"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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lundi 17 août 2026

Mais ils sont où les écolos ?

Préambule : Ce texte qui s'exprime au nom des écologistes de l'Essonne est un texte martyr que j'ai écris en prévision d'un futur tract (plus court) de rentrée. Donc en l'absence de validation par notre groupe de rédaction ce texte n'engage que moi. 

L’été 2026 confirme tout ce que les écologistes disent depuis 50 ans, mais Le Figaro, dans un grand élan de mauvaise foi, ne sait rien faire d’autre que de titrer que cet évènement consacre la défaite de l’écologie politique. 

La haine des écolos est un puits sans fond, est une source inépuisable de désinformations et d'opprobres infondées et belliqueuses. Le nouveau truc de nos opposant.e.s, sur les réseaux sociaux, à l'heure des incendies monstres, après l'écolo-bashing nous décrivant comme des doux dingues alarmistes, des écolos punitifs, aura été : "mais ils sont où les écolos ?". Comme si nous étions toutes et tous des pompiers, comme si nous étions toutes et tous des agriculteur.trice.s propriétaires de citernes qui se sont montrées si utiles pour renforcer la lutte. La mauvaise foi des productivistes, des consuméristes, des climatocidaires, des écocidaires et des droitards, est sans limite. 

Mais pour répondre à cette question on peut dire que tout de même cette réflexion est parfaitement débile ne serait-ce que parce qu'elle part du postulat que les écologistes n’auraient pas été sur le terrain en train de donner un coup de main. Qu'est ce qui permet de dire cela ? Pourquoi ne seraient-ils et elles pas aussi sur place ? Faut-il que dans chacune de nos actions, nous ayons des oriflammes verts pour être bien identifié.e.s et prouver que nous sommes bien présent.e.s ? C'est tellement à pleurer de bêtises. Rappelons que la solidarité est l'un des grands principes de l'écologie, contrairement à la droite et son extrême qui prône le chacun pour soi. 

Par ailleurs n'y a-t-il pas des pompiers écolo ? Des agriculteur.trice.s écolo ? La confédération paysanne n’en est-elle pas un bon exemple ? 

Les « écolos », contrairement à la droite et son extrême, n'ont pas attendu les grands incendies de cet été pour se soucier du vivant, humain et non-humain, d'aujourd'hui et de demain, toute notre histoire le démontre. 

D'ailleurs où était la droite et son extrême pendant les évènements ? Ils et elles doivent être en train d'avaler la honte d'avoir toujours voté contre tous les projets d'augmentations de moyens donnés aux pompiers et à la lutte contre les incendies, comme par exemple, créer des pares-feux de feuillus, établir un plan national d’adaptation de la forêt, lutter contre la perte des chemins forestiers ou bien encore réhausser la taxe de séjour au profit des moyens des pompiers et faire contribuer les compagnies d’assurances aux budgets des soldats du feux et pire … ils et elles ont refusé d’augmenter les effectifs des pompiers professionnels Depuis cinquante ans, les écologistes alertent, expliquent, documentent… à l'échelle locale, nationale, mondiale… ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous offre. La crise écologique est là. Le prix de l'inaction climatique va être de plus en plus élevé et c'est un choix politique. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

En Essonne comme ailleurs, elle frappe d’abord celles et ceux qui ont le moins de moyens pour s’en protéger. « Si réfugiés climatiques il doit y avoir en Bretagne, ce seront essentiellement des nantis capables de s’offrir une résidence secondaire » nous dit Nicole Roux, professeure de sociologie à l’Université de Brest dans le journal La Croix du 6 août 2026. Les plus pauvres, ne pouvant fuir ailleurs, resteront sous la chaleur. Faire de l’écologie, c’est décider de protéger. C’est faire de la transition écologique une transition juste. 

Nous refusons une écologie qui demande toujours plus d’efforts aux habitants tout en laissant les grandes puissances économiques continuer comme avant. 

Les petits gestes sont utiles mais les décisions collectives sont indispensables et nous défendons une écologie populaire parce que chacun doit pouvoir vivre dignement. 

Nous défendons une écologie solidaire parce que personne ne doit être laissé seul face aux défis écologique, climatiques et de biodiversité qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. 

Nous défendons une écologie concrète parce que l’écologie doit améliorer la vie quotidienne. 

Nous défendons une écologie politique parce qu’il faut changer le système, pas seulement les comportements. 

Ainsi face à la multiplication des canicules, notre priorité doit être de conduire une réflexion sur ce que pourra être la vie en Essonne sous 50°C afin de pouvoir anticiper et adapter les villes pour qu'elles soient plus fraîches, plus vertes, vivables ... plus résilientes. 

Il nous faut absolument davantage d’arbres en pleine terre et d'essences adaptées au climat de demain, il faut déminéraliser les villes, désimperméabiliser les sols pour rendre à la terre les eaux de pluies, il faut une gestion responsable de l'eau et un accès gratuit et à toute heure, à l'eau potable, pour toutes et tous, il nous faut créer des îlots de fraîcheur accessibles à toutes et tous, il faut des écoles, des collèges et des lycées où les enfants ne souffrent pas de la chaleur. 

Il faut, à l'instar de ce qui a été fait pour lutter contre le tabagisme et l'alcoolisme et pour participer à lutter contre le changement climatique, interdire la publicité pour les voyages, les compagnies aériennes, les voitures, les croisières, etc ... Il nous faut aussi cesser les subventions aux compagnies aériennes low cost. 

Il nous faut encore et toujours permettre à nos concitoyen.ne.s de s’émanciper de la voiture en développant des bourses d’échanges de travails pour rapprocher les lieux professionnels des lieux d’habitations, il faut continuer à développer les transports en communs et l’accès des vélos aux trains, sécuriser les déplacements à pied et à vélo, créer des cheminements ombragés. 

Il nous faut nous sortir de l’agriculture industrielle capitaliste, inadaptée aux défis climatiques et environnementaux, qui ne sert pas à nourrir la population mais juste à faire des profits. Il nous faut entamer, avec les agriculteur.trice.s, la transition écologique de l’agriculture essonnienne pour nourrir, toute l’année, les franciliens et les franciliennes. Il nous faut cesser le maïs aux profits d’une agriculture vivrière locale, de saison, adapté au climat et qui rémunère correctement les paysans et les paysannes tout en protégeant les sols et la biodiversité. Il nous faut sanctuariser les terres agricoles et les petites exploitations. 

Il ne faut laisser personne seul face aux canicules et ainsi il nous faut développer la climatisation dans les lieux sensibles et fermés : hôpitaux, écoles, prisons, EHPAD et autres maisons de retraites. 

Parce que l'écologie ne doit pas être une contrainte supplémentaire pour les habitants et qu’elle doit être une amélioration concrète de leur vie il nous faut anticiper. 

Et comme il n’y a pas d’écologie sans écologiste, rejoignez-nous !

vendredi 14 août 2026

Choisir la dignité

Il ne s’agit plus d’un simple malaise. Quelque chose se défait sous nos yeux. Ce qui se joue aujourd’hui est une dérive. Une dérive qui s’accélère, s’installe, se banalise, et finit par contaminer nos manières de parler, de penser, de regarder les autres humains comme non-humains. La haine n’est plus marginale, elle s’exprime, se partage, se justifie. Le rejet devient une posture. La domination, la discrimination se banalisent au point de ne plus choquer autant qu’elles le devraient. 

Et cette dérive a ses relais. 

Sur les réseaux sociaux, la violence est devenue un spectacle. Plus un propos est excessif, plus il circule. L’humiliation fait réagir, la nuance disparaît. On ne cherche plus à comprendre, mais à disqualifier, à écraser, à engranger les likes. 

Dans certains médias, les mêmes mécaniques s’installent : simplification, dramatisation, opposition permanente - l’essentiel est de créer le clivage. À force de présenter le monde comme une menace, à force de désigner des ennemis, on finit par fabriquer une réalité où la peur devient la seule grille de lecture. 

Dans ce climat poisseux, les discours politiques d’extrême droite prospèrent. Ils ne créent pas seulement des divisions : ils les exploitent, les amplifient, les enracinent. Ils désignent, hiérarchisent, excluent sur fond de saluts nazis. Ils proposent une vision du monde où certains auraient moins de légitimité à exister que d’autres — et où le vivant lui-même devient une ressource à dominer plutôt qu’un équilibre à respecter. Une vision brutale, simpliste, dangereuse. 

À cela s’ajoutent des discours qui glorifient la domination, qui enferment chacun dans des rôles étroits, où la virilité devient synonyme de contrôle, de dureté, de mépris. Ces logiques virilistes ne sont pas anodines : elles nourrissent un imaginaire de confrontation permanente, où l’autre n’est plus un égal, mais un rival ou une menace et où toute forme de vulnérabilité, humaine ou animale, est dévalorisée. 

Tout cela produit une atmosphère profondément délétère. Une atmosphère qui nous abîme collectivement. Car à force de déshumaniser les autres, on finit toujours par appauvrir notre propre humanité et, au-delà, à rompre le lien essentiel qui nous unit à l’ensemble du vivant. 

Il est temps de refuser cette pente. 

Refuser, cela commence par des actes simples mais exigeants. Ne pas relayer la haine. Ne pas banaliser l’humiliation. Ne pas se taire lorsque la dignité est attaquée qu’elle concerne un être humain ou toute forme de vie vulnérable. Cela demande du courage, mais c’est un courage accessible, quotidien, concret. 

La bienveillance, dans ce contexte, n’est pas la posture molle que l’on veut nous dépeindre. C’est au contraire une ligne de résistance. Elle consiste à refuser de céder à la facilité du rejet, à maintenir une exigence de dignité dans nos paroles et dans nos actes. Et elle ne peut plus se limiter aux relations humaines : elle implique de reconnaître que nous faisons partie d’un tout, d’un tissu vivant que nos choix impactent directement. 

L’humanisme, lui, ne peut plus être pensé de manière isolée. Il repose sur une réalité simple : nous sommes faits de la même matière sensible. Nous partageons les mêmes émotions, les mêmes peurs, les mêmes fragilités. Et au-delà de nous, d’autres formes de vie éprouvent, réagissent, subissent. Reconnaître cela, c’est élargir notre conscience, et notre responsabilité. 

Oublier cela, c’est ouvrir la porte à toutes les déshumanisations et à toutes les formes de destruction du vivant. 

Le respect n’est pas négociable. Il ne dépend ni de l’accord, ni de l’appartenance, ni de l’identité. Il est le seuil en dessous duquel une société bascule. Et ce respect doit s’étendre à l’ensemble du vivant, car mépriser la vie sous toutes ses formes revient à affaiblir les fondements mêmes de notre humanité. 

Construire une société plus juste et plus tolérante n’est pas une option morale abstraite, c’est une nécessité. Une société juste refuse les hiérarchies arbitraires entre les êtres. Une société tolérante ne se contente pas de supporter les différences : elle les reconnaît comme une richesse, et s’organise pour que chacun puisse vivre dignement. 

La solidarité, elle, ne relève pas d’un idéal généreux mais facultatif. Elle découle d’un fait : nous sommes interdépendants. Nos vies sont liées, nos équilibres sont communs, nos vulnérabilités se répondent entre humains, mais aussi avec les écosystèmes qui nous portent. Ce qui fragilise l’un finit toujours par atteindre les autres. 

Le partage, dans ce cadre, devient un acte de lucidité autant que de générosité. Il reconnaît que personne ne se construit seul, que personne ne tient durablement dans l’isolement, la domination ou l’exploitation. 

 Et la fraternité ou plus largement la symbiosité, c’est-à-dire la solidarité entre les êtres ne sont pas des mots d’apparat. Ils sont une exigence. Ils obligent à refuser les discours qui hiérarchisent les vies, à ne pas détourner le regard, à ne pas s’habituer à l’inacceptable. 

Nous ne sommes pas spectateurs. 

Chaque parole prononcée, chaque silence accepté, chaque geste posé participe à façonner le monde qui vient. 

Rien n'est neutre. 

Nourrir la haine ou préserver la dignité. 

Participer à la dégradation ou opposer une résistance. 

Exploiter ou respecter. 

La question n'est donc pas de savoir quel monde nous souhaitons. Elle est de savoir quel monde nous construisons déjà, jour après jour, par ce que nous acceptons et par ce que nous refusons. 

Car ce qui se dégrade aujourd'hui ne s'arrêtera pas de lui-même. Mais ce que nous faisons exister ensemble, dans nos actes les plus ordinaires comme dans nos choix les plus décisifs, peut encore changer le cours des choses. 

Par Christophe Bombled

mardi 11 août 2026

Lécologie n'est pas apolitique, elle est de Gauche

Il existe des formules dont le succès tient moins à leur vérité qu’au confort qu’elles procurent. Affirmer que l’écologie ne serait « ni de droite ni de gauche », qu’elle serait de « bon sens », appartient à cette catégorie, car cette prétendue neutralité permet de reconnaître la gravité du dérèglement climatique sans jamais avoir à désigner les intérêts qui l’alimentent, les rapports de pouvoir qui empêchent d’y répondre et les choix collectifs qu’il faudrait assumer pour en sortir. 

Bien sûr, l’altération du climat, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources et la pollution des milieux concernent l’humanité tout entière, cependant cette universalité du péril ne signifie nullement que ses causes, ses conséquences et les moyens de s’en protéger seraient également répartis. Nous appartenons à une même communauté de destin mais nous n’occupons pas tous la même place dans l’organisation économique qui détermine ce qui est produit, dans quelles quantités, au bénéfice de qui et au prix de quelles destructions. 

L’écologie devient concrète dès que l’on cesse de la réduire à la protection sentimentale de la nature pour s’interroger sur l’organisation matérielle de la société. Elle devient concrète lorsqu’il faut décider si l’eau doit être administrée comme une marchandise ou comme un bien commun, si l’énergie doit répondre aux exigences de rentabilité ou aux besoins de la population, si la production doit être orientée par la demande solvable ou par l’utilité sociale, si la propriété confère un droit absolu d’usage ou si elle doit être limitée lorsque son exercice compromet les conditions de l’existence collective. À chacune de ces questions, la droite et la gauche n’apportent pas les mêmes réponses, parce qu’elles ne défendent ni la même conception de la liberté, ni la même définition de la justice, ni la même organisation du pouvoir économique. 

La droite peut sincèrement vouloir préserver des paysages, défendre un patrimoine naturel, soutenir certaines innovations moins polluantes ou réglementer des pratiques devenues manifestement dangereuses. Des femmes et des hommes de droite peuvent aimer profondément leur territoire, observer la disparition des espèces et s’inquiéter de l’avenir laissé à leurs enfants : il ne s’agit donc pas de distribuer des certificats de sensibilité à la nature selon l’appartenance politique de chacun. Néanmoins, l’écologie n’est pas seulement un attachement à ce que nous trouvons beau ou digne d’être conservé mais la recherche d’une organisation sociale compatible avec les limites physiques du monde, ce qui suppose de transformer les mécanismes qui déterminent notre manière de produire, de consommer, de travailler, de nous déplacer et d’habiter. Or, lorsque la droite se heurte à cette exigence, elle refuse presque, si ce n’est toujours, de remettre en cause la primauté du marché, la concentration de la propriété, la recherche continue de rentabilité et le pouvoir que la richesse confère à ceux qui la détiennent. 

C’est précisément pour cette raison que l’expression « écologie de droite » constitue un oxymore. 

Ce que la droite présente comme une politique écologique consiste le plus souvent à corriger certains effets du modèle économique tout en préservant les principes qui les produisent. Elle veut rendre la croissance plus propre sans interroger la nécessité de produire toujours davantage, améliorer l’efficacité des technologies sans jamais se demander à quels besoins elles répondent, ni qui décide de leur développement. Elle peut ainsi encourager l’achat d’un véhicule moins polluant tout en conservant un aménagement du territoire qui rend la voiture indispensable. Elle peut promouvoir des vêtements fabriqués avec des matières recyclées tout en laissant prospérer une industrie fondée sur le renouvellement permanent des collections. Elle peut enfin demander aux entreprises de publier des engagements climatiques sans retirer aux investisseurs le pouvoir d’exiger toujours plus de rendement. 

Dans cette conception, il ne s’agit jamais de réduire véritablement l’emprise de l’économie sur le vivant, mais de créer les conditions permettant à l’accumulation de se poursuivre sous une apparence renouvelée. Le vocabulaire évolue, les campagnes publicitaires s’adaptent, mais le principe demeure : ce qui est rentable doit pouvoir continuer d’exister, même lorsque son utilité sociale est douteuse et que son coût collectif devient considérable. La responsabilité individuelle occupe naturellement une place centrale dans cette écologie de marché, parce qu’elle permet de reporter sur les comportements personnels une question qui relève surtout de l’organisation collective. Le citoyen est sommé de devenir un consommateur irréprochable, capable d’identifier le bon produit, le bon label et le bon investissement, tandis que les structures qui organisent ses possibilités demeurent largement inchangées. 

Nos gestes individuels comptent, évidemment, mais ces gestes ne peuvent remplacer des décisions publiques qui s’appliquent à l’ensemble de l’économie, puisqu’un individu ne choisit ni la stratégie énergétique du pays, ni l’organisation des chaînes de production, ni l’implantation des services, ni les normes imposées aux industriels, ni les orientations prises par les banques et les fonds d’investissement. En faisant de l’écologie une affaire de vertu personnelle, la droite produit une morale exigeante pour les individus et une réglementation indulgente pour les puissances économiques. Elle soumet les comportements ordinaires à un examen permanent tout en considérant comme excessif, irréaliste ou liberticide tout ce qui pourrait réellement limiter la capacité des acteurs dominants à extraire, produire, vendre et accumuler. 

Cette contradiction trouve son origine dans une divergence fondamentale concernant la nature même de la liberté. Pour la droite, la liberté repose largement sur la possibilité de posséder, d’investir, d’entreprendre et de disposer de ses ressources selon ses intérêts. Pour la gauche, aucune liberté ne peut être véritable lorsqu’elle donne à quelques-uns le pouvoir de dégrader les conditions d’existence de tous les autres.

La liberté d’un groupe industriel de maintenir une activité destructrice ne peut être placée sur le même plan que la liberté collective de vivre dans un environnement sain, pas davantage que le droit de propriété ne peut justifier la captation durable d’une ressource indispensable. 

Le projet de mégacentre de données porté par Google à Ozans-Châteauroux en offre une illustration presque caricaturale : 195 hectares artificialisés, huit à dix bâtiments, deux postes électriques et de nouvelles infrastructures à très haute tension pouvant atteindre 400 000 volts, afin de satisfaire les besoins privés d’une multinationale en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Une telle infrastructure mobiliserait durablement nos terres et nos capacités électriques, tout en faisant peser une pression supplémentaire sur nos nappes phréatiques, tant les centres de données sont connus pour être de véritables ogres hydriques. Ce projet doit être combattu de toutes nos forces. Poser de telles limites n’est pas une négation de la liberté, mais la condition de son partage. Une société dans laquelle les décisions les plus déterminantes sont abandonnées à ceux qui possèdent les moyens de production, les capitaux et les infrastructures n’est pas réellement gouvernée par ses citoyens, même lorsque ceux-ci sont régulièrement appelés à voter. La démocratie demeure incomplète tant qu’elle s’arrête devant la porte des conseils d’administration, notamment lorsqu’il s’agit d’entreprises dont les activités détruisent nos conditions d’existence. Une démocratie qui soustrait l’économie à la délibération commune demeure profondément mutilée. 

Ainsi, l’écologie est nécessairement de gauche : elle exige que nous reprenions collectivement le pouvoir de décider de ce qui mérite d’être produit, des ressources qui doivent être préservées, des activités qui doivent être transformées et de la manière dont les efforts seront répartis. Elle ne peut se satisfaire d’une transition administrée par le marché, puisque le marché ne connaît que la demande solvable et ne protège que ce qui peut être converti en valeur économique. Une écologie de gauche ne demande donc pas simplement aux entreprises de devenir plus responsables ; elle définit démocratiquement des règles auxquelles leur activité doit se conformer. Elle ne se contente pas de corriger les inégalités après leur apparition ; elle s’attaque aux mécanismes qui concentrent les richesses, les ressources et le pouvoir de décision. Elle ne traite pas l’eau, l’énergie, le logement, l’alimentation, la santé ou les transports comme des secteurs commerciaux ; elle reconnaît qu’ils constituent les fondements matériels de l’égalité et qu’ils doivent, à ce titre, relever d’une maîtrise publique ou coopérative.

Cette écologie assume que certaines productions devront diminuer, que certains secteurs devront être profondément transformés et que certaines activités devront disparaître tout en affirmant que cette transformation ne pourra être acceptée que si elle améliore concrètement la vie du plus grand nombre. La sobriété ne peut pas signifier que l’on exige de nouvelles privations de ceux qui manquent déjà de l’essentiel, tandis que demeure intacte la consommation disproportionnée d’une minorité de privilégiés. Elle doit consister à organiser démocratiquement la réduction de ce qui est destructeur ou socialement inutile afin de garantir à chacun l’accès à ce qui permet une existence digne. Il s’agit là d’une politique de répartition, d’émancipation et de sécurité collective. Cela suppose des services publics puissants, capables de soustraire les besoins essentiels aux fluctuations du marché ; une planification écologique permettant d’inscrire les investissements dans le temps long ; une fiscalité qui mobilise prioritairement les fortunes et les activités dont l’empreinte est la plus importante ; une démocratie économique donnant davantage de pouvoir aux travailleurs ; ainsi que des collectivités disposant de ressources stables pour agir sans dépendre d’une compétition permanente entre territoires. 

Cela suppose également de repenser le travail, car l’écologie ne peut pas se limiter à la nature de ce que nous produisons sans interroger les conditions dans lesquelles nous le produisons. Une économie qui épuise les corps, impose des rythmes toujours plus intenses et mesure toute activité à l’aune de sa rentabilité participe de la même logique que celle qui épuise les ressources. Réduire le temps de travail, sécuriser les parcours professionnels, accompagner les reconversions et reconnaître l’utilité sociale des métiers essentiels constituent donc des questions pleinement écologiques. L’écologie prolonge ainsi la lutte des classes, lutte historique de la gauche, parce qu’elle révèle que la question sociale et la question environnementale procèdent d’un même conflit : celui qui oppose la satisfaction des besoins humains à l’accumulation privée, la maîtrise démocratique de nos choix à la concentration du pouvoir, et la recherche du bien commun à la mise en concurrence généralisée. 

Encore faut-il que la gauche accepte de tirer toutes les conséquences de cette exigence. Le quinquennat de François Hollande a montré qu’une majorité élue à gauche pouvait cesser de gouverner à gauche : lorsqu’un pouvoir place la compétitivité des entreprises au centre de sa politique, accepte le cadre social-libéral comme horizon indépassable, subordonne la transformation écologique à la préservation de la croissance et renonce à affronter les intérêts économiques dominants, son étiquette ne suffit plus à qualifier son action. Cette critique ne vise ni les militants socialistes, ni les élus locaux, ni les citoyens sincèrement attachés à la justice sociale. Elle rappelle simplement qu’une organisation politique ne peut pas demander à être jugée seulement sur son histoire ou sur les convictions personnelles de ses membres. Elle doit être jugée sur les intérêts qu’elle affronte et sur les politiques qu’elle met en œuvre lorsqu’elle gouverne. La gauche n’est pas un patrimoine garanti par un nom : c’est une politique que l’on accomplit. 

Affirmer que l’écologie est de gauche ne consiste donc pas à annexer une cause universelle au profit d’un parti ou d’un appareil. Il s’agit de reconnaître que la transformation écologique exige une certaine conception de la société : une société dans laquelle les besoins essentiels échappent à la logique marchande, où la propriété n’autorise pas toutes les prédations, où la richesse n’achète pas un droit supérieur à décider, où la puissance publique garantit à chacun les moyens matériels de son autonomie. L’écologie n’est donc pas un supplément d’âme ni une épice que chaque famille politique pourrait ajouter à son programme sans modifier le reste, elle impose de choisir entre deux organisations de la société : l’une qui cherche à préserver un modèle fondé sur l’accumulation en tentant, bon an mal an d’atténuer ses dommages ; l’autre qui accepte d’en transformer les structures afin de rendre possible un avenir commun. 

Ce choix porte sur la propriété, la production, le travail, la richesse et la démocratie. Il engage notre conception de la justice autant que notre rapport au monde vivant. L’écologie n’échappe donc pas au conflit politique : elle en révèle la ligne de partage. 

L’écologie est de gauche

Par Mansour Thiam

samedi 20 septembre 2025

Fête de l'Huma : la réponse de Paul Watson

Mail de Paul Watson aux adhérent.e.s de Sea Sheperd France. Une réponse qui a le méritre d'être claire et honnorable. 

Hier, je ne savais pas ce qu'était un écofasciste. 

Aujourd'hui, apparemment, j'en suis un. 

Samedi dernier, j'ai parlé devant une foule conséquente lors de la conférence annuelle de la Fête de l'Humanité en France. 

Ce fut un événement passionnant, quelques milliers de personnes sympathisantes mais également environ deux cent manifestants indignés qui me hurlaient dessus et exigeaient qu'on me fasse taire , ce que j'ai trouvé plutôt ironique pour un évènement qui défend la liberté d'expression. 

Ce n'est pas de la faute des organisateurs, que j'ai trouvés plutôt ouverts et respectueux du droit de parole, et j'apprécie qu'ils m'aient invité. 

Les quelques centaines de perturbateurs étaient un groupe pour le moins enthousiaste, certains brandissaient le poing et me dénonçaient comme cette chose qu'ils appellent un « écofasciste. » J'ai l'habitude d'être traité de beaucoup de choses, notamment d'écoterroriste, d'extrémiste environnemental, d'activiste militant perturbateur et d'écopirate. Tous des surnoms très flatteurs et maintenant je peux en ajouter un nouveau - écofasciste. 

C'était génial. J'adore les publics hostiles et les débats animés, j’ai trouvé leurs chants « antifascistes " accrocheurs et mélodieux . 

J’ai toujours trouvé ce genre de perturbations excitantes pour ma part car elles créent une atmosphère propice à la transmission d'un message. La dernière fois que j'ai eu un public encore plus hostile, c'était il y a de nombreuses années quand j'ai débattu avec le Premier ministre de Terre-Neuve Brian Peckford devant un public de mille partisans de la chasse aux phoques, ou en 1984 quand je me suis adressé à une foule de trappeurs et de chasseurs en Colombie-Britannique du Nord en m'opposant à l'abattage de loups sponsorisé par le gouvernement. J'ai apprécié ces rencontres et je dois admettre que j'ai également apprécié la rencontre de samedi dernier. Rien de mieux que les cris fervents d'une foule pour m’inspirer et me motiver davantage. Donc j'étais très certainement inspiré pour exprimer mes positions, encore plus haut et fort, sur le biocentrisme, l'écologie profonde et les droits de la nature, ce qui, me dit-on, est de l'écofascisme. 

Et si c'est ainsi que l'écofascisme est défini, je ne m’en défendrai pas. 

Donc, en gardant le sourire et en élevant le volume de ma voix, j'ai transmis mon message sur l'importance de défendre la vie, la diversité et l'interdépendance dans les océans. 

D'après ce que j'ai compris, ces gens étaient contrariés que mes priorités soient écologiques et non politiques, que je valorise la vie des autres espèces au-dessus de l'humanité et que je considère le matérialisme humain et le comportement humain comme destructeurs pour la nature. Leur point de vue est que ma position de rectitude écologique n'est pas un point de vue politiquement acceptable. 

Tout ceci est très vrai et je ne présente aucune excuse. Je considère leur colère anthropocentrique comme une validation de mon biocentrisme. 

Nous, les humains, vivons sur cette planète grâce à des centaines de milliers d'espèces, nous sommes des passagers du Vaisseau Terre, et si nous voulons survivre, nous devons nous assurer que tous survivent. Je défends le biocentrisme, l'idée que nous ne sommes pas les maîtres et possesseurs de cette planète, que nous ne sommes pas l'espèce la plus importante au monde , et que les droits des humains ne devraient pas avoir la priorité sur les droits des autres espèces, plantes comme animaux. 

Certains considèrent apparemment mes critiques de l'anthropocentrisme comme racistes. 

Je ne crois pas qu'une personne biocentrique puisse être raciste puisque nous reconnaissons qu'il n'y a qu'une seule race, la race humaine, et que chaque humain est égal à tout autre humain et que toute vie de toutes les espèces est interdépendante. 

Cependant, nous ne sommes pas écologiquement égaux à de nombreuses autres espèces parce que beaucoup d'autres espèces sont plus précieuses que nous au maintien de la vie sur Terre. Cela signifie concrètement qu'elles n'ont pas besoin de nous, mais nous avons besoin d'elles. Nous ne pouvons pas vivre sur cette planète sans les microbes, les abeilles, les champignons, les arbres, les poissons, le phytoplancton et les baleines. Ils se porteraient en revanche très bien sans nous. 

Certains m'ont accusé d'être anti-autochtone pour m'être opposé à la chasse baleinière de la tribu Makah de l'État de Washington, oubliant commodément que mon opposition était à l'invitation de plus d'une douzaine d'Anciens de la nation Makah et que beaucoup de membres de mon équipage étaient eux mêmes autochtones. 

Ne se revendiquer ni de droite ni de gauche ni même centriste est une position incompréhensible pour certains. Ce sont des valeurs politiquement anthropocentriques, et je rejette les valeurs anthropocentriques. Donc, pour la droite, je suis dénoncé comme gauchiste et pour la gauche, je suis dénoncé comme extrémiste de droite ou cette chose intéressante qu'ils appellent un écofasciste. 

Après toute une vie passée à travailler avec et à lutter pour les droits des autochtones d'Amérique du Nord et du Sud, des Aborigènes d'Australie et des Maoris de Nouvelle-Zélande, c'était hilarant de voir un groupe d'Européens blancs privilégiés me dénoncer sur la base de désinformation et de propagande biaisée de mon histoire, une histoire dont ils ne savent de toute évidence pas grand-chose. 

Certains m'ont accusé d'être anti-immigration, ce à quoi j'ai répondu que je ne crois pas aux frontières et que mes opinions sur l'immigration sont les mêmes que celles du défunt leader du syndicat United Farmworkers, César Chávez : l'immigration illégale est utilisée par l'agrobusiness et les entreprises américaines pour maintenir les communautés latinos dans la pauvreté, une politique qui perpétue la misère et l'esclavage moderne aux États-Unis. 

Je ne suis certainement pas nationaliste et, à mon avis, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud devraient avoir des frontières ouvertes. Un être humain devrait avoir la liberté de se déplacer sur la planète sans restriction ni persécution. 

Et bien sûr, on m’accuse d’être raciste à cause de mon amitié avec Brigitte Bardot. Pour cela, je ne présente aucune excuse. Ce que Brigitte Bardot a accompli en 1977 mit fin au massacre commercial des phoques au Canada. Parce qu'elle a parlé, parce qu'elle a utilisé sa célébrité pour faire avancer la cause, plusieurs millions de bébés phoques ont eu la vie sauve et le marché des produits en peau de phoque s’est effondré dans de nombreux pays, y compris dans toute l'Europe. Je connais très peu de gens qui ont accompli autant pour les animaux qu'elle. 

Une autre accusation est que je veux voir la population humaine réduite de huit milliards à moins d'un milliard de personnes. C'est une déformation grossière de ce que j'ai réellement dit de nombreuses fois, à savoir que si l'humanité persiste à ignorer les lois de l'écologie, de l'interdépendance et la diminution de la diversité, cela conduira à la diminution des ressources et de la capacité de charge et aura des conséquences dévastatrices sur les populations humaines qui chuteraient en deçà de 1 milliard. Je ne préconise pas une réduction forcée de la population, mais je souligne que si la croissance démographique humaine n'est pas stabilisée, cela entraînera un effondrement écologique et l'incapacité de soutenir plus de huit milliards de personnes. 

Un monde sans abeilles, sans arbres, sans herbe, sans poissons n'est pas un monde capable de soutenir tant de milliards de primates consommateurs de ressources finies. 

Énoncer des faits écologiques et exposer des réalités écologiques n'est pas anti-humain. En fait, c'est très pro-humain parce que le mouvement environnemental vise vraiment à sauver l'humanité de la folie écologique de l'humanité. 

Si mes positions politiques ne sont ni de droite ni de gauche, alors que sont-elles ? C'est très simple, mes positions politiques sont anti-guerre (peu importe la raison), anti-racisme, anti-pauvreté, anti-génocide, pro-animal, pro-plante, pro-nature, pro-enfants et pro-paix. 

Je n'ai pas besoin de me définir par les querelles incessantes et improductives entre les stupides idéologies anthropocentriques de gauche et de droite. 

Mes positions ont toujours été écologiquement correctes, c'est-à-dire conformes aux trois lois fondamentales de l'écologie - la loi de la diversité, la loi de l'interdépendance et la loi des ressources finies. 

 Aucune espèce ne peut survivre en dehors de ces impératifs écologiques. 

Mes efforts pour travailler avec les Kayapó remontent à 1989 quand j'étais aux côtés du chef Paulinho Paiakan pour m'opposer au barrage du fleuve Xingu. En 1973, j'ai servi au combat comme infirmier pendant l'occupation de Wounded Knee par l'American Indian Movement pour défendre le traité de Fort Laramie de 1868. 

Tout cela ne signifie grand-chose pour quelques centaines de blancs qui me crient "écofascisme" tout en essayant sans succès de m'empêcher de parler. Ils ont décidé que ce que je disais était inacceptable pour eux et c'est parfaitement compréhensible puisque je ne tiens pas les positions que j'exprime dans le but de plaire aux gens. Je sais que mes opinions énervent beaucoup de gens et c'est le but - forcer les gens à affronter les réalités écologiques. 

Une question qui m'a été posée était si j'avais dit que les vies de quatre cent mille phoques valaient plus que les vies de quatre chasseurs de phoques qui sont morts en essayant de tuer des bébés phoques du Groenland. J'ai dit que oui, j'avais dit ça. Pourquoi dirais-je une telle chose ? Eh bien, parce que les vies de quatre cent mille phoques valent plus que les quatre hommes qui essayaient de les tuer. Est-ce une déclaration écofasciste ? Peut-être, mais je vois ça comme une vérité écologique. La survie d'une espèce menacée est plus importante que les quelques vies d'une espèce beaucoup plus abondante. Je suis monté sur cette scène sans savoir ce qu'était un écofasciste. 

Une heure plus tard, j'en suis descendu sous les applaudissements de mille personnes et les huées de quelques centaines d'autres avec une compréhension claire que selon leurs valeurs anthropocentriques, j'étais un environnementaliste écofasciste qui aime et respecte les animaux et la nature plus que l'humanité. 

 Et à cette accusation, et si c'est leur définition, je plaide fièrement coupable. 

Capitaine Paul Watson

 

Photo : Paul Watson à la Fête de l'Huma samedi 13 septembre. - ©THIERRY LE FOUILLE/SIPA 

vendredi 2 février 2024

Crise de l'agriculture ... le bal des tartuffes

Et si on arrêtait le bal des tartuffes ? Non, ni le RN ni LR ne défendent les agriculteur.ices au Parlement Européen.... Les parlementaires LR ont voté pour le marché de libre-échange avec la Nouvelle -Zelande.... 


Le bal des faux-culs, la suite .... Il y a celles et ceux dont les élu.e.s européen.ne.s, nationaux et régionaux votent et agissent VRAIMENT en soutien aux agriculteur.trice.s ... et il y a celles et ceux qui posent des panneaux à l'envers quand leurs représentant.e.s votent à l'unanimité les textes qui détruisent à la fois la planète et les revenus des agriculteur.trice.s. 

Et pourtant … Voter pour l'ultra-libéralisme, pour le capitalisme prédateur, pour les accords libre-échangiste, voter pour la concurrence débridée puis pleurer, ensuite, contre les conséquences qui vous affectent tout en accusant les écolos d'être responsables de tous ses malheurs et réclamer à l’État providence de réparer ce que vous avez plébiscité lors de vos votes, tout en affirmant votre détestation de ce même État qui régulerait trop et surprotégerait trop, telle est la logique absurde des agriculteur.trice.s productivistes, largement électeur.trice.s de la droite qui est au pouvoir en Europe et en France totalement responsable de la jungle économique actuelle qui fait souffrir les plus fragiles. 

 

Ainsi donc on peut lire dans Reporterre du 26 janvier 2024 : "[...] Pour Benjamin, agriculteur à Saint-Sulpice-sur-Lèze, les « normes écologistes dictées par les bobos écologistes de Paris » sont responsables de leurs difficultés[...] 

heu 🤔?!?! 🤔 Je ne savais que nous étions au pouvoir 🤔 je méconnaissais notre si grande influence sur les prises de décisions. 

En temps de crise profonde, il est toujours facile de trouver des boucs émissaires. Cependant, les écologistes ne sont pas les responsables du dérèglement climatique (ou pas plus que tout le monde), de l'épuisement des sols par le labourage à outrance et les pesticides qui tuent toutes vies, de l'érosion des sols par la destruction des haies et du labour, du bétonnage des terres agricoles, de l'effondrement de la biodiversité, pas plus que des suicides, des cancers et maladies dû à l'utilisation des pesticides chez les agriculteur.trice.s, ni du mille feuilles administratif, pas plus que du non-respect de la loi Egalim ou des accords de libres échanges. 

Il arrive un moment où il faut savoir reconnaître sa propre responsabilité (c'est pourquoi, personnellement, je cherche, tous les jours, à modifier ma vie afin de ne pas être plus responsable, que ce que le système ne me l'impose, de la destruction de notre environnement et du climat) et aujourd'hui les écolos ne sont pas responsables de la situation difficile (pour ne pas dire dramatique) des agriculteur.trice.s. 

 

Entre vous et moi, si vous voulez bien comprendre l'impasse dans laquelle sont les agriculteur.trice.s aujourd'hui à cause des politiques passées et actuelles et comprendre les méandres d'un système qui, sous couvert de défendre les paysan.ne.s, en fait les broie, je ne peux que vous conseiller de lire (si ce n'est déjà fait) l'excellente enquête d'Inès Leraud "Algues vertes, l'histoire interdite". Enquête qui montre très bien que le but des financiers n'est pas de nourrir les gens mais de faire du fric. Excellente enquête qui montre bien qui sont les responsables de la difficile situation agricole en France et ce ne sont ni les normes, ni les écolos. 

 

Que l’on ne se méprenne pas, il est parfaitement clair que je soutiens l’agriculture française cependant il est clair aussi que je ne soutiens pas la FNSEA qui cogère l’agriculture française, avec les différents gouvernements actuel et précédents, depuis des décennies, non pour défendre les intérêts des paysan.ne.s mais ceux des sociétés de l’agro-alimentaires capitalistes. Je soutiens la confédération paysanne, le seul syndicat paysan qui défend, dans une logique, écologique, sociale et solidaire, les paysan.ne.s et non les multinationales, les banques ou bien encore l'agro-industrie qui étranglent, petit à petit, les agriculteur.trice.s. Pour une agriculture saine, fière et vivante, je soutiens la Conf' !!! ✊ 

Ainsi donc, à la fin de cette séquence agricole, le premier Ministre, Gabiel Attal, en voulant faire un pas vers les agriculteur.trice.s et comme pour leur donner raison, fait un doigt d'honneur aux associations de protection de l'environnement en proclamant … 

  • Moins de normes, notamment environnementales, 
  • Que le délai des recours contre les méga-bassines réduit à deux mois, 
  • Que les contrôles seront moins fréquents, ouvrant la porte à tous les abus écologiques 
  • Un moratoire sur les jachères qui permettent, un peu, de faire souffler la biologie des sols, 
  • Que les réglementations sur les haies seront réduites, 
  • Une pause « pour discuter du zonage » des zones humides 
  • Que l'OFB sera mise sous tutelle des préfets et lui ordonne de réduire sa pression sur l'agriculture. 
  • L’arrêt du plan Écophyto 2030 
  • ...

Aux problèmes de revenus des agriculteur.trice.s, Attal répond par une régression écologique. 

On savait qu'avec Macron et sa clique « l'environnement ça commence à bien faire », mais là c'est un enterrement de première classe. 

Pensez-y à chaque scrutin, si vous aimez vraiment nos agriculteur.trice.s et que vous voulez vraiment les soutenir alors cessez de voter pour l'ultra-libéralisme, cessez de voter pour le capitalisme, cessez de voter pour le libre échangisme ... 

Cessez de voter, tant en France qu'en Europe, pour la droite et son extrême qui détruisent le monde agricole en mettant les européen.ne.s en concurrence les un.e.s avec les autres sans harmonisation sociale et salariale. 

Dès lors la concurrence est biaisée et déloyale, impossible et mortelle pour nos agriculteur.trice.s. La droite, au pouvoir partout, a oublié que l’on ne bâtît pas une communauté sans règles sociales communes. 

Cessez d'être complices des politiques de droite qui détruisent les paysan.ne.s. votez pour une France et une Europe Écologique, sociale et solidaire.

samedi 12 juin 2021

Vos petits-enfants sont devenus fous !!!


La montée des idées d’extrême droite dans la société française est vertigineuse. Idées d’extrême droite, c’est-à-dire idées racistes, autoritaires, nationalistes, sécuritaires et violentes. Chaque semaine, une nouvelle limite semble être franchie : des hooligans d’Action française envahissent le conseil régional d’Occitanie, des généraux à la retraite évoquent l’intervention de l’armée pour la « protection de nos valeurs civilisationnelles », une manifestation de policiers se déroule devant l’Assemblée nationale en présence du ministre de l’Intérieur alors que les manifestants conspuent la justice, un « vidéaste considéré comme un humoriste », selon Le Figaro, Papacito, montre avec des armes comment tuer un militant de gauche, Éric Zemmour a table ouverte sur CNews pour propager la théorie du "grand remplacement", etc. … nous dit ,en préambule, Hervé Kempf dans son édito de Reporterre du 12 Juin 2021. 

Hervé Kempf a raison et c’est effrayant, même les petits-enfants des déporté.e.s s’imaginent voter pour l’extrême-droite. 

Et la Gauche est en dessous de tout, incapable de s’organiser pour offrir une alternative heureuse et généreuse, un avenir désirable, face à l’avancée des idées fascisantes. Car en effet, s’il me faut reconnaître que les idées écologistes ont infusé la société, il nous faut admettre, qu’en parallèle, les idées du Front National, se sont implantées à une vitesse vertigineuse. La Droite ne s’imagine même plus comme un rempart à son extrême, elle se couche devant elle. Le Front National a gagné la bataille des idées et c’est dramatique. 

Ce n'est pas pour défendre le fossoyeur des chances, de la Gauche et des écologistes, à changer l'avenir du pays, mais, à bien y réfléchir, ce qu'a dit Méluche n'est pas totalement stupide. Je ne sais pas si le gouvernement ou si les fachos ont prévu de faire perpétrer un attentat ou un assassinat (en fait je n'y crois pas, je ne crois pas au complot), mais il me semble que ce qu'a dit (mal et maladroitement) Méluche c'est qu'il n'y a rien de mieux, pour faire pencher les électeurs, 6 mois avant les élections, vers le toujours plus sécuritaire, que de leur servir un bon gros fait-divers qui va bien formater les émotions et donc les votes. Là-dessus les partisans de l'ordre, de la sécurité, du travail, de la famille et de la patrie peuvent se reposer sur leurs idiots utiles que sont les violents, les idéologues de tous poils et les prêcheurs de haine. Ces idiots utiles, croyant déstabiliser la République en fomentant des actes violents, ne font que renforcer les comportements de défenses immunitaires, de répression, d'atteinte aux libertés (pour notre sécurité nous assurent-ils), de recherche de Bouc-émissaires, avec la bénédiction de citoyens de plus en plus nombreux. Citoyens qui, croyant se protéger derrière ceux qui hurlent plus forts, qui désignent à l'emporte-pièce les faux coupables, qui parlent haut de démocratie sans l'aimer, vont faire le jeu du désordre, de la haine et de la guerre. 

Charles, Winston, réveillez-vous !!! Ils sont devenus fous !!!! Charles, Winston et tous les autres pourquoi vous êtes-vous battus ? Quelles sont ces causes immenses qui vous ont mobilisé et qui aujourd'hui ne semble plus être des priorités ? La liberté ? La démocratie ? L'offrande de vos braves innocents en valait-elle la peine à la vue de votre descendance indigne, inculte et amnésique ? Le fascisme bon teint et décomplexé s'enracine un peu plus chaque jour en France, bafouant vos combats et les sacrifices des héros. La giffle (inadmissible) sur un président est plus grave, pour les commentateurs, que la mise à mort (même symbolique), au peloton d'exécution d'un militant communiste. Pourquoi pas un juif aussi ? Pourquoi pas un homosexuel également ? Pourquoi pas un enfant trisomique pendant qu'ils y sont ? Les héritiers de vos ennemis ont tribune ouverte, chaque jours, dans les médias des médiocres et y déversent leurs tombereaux d'aigres vacuités sépulcrales. Les nazis d'aujourd'hui sont sortis de leurs caves moisies d'opprobres et de hontes, pour exposer au grand jour et sous les sourires complices de Monsieur Blanc-cassis, leurs funestes idéologies. La France a été un pays de collabos, aujourd'hui leurs petits-enfants n'ont plus que cela comme rêves ... faire comme grand-papa. Vous parlez d'un idéal ! Vous avez combattu la haine et aujourd'hui vos petits-enfants s'y vautrent, vous avez combattu pour la démocratie et aujourd'hui vos petits-enfants la conchient. Charles, Winston, réveillez-vous, vos petits-enfants sont devenus fous.

samedi 10 avril 2021

Les "jeunes pour le climat" veulent une union de la gauche en 2022

Youth for Climate Paris, l'émanation française du mouvement de la jeunesse pour le climat initié par Greta Thunberg, appelle dans cette tribune à l'union des gauches pour la présidentielle de 2022. "Nous ne nous reconnaissons pas dans les guerres d'égo qui animent les candidatures de gauche", écrivent-ils notamment, appelant à traduire l'union qu'ils constatent sur le terrain par une unité politique. 
 

Nous, jeunesse pour le climat, n'appelons aucunement à voter pour un parti et ne soutenons aucun parti. Mais aujourd'hui nous devons être réalistes et prendre en compte qu'une candidature de gauche unie, certes imparfaite, reste de loin meilleure que Macron ou Le Pen et permettrait de sauver de nombreuses vies humaines et non humaines à court, moyen et long terme. 
 
Nous devons nous refuser à laisser les appareils de pouvoir à la droite et sortir de notre impuissance politique qui s'incarne par le cycle infernal de défaites politiques que nous encaissons, entre LPPR, réforme des retraites, lois contre le 'séparatisme', ou aide pour le permis de chasse, qui mutilent humains et non humains. 
 
En délaissant les institutions politiques et étatiques à l'idéologie de l'oppression, autrement dit la droite, nous entrons dans un cercle vicieux où nos combats ne consistent plus qu'à rejeter la défaite, c'est-à-dire que ce que nous considérons aujourd'hui comme une victoire est en réalité une non-défaite, renvoyant en plus à un imaginaire qui rendrait désirable notre société actuelle. Nous affirmons ainsi partout que nous voulons à tout prix filmer les flics alors que c'est la violence étatique qui est le cœur du problème ; nous luttons contre la réforme des retraites en affirmant que notre système est l'un des meilleurs du monde alors même que nous sommes conscients de la précarité de nombre de nos retraités. Nos luttes se contentent de réagir à l'actualité que les dirigeants nous imposent, et qui nous empêche de gagner du terrain. Nous devons dépasser cette position défensive et gagner une capacité d'initiative en nous appuyant sur des perspectives alternatives tangibles. 
 
Une conception matérialiste du monde exige de nous le fait de voir le réel en face sans l'usurper. Nous en arrivons à la conclusion que si nous voulons sortir de ces cercles vicieux pour former des cercles vertueux, ce qui apparaît aujourd'hui comme une nécessité, il nous faut avoir des dirigeants à la tête des appareils étatiques qui soient les personnes les plus proches de nos idées. Un mandat clair précisera la mission à remplir dans ces organes. Il s'agira notamment de contrôler les orientations politiques qui y seront décidées. Cela impliquera de ne plus avoir à centrer nos luttes sur des reculs que nous font concéder les gouvernants, et ainsi mener une politique de conquête à travers le militantisme. C'est pourquoi nous voulons une union de la gauche en 2022 et nous croyons que s'insérer dans cette lutte précise est une condition sine qua non pour l'avancée concrète de nos luttes de manière générale, à travers les modes d'actions spécifiques à nos mouvements. 
 
Nous ne nous reconnaissons pas dans les guerres d'égo qui animent les candidatures de gauche, nous sommes lassés de voir celles et ceux qui prétendent représenter la gauche se battre entre elle et eux, et avoir comme objectif unique de se mettre en avant, leur personne et leur parti. Les luttes progressistes découlent dans leur ensemble de récits menés collectivement. Sur le terrain nous ne cessons pas de nous rapprocher, de travailler ensemble, de faire des alliances, de s'écouter et de se prêter nos voix. Le gage de notre réussite réside en un rapprochement sur le terrain politique également. 
 
À vous qui prétendez représenter la gauche : vous ne représenterez rien ni personne tant que votre seul objectif sera de mettre en avant votre parti. Il en va de vos responsabilités."
 

jeudi 26 mars 2020

Ce petit virus touche même les riches !

Je publie, ici, un texte qui m'a été passé via facebook et intitulé "Le billet d'humeur d'Alain Damasio", mais sans référence qui permette de vérifier que ce texte est bien de lui, je ne peux donc affirmer assurément qu'Alain Damasio en est bien l'auteur. Cela étant dit l'important n'est pas véritablement son auteur mais ce qui y est dit et que je partage entièrement ces lignes.

"Ce qui est hallucinant, c'est comment un minuscule virus à létalité finalement assez faible arrive à bouleverser l'ordre économique mondial en un mois.

Soudain, ce qui était décrété totalement impossible devient la norme : la BCE lâche 750 milliards d'euros, excusez du peu, comme une fleur. On trouve de l'argent partout pour les chômeurs partiels, les PME sont réabondées, la santé devient bien national intouchable, c'est tout juste s'ils nous annoncent pas qu'on va revaloriser les retraites de 20% ! Ça montre que tout n'est que question de choix, de priorité sociale et politique. Et qu'on nous a menti éhontément pendant des années — mais évidemment on le savait.

Les pauvres peuvent bien crever du cancer, de l'amiante, de la pollution, de conditions de travail scandaleuses qu'on connaît depuis toujours, les salariés se suicider dans leurs boîtes à management harcelant, ça leur en touche une sans bouger l'autre alors qu'on parle ici de 10 à 15 000 morts rien que pour les effets du chômage.

Mais là attention, c'est différent, hein : ça touche tout le monde, ce petit virus, ça touche même… les riches ! comme les pauvres et même davantage les riches que les pauvres car les riches bougent, voyagent, ils serrent des mains, organisent des réunions, commercent, ils sont mobiles, agiles, ouverts, cosmopolites, transnationaux, urbains, alors ils dérouillent leur mère et ça leur fout les jetons. Et on ne peut pas laisser les riches crever comme des salauds de pauvre quand même, faut pas déconner non plus, faut que les statuts soient maintenus, si l'égalité face à la mort devient la norme, où va-t-on, hein ?

Alors on met le paquet ! On note en passant, mais sans y faire gaffe alors que c'est l'info la plus importante selon moi de l'épidémie, qu'il y a aura au final moins de morts en Chine que les années précédentes grâce au coronavirus et malgré les morts qu'il fait, tout simplement parce que la décroissance forcé de la production et des échanges a limité fortement la pollution en Chine, mais ça, c'est secondaire, ce sont des chiffres pour les pauvres, les riches ont les moyens de se ressourcer, de se protéger et de vivre ailleurs que dans les sites les plus pollués donc ces morts là ne comptent pas.

Il est très probable que tous les états européens renationalisent leur compagnie aérienne, à commencer par Air France pour éviter qu'elle coule corps et biens. Il y a trois mois, on cravachait encore à collecter des pétitions pour éviter qu'ils privatisent Aéroport de Paris, vous vous souvenez ?

Et il est hautement probable qu'on ait un pur retour keynèsien avec relance de la consommation intérieure pour sauver l'économie et nationalisations multiples. Les néolibéraux restent des pragmatiques et savent qu'en cas de catastrophe, seul l'État peut sauver le business et se comportent en socialistes parfaits à ce moment là.

Moi j'ai juste envie de pendre tous les patrons qui chialent pour leurs chiffres d'affaires, et mendient des subventions de l'État, avec leurs tripes.

Et à ma connaissance, les plus touchés de tous, les intermittents, rien n'est prévu pour eux !! La culture peut bien aller se faire foutre. De toute façon, les intermittents sont de sales gauchistes et le spectacle vivant est un business trop secondaire.

Bref, je comprends qu'on s'attache à savoir si l'on est contaminant et à flipper de toucher une poignet de porte et à gueuler sur les gens qui jouent pas ou mal le jeu en ripaillant sur la plage d'en-vau, mais faut déjà se projeter sur l'après et faire en sorte qu'ils n'utilisent pas la récession massive qui vient pour nous étrangler plus que jamais.

Ce qu'on a fait pour le corona, faut le faire pour le réchauffement et la transition écologique, oui, s'appuyer dessus, en faire un étendard du "tout est possible si on le veut".

Et se rappeler que lorsque quelque chose touche les classes dirigeantes directement, les rend à leur tour vulnérables (cf nb de députés touchés, cf Jacob, Dati; Estrosi, Vassal ...), là, comme par enchantement, ça devient priorité nationale "pour tous". Je vous parie un billet que le virus ne toucherait pas les CSP++, la réaction aurait été totalement différente".

Illustration de la fable de La Fontaine, "Les animaux malades de la peste"

vendredi 3 mai 2019

La fête du travail est celles des droits des travailleurs à vivre !!!



"Toujours prêt à décrocher le pompon, Emmanuel Macron, le prêcheur de la République, transforme le 1er Mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses en lutte pour leurs droits - en fête du travail, de la patrie et du productivisme ... La famille n’est pas loin." nous dit, sur facebook, Esther Benbasa à la parution du tweet du président Macron à l'occasion du 1er mai.

Et en effet, pour moi, la fête des travailleurs est là pour nous rappeler que la vraie vie, celle qui a du sens n'est pas celle enchaînée au poste de travail pour produire des choses mortes, des choses inutiles, des services imbéciles, pour produire de la richesse chez les capitalistes mais, bel et bien, celle que l'on trouve auprès des amis, de la famille, de la nature, de la culture, de l'engagement humaniste et pacifiste. Le travail est evidement nécessaire, mais il faut le laisser à sa place car définitivement il ne sert à rien de perdre sa vie à la gagner.

Mais, je laisse à Jean-Louis Alessandri, la place dans cette publication car je ne saurais mieux dire les choses.

"Putain de Travail!


Depuis quelques années déjà, la réthorique sur le 1er mai tend à faire célébrer le travail. Du “vrai travail” de Pétain à Sarkozy ou encore le dernier tweet de Macron tendent à dévoyer le réel sens de ce jour hautement symbolique pour les travailleurs. Il ne s’agit pas de célébrer “ceux qui aiment le travail” ou le “chérissent parce qu’ils produisent” 1. Au delà du caractère apophasique de cette remarque qui sous entend que le travail est synonyme de “plaisir”, (on aime ce qui nous plaît, on chérit ce qui nous est cher), et que donc seuls les “amoureux” de leur travail, ceux qui le placent au dessus de tout le reste comme valeur humaine, sont les vrais travailleurs, il est évident que cette forme de langage cherche à nous faire penser que nous célébrons le travail tous les 1er mai. Néanmoins, il n’en est rien. L’histoire du mouvement ouvrier depuis le 19ème siècle cherche à s’émanciper du labeur. Au vu des chiffres d’une étude menée en Grande Bretagne, où 49% des travailleurs haïssent leur emploi, il est évident que le travail, pour une moitié d’entre nous, ne revêt pas ce caractère “amoureux” que les politiques veulent nous laisser croire. La révolution industrielle ayant fortement changé le paradigme économique a transformé le terme “métier” en “emploi”. Changement sémantique hautement symbolique puisque l’emploi revêt une idée de “tâche” accomplie étant évaluée à une rémunération, le terme métier, lui, implique une formation, des compétences et des qualités reconnues par la société toute entière. La vision de la société sur le “travail” est devenue biaisée et la horde de travailleurs pauvres n’a fait qu’augmenter tout au long des décennies. Certes, il est évident qu’un travail constitue une forme d’émancipation sociale il n’en reste pas moins que l’idée “de chérir” le travail n’est pas nécessairement en lien avec ce que les travailleurs pensent de leur emploi. Si ce n’est donc as le travail que l’on célèbre le 1er mai, qu’en est-il?

La lutte ouvrière s’est faite dans le sang et les larmes. C’est le combat pour la réduction du temps de travail, pour de meilleures rémunérations, des conditions de labeur plus humaines qui ont été au centre du mouvement ouvrier et syndicaliste. Peu de revendications sociales se basent sur “Aimer son travail”, “le chérir”. Il n’est certes pas incompatible de travailler et d’aimer ce que l’on fait tous les jours, mais pour cela, il faut que les conditions d’emplois soient suffisamment “humaines”. On ne peut aimer ce qui fait souffrir, ce qui ne nous rend pas heureux.

Les manifestants de Hay Market de 1886 tombés sous les balles de la police de Chicago, de Trafalgar Square et du premier Bloody Sunday de l’histoire, le 13 novembre 1887 où 300 manifestants furent arrêtés après avoir vu tomber trois des leurs sous les tirs de la police londonienne, des mineurs de Decazeville en 1886; de Marie Blondeau à Fourmies en 1892, tombée, parmi huit de ses camarades sous les balles des fusils Lebel, des grèves des mineurs à Pontypryd au Pays de galles matées par la troupe, des cheminots dans la vallée de la Rhonda et Tonypandy battus à mort pour certains par les Bobbies anglais, ont tous le point commun d’avoir lutté pour une réduction du temps de travail, des meilleurs salaires et des conditions de labeur humaines. Tous ces événements ont été entachés du sang des manifestants, des exécutions sans preuves et des arrestations. Car, comme le Procureur de la République le dira au sujet des journalistes Roche et Duc Quercy : "Ils ont soutenu des théories sociales. Or, le socialisme est un vain mot"

Un vain mot, voilà ce que le pouvoir a toujours pensé de la lutte ouvrière, une vaine lutte, c’est ÇA le 1er mai, la commémoration de ces luttes ouvrières, de ces tombés sous les coups de buttoirs des différents états, non pas l’amour du travail et de ceux qui le chérissent. Les ouvriers chériront leur travail lorsque leurs revendications sociales, légitimes seront entendues. Que la 7ème puissance mondiale se regarde enfin en face, qu’elle analyse la situation et alors le peuple aimera son travail, le chérira. Jusque là, le 1er mai sera le jour de la commémoration des leurs tombés pour leurs droits à vivre dignement de leur labeur.

mardi 1 mai 2018

Il y a 170 ans, l’esclavage était définitivement aboli en France.


Aboli par la Convention le 24 février 1794, l’esclavage avait été rétabli par Bonaparte en 1802. Quand la République est proclamée, en 1848, le Gouvernement provisoire, « considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine », y met fin définitivement. C’est un décret du 27 avril 1848, qui a aboli définitivement l’esclavage en France. Une victoire pour Victor Schœlcher « Elle n’a plus d’esclaves. Enfin la France a le bonheur d’être une République. ». Victor Schœlcher a participé à l'abolition de l’esclavage par décret, parce que l’Assemblée Nationale constituante n’etait encore réunie le 27 avril 1848. Elle confirmera la mesure à l’article 6 de la Constitution de la IIe République : « L’esclavage ne peut exister sur aucune terre française. ». Auteur du décret abolissant l’esclavage, Victor Schœlcher fut élu député à la Martinique et en Guadeloupe. Il opta pour la Martinique, ce qui fit entrer à l’Assemblée son colistier guadeloupéen Louisy Mathieu, un ancien esclave.

Mais à l’occasion de la commémoration de l'abolition de l’esclavage on voit fleurir des prises de positions qui refusent une certaine forme de repentance et une négation des mécanismes toujours en œuvre dans notre pays et qui sont issues de notre passé colonialiste et esclavagiste. : « Je ne vois aucune raison d'exprimer du regret pour un acte que je n'ai pas commis. Je ne suis responsable que de mes actes propres ainsi que de ceux de mes enfants. Point final. Merci de nous préserver de ce fardeau trop lourd qui ne nous appartient pas. » Mais qui parle de repentance, therme inventé par l’église catholique et repris par François Fillon ou bien encore Nicolas Sarkozi, lors de la dernière campagne présidentielle afin de justifier les bienfaits de la colonisation ? La repentance, ce mot systématiquement utilisé par la droite et les négationnistes... « Pour moi il n'y a pas de repentance à avoir et je suis de droite. C'est juste un moment T de l'histoire. J'assume ma position sans complexe et l'argumente » me dit Gilles Boutiron sur facebook

Pani pwoblèm’ Gilles, mais ceci dit, non, l'esclavage ne fut pas « juste un instant T de l'histoire », car à partir du 14ème siècle, l'Europe, dans sa soif de conquêtes va faire basculer l'Afrique dans une nouvelle ère. Avec les européens, la traite n'aura plus rien de comparable avec tout ce qui s'est passé auparavant. Le trafic d'êtres humains se resserre exclusivement sur l’Afrique équatoriale et par les moyens mis en œuvre, le nombre des déportations atteint des niveaux inégalés jusque-là. Non, l'esclavage ne fut sûrement pas « juste un détail de l’histoire » car cette traite et ses exactions, ses génocides et ses dominations, qui ont suivi, ont forgé des mécanismes de pensées qui sont encore à l'œuvre aujourd'hui. Michel Leeb, pour ne pas le citer, s’étonne toujours que l’on puisse trouver son sketch, « l’Africain », raciste alors qu’il l'a joué devant des publics africains et que ces derniers lui auraient simplement fait des remarques sur l’origine de son « accent africain ». L'humoriste et son sketch, se révèlent comme de formidables exemples de cette culture collective, blindée de clichés racistes, d’ignorance, de condescendance et de suprématie blanche issue de la colonisation et de l’esclavage. Ainsi la politologue, historienne et féministe française, Françoise Vergès reprend la déclaration de Michel Leeb qui évoque l’origine du blues, du jazz, du gospel et qui, selon lui, « l’Africain part des tribus africaines qui étaient prises par les Américains à l’époque comme des esclaves et là, ils ont créé leur monde à eux ». « l’Africain » ce tout abstrait ne « part » pas pour être ensuite « pris » par « les Américains » mais fut capturé, enfermé, déporté, vendu, maltraité par les européens. En vérité, la France aura été la deuxième puissance de la traite transatlantique, Nantes son premier port de traite.

Esclaves, une main d’œuvre maltraitée et crainte.

Sur les plages des caraïbes les captifs débarquent en tant que noirs dans un monde dominé par les blancs. Les noirs ne sont plus du Congo, ou de telle ou telle tribu, ils sont des noirs. De même, les marins ne sont plus de Londres, de Nantes ou de Bordeaux, mais ils sont les blancs. Ce qui se construit dans l’esclavage atlantique et ce qui est différent par rapport aux autres systèmes d’esclavages, c’est la construction de la race. Il y a le blanc-maître et l’esclave-noir. Ce terme de « blanc » n’existe pas avant les sociétés esclavagistes. Le terme de « blanc » se construit précisément dans les Antilles au 17ème siècle et a permis la construction de catégories raciales que nous utilisons toujours actuellement (noirs, blancs, métisses, …). La « race » est une arme de soumission, elle sert à graver dans la chair, la prétendue infériorité des uns et l’infinie supériorité des autres. Coupés de leurs racines, les noirs ne constituaient plus qu’une masse servile, sans nom et sans repère, que le « code noir » ne protégeait en rien, tant les sévices et tortures des maitres blancs n’étaient jamais condamnés. L’espérance de vie des esclaves dans les plantations était de 10 ans. Mal nourris et travaillant de 12 à 15 h par jour, les esclaves maigrissaient à vue d’œil. Leur espérance de vie était de 30 ans mais physiquement en paraissaient 70.

A la fin du 18ème siècle, aux Antilles et au Brésil, les noirs étaient largement majoritaires en nombre. Ils étaient partout, dans les champs, dans les commerces, dans les habitations et cela a commencé à développer une peur paranoïaque chez les blancs minoritaires. Une peur de la rébellion. Une peur de l’assassinat … et la révolte de St Domingue de 1791, qui dura 12 ans, leur donna raison et infligea à Napoléon sa première défaite militaire. Avec la proclamation de la première République Noire, qu’est aujourd'hui Haïti, la victoire de ces esclaves fait peser la peur de la contagion révolutionnaire à toutes les plantations. Cette peur et cette méfiance du noir se sont propagées jusqu’à nos jours dans l’inconscient collectif, même si personne n’acceptera cette idée surtout pas « le raciste non raciste », selon la qualification de Françoise Vergès. A l’instar de la peur du loup, la méfiance vis-à-vis de la personne noire explique encore aujourd’hui beaucoup de choses. Peur que l’on a vu suinter chez les afrikaners, lors de l’accession au pouvoir de Nelson Mandela en 1994 et qu'il s'empressa de rassurer. Et si l'on y réflechit un peu plus, on se rend compte que ce malaise, cette peur irrationnelle, cette méfiance xénophobe, chez l'Homme blanc, vis-à-vis des noirs se rapportent, en sourdine et dans les inconscients, à tous les anciens peulpes colonisés qui finiront tous par se rebeller. Notre société blanche se méfie, sans le dire, sans l'avouer du  « péril Jaune » ou de « l'arabe » qui sont tous vus (cf. les dernières revendications des Français d'orgines asiatiques qui veulent en finir avec les clichés et les préjugés) comme des citoyens annexes. La colonisation se répércute encore et toujours dans notre présent comme un retour de boomerang.

La liberté mais rien de plus !

A partir de la moitié du 19ème siècle, alors que l’esclavage illégale se poursuivait à partir de Zanzibar, s’est développée une idée que l’esclavage, acte condamnable pour les humanistes français ou anglais, était l’œuvre des autres. Aux yeux des philanthropes des plus grandes nations esclavagistes, la barbarie de la traite est maintenant celle des autres. A Zanzibar cette infamie devient celle des marchands arabo-Swahilis et ne concerne plus l’Europe qui s’est rachetée une virginité par la mission civilisatrice de la colonisation. Mais la colonisation de l’Afrique qui suivit, au 19ème siècle, ne fit que remplacer l’esclavage par le travail forcé et imposa la dogmatisation de la notion de « race » afin de faire accepter à l’Afrique - vue comme un tout homogène, reléguée au bas de l’échelle de l’humanité - et aux européens, la supériorité de l’Homme blanc sur l’Homme noir. Avec sa cohorte de médecins, d’anatomistes et de cadres coloniaux, l’Europe se sert de la « race » comme d’un outil scientifique pour justifier sa domination et les bienfaits de la colonisation. Ce mot « race » que beaucoup utilisent encore, alors qu'il n'a aucune consistance scientifique, peine à être éliminé du language quotidien pour parler de l'espèce humaine.

Aux yeux des Français ou des Anglais, les pays d’Amérique étaient inférieurs car ils toléraient l’esclavage. Quant aux africains, ils étaient hors-jeux. En 1865, les Etats-Unis proclament l’abolition de l’esclavage mais pas la ségrégation. La liberté mais rien de plus !

Aujourd’hui, encore beaucoup en France, minimisent le rôle de notre pays et l’ampleur de la traite Atlantique. Ils préférent montrer du doigt, à l’instar de Gilles Boutiron sur Facebook, la traite arabe et dire que (je cite) « l'esclavage ne fut pas un génocide. Les esclaves étant considérés comme valeur mobilière dans le code noir, je ne vois personne ayant intérêt à massacrer ses biens. »

Tourner cette page de l'histoire pour vivre sereinement. C'est du passé très lointain

Non, ce passé n’est pas si lointain que cela car il concerne les arrières-arrières-grands-parents de mes enfants et l’esclavage, ce système criminel, a façonné notre monde d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, au Brésil, aux Etats-Unis ou ailleurs, le simple fait d’être jeune, noir et pauvre peut vous conduire à être abattu en pleine rue. Aux yeux des classes dirigeantes, les jeunes noirs seront toujours rien que des noirs, potentiellement tous des bandits, tous des sous-citoyens, dévisagés à cause des cheveux, des accents ou de l’endroit où ils vivent. La classe dirigeante a toujours des préjugés et 130 ans après l’abolition de l’esclavage, les afro-brésiliens restent la population la plus pauvre du pays. Des citoyens de seconde zone dans un monde clivé entre noirs et blancs.

En France, de nos jours, les plafonds de verre existent toujours pour les noirs, pourtant libres et égaux en droit dans notre pays. Ces plafonds de verre sont la résultante de notre culture collective pas assumée et que le politiquement correct ou la négation des évidences ne brisent pas. Les antillais subissent encore l'esprit du BUMIDOM, pourvoyeur du « Rêve Français », en métropole où ils et elles sont « relégués » aux jobs de services aux blancs (infirmières, postiers, jardiniers, laborantins, faire-valoirs dans les films, ...) jamais de postes à responsabilités … sauf à la marge. Plus on monte dans l'échelle des hiérarchies, plus la couleur s’éclaircie et plus il y a de testostérone. Rien n'est encore réglé dans les esprits métropolitains. C'est désagréable à entendre mais c'est la cruelle réalité. « Monsieur Leeb et ses nombreux compagnons et compagnes du monde raciste non raciste ne se sont jamais demandé ce qu’être Blanc leur donnait comme privilèges. […] Le racisme structurel, ce sont les crimes racistes impunis, la manière dont le racisme contamine la société, la culture, les arts, la politique, dont il constitue un obstacle à l’égalité, impose des critères de beauté, d’intelligence, de succès. » relève Françoise Vergès. Quant à tourner la page, si les « testings » ne montraient pas qu'avec la peau noire ou un nom arabe, il est bien plus difficile de décrocher ne serait-ce qu’un entretien, alors oui, nous pourrions commencer à nous dire qu'il est temps en effet. Mais tant qu'il faudra deux fois plus d’énergie à un noir, pour démontrer ses qualités, qu'à un homme blanc des beaux quartiers, parce que les vieux schémas coloniaux et suprémacistes blancs sont toujours à l'œuvre chez nos dirigeants, alors non, nous ne tournerons pas la page. Ce problème social et bien un problème racial.

Mais ce n'est pas en le ravivant sans cesse que cela arrangera les choses.

Et puis « le raciste non raciste » a deux ou trois arguments qu’il répète à l’envi : « Je ne suis pas raciste, ma meilleure amie est noire (ou arabe) », « On ne peut plus rire de rien », « Mais ça fait rire des Noirs ! (des Arabes, des gays, des femmes…) ». Ainsi donc on laisse aux noirs le soin de supporter les affronts de l'histoire qui impactent encore leur vie pour ne pas raviver une mauvaise conscience chez nous ? La France a vraiment un problème pour assumer son passé d'oppresseur. Cela me fait penser à la polémique qui est apparue lors de la sortie du film « Indigènes » où les braves gens disaient qu'il ne servait à rien de raviver les douleurs issues de la guerre d'Algérie. Cela, alors que l'on n'hésite jamais à parler de l'oppression Nazie... mais c'est vrai que là, c'etait nous les victimes. Moi j'appelle à ce que l'on regarde notre culture collective en face et qu'on accepte, pour mieux les combattre, ce que cela induit dans notre quotidien comme mécanismes ségrégationnistes ... même light pour l'immense majorité d'entre nous ... cela est très bien décrit dans le documentaire de Lucien Jean-Baptiste « pourquoi nous détestent-ils ? » ou bien encore dans le livre « Noire n'est pas mon métier » où seize actrices noires dénoncent, un racisme latent dans le cinémas français où « l'imaginaire est encore empreint de clichés hérités d'un autre temps » comme l'explique l'actrice Aïssa Maïga, co-autrice de ce livre.

L’objet de ce texte était donc de poser, de nommer le problème afin de se donner les moyens de le résoudre, d’essayer de faire comprendre que dans notre pays nous n’avons pas encore su analyser nos blocages collectifs issus d’une colonisation et d’un esclavagisme national pas assumés. En effet, si nous parvenons parfaitement à dire que les problèmes raciaux et stigmatisants qui engendrent violences et ségrégation aux Etats-Unis, proviennent de l’histoire esclavagiste de ce pays, il est toujours étrange de remarquer que ce mécanisme est nié dans la Patrie des Droits de l’Homme. L’esclavage n’a pas existé à cause du racisme, mais c’est l’histoire du racisme qui est liée à celle de l’esclavage. Ainsi, si nous nions cela, il nous est parfaitement impossible de détricoter les mécanismes de pensées ségrégationnistes issus de notre pensée collective, héritage des structures fondamentales des sociétés esclavagistes. Dès lors,  si nous nions cela, jamais les murs ne pourront s'effondrer, les plafonds de verre se briser et le vivre ensemble de prendre tout son essor pour une vie durable, fraternelle et pacifique. De ce que l’on fera de ces inégalités, cela dépend complétement de nous.