"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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lundi 17 août 2026

Mais ils sont où les écolos ?

Préambule : Ce texte qui s'exprime au nom des écologistes de l'Essonne est un texte martyr que j'ai écris en prévision d'un futur tract (plus court) de rentrée. Donc en l'absence de validation par notre groupe de rédaction ce texte n'engage que moi. 

L’été 2026 confirme tout ce que les écologistes disent depuis 50 ans, mais Le Figaro, dans un grand élan de mauvaise foi, ne sait rien faire d’autre que de titrer que cet évènement consacre la défaite de l’écologie politique. 

La haine des écolos est un puits sans fond, est une source inépuisable de désinformations et d'opprobres infondées et belliqueuses. Le nouveau truc de nos opposant.e.s, sur les réseaux sociaux, à l'heure des incendies monstres, après l'écolo-bashing nous décrivant comme des doux dingues alarmistes, des écolos punitifs, aura été : "mais ils sont où les écolos ?". Comme si nous étions toutes et tous des pompiers, comme si nous étions toutes et tous des agriculteur.trice.s propriétaires de citernes qui se sont montrées si utiles pour renforcer la lutte. La mauvaise foi des productivistes, des consuméristes, des climatocidaires, des écocidaires et des droitards, est sans limite. 

Mais pour répondre à cette question on peut dire que tout de même cette réflexion est parfaitement débile ne serait-ce que parce qu'elle part du postulat que les écologistes n’auraient pas été sur le terrain en train de donner un coup de main. Qu'est ce qui permet de dire cela ? Pourquoi ne seraient-ils et elles pas aussi sur place ? Faut-il que dans chacune de nos actions, nous ayons des oriflammes verts pour être bien identifié.e.s et prouver que nous sommes bien présent.e.s ? C'est tellement à pleurer de bêtises. Rappelons que la solidarité est l'un des grands principes de l'écologie, contrairement à la droite et son extrême qui prône le chacun pour soi. 

Par ailleurs n'y a-t-il pas des pompiers écolo ? Des agriculteur.trice.s écolo ? La confédération paysanne n’en est-elle pas un bon exemple ? 

Les « écolos », contrairement à la droite et son extrême, n'ont pas attendu les grands incendies de cet été pour se soucier du vivant, humain et non-humain, d'aujourd'hui et de demain, toute notre histoire le démontre. 

D'ailleurs où était la droite et son extrême pendant les évènements ? Ils et elles doivent être en train d'avaler la honte d'avoir toujours voté contre tous les projets d'augmentations de moyens donnés aux pompiers et à la lutte contre les incendies, comme par exemple, créer des pares-feux de feuillus, établir un plan national d’adaptation de la forêt, lutter contre la perte des chemins forestiers ou bien encore réhausser la taxe de séjour au profit des moyens des pompiers et faire contribuer les compagnies d’assurances aux budgets des soldats du feux et pire … ils et elles ont refusé d’augmenter les effectifs des pompiers professionnels Depuis cinquante ans, les écologistes alertent, expliquent, documentent… à l'échelle locale, nationale, mondiale… ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous offre. La crise écologique est là. Le prix de l'inaction climatique va être de plus en plus élevé et c'est un choix politique. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

En Essonne comme ailleurs, elle frappe d’abord celles et ceux qui ont le moins de moyens pour s’en protéger. « Si réfugiés climatiques il doit y avoir en Bretagne, ce seront essentiellement des nantis capables de s’offrir une résidence secondaire » nous dit Nicole Roux, professeure de sociologie à l’Université de Brest dans le journal La Croix du 6 août 2026. Les plus pauvres, ne pouvant fuir ailleurs, resteront sous la chaleur. Faire de l’écologie, c’est décider de protéger. C’est faire de la transition écologique une transition juste. 

Nous refusons une écologie qui demande toujours plus d’efforts aux habitants tout en laissant les grandes puissances économiques continuer comme avant. 

Les petits gestes sont utiles mais les décisions collectives sont indispensables et nous défendons une écologie populaire parce que chacun doit pouvoir vivre dignement. 

Nous défendons une écologie solidaire parce que personne ne doit être laissé seul face aux défis écologique, climatiques et de biodiversité qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. 

Nous défendons une écologie concrète parce que l’écologie doit améliorer la vie quotidienne. 

Nous défendons une écologie politique parce qu’il faut changer le système, pas seulement les comportements. 

Ainsi face à la multiplication des canicules, notre priorité doit être de conduire une réflexion sur ce que pourra être la vie en Essonne sous 50°C afin de pouvoir anticiper et adapter les villes pour qu'elles soient plus fraîches, plus vertes, vivables ... plus résilientes. 

Il nous faut absolument davantage d’arbres en pleine terre et d'essences adaptées au climat de demain, il faut déminéraliser les villes, désimperméabiliser les sols pour rendre à la terre les eaux de pluies, il faut une gestion responsable de l'eau et un accès gratuit et à toute heure, à l'eau potable, pour toutes et tous, il nous faut créer des îlots de fraîcheur accessibles à toutes et tous, il faut des écoles, des collèges et des lycées où les enfants ne souffrent pas de la chaleur. 

Il faut, à l'instar de ce qui a été fait pour lutter contre le tabagisme et l'alcoolisme et pour participer à lutter contre le changement climatique, interdire la publicité pour les voyages, les compagnies aériennes, les voitures, les croisières, etc ... Il nous faut aussi cesser les subventions aux compagnies aériennes low cost. 

Il nous faut encore et toujours permettre à nos concitoyen.ne.s de s’émanciper de la voiture en développant des bourses d’échanges de travails pour rapprocher les lieux professionnels des lieux d’habitations, il faut continuer à développer les transports en communs et l’accès des vélos aux trains, sécuriser les déplacements à pied et à vélo, créer des cheminements ombragés. 

Il nous faut nous sortir de l’agriculture industrielle capitaliste, inadaptée aux défis climatiques et environnementaux, qui ne sert pas à nourrir la population mais juste à faire des profits. Il nous faut entamer, avec les agriculteur.trice.s, la transition écologique de l’agriculture essonnienne pour nourrir, toute l’année, les franciliens et les franciliennes. Il nous faut cesser le maïs aux profits d’une agriculture vivrière locale, de saison, adapté au climat et qui rémunère correctement les paysans et les paysannes tout en protégeant les sols et la biodiversité. Il nous faut sanctuariser les terres agricoles et les petites exploitations. 

Il ne faut laisser personne seul face aux canicules et ainsi il nous faut développer la climatisation dans les lieux sensibles et fermés : hôpitaux, écoles, prisons, EHPAD et autres maisons de retraites. 

Parce que l'écologie ne doit pas être une contrainte supplémentaire pour les habitants et qu’elle doit être une amélioration concrète de leur vie il nous faut anticiper. 

Et comme il n’y a pas d’écologie sans écologiste, rejoignez-nous !

mercredi 1 octobre 2025

Nous sommes tous et toutes atteint.e.s du syndrome de Diogène

Imaginez un appartement dont chaque pièce déborde de déchets. Les couloirs sont encombrés de sacs plastiques, les fenêtres obstruées par des montagnes d’objets inutiles, l’air est irrespirable, saturé de poussière et de moisissures. Le sol craque sous le poids des accumulations, les murs suintent l’humidité, et pourtant, le locataire refuse de jeter quoi que ce soit. Il reste là, à vivre dans son propre cloaque incapable d’agir pour retrouver un logement sain. 

Maintenant, agrandissez cette image à l’échelle de la planète : Bienvenue chez nous ! 

Nous vivons aujourd’hui sur terre littéralement au milieu de nos déchets. Les produits chimiques suintent dans nos sols et polluent les eaux, les pesticides imprègnent nos assiettes, les microplastiques et métaux lourds s’accumulent dans nos foies, reins et cerveaux, les PFAS circulent dans notre sang, les suies des mégafeux noircissent nos poumons, les dioxines corrodent nos cellules, les perturbateurs endocriniens sabotent nos hormones. Chaque bouffée d’air est un cocktail toxique, chaque gorgée d’eau un mélange de résidus industriels, chaque bouchée de nourriture un concentré de nos propres poisons. Nous sommes devenus les cobayes d’une expérience monstrueuse : celle d’une civilisation qui, jour après jour, s’empoisonne elle-même ainsi que le reste du vivant. 

Le syndrome de Diogène, c’est nous. Comme le malade qui s’accroche à ses ordures, nous nous cramponnons à ce qui nous détruit. Nos "trésors" à nous, ce sont les énergies fossiles qui réchauffent notre atmosphère, l’agriculture intensive qui stérilise nos sols et pollue les eaux, la surconsommation qui remplit nos décharges. Nous préférons l’enfer connu de notre modèle toxique à l’effort d’un changement. Nous tergiversons, nous débattons, nous reportons, comme un malade qui tripatouille ses déchets plutôt que de se prendre en main, alors que son logement pourrit autour de lui. 

Les scientifiques ont identifié des lignes rouges : neuf limites planétaires, les seuils à ne pas franchir pour que la Terre reste habitable. Nous en avons déjà pulvérisé sept. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les sols se transforment en poussière, les océans deviennent des soupes acides, l’air irrite nos poumons… Nous vivons en surrégime, comme un Diogène qui continue à entasser des ordures dans un studio déjà saturé, jusqu’à ce que le plafond s’effondre. 

Les conséquences ? Elles crèvent les yeux. Des maladies qui explosent, des canicules qui tuent, des sécheresses qui transforment les terres fertiles en déserts, des inondations qui noient nos villes, des forêts aux arbres malades et des campagnes sans vie. Pourtant, nous faisons semblant de ne pas voir. Nous parlons de Mars, de colonies spatiales, de terres promises ailleurs dans l’univers. Mensonge ! Aucune planète de rechange ne nous attend. Aucune arche spatiale ne viendra nous sauver. Nous sommes destinés à vivre ici, dans cette maison qui fut si belle et que nous souillons méthodiquement, comme un malade qui s’évertue à pourrir son propre appartement devenu insalubre. 

Les limites planétaires ne sont pas des théories. Ce sont les murs de notre maison qui aujourd’hui se fissurent et qui s’effondrent 

Nous aimons nous croire indépendants, maîtres de notre destin. Illusion ! Quand les forêts canadiennes brûlent, ce sont nos poumons en Europe qui suffoquent. Quand les plastiques envahissent le Pacifique, ils finissent dans nos estomacs. Quand les pesticides exterminent les abeilles, nos assiettes se vident. Nos choix ont des répercussions en cascade. Les gaz à effet de serre que nous crachons ne restent pas au-dessus de nos têtes : ils voyagent, s’accumulent, réchauffent la planète, font monter les océans, déclenchent des catastrophes à des milliers de kilomètres. 

Nous ne sommes pas des îles, tout est interdépendant ; nous sommes une sous-partie d’un seul organisme planétaire aujourd’hui intoxiqué, asphyxié, au bord de l’effondrement. Notre bien-être est indissociable de celui de la Terre. Nous vivrons sainement seulement dans un environnement sain, et misérablement dans un environnement misérable. Mais apparemment nous sommes tous enchaînés à ce système délétère que nous avons créé, comme les chaînes d’un Diogène qui l’attachent à ses déchets. 

Nous avons bâti une civilisation sur une illusion : celle d’une planète toujours capable d’absorber les fruits pourris de notre mode de vie moderne. Or, la physique et la chimie, elles, ne plaisantent pas. Elles ne se soucient ni de nos beaux discours, ni de nos promesses électorales, ni de nos tergiversations, ni de nos espérances. Elles agissent, implacables. Et leurs effets sont déjà là : effondrement des écosystèmes, multiplication des catastrophes, empoisonnement généralisé. 

Il n’y a pas de négociation possible. Soit nous changeons, soit nous disparaissons. Soit nous nous soignons de notre syndrome généralisé de Diogène, soit nous serons ensevelis sous nos propres immondices, étouffés dans notre maison transformée en décharge géante. 

 Christophe B. 

lundi 26 février 2024

propositions de l'exécutif sur l'agriculture : une régression inquiétante

Dans une tribune au « Monde », un collectif de de plus de 1000 scientifiques spécialistes des questions d’écologie et de santé, parmi lesquels la Société française d’écologie et d’évolution, l’Office français de la biodiversité et la réserve naturelle nationale du Val de Loire, s’alarme des décisions prises par le gouvernement pour mettre fin aux mobilisations des agriculteurs.

Publié le 26 Février 2024

Indignation, colère. La communauté scientifique qui travaille sur les enjeux environnementaux constate que, malgré l’accumulation de preuves issues de ses travaux, les récentes décisions de l’exécutif pour mettre fin aux manifestations des agriculteurs représentent des reculs manifestes dans la lutte contre la dégradation environnementale et pour la préservation de ses fonctions écologiques. 

Ces reculs n’apportent aucune réponse satisfaisante aux problèmes de qualité de vie des agriculteurs. Au contraire, ils entraînent des risques majeurs sur la santé humaine, en premier lieu celle des agriculteurs, mais également celle de l’ensemble de la population actuelle et future. 

Notre communauté scientifique est solidaire du monde agricole avec lequel elle collabore et interagit étroitement. Nous constatons que de nombreux agriculteurs souffrent : lourdes charges de travail, contraintes économiques et bureaucratiques, notamment liées à un modèle agricole concurrentiel, basé sur la course aux volumes de production. Ces contraintes se traduisent par des revenus insuffisants, une surexposition aux risques professionnels, dont un taux de suicide très élevé et un fort impact environnemental. De nombreuses maladies, dont certains cancers, ont une plus forte prévalence chez les agriculteurs qui sont ainsi les premières victimes de l’exposition aux pesticides et de la dégradation de l’environnement. 

Le problème est profondément enraciné et résulte notamment des règles commerciales internationales et de leur mise en œuvre nationale, ainsi que d’une surreprésentation, au sein des instances de décision, d'organisations qui ne représentent qu'une partie du monde agricole. Cette situation entrave l’adoption nécessaire d’une approche vers une agriculture paysanne soutenable et nourricière qui concilie les impératifs de subsistance de la population et la préservation des écosystèmes. 

Les décisions prises par le gouvernement représentent un recul majeur pour l’environnement et la santé des habitants des zones rurales, ainsi que pour l’ensemble de la population: 

  • “Pause” des inventaires de zones humides, menaçant leur protection, alors que ce sont des zones clés pour le cycle de l’eau et la biodiversité 
  • Remise en cause de l’obligation de dédier des surfaces aux infrastructures agroécologiques (comme les haies) ou les jachères, pourtant éléments clés dans le maillage écologique et social de nos territoires 
  • « Pause » du plan Ecophyto, visant à réduire l’usage de produits phytopharmaceutiques, et ainsi les pollutions aiguës et diffuses associées, et remise en cause du mode de mesure de ces pollutions. 
  • Recul sur le relèvement de la redevance pour pollutions diffuses, appliquée notamment sur certains produits phytopharmaceutiques, alors que le coût associé au traitement de ces pollutions explose. 
  • Recul sur les décisions prises dans le plan Eau sur la stabilisation des prélèvements en eau agricole. 
  • Recul sur l’harmonisation d’une redevance sur l'eau agricole entre bassins versant pour réduire l’écart entre les redevances payées par les usagers. 
  • Stigmatisation et désarmement envisagé de la police environnementale de l’Office français de la biodiversité, limitation du nombre pourtant déjà faible de contrôles, réduisant les possibilités de détecter les pratiques non-conformes, les situations à risque pour la biodiversité, les atteintes à la qualité de l’eau ou les usages de l’eau pouvant conduire à un partage non-équitable. 

Nous tenons à rappeler que les conséquences de la pollution diffuse causée par les intrants de synthèse (fertilisants minéraux, pesticides de synthèse), dont les coûts sont indexés à celui de l’énergie, ainsi que la poursuite de la dégradation des écosystèmes tels que les zones humides, les haies, les sols, les cours d’eau et les nappes, sont unanimement reconnues par la communauté scientifique comme délétères pour la santé humaine et environnementale, la biodiversité et le fonctionnement des agroécosystèmes et des écosystèmes connexes. 

Ces reculs ne font que retarder davantage la bifurcation indispensable vers des activités humaines soutenables, enviables et respectueuses des communs tels que l’eau, les sols, l’air et la biodiversité. En contravention avec l’article L.110-1 du Code de l’environnement qui stipule le principe de non-régression à notre droit positif suivant lequel la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une progression constante, ce recul compromet également les actions engagées pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité. Les sols peuvent jouer un rôle crucial en tant que réservoirs d’eau, et tout comme la végétation arborée pérenne en tant que puits de carbone. 

Bien que les diagnostics des crises environnementales et de santé publique reposent largement sur les connaissances de la communauté scientifique, les normes qui en découlent peuvent être mal comprises, et perçues comme contre productives lorsqu'elles sont mises en œuvre de manière incompréhensible, tant par les agriculteurs que par les scientifiques. 

Des approches reposant sur la co-construction des savoirs seraient bien plus efficaces pour rendre les normes opérables et acceptables. Ces approches interdisciplinaires permettent de mieux intégrer les aspects sociaux, économiques et politiques de l’agriculture. Elles ne devraient pas servir de prétexte à de nouvelles inerties face à l’urgence de ces crises, mais plutôt être les leviers pour engager les changements indispensables pour les enrayer. 

Nous réaffirmons la nécessité d’une coopération entre les pouvoirs publics, les agriculteurs, les citoyens et les scientifiques pour accélérer la bifurcation vers une agriculture soutenable, pilier de la transition écologique à venir, et rémunératrice des agriculteurs plutôt que l’enfermement dans un modèle destructeur pour l'agriculture, les agriculteurs et l'environnement.

vendredi 2 février 2024

Crise de l'agriculture ... le bal des tartuffes

Et si on arrêtait le bal des tartuffes ? Non, ni le RN ni LR ne défendent les agriculteur.ices au Parlement Européen.... Les parlementaires LR ont voté pour le marché de libre-échange avec la Nouvelle -Zelande.... 


Le bal des faux-culs, la suite .... Il y a celles et ceux dont les élu.e.s européen.ne.s, nationaux et régionaux votent et agissent VRAIMENT en soutien aux agriculteur.trice.s ... et il y a celles et ceux qui posent des panneaux à l'envers quand leurs représentant.e.s votent à l'unanimité les textes qui détruisent à la fois la planète et les revenus des agriculteur.trice.s. 

Et pourtant … Voter pour l'ultra-libéralisme, pour le capitalisme prédateur, pour les accords libre-échangiste, voter pour la concurrence débridée puis pleurer, ensuite, contre les conséquences qui vous affectent tout en accusant les écolos d'être responsables de tous ses malheurs et réclamer à l’État providence de réparer ce que vous avez plébiscité lors de vos votes, tout en affirmant votre détestation de ce même État qui régulerait trop et surprotégerait trop, telle est la logique absurde des agriculteur.trice.s productivistes, largement électeur.trice.s de la droite qui est au pouvoir en Europe et en France totalement responsable de la jungle économique actuelle qui fait souffrir les plus fragiles. 

 

Ainsi donc on peut lire dans Reporterre du 26 janvier 2024 : "[...] Pour Benjamin, agriculteur à Saint-Sulpice-sur-Lèze, les « normes écologistes dictées par les bobos écologistes de Paris » sont responsables de leurs difficultés[...] 

heu 🤔?!?! 🤔 Je ne savais que nous étions au pouvoir 🤔 je méconnaissais notre si grande influence sur les prises de décisions. 

En temps de crise profonde, il est toujours facile de trouver des boucs émissaires. Cependant, les écologistes ne sont pas les responsables du dérèglement climatique (ou pas plus que tout le monde), de l'épuisement des sols par le labourage à outrance et les pesticides qui tuent toutes vies, de l'érosion des sols par la destruction des haies et du labour, du bétonnage des terres agricoles, de l'effondrement de la biodiversité, pas plus que des suicides, des cancers et maladies dû à l'utilisation des pesticides chez les agriculteur.trice.s, ni du mille feuilles administratif, pas plus que du non-respect de la loi Egalim ou des accords de libres échanges. 

Il arrive un moment où il faut savoir reconnaître sa propre responsabilité (c'est pourquoi, personnellement, je cherche, tous les jours, à modifier ma vie afin de ne pas être plus responsable, que ce que le système ne me l'impose, de la destruction de notre environnement et du climat) et aujourd'hui les écolos ne sont pas responsables de la situation difficile (pour ne pas dire dramatique) des agriculteur.trice.s. 

 

Entre vous et moi, si vous voulez bien comprendre l'impasse dans laquelle sont les agriculteur.trice.s aujourd'hui à cause des politiques passées et actuelles et comprendre les méandres d'un système qui, sous couvert de défendre les paysan.ne.s, en fait les broie, je ne peux que vous conseiller de lire (si ce n'est déjà fait) l'excellente enquête d'Inès Leraud "Algues vertes, l'histoire interdite". Enquête qui montre très bien que le but des financiers n'est pas de nourrir les gens mais de faire du fric. Excellente enquête qui montre bien qui sont les responsables de la difficile situation agricole en France et ce ne sont ni les normes, ni les écolos. 

 

Que l’on ne se méprenne pas, il est parfaitement clair que je soutiens l’agriculture française cependant il est clair aussi que je ne soutiens pas la FNSEA qui cogère l’agriculture française, avec les différents gouvernements actuel et précédents, depuis des décennies, non pour défendre les intérêts des paysan.ne.s mais ceux des sociétés de l’agro-alimentaires capitalistes. Je soutiens la confédération paysanne, le seul syndicat paysan qui défend, dans une logique, écologique, sociale et solidaire, les paysan.ne.s et non les multinationales, les banques ou bien encore l'agro-industrie qui étranglent, petit à petit, les agriculteur.trice.s. Pour une agriculture saine, fière et vivante, je soutiens la Conf' !!! ✊ 

Ainsi donc, à la fin de cette séquence agricole, le premier Ministre, Gabiel Attal, en voulant faire un pas vers les agriculteur.trice.s et comme pour leur donner raison, fait un doigt d'honneur aux associations de protection de l'environnement en proclamant … 

  • Moins de normes, notamment environnementales, 
  • Que le délai des recours contre les méga-bassines réduit à deux mois, 
  • Que les contrôles seront moins fréquents, ouvrant la porte à tous les abus écologiques 
  • Un moratoire sur les jachères qui permettent, un peu, de faire souffler la biologie des sols, 
  • Que les réglementations sur les haies seront réduites, 
  • Une pause « pour discuter du zonage » des zones humides 
  • Que l'OFB sera mise sous tutelle des préfets et lui ordonne de réduire sa pression sur l'agriculture. 
  • L’arrêt du plan Écophyto 2030 
  • ...

Aux problèmes de revenus des agriculteur.trice.s, Attal répond par une régression écologique. 

On savait qu'avec Macron et sa clique « l'environnement ça commence à bien faire », mais là c'est un enterrement de première classe. 

Pensez-y à chaque scrutin, si vous aimez vraiment nos agriculteur.trice.s et que vous voulez vraiment les soutenir alors cessez de voter pour l'ultra-libéralisme, cessez de voter pour le capitalisme, cessez de voter pour le libre échangisme ... 

Cessez de voter, tant en France qu'en Europe, pour la droite et son extrême qui détruisent le monde agricole en mettant les européen.ne.s en concurrence les un.e.s avec les autres sans harmonisation sociale et salariale. 

Dès lors la concurrence est biaisée et déloyale, impossible et mortelle pour nos agriculteur.trice.s. La droite, au pouvoir partout, a oublié que l’on ne bâtît pas une communauté sans règles sociales communes. 

Cessez d'être complices des politiques de droite qui détruisent les paysan.ne.s. votez pour une France et une Europe Écologique, sociale et solidaire.

jeudi 17 novembre 2022

Depuis 1972 … on sait !


 

Depuis 1972, le club de Rome, les scientifiques et les écologistes n’ont de cesse d’alerter sur les limites de la croissance. Depuis 1972 les informations existent et sont diffusées partout dans le monde. Partout dans le monde les écologistes avec des artistes, des auteur.e.s , des cinéastes, des journalistes, des documentaristes, par tous les moyens, alertent sur des vérités qui dérangent. Mais jamais nous n’avons trouvé le bon média qui mobiliserait les foules. Beaucoup de nos concitoyen.ne.s, devant l'urgence écologique, ont l'impression de maîtriser leur futur et rien n’est fait pour les détromper. Notre société capitaliste et productiviste fait tout pour entretenir l’illusion et nous prendre pour des clients. La voiture électrique en est un bon exemple, elle n’est pas faite pour sauver le climat mais pour sauver l’industrie automobile. j'ai le sentiment qu'avec le tout électrique, sans remettre en cause la voiture personnelle et sans renforcer les moyens alternatifs, confortables, faciles et nombreux, au mieux, la France et l’Europe sont en train de rater la transition de la mobilité, au pire, préparent le crash de l’effondrement. Pas assez de métaux et pas assez d'énergie pour ce rêve techno-croyant, pour cette utopie, pour ce show qui doit continuer. 

Depuis 1972 les défis écologiques, climatiques, de biodiversité et métalliques, qui se poseront dans les années qui suivront vont être documentés (GIEC, Rapport Greenpeace de 1993, …) mais notre monde aura préféré l’orchestre à la vigie. Depuis 1972 nous, les écologistes, ne cessons de dire qu’il faut ralentir, économiser les ressources mais on nous a fait passer, au mieux pour de doux rêveurs et rêveuses utopistes, au pire pour des ayatollahs, des khmers vert.e.s. Encore aujourd’hui certain nous traitent d’«Ecoterroristes» alors que ceux et celles qui me terrorisent sont les bétonneurs, ceux et celles de la pétrochimie, de la pétro-agriculture et de l'agriculture intensive, qui ne sont pas faites pour nourrir les gens mais pour faire de l’argent, les entreprises polluantes, la mondialisation écocidaire, ceux et celles qui détruisent la forêt, les terres agricoles, les rivières, les sols et la biodiversité,... Mais il est vrai qu'il est plus facile de taper le messager que d’écouter le message. 

Mardi dernier, la population mondiale a dépassé les 8 milliards d’habitants, selon l’estimation officielle des Nations unies, qui y voit « un important jalon du développement humain » et un rappel, en pleine COP27, de « notre responsabilité partagée de prendre soin de notre planète ». 8 milliards d’humains, sommes-nous trop nombreux et nombreuses ? Jennifer Sciubba, chercheuse en résidence au cercle de réflexion Wilson Center, résume « Notre impact sur la planète est déterminé bien plus par nos comportements que par notre nombre ». 

8 milliards d’humains sur cette Terre, dès lors la bonne question ne serait-elle pas ? Est-ce que les 10 % de la population mondiale la plus riche, absolument responsable de l'essentiel des crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques, à ne pas vouloir renoncer et à clamer leur droit de détruire la planète parce qu'ils et elles en ont les moyens, n'est pas juste totalement égoïste, insensible et préfère sa gueule et la captation des ressources et des richesses à la survie de notre espèce ? 

A cela Antonio Guterres, devant près de 100 chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Charm el-Cheikh, répond : « L'humanité a un choix : coopérer ou périr. C'est soit un Pacte de solidarité climatique soit un Pacte de suicide collectif ». 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous promettent. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!!

En 1972 le club de Rome modélisait l’effondrement de notre société thermo-industrielle vers les années 2030. Nous y arrivons. Je me souviens de ce que me répondait Jean Jouzel, quand je lui demandais ce qu’il pensait du club de Rome et du rapport Meadows, lui de me répondre que « le problème de ces gens, c’est qu’ils ont eu raison trop tôt ». Aujourd’hui tous les voyants sont au rouge et que faisons-nous ? Nous nous apprêtons à regarder une coupe du monde, très contestable, au Qatar et nous apprenons que l’Arabie Saoudite veut organiser des jeux d’hivers là où il ne neige jamais. Partout on bétonne, on privatise l’eau dans des méga-bassines, on construit des complexes hôteliers et des golfs sur 400 hectares de prairies et de bois classés Natura 2000, en Sologne. Partout on détruit. On extrait du pétrole dans des réserves naturelles. Imaginez. Des nouveaux puits de pétrole en Ouganda. 419. Creusés en partie dans un parc naturel. Imaginez. Un oléoduc géant. Qui va transporter le liquide noir visqueux sur plus de 1400 kilomètres. Et qui sera chauffé à 50 degrés … Parce que ce pétrole-là, est épais. On prévoit de chercher les métaux précieux par 5000 m de fond, dans les mers lointaines, car nous avons épuisé ceux facilement accessibles sur la terre ferme. Partout on surproduit de la viande. En Chine, 650 000 cochons seront bientôt entassés et engraissés dans un bloc de béton de 26 étages. On sur-voyage car « on n’a qu’une vie et que l’on ne peut se passer de s’en vanter sur Facebook ». Nous admirons ceux et celles qui font de l’argent même si pour cela l’environnement et des femmes et des hommes souffrent. L’espèce humaine est une espèce invasive et destructrice. « Tant que vous nommerez “croissance” le fait de raser un espace gorgé de vie pour le remplacer par un espace commercial, nous n’aurons pas commencé à réfléchir sérieusement » a déclaré l'astrophysicien Aurélien Barrau, aux grands patrons du Medef, en septembre 2022. C’est bien résumé. 

Tous les voyants sont au rouge. Crises écologiques et climatiques mais aussi crise énergétiques et métalliques. Rappelons la nasse dans laquelle nous sommes toutes et tous : sans métaux pas d'énergie et sans énergie pas de métaux. Sans métaux et sans énergie notre monde moderne va droit à l'effondrement. « En vérité, ce récit de la transition énergétique capitaliste s’ancre dans une histoire qui est fausse : il renvoie à l’idée que, par le passé, on aurait déjà initié des transitions, et que, en ce moment, on s’apprêterait à entrer dans une phase nouvelle. Mais les énergies et les matières sont dans un rapport de symbiose » qui nous nasse, nous dit Jean-Baptiste Fressoz, historien de l'environnement. Les pénuries d'essence, comme celle que nous venons de subir, avec la peur que cela engendre chez nous, nous font prendre conscience (je l’espère) de notre dépendance non-durable aux énergies fossiles et qu'il est urgent de nous en émanciper (par une organisation systémique) volontairement, de nous en désintoxiquer avant que, au minimum, la géologie ne nous l'impose ... au pire, le climat dont les dérèglements s’accélèrent. 

Dès lors quelles sont nos marges de manœuvres, à notre échelle au moment où ce ne sont plus les petits gestes qui pourront nous sauver, même s'ils seront toujours bons à prendre ? Les petits gestes ne peuvent plus contrebalancer les crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité. Aujourd'hui l'heure est à la transformation écologique radicale et résolument sociale de notre système de pensées et de valeurs, de l'Europe et de notre économie. L'heure est à la sobriété voulue et heureuse, aux renoncements massifs. L'heure est à l'arrêt du consumérisme, à l'arrêt du tourisme de masse et de la mondialisation écocidaire. L'heure est au deuil de la techno-croyance car la solution ne peut venir de la technologie puisqu'elle est le problème. L'heure est à la décroissance de l'inutile, du jetables et du futile mais à la croissance du local, du bio et du saisonnier, du durable, du réparable, du simple, du partage, de l'amitié, de la solidarité, de l'art, de la culture, du savoir ... L'heure est venue de voter pour l’écologie car seule la conjonction de politiques écologiques européennes avec la mobilisation citoyenne, quelle soit municipale et individuelle, pourra nous faire espérer un avenir durable. 

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » nous exhortait Gandhi. 

A nous de le faire.

mercredi 22 avril 2020

Le monde d’après ... le challenge ultime.

Pour reprendre, en préambule, ce que disait Agnès Sinaï, du journal Actu-Environnement, à l'époque de l’éruption du volcan Eyafjöll en 2010, "seule l'extrême densité énergétique du pétrole permet à l'avion d'atteindre la performance étonnante de son vol. L'aviation est entièrement tributaire du pétrole." A l’époque du monde d’avant, "le mythe d'Icare, emportant des touristes enchantés vers des destinations de rêve, conjurant les limites de l'espace et du temps, célébrant le droit à l'urgence et le nomadisme de plaisir, entretenait l'illusion d'une abondance sans limites" aux conséquences environnementales et climatiques qui souciaient finalement assez peu de monde. "Rien n'y fait. La paralysie momentanée du transport aérien ne suscite pas le vrai débat : celui d'un système qui engendre autant de liberté que de servitudes et qui, tôt ou tard, butera sur les limites des ressources fossiles."

Pourtant, aujourd’hui et à l’heure du Coronavirus, de ce que je peux lire, voir et entendre, il me semble qu'il y a un consensus scientifique pour dire que ce confinement de l'humanité est une bénédiction pour l'environnement, les milieux et les espèces. J'ai le sentiment que nous avons là l'image réelle ce qu'il nous faudrait faire, de façon pérenne, pour espérer contrer le réchauffement climatique, restaurer les milieux naturels et contrer l'effondrement de la biodiversité. Cela nous donne une bonne image des efforts drastiques et dramatiques (arrêt total de l'hyperconsommation, arrêt total du tourisme de masse, arrêt de la mondialisation capitaliste, retour au juste nécessaire, à la simplicité, acceptation du renoncement, questionnement sur l'utilité et sur l'importance que l'on donne à certaines activités, questionnement sur l'équité, sur la redistribution des richesses, ...) qu'il faudrait que l'humanité fasse, si elle veut se sauver. Cela donne une image du niveau d'arrêt qu'il faut atteindre pour préserver les dernières gouttes de ce précieux pétrole, énergie magique et unique, que des imbéciles gâchent dans des avions destinés à rejoindre d'immondes paquebots polluants comme des millions de voitures. Cela donne une image de la futilité des politiques des petits pas et des petits gestes et que si l'on veut vraiment agir alors il faut arriver à ce niveau d'arrêt des activités humaines. C'est dire notre capacité de nuisances que l'on peut vraiment mesurer, là, aujourd'hui. C'est dire le challenge qui est devant nous (reproduire la même chose, tout en permettant aux humains de vivre libres et épanouis). C'est dire les choix vertigineux qui sont devant nous. C'est dire la hauteur du mur que nous avons devant nous. C'est dire le temps que nous avons perdus, alors que nous alertons depuis 40 ou 50 ans en disant que plus on attendra, plus la marche sera haute. Aujourd'hui la marche est un mur. Ce n’est vraiment pas gagné.

"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'Homme, mais pas assez pour assouvir sa cupidité" disait le Mahatma Gandhi

Mais d’ores et déjà, "en raison de la crise due au coronavirus, les firmes françaises poussent le gouvernement et Bruxelles à revoir leur réglementation dans plusieurs domaines, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre." titre le Monde. Par ailleurs la chute du cours du baril de pétrole est une mauvaise nouvelle pour le climat, une mauvaise nouvelle qui ne va pas donner, à qui que ce soit, l’envie d’investir dans la transition écologique mais, au contraire, va pousser possiblement le gouvernement à soutenir notre secteur pétrolier et plus seulement les grands groupes. Cela alors que soutenir l'industrie aérienne ou pétrolière c'est investir directement dans le réchauffement climatique et la dégradation de l'environnement. Sans oublier également que soutenir la pétro-agriculture, l'élevage intensif, l'industrie agro-alimentaire, l'industrie automobile, les banques privées, la mondialisation capitaliste, le tourisme de masse etc... c'est également investir directement dans le réchauffement climatique et la dégradation de l'environnement, des habitats et de la biodiversité. Investir dans le monde d'avant, comme nous le démontre notre accalmie environnementale actuelle, c'est se mettre une balle dans le pied.

Il est temps de penser à un autre mode de développement qui respect les équilibres naturels et écologiques et l'humanité, de penser à un autre mode de vie plus résilient, plus durable, plus solidaire et plus social. Ça urge !!!

Je n’ai aucune prétention de croire que ce sera facile, je n'ai aucune prétention de dire que de simples YAKA et FAUKON suffiront, mais je crois que l'on peut et que l'on doit être en droit de pouvoir attendre, de la part de ceux qui en ont le pouvoir, de l'imagination, de l'audace, de l'envie … la volonté de sortir du pragmatisme et du réalisme qui stérilise toutes les énergies. Nous sommes en droit de demander à nos responsables de faire tomber, comme ils savent si bien le faire aujourd'hui, pour sauver l'économie capitaliste, les dogmes de la doxa capitaliste, pour créer un monde écologique, social et solidaire. Jean-Marc Jancovici ne dit pas autre chose "Alors que le pays vient de franchir la barre d'un salarié sur deux au chômage partiel dans les entreprises (ce qui signifie, en pratique, que le taux de chômage atteint actuellement 50%), le Haut conseil pour le climat rappelle lui aussi qu'il faudrait que la relance ne se fasse pas "à l'identique", c'est à dire avec la même dépendance aux émissions de gaz à effet de serre." Et les citoyens, comme toujours, ont un rôle énorme dans cette affaire en refusant de retourner dans le monde d'avant, en utilisant leur pouvoir de non-achats, en s'engageant ouvertement et durablement pour la transition écologique et en cessant de voter pour des conservateurs. Si massivement les citoyens s'engagent les politiques suivront.


mercredi 15 avril 2020

Covid-19 : Derrière l’épidémie, la crise écologique

Par : Antoine de Ravignan
30/03/2020 - Alternatives économiques
 

Le Covid-19 est le dernier exemple en date de maladies qui explosent à la faveur de la pression accrue des hommes sur leur environnement. Et qui se diffusent d’autant mieux que leur environnement est dégradé.

L’origine du coronavirus ? Il a été créé par les Américains pour affaiblir la Chine. Pas du tout ! Un grand labo a déposé un brevet dessus avant de le laisser s’échapper en vue d’encaisser les chèques du vaccin qu’il est en train de mettre au point…

Les démentis et les clarifications, comme ceux de l’Institut Pasteur ou les travaux de journalistes, comme cet article du Huffington Post, peinent à endiguer la dissémination de fake news complotistes. Elle est d’autant plus nourrie qu’il existe à Wuhan, capitale de la province du Hubei et épicentre de l’épidémie, un laboratoire de recherche biologique ultrasécurisé travaillant sur les virus les plus dangereux de la planète et construit en partenariat avec les Occidentaux, la France en particulier.

Le pangolin et la chauve-souris

Le Covid-19 est bien parti de Wuhan et des hommes en sont bien à l’origine. Mais la cause est plus triviale que dans les romans. Plus bêtement, un ou des contacts entre des animaux sauvages infectés par le Sars-CoV2 et des individus parmi ceux qui les ont capturés, transportés, vendus ou achetés.

Wuhan, comme d’autres sites en Chine, accueille un gigantesque marché – aujourd’hui fermé – où l’on trouve toutes les bestioles possibles pour satisfaire tous les goûts alimentaires possibles : serpents, chiens, civettes, pangolins… Dans le cas présent, le coupable serait ce petit mammifère à écailles très prisé des Asiatiques, l’une des espèces les plus braconnées au monde et en voie d’extinction.

Pour vivre, un virus a besoin d’un hôte pouvant l’héberger sans se faire tuer. On l’appelle réservoir. Dans le cas du coronavirus, mais aussi du virus Ebola et d’autres pathogènes, le réservoir le plus évident est la chauve-souris. Ce mammifère est très doué pour cohabiter avec toutes sortes d’organismes nuisibles pour d’autres… et vit souvent à proximité des hommes.

Cependant, les caractéristiques génétiques du virus porté par la chauve-souris sont telles que sa transmission à l’homme est impossible. Elle s’est donc faite via un animal intermédiaire auquel le virus a pu s’adapter. En 2002, une première épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) ou Sars, en anglais, avait émergé en Chine, avant de s’étendre l’année suivante dans le reste du monde. L’agent responsable était là encore un coronavirus, baptisé Sars-Cov1. Et là encore les marchés aux animaux de Chine continentale étaient derrière cette épidémie de pneumonie virale. A l’époque, la civette avait été identifiée comme le chaînon entre le réservoir naturel du virus et l’homme.

Un enjeu croissant de santé publique

Hier les civettes, aujourd’hui les pangolins… Mais peu importe au fond par qui le malheur arrive : on parle d’une seule et même réalité, celle de maladies dites zoonotiques (transmises à l’homme par un animal) qui se multiplient depuis plusieurs décennies à la suite de contacts plus ou moins directs avec des animaux sauvages normalement porteurs de pathogènes. Sida, Ebola, Sras sont des célébrités, mais il y en a beaucoup d’autres.

Les maladies infectieuses émergentes, c’est-à-dire qui apparaissent pour la première fois ou réapparaissent alors qu’elles avaient disparu depuis longtemps, sont devenues un enjeu majeur de santé publique et mobilisent de plus en plus la communauté scientifique et médicale internationale. En 1995, le site spécialisé PubMed référençait une centaine de publications sur ce sujet, un chiffre passé à près de 2800 en 2017. Toute cette littérature souligne la place prépondérante des zoonoses dans ces maladies nouvelles.

En 2008, un article de la revue Nature avait dénombré plus de 330 maladies ayant « émergé » depuis 1940, à un rythme quatre fois plus rapide à la fin du XXe siècle qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La majorité (60 % selon cet article, mais beaucoup avancent des chiffres supérieurs) étaient des zoonoses et, parmi celles-ci, 72 % étaient issues du la faune sauvage. L’essor des élevages industriels, avec un contrôle et une hygiène qui peuvent faire défaut, avec des animaux stressés, confinés, astreints à des régimes alimentaires simplifiés, dont les défenses immunitaires sont par conséquent affaiblies ou artificiellement dressées par l’usage massif d’antibiotiques – qui en retour posent de redoutables problème de résistance des agresseurs –, n’est donc pas seul en cause.

Un monde hyper connecté

Mais pourquoi le monde sauvage – ou celui qui subsiste dans les zones tropicales – se rappelle-t-il ainsi au bon souvenir d’une humanité qui n’a fait que s’en éloigner ? Ces maladies véhiculées par les animaux de la forêt ou de la savane n’ont-elles pas toujours existé ? N’ont-elles pas toujours été contractées par des chasseurs accidentellement mordus, griffés, blessés ?

« Autrefois, un chasseur pouvait ramener une maladie au village, il y avait des morts, mais le virus ne se serait probablement pas déplacé beaucoup plus loin, explique Rodolphe Gozlan, directeur de recherches à l’institut de recherche pour le développement (IRD). Aujourd’hui, on est immédiatement confronté à l’épidémie parce que la connexion entre les gens est infiniment plus importante. Dans les zones tropicales, la pression sur l’environnement est de plus en plus forte, de plus en plus régulière. Et on ramène des maladies non plus dans des villages mais dans des villes dont la population a explosé, et qui sont de plus en plus en contact avec le reste d’un monde hyperconnecté. » En outre, ajoute le chercheur, les systèmes immunitaires de beaucoup d’habitants de ces zones de contact sont souvent affaiblis, du fait de la pauvreté ou de la pollution de l’air (comme à Wuhan), ce qui facilite l’expression des pathogènes et donc leur transmission.

La pression humaine sur la faune sauvage ne se résume pas à des fantaisies gastronomiques ou à des croyances dans des vertus érotiques qui désignent les classes moyennes et aisées asiatiques comme les coupables habituels. Selon le rapport mondial sur la biodiversité publié en mai dernier par l’IPBES, l’alimentation de 350 millions de personnes à faibles revenus dans les pays en développement dépend des produits issus de la forêt. Sous les tropiques, ce seraient six millions de tonnes d’animaux sauvages qui seraient ainsi abattus chaque année. La consommation de « viande de brousse » n’est pas qu’un fait culturel, c’est aussi une source de protéines qui contribue à la sécurité alimentaire de populations toujours plus nombreuses, particulièrement en Afrique, foyer également de nombreuses zoonoses.

Le rôle du déboisement

Les prélèvements de faune sauvage représentent, selon l’IPBES, le deuxième facteur de perte de biodiversité terrestre après la destruction des habitats naturels. Cette destruction, due pour l’essentiel aux déboisements pour étendre les surfaces agricoles, est également un facteur de dissémination des pathogènes. Rodolphe Gozlan : « Quand on déforeste, on ne fait pas juste qu’abattre des arbres. On modifie un habitat dans lequel vivaient des animaux porteurs. Cette faune se redistribue dans des zones auxquelles l’homme va accéder beaucoup plus facilement, ce qui crée des fronts de contact beaucoup plus importants et ce qui va donc permettre de ramener vers les villes ces réservoirs viraux et bactériens. »

De nombreuses recherches établissent des liens entre la fragmentation et la destruction des forêts et la diffusion de maladies, zoonotiques ou non : maladie de Lyme en Amérique du Nord, leishmaniose au Costa-Rica, paludisme dans les zones tropicales (les moustiques appréciant les espaces humides ouverts aux rayons du soleil)... « Il ne s’agit pas de protéger ces forêts uniquement parce qu’il y a de beaux papillons. Ce sont aussi des barrières sanitaires pour les populations », souligne Rodolphe Gozlan, qui écrit dans The Conversation : « dans les îles de Sumatra, la migration des chauves-souris fruitières causée par la déforestation dû aux incendies de forêt a conduit à l’émergence de la maladie de Nipah chez les éleveurs et les personnels des abattoirs en Malaisie. »

D’une façon générale, les perturbations des écosystèmes, qu’elles soient liées à des changements d’usages des sols ou aux conditions climatiques, tendent à modifier la distribution des organismes pathogènes et leur hôtes. On sait que de nombreuses épidémies (malaria, fièvre de la vallée du Rift, dengue…) sont favorisées par des événements climatiques dont la fréquence pourrait croître avec le réchauffement global.

Déjà, « l’augmentation des températures moyennes aurait eu un effet significatif sur l’incidence de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, causée par un virus transmis par les tiques, ainsi que sur la durabilité du virus Zika, transmis par les moustiques dans les régions subtropicales et tempérées », écrit encore Rodolphe Gozlan. Des pathologies pourraient ainsi s’étendre au-delà des zones tropicales avec l’élévation des températures et les modifications des précipitations. Dans les zones septentrionales, la fonte des sols gelés en permanence pourrait de même libérer des pathogènes disparus, dont l’anthrax.

Retour de manivelle

Le coronavirus, comme la plupart des autres maladies émergentes, c’est le retour de manivelle de la nature. Qui peut inversement protéger les humains si on sait la protéger. La recherche a mis en évidence le rôle joué par la diversité des espèces pour freiner la transmission des pathogènes. Exemple, la maladie de Lyme aux Etats-Unis, qui circule grâce aux tiques transportés par des souris : on en trouve beaucoup moins là où il existe d’autres animaux porteurs mais capables de s’en débarrasser, comme l’opossum de Virginie. Ou encore, la bilharziose : « la transmission à l’homme de cette maladie parasitaire, qui affecte 200 000 personnes dans le monde, peut être largement réduite par la présence de certaines espèces d’escargots qui sont des hôtes pour ce parasite, mais qui sont très incompétents pour le transmettre », indique le chercheur de l’IRD. Une plus grande biodiversité favorise ainsi cet « effet de dilution » des pathogènes chez des hôtes qui n’infecteront pas l’homme.

« Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer les conséquences, toutes les conséquences », a solennellement déclaré Emmanuel Macron dans son discours aux Français le 16 mars dernier. Aurons-nous appris que cette crise est fondamentalement une crise écologique globale ? Et en tirerons-nous les conséquences, toutes les conséquences ?

dimanche 5 avril 2020

En vrac : vu et écrit ces derniers jours sur facebook

Mon ami Hicham, interpelle ses amis collapsos : "on peut considérer que ce virus a été le déclencheur de l'effondrement ou pas ??" Je lui réponds : "Je ne sais pas. Je ne pense pas parce que nous ne sommes pas encore au point de non retour énergétique et environnemental, on s'en approche mais on n'y est pas encore. En tous les cas c'est probablement un bon avant goût de ce que pourrait être l'effondrement."

"Nous ne pouvons en aucun cas nous réjouir d’une baisse des émissions des gaz à effet de serre dans des circonstances aussi dramatiques. Mais cette crise sanitaire est l’occasion de réfléchir à l’après, et aux moyens de construire un monde plus éco-responsable qui ne nous prive pas de notre liberté. Nous sommes déjà en train d’apprendre à vivre autrement, à travailler à domicile, à réduire nos déplacements, à faire sans les voyages professionnels", Alexis Normand, directeur général et co-fondateur de Greenly. Reste à poursuivre sur cette lancée une fois revenu à la vie "normale", une gageure ! Dans Novethic

Les leçons de la crises : "Qu'allons-nous mettre en place, collectivement, afin de tirer les leçons de cette crise sanitaire qui remet en cause notre système de priorités, notre système économique, qui interroge sur notre résilience, sur notre durabilité, sur notre solidarité, qui met en évidence notre capacité de destruction de notre seul vaisseau spatial ? Qu'allons-nous mettre en place pour ne pas retomber dans les travers du monde d'avant qui montre, aujourd'hui, de façon criante, ses limites et être prêt pour affronter un dragon plus gros encore, celui des crises écologique, climatique et de biodiversité qui conditionnent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou non ? Les citoyens ont un rôle énorme et essentiel dans ce challenge. Car c'est bien beau de dire qu'il nous faudra apprendre de cette crise, de dire "plus jamais ça !" mais si l'on ne met rien en place, si l'on ne remet rien en cause, alors la paresse intellectuelle reprendra ses droits et la jouissance de se vautrer dans le consumérisme sera plus forte que la raison." Bruno BOMBLED Mars 2020

Engagement contre les crises : "Il est courant d’entendre : « La politique, ça ne me concerne pas. » Jusqu’au jour où chacun comprend que ce sont des choix politiques qui ont obligé des médecins à trier les malades qu’ils vont tenter de sauver et ceux qu’ils doivent sacrifier." - Serge Halimi - Le Monde Diplomatique - Avril 2020

Quelle éducation pour éviter les crises ? "Souvent l'on entend que la voie du salut dans les crises écologiques, climatiques et de biodiversité passerait par l'éducation des enfants. Le salut viendrait donc des enfants !?!? Je pense que c'est de la foutaise !!! Je pense que si c'est une condition nécessaire c'est aussi une condition absolument pas suffisante. Depuis, 20, 30 ou 40 ans on fait de l'éducation, de la sensibilisation à l'environnement et à la planète auprès des enfants et si cela fonctionnait on aurait, aujourd'hui, toute une génération d'écolos. Force est de constater que ce n'est pas le cas. Dire donc que le salut viendra de l'éducation des enfants c'est mettre sous le tapi le rôle d'exemple qu'ont les parents. Comment voulez vous que les enfants et les jeunes pensent qu'il faut changer les choses si à la maison rien ne change ? Comment voulez-vous que les enfants prennent au sérieux ces sensibilisations à l'environnement si, par ailleurs, ils voient les adultes faire, au quotidien, l'exact contraire ? Il y a alors, dans la tête des mômes, des injonctions contradictoires qui n'oeuvrent pas en faveur d'une réelle prise de conscience environnementale. Et c'est sans parler de l'adolescence qui entraîne de la perte en ligne. Alors, oui certes, vous me direz que certains enfants arrivent à influencer les habitudes familiales, mais c'est absolument se leurrer, ils sont l'arbre qui cache la forêt. Dire que le salut passera par les enfants c'est complètement décharger, encore une fois, sur les générations futures nos propres responsabilités : "bon nous on est mauvais, on le sait, on n'y arrivera pas avec notre génération, c'est foutu pour nous et ça tombe plutôt bien car (mais ne le disons pas trop fort) on ne va pas bousculer notre zone de confort, alors ne changeons rien, continuons à consommer, à voyager, à jouir sans conscience, car on est mauvais ! On le sait qu'on est mauvais, on va tout de même pas changer ! Ce sera aux jeunes de trouver les solutions et de changer ! " Dire cela c'est, une fois de plus, se décharger de nos responsabilités. Non la voie du salut ne viendra pas des jeunes mais uniquement des humains qui vivent aujourd'hui et maintenant car les nécessaires actions sont à faire aujourd'hui et maintenant, certainement pas demain. Demain il sera trop tard puisqu'aujourd'hui il est déjà bien tard." Bruno BOMBLED - Lors d'une nuit d'insomnie avril 2020

Agriculture de crises : "Les supermarchés basculent vers 100 % de fruits et légumes français. En 10 jours on découvre donc qu'on peut réduire nos émissions de CO2, améliorer la qualité de l'air et consommer local. Comme quoi ... Mais ce n'est pas parce qu'aujourd'hui nous voyons que nos pétro-agriculteurs et nos routiers nous sont indispensables, dans l'état actuel de notre système, que cela remet en cause notre opposition à ce système. Cela met juste en lumière notre dépendance aux énergies fossiles, ce qui n'est pas durable, pas résilient et est un révélateur de notre fragilité face à une crise énergétique qui n'est pas idéologique mais géologique. Plus que jamais la priorité est d'engager la transition écologique de l'agriculture et de la distribution alimentaire. Dans le storytelling habituel, l'agriculture traditionnelle est la pétro-agriculture polluante alors qu'en réalité c'est bel et bien l'agriculture bio qui l'est. L'agriculture bio, celle qui a toujours été faite depuis que l'humanité a inventé l'agriculture. La pétro-agriculture n'existe que depuis 60 ans ... rien de traditionnel donc. Le point est fait !" Bruno BOMBLED - Avril 2020

Économie de crise : Quand on vous dit que les [biiiiiip] ça ose tout et que c'est même à ça qu'on les reconnaît. "M Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics – autrement dit « du budget soumis aux critères de stabilité » – et zélateur d’une politique fiscale inégalitaire comme jamais, sort ses grands airs pour appeler les Français, particuliers comme entreprises, à abonder un fonds de solidarité. Solidarité ! Heureux que vous ayez retrouvé ce mot." Patrick Le Hyaric


La répétition de l'effondrement ? Excellente intervention de François Gemenne dans la Terre au Carré ce 13 mars. Thème : la mobilisation autour du coronavirus est-elle une répétition générale des mesures à prendre pour le climat ? OUI, car on assiste à une baisse massive des émissions et NON, car il y a beaucoup de différences entre les deux :
  • Le coronavirus est une CRISE, pas le changement climatique, dont les conséquences vont durer des siècles voire plus, en raison de la durée de vie des gaz à effet de serre
  • Pour sortir de la crise actuelle, nous prenons des mesures que nous savons TEMPORAIRES. Pour le climat, elles devront être SANS RETOUR
  • En outre, les mesures contre le virus ont un effet IMMÉDIAT, alors que celles pour le climat ne prendront effet que dans 2 générations, ce qui n'est pas motivant mais explique la colère des jeunes
  • Attention à bien distinguer des mesures SUBIES (actuellement) avec des mesures CHOISIES (celles qu'il faut prendre pour le climat)
  • Enfin, si la mobilisation actuelle est si importante et acceptée, c'est que chacun craint d'être immédiatement et personnellement touché par le virus. La menace climatique est, à tort, encore perçue comme trop LOINTAINE dans le temps (milieu du siècle) et dans l'espace (d'autres pays que nous). Cette distanciation trompeuse nuit à l'action


jeudi 2 janvier 2020

Quand je pense à 2019 … tout pour ma gueule

Quand je pense à 2019 c’est l’expression de l’égoïsme et du « j’m’en foutisme » qui me vient en tête. En effet même si les Pays-Bas ont construit, en 2019, 5 îles artificielles pour préserver la biodiversité ou que l'Italie a rendu l'étude du réchauffement climatique obligatoire à l'école, je ne parviens pas à m’ôter de la tête cette impression que le chacun pour soi et le « tout pour ma gueule » s’enracine toujours un peu plus, chaque jour symbolisé par ces gens qui se garent sur deux places car la peinture de leur voiture est tellement importante au regard de ce qui se passe dans le monde.

Ainsi en cette période Sainte je tiens à saluer la religion la plus importante et la plus dévouée au monde, le climatoscepticisme, talonnée par le climato'j'm'enfoutisme. A l'heure où nous pouvons nous asseoir sur l'objectif des 2 degrés pour aller vraisemblablement et plus rapidement que prévu vers les +3 voire +4 degrés, les climatosceptiques ont décidé de miser leur avenir (et celui de leurs enfants dont, visiblement, il se foutent comme de leur première chemise) à 100% sur l'hypothèse que 99% des scientifiques auraient tort. Ça c'est de la foi.

Températures records en Australie, à Moscou et ces jours-ci pic de douceur en France ... Il n’est pas beau notre changement climatique ? M'enfin l'essentiel n'est-il pas que l'on puisse toujours bouffer des fruits exotiques qui détruisent Hommes et environnement, partir en avion, à l'autre bout de la planète, pour voir le soleil en hiver « parce que c'est trop horrible de vivre sans », s'acheter plein de saloperies inutiles mais dont on a tellement envie et qu'importe mon impact environnemental puisque de toute façon, les coupables, c'est les autres.

Bienvenue chez les climato'j'm'enfoutistes ou quand le journal de France 2, le 25 décembre, fait la promotion de la destruction du climat et de l'environnement en vantant la nouvelle destination de Zanzibar pour les touristes. 7000 km pour profiter des plages nous dit le reportage comme si de rien n'était. Comme si détruire le climat et l'environnement était un droit normal et à promouvoir. Et TF1 la promo des serres de tailles équivalentes à Paris, au Pays-Bas, chauffées et éclairées, pour avoir la chance d'avoir des roses à la St Valentin et des fraises en décembre. Bienvenue dans la génération « j'ai le droit et je vous emmerde !!! ». Pfff !!! A quoi bon ?

COP25, en route pour ... toujours plus de dérèglement climatique.

Bienvenue chez les « hors sol » ou à la COP25. En route pour ... toujours plus de dérèglement climatique. Mais avant de critiquer l'incurie des autres nations, balayons devant notre porte. La France, qui se veut championne de l'environnement, « n'a pas joué de rôle fort pendant ces négociations », estime sur France-info Armelle Le Comte, de l'association Oxfam France. « Ces derniers jours, il n'y avait aucun ministre. Le Premier ministre et la ministre de la Transition écologique et solidaire ne sont passés qu'en coup de vent. » La militante dénonce, selon elle, le « double discours d'Emmanuel Macron, qui passe son temps à nous dire à quel point le climat est le défi de notre avenir et en même temps, quand les négociations les plus importantes de l'année ont lieu, il n'y a personne. » Cela n'aura pas empêché le ministère de la Transition écologique de regretter, dans un communiqué envoyé ce dimanche, « un manque d'ambition climatique malgré certaines avancées obtenues dans l'accord ». « Au vu de l’urgence climatique et des attentes des citoyens, la France regrette que les gouvernements ne soient pas allés assez loin dans leurs engagements », indique le ministère, tout en rappelant que « durant toutes les négociations, la France s’est mobilisée pour appeler à l’ambition et ne pas accepter de recul de nos engagements ». #foutagedegueule #hontederien #ilsosenttout #onnousprendpourdescons

Et pour bien le prouver qu’on nous prend pour des cons, pour les vacances de Noël, la ministre de l'Ecologie, Élisabeth Borne, s'est envolée pour Marrakech. Bon, d'un autre côté ce n’est pas comme s'il fallait être crédible en parlant d'écologie et de climat. Ce n’est pas comme s'il y avait un changement climatique. "Heu ?!?! La COP25 ? Heu ?!?! Nan ch'connais pas !" Ce n’est pas comme si le gouvernement se devait de promouvoir un changement de priorités ... De son côté, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au Tourisme, n’est pas en reste. Dans l’avion qui le conduit le week-end sur la côte, il plaisante, devant le journaliste de Paris Match : « Je fais des allers-retours Paris-Biarritz presque aussi facilement que si je prenais le métro ! » Il vient d’acheter un appartement dans le centre-ville avec sa compagne. « make our planet great again » qu'il disait l'autre. Pourquoi ne suis-je pas surpris ?

Et ici ou là, sur Facebook ou ailleurs, qu'est-ce que j'aime, également, tous ces gens qui exposent, comme si de rien n'était, leurs voyages en avions à l'autre bout du monde pour aller, rien que par leur unique présence abîmer tous les paysages. Qu'est-ce que j'aime tous ces gens qui foutent ma planète au tombeau. Moi je ne vois pas un voyage, je vois un grand doigt d'honneur fait à l'humanité. #toutpourmagueule

On n'apprend rien

Ailleurs et un autre jour, la raffinerie Total de Grand puits (77) vote l’arrêt et durcit le mouvement contre la réforme des retraites. Outre le fait que je soutiens cette action, j'espère, aujourd'hui comme à chaque blocage et chaque risque de pénuries d'essence, que mes compatriotes prendront conscience de leur (de notre) dépendance au pétrole, que cela n'est pas durable et qu'il faut tout mettre en œuvre pour nous en émanciper. Notre civilisation est fondée sur sa capacité à brûler du pétrole, supprimez son énergie elle s'effondrera et pas en douceur. Je suis intimement persuadé que ça se passera comme ça, dans le chaos et l’arbitraire de ceux qui détiendrons les dernières réserves d’énergie. Je le prédis depuis longtemps. Je suis persuadé que nous retomberons au moyen âge avec ceux qui possèdent et ceux qui subissent la loi arbitraire de celui qui possède … En pire de ce que l’on connait aujourd’hui. Le droit et la justice n'existera plus. Seul régnera la loi du plus fort, la loi des petits chefs de guerres qui s'accapareront le droit de vie ou de mort.

Pour avoir un avant-goût du sujet il suffit de regarder la panique que suscite, aux stations-service, les blocages de raffineries, l'angoisse que suscite une panne d'électricité un peu longue, ou bien encore une panne de plusieurs jours, d'eau chaude (eau chaude et chauffage produit pour toute la ville par l'usine d'incinération), en hiver, aux Ulis ou enfin, il faut voir le Carrefour des Ulis, vide après trois jours de neige qui empêche les camions de ravitailler. En regardant ces avant-goûts on se rends compte combien nous sommes vulnérables et totalement dépendants des apports extérieurs. Coupez les apports extérieurs en trois jours l'île de France se meurt. Pour s'adapter il faudrait sanctuariser les terres agricoles pour les transformer en terres vivrières puis former la population au maraîchage et l'élevage, car tout le reste sera obsolète et futile. Mais force est de constater que nous n’en prend pas ce chemin. Donc au moment de l'effondrement ce sera le chacun pour soi et dieu pour tous.

L'heure est à réorganiser notre fonctionnement ... Ça urge !!!! Mais j'ai des doutes. Notre espèce n'apprend rien. La jouissance immédiate est bien trop forte face à l'urgence de l'adaptation et de transformation pour espérer un futur.

Le pétrole ne se trouve pas utile que dans nos déplacements, mais également dans notre santé, notre alimentation, notre habillement, tout notre quotidien, toute notre survie, toute notre espérance de vie. Le chantier de la transition écologique est titanesque mais aucun dirigeant ne l'entame, par peur, par paresse intellectuelle, par incompétence, par électoralisme. Mais majorité de mes concitoyens ne souhaite pas qu'on l'entame, alors pourquoi s'enagager dans ce chantier ? Le spectacle doit continuer. Notre monde s'effondrera nous l'aurons bien cherché et nul ne pourra dire qu'on ne savait pas.

Alors rassurez-vous (3 secondes) personne ne parle de la fin du monde ni de l'humanité mais « juste » de la fin de ce monde. La fin de ce monde pour basculer dans un autre monde qui, dans une pénurie d’énergies fossiles, avec le dérèglement climatique la destruction de l’environnement et la dégringolade de la biodiversité, entre autres, risque de ne pas être aussi paisible que celui que nous connaissons aujourd'hui. Personne ne dit que l'humanité disparaîtra on dit juste qu'il va y avoir une diminution dramatique de la population mondiale. Et comment réduit-on une population ? Il n’y a que trois possibilités : la guerre, la maladie et la faim … tout ce que nous sommes en train de préparer en détruisant notre environnement et en épuisant les ressources.

Déjà la baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-unis se confirme. Les causes multiples de cette régression ne sont pas exactement les mêmes entre ces deux pays, mais les inégalités, la dégradation de l’environnement et l'accès au système de santé restent des facteurs communs qui soulignent les limites des politiques pratiquées outre-Manche et outre Atlantique. Ou quand la redistribution ne fonctionne plus. Logiquement, suite à toutes les politiques néfastes, anti-sociales, libérales et anti-écologiques, menées depuis, au bas mot, 30 ans, ce constat, de baisse de l'espérance de vie, devrait être fait en France dans les années qui viennent. Patience, Manu et LREM poursuivent le travail.

L’optimiste me rétorquera que l'on s'adaptera mais l'adaptation n'est possible que si l'on regarde le problème en face et que l’on prend les mesures adéquates d’adaptation. Or aujourd'hui l'immense majorité des humains ne regarde pas le problème donc on ne peut pas prendre les bonnes mesures d'adaptation. Donc non on ne s'adaptera pas au choc.

Belle et heureuse année à vous tous ... malgré tout.

A l’heure de la sixième extinction massive des espèces, c'est fou le bonheur que me procure, maintenant, l'apparition d'une mésange bleue sur mon balcon et je me mets à rêver qu’un futur désirable est possible. Mais je rêve. Je rêve que les humains se réveilleront. Mais je rêve. Je rêve que 2020 sera enfin l’année du réveil de la force. Mais je rêve. Je rêve car il ne me reste plus que cela. Je rêve que 2020 soit l’année de la prise de conscience, du partage, de la paix, de l’équilibre. Alors ce n’est plus un rêve mais un souhait que je vous adresse à tous. Que cette année 2020 vous soit une année d’éveil dans la sérénité de la sobriété, dans la paix et l’amour du vivant et de la beauté simple. Belle et heureuse année à vous tous ... malgré tout.

mercredi 7 août 2019

Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours

Ne jamais oublier que la Méditerranée est le grand cimetière de réfugiés en détresse et celui de nos valeurs européennes. Jamais plus je ne pourrais regarder cette mer comme je la regardais avant. Ne jamais oublier.


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Plateau de Saclay, Triangle de Gonesse, et tous les projets de bétonnages même combat ... Lutter contre la mort et ses valets.


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Le pyromane fou ... no comment !


mercredi 26 juin 2019

L'avocat du diable

Au classement des plus grands importateurs d’avocats, la France obtient la seconde place, juste après les États-Unis, mais devant le Japon. Les Français raffolent des avocats... et contribuent ainsi à la déforestation du Mexique et aux bénéfices des cartels de la drogue. Au Chili, les avocats assèchent les cours d'eau. L'engouement culinaire pour l'avocat dans les pays occidentaux n’est pas sans conséquences sur le plan social, économique et surtout environnemental.

Le Chili en fait les frais depuis presque 30 ans. Avec une exportation en constante augmentation, le Chili a fourni plus de 159 700 tonnes d’avocats à des pays étrangers en 2016. Lorsque l’on sait que pour irriguer un hectare d’avocats, 100 000 litres d’eau quotidiens sont nécessaires (l'équivalent de la consommation d’eau de 1000 habitants), on saisit l’enjeu écologique relatif. Enjeu auquel s’ajoutent les conditions très spécifiques de transport et d’exportation du fruit, très énergivores.

La province de Petorca, située dans la région centrale du Chili, a vu ses cultures traditionnelles de pommes de terre, de tomates et ses vergers disparaître pour laisser place à l’exploitation écrasante des avocatiers. On y trouve aujourd’hui plus de 16 000 hectares de culture, soit une augmentation de 800 % en moins de 30 ans. Les habitants n’ont plus d’eau pour vivre, s’hydrater ou se laver et doivent faire venir l’eau par camion ; les sols étant complètement asséchés par les exploitants agricoles, nous relate le "National Geographic".

Les lits de plusieurs rivières, comme Ligua et Petorca, sont à sec depuis plus de dix ans. Les poissons et autres agents de la faune et de la flore ont également disparus, déréglant considérablement l’écosystème de la zone. Mais plus grave encore : l’absence de cours d’eau rend impossible toute évaporation et ainsi le processus de formation de nuages et donc de précipitations. Dotée d’un climat subtropical, la province de Petorca connaît depuis des années de longues périodes de sécheresse, amplifiées par le phénomène météorologique El niño, poursuit le "National Géographic".

Au Mexique aussi la production d’avocat à grande échelle demande énormément d’eau, ce qui a fait baisser le niveau des rivières, reculer les zones humides et tarir des nappes phréatiques tout en augmentant la température des régions. Par ailleurs, les propriétaires d’exploitations n’hésitent pas à utiliser des produits agrochimiques synthétiques pour protéger leurs récoltes, dont certains sont hautement toxiques et parfois mêmes interdites au Mexique. Ces pesticides pénètrent dans les nappes phréatiques et les ruisseaux qui alimentent en eaux la faune sauvage ainsi que les habitants. Le seul mot d’ordre : la productivité, nous dit fort justement Mr Mondialisation.

Par ailleurs même s'il est légalement, au Michoacán, interdit de convertir des terrains de forêts en zone d’agriculture, la loi autorise de le faire si les arbres sont coupés à la hache ou s’ils ont été incendiés. En 2009, plusieurs incendies géants ont détruit 12 500 hectares de forêts. L’année d’après, la zone a été recouverte de 8 000 hectares d’avocatiers. En 2016, les incendies ont dévasté 9 % de la surface forestière du Michoacán avec une issue similaire. Une pratique également observée en Asie pour le commerce d’huile de palme poursuit Mr Mondialisation

Et comme si tout cela ne suffisait pas, toujours au Mexique, premier producteur mondial d'avocats, c'est racket, enlèvements, exécutions... Les cartels sèment la terreur chez les producteurs d'avocats mexicains. Dans l’état mexicain du Michoacán, en trente ans, les plantations d’avocatiers ont triplé. Pour les habitants de Tancitaro, ville sinistrée par le chômage, l'avocat a représenté un vrai miracle économique. "L'or vert" leur a pourtant coûté très cher. Cette manne attire, en effet, la convoitise des mafias locales qui prélèvent au minimum 10% des revenus des producteurs. L'un des gangs les plus sanguinaires du Mexique, Los Caballeros Templarios ("Les Chevaliers templiers"), sème depuis des années la terreur dans la région, nous révèle l'émission "Envoyé spécial".

Chez nous, nous n'en achetons plus depuis longtemps, exactement pour toutes ces raisons. Plus d'avocats, plus d'ananas, plus de fruits et légumes exotiques chez nous, plus que des fruits locaux et de saison. Si nous avons un pouvoir d'achat nous avons aussi un pouvoir de non-achats qui permet de changer le monde.