Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

lundi 8 juin 2009

La percée des Verts

A l'heure où j'écris ces lignes les résultats définitifs des élections européennes, en France, ne sont pas encore tombés, mais la percée de l'écologie politique semble très clair.

Je ne peux que m'en réjouir.

Reste à voir ce qui se passe au niveau de toute l'Europe.

Ceci dit et d'un point de vu purement Français, gageons, que Daniel Cohn-Bendit saura être fidèle à sa main tendue, jeudi 4 juin 2009, dans l'émission "A vous de juger" sur France 2 consacrée aux élections européennes, à Jean Luc Mélenchon et Olivier Besancenot où il leur disait qu'il leur faudrait, maintenant, travailler ensemble.

Faisons remarquer, à ceux qui n'aime pas Cohn-Bendit, notement pour son libéralisme un peu trop voyant, que cette main tendue à été offerte à la Gauche et non pas à l'UMP ni au MODEM.

Ceci est de bon augure pour la Gauche de gouvernement, l'écologie politique reste de Gauche ... pour ceux qui pouvaient encore en douter.

Maintenant il est indéniable que nous assistons à une redonne des cartes politiques où les problèmes environnementaux et climatiques prennent, soudainement, une importance, un poids et une légitimité qu'il sera désormais impossible de minimiser. Les français se sont clairement exprimés et demandent des actions concrètes.

Ce n'est pas la victoire des Verts contre les autres partis de Gauche, c'est le rééquilibrage des priorités à Gauche. La chute du PS ne me fait pas plaisir, ni le score moyen du Front de Gauche. Seul me rends triste le bon score de l'UMP.

Mais au lieu de se morfondre, ce que je souhaite tout de même retenir c'est que la Gauche Française reste majoritaire en sièges (31 : 14 pour le PS, 14 pour Europe-Ecologie et 4 pour Front de Gauche). Et, à la réflexion, je trouve que l'existence de toutes nos différences est plutôt bon signe car elle montre notre richesse de réflexion. Nous ne sommes pas monolithique, fades et petits soldats comme peuvent l'être ce boulet d'UMP. De ces différences ne peuvent sortir, lorsque nous décidons d'être constructifs et inventifs, que de bonnes voies d'attaques pour fournir des solutions à des problèmes complexes. Ces solutions ne pouvant qu'être complexes ne peuvent sortir d'une seule formation politique, mais bel et bien de plusieurs avec des sensibilités différentes ... mais poussées par un même humanisme.

Maintenant et après avoir dis cela, le défit de la Gauche reste, tout de même, l'union (PS, Verts, PG et PCF) et le partage équitable du pouvoir. Aucun ne peut plus se prétendre être le leader, nous devons travailler ensemble c'est vital si nous souhaitons continuer à exister et à faire valoir nos valeurs. Mais cette unification doit se faire sans reniement, sans jugement des uns et des autres, sans anathème. Cette unification ne doit pas ressembler à une gelée sans goût, mais doit rester ce mélange savoureux de tendances, d'idéalismes, de rêves, de révoltes, seul gage de combativité nécessaire pour pouvoir relever les défis planétaires causés par le capitalisme et la perte des valeurs humaines.

Je souhaite donc, à tous les progressistes de Gauche, bonne chance et n'oublions jamais de porter l'urgence climatique et environnementale aux sommets de nos priorités à égale valeur de la protection sociale.

L'un ne pouvant aller sans l'autre !

Haut les coeurs, la lutte continue.

5 commentaires:

boggy a dit…

Un humoriste disait il y a quelques années que les écolos étaient daltoniens : ils croyaient voter vert alors qu'en réalité ils votaient rouge!
dans le même sens Bruno écrit : "l'écologie politique reste de Gauche ... pour ceux qui pouvaient encore en douter"
Ben euh justement je doute !
Peux-tu me donner, cher Bruno, trois bonnes raisons pour affirmer cela ? Et tant qu'on y est, trois bonnes raisons de dire qu'un politique de droite ne peux pas faire d'écologie politique ?
Et pis d'abord c'est quoi de l'écologie politique ?

Amitiés,

Boggy

Bruno BOMBLED a dit…

Salut Boggy

Pourquoi l'écologie ne peut être de droite ? Pour toutes les raisons que j'ai développées dans les chroniques de ce blog. Ceci dit, comme je t'aime bien, je veux bien faire du rab.

La droite se présente comme étant le chantre du capitalisme et du libéralisme. J'y peux rien c'est eux même qui se présentent comme cela. Or le capitalisme est par nature (et sans jeu de mot) incompatible avec l'environnement car c'est un système qui impose de produire rapidement, à bas coût, sans conscience humaniste ni environnementale, le tout pour le plus grand malheur de ceux qui n'ont pas les moyens de protéger leur environnement. Allons voir en Inde, dépotoir informatique de l'Europe, allons voir en Afrique, décharge chimique des pays riches, allons du coté de Bondy voir ces logements qui ouvrent leurs fenêtres sur l'autoroute qui est à 5 mètres. Etc… Tout cela, car cela coûte moins cher aux capitalistes, détenteurs du fonctionnement de notre système, qui, eux, peuvent aller respirer l'air pur à Val d'Isère ou au large sur leur Yatch afin d'échapper aux dégradations qu'ils causent.

Le capitalisme est incompatible avec la protection de l'environnement car, dans la philosophie droitière, l'homme et l'environnement sont au service de l'argent et du capital. L'homme et l'environnement ne sont que des variables d'ajustement et non un but en soit. Tant que l'on n'inversera pas cette idée nous ne pourrons nous en sortir, car il reviendra toujours moins cher de polluer et d'exploiter que d'avoir une éthique verte et rouge.

Ainsi l'écologie ne doit pas oublier son devoir premier qui est d'offrir un environnement durablement sain et viable pour l'humain d'aujourd'hui et de demain, cette notion est incompatible avec la droite. L'écologie ne doit jamais se corrompre avec la droite, nous y perdrions notre âme.

Amitiés

Bruno

boggy a dit…

Je connais des systèmes foncièrement anticapitalistes qui ont aussi généré des désastres écologiques. Par exemple l'URSS et Tchernobyl ou les cimetières de sous-marins nucléaires dans la baie de Mourmansk.
Qu'on soit un gros bourgeois capitaliste ou un pauvre travailleur manuel, il est naturel pour tous de chercher à dépenser le moins possible. Un système sans garde fous, qu'il soit de gauche ou de droite engendrera les pires catastrophes.
Ça me rappelle une petite anecdote. Elle se passe au cœur de la Silicon Valley. Une entreprise veut s'y implanter. Hélas on découvre un nid d'oiseau d'une espèce rare et protégée. L'administration interdit l'implantation de l'usine à moins que l'entreprise paie pour la réimplantation du nid (dans une réserve protégée). L'entreprise a payé. La nature (plusieurs couples vivent mainenant) comme l'économie ont gagné... grâce à une administration stricte mais intelligente (merci Arnold!).

Cordialement,

Boggy

Bruno BOMBLED a dit…

Bog ! On en n'est plus à ce genre de réflexions entre nous, j'espère.

Je te sais trop intelligent pour me parler de l'URSS comme si c'était le système que je préconisais. Si tu lis mes textes tu verras que je fustige le système soviétique car pour moi ce n'était pas du communisme. Une vraie dictature, oui ! Le communisme n'a jamais existé il reste à inventer. Si tu relis Marx tu y trouvera des notions de totales actualités et modernes. Rien n'a vraiment changé. Mais par pitié ne me met pas sur le dos une quelconque allusion à vouloir imiter ce qui se faisait en URSS. Tu parles de Mourmansk, je te parle de la Silésie etc... Donc oui le système soviétique a causé des dommages sans nom à l'environnement.

Il n'est pas question d'y revenir.

Il n'est pas question de cela.

Dépassons ces images, comme j'ai dépassé le passé de totalitaire, colonisateur et inquisiteur de l'église pour ne discuter, de la religion, que sur le fond et la forme actuelle, pas sur ce qu'elle fut. Avançons ensemble ne jugeons pas le passé dont nous ne sommes pas responsables.

La gauche n'est pas synonyme de soviétisme. Non, je parle d'une gauche humaniste et écologique. Pas d'une gauche autoritaire et planificatrice. On est à mille lieues de l'URSS, là.

Pour terminer sur ce sujet, il est néanmoins intéressant de remarquer que l'on trouve toujours des excuses au système capitaliste, quand on prouve qu'il fut (ou qu'il est) destructeur de planète en disant qu'on ne savait pas. J'aimerai que, par honnêteté intellectuelle, on accorde cette même circonstance atténuante à l'URSS. Même si je n'excuse pas, en faisant ce plaidoyer, ce qui fut fait là-bas.

Enfin et pour terminer, attention au Greenwashing, car combien de petits oiseaux, de baleines ont été sauvés pour masquer la poursuite de rejets toxiques, d'émissions de GES, de transport de déchets vers les pays pauvres etc... par les Etats Unis ? Attention aux écrans de fumée ! La protection de l'environnement ne se limite pas à sauver trois oiseaux et quatre baleines. L'individu, en écologie, n'est pas le sujet, seule l'espèce est prise en compte. Mon engagement n'est pas pour les petites bêtes (même si cela est essentiel pour l'équilibre planétaire et la biodiversité) je ne suis pas BB (même si j'ai les mêmes initiales), mais l'ensemble de la biosphère. Attention donc aux échelle de grandeurs.

Amitiés.

Bruno

boggy a dit…

Les mêmes initiales que notre Brigitte nationale... mmmm. après tant d'années sans l'avoir remarqué mon fou rire est proportionnel. Avec ça vais-je encore pouvoir garder mon sérieux quand tu parlera écologie ?

Ce qui serait bien, c'est de consacrer un post de ton blog pour définir clairement des termes comme capitalisme, libéralisme, communisme. Tout ces termes en "isme" qui à force d'être utilisés perdent leur sens originel. Le capitalisme analysé par Marx n'a plus tout à fait le sens qu'on lui donne aujourd'hui.
D'autre part tu dis : "La protection de l'environnement ne se limite pas à sauver trois oiseaux et quatre baleines." OK mais si on ne commence pas par cela ? On m'a toujours dit que ce sont les petits ruisseaux qui font les grands fleuves. Si ce n'est pas le cas, dès demain j'arrête de trier mes déchets et je recommence à préférer ma voiture aux transports en commun.

Au plaisir (sans cesse renouvelé) de te lire.