"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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vendredi 2 février 2024

Crise de l'agriculture ... le bal des tartuffes

Et si on arrêtait le bal des tartuffes ? Non, ni le RN ni LR ne défendent les agriculteur.ices au Parlement Européen.... Les parlementaires LR ont voté pour le marché de libre-échange avec la Nouvelle -Zelande.... 


Le bal des faux-culs, la suite .... Il y a celles et ceux dont les élu.e.s européen.ne.s, nationaux et régionaux votent et agissent VRAIMENT en soutien aux agriculteur.trice.s ... et il y a celles et ceux qui posent des panneaux à l'envers quand leurs représentant.e.s votent à l'unanimité les textes qui détruisent à la fois la planète et les revenus des agriculteur.trice.s. 

Et pourtant … Voter pour l'ultra-libéralisme, pour le capitalisme prédateur, pour les accords libre-échangiste, voter pour la concurrence débridée puis pleurer, ensuite, contre les conséquences qui vous affectent tout en accusant les écolos d'être responsables de tous ses malheurs et réclamer à l’État providence de réparer ce que vous avez plébiscité lors de vos votes, tout en affirmant votre détestation de ce même État qui régulerait trop et surprotégerait trop, telle est la logique absurde des agriculteur.trice.s productivistes, largement électeur.trice.s de la droite qui est au pouvoir en Europe et en France totalement responsable de la jungle économique actuelle qui fait souffrir les plus fragiles. 

 

Ainsi donc on peut lire dans Reporterre du 26 janvier 2024 : "[...] Pour Benjamin, agriculteur à Saint-Sulpice-sur-Lèze, les « normes écologistes dictées par les bobos écologistes de Paris » sont responsables de leurs difficultés[...] 

heu 🤔?!?! 🤔 Je ne savais que nous étions au pouvoir 🤔 je méconnaissais notre si grande influence sur les prises de décisions. 

En temps de crise profonde, il est toujours facile de trouver des boucs émissaires. Cependant, les écologistes ne sont pas les responsables du dérèglement climatique (ou pas plus que tout le monde), de l'épuisement des sols par le labourage à outrance et les pesticides qui tuent toutes vies, de l'érosion des sols par la destruction des haies et du labour, du bétonnage des terres agricoles, de l'effondrement de la biodiversité, pas plus que des suicides, des cancers et maladies dû à l'utilisation des pesticides chez les agriculteur.trice.s, ni du mille feuilles administratif, pas plus que du non-respect de la loi Egalim ou des accords de libres échanges. 

Il arrive un moment où il faut savoir reconnaître sa propre responsabilité (c'est pourquoi, personnellement, je cherche, tous les jours, à modifier ma vie afin de ne pas être plus responsable, que ce que le système ne me l'impose, de la destruction de notre environnement et du climat) et aujourd'hui les écolos ne sont pas responsables de la situation difficile (pour ne pas dire dramatique) des agriculteur.trice.s. 

 

Entre vous et moi, si vous voulez bien comprendre l'impasse dans laquelle sont les agriculteur.trice.s aujourd'hui à cause des politiques passées et actuelles et comprendre les méandres d'un système qui, sous couvert de défendre les paysan.ne.s, en fait les broie, je ne peux que vous conseiller de lire (si ce n'est déjà fait) l'excellente enquête d'Inès Leraud "Algues vertes, l'histoire interdite". Enquête qui montre très bien que le but des financiers n'est pas de nourrir les gens mais de faire du fric. Excellente enquête qui montre bien qui sont les responsables de la difficile situation agricole en France et ce ne sont ni les normes, ni les écolos. 

 

Que l’on ne se méprenne pas, il est parfaitement clair que je soutiens l’agriculture française cependant il est clair aussi que je ne soutiens pas la FNSEA qui cogère l’agriculture française, avec les différents gouvernements actuel et précédents, depuis des décennies, non pour défendre les intérêts des paysan.ne.s mais ceux des sociétés de l’agro-alimentaires capitalistes. Je soutiens la confédération paysanne, le seul syndicat paysan qui défend, dans une logique, écologique, sociale et solidaire, les paysan.ne.s et non les multinationales, les banques ou bien encore l'agro-industrie qui étranglent, petit à petit, les agriculteur.trice.s. Pour une agriculture saine, fière et vivante, je soutiens la Conf' !!! ✊ 

Ainsi donc, à la fin de cette séquence agricole, le premier Ministre, Gabiel Attal, en voulant faire un pas vers les agriculteur.trice.s et comme pour leur donner raison, fait un doigt d'honneur aux associations de protection de l'environnement en proclamant … 

  • Moins de normes, notamment environnementales, 
  • Que le délai des recours contre les méga-bassines réduit à deux mois, 
  • Que les contrôles seront moins fréquents, ouvrant la porte à tous les abus écologiques 
  • Un moratoire sur les jachères qui permettent, un peu, de faire souffler la biologie des sols, 
  • Que les réglementations sur les haies seront réduites, 
  • Une pause « pour discuter du zonage » des zones humides 
  • Que l'OFB sera mise sous tutelle des préfets et lui ordonne de réduire sa pression sur l'agriculture. 
  • L’arrêt du plan Écophyto 2030 
  • ...

Aux problèmes de revenus des agriculteur.trice.s, Attal répond par une régression écologique. 

On savait qu'avec Macron et sa clique « l'environnement ça commence à bien faire », mais là c'est un enterrement de première classe. 

Pensez-y à chaque scrutin, si vous aimez vraiment nos agriculteur.trice.s et que vous voulez vraiment les soutenir alors cessez de voter pour l'ultra-libéralisme, cessez de voter pour le capitalisme, cessez de voter pour le libre échangisme ... 

Cessez de voter, tant en France qu'en Europe, pour la droite et son extrême qui détruisent le monde agricole en mettant les européen.ne.s en concurrence les un.e.s avec les autres sans harmonisation sociale et salariale. 

Dès lors la concurrence est biaisée et déloyale, impossible et mortelle pour nos agriculteur.trice.s. La droite, au pouvoir partout, a oublié que l’on ne bâtît pas une communauté sans règles sociales communes. 

Cessez d'être complices des politiques de droite qui détruisent les paysan.ne.s. votez pour une France et une Europe Écologique, sociale et solidaire.

samedi 8 décembre 2018

Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Jeudi 29 Novembre, le mouvement des « Gilets Jaunes » a envoyé, aux médias et aux députés, un communiqué comprenant une quarantaine de revendications : Zéro SDF, retraites, salaire maximum... Pour ma part j’y vois du bon et du moins bon (pourquoi ces quelques cibles, ces quelques lignes vis-à-vis de l'immigration ? Y aurait-il des FN et leurs obsessions, dans le mouvement des gilets jaunes ? Quel est le signal donné par ces lignes ? Que les problèmes des français viennent aussi des immigrés !), mais globalement je me vois très en accord avec la majorité des revendications. Pourtant, le samedi suivant, sur la place de l’étoile et ses alentours, la situation a dépassé l‘entendement républicain. Casses, émeutes, voiture brulés, biens public et privés (même si je ne vais pas pleurer sur les boutiques de luxe des Champs-Elysées) saccagés, violence de toute part. Les "Gilets jaunes" visiblement, c'est une évidence, améliorent le niveau de vie des pauvres casseurs qui peuvent se servir dans les magasins le samedi soir. Révolte dans mon cœur ... et une évidence : Les violences des casseurs, empêchent de parler des 42 revendications des GJ. Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Révolte dans mon cœur de pacifiste et de non-violent. « Pas en mon nom ! » j’ai envie de crier, car je suis aussi du peuple et je réprouve les violences de Paris. TRÈS EN COLÈRE !!! Je n'ai pas de mots pour exprimer ma colère à son juste niveau. VANDALES !!!, voici le mot que vous m’avez inspiré. Vous n'êtes pas le peuple ! Vous n'êtes pas des manifestants !! Vous n'êtes que des vandales !!! Très en colère contre les saccages d'hier comme je suis en colère, depuis 30 ans, contre la violence des exploiteurs de misère, des patrons, des capitalistes, des actionnaires, des politiques, à la solde des lobbies et des puissants, qui maltraitent et sacrifient salariés et environnement, depuis toujours, pour toujours plus de profits indignes. « C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches » nous dit Victor Hugo. Honte à vous tous casseurs, saccageurs, violents, admirateurs de ces violences, patrons bien gros, capitalistes sans âme, hommes et femmes de droite qui avez semé la misère et qui récoltez la colère, honte à vous tous !!!

Grosse colère également contre la Droite Rutabaga, ces pauvres ères qui gagnent 1200 euros par mois mais qui votent pour des gens qui leur garantissent qu’ils resteront à 1200 euros par mois. Grosse colère car voici des années que la droite-rutabaga vote pour leurs oppresseurs. Des années que nous les syndicalistes et les militants écologistes et de gauche on se bat contre ceux qui nous oppressent sans que la droite-rutabaga ne nous soutienne (beaucoup de Gilets Jaunes avouent que c'est la première fois qu'ils manifestent) voir nous conchient. Des années que les français votent pour le libéralisme et le capitalisme, des années qu'on leur dit que c'est de la merde, mais tant qu'ils avaient espoirs de tirer leur épingle du jeu, ils jouaient la carte du chacun pour soi. Maintenant, la droite-rutabaga pleure. Les français récoltent ce pour quoi ils votent depuis des années !!! La dignité n'est pas de casser l'arc de triomphe ! L'indignité c'était de voter pour ceux qui nous exploiteraient et chier sur ceux qui se vouaient à la défense des travailleurs. La dignité n'est pas de saccager car la fin ne justifie pas les moyens. Et en revanche la violence justifie toutes les oppressions, tous les états d'urgence, toutes les restrictions de libertés par ceux qui ont les moyens de le faire. Les violents sont les idiots utiles du pouvoir.

Et pourtant face à la violence le gouvernement réagit. De ce que j'ai retenu de l'intervention du 1er Sinistre, le 4 décembre, c’est qu'ils reculent, de six mois, l'enculade mais qu'elle viendra quand même. Dès lors quid de la justice sociale ? Quid du rééquilibrage de la charge de la Nation entre riches et plus modestes ? Quid du CICE ? Quid de la lutte contre la fraude fiscale ? Quid de la hausse des salaires ? Quid d'une réelle revalorisation du salaire minimum (150 ; 200 euros) ? Quid d'un salaire maximum ? Rien !!! Aucune volonté de travailler pour les citoyens !!! On lâche temporairement sur l'essence mais surtout on ne s'attaque pas aux causes des inégalités !!! Rien, je vous dis ! Rien si ce n'est qu'on nous entubera plus tard. Ces politiciens sont sourds, mais pourtant face à la violence des « Gilets Jaunes », ils réagissent. Quel est le signal qui est envoyé aux autres mouvements revendicatifs, pacifistes et républicains ? Pour attirer l’attention nous faut-il donc casser, bruler, frapper, taper sur du flic ?

Et que dire de ces politiques qui alternent, depuis 60 ans, l’intérim du pouvoir, qui ont organisé, depuis 60 ans, la richesse des riches et la misère des pauvres et qui viennent, sur les ondes, nous expliquer que le mouvement des « gilets Jaunes », des pauvres, des précaires, des sans-dents était prévisible ? Ainsi donc et sans vergogne et à l'instar des autres, Gérard L'archer, sur France inter, le 5 décembre, nous explique, sans honte, combien c'est injuste (il nous arracherait presque une larme) que les plus pauvres morflent alors qu'il fait partie d'un mouvement qui, depuis des décennies, offre ristournes, cadeaux, subventions, et autres crédits d'impôts aux patrons et aux entreprises sans jamais les conditionner à des engagements sociaux et salariaux mesurables et chiffrables. Il est définitivement insupportable d'entendre ces gens, qui sont responsables de la misère en France, venir nous faire une explication de texte du moment. La décence voudrait qu'ils fassent profil bas. Mais non, ils continuent, tous arrogants qu'ils sont, à venir commenter et nous expliquer qu'ils ont compris la détresse des gens d'en bas, tout en refusant les mea culpa, en refusant de reconnaître que ce sont leurs dogmes libéraux qui sont les causes de la misère. Insupportables, ils sont définitivement Insupportables !!!

« Personnellement, me dis mon frère, je suis toujours aussi désemparé. Après une période de rejet des GJ (Je le dis sans honte car je crois en la taxe carbone et que voir des 4x4 avec un GJ sur la plage avant me débecte) mais j'admets que sans justice sociale, cela ne pourra jamais passer), je partage pas mal d'idée avec la FI, je trouve certains discours de Mélenchon et autres parfaitement justes, ce gouvernement et cette politique "vieux monde relooké nouveau monde" me dégoute, je crois aussi que la violence sociale soft actuellement en vigueur nécessite un rapport de force si l'on veut que les choses bougent. Et pourtant je suis très mal à l'aise (pour ne pas dire plus) avec cette ambiance insurrectionnelle et la violence qui va avec, très inquiet pour mes enfants et ma famille, mon ex-famille, mes amis qui vivent à Paris, pour la démocratie (même si j'aspire à une 6ème république ) car je suis persuadé que des forces fascistes n'attendent que ce genre d'événement pour prendre le pouvoir, je crains aussi un effondrement rapide de notre économie sans possibilité d'organiser ensuite une quelconque transition écologique et plus prosaïquement je crains pour mon emploi qui fait vivre toute ma famille et qui nous permet enfin de devenir propriétaire de notre appartement (je sais, je suis sûrement petit bourgeois). Bref, je suis sûrement confus, mais vous aurez compris que je suis traversé par tout un tas d'émotions souvent contradictoires qui m'empêchent d'être serein en ces moments troublés. Suis-je le seul ou parmi vous, certains sont-ils dans les mêmes errements que moi ? »

Non, p'tit frère tu n'es pas le seul à être troublé, confus, à être traversé par des sentiments contradictoires, je le suis pleinement et totalement. Je partage 100 % de ce que tu dis, mais cela ne m’empêche pas de penser que la violence n'apporte rien, la preuve en est que, ce sur quoi le gouvernement a lâché, ce ne sont pas les choses structurelles qui font qu'il y a tant d'inégalités et tant de violences sociales dans notre pays. Ils ont juste lâché du lest, donné des os à ronger, mais rien de structurellement révolutionnaire. Après ces événements tout recommencera comme avant, le gouvernement aura bien protégé les intérêts des capitalistes et des plus riches. La violence, pour le moment ne paye pas, seule une révolution dans les urnes peut trouver une issue positive... encore faut-il avoir des personnalités qui soient à la hauteur des enjeux et ça ... ce n’est pas gagné, il n'y aura qu'un seul Mandela ... et pourtant il faudra bien que des hommes et des femmes s'y collent.

A ces mots, sur Facebook, un contact me dit « Mais enfin ! Mandela était terroriste et un militaire dont l'organisation s'appelait "Fer de lance de la nation" donc... ».

Donc quoi ? lui réponds-y-je. Mandela fut un homme qui a renoncé à la violence, qui a profondément incarné le « vivre ensemble », qui a rejeté la vengeance et la haine, qui a magnifié la réconciliation et le pardon. J'ai une profonde admiration pour Mandela qui compris que ses combats ne commenceraient à avoir des résultats qu’à partir du moment où il renoncerait à la violence, ce qu’il fit en prison.

« Mais sans la violence - poursuit mon contact Facebook - on ne se serait pas intéressé à l'Apartheid tu sais. Les papous se font massacrer en ce moment ; les Rohingyas aussi... Je ne fais pas l'apologie de la violence et j'ai milité autant que toi (notamment à Nuit debout) sur cette question. »

Vaste sujet pour lequel le média Facebook n’est pas le plus pertinent, lui réponds-t-y-je. Je citerai juste Martin Luther King, « La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l’agression et l’esprit de revanche. Le moyen d’en sortir est l’amour » et Mandela « Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. ». J'espère en l'amour, je crois au vivre ensemble, j'aspire à la paix, tel est ma philosophie.

A ces mots, mon contact me rétorque que, pour lui aussi, telle est sa philosophie mais que pourtant, MLK, Gandhi ou Mandela seraient arrivés après des affrontements très forts. Que lui aussi « admire ces gens qui sont parmi les plus importants de l'histoire. Mais les pacifistes ont aussi collaboré pendant la guerre et les résistants ont détruit, tué parfois. »

Alors pour finir je lui dis que Gandhi disait « entre la violence et la non-violence je préfère la non-violence mais entre la violence et la lâcheté je préfère la violence ». Les situations de ces trois grands hommes, aux moments ultimes où ils ont prêché la non-violence était bien plus violente, bien plus périlleuse que celle que vivent les gilets jaunes aujourd'hui (sans nier les problèmes des GJ). Aussi justifier la violence, dans un pays où l’on est encore libre de contester, alors que d'autres ont utilisé la non-violence alors que leurs vies étaient menacées, je trouve juste cela énorme. Injustifiable. Insoutenable. Quant aux résistants je l’ai renvoyé à la phrase de Gandhi ci-dessus. La situation en France aujourd'hui n'est pas celle de 1940, n'est pas celle de l'Inde de Gandhi, n'est pas l'Amérique de MLK, n'est pas celle de l'Afrique du Sud de Mandela. Sans nier les problèmes en France.

Définitivement les violents sont les idiots utiles des puissants et pourtant. Et pourtant ... hum !!! Alors que 136 000 de Gilets Jaunes manifestaient partout en France, les marches pour le climat ont rassemblé, ce même jour, presque autant de monde et se sont déroulées dans le calme sans pour autant monopoliser l'attention médiatique et politique. Faut-il donc casser, brûler, voler, saccager, être violent pour que l'on prenne au sérieux les revendications écologiques ? Notre monde prône-t-il la prime à la casse ?

dimanche 3 septembre 2017

L’enfer du miracle allemand


Macron se désole que les Français refusent les réformes, que ce pays est irréformable. Mais les réformes pour les réformes cela n’a aucun sens. Si réformer c’est aller vers toujours plus de précarités et d’inégalités alors je dis « NON ! » et je me range dans le lot de ceux, dénommés par le très talentueux et clairvoyant journaliste de droite Eric Brunet, « les abrutis ». 

Ces abrutis, qui se vautreraient, selon le fantasme libéral, « dans le socialisme bolivarien le plus frustre en ayant pris l'argent du pétrole aux actionnaires milliardaires afin de tenter d'éradiquer la pauvreté qui rongeaient le Venezuela (1) ». Ces abrutis qui refusent « toujours plus de déréglementation, de flexibilité chez les salariés, de stock option et de dividendes pour le CAC 40, de privatisation de services publics […] solutions de ceux qui savent. (1) » car bien évidement « ceci n'a hélas jamais été fait, nulle part, ni en France, ni ailleurs. Mais vraiment jamais jamais ! Et les abrutis que nous sommes ne comprennent pas que si nous le faisions, si nous appliquions ces brillantes solutions libérales, la vie serait à chaque minute du jour et de la nuit une danse du bonheur sous l'abondance du ruissellement. (1) »

Nous sommes vraiment des abrutis de refuser un tel bonheur et il n’y a qu’à demander aux allemands ce qu’ils pensent de ces réformes qu’ils subissent, depuis 12 ans via les lois Hartz, pour se convaincre que nous sommes vraiment des abrutis pour refuser le paradis du modèle économique allemand. Ah, le paradis du modèle économique allemand basé sur les travailleurs pauvres et le retour au travail des retraités ! Que du bonheur ! Avoir du boulot et vivre pauvre tel est le miracle allemand. Près de 1 million de retraités allemands sont aujourd’hui contraints de travailler faute de pension suffisante. Ah ce modèle inégalable vanté par nos chroniqueurs télé de tous poils pourvoyeurs de la lobotomie générale pour le compte du MEDEF et de ses valets En Marche.

Ainsi selon « Le Monde diplomatique » de Septembre 2017, en Allemagne, entre 2000 et 2016 la proportion des travailleurs pauvres — rémunérés au-dessous de 979 euros par mois — passe de 18 à 22 %. 4,7 millions d’actifs survivent aujourd’hui avec un minijob plafonné à 450 euros par mois. L’Allemagne a converti ses chômeurs en nécessiteux. Ainsi pour les deux prophètes de la « social-démocratie moderne » M. Schröder et son homologue britannique Anthony Blair et ceux qui perpétuent aujourd'hui le Hartz IV, il vaut mieux un pauvre qui sue plutôt qu’un pauvre qui chôme.

Huit heures : le Jobcenter du quartier berlinois de Pankow vient à peine d’ouvrir ses grilles que déjà une quinzaine de personnes s’alignent devant le guichet d’accueil, enfermées chacune dans un cocon de silence anxieux, nous relate « Le Monde diplomatique » de Septembre 2017. « Pourquoi je suis ici ? Parce que, si tu ne réponds pas à leurs convocations, ils te retirent le peu qu’ils te donnent, grommelle un quinquagénaire à voix basse. De toute façon, ils n’ont rien à proposer. À part peut-être un boulot de vendeur de caleçons à clous, qui sait. » L’allusion lui arrache un maigre sourire. Il y a un mois, une mère isolée de 36 ans, éducatrice au chômage, a reçu un courrier du Jobcenter de Pankow l’invitant, sous peine de sanctions, à postuler pour un emploi d’agente commerciale dans un sex-shop.

En Allemagne [...] La vie des allocataires est un sport de combat. Leur minimum vital ne leur permettant pas de s’acquitter d’un loyer, le Jobcenter prend celui-ci en charge, à la condition qu’il ne dépasse pas le plafond fixé par l’administration selon les zones géographiques. Un tiers des allocataires (renommés "Clients") ont pourtant des problèmes de logement, le plus souvent parce que l’envolée des loyers dans les grandes villes, notamment à Berlin, les a fait sortir des clous du Jobcenter. Ils doivent soit déménager, mais sans savoir où, car le marché locatif est saturé, soit régler la différence de leur poche en rognant sur leur budget alimentaire.

Le Jobcenter peut aussi débloquer au compte-gouttes des aides d’urgence. Cela lui confère un droit de regard qui s’apparente presque à un placement sous curatelle. Compte en banque, achats, déplacements, vie familiale ou même amoureuse : aucun aspect de la vie privée n’échappe à l’humiliant radar des contrôleurs. Les 408 agences du pays disposant d’une marge d’initiative, certaines débordent d’imagination. Fin 2016, par exemple, le Jobcenter de Stade, en Basse-Saxe, a adressé un questionnaire à une chômeuse célibataire enceinte la priant de divulguer l’identité et la date de naissance de ses partenaires sexuels (2) [...]

[...] Hartz IV fonctionne à la manière d’un service du travail précaire obligatoire. Les menaces de sanctions qui pèsent sur le « client » le tiennent en permanence à la merci d’un guet-apens. M. Jürgen Köhler, un Berlinois de 63 ans, exerce en temps normal le métier de graphiste indépendant. Confronté à la concurrence de gros cabinets qui cassent les prix, il ne reçoit plus assez de commandes pour en vivre et s’est donc inscrit au Jobcenter. « Un jour, raconte-t-il devant un café, un courrier m’annonce que je dois me présenter le lundi et le mardi suivants à 4 heures du matin aux portes d’une agence d’intérim pour être affecté sur un chantier et toucher ma paie le soir même. Et que je dois me munir d’une paire de chaussures de sécurité. Évidemment, je ne possède pas ce genre d’équipement et je n’ai jamais travaillé dans le bâtiment. Commencer à mon âge ne me paraissait pas une bonne idée. » Les délais étant, comme souvent, trop brefs pour tenter un recours, M. Köhler n’a d’autre choix que de contester la mesure devant les tribunaux, en espérant que son affaire sera jugée avant que ne tombe le couperet de la sanction, qui risque d’amputer ses subsides de 10 %, 30 % ou même 100 %. Nul n’est à l’abri du hachoir, pas même les enfants d’allocataires Hartz IV âgés de 15 à 18 ans : en échange de leurs 311 euros mensuels versés au budget de la famille, et même s’ils vont encore à l’école, le Jobcenter peut les convoquer à tout moment pour leur « conseiller » de s’orienter vers tel ou tel secteur sous tension et leur couper les vivres s’ils ratent un rendez-vous. (2) [...]

Dès lors, pourquoi refuser un tel bonheur ? « Peut-être parce que nous n’avons plus les moyens de payer pour tous » selon la phrase fétiche des libéraux ? .... « qui va payer ? nous disent-ils. Qui va payer pour un accès de tous à la santé ? Qui va payer pour éradiquer l'analphabétisme ? Qui va payer pour un retour de la police de proximité ? Qui va payer pour une école de qualité ? C'est vrai que tout compte fait, ce serait beaucoup mieux si seuls les riches se payaient eux-mêmes les services privés, laissant les autres dans le dénuement. C'est sans doute ça, l’idée intelligente d'une société parfaite. (1) »

Pourtant les français n’ont pas toujours été contre les réformes, au contraire même. Ainsi quand en 1936 on a créé les congés payés, quand en 1946, Marcel Paul a nationalisé l’énergie, quand Maurice Thorez a créé le statut de la fonction publique, quand Paul Langevin a conçu le CNRS, quand Ambroise Croizat a bâti la Sécurité Sociale, généralisé les retraites, conçu les Comités d’Entreprises, la médecine du travail, la prime prénatale, l’allocation de salaire unique, du doublement du congé maternité, la reconnaissance des maladies professionnelles … les français ont adorés !!!

Mais, je m’avance peut-être pour expliquer ce vent de refus des Français devant les réformes portées par les libéraux, c’est que, encore une fois peut-être, que ces réformes, aujourd’hui, sont a l’inverse de ce que déclarait Ambroise Croizat « Désormais, dans toutes les phases de sa vie, nous mettrons définitivement l’Homme à l’abri du besoin. Nous en finirons avec les angoisses du lendemain. » et que nous refusons « l’enfer du miracle allemand », ce modèle qui inspire tant Emmanuel Macron et que ce refus est légitime. Non ?



mercredi 18 mai 2016

Le projet économique de Juppé est une régression. C'est un programme de lutte des classes

Les candidats à la primaire de la droite et du centre précisent leurs intentions en matière économique. Comme la plupart de ses adversaires, Alain Juppé, qui vient de présenter son projet, opte pour des mesures radicales résolument libérales. Une erreur, pour Henri Sterdyniak, co-animateur des Économistes atterrés. Car "cette politique a montré qu'elle ne fonctionnait pas", explique-t-il.

Édité par Sébastien Billard


S’appuyant sur l’échec du quinquennat de François Hollande, la droite propose aujourd’hui un programme profondément réactionnaire, un retour en arrière par la mise en cause méthodique de l’État social, tant par la baisse des dépenses publiques et de la redistribution que par l’affaiblissement du droit du travail et le renoncement à la transition écologique.

Nous souffrons toujours des suites de la crise financière

Les difficultés de la France viennent-elles, comme les économistes bien en cour et les sociologues de médias le prétendent, de trop de socialisme ou d’étatisme ?

C’est oublier d’abord que tous les pays développés souffrent encore des suites de la crise financière, que cette crise n’était pas due à trop de socialisme, mais à l’avidité, à l’aveuglement des marchés financiers.

C’est oublier que le capitalisme financier d’aujourd’hui génère des déséquilibres profonds dont souffrent toutes les économies développées : la victoire du capital sur le travail permise par la mondialisation, la recherche effrénée de compétitivité, la hausse des inégalités de revenu induisent un déficit global de demande dont témoignent les bas taux d’intérêt et d’inflation, la demande doit être soutenue par des bulles financières ou des hausses insoutenables de l’endettement privé ou public ; la dégradation de la situation de l’emploi permet aux entreprises de faire pression sur les salaires et les conditions de travail des salariés, le travail précaire se développe, la cohésion sociale est mise à mal.

Enfin, le refus d’intégrer sérieusement les contraintes écologiques entraîne la planète vers la catastrophe écologique. Faut-il que la France se donne l’objectif de se caler sur le modèle libéral-productiviste ? Faut-il sauter dans un train qui court à la catastrophe ?

Hollande a pratiqué une politique libérale, sans résultat

François Hollande n’a pas été capable d’impulser un nouveau modèle de croissance. Il n’a pas voulu rompre avec une politique européenne qui reposait sur le diptyque "austérité budgétaire/réformes libérales". Aussi a-t-il constamment pratiqué une politique budgétaire restrictive qui a certes réduit le déficit public, mais en brisant la croissance.

Il n’a pas tenté une politique industrielle novatrice reposant sur une impulsion publique forte pour engager la transition écologique, sur la participation des salariés et des citoyens aux décisions des entreprises, sur une réorientation de l’activité des banques hors des marchés financiers vers le crédit aux activités productrices.

Il s’est lancé dans une stratégie de complaisance vis-à-vis des revendications du patronat, oubliant la responsabilité de celui-ci dans la désindustrialisation et la financiarisation de l’économie, prétendant reconstituer leurs marges par des baisses d’impôts financées par des baisses de dépenses publiques, acceptant leur discours : "c’est le droit du travail qui est responsable du chômage".

Cela pour un résultat médiocre. Et le patronat en demande toujours plus.

Il s'agit de prolonger la politique de Hollande-Valls-Macron

Les candidats de la droite refusent de reconnaître la responsabilité du libéralisme dans la crise financière, économique et sociale. Ils retournent à un mythe éculé : supprimons les réglementations, faisons baisser les coûts salariaux, augmentons la durée du travail, diminuons la protection sociale et les impôts, et l’économie livrée à elle-même connaîtra une croissance équilibrée, juste et efficace.

Ils oublient que c’est l’instabilité, l’inefficacité et l’injustice du libéralisme qui ont rendu nécessaire l’intervention publique. Comme les émigrés de retour de Coblence en 1815, ils n’ont rien appris.

Il s’agit donc de rivaliser de propositions libérales, en rien novatrices, celles qui traînent depuis toujours au Medef, chez les hauts fonctionnaires de Bercy, au club Le siècle et autres dîners parisiens. Il s’agit de prolonger la politique de Hollande-Valls-Macron, en en faisant simplement davantage.

Prenons l’exemple du programme "modéré" d’Alain Juppé. Que propose-t-il ?

1. Supprimer l'ISF

Supprimer l’ISF, qui nuirait à l’investissement, bien qu’il ne frappe pas les biens professionnels de sorte que les dirigeants d’entreprises y échappent. N’est-il pas juste que ceux qui ont un patrimoine important, qui bénéficient ainsi fortement des dépenses publiques en supportent (un peu) les coûts de fonctionnement ?

Faut-il céder au chantage et ne pas faire payer d’impôt à ceux qui peuvent se réfugier à l’étranger ? Ne faut-il pas au contraire se battre en Europe et dans le monde pour augmenter la taxation sur les plus riches ? Ne faudrait-il pas priver du droit de vote les Français qui se réfugient à l’étranger pour échapper à l’impôt ?

2. Réduire la taxation des revenus de capital

Il entend réduire fortement la taxation des revenus du capital comme s’il n’était pas normal que les revenus du capital contribuent comme ceux du travail aux dépenses publiques et sociales, comme s’il fallait augmenter les inégalités de revenu.

3. Plafonner les prestations de solidarité

En sens inverse, plafonner les prestations de solidarité, avec l’argument mensonger et maintes fois démenti qu’elles sont plus élevées que les revenus du travail. Créer une allocation sociale unique, comme le propose l’IFRAP, avec une baisse de revenu importante pour les familles, de l’ordre de 20% pour une famille au RSA.

La France doit-elle se donner comme objectif de plonger encore davantage d’enfants dans la pauvreté ? En sens inverse, le plafond du quotient familial serait augmenté. Bref, prendre aux pauvres pour donner aux riches.

4. Accepter toutes les exigences du patronat

Peut-on prétendre favoriser le dialogue social dans les entreprises tout en affaiblissant les syndicats, en augmentant les seuils sociaux, en permettant aux chefs d’entreprises de modifier la réglementation du travail sans consulter les syndicats mais simplement un salarié désigné par ses collègues, laissant le champ libre aux pressions du chef d’entreprise ?

5. Passer aux 39 heures

La durée légale du travail passerait à 39 heures, ce qui veut dire une baisse de salaire de 2,5% pour ceux qui travaillent déjà à cet horaire. Cela veut dire aussi que les entreprises seraient incitées à faire travailler plus longtemps leurs salariés au lieu d’embaucher.

6. Assouplir les conditions de licenciement

Le CDI serait sécurisé (pour les entreprises) : les entreprises pourraient prévoir dans le contrat de travail des conditions de licenciement que les salariés pourraient (librement) accepter (sous la menace de ne pas être embauché). Il suffirait que ces conditions soient suffisamment larges pour que le CDI soit totalement insécurisé pour les travailleurs.

7. Plafonner les indemnités aux prud'hommes

Les indemnités aux prud’hommes seraient plafonnées, comme le souhaitait Macron, même si le débat a bien prouvé que le recours aux prud’hommes à la suite d’un licenciement économique était peu fréquent et que les indemnités n’étaient pas élevées, sauf cas très particulier.

8. Rétablir la dégressivité des allocations chômage

La dégressivité des allocations chômage serait rétablie bien que les partenaires sociaux l’aient supprimée, vu son impact nul sur le retour à l’emploi. Est-ce une mesure de justice quand le taux de chômage est élevé, que ce n’est pas le désir de travailler de chômeurs qui fait défaut, mais bien les emplois offerts ?

9. Porter l'âge de le retraite à 65 ans

L’âge de la retraite serait rapidement porté à 65 ans, sans tenir compte de la situation de l’emploi (des jeunes et des seniors), ni de la longueur et de la pénibilité de la carrière.

Certes, le taux d’activité des seniors a fortement augmenté depuis 2008, malgré la crise, mais le report de l’âge de la retraite s’est traduit aussi par une baisse de l’emploi des jeunes et une hausse du chômage des seniors. Faut-il en faire plus quand les emplois disponibles ne sont pas là ?

10. Réductions d’impôts sur les entreprises, hausse de la TVA

Les politiques qui n’ont guère fonctionné seront poursuivies et amplifiées : nouvelles baisses de cotisations sur les bas salaires (pour inciter les entreprises à offrir des emplois précaires sans perspectives de carrière), nouvelles réductions d’impôts sur les entreprises (26 milliards après les 40 milliards de Hollande) et hausse de la TVA (pour faire payer cette hausse par les ménages, et surtout par les plus pauvres).

11. Réduire les dépenses publiques de 85 milliards

Baisse de 85 milliards des dépenses publiques (mieux que Hollande cette fois qui n’aura fait qu’une baisse de 50 milliards), avec des baisses fortes mais non explicitées en matière de nombres de fonctionnaires (sauf éducation, justice, police, défense, nous dit Juppé, que reste-t-il ? Réduire le nombre de fonctionnaires qui luttent contre la fraude fiscale, ceux de l’Inspection du travail, ceux de la Culture, etc. ?).

Sachant que la France a besoin de 2 millions d’emplois supplémentaires, faut-il commencer par en supprimer 250.000 ? Et ne faut-il pas se poser la question : les emplois dans la culture, la santé, l’éducation, la garde d’enfant ne sont-ils pas plus utiles que beaucoup d’emplois privés (publicitaires, traders, communicants, vendeurs d’assurances ou de complémentaires santé, etc.).

12. Privilégier une politique budgétaire restrictive

Globalement cette politique serait dépressive. L’effet des 85 milliards de baisse des dépenses publiques l’emporterait sur celui des 28 milliards de baisse d’impôt, soit un choc négatif de 2,5% du PIB si cette baisse des dépenses publiques était mise en œuvre.

C'est à peu près le même effet dépressif que celui du programme que Hollande annonçait en 2012 et le même aveuglement : annoncer une politique budgétaire restrictive sans évaluer son impact sur la croissance.

Un programme de lutte des classes

Juppé doit donc compter sur un miracle. La joie des riches qui n’auront plus à payer l’ISF, qui auront de fortes baisses de l’impôt sur le revenu de leur patrimoine ; le soulagement des chefs d’entreprises qui seront les maîtres chez eux permettraient de relancer la production malgré l’insécurité ainsi créée pour les salariés, les pertes de pouvoir d’achat pour les plus pauvres, et aux pertes de possibilités d’emplois pour les jeunes et les chômeurs.

Oui, c’est bien un programme de lutte des classes que Juppé nous propose.

samedi 13 juin 2015

Deux ou trois brèves énervées (2)

Le 8 juin a eu lieu la "JOURNÉE MONDIALE DES OCÉANS" à l'Unesco !! 
Qu'en sortira t'il ? 
de belles paroles et de belles intentions ? 
Et puis après ? 
Business as usual and the show must go on ?

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Entendu au congrès mondial du vélo à Nantes.
  • L’indemnité kilométrique pour le cycliste, c’est pas gagné. Après le débat à l’Assemblée, la loi de transition énergétique, qui inclut l’indemnité kilométrique, doit encore repasser au Sénat, puis de nouveau à l’Assemblée pour son adoption définitive au plus tard « à la rentrée ». Ensuite, il faudra avaliser l’indemnité kilométrique par un décret, mais personne ne peut dire si ni quand il sera signé. « Les décrets, vous savez, on peut les attendre très longtemps », confie-t-on au ministère des transports.
  • La peur d'en faire trop. C’est un élu dirigeant la métropole de Lyon qui le confie : « le vélo, c’est bien, mais il ne faudrait quand même pas qu’il y en ait trop ; sinon, cela bouleverserait les équilibres et il faudrait réaménager la ville ». Le même discours a été entendu dans les services du transporteur Semitag, à Grenoble, et dans de nombreuses villes. D’un côté, les élus encouragent le vélo au nom de « la planète ». De l’autre, ils freinent des quatre fers. Mais ce n’est pas en passant de 2 à 4% que « la planète » sera « sauvée ». Il faudrait au moins 20%. Et vite.
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D'accord avec Montebourg. Valls qui clame qu'il assumera ses actes, devra assumer le fait que la droite ne votera jamais pour une politique libérale portée par le PS et les électeurs de Gauche ne voteront plus pour un PS devenu libéral. «Le social-libéralisme condamne la gauche». Valls assumera le désespoir et le dégoût des électeurs de Gauche devant les trahisons qu'ils ont subi.

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Entendu le 6 juin : L'imposture écologique !!!!! Maud Fontenoy, vous savez la caution "verte" des grandes entreprises (Bolloré, Euro RSCG, Havas, Carrefour, Hase, etc.) ? Maud Fontenoy celle qui ne ferme pas la porte aux OGM ou au gaz de schiste, promeut l'usage des pesticides et la croissance, celle qui squatte les écoles de la République avec ses "Kits Environnement" avec la bénédiction et les encouragements de Mme Najat Vallaud-Belkacem, rejoint la direction de l'UMP, abusivement rebaptisé "Les Républicains", et sera chargée de l'environnement. Envie de vomir !!!

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Corrida, enfin une bonne nouvelle : Selon le Huffington post, la corrida est radiée du patrimoine culturel immatériel de la France. YES !!!!!

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Vu le 4 juin au JT de France2, le choc de compétitivité selon Macron : baisse des salaires avec augmentation du temps de travail sans toucher aux actionnaires ni aux patrons. Le MEDEF en rêvait, le PS l'a fait.

mardi 1 novembre 2011

Mais dans quel état mettons-nous le monde ?

Mais dans quel état mettons-nous le monde ? Voila la question que je me pose, le soir dans mon lit, la tête dans les mains, quand je pense à la marche du monde. Comme les mineurs de Germinal, masse immense face à la minorité patronale, je me sens impuissant, colibris parmi les colibris, face à une humanité folle et ivre de puissance, qui s'enfonce béatement vers sa perte, vers son soleil vert. Où que je regarde, où que j'aille, je ne vois que des crises majeures qui supplantent toutes les beautés que nous offre la vie. Où que je regarde, je ne vois que des crises.

Des crises financières qui n'en finissent pas : En juillet 2007 la crise des subprimes avait touché le secteur des prêts hypothécaires aux États-Unis et avait participé au déclenchement du krach de l'automne 2008 entraînant une récession touchant l'ensemble de la planète. Aujourd'hui la zone euro a brutalement replongé dans l'instabilité après l'annonce surprise d'un référendum en Grèce pendant qu'une poignée d'inconscients, au triple A volatile, décident de la solvabilité d'un pays. Au final les marchés (les pauvres petits !) ont peur et jouent, dans leurs délires cupides, avec la vie de millions de travailleurs. Mais, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours entendu que nous étions en crise, prouvant, par elle-même, que la mondialisation libérale ne fonctionnait pas et était mortifère. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours entendu que nous étions en crise justifiant, ici des coupes budgétaires, là le gel des salaires, ailleurs privatisations, licenciements ou délocalisations ... rigueur pour les uns, profits et luxe pour les autres.

Des crises humanitaires qui interrogent sur l'humanité : les combats au Pakistan, en Somalie, au Yémen, au Sri Lanka, au Darfour ou bien encore en République Démocratique du Congo, en une escalade de violences toujours plus importante, qui prennent en otage familles et enfants et qui entrainent, encore et toujours, déplacements, souffrances, épidémies ou bien encore malnutrition. Toutes les six seconde un enfant meurt de faim dans le monde et chez nous, en France, la précarité et la pauvreté, toujours plus croissantes, font ressurgir des maladies que l'on croyait disparues (Rougeole, Tuberculose, Gale, Coqueluche) rajoutant aux inégalités sociales, une inégalité de santé.

Une crise démographique qui, telle une sirène, cache la mort. C'est ainsi que pendant que le monde célèbre, dans une allégresse inconsciente, la sept milliardième habitante de la Terre, Danica May Camacho (longue et belle vie à elle), née dimanche 30 octobre 2011, à Manille, Ban Ki-moon attire l'attention sur les défis de la croissance démographique car, en écologie, il y a une règle : plus il y a d'individus, moins ils peuvent se développer. "Sept milliards de personnes ont besoin de nourriture. D'énergie. D'offres intéressantes en matière d'emplois et d'éducation. De droits et de liberté. La liberté d'expression. La liberté de pouvoir élever ses enfants en paix et dans la sécurité". Mais au rythme où vont les choses, puisqu'aucune initiative ne semble vouloir être prise (plus de 10 milliards d'ici la fin du siècle), la crise démographique n'est pas prête d'être enrayée !

Une crise énergétique qui ne fait que commencer : La non-anticipation du pic pétrolier et la demande énergétique, toujours plus forte, fait réagir l'AIE qui craint que l'avenir énergétique du monde soit incertain. Le refus de la sobriété par notre humanité, qui est la seule voie permettant de rendre pertinente l'utilisation des énergies renouvelables, fait craindre que nous allions vers le blackout. Le refus des populations de voir s'implanter, à proximité de chez eux, éoliennes et autres solutions alternatives, doublé de l'incrédulité des élus face aux défis énergétiques, n'augure rien de bon pour une vie durable, saine et confortable dans un proche avenir.

Une crise écologique qui n'épargnera pas l'humanité : effondrement de la biodiversité, disparition des abeilles, épuisement des matières premières, changements climatiques, pollutions des eaux, de l'air et de la terre, des habitations et de la nourriture, contamination par les OGM, pesticides, perte des terres agricoles, contamination des milieux par le plastique, surpêche, contamination par les espèces invasives ...

Pourquoi nous maltraitons-nous de la sorte ? Pourquoi maltraitons-nous la Pachamama ?

Cette énumération est pessimiste, anxiogène et déprimante. Tellement pessimiste et déprimante que beaucoup ne veulent pas la regarder et la nient. Mais ce n'est pas parce que l'on ne regarde pas les problèmes en face que ceux-ci n'existent pas. A ne pas regarder le dragon dans les yeux on prépare le chaos et souvenons-nous que toute crise humaine ne s'est jamais réglée dans le calme. Tout est réuni, aujourd'hui, pour entrer dans une crise majeure, les altermondialistes le disent depuis longtemps, aujourd'hui l'histoire et le présent semblent leur donner raison.

Cette énumération est pessimiste, anxiogène et déprimante. Elle l'est tellement que beaucoup ne veulent pas la regarder. Ainsi face à l'aveuglement des prétendus réalistes et autres pragmatiques qui misent, dans un optimisme à la méthode Coué, sur des solutions techniques ou économiques, aux vieux schémas dépassés, et qui nous traitaient, nous les écologistes, d'idéalistes irréalistes, nous proposons la seule voie possible :

Ainsi seule la redistribution, la solidarité, la coopération, la sobriété, l'éducation, la laïcité, seul l'abandon de la dictature de la croissance, du capitalisme et du libéralisme, seul le recentrage sur l'humain en équilibre avec son seul et unique vaisseau spatial, en un mot et qu'on le veuille ou non, seule la voie de l'écologie humaniste peut nous éviter le breakdown global.

Bruno BOMBLED

samedi 23 mai 2009

La valeur du travail



Curieusement, avec la crise économique – dont j'entends dire qu'elle serait la plus terrible depuis 1929 bien que je n'aie encore jamais vu la moindre explication concernant cette affirmation, ce qui je l’avoue me laisse perplexe – on ne nous parle plus jusqu'à l'envie de la notion de « valeur travail » – mais rassurons-nous, ce n’est que temporaire !

J'ai toujours trouvé surprenant que le « travail », qui a toujours été la seule richesse du « prolétariat » (au sens de ceux qui ne possèdent pas le capital), ait pu être récupérée à ce point par les classes dominantes actuelles.

J’aimerais rappeler que durant l'Antiquité, les hommes libres ne travaillaient pas mais s'occupaient de la chose publique ; que sous l'Ancien Régime la noblesse avait interdiction de travailler ; qu'au début du siècle dernier, l'élite était essentiellement constituée de rentiers. De même, dans l'Ancien Testament, le travail est inexistant du paradis terrestre ; c'est la damnation d'Adam et Ève qui nous impose cette épreuve. Par quel truchement, cette notion a-t-elle pu changer de « camp » ? Voilà une question intéressante !

Toujours est-il que l’expression « valeur travail » est aujourd’hui mise à toute les sauces. Elle permet utilement aux classes dirigeantes - qui, soit dit en passant, n’hésitent jamais à supprimer des postes ou à se plaindre du coût du travail - soucieuses de concentrer entre leurs mains le pouvoir et la richesse, de l’invoquer pour faire la morale aux « travailleurs » et ainsi les culpabiliser. Cela est si bien intégré par tous, que l'on entend régulièrement dans les médias, le témoignage de personnes affirmant avoir retrouvé leur « dignité » depuis qu'elles ne sont plus au chômage. Comme si la dignité d'un homme ne découlait que de son activité économique et non du simple fait qu'il appartienne à la communauté humaine.

Cette façon de voir m'a toujours dérangé, mais, jusqu'à présent je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. J'en culpabilisais presque : comment pouvais-je ne pas adhérer à cette valeur ?

A la réflexion, je pense pense en avoir compris la raison : c'est parce qu'en réalité « la valeur travail » n’existe pas ! Le travail pour le travail n’a aucun sens.

Si tel n'était pas le cas, alors l’esclavage ne serait pas immoral, car qu’est ce qu’un esclave si ce n’est une personne qui passe son existence à travailler ? De même, il ne serait pas condamnable de faire travailler les enfants ou encore de sous-payer ses employés. Et que dire par exemple d'un chimiste transformant pour le compte de la mafia de l'opium en héroïne ?

En fait, je pense que la valeur qui devrait être rappelée, valeur à laquelle j'adhère, est celle « du travail juste, justement rémunéré ».

Un travail juste est un travail qui a du sens c'est à dire qui a une utilité, non pas seulement pour l'employeur (sauf à considérer à tort que l'intérêt collectif est la somme des intérêts individuels) mais aussi pour la communauté dans son ensemble et qui ne nuise pas aux générations futures. Un travail juste n'est donc pas juste un travail. Pas facile, j'en conviens, mais nous parlons ici de valeur, nous sommes donc dans l'exigence. A titre d'exemple, je pense que ne peuvent être qualifiées de travails les activités économiques qui visent à vendre des armes pour le seul profit, à transformer en meubles du bois issu de forêts non durablement gérées, à produire de la viande de façon industrielle, à construire et piloter des avions capables d'envoyer quelques riches touristes dans l'espace, à concevoir et produire des voitures consommant autant, si ce n'est plus, de carburant, etc...

Plus simple en apparence et tout à fait logique, le travail doit forcement avoir comme contrepartie une rémunération. D’ailleurs, ne dit-on pas que « tout travail mérite salaire »? Mais encore faut-il que cette contrepartie soit « juste ». Il existe là une difficulté sémantique. Mais je pense qu'une juste rémunération devrait, a minima, permettre au travailleur de satisfaire ses besoins essentiels (se nourrir, se vêtir, se loger et s'instruire) et, à l'inverse, ne pas lui permettre d'acquérir une capacité de nuisance. Vu ainsi, l'on voit que plus rien ne peut justifier moralement, ni l’exploitation des plus pauvres, ni les plus hautes rémunérations.

Pour conclure, si nous n'y prenons pas garde, si nous ne gardons pas à l'esprit ces nuances et si nous laissons les classes dominantes nous rabâcher un discours simple et donc simplificateur, nous aurons tôt fait d'oublier cette valeur qui dessert forcement leurs intérêts mais qui rééquilibre la balance dans l'intérêt de tous.

Christophe B.
Mai 2009

lundi 17 décembre 2007

Et les augmentations de salaires là-dedans ?

Le lent travail de modification du modèle français se poursuit.

A petite dose, on change les rôles :

  • La droite devient réformiste et la gauche conservatrice.
  • On ne demande pas de sacrifices aux français, non ! On réforme.
  • On ne réforme pas d'ailleurs ! On modernise.
  • La TVA est devenu un impôt juste puisque ce sont les riches qui consomment contrairement aux pauvres qui ne le peuvent pas. Salauds de pauvres qui ne participent pas à la solidarité nationale !
  • On ne doit plus compter sur l'entreprise pour voir son pouvoir d'achat augmenter, on se fait sa propre augmentation.

Ce magnifique retournement de situation s'est illustré le 29 novembre 2007 lors de la dernière prestation télévisuelle, sur TF1 et France 2, de not' président concernant le pouvoir d'achat. Pour bien comprendre mon propos, faisons preuve de mémoire.

En effet si l'on se rappel un passé pas si lointain que ça, depuis que le salarié est salarié, l'augmentation de son salaire venait de son entreprise. Aussi étrange que cela puisse paraître, on pouvait espérer voir son salaire monter un petit peu chaque année, ou tous les deux ans grâce à ce que l'on appelait "l'Ancienneté". Ah, l'ancienneté ! Oh ! Ce n'était jamais grand-chose, juste de quoi ne pas trop perdre, face à l'inflation. Il s'agit d'un temps que les moins de 20 ans peuvent connaître puisque ce mécanisme était en vigueur jusqu'en novembre 2007.

Mais tout change en Sarkoland, maintenant nous sommes à l'ère du "travailler plus, pour gagner plus". Nous sommes à l'ère de la réhabilitation du travail, bande de fégnasses !

Quelle belle incantation que ce "travailler plus, pour gagner plus"! Qui pourrait trouver à y redire ? C'est presque aussi beau qu'une Carla Bruni chez Disney !

Mais, comme si tout ce qui venait de la tête de not' président n'était pas tordu, on pourrait se dire qu'il y a là une idée. Malheureusement pour le citoyen de base il y a un "mais". Car, à y regarder de plus près, on s'aperçoit, avec lassitude, qu'une fois de plus, ces obscurs projets ne servent que l'entreprise - qui "se sent enfin soutenue" (cf. MEDEF) - et sûrement pas le salarié. En effet, si l'on traduit ce qui a été dit (je commence à parler le Sarkozy couramment !), c'est que, si vous voulez avoir plus d'argent à la fin du mois, ne demandez rien à votre patron mais vendez lui votre temps. Prostituez vous ! Le "travailler plus, pour gagner plus", revient a dire que c'est vous qui vous augmentez et plus l'entreprise.

Vous voyez la perversion ?

Alors pendant que tout le monde négocie le rachat de ses RTT et autres congés annuels, le MEDEF, lui, fait bien en sorte que l'on n'ouvre plus le débat sur la hausse normale des salaires.

Tout cela est tellement cynique.

Puis quand on aura plus de congés ni de RTT à vendre, on aura toujours nos week-ends et nos nuits à donner au MEDEF.

Quand je vous dis que l'on revient tranquillement au servage.