ce que l’on fait tous les jours, mais pour cela, il faut que les conditions d’emplois soient suffisamment “humaines”. On ne peut aimer ce qui fait souffrir, ce qui ne nous rend pas heureux.

Les manifestants de Hay Market de 1886 tombés sous les balles de la police de Chicago, de Trafalgar Square et du premier Bloody Sunday de l’histoire, le 13 novembre 1887 où 300 manifestants furent arrêtés après avoir vu tomber trois des leurs sous les tirs de la police londonienne, des mineurs de Decazeville en 1886; de Marie Blondeau à Fourmies en 1892, tombée, parmi huit de ses camarades sous les balles des fusils Lebel, des grèves des mineurs à Pontypryd au Pays de galles matées par la troupe, des cheminots dans la vallée de la Rhonda et Tonypandy battus à mort pour certains par les Bobbies anglais, ont tous le point commun d’avoir lutté pour une réduction du temps de travail, des meilleurs salaires et des conditions de labeur humaines. Tous ces événements ont été entachés du sang des manifestants, des exécutions sans preuves et des arrestations. Car, comme le Procureur de la République le dira au sujet des journalistes Roche et Duc Quercy : "Ils ont soutenu des théories sociales. Or, le socialisme est un vain mot"

Un vain mot, voilà ce que le pouvoir a toujours pensé de la lutte ouvrière, une vaine lutte, c’est ÇA le 1er mai, la commémoration de ces luttes ouvrières, de ces tombés sous les coups de buttoirs des différents états, non pas l’amour du travail et de ceux qui le chérissent. Les ouvriers chériront leur travail lorsque leurs revendications sociales, légitimes seront entendues. Que la 7ème puissance mondiale se regarde enfin en face, qu’elle analyse la situation et alors le peuple aimera son travail, le chérira. Jusque là, le 1er mai sera le jour de la commémoration des leurs tombés pour leurs droits à vivre dignement de leur labeur.