Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

lundi 17 décembre 2007

Et les augmentations de salaires là-dedans ?

Le lent travail de modification du modèle français se poursuit.

A petite dose, on change les rôles :

  • La droite devient réformiste et la gauche conservatrice.
  • On ne demande pas de sacrifices aux français, non ! On réforme.
  • On ne réforme pas d'ailleurs ! On modernise.
  • La TVA est devenu un impôt juste puisque ce sont les riches qui consomment contrairement aux pauvres qui ne le peuvent pas. Salauds de pauvres qui ne participent pas à la solidarité nationale !
  • On ne doit plus compter sur l'entreprise pour voir son pouvoir d'achat augmenter, on se fait sa propre augmentation.

Ce magnifique retournement de situation s'est illustré le 29 novembre 2007 lors de la dernière prestation télévisuelle, sur TF1 et France 2, de not' président concernant le pouvoir d'achat. Pour bien comprendre mon propos, faisons preuve de mémoire.

En effet si l'on se rappel un passé pas si lointain que ça, depuis que le salarié est salarié, l'augmentation de son salaire venait de son entreprise. Aussi étrange que cela puisse paraître, on pouvait espérer voir son salaire monter un petit peu chaque année, ou tous les deux ans grâce à ce que l'on appelait "l'Ancienneté". Ah, l'ancienneté ! Oh ! Ce n'était jamais grand-chose, juste de quoi ne pas trop perdre, face à l'inflation. Il s'agit d'un temps que les moins de 20 ans peuvent connaître puisque ce mécanisme était en vigueur jusqu'en novembre 2007.

Mais tout change en Sarkoland, maintenant nous sommes à l'ère du "travailler plus, pour gagner plus". Nous sommes à l'ère de la réhabilitation du travail, bande de fégnasses !

Quelle belle incantation que ce "travailler plus, pour gagner plus"! Qui pourrait trouver à y redire ? C'est presque aussi beau qu'une Carla Bruni chez Disney !

Mais, comme si tout ce qui venait de la tête de not' président n'était pas tordu, on pourrait se dire qu'il y a là une idée. Malheureusement pour le citoyen de base il y a un "mais". Car, à y regarder de plus près, on s'aperçoit, avec lassitude, qu'une fois de plus, ces obscurs projets ne servent que l'entreprise - qui "se sent enfin soutenue" (cf. MEDEF) - et sûrement pas le salarié. En effet, si l'on traduit ce qui a été dit (je commence à parler le Sarkozy couramment !), c'est que, si vous voulez avoir plus d'argent à la fin du mois, ne demandez rien à votre patron mais vendez lui votre temps. Prostituez vous ! Le "travailler plus, pour gagner plus", revient a dire que c'est vous qui vous augmentez et plus l'entreprise.

Vous voyez la perversion ?

Alors pendant que tout le monde négocie le rachat de ses RTT et autres congés annuels, le MEDEF, lui, fait bien en sorte que l'on n'ouvre plus le débat sur la hausse normale des salaires.

Tout cela est tellement cynique.

Puis quand on aura plus de congés ni de RTT à vendre, on aura toujours nos week-ends et nos nuits à donner au MEDEF.

Quand je vous dis que l'on revient tranquillement au servage.


1 commentaire:

Prunelle a dit…

Bonjour,
Je vous trouve bien optimiste de terminer votre article par ces mots : "Puis quand on aura plus de congés ni de RTT à vendre, on aura toujours nos week-ends et nos nuits à donner au MEDEF."
1) Le dimanche me paraît en effet déjà fort compromis pour certains... Volontaires ;-)
2) Je peux vous assurer avoir déjà entendu susurrer que nous pourrions prendre modèle sur les américains et vendre notre sang.
Et, ça ne semble pas improbable puisque l'expérience prouve que nous, français, sommes toujours prêts à adopter ce qu'il y a de pire chez les autres.