"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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mercredi 1 octobre 2025

Nous sommes tous et toutes atteint.e.s du syndrome de Diogène

Imaginez un appartement dont chaque pièce déborde de déchets. Les couloirs sont encombrés de sacs plastiques, les fenêtres obstruées par des montagnes d’objets inutiles, l’air est irrespirable, saturé de poussière et de moisissures. Le sol craque sous le poids des accumulations, les murs suintent l’humidité, et pourtant, le locataire refuse de jeter quoi que ce soit. Il reste là, à vivre dans son propre cloaque incapable d’agir pour retrouver un logement sain. 

Maintenant, agrandissez cette image à l’échelle de la planète : Bienvenue chez nous ! 

Nous vivons aujourd’hui sur terre littéralement au milieu de nos déchets. Les produits chimiques suintent dans nos sols et polluent les eaux, les pesticides imprègnent nos assiettes, les microplastiques et métaux lourds s’accumulent dans nos foies, reins et cerveaux, les PFAS circulent dans notre sang, les suies des mégafeux noircissent nos poumons, les dioxines corrodent nos cellules, les perturbateurs endocriniens sabotent nos hormones. Chaque bouffée d’air est un cocktail toxique, chaque gorgée d’eau un mélange de résidus industriels, chaque bouchée de nourriture un concentré de nos propres poisons. Nous sommes devenus les cobayes d’une expérience monstrueuse : celle d’une civilisation qui, jour après jour, s’empoisonne elle-même ainsi que le reste du vivant. 

Le syndrome de Diogène, c’est nous. Comme le malade qui s’accroche à ses ordures, nous nous cramponnons à ce qui nous détruit. Nos "trésors" à nous, ce sont les énergies fossiles qui réchauffent notre atmosphère, l’agriculture intensive qui stérilise nos sols et pollue les eaux, la surconsommation qui remplit nos décharges. Nous préférons l’enfer connu de notre modèle toxique à l’effort d’un changement. Nous tergiversons, nous débattons, nous reportons, comme un malade qui tripatouille ses déchets plutôt que de se prendre en main, alors que son logement pourrit autour de lui. 

Les scientifiques ont identifié des lignes rouges : neuf limites planétaires, les seuils à ne pas franchir pour que la Terre reste habitable. Nous en avons déjà pulvérisé sept. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les sols se transforment en poussière, les océans deviennent des soupes acides, l’air irrite nos poumons… Nous vivons en surrégime, comme un Diogène qui continue à entasser des ordures dans un studio déjà saturé, jusqu’à ce que le plafond s’effondre. 

Les conséquences ? Elles crèvent les yeux. Des maladies qui explosent, des canicules qui tuent, des sécheresses qui transforment les terres fertiles en déserts, des inondations qui noient nos villes, des forêts aux arbres malades et des campagnes sans vie. Pourtant, nous faisons semblant de ne pas voir. Nous parlons de Mars, de colonies spatiales, de terres promises ailleurs dans l’univers. Mensonge ! Aucune planète de rechange ne nous attend. Aucune arche spatiale ne viendra nous sauver. Nous sommes destinés à vivre ici, dans cette maison qui fut si belle et que nous souillons méthodiquement, comme un malade qui s’évertue à pourrir son propre appartement devenu insalubre. 

Les limites planétaires ne sont pas des théories. Ce sont les murs de notre maison qui aujourd’hui se fissurent et qui s’effondrent 

Nous aimons nous croire indépendants, maîtres de notre destin. Illusion ! Quand les forêts canadiennes brûlent, ce sont nos poumons en Europe qui suffoquent. Quand les plastiques envahissent le Pacifique, ils finissent dans nos estomacs. Quand les pesticides exterminent les abeilles, nos assiettes se vident. Nos choix ont des répercussions en cascade. Les gaz à effet de serre que nous crachons ne restent pas au-dessus de nos têtes : ils voyagent, s’accumulent, réchauffent la planète, font monter les océans, déclenchent des catastrophes à des milliers de kilomètres. 

Nous ne sommes pas des îles, tout est interdépendant ; nous sommes une sous-partie d’un seul organisme planétaire aujourd’hui intoxiqué, asphyxié, au bord de l’effondrement. Notre bien-être est indissociable de celui de la Terre. Nous vivrons sainement seulement dans un environnement sain, et misérablement dans un environnement misérable. Mais apparemment nous sommes tous enchaînés à ce système délétère que nous avons créé, comme les chaînes d’un Diogène qui l’attachent à ses déchets. 

Nous avons bâti une civilisation sur une illusion : celle d’une planète toujours capable d’absorber les fruits pourris de notre mode de vie moderne. Or, la physique et la chimie, elles, ne plaisantent pas. Elles ne se soucient ni de nos beaux discours, ni de nos promesses électorales, ni de nos tergiversations, ni de nos espérances. Elles agissent, implacables. Et leurs effets sont déjà là : effondrement des écosystèmes, multiplication des catastrophes, empoisonnement généralisé. 

Il n’y a pas de négociation possible. Soit nous changeons, soit nous disparaissons. Soit nous nous soignons de notre syndrome généralisé de Diogène, soit nous serons ensevelis sous nos propres immondices, étouffés dans notre maison transformée en décharge géante. 

 Christophe B. 

vendredi 23 juin 2023

Les quatre Titanic

Jacques Attali dit, dans une plus belle langue que moi et avec plus de talents, ce que je dis. Lui, moi et plein d'autres personnes avons été frappés par ce que dit vraiment de nous le naufrage du sous-marin Titan. 

La métaphore est si évidente qu’on hésite à l’utiliser : voir un petit sous-marin touristique ironiquement nommé « Titan », se fourvoyer dans le voisinage de l’épave du Titanic, dans un voyage d’observation obscène, comme si on espérait y apercevoir les restes de ceux qui y sont morts noyés ; le voir ensuite disparaître, comme celui qu’il allait observer ; se rendre compte que ceux qui s’y trouvent sont trois audacieux touristes milliardaires, l’organisateur de ce voyage et un guide ultra compétent ; observer les médias du monde entier s’intéresser à ce fait divers, et en parler ad nauseum ; voir les armées et les entreprises les plus puissantes mettre en scène une opération de sauvetage qui leur sert surtout à faire la publicité de leurs propres machines. Tous les travers de notre époque s’y trouvent rassemblés : la fascination pour le spectacle de la mort, le gout illimité des plus riches pour la consommation la plus luxueuse et pour les sensations fortes, la panne d’une machine à qui on a trop demandé, la passion des médias pour la vie des riches, la folie dispendieuse des puissants faisant tout pour sauver leurs proches, l’usage de tout, même du pire, pour créer des sources de spectacle et de profit. Comme un nouveau Titanic refaisant les mêmes erreurs mortelles que le précèdent. Et dont certains se préparent déjà, d’ailleurs, sans doute à faire des films. 

 Mais il y a plus encore, car il y a aussi au moins deux autres Titanic. 

Les bateaux de réfugiés d’abord, qui coulent, dans l’indifférence générale, en Méditerranée et ailleurs. Et, pour ne parler que de l’un d’entre eux, qui n’est pas tout à fait passé inaperçu, en route vers l’Italie, repoussé au large, et oublié quand il a commencé à couler ; sans qu’on ne consacre, pour sauver 750 enfants, femmes et hommes, le millionième des moyens qu’on a consacré à tenter de secourir cinq personnes. (Qui a cherché à entendre des cognements dans la carcasse de ce misérable bateau de pêche, où on savait qu’avaient été enfermés des centaines de femmes et d’enfants ?). Cela dit, tant de ce qu’est notre monde, où l’aveuglement des puissants, la concentration des richesses et l’oubli des plus pauvres sont devenus la règle. 

 Et enfin, un quatrième Titanic, si énorme qu’on ne le voit pas : notre humanité. Nous sommes tous, comme sur le Titanic, emportés vers l’avenir sans vraiment choisir une destination, fascinés par nos moyens, aveuglés par notre puissance, inconscients des dangers, oublieux des misères des gens qui sont dans la soute. Et, une fois de plus, tardant à utiliser les moyens dont nous disposons pour nous sauver. Le sort des trois autres Titanic nous démontre que ni les plus riches, ni les plus pauvres, ne sont sortis vivants de l’aventure. 

Nous n’avons pas encore coulé. Ni comme le Titanic, ni comme le Titan, ni comme ce bateau de pêche anonyme. Nous ne sommes pourtant pas loin de la catastrophe. C’est une affaire de deux décennies, c’est-à-dire rien. Nous avons encore le temps de faire ce que je nomme « le Grand Virage ». Nous ne sommes absolument pas en train de le faire. On se contente de rassurer les vivants d’aujourd’hui avec quelques mesures de façades qui n’empêcheront pas le monde de devenir, à tres court tres terme, un enfer invivable. Il faut l’assumer. Comme avec les trois autres Titanic, sans une action très rapide et considérable, nous serons les fossoyeurs, sinon les assassins de nos petits-enfants. 

 N’oublions pas d’ailleurs que le nom du Titanic fut justement choisi en référence orgueilleuse aux Titans, nom générique des fils de Gaia et d’Ouranos, dont Chronos qui fut combattu par le seul de ses fils qu’il n’avait pas dévorés ; Zeus qui finit par vaincre son père et le noyer, avec ses oncles (sauf Océan, Thémis, Prométhée et Epiméthée) dans le fleuve Tartare. Zeus garda le ciel pour lui et donna la mer à un de ses frères, Poséidon, et les Enfers à l’autre, Hadès. Là encore, tout est dit. 

Puisse ce fait divers (dont je ne peux que deviner l’issue vraisemblablement tragique à l’heure où j’écris) nous servir de leçon. 

Et si l’issue n’est pas tragique, mettons en œuvre au plus vite les mêmes moyens pour sauver l’espèce humaine.

Jacques Attali 

Image : Scène du film “Titanic”, de James Cameron (1997). © Crédit photo : 20th Century Fox.

dimanche 25 juin 2017

Il y a 20 ans, Cousteau disparaissait

Il y a 20 ans, Jacques-Yves Cousteau, le grand homme de la mer, qui inspira mon orientation professionnelle et philosophique, nous quittait. 


Je me souviendrai toujours comment, quand j’étais enfant, je me délectais de ses documentaires qui passaient à la télé, le dimanche après-midi. C’était une époque où la télé de mes parents était en Noir et Blanc et où il n’y avait que deux chaines et demie (FR3 ne diffusait que l’après-midi). Une époque où internet et sa formidable possibilité d’ouverture n’existait pas. Une époque où la seule lucarne, sur le reste du monde, était la télé et où les documentaires n’étaient pas produits à profusion et avec moult effets de caméras GoPro, de drones et d’images HD toutes plus belles et plus spectaculaires les unes que les autres. Je vous parle d’une époque où, alors que je m’ouvrais à autre chose que moi-même, nous découvrions les premières traces de pollutions sur les glaces du pôle Nord, à cause du mode de vie occidental, me faisant réaliser, soudainement, combien notre Terre était petite et limitée, où tout était lié. Je pris conscience ce jour-là de ma propre fragilité. Un vertige immense me pris ce jour-là et je passerai le reste de ma vie à essayer de comprendre. Pour se faire, à l'époque, je passais mon temps, au grand désespoir de mon cher père, devant les émissions animalières comme « Terre des bêtes » ou bien encore « les animaux du Monde » dont je connais encore, par cœur, la chanson du générique.

Ainsi, à cette époque de mon enfance, de grands Hommes nous ouvraient sur le monde, je pense à Christian Zuber, documentariste animalier, journaliste, écrivain, producteur et conférencier, qui fut l'un des pionniers de la protection de la nature et de l'environnement et administrateur du WWF où je fis mon Service National en tant qu’objecteur de conscience. Zuber m’ouvrit sur le monde des animaux, sur les espèces, sur la vie sauvage, … sur la beauté à la fois simple, complexe et multiple. Il me fit voir la vie.

Il y eu également Haroun Tazieff qui me fit découvrir les entrailles de la Terre et me permit d’appréhender les frontières de ce grain de poussière perdu dans l’immensité sidérale. il me fit comprendre la fragilité de ces frêles radeaux de roches flottants sur une masse magmatique dantesque. Il me fit voir la roche et le feu. Je pense à lui tous les jours quand je rentre dans mon atelier, au CNRS de Gif-sur-Yvette, qui se trouve être dans les locaux où il termina sa carrière. J’y vois là comme une évidence.

Il y eu Paul-Emile Victor, Bernard Moitessier ou bien encore à Eric Tabarly qui, par leurs écrits, me firent découvrir le goût de la navigation, le plaisir de la contemplation océanique et de l’insoumission. Ils me firent voir la liberté.

Et bien évidement il y eu Cousteau qui me fit tant rêver, qui me fit si bien comprendre, petit à petit, la fragilité de cet ensemble que les autres me montraient, cet ensemble qui constitue notre seul et unique vaisseau spatial. Cousteau, qui m’ouvrait un monde lointain et maritime, plein d’embruns, d’aventures et de camaraderie, semblait me guider vers mon métier d’océanographe. Il me semble l'avoir compris très tôt. Cousteau qui su si bien montrer les liens qui nous unissent à la Terre mère semblait m’enjoindre gentiment de poursuivre, avec d’autres, le combat de l’écologie. J’ai suivi ce chemin, autant que j’ai pu, mais autant l’avouer, sans grands succès.

A sa suite, comme dans une sorte de filiation évidente, j’ai vu la mer, j’ai vu les tempêtes, j’ai senti les vents, j’ai vu l’Antarctique et l’Arctique, j’ai vu la mer défiler sous la proue des bateaux, j’ai vu les oiseaux marins tournoyer, j’ai vu les baleines et les dauphins, j’ai vu les tortues et les phoques, j’ai vu les manchots et les ours blancs, J'ai vu le soleil de minuit et les aurores australes, j'ai vu et je me suis émerveillé ... mais j’ai vu, aussi, la mer vide de vie, les algues filamenteuses recouvrir les fonds de la Méditerranée, les algues venir remplacer le corail moribond de Guadeloupe, j'ai vu les chalutiers racler le fond de la mer, j'ai vu les bateaux pécher au lamparo ne laissant aucune chance à leurs proies, j'ai vu les espèces invasives se déployer grâce à la bêtise des Hommes et aux changements climatiques, j'ai vu des Hommes tenter la réintroduction d’espèces dans des milieux détruits, j’ai vu le plastique en mer et sur les plages, j’ai vu les macro-déchets dans les abysses, j'ai vu le béton couler sur le littoral, des marinas se créer et d'autres s’agrandir aux détriments des habitats fragiles, j'ai vu des hôtels pieds dans l'eau se construire, j'ai vu des municipalités recharger, de sable et à grand renfort de Gaz à Effet de Serre, leurs plages victimes de leurs aménagements imbéciles, pour que les touristes, cette année encore, soient nombreux à les polluer, j’ai vu tout cela à la suite de Cousteau et de son fidèle ami Falco qui, les premiers, se sont alarmés de l’emballement de la dégradation de l’environnement. Se sont alarmés, en vain, du grand saccage. Je pense à Cousteau à chaque fois que je suis en mer, à chaque fois que je présente ma conférence sur le Développement Durable, aux lycéens car je leur parle de son combat pour les générations futures, pour les générations qui n’existaient pas encore et dont ils sont, aujourd’hui, ceux dont il parlait.

Jacques-Yves Cousteau ne se définissait pas comme un scientifique mais comme un « marin, technicien océanographique et cinématographique ». Il se disait un amoureux de la nature, particulièrement de la mer, en reconnaissant que sa vision avait évolué avec son époque, de l'explorateur-chasseur et pêcheur au logisticien pour scientifiques et protecteurs. J’ai eu la chance de le rencontrer, par deux fois, à la suite des conférences qu’il donnait pour conclure les cycles de séminaires d’océanographie à l’Institut Océanographique de Paris.

Et à sa suite, j’ai goûté à la désillusion d’un combat vain pour préserver une humanité dont le seul souhait est de posséder jusqu’à l’écœurement. Une l’humanité qui se partage entre ceux qui ne pensent qu’à jouir dans une grande turgescence orgiaque, collective et immonde et ceux qui tentent de survivre à cette jouissance de riches. Ainsi la France, pays pourtant tant aimé, n’est peuplée que de gens dont la seule préoccupation est de savoir comment ils vont pouvoir passer leur vacances, des gens qui ne voient pas l'utilité de préserver l'environnement, car « ils sont bien gentils ces écolos, mais il faut être réaliste et arrêter de rêver, c'est pas ça qui relancera ni la consommation ni la croissance ! », mais qui, chaque été, vont chercher, à grand coup de pots d'échappements ou de kérosène à pas cher, le paysage préservé, le petit village pittoresque, le grand air, qui n'existent plus dans leur quotidien bétonné en trouvant que quand même, « c'est beau la nature préservée !».

Il y a 20 ans le grand homme de la mer disparaissait, j'ai une pensée pour lui et pour tous ceux qui l'ont profondément aimé, Jean-Michel, Fabien, Céline, Alexandra, Philippe Junior, Francine, Diane et Pierre-Yves ainsi que tous les anonymes qui, encore aujourd’hui, se retrouvent et se reconnaissent dans son héritage. Que sa mémoire vive toujours.

mardi 1 novembre 2016

Avant le déluge.

Dans les années 50, Albert Falco, alors jeune équipier de la Calypso, découvre le monde et ses dérives. Déjà, à l’époque, il voit la beauté du Monde et pressent les dégradations à venir que l’Homme, au fur et à mesure de son développement, va infliger à son environnement. D’un chasseur sous-marin émérite, Albert Falco, deviendra rapidement une conscience éclairée de l’urgente nécessité de préserver l’environnement. Cela se sent parfaitement dans son livre, « capitaine de la Calypso » (Arthaud Ed.) et en voici trois courts extrait.

Page 167 : "[...] En 1954, nous entrons dans le Port de Mahé, où nous nous accordons plusieurs jours d'escale. Les Seychelles, avant le tourisme : une pure splendeur ! ... Si la notion de paradis terrestre a jamais signifié quelque chose, c'est ici ... [...]". Falco avait parfaitement compris le danger de l’industrie du Tourisme. " [...] Les plus fameuse îles des Maldives subissent la pression des Hommes, notamment des touristes. [...]" se désole-t-il, en 1967. Le Tourisme, l'un des maux du siècle. Le tourisme, une industrie bien aussi polluante et destructive que n’importe quelle autre industrie. Et en effet, le tourisme de masse est une véritable plaie, tant pour les peuples envahis par des hordes de gras touristes profiteurs et vulgaires, en short et en tongues, que pour l'environnement que ces derniers, rien que par leur unique présence, viennent polluer, transportés par des paquebots aussi polluant que des milliers de voitures (Un paquebot, à quai, pollue comme un million de voitures).

En page 201 Falco énonce assez bien la condition de bête humaine que collectivement nous sommes : "[...] Ce ne sera pas la première fois que la Calypso mettra, sans le vouloir, son faux nez dans un coin un peu trop brûlant de la planète. Nous sommes excellents, à bord, pour deviner les réactions des requins ou des barracudas ; mais nuls quand il s'agit de prévoir les brutalités des Hommes. Cela ne m'étonne pas : les animaux obéissent à un petit nombre de stimulus (la faim, le sexe, le territoire, la hiérarchie ...). On peut analyser - donc prédire assez justement - leurs réponses. Rien de tel avec l'espèce humaine : elle agit sans logique, sous l'empire des passions, avec une brutalité qu'aucune autre espèce zoologique n'égale. Elle fait preuve d'une sauvagerie incroyable, qu'elle attribue abusivement aux requins ou aux barracudas. [...]" Constat peu glorieux pour nous mais qui n’émeut pas grand monde autour de moi.

Enfin, en page 204, Falco raconte un épisode qui s'est passé, dans le carré de la Calypso, avec Le commandant Cousteau et qui évoque sa découverte des prémisses de l’inexorable invasion humaine dans les milieux même les plus lointains : "[...] C'était à l'occasion d'une des premières mission du bathyscaphe. Ici-même dans la fosse de Toulon, en 1953 .... [...] Nous atteignons le fond de la tranchée. Mille cinq cent mètres sous la surface : le record du monde à l'époque. [...] Je distingue (dans le faisceau des projecteurs), posée sur le sédiment noir, une forme fantomatique, blanche et plate. Je m'écrie : "Une raie géante !" [...] Quand nous touchons le "monstre sous-marin", je constate qu'il s'agit ... d'un exemplaire déplié du journal Le Figaro, [...] Je me dis que la première fois que l'Homme descend à mille cinq cent mètres de profondeur, il y rencontre un vieux journal jeté à l'eau - une preuve de sa négligence et de sa saleté ... raconte le Commandant Cousteau. En voyageant autour de la Terre, nous aurons - hélas - bien des occasions de déplorer que l'espèce humaine se serve de la mer comme d'une poubelle commode et gratuite ...[...]"

Tous ces exemples d’alertes anciennes pourraient être multipliées à l’infini tant celles-ci ont été nombreuses, et l'on pourrait faire des livres entiers de toutes celles qui ont été lancées jusqu'à aujourd'hui. Ces exemples pour montrer que les alertes sont sonnées depuis des dizaines et des dizaines d’années sans que cela n’ait jamais vraiment stoppé les dégradations, cela n’ait vraiment mobilisé, cela n’ait vraiment freiné notre développement prédateur. Aujourd’hui les résultats sont là. Tous les signaux sont au rouge écarlate et personne n’ose prononcer le nom de notre état, car il n’est pas très vendeur, pas très électoralement correct, mais pourtant il faudra bien, à un moment, nommer un chat, un chat, car la situation est catastrophique.

Ainsi si en 1953 Cousteau découvrait un journal biodégradable au fond de la mer, nous, au XXIème siècle, nous pouvons observer des continents de plastiques dans les gyres océaniques qui détruisent poissons, tortues marines, oiseaux et mammifères marins. De mon coté je me souviens, lors d'une exploration du fond océanique, en 2011, avec le ROV de l'IFREMER, Victor 6000, à 5000 m au large du fleuve Congo, dans le désert de ses lobes de dépôts, que nous sommes tombés sur une bouteille de Jack Daniel's. Je me souviens, également, en Manche, d'avoir croisé, en surface, des ballons de baudruche, posés là, très certainement suite à un lâché de ballons lors d'une fête ou d’une commémoration, dans une cité anglaise ou française. Je me souviens également de cette balade faite en 2013, sur la plage Napoléon, en Camargue, constellée de déchets à perte de vue. Et c’est sans parler des images ramenées de Méditerranée, par l’IFREMER, et qui montrent des quantités affligeantes de macro-déchets en plastiques au fond de la grande bleue. Les Hommes, encore aujourd'hui, et possiblement encore plus aujourd’hui, ne voient dans la mer qu'une poubelle dans laquelle, pourtant, ils puisent leur nourriture ... en clair nous nous nourrissons dans notre poubelle. "[...] Au fil des missions auxquelles je suis associé, je deviens le témoin de la rapidité à laquelle l'environnement marin se dégrade. Je compare la richesse actuelle de la Méditerranée  à ce qu'elle fut du temps que j'apprenais à nager, dans ma calanque de Sormiou. Quel effondrement ! [...] Je constate de plus en plus qu'à une scène de nature superbe succède un spectacle de saccage ou de désolation imputable à la méprisante saleté des Hommes. J'ai mal à ma mer, quand je la vois offerte aux égouts, aux effluents d'usine, au bétonnage, au cancer de l'urbanisation, au tourisme ravageur ou à la surpêche industrielle. [...]" Falco (pg 267)

Tous les signaux sont au rouge et depuis que j’écris ce blog je ne cesse de le dire et de le démontrer mais personne n’entend. En Guadeloupe 80% des récifs de corail ont disparu, d'abord à cause de la surpêche puis de la pollution, puis aujourd’hui à cause du réchauffement climatique qui achève le travail. Résultat, il y a un vrai problème de ressources halieutiques, à tel point que de façon absurde, les Hommes sont obligés de capturer, au large des côtes de l’île aux belles eaux, des alevins puis de les élever en aquarium afin de les relâcher, plus âgées, afin de repeupler des fonds aux habitats détruits. Quelles chances de succès ? Cela me fait penser à la pollinisation manuelle des plantes alimentaires, qui se pratique de plus en plus, afin de palier à la raréfaction des insectes pollinisateurs. Est-ce durable ? Jérôme Salle dit que, pour son film « l’Odyssée » qui retrace la vie de Cousteau, l’un des rares effets spéciaux qu’il a dû utiliser aura été de rajouter des poissons en Méditerranée car lors du tournage il n’y en avait plus.

Tous les signaux sont au rouge, le réchauffement climatique augmente plus rapidement que ce qui était prévu. Chaque année qui passe est plus chaude que la précédente. Les glaciers du Groenland fondent à une vitesse vertigineuse. Le niveau des mers augmente inexorablement inondant et mettant en péril les îles du pacifiques comme les Kiribati ou bien encore Palaos mais aussi les rues de Miami.

Des métropoles comme Pékin sont asphyxiées. Dans le monde, près d’un enfant sur sept, soit quelque 300 millions, vit dans une région où le niveau de toxicité de l’air extérieur dû à la pollution dépasse d’au moins six fois les directives internationales, selon un nouveau rapport de l’UNICEF. La pollution de l’air contribue grandement au décès de quelque 600 000 enfants de moins de cinq ans chaque année.

Les terres agricoles sombrent, à raison de 100 000 ha/an, sous le béton en France, les forêts boréales, au Canada, sont détruites pour extraire les dernières gouttes de pétrole et les forêts en Indonésie sont incinérées pour produire de l’huile de palme au détriment des populations locales, du climat, des derniers rhinocéros asiatiques, des tigres, des derniers orang-outans … de la biodiversité. Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% en quarante deux ans (entre 1970 et 2012) et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016. Quand à la biodiversité agricole son sort n'est pas plus enviable, elle est devenue pauvre en espèces et est sous le joug de quelques multinationales aux OGM cancérigènes. "L'Homme n'utilise jamais avec sagesse les richesses de la nature. Sitôt qu'il les connait, et sitôt qu'il en a la possibilité technique, il les surexploite. il puise dans le capital au lieu de se contenter des intérêts." Falco - 1975

Mais au final qu'est-ce qu'on s'en fout de tout ça, hein ? Si on veut voir des animaux on n'a qu'à aller au zoo ou regarder YouTube. Si l'on veut manger on n'a qu'à aller au supermarché ! Y'a quand même plus important dans la vie que de s'occuper de la vie sur Terre, y'a.... Y'a ?!?! Y'a la croissance à maintenir, y'a à sauver les multinationales et leurs profits, y’a à prendre l’avion pour aller se dorer la couenne sur la plage, à l’autre bout de la planète, y’a à frimer avec le dernier téléphone portable ou une belle voiture toute rutilante et toute rugissante, y’a à frimer avec son fric et son harem de filles faciles, y’a à affirmer « puisque je peux, j’ai le droit ! Et fuck le monde !!! » … Y'a plus urgent, point barre !!! Ainsi vous préférez un beau mensonge qui rassure et vous dédouane de vos responsabilités, que cette vérité vous dérange ? Qu'importe ! La réalité est là et à ne pas vouloir ralentir, ni refuser les diktats consumériste et croissantiste, ni renoncer à une bonne partie de ce qui fait notre vie d’occidentaux, ni à retrouver le sens des saisons et du local, ni renoncer aux dernières réserves d'énergies fossiles, ni à devenir sobre et frugal, et bien alors l'Homme disparaîtra par sa faute, par sa stupidité et sa cupidité, dans le sang et les larmes … et bien, bon débarras !!!

lundi 5 septembre 2016

Effondrement financier, économique, écologique, démographique, énergétique...

Le point de vue de Gaël Giraud,
Chef économiste de l'AFD,
sur les problèmes économiques, financiers, écologiques,
environnementaux, migratoires... au niveau global...

mardi 1 juillet 2014

L’impossible croissance

L'article (lire ci-après) de l’environnementaliste Georges Monbiot, intitulé “The impossibility of growth” et publié dans "the Guardian" le 28 mai 2014, ne pose pas seulement la question, éminemment systémique, de l’impossibilité de la croissance, Mais une autre, éminemment systémique, elle-aussi, de savoir pourquoi, nous humains, qui ne pouvons pas ne pas savoir cela, au moins intuitivement, ne pouvons et surtout ne voulons rien changer. Il semble qu’une sorte de fatalisme destructeur, cosmologique, analogue sous d’autres formes à celui qui avait provoqué la ruine de Vénus et de Mars en tant que planètes habitables, s’exerce implacablement sur la Terre, et sur nous tous. Ne pensez vous pas qu’il faudrait y réfléchir?

Jean-Paul Baquiast

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Imaginons qu’en 3030 avant J.-C, le total des richesses du peuple d’Égypte tenait dans un mètre cube. Et imaginons que ces richesses aient augmenté de 4,5 % par an. Quelle serait la taille du pactole, arrivé à la bataille d’Actium en 30 av. J.-C ? Voici le calcul qu'a effectué le banquier d’affaires Jeremy Grantham.

Allez-y, devinez. Dix fois la taille des pyramides ? Tout le sable du Sahara ? L’Océan Atlantique ? Le volume de la planète ? Un peu plus ? Oui un peu plus ... 2,5 milliards de milliards de systèmes solaires. Ainsi il ne faut pas contempler ce résultat bien longtemps pour parvenir à la conclusion paradoxale que notre salut dépend de notre effondrement.

Réussir est l’assurance de notre destruction. Échouer est l’assurance de notre destruction. Voici le piège que nous nous sommes tendu. Ignorez, si cela vous chante, le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement de l’eau, des sols, des minéraux, du pétrole car même si ces problèmes s’évanouissaient d’un coup de baguette magique, l’arithmétique de la croissance composée prouve qu’il est impossible de continuer comme ça.

La croissance économique est une émanation de l’exploitation des combustibles fossiles. Avant que l’on se mette à extraire de vastes quantités de charbon, chaque pic de production industrielle était compensé par une chute de la production agricole, car la puissance en charbon de bois ou en chevaux exigée par l’industrie réduisait les terres cultivables disponibles. Chacune de ces anciennes révolutions industrielles s’est effondrée, car leur croissance n’était pas soutenable. Mais le charbon a brisé ce cycle en permettant – pour quelques centaines d’années seulement – le phénomène que nous appelons aujourd’hui la croissance soutenue.

Ce n’est ni le capitalisme, ni le communisme qui ont rendu possible les progrès et les pathologies (guerres mondiales, concentration sans précédent des richesses, destruction de la planète) de l’ère moderne. C’est le charbon, suivi du pétrole et du gaz. La méta-tendance, le récit principal, c’est l’expansion dopée au carbone. Nos idéologies ne sont que de simples péripéties secondaires. Mais maintenant que les réserves les plus accessibles sont épuisées, nous devons ravager les coins plus reculés de la planète pour préserver notre proposition intenable.

Le 23 mai 2014, quelques jours après que des scientifiques aient annoncé que l’effondrement de la calotte glacière de l’Antarctique de l’Ouest était désormais inéluctable, le gouvernement de l’Équateur a donné son feu vert aux forages pétroliers dans le parc national de Yasuni. Il avait fait une proposition aux autres gouvernements : s’ils contribuaient pour moitié de la valeur du gisement dans cette partie du parc, on le laisserait reposer sous terre. On peut voir cela comme du chantage, ou comme du commerce équitable. L’Équateur est un pays pauvre mais riche en gisements pétroliers : pourquoi les laisser inexploités sans compensation, a fait valoir son gouvernement, alors que tout le monde creuse jusqu’au premier cercle de l’enfer ? Il a demandé 3,6 milliards de dollars mais il en n'a obtenu que 13 millions. Le résultat, c’est que Petroamazonas, une société avec de drôles d’antécédents en matière de destruction et de marées noires, va pouvoir pénétrer l’une des zones les plus riches en biodiversité de la planète, où selon certains, chaque hectare de forêt vierge contient plus d’espèces que toute l’Amérique du Nord.

La société pétrolière britannique Soco espère, pour sa part, pénétrer le plus ancien parc national d’Afrique, Virunga, en République démocratique du Congo ; l’un des derniers bastions du gorille des montagnes et de l’okapi, des chimpanzés et des éléphants des forêts. En Angleterre, où 4,4 milliards de barils de gaz de schiste potentiels viennent d’être identifiés dans le sud-est, le gouvernement rêve de transformer les banlieues arborées en un nouveau delta du Niger. Pour y parvenir, il modifie le droit régissant la violation de propriété pour permettre les forages sans consentement préalable, et il graisse généreusement la patte des résidents. Ces nouvelles réserves ne règlent rien. Elles ne réduisent pas notre appétit pour ces ressources, elles l’exacerbent.

La trajectoire du taux de croissance indique que le saccage de la planète ne fait que commencer. Avec l’expansion de l’économie mondiale, chaque endroit qui abrite des éléments concentrés, inhabituels ou précieux sera débusqué et exploité, ses ressources extraites et dispersées, réduisant les merveilles du monde si diverses et variées en un tapis de gravats uniformément gris.

Certains essaient de résoudre cette équation impossible en invoquant le mythe de la dématérialisation : l’affirmation selon laquelle l’optimisation des processus et la miniaturisation des gadgets feraient qu’au total, nous utiliserions moins de matériaux. Il n’y a aucune indication que ça soit le cas. La production de minerai de fer a augmenté de 180 % en dix ans. L’organisation professionnelle, Forest Industries, nous dit que "la consommation mondiale de papier a atteint un niveau record et va continuer à croître". Si nous ne parvenons pas à réduire notre consommation de papier à l’ère du numérique, quel espoir y a-t-il pour d’autres produits de base ?

Observez le train de vie des super-riches, qui donnent le "La" de la consommation mondiale. Leurs yachts rétrécissent-ils ? Leurs demeures ? Leurs œuvres d’art ? Leurs achats de bois précieux, de poissons ou de pierres rares ? Ceux qui en ont les moyens achètent des maisons de plus en plus grandes pour y stocker des quantités croissantes de possessions dont ils n’auront jamais le loisir de profiter avant leur mort. Imperceptiblement, une proportion croissante de la surface du globe sert à extraire, fabriquer et stocker des choses dont nous n’avons pas besoin. Ce n’est peut-être pas si surprenant que les rêves de colonisation de l’espace — qui nous permettrait d’exporter nos problèmes au lieu de les résoudre — refont surface.

Comme le souligne le philosophe Michael Rowan, les conséquences inévitables de la croissance composée signifient qu’en projetant la prévision de taux de croissance mondial de 2014 (3,1 %), même si nous parvenions à réduire notre consommation de matières premières de 90 %, nous ne repousserions l’inévitable que de 75 ans. L’efficacité ne résout rien tant que la croissance se poursuit.

L’échec incontournable d’une société bâtie sur la croissance et sa destruction des organismes vivants de la Terre sont les fondements accablants de notre existence. Dès lors, ils ne sont mentionnés pratiquement nulle part. Ils constituent le grand tabou du XXIe siècle, les sujets qui n’ont de cesse d’agacer vos amis et vos voisins. Nous vivons comme si nous étions prisonniers du supplément dominical de nos journaux : obsédés par la célébrité, la mode et par les trois pénibles piliers des conversations des classes moyennes : les recettes, les travaux de décoration et les lieux de villégiature. Tout sauf le sujet qui exigerait notre attention.

Le défonçage de portes ouvertes, le résultat de calculs élémentaires sont traités comme autant de distractions aussi ésotériques que déplacées, tandis que la proposition intenable qui régit nos vies paraît si rationnelle, normale et banale à nos yeux qu’elle n’est même pas digne d’être mentionnée. C’est d’ailleurs à cela que l’on mesure la gravité du problème : à notre incapacité ne serait-ce que d’en débattre.

Georges Monbiot

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" L'homme saccage sa planète et mène une guerre contre la nature, s'il la gagne, il est perdu ! "

Hubert Reeves.

vendredi 5 octobre 2012

En vrac : OGM, Arctique et Climat

Climat : Neuf personnes sur dix pensent que le climat a changé et trois sur quatre que c'est prouvé. C’est ce qui ressort d’une étude dirigée par Ipsos pour le compte d'Axa dans treize pays du monde auprès de 13.000 personnes. Les personnes interrogées affirment qu’en effet le climat connaît d'importants changements, scientifiquement prouvés, que cela interfère dans la vie quotidienne et reste une inquiétude forte au-delà de la crise économique. Ces réponses peuvent surprendre car il semblait qu’il y avait un déclin d'intérêt, ces dernières années, pour les questions climatiques mais il n’en est rien, «Même si l'emploi et le chômage sont aujourd'hui au sommet des priorités, les préoccupations des citoyens sur ces questions restent constantes», assure toutefois le directeur du département opinion et recherche sociale chez Ipsos. Même dans les pays tels que les États-Unis ou la Grande-Bretagne où le climato-scepticisme est le plus largement répandu et les réponses moins unanimes, les opinions restent néanmoins majoritairement convaincues. Reste à se bouger, maintenant que la prise de conscience est là et à faire pression pour demander un vrai changement des orientations politiques et industrielles.

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Arctique, la mobilisation des écologistes paye : Après la suspension des forages par Shell puis par Gazprom ces dernières semaines, Total fait aujourd’hui une annonce fracassante en matière d’exploitation du pétrole en Arctique par l’intermédiaire de Christophe de Margerie, son PDG, en expliquant que «Les industriels devraient s’abstenir de chercher du pétrole dans ces eaux car les risques liés à l’environnement y sont trop élevés ». Mais, dans le même temps, si M. De Margerie annonce qu’une marée noire ferait vraiment désordre sur la glace immaculée de l’Arctique, il n’a pas les mêmes préoccupations pour ce qui est du gaz, dont les fuites sont effectivement moins visibles, mais dont les projets ne sont pas acceptables pour la préservation du climat. Il est aujourd’hui inconcevable de vouloir continuer à exploiter les dernières réserves d’énergies fossiles que renferme la planète dans un contexte de dérèglement climatique croissant, et alors que la fonte de la banquise a atteint des records il y’a quelques jours seulement.

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OGM : le lobby agro-industriel ne décolère pas et ne désarme pas. Restons mobilisés et soutenons le Pr Séralini qui est diffamé odieusement alors qu’il a utilisé « la même lignée de rats que celle utilisée par Monsanto pour ses tests. Les premières tumeurs sont apparues sur certains au bout de 4 mois seulement, et beaucoup de rats traités au maïs OGM NK603 ont dû être sacrifiés en cours d’étude, car leurs tumeurs avaient atteint plus de 25% du poids de leur corps ». Le chercheur ajoute « Je n’empêche personne de refaire mon expérience avec 50 rats par groupe. Mais je note que personne ne l’a suggéré. Que craignent-ils de découvrir ? », et observe enfin « On a sans doute mis le doigt où ça fait mal. […] La seule question qui vaille est celle-ci : pourquoi, alors que l’humanité entière consomme ces produits, personne n’a eu le courage politique de faire des études approfondies sur les OGM comme on vient de le faire ? ».

Remarque de Cécile C (Docteur ès Sciences) : "Honnêtement certains des arguments ne tiennent pas dans le rapport publié par l'EFSA (qui remet en cause la validité de l'étude du CRIIGEN) notamment la lignée des rats et les statistiques : même si la souche de rat utilisée est plus sensible aux tumeurs, le groupe témoin est justement là pour en tenir compte, de plus, même si les tests ont été faits sur 20 rats, la significativité statistique a certainement été évaluée... Bref, il semblerait qu'il y ait une recherche de contre-arguments à tout prix pour maintenir l'autorisation de culture, alors que l'application du principe de précaution dicterait une démarche complètement opposée.."

PS de Bruno : Merci Cécile de ces précisions primordiales.

mardi 25 septembre 2012

AG 21 : les Ulis ne sont pas sur une autre planète


Déclaration en Conseil municipal des Ulis
Bruno BOMBLED
24 Septembre 2012

"Une fois n'est pas coutume je vais me permettre de citer un premier ministre en exercice : « Le constat est sans appel : les ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité recule, les émissions de gaz à effet de serre se concentrent, la qualité de l’eau et de l’air se dégrade », a déclaré le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault lors de la conférence environnementale de ce mois-ci.

Hum qu'il est bon d'entendre, de la bouche de personnes autres qu'écologistes, ce que nous disons et clamons depuis des dizaines et des dizaines d'années. Ne boudons pas notre plaisir car visiblement notre gouvernement est au courant et ne peut plus dire qu'il ne savait pas. Prenons-le au mot et jugeons-le sur ses actes !

Ne boudons pas notre plaisir mais que d'énergie dépensée pour en arriver là, que de temps perdu ! Qu'il est difficile d'avoir raison avant les autres car nous apparaissons oiseaux de mauvais augure et comme il serait bon d'avoir tort, car nous n'aurions pas le risque du changement climatique, nous n'aurions pas la crise énergétique qui nous pend au nez. Mais il se trouve que les écologistes ont toujours eu raison sur les alertes lancées comme viennent de nous le confirmer les résultats effarants, des effets des OGM, dévoilés cette semaine ou bien encore les observations de fonte de la banquise qui vont au delà des prévisions scientifiques.

Tout s'accélère et notre humanité avance à pas de tortues.

Tout s'accélère et nous ne faisons pas ce qu'il faut pour nous sauver nous même comme le montre l'étude du cabinet TEC (Tourisme Environnement Consultants) qui a simulé auprès d'un échantillon de ménages le passage vers un mode de vie plus sobre en carbone et analysé les arbitrages micro-économiques et les facteurs socio-culturels activant ou freinant la transition. Les personnes interrogées parviennent à se projeter dans un imaginaire bas carbone, mais choisissent prioritairement des mesures associées au logement et à l'alimentation, alors que les transports arrivent en dernier : le renoncement au transport aérien reste difficile, l'avion étant encore un vrai marqueur social. Les ménages préfèrent picorer en éteignant les appareils électroniques ou en utilisant moins d'emballage, bref ils consentent à de nombreux petits choix plutôt qu'ils ne renoncent aux comportements les plus émetteurs.

Et il en est de même pour les collectivités.

Il en est de même et pourtant il nous faut accélérer si nous souhaitons durer. C'est, j'espère, le signal que nous adressons aujourd'hui, par le vote de notre premier plan d'actions coordonnées agendas 21 où nous montrons notre volonté d'agir. Mais ce vote ne doit pas être perçu comme la fin d'un long processus, mais bel et bien comme une première étape. Une première étape qu'il est bon de saluer. Qu'il est bon de saluer à sa juste valeur, c'est à dire comme un vrai commencement. Comme un échauffement avant le long sprint qui nous mènera, si nous le voulons, vers une ville durable. Les événements s'accélèrent, l’énergie ne cessera plus d'augmenter, la biodiversité est en chute libre (En 2008 une espèce de mammifère sur quatre était en danger de disparition, d’après la Liste Rouge de l’UICN) fragilisant ainsi la chaîne alimentaire ou nous faisant perdre de potentielles molécules pharmaceutiques, le climat se dérègle plus vite que prévu ... Et les Ulis ne sont pas sur une autre planète. Nous aussi nous serons impactés, tôt ou tard, par toutes les maltraitances que nous infligeons à la Terre. Les premiers qui seront impactés seront ceux qui n’auront pas, qui n’ont déjà pas, les moyens de compenser les contraintes supplémentaires de coûts, de rareté ou de santé. C'est-à-dire, aux Ulis, les plus modestes de la population.

Il ne s’agit pas de vous culpabiliser. Il ne s’agit pas de nous accuser de tous les maux. Il ne s’agit pas de nous faire porter la totale responsabilité des problèmes qui se posent à notre planète et donc à nous en premier lieu. Non, il ne s’agit pas de cela. Il s’agit, à l’instar du colibri, de penser que nous avons tous notre part à accomplir sans toujours reporter, à un échelon plus haut, la capacité d’agir.

Aujourd'hui, en l'état actuel des choses, notre ville n'est pas durable il nous appartient donc de passer à la vitesse supérieure et d'entrer dans l'ère du recyclé, du recyclable, du réparable et du local, dans l'ère de la sobriété heureuse. Pour se faire, nous aurons immanquablement besoin d'un second plan d'actions encore plus ambitieux et nous aurons besoin de toutes les imaginations pour relever les défis que notre monde, hérité des générations passées, nous impose aujourd'hui et demain. Nous aurons besoin que ce plan soit une démarche partagée impliquant tous les acteurs de la démocratie participative. Puissions-nous faire que notre intelligence, qui a fait de nous, cet animal si faible, le prédateur ultime, nous inspire afin de permettre à notre humanité de durer sur une planète qui, avec ou sans nous, continuera sa course autour du soleil. Il est temps d'entendre les écologistes afin que la marche du vrai changement, qui s'imposera à nous, ne soit pas trop grande."


samedi 22 octobre 2011

En vrac : Climat, OGM, Thon rouge.

Réchauffement climatique : Profitant du passage nord, rendu plus praticable avec la fonte des glaces, le Polarcus Alima est devenu le premier navire à avoir franchi (du 15 au 23 septembre) le passage nord-est, lors d'un transit entre l'Europe et la région Asie-Pacifique sans brise-glace. Le navire qui est parti de Hammerfest, en Norvège, et est arrivé au cap Dezhnev, dans le détroit de Béring, dispose, tout de même, d'une coque renforcée pour naviguer en zones polaires. Pas bon signe que cela, pas bon signe.

www.meretmarine.com

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OGM : ''fausses promesses et échec technologique''. Les OGM n'ont tenu aucune de leurs promesses tant au niveau des crises alimentaires, que de la dégradation des ressources naturelles ou bien encore au niveau du réchauffement planétaire, comme le dénonce un rapport issu d'un collectif contre les OGM. Alors que les citoyens déclarent qu'ils ne veulent pas d'OGM, la plupart des dirigeants persistent à soutenir cette technologie. Pourquoi cet acharnement alors que de nombreuses recherches démontrent que l'agroécologie et l'agriculture biologique peuvent atteindre des rendements égaux ou supérieurs aux rendements de l'agriculture industrielle ? Aujourd'hui les cultures OGM aux Etats-Unis consomment plus de 26 % de pesticides par hectare que les cultures conventionnelles. En Argentine, les importations d'herbicides ont augmenté de 330 % avec l'introduction de soja OGM.

Conséquence : "Les agronomes du monde entier sont alarmés par l'épidémie croissante de mauvaises herbes résistantes aux herbicides, aussi connu sous le nom de super-mauvaises herbes, qui ont développé une résistance au glyphosate (désherbant total) en raison de son intense utilisation". Des parasites développent également des résistances aux toxines produites par les OGM pour justement lutter contre leurs attaques.

www.actu-environnement.com

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Thon rouge : trois fois plus de poissons vendus que pêchés ! L'écart entre les quantités commercialisées et les quotas alloués pour la pêche au thon rouge ne cesse de se creuser. La falsification de documents de déclaration et la vente illicite en seraient les principales causes. La surpêche et la fraude se poursuivent. 12.373 tonnes de thon rouge ont été capturées l'année dernière d'après les informations fournies par les États pêcheurs pour une quantité commercialisée de 32.564 tonnes.

www.actu-environnement.com

dimanche 11 septembre 2011

Eté 2011 : La fonte des glaces arctiques bat un record alarmant

L’étendue des glaces de l’Arctique, l’un des éléments clés du « thermostat » de la planète, a atteint cette semaine son niveau le plus bas depuis le début des observations par satellite en 1972, ont annoncé samedi des scientifiques allemands.


Un minimum « historique »

Le 8 septembre, les glaces du pôle Nord ne couvraient plus que 4,24 millions de kilomètres carrés, selon l’Institut de physique environnementale de l’Université de Brême. Il s’agit d’« un minimum historique », inférieur d’environ 0,5 % au précédent record de septembre 2007, souligne Georg Heygster, responsable du département de télédétection de l’Institut, dans un communiqué.

Selon le centre américain spécialisé dans l’observation de la neige et de la glace (NSIDC), ce précédent record s’établissait à 4,1 millions de kilomètres carrés. L’écart entre les deux chiffres s’explique par des données et des modes de calcul légèrement différents, mais « les résultats sont cohérents dans les deux cas », a assuré M. Heygster, qui s’attend à ce que le NSIDC parvienne à la même conclusion que lui dans les prochains jours.

Un indicateur du réchauffement climatique

La fonte de la glace de mer pendant l’été est selon les scientifiques à la fois un indicateur et une clé du réchauffement climatique, avec des effets négatifs à l’échelle de l’Arctique et de la planète. Elle prouve l’importance de l’impact des activités humaines sur le climat au cours des dernières décennies, selon les chercheurs.

« Le recul de la glace de mer ne peut plus être expliqué par la variabilité naturelle d’une année sur l’autre », indique Georg Heygster. « Les modèles climatiques montrent plutôt que ce recul est lié au réchauffement climatique, particulièrement prononcé en Arctique du fait de l’albédo », la fraction de l’énergie solaire réfléchie vers l’espace, ajoute-t-il.

Ça chauffe au Pôle Nord !

Quand une surface auparavant recouverte de neige ou de glace réfléchissante est remplacée par une étendue de mer de couleur foncée, cette dernière absorbe plus de lumière solaire et donc de chaleur.

Les températures dans la région arctique ont augmenté deux fois plus vite que les températures moyennes au cours des cinquante dernières années. L’épaisseur des glaces arctiques s’est également significativement réduite au cours des récentes décennies, mais il est plus difficile de déterminer l’ampleur de ce phénomène, souligne le communiqué.

Texte : Ouest-France.fr avec l’AFP
Photo : Alexander/Fotolia

vendredi 21 janvier 2011

Réchauffement climatique : 2010 bat les records de chaleur

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé jeudi 20 janvier ses prévisions pessimistes annoncées en décembre à Cancun : 2010 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée.

2010 a été l’année « la plus chaude jamais enregistrée », selon le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). La température moyenne de la planète a ainsi très légèrement dépassée celles de 2005 et de 1998. Les dernières données compilées par l’organisation, à partir d’informations de l’Office météorologique du Centre britannique Hadley, de la Nasa américaine ainsi que du Centre national de données climatiques américain, confirment ainsi un rapport préliminaire établi sur une période de dix mois publié début décembre lors de la conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique à Cancun (Mexique). Elles confirment également « une tendance significative au réchauffement à long terme de la planète ». La dernière décennie devient ainsi la plus chaude enregistrée depuis l’existence de statistiques. En 2010, les températures ont été de 0,53 degré plus élevées que les moyennes enregistrées entre 1961 et 1990. Elles ont été très légèrement supérieures, de 0,01 degré, par rapport à 2005 et de 0,02 degré au-dessus de 1998. Conséquence : 2010 a également été marquée « par une poursuite de la fonte de la calotte glacière arctique ».

Philippe Martin
developpementdurablelejournal.com

mardi 6 octobre 2009

L'heure est venue de croire ce que l'on sait


Lettre à un camarade socialiste. 6 Oct 2009

Mon cher ami

Discuter, toute notre majorité municipale réunie, comme tu l'as proposé hier, sur le Développement Durable est bien évidement une perspective nécessaire et qui me motive particulièrement. Je suis juste désolé de ne pouvoir être présent à la prochaine réunion de liste où nous aurions pu, j'en suis sur, échanger avec efficacité.

Cependant dans le cas de la lutte contre le réchauffement climatique l'heure n'est plus vraiment à la discussion mais à l'action. En préambule, sache que je ne fais pas de Développement Durable pour me faire plaisir et que, très sincèrement, je préfèrerais que mes collègues, un jour, découvrent et démontrent qu'ils se sont complètement plantés afin que nous soyons débarrassés de cette menace imminente.

Mais, à cette heure, tout montre que le réchauffement climatique est là et qu'il s'accélère. L'heure n'est donc plus de savoir si, oui ou non, le réchauffement climatique est là, l'heure est venue de croire ce que l'on sait. Et l'on sait que nous n'avons plus que 4 à 10 ans (2013 – 2019) pour inverser la tendance en limitant les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) par des actions significatives de modification de nos sociétés trop gourmandes en énergies fossiles.

Nous n'avons plus que 4 à 10 ans avant que le climat ne s'emballe tout seul.

En effet et pour exemple, nous avons, au nord de l'hémisphère nord, une bombe climatique qui se nomme permafrost. Ce permafrost, s'il dégèle (ce qui commence à être le cas actuellement), libérera, massivement, du méthane (GES vingt-cinq fois plus efficace que le CO2) et plus personne ne pourra arrêter la machine climatique terrestre, le système s'autoalimentant. Ce n'est pas de la science-fiction, c'est de la science. Dès lors nul ne peut prévoir les conséquences climatiques qui découleront de cet événement.

Je ne me soucie pas de la planète qui s'en remettra très bien sans nous, elle changera juste de configuration d'écosystèmes et poursuivra son bonhomme de chemin dans l'espace et dans le temps. Non, je me soucie de l'humain qui aura du mal à s'adapter aussi rapidement à un changement d'environnement aussi brutal.

L'adaptabilité humaine n'est pas un pari sur l'avenir sur lequel je souhaite investir.

L'heure n'est donc plus à la discussion mais à l'action.

Entre 4 et 10 ans pour agir, après, il est tout à fait possible de penser que l'on ne pourra plus que subir. Une crise écologique et humaine bien plus grave que celle (crise économique de 2009) que nous venons de vivre se prépare. Et les crises, tu le sais, ne se gèrent pas dans le calme mais dans la violence. C'est tout le message envoyé, au monde, par le décernement du prix Nobel de la paix, au GIEC, en 2007.

Je ne dis pas tout cela pour me faire plaisir ou pour ma gloriole personnelle, mais parce que je sais que si je ne le disais pas, que si je ne m'investissais pas dans ce combat, je serais complice d'un crime. D'un crime climatique. D'un crime qui amènera beaucoup de souffrances humaines … un crime contre l'humanité présente et future. Et c'est notre mode de vie occidental (20% de la population mondiale qui consomme 80 % des richesses naturelles) auquel on ne souhaite pas renoncer qui est actuellement l'arme de ce crime contre le reste de l'humanité (80% de la population consomme 20% des richesses naturelles).

Je te promets que je souhaite ardemment que mes collègues se trompent afin que je puisse dire, publiquement, que tout ce que j'ai dis jusqu'alors n'était que des conneries, mais les études nous montrent que le réchauffement va encore plus vite que ce que nous avions prévu.

L'heure n'est plus à la discussion mais à l'action. Et que l'on ne me parle pas des actions Agenda 21 de l'Essonne, aux Ulis, que j'ai moi-même rapporté en Conseil Municipal, comme la mise en place du conseil de ainés (les ainés, de bien beaux égoïstes, soit dit en passant, qui souhaitent que les jeunes générations soient solidaires avec eux mais qui ne souhaitent pas renoncer à leurs voyages touristiques carbonés – selon D. K. - pour préserver l'avenir des générations futures), le conseil des jeunes ou bien encore la bourse au permis de conduire qui ne nous feront jamais diminuer nos émissions de GES. Non je parle d'actions significatives, volontaristes, modificatrices, durables et pérennes. Les Ulissiens, que nous sommes, ne sont pas exempts de responsabilités dans la crise climatique. Certes ils sont souvent les victimes passives et consentantes d'un système qu'ils ne peuvent modifier, dès lors c'est à nous, les politiques, qu'il revient le devoir de modifier le monde pour son salut.

L'heure n'est plus à la discussion, nous n'en avons tous simplement plus le temps.

Avec toute ma sincère amitié.

Bruno

Photo : Kwet de www.actu-environnement

jeudi 3 septembre 2009

L'accélération du réchauffement climatique est alarmante, selon Ban Ki-moon



Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est alarmé jeudi à Genève de l'accélération du réchauffement climatique, avertissant que le monde "fonce vers l'abîme".

"Nous avons le pied collé sur l'accélérateur et nous fonçons vers l'abîme", a lancé M. Ban devant la 3ème Conférence de l'ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine.

Le secrétaire général des Nations Unies, qui revient de l'Arctique où il a constaté les ravages du changement climatique, a averti que "ce qui se produit maintenant" devait arriver bien plus tard, selon les prédictions des scientifiques.

"Les scientifiques ont été accusés pendant des années d'être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes ce sont ceux qui disent que l'on ne peut engager une action pour le climat car cela ralentirait la croissance économique", a déclaré M. Ban.
"Ils ont tort. Le changement climatique pourrait déclencher un désastre massif", a-t-il prévenu en s'inquiétant pour les dizaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières menacées partout dans le monde par la hausse du niveau des mers provoquée par la fonte des glaces arctiques.

"Que vont-ils faire lorsque des tempêtes vont pousser la mer à l'intérieur des terres ? Où vont-ils aller ?", a-t-il lancé.

Mettant ses espoirs dans une rencontre internationale de haut niveau organisée par l'ONU à New York le 22 septembre, M. Ban a regretté la lenteur et le caractère limité des négociations en vue du Sommet de Copenhague en décembre. Sous l'égide de l'ONU, le sommet de Copenhague vise à trouver un accord international pour succéder au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, largement considérées comme responsables du changement climatique.

"Il ne nous reste que 15 jours de négociations (à New York) avant Copenhague. Nous ne pouvons pas nous contenter de progrès limités. Nous avons besoin de progrès rapides", a-t-il dit.

"A New York, j'attends des discussions sincères et constructives. J'attends que des ponts soient lancés. J'attends des résultats importants", a lancé M. Ban devant les représentants et ministres d'environ 150 pays participants à la Conférence de Genève. "La réponse est dans une croissance (économique) verte, une croissance soutenable", a insisté le patron de l'ONU.

"Nous avons besoin d'une politique qui met un prix sur le carbone. D'une politique qui envoie un signal fort du marché aux entreprises pionnières pour un avenir à bas niveau de carbone", a-t-il préconisé.

"Nous avons besoin d'un programme d'investissement public pour l'énergie renouvelable. Nous avons besoin de transferts de technologie pour l'efficacité énergétique", a encore martelé M. Ban.

"Le Giec estime que l'investissement pour atteindre nos objectifs en matière d'émissions (de gaz à effet de serre) ne représenterait que 2% du PIB mondial annuel d'ici à 2030", a rappelé le secrétaire général de l'ONU.

Un tel investissement signifierait "moins de pollution; une meilleure santé publique; une amélioration de la sécurité alimentaire; moins de risques d'émigrations massive et d'instabilité politique; davantage d'emplois dans l'économie verte", a-t-il fait valoir.

Orange actualité / 3 septembre 2009

Commentaires de Bruno : "Et pendant ce temps MrS prépare son arrivée à Copenhague avec, en poche, sa minable Taxe Carbone qui ne répondra en rien aux objectifs urgents de réduction de Gaz à Effet de Serre mais qui lui permettra de pavaner devant les autres chefs d'états en se gargarisant d'avoir pris la mesure des évènements climatiques. De l'art et la manière de maquiller une inaction et une manipulation ! C'est à gerber !"

dimanche 5 avril 2009

Semaine du Developpement Durable



Entretient en 5 parties
avec Jean JOUZEL,

Directeur de recherche au CEA, vice-président du groupe scientifique du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat.) Prix Nobel de la Paix 2007



1. Climat : le diagnostic est clair

Le problème dont je vais vous entretenir tout au long de cette semaine - celui du réchauffement climatique lié aux activités humaines, de ses causes, de ses impacts, des solutions à mettre en oeuvre pour le maîtriser et de la nécessité de s’y adapter - sera au coeur du développement de nos sociétés au cours du XXIe siècle et au-delà.

En la matière, notre communauté scientifique a des certitudes. Depuis le début de l’ère industrielle, les quantités de gaz carbonique dans l’atmosphère ont augmenté de plus de 35 % ; elles ont progressé de près de 20 % pour le dioxyde d’azote et plus que doublé pour le méthane. Utilisation des combustibles fossiles, pétrole, gaz naturel, charbon, et modifications des pratiques agricoles, incluant la déforestation, en sont largement à l’origine.

Ces modifications de composés dits à « effet de serre » conduisent à une augmentation notable de la quantité de chaleur dans les basses couches de l’atmosphère. Certes, elles ne sont pas les seules à influencer notre climat, mais ce chauffage supplémentaire a pris le pas sur les autres causes de variations, qu’elles soient naturelles, telles les éruptions volcaniques et l’activité solaire, ou liées à la pollution par divers aérosols, qui ont plutôt tendance à refroidir.

Et qui dit chauffage supplémentaire, dit accroissement de la température. D’autant qu’existent des mécanismes d’amplification. Ainsi, la quantité de vapeur d’eau atmosphérique, elle-même gaz à effet de serre, augmente avec la température. Le réchauffement en est amplifié. Avec pour résultat un diagnostic clair : d’après le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, le réchauffement est sans équivoque. L’attribuer aux activités humaines n’est pas une mince affaire. Mais de nouveau, c’est une certitude que nous réserve l’avenir, celle d’un climat plus chaud. Le réchauffement dépend de ce que nous allons émettre dans le futur et de la façon dont va réagir notre climat. Mais si nous continuons comme si de rien n’était, sa valeur moyenne pourrait atteindre 3 ºC, voire plus. Avec des réchauffements un peu plus importants dans nos régions, beaucoup plus en Arctique.

De nombreuses incertitudes subsistent sur l’ampleur future du réchauffement climatique, sur ses caractéristiques régionales, sur l’évolution des précipitations, des événements extrêmes, sur le risque de surprise, et bien entendu sur ses multiples conséquences. Cependant, il nous faut accepter une évidence : le réchauffement climatique est inéluctable. Et avoir à l’esprit sa rapidité : de par le monde, de nombreux écoliers et lycéens d’aujourd’hui entreront dans le prochain siècle… Mais nous pouvons encore agir pour en limiter l’importance et les conséquences les plus néfastes.

(*) Dernier ouvrage publié (avec Claude Lorius et Dominique Raynaud) : Planète blanche, Éditions Odile Jacob, 2008.

2. Une lenteur exaspérante

Comme beaucoup d’autres, je me suis investi, plein d’enthousiasme, dans le Grenelle de l’environnement. J’en ai apprécié l’état d’esprit constructif qui a permis d’aboutir à un ensemble solide de propositions. Ainsi, celles mises en avant par notre groupe climat-énergie me semblent de nature à mettre notre pays sur les rails de l’objectif qu’il a, en 2005, inscrit dans une loi : la division par quatre ou cinq des émissions des pays développés d’ici à 2050.

Cela va dans le bon sens. Les pays développés se doivent d’avoir des objectifs plus ambitieux que les pays émergents ou en voie de développement. Mais nous sommes loin du compte. Avec une division par deux des émissions mondiales, objectif rappelé dans cette loi, l’ambition louable affichée par l’Europe - réchauffement ne dépassant jamais 2 ºC par rapport au climat préindustriel - n’a que très peu de chances d’être atteinte. C’est une division par trois qu’il faudrait viser pour préserver cet objectif. Et cela n’évitera pas des conséquences déjà très dommageables dans beaucoup de régions.

Le message que nous, scientifiques, avons du mal à faire passer est celui de l’urgence. Nos émissions sont liées à la production d’énergie, aux infrastructures de transport, à la forme de nos villes, aux pratiques agricoles, toutes choses qui ne se modifient pas en quelques années. Et une division des émissions par trois d’ici à 2050, ou même par deux, requiert que celles-ci arrêtent d’augmenter d’ici à 2015. Au risque, sinon, de laisser aux jeunes un monde auquel ils ne pourront pas s’adapter. Immense défi, d’autant que les émissions ont augmenté très rapidement au cours des dernières années. Dans ce contexte, la lenteur de la mise en oeuvre des mesures prônées par le Grenelle est exaspérante, même si certaines - bonus-malus, prêt à taux zéro - ont vu le jour. Et puis, nombre de nos propositions sont pour le moins édulcorées. Inutile aussi de redire l’importance de la réunion que tiendra la convention climat à Copenhague. Il faudrait qu’elle aboutisse à un accord extrêmement ambitieux, mais les négociateurs ne semblent pas en prendre le chemin. Malgré une administration américaine désormais consciente du problème climatique et des vertus d’une société sobre en carbone.

C’est pourtant dans cette voie porteuse de développements technologiques, de créations d’emplois, et de changement de nos comportements, que nous devrions nous engouffrer. Les pays qui ne feront pas ce choix le regretteront dans une dizaine d’années. De plus en plus de voix s’élèvent : pour sortir de la crise économique, il faut parier sur un développement écologique. Je suis pleinement de cet avis.

3. Effet de serre : les défis de la décroissance

Face au réchauffement climatique, c’est une attitude de bon sens qu’ont eue, assez tôt, les hommes politiques. Si nous continuons à accumuler de la chaleur dans les basses couches de l’atmosphère, il est vain d’espérer que notre climat n’en soit pas affecté. Ceux qui nous gouvernent l’ont compris : dès 1992, à Rio, ils ont de façon quasi unanime signé la convention climat, dont l’objectif ultime est de stabiliser l’effet de serre. Peut-être n’ont-ils pas pris la mesure l’immense défi que cet objectif représente ? En tout cas, ils n’ont pas encore réussi à passer de la déclaration de principe de Rio à une politique crédible de lutte contre l’effet de serre. Le protocole de Kyoto - que n’ont pas ratifié les États-Unis - n’étant qu’un pas timide dans cette direction. En effet, le gaz carbonique contribue actuellement pour les trois quarts à l’augmentation de l’effet de serre. À long terme, la stabilisation de la température passe par celle de ce gaz dans l’atmosphère, même si, dans un premier temps, il est efficace et tout aussi impératif de jouer sur le méthane, redoutable par son effet de serre et qui en est éliminé beaucoup plus rapidement. Cela implique qu’à l’avenir nous n’émettions pas plus de gaz carbonique que végétation et océan ne sont capables d’en absorber ; là aussi, c’est du simple bon sens. Nous sommes loin du compte puisque, chaque année, les quantités absorbées sont à peine supérieures à la moitié de ce qui est émis. Et il ne faut pas espérer un miracle de Mère Nature. Au contraire, tout porte à croire que la capacité d’absorption, aussi bien de la végétation que de l’océan, sera plus faible dans un climat plus chaud.

L’effet de serre continuant à augmenter, le réchauffement est devenu inéluctable, d’autant qu’il se poursuivra pour quelques dixièmes de degré une fois celui-ci stabilisé. Et à l’évidence plus le réchauffement sera rapide et important, plus il sera difficile de s’y adapter. Voire impossible lorsque l’on réalise que certaines régions du globe sont déjà vulnérables au réchauffement tout juste naissant.

Un réchauffement qui ne dépasserait jamais 2 ºC par rapport au climat d’il y a deux cents ans devrait largement préserver les capacités d’adaptation des générations à venir. Pour avoir des chances sérieuses d’atteindre cet objectif, il faut qu’en 2050 les émissions de gaz à effet de serre soient divisées par trois par rapport à celles de 1990 et qu’elles continuent à diminuer par la suite. Oui, le double défi au niveau des émissions et de l’indispensable adaptation est immense. Et pourtant, certains scientifiques - tel Jim Hansen, qui en a convaincu Al Gore - pensent qu’il est loin d’être assez ambitieux. Probablement à juste titre, si l’on voulait éviter toute conséquence néfaste à long terme.

4. L’inéluctable montée des eaux

Il y a 125 000 ans, la Terre était quelque degré plus chaude qu’aujourd’hui, mais le niveau de la mer, de quatre à six mètres plus élevé. Pour une large part, cette montée des eaux est attribuée à une diminution du volume des calottes glaciaires.

Deux phénomènes contribuent à l’élévation du niveau de la mer, la dilatation des océans en réponse à leur réchauffement certes lent et irrégulier mais inexorable à mesure que l’atmosphère se réchauffe, et la fonte partielle des glaciers observée dans la plupart des régions montagneuses et, récemment, au Groenland et en Antarctique de l’Ouest. Le GIEC table sur une montée des eaux inférieure à soixante centimètres d’ici la fin du siècle. Mais, faute d’une évaluation fiable, ce chiffre ne prend que partiellement en compte le rôle potentiel des calottes glaciaires. Alors que certaines études indiquent qu’elles pourraient avoir une contribution importante conduisant à des élévations maximales du niveau de la mer proches de 2 mètres en 2100. Le débat est loin d’être clos, mais la différence est énorme si l’on songe qu’une élévation même limitée à 40 centimètres, valeur moyenne avancée par le GIEC, conduirait au moins cent millions de personnes à déménager de l’endroit où elles vivent. Autant de réfugiés climatiques supplémentaires.

Quelle que soit l’issue de ce débat, nous sommes certains que la montée des eaux se poursuivra de manière irréversible au cours des prochains siècles. Dans un climat plus chaud, la dilatation des océans est inéluctable et continue, une fois la température de l’atmosphère stabilisée. Le passé est là pour nous rappeler que la fonte des calottes glaciaires est extrêmement sensible à des réchauffements de quelques degrés. Il sera difficile d’échapper à une montée des eaux de plusieurs mètres d’ici quelques siècles et ces effets à long terme, catastrophiques, de nos activités d’aujourd’hui, sont de ceux qui m’inquiètent le plus.

Le réchauffement climatique aura beaucoup d’autres conséquences, négatives pour l’essentiel. Elles seront d’autant plus néfastes que ce réchauffement sera rapide et important, et qu’évolueront les extrêmes climatiques qui contribuent fortement aux dommages. Même s’il est difficile de prédire où et comment ces conséquences se réaliseront, on en connaît les grandes lignes : inondations dans certaines régions, sécheresse et accès à l’eau plus difficile dans d’autres, vagues de chaleur à répétition, risques de cyclones plus intenses, fonte de glaciers de montagne, accélération de la perte de la biodiversité, diminution des rendements agricoles au-delà d’un certain seuil de réchauffement, acidification de l’océan avec des risques accrus pour les massifs coralliens, conséquences sur la santé… Pour limiter ces impacts, c’est tout de suite qu’il faut agir.

5. Bouleversement d’échelle

Le scepticisme est légitime, y compris lorsqu’il s’agit d’un phénomène, celui du réchauffement climatique, dont l’analyse fait l’objet d’un très large consensus au sein de la communauté scientifique concernée. C’est à ceux persuadés que nous faisons face à un problème susceptible de remettre en cause le développement de nos sociétés – j’en fais partie – de convaincre. Pourquoi se préoccuper du réchauffement actuel puisque le climat a toujours changé ? Cet argument est souvent avancé par les sceptiques avec comme icône cette période autour de l’an mille dont le climat clément serait à l’origine de l’implantation des Vikings au Groenland. Ce rappel historique vise à rendre crédible l’idée que le réchauffement des dernières décennies serait d’origine naturelle, et non pas dû à l’homme… Pourtant les seules variations liées au soleil et aux volcans sont clairement incapables de l’expliquer. Ajoutons que si les fluctuations de l’activité solaire en étaient la seule cause nous devrions aussi l’observer dans les hautes couches de l’atmosphère. Or celles-ci se refroidissent comme l’on s’y attend si c’est l’effet de serre qui est à l’oeuvre. En fait, ce réchauffement récent ne s’explique que si l’on tient compte de l’augmentation de l’effet de serre liée aux activités humaines. Les arguments avancés pour conclure qu’il est, pour l’essentiel, lié à nos activités nous apparaissent fort bien étayés. Indéniablement, le passé est riche d’informations pertinentes pour l’évolution future de notre climat. Glaciologue, j’ai eu la chance de vivre, avec des collègues français et étrangers dont Claude Lorius et Dominique Raynaud, l’exaltante aventure des grands forages polaires. En Antarctique, l’analyse de glaces vieilles de jusqu’à 800 000 ans et des bulles d’air qui y sont piégées nous apprend que les variations de l’effet de serre ont participé aux grands changements climatiques du passé. Et qu’en raison de nos activités, cet effet de serre est aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’a jamais été sur cette période. De leur côté, les glaces du Groenland mettent en évidence des variations climatiques importantes qui peuvent survenir en quelques années. Cette rapidité met en évidence la fragilité de notre climat et nous interpelle sur le risque de surprise climatique. Et puis les climats du passé mettent en lumière l’importance et la rapidité du réchauffement envisageable d’ici à la fin du siècle. Depuis le moment le plus froid de la dernière période glaciaire, il y a 20 000 ans, notre planète ne s’est réchauffée que de 5 à 6 degrés. Alors qu’il a fallu des milliers d’années pour sortir de manière naturelle de cette glaciation, l’homme est en passe d’imposer la moitié d’un tel changement en seulement cent ans. Cela fait froid dans le dos.

L'Humanité – Avril 2009
http://www.humanite.fr/

vendredi 31 août 2007

Photo des glaces par 79 ° N

A bord du brise glace allemand, le "Polarstern" (AWI - Brème),
au millieu des glaces de banquise brisée
lors de ma dernière mission en date,
du 8 au 26 Juillet 2007.

par plus de 79 ° N, au nord-ouest du Spitzberg.

http://www.awi.de/en/home/