"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

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mercredi 5 août 2026

La mousson, une histoire d'écoanxiété

« Il y a une fissure en toute chose : c’est ainsi que rentre la lumière ». Albert Cohen 

L’éveil 

Mon intérêt pour la nature est né alors que j'avais 10 ou 12 ans. Je le dois à mon frère Bruno et à son admiration sans borne pour le commandant Cousteau. Je revois encore son indignation devant le massacre des baleines, sa détermination farouche à défendre ces géants des océans dont il nous parlait comme de proches parents menacés. Je me revois aussi, assis à ses côtés, tous les vendredis soir, devant la télé, à regarder l’émission Thalassa, le magazine de la mer. 

Dans sa chambre s'entassaient les numéros de Terre Sauvage. Je les feuilletais comme des livres de contes. Les photographies y révélaient un monde d'une beauté presque irréelle. Ces pages de papier glacé furent les premières fenêtres ouvertes sur l'immensité du vivant. 

Bientôt, je rejoignis la Fondation Cousteau puis Greenpeace. À l'adolescence, j'arborais fièrement sur ma veste en jean le badge vert de l'organisation, comme un modeste étendard de mes convictions naissantes. Je croyais alors que l'amour de la nature suffisait à la protéger. 

Je ne savais pas encore que la conscience écologique pût aussi être une blessure. 

La chute 

Au printemps 2005, une fissure s'ouvrit dans le monde que je croyais connaître. 

Tout commença par un livre d'Hubert Reeves. Je crois qu'il s'agissait de Chroniques du ciel et de la vie, recueil de ses interventions radiophoniques sur France Culture. Peu importe finalement le titre exact ; ce qui demeure, c'est le vertige qu'il fit naître en moi. 

Certaines pages furent comme des éclairs dans une nuit d'orage. Elles révélaient des horizons assombris, des équilibres menacés, un avenir chargé d'inquiétudes. À travers ces mots, d’une rigueur implacable, une vérité s’est imposée à moi : la fragilité de notre présence sur Terre. 

Je refermais le livre mais cette vérité nouvelle, discrète d'abord, vint prendre place dans les replis de mon esprit. Puis elle grandit, lentement, inexorablement : comme une racine qui cherche sa voie sous la pierre. 

L'été suivant, tandis que cette inquiétude poursuivait son travail silencieux, ma vie familiale se trouvait elle aussi à un tournant. Ma première épouse, attendait une petite fille, notre troisième enfant. L’aîné était né en fin 2000 et son frère deux ans après. L’arrivée prochaine d'une petite sœur nous obligeait à quitter notre logement devenu trop étroit. 

Nous avions obtenu un appartement plus grand dans le treizième arrondissement de Paris. Mais celui-ci était dans un triste état et il m'a fallu, avec l'aide de mon père et de Didier, le mari de ma cousine Hélène, presque un mois d’un travail harassant pour le rafraichir. Tous mes congés y sont passés cet été car il y avait urgence ; nous devions déménager dans le courant du mois d'août. Pendant ce temps, mon épouse, alitée, vivait une grossesse difficile, menacée d’un accouchement prématuré, tout en s’occupant du mieux qu’elle le pouvait des garçons. 

Fatigue, inquiétude, urgence : tout se mêlait. 

Puis vint ce soir-là, ordinaire en apparence. 

J'étais épuisé par des heures de travaux lorsque je tombai sur un dossier du magazine Le Nouvel Observateur consacré au changement climatique. 

Ce fut le second choc. 

Certains textes sont des seuils, celui d’Hubert Reeves avait entrouvert la porte ; celui-ci l'enfonça. Et lorsqu'on la franchit, on ne revient jamais tout à fait au même endroit. 

Au fil des pages, quelque chose se fissura définitivement en moi. Le monde dans lequel je croyais vivre m’est apparu soudain comme une illusion fragile, une construction insoutenable lancée à pleine vitesse vers un mur invisible. 

Je sentis vaciller les fondations mêmes de ma réalité. 

Tout ce qui m'avait semblé solide devenait soudain friable. Le progrès, la croissance, la promesse d'un avenir nécessairement meilleur que le présent : autant de récits auxquels j'avais adhéré sans les questionner. Je comprenais brusquement qu'il ne s'agissait peut-être que d'histoires que nous nous racontions collectivement pour ne pas voir l'abîme sous nos pieds. 

Ce fut une expérience étrange, presque physique. 

Comme si le paysage familier de mon existence se dissolvait. Comme si le sol sur lequel je marchais depuis toujours se désagrégeait. Le sol s’est dérobé sous mes pieds. 

Je tombais. 

Et ma chute sera longue. 

Ensuite, les choses sont plus confuses dans mon esprit, c'est une sorte de brouillard jusqu'à la naissance de ma fille, le 1er octobre 2005. 

Ce jour-là fut très stressant car ma femme avait eu un précédent accouchement très difficile et nous étions inquiets pour celui qui arrivait. La naissance fut douloureuse mais finalement toutes les deux allaient bien, heureusement. 

Et pourtant, au cœur même de ce bonheur immense, une douleur insoutenable me traversa. 

Je découvris ce jour-là qu'il était possible d'éprouver simultanément la joie la plus pure et le désespoir le plus profond. Mille questions m’assaillaient et me torturaient. 

Qu'avions-nous fait ? 

À quelles tempêtes avais-je exposée mon bébé mais aussi ses frères ? 

Comment continuer à vivre normalement lorsque l'on croit apercevoir un incendie à l'horizon ? 

Quels paysages pourront-ils encore contempler lorsqu'ils seront adultes ? 

Que pouvais-je faire pour protéger mes enfants des souffrances à venir ? 

Cette culpabilité nouvelle était d'une profondeur vertigineuse. 

Elle ne m'a jamais totalement quitté. 

 L’obsession 

Je tentais malgré tout de poursuivre ma route : j'allais travailler, je m'occupais de ma famille, je jouais avec les enfants, je souriais, Je donnais le change. 

Mais rien n’était plus normal. Ma vision du monde s’était brisée, et la nouvelle me terrifiait. 

J'ai été alors pris d'une boulimie de lecture sur le sujet du changement climatique. Je voulais tout savoir, tout comprendre. Je voulais mesurer l'étendue du danger. Je voulais trouver une faille dans le raisonnement, une erreur dans les calculs, une raison d'espérer. 

C'est ainsi que je découvris Jean-Marc Jancovici et son blog Manicore. J'y passais des heures. À mesure que je comprenais les liens entre énergie, climat, économie et croissance, la carte du monde se recomposait dans mon esprit. Tout devenait terriblement cohérent. 

Cette lecture me faisait à la fois du bien, car elle m'ouvrait les yeux et l'esprit, et la fois du mal, car je ne voyais plus que l'impasse mortifère dans laquelle nous nous étions collectivement engouffrés. 

Je me mis à me questionner mentalement sur l'empreinte carbone de chaque geste du quotidien. Chaque achat, chaque aliment, chaque déplacement, chaque objet devenait une question morale. Je n'habitais plus le présent ; j'habitais les conséquences. 

Je n'en dormais plus la nuit, je m'épuisais. 

Je me suis mis à évoquer ce sujet avec ma femme, ma famille, mes amis, mes collègues. Je ne parlais plus que de cela. A part Bruno, mon frère, personne ne semblait comprendre l'ampleur de la catastrophe annoncée. Je ne comprenais pas comment les autres pouvaient continuer à vivre comme si de rien n'était, insensibles à l’urgence. Cela me rendait fou. J'avais beau argumenter, on me renvoyait toujours l'idée que j'étais catastrophiste, que je voyais tout en noir et que je finissais même par devenir fatigant par mon extrémiste. Moi, j’avais le sentiment inverse : c’était le monde qui sombrait dans une forme d’aveuglement extrême. Je me sentais terriblement seul. J'avais l'impression d'être Don Quichotte à me battre contre des moulins. J'en suis devenu agressif et colérique. J'étais en rage contre le monde entier. 

Mes parents, en plein désarroi, ne semblaient pas comprendre la profondeur de mon angoisse. Malgré mes sautes d’humeur, ils ont toujours été présents et aimants. Leur maison était un refuge. Je les remercie de m'avoir accompagné durant cette phase douloureuse. 

C'est finalement mon épouse qui a su trouver les mots pour j'accepte d'aller consulter mon médecin. Sans trop de difficulté, celui-ci a rapidement diagnostiqué une dépression et m'a prescrit des antidépresseurs. Le traitement a duré quatre ans. Je me souviens qu'à mi-traitement, alors que je me sentais mieux, j’ai voulu arrêter les médicaments. Mon médecin, constatant que j'étais encore fragile psychologiquement, a alors prononcé cette phrase que j'ai toujours en mémoire "il vaut mieux être accro aux antidépresseurs qu'à la dépression". Qu’il soit aussi remercié de son aide. 

En parallèle, j'ai tenté de me faire accompagner par un psy. Le premier, un psychiatre, fut une catastrophe car brutalement il m'a fait comprendre que pour lui le changement climatique était un phantasme et que je délirais. Je me souviens être sorti de son cabinet avec un sentiment de révolte sans limite. Autant dire que je ne l'ai jamais revu. Je me souviens après avoir trouvé une dame très douce qui me recevait dans une toute petite pièce. J'ai fait quelques séances avec elle mais les souvenirs sont très vagues. Est-ce que cela m'a fait du bien ? Je n'en suis pas certain car j'ai rapidement arrêté les séances. 

Ce que je garde de cette période c'est un sentiment absolu de noirceur, de solitude, de colère, d'impuissance et de désespoir. Et le mot écoanxiété n'avait pas encore été inventé ! 

La lumière 

C'est alors que, doucement, la lumière est revenue. 

La première éclaircie prit la forme d'une adhésion à l’association écologiste Les Amis de la Terre. 

Je me souviens de nos réunions en plein cœur de Paris dans un vieil appartement gris qui sentais un peu la poussière. Il y avait une grande table recouverte d'un feutre vert autour de laquelle nous nous assoyions. Les sujets de débats n'étaient pas très joyeux et les actions proposées n'étaient pas très enthousiasmantes. 

Pourtant, lors de ces réunions, quelque chose en moi s'apaisait. Pour la première fois depuis longtemps, je n'avais plus besoin de justifier mes angoisses puisque mes camarades les partageaient. Je n'étais plus l'oiseau de mauvais augure. Je n’étais plus cette sorte de Cassandre dérangeante. Mais tout cela manquait de souffle, de vie ! 

C’est alors qu’un soir, au détour d'une réunion, je fis une rencontre décisive. Celle de l'association des Amis de l'ÉCOZAC de la Place de Rungis. 

À la tribune se tenaient Philippe Bovet, Marcus Neumann et Elsa Gheziel, venus présenter leur projet : Leur but était de militer pour la construction du premier quartier respectueux de l'environnement dans le 13eme arrondissement de Paris. L'association avait rédigé une plate-forme d'objectifs qui demandait que les bâtiments soient économes en énergie, construits avec des matériaux biosourcés et alimentés en énergie renouvelable, que les eaux de pluie soient récupérées, que la place de la voiture soit repensée pour favoriser les modes de transport doux, que des jardins partagés soient mis à disposition des habitants. L'idée était aussi de peser plus largement sur le débat public et faire avancer les politiques publiques en lien avec l'habitat, l'urbanisme et le changement climatique. 

Mais j'entendis aussi autre chose. J'entendis une promesse. La promesse qu'il était encore possible d'agir. La promesse que la lucidité n'était pas condamnée à l'impuissance. Pour la première fois, il ne s’agissait plus seulement de comprendre ou de dénoncer, mais d’entreprendre. Concrètement. Localement. Utilement. J'ai été immédiatement enthousiasmé par ce projet et sans la moindre hésitation j'ai adhéré à l'association. 

J'ai été très impressionné par la personnalité des membres de ce trio. Chacun apportait une lumière particulière. 

Philippe, avec son savoir encyclopédique, et bien qu’à peine plus âgé que moi, est devenu à cette époque mon père spirituel en écologie. 

Marcus, avec sa rigueur de scientifique mais avec son âme d'entrepreneur était un battant, là où beaucoup voyaient des obstacles, il cherchait déjà des stratégies. 

Enfin, Elsa faisait vivre au quotidien l'association. Je crois aujourd'hui qu'elle ne mesurait pas l'importance qu'elle eut dans ma reconstruction. Un jour où je lui confiais mon désarroi devant l'intensité de mes émotions, elle me répondit simplement : 

"Bienvenue chez les êtres humains. Seuls les psychopathes ne ressentent rien". 

Cette phrase, si simple en apparence, eut sur moi l'effet d'une bénédiction. Pendant des années, j'avais considéré ma sensibilité comme une faiblesse. Elle me permit soudain de la regarder autrement. Comme une preuve de mon humanité. 

A côté d'eux je me sentais tout petit, mais ils ont eu la gentillesse de m'accueillir, de me faire confiance et de me laisser une place dans leur groupe. C'est ainsi que je suis devenu le coordinateur des bénévoles de l'association, puis quelques temps après administrateur de l'association. 

Je me suis plongé à corps perdu dans mes missions d'autant plus que l'association a rapidement pris de la visibilité et de l'ampleur. Mon épouse a eu l'intelligence de me laisser beaucoup de temps pour cette activité. 

Avec les bénévoles, qu'il fallait motiver, nous avons fait du tractage, des manifestations, tenus des stands lors d'événements, été présents lors des réunions publiques organisées par la mairie. 

Avec l'association, nous organisions aussi des voyages d'étude sur les écoquartiers à destination de tout type de public et notamment de décideurs politiques. L’idée était de changer leurs représentations en montrant ce qui se faisait de bien à l’étranger puisque la France était alors très en retard sur le sujet. Nous partions toujours en train (j'ai décidé en 2005 que je ne prendrai plus jamais l'avion). Nous avons visité Bedzed, en banlieue de Londres, Malmö en Suède, et surtout le quartier Vauban à Fribourg en Brisgau en Allemagne. 

Ce dernier voyage fut une révélation, il m'a semblé que je pouvais toucher du doigt le paradis. Enfin je pouvais voir un exemple d'habitat durable, moderne, confortable, beau et au contact de la nature bien qu'urbain. Je me suis pris à rêver d'habiter avec mes enfants et ma femme dans un tel environnement. 

Nos efforts ont été couronnés de succès et c’est ainsi que le premier écoquartier de Paris est sorti de terre. 

Je dois beaucoup à cette association et à ses fondateurs, en ce qu'ils m'ont permis de me remettre en mouvement et de reprendre contact avec la vie. 

L’ancrage 

A mesure que je m'engageais, une autre transformation se produisait. Je découvrais que l'action extérieure ne suffisait pas. On peut tenter de changer le monde. Encore faut-il apprendre à habiter le sien. C'est à cette époque que la méditation de pleine conscience entra dans ma vie. 

Mon père m’avait parlé de la « pleine conscience », présentée comme un outil de performance cognitive. J’ai découvert plus tard que c’était bien plus que ça. 

J’ai lu Kabat-Zinn sans tout comprendre au début, mais fasciné. Puis Christophe André, Zindel Segal, Jack Kornfield, Matthieu Ricard… Et surtout, j’ai pratiqué. 

J’ai fréquenté les bouddhistes, les champions du monde en la matière. J’ai testé plusieurs traditions, avant de m’ancrer dans celle de Shamballa, la plus laïque. Retraites, enseignements, protocole MBSR… 

J’ai découvert un continent intérieur dont j'ignorais l'existence. Dans cet espace de silence, je rencontrai peu à peu mes peurs, ma colère, ma tristesse. Je cessai de les combattre. J'appris à les écouter. Puis à les laisser passer comme les nuages passent dans le ciel. 

J’y ai appris de grandes vérités : l’impermanence et l’interdépendance de toute chose, la vraie nature de l'esprit et l’importance de la compassion. Je compris que la souffrance naît souvent de notre désir désespéré de retenir ce qui change et de repousser ce qui nous effraie. Je compris aussi que l'on peut regarder la réalité telle qu'elle est sans renoncer pour autant à la joie. 

Cette découverte fut immense. Elle transforma progressivement mon rapport au monde. Peu à peu, mon âme retrouva son souffle. C'est ainsi qu’en 2010 j'ai écrit "mixer le bonheur" qui se voulait une synthèse de ce que j'avais appris sur ce sujet et que l’on peut retrouver sur le blog de Bruno. 

Les antidépresseurs quittèrent ma vie. 

Les bouleversements 

Enfin cette période a été celle des bouleversements amoureux. 

Avec mon épouse, rien ne s’améliorait. Je pense, et c'est un euphémisme, n'avoir pas été très drôle pour elle. Je ne comprenais pas qu'elle ne prenne pas conscience de la gravité de la situation, de ce que cela allait impliquer pour l'avenir de nos enfants et qu'elle ne souhaitait pas changer sa façon de vivre. Cela me rendait dingue et je crois que je la rendais dingue en retour. Avec le recul, j'en suis sincèrement navré, il me semble que ma femme ne méritait pas cela. 

Notre couple s’est alors défait. Ce jour de 2007 où j’ai fait ma valise pour quitter définitivement le foyer familial reste le pire de ma vie. Ce fut un déchirement profond, j’avais l’impression d’abandonner mes enfants, d’échouer. 

Ma sœur m'a beaucoup accompagnée durant cette période. Je lui dois beaucoup grâce à son écoute et à son soutien moral. 

Pourtant, j'ai rapidement retrouvé un second souffle dans cette nouvelle vie de célibataire. Enfin ce n'était plus la guerre à la maison et je pouvais organiser ma vie selon mes nouvelles valeurs. Les enfants semblaient bien s'accommoder de notre séparation et j’étais heureux de pouvoir m’en occuper quand ils étaient sous mon toit. Je crois qu’ils étaient heureux aussi. 

J'ai pu aussi rencontrer et recevoir des gens qui partageaient mes convictions et pleinement m'impliquer dans l'association. 

Enfin, cela a été aussi la période où j'ai rencontré Céline qui est aujourd'hui mon épouse. Notre rencontre en 2009 a été décisive dans ma reconstruction psychologique. Enfin je rencontrais une femme partageant mes valeurs et mes craintes liées au changement climatique. Enfin je pouvais partager mes convictions sans passer pour un hurluberlu. Nous nous comprenions, ressentions la même chose et, cerise sur le gâteau, partagions le même intérêt pour la méditation. Enfin je n'étais plus seul et j'allais pouvoir rebâtir ma vie sur de nouvelles fondations. Je ne remercierai jamais assez la vie qui nous a fait croiser et entremêler nos chemins. 

La mousson 

Alors que retirer comme leçon de cette expérience de vie ? 

D’abord, que l’écoanxiété est le prix d’un regard lucide. Mais regarder le dragon dans les yeux sans s’entourer, c’est risquer de s’y brûler. 

Ensuite, mon écoanxiété et la dépression qui l’a suivie ont été comme la mousson. 

Soudain dans ma vie des nuages noirs se sont amoncelés. Une pluie battante s'est mise à tomber. Peu à peu l'eau glaciale est montée autour de moi. Inexorablement elle a tout recouvert. Elle s'est infiltrée partout. Tout a été noyé, emporté, dévasté par ce courant glacial. J’ai lutté pour ne pas sombrer dans ces eaux noires. 

Et puis, un jour, la pluie s’est calmée. L’eau a reflué, lentement. Les nuages se sont dissipés. Derrière eux, les rayons du soleil se sont mis à percer. 

C’est alors que j’ai pris conscience que le paysage autour de moi et en moi avait changé. Plus rien n’était intact. Mais quelque chose avait grandi, refleuri, verdi. Comme les végétaux après la pluie, j’avais retrouvé une nouvelle vigueur. Je venais de pénétrer dans un nouveau monde nouveau, riche d'amour du vivant, d'humanité, de bienveillance et d’humilité. J'étais entré dans un nouveau paradigme et c'est celui-ci que je m'emploie dorénavant à faire vivre au quotidien. 

Namasté chères lectrices et chers lecteurs. 

Par Christophe Bombled 

vendredi 24 juillet 2026

L’ère des confinements

« Petites boîtes, petites boîtes, Petites boîtes faites en ticky-tacky » Graeme Allwright 

Après le COVID, nous pensions que le confinement serait une parenthèse. Une anomalie de l’histoire. Une mesure exceptionnelle, dictée par l’urgence sanitaire. Mais si nous nous trompions ? 

Depuis des années déjà, nous apprenons à vivre enfermés. 

Je me souviens que petit, avec mes camarades, nous nous amusions dehors, nous jouions dans la rue, nous grimpions dans les arbres, nous construisions des cabanes et nous allions nous promener dans le village. Le matin, c’est en petite troupe que nous partions à l’école. Aujourd’hui, les rues sont vides d’enfants : trop dangereux, dit-on. Trop d’accidents, trop de peurs, réelles ou fantasmées. Alors on reste à l’intérieur, derrière des murs rassurants. 

Puis est venu le COVID et le temps du confinement sanitaire. Nous avons appris à limiter nos déplacements, à réduire nos contacts, à vivre à distance. Pendant des mois, nous avons découvert qu’il était possible de travailler, d’étudier, de consommer et même de maintenir un semblant de vie sociale sans quitter son domicile. Et nous nous y sommes, en partie, habitués 

C’est ainsi que dans le même temps, un autre confinement s’est installé presque silencieusement : le confinement numérique. Les écrans occupent une place croissante dans nos vies jusqu’à envahir notre quotidien. Ils nous donnent l’illusion de nous relier au monde entier mais nous nous éloignent de ceux qui nous entourent. Nous échangeons davantage de messages, mais moins de paroles. Nous parlons à des IA. Nous faisons moins l’amour. Nous fréquentons des communautés virtuelles, mais nous ne connaissons pas nos voisins. Nous apprenons à vivre dans des univers filtrés, protégés, maîtrisés. Comme si notre époque nous poussait à remplacer l’expérience directe du monde par sa version numérisée. Le numérique nous retient chez nous : les repas, uberisés; le cinéma, netflixisés ; les amis, pixélisés ! Les courses, les rencontres, les démarches administratives, le travail, tout vient à nous. Le monde extérieur devient optionnel. Il suffit d’un écran, d’un canapé, d’une connexion. Nous ne sommes pas enfermés par la force, mais par commodité. Et c’est peut-être là le plus troublant : nous apprenons à aimer notre enfermement et nous nous confinons dans une bulle virtuelle. 

Aujourd’hui, un nouveau type de confinement s’impose à nous, plus implacable, plus brutal : celui imposé par le dérèglement climatique. Les chaleurs deviennent écrasantes, l’air parfois irrespirable, les catastrophes naturelles plus fréquentes. Alors, une fois encore, nous nous replions. Nous fermons les volets, nous restons chez nous, nous évitons l’extérieur devenu hostile, invivable. 

Et demain ? 

Demain, vivrons-nous dans un monde où l’enfermement sera la norme ? Un monde où l’on ne sortira plus, où l’on se protégera sans cesse, où le lien avec la nature — et avec les autres — sera toujours plus ténu. Un monde de précaution permanente. Et ce qui ressemble à une protection pourrait bien devenir une prison. 

Car cette évolution n’est pas seulement subie. Elle est aussi, en partie, le fruit de nos choix collectifs. Notre mode de vie, énergivore, extractif, déconnecté du vivant, participe à rendre le monde extérieur moins habitable. Nous avons fragilisé les équilibres dont dépend notre liberté. 

D’une certaine manière, nous construisons nous-mêmes les murs qui nous enferment. 

La peine est silencieuse, progressive : un enfermement à perpétuité dans des espaces de plus en plus contrôlés, de plus en plus artificiels, de plus en plus coupés du vivant. 

Et cette ère du confinement ne sera pas vécue de la même manière par tous. Certains habiteront des logements spacieux, climatisés, connectés, entourés de services. D’autres seront enfermés dans des espaces trop petits, trop chauds, trop bruyants, trop pauvres. Le confinement des uns ressemblera à un cocon ; celui des autres à une assignation à résidence. 

Mais peut-être est-il encore temps pour infléchir la trajectoire ? 

À condition de reconnaître notre interdépendance. De comprendre que nous ne sommes pas séparés du reste du vivant, mais intimement liés à lui. À condition de transformer nos modes de vie, de production, de consommation. Et surtout, de réapprendre à tisser des liens — avec les autres humains, mais aussi avec le monde vivant dans son ensemble. 

Sans cela, l’ère du confinement ne fera que commencer et peut-être trouverons nous cela normal ? 

Par Christophe Bombled 

mercredi 1 octobre 2025

Nous sommes tous et toutes atteint.e.s du syndrome de Diogène

Imaginez un appartement dont chaque pièce déborde de déchets. Les couloirs sont encombrés de sacs plastiques, les fenêtres obstruées par des montagnes d’objets inutiles, l’air est irrespirable, saturé de poussière et de moisissures. Le sol craque sous le poids des accumulations, les murs suintent l’humidité, et pourtant, le locataire refuse de jeter quoi que ce soit. Il reste là, à vivre dans son propre cloaque incapable d’agir pour retrouver un logement sain. 

Maintenant, agrandissez cette image à l’échelle de la planète : Bienvenue chez nous ! 

Nous vivons aujourd’hui sur terre littéralement au milieu de nos déchets. Les produits chimiques suintent dans nos sols et polluent les eaux, les pesticides imprègnent nos assiettes, les microplastiques et métaux lourds s’accumulent dans nos foies, reins et cerveaux, les PFAS circulent dans notre sang, les suies des mégafeux noircissent nos poumons, les dioxines corrodent nos cellules, les perturbateurs endocriniens sabotent nos hormones. Chaque bouffée d’air est un cocktail toxique, chaque gorgée d’eau un mélange de résidus industriels, chaque bouchée de nourriture un concentré de nos propres poisons. Nous sommes devenus les cobayes d’une expérience monstrueuse : celle d’une civilisation qui, jour après jour, s’empoisonne elle-même ainsi que le reste du vivant. 

Le syndrome de Diogène, c’est nous. Comme le malade qui s’accroche à ses ordures, nous nous cramponnons à ce qui nous détruit. Nos "trésors" à nous, ce sont les énergies fossiles qui réchauffent notre atmosphère, l’agriculture intensive qui stérilise nos sols et pollue les eaux, la surconsommation qui remplit nos décharges. Nous préférons l’enfer connu de notre modèle toxique à l’effort d’un changement. Nous tergiversons, nous débattons, nous reportons, comme un malade qui tripatouille ses déchets plutôt que de se prendre en main, alors que son logement pourrit autour de lui. 

Les scientifiques ont identifié des lignes rouges : neuf limites planétaires, les seuils à ne pas franchir pour que la Terre reste habitable. Nous en avons déjà pulvérisé sept. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les sols se transforment en poussière, les océans deviennent des soupes acides, l’air irrite nos poumons… Nous vivons en surrégime, comme un Diogène qui continue à entasser des ordures dans un studio déjà saturé, jusqu’à ce que le plafond s’effondre. 

Les conséquences ? Elles crèvent les yeux. Des maladies qui explosent, des canicules qui tuent, des sécheresses qui transforment les terres fertiles en déserts, des inondations qui noient nos villes, des forêts aux arbres malades et des campagnes sans vie. Pourtant, nous faisons semblant de ne pas voir. Nous parlons de Mars, de colonies spatiales, de terres promises ailleurs dans l’univers. Mensonge ! Aucune planète de rechange ne nous attend. Aucune arche spatiale ne viendra nous sauver. Nous sommes destinés à vivre ici, dans cette maison qui fut si belle et que nous souillons méthodiquement, comme un malade qui s’évertue à pourrir son propre appartement devenu insalubre. 

Les limites planétaires ne sont pas des théories. Ce sont les murs de notre maison qui aujourd’hui se fissurent et qui s’effondrent 

Nous aimons nous croire indépendants, maîtres de notre destin. Illusion ! Quand les forêts canadiennes brûlent, ce sont nos poumons en Europe qui suffoquent. Quand les plastiques envahissent le Pacifique, ils finissent dans nos estomacs. Quand les pesticides exterminent les abeilles, nos assiettes se vident. Nos choix ont des répercussions en cascade. Les gaz à effet de serre que nous crachons ne restent pas au-dessus de nos têtes : ils voyagent, s’accumulent, réchauffent la planète, font monter les océans, déclenchent des catastrophes à des milliers de kilomètres. 

Nous ne sommes pas des îles, tout est interdépendant ; nous sommes une sous-partie d’un seul organisme planétaire aujourd’hui intoxiqué, asphyxié, au bord de l’effondrement. Notre bien-être est indissociable de celui de la Terre. Nous vivrons sainement seulement dans un environnement sain, et misérablement dans un environnement misérable. Mais apparemment nous sommes tous enchaînés à ce système délétère que nous avons créé, comme les chaînes d’un Diogène qui l’attachent à ses déchets. 

Nous avons bâti une civilisation sur une illusion : celle d’une planète toujours capable d’absorber les fruits pourris de notre mode de vie moderne. Or, la physique et la chimie, elles, ne plaisantent pas. Elles ne se soucient ni de nos beaux discours, ni de nos promesses électorales, ni de nos tergiversations, ni de nos espérances. Elles agissent, implacables. Et leurs effets sont déjà là : effondrement des écosystèmes, multiplication des catastrophes, empoisonnement généralisé. 

Il n’y a pas de négociation possible. Soit nous changeons, soit nous disparaissons. Soit nous nous soignons de notre syndrome généralisé de Diogène, soit nous serons ensevelis sous nos propres immondices, étouffés dans notre maison transformée en décharge géante. 

 Christophe B. 

samedi 20 septembre 2025

Fête de l'Huma : la réponse de Paul Watson

Mail de Paul Watson aux adhérent.e.s de Sea Sheperd France. Une réponse qui a le méritre d'être claire et honnorable. 

Hier, je ne savais pas ce qu'était un écofasciste. 

Aujourd'hui, apparemment, j'en suis un. 

Samedi dernier, j'ai parlé devant une foule conséquente lors de la conférence annuelle de la Fête de l'Humanité en France. 

Ce fut un événement passionnant, quelques milliers de personnes sympathisantes mais également environ deux cent manifestants indignés qui me hurlaient dessus et exigeaient qu'on me fasse taire , ce que j'ai trouvé plutôt ironique pour un évènement qui défend la liberté d'expression. 

Ce n'est pas de la faute des organisateurs, que j'ai trouvés plutôt ouverts et respectueux du droit de parole, et j'apprécie qu'ils m'aient invité. 

Les quelques centaines de perturbateurs étaient un groupe pour le moins enthousiaste, certains brandissaient le poing et me dénonçaient comme cette chose qu'ils appellent un « écofasciste. » J'ai l'habitude d'être traité de beaucoup de choses, notamment d'écoterroriste, d'extrémiste environnemental, d'activiste militant perturbateur et d'écopirate. Tous des surnoms très flatteurs et maintenant je peux en ajouter un nouveau - écofasciste. 

C'était génial. J'adore les publics hostiles et les débats animés, j’ai trouvé leurs chants « antifascistes " accrocheurs et mélodieux . 

J’ai toujours trouvé ce genre de perturbations excitantes pour ma part car elles créent une atmosphère propice à la transmission d'un message. La dernière fois que j'ai eu un public encore plus hostile, c'était il y a de nombreuses années quand j'ai débattu avec le Premier ministre de Terre-Neuve Brian Peckford devant un public de mille partisans de la chasse aux phoques, ou en 1984 quand je me suis adressé à une foule de trappeurs et de chasseurs en Colombie-Britannique du Nord en m'opposant à l'abattage de loups sponsorisé par le gouvernement. J'ai apprécié ces rencontres et je dois admettre que j'ai également apprécié la rencontre de samedi dernier. Rien de mieux que les cris fervents d'une foule pour m’inspirer et me motiver davantage. Donc j'étais très certainement inspiré pour exprimer mes positions, encore plus haut et fort, sur le biocentrisme, l'écologie profonde et les droits de la nature, ce qui, me dit-on, est de l'écofascisme. 

Et si c'est ainsi que l'écofascisme est défini, je ne m’en défendrai pas. 

Donc, en gardant le sourire et en élevant le volume de ma voix, j'ai transmis mon message sur l'importance de défendre la vie, la diversité et l'interdépendance dans les océans. 

D'après ce que j'ai compris, ces gens étaient contrariés que mes priorités soient écologiques et non politiques, que je valorise la vie des autres espèces au-dessus de l'humanité et que je considère le matérialisme humain et le comportement humain comme destructeurs pour la nature. Leur point de vue est que ma position de rectitude écologique n'est pas un point de vue politiquement acceptable. 

Tout ceci est très vrai et je ne présente aucune excuse. Je considère leur colère anthropocentrique comme une validation de mon biocentrisme. 

Nous, les humains, vivons sur cette planète grâce à des centaines de milliers d'espèces, nous sommes des passagers du Vaisseau Terre, et si nous voulons survivre, nous devons nous assurer que tous survivent. Je défends le biocentrisme, l'idée que nous ne sommes pas les maîtres et possesseurs de cette planète, que nous ne sommes pas l'espèce la plus importante au monde , et que les droits des humains ne devraient pas avoir la priorité sur les droits des autres espèces, plantes comme animaux. 

Certains considèrent apparemment mes critiques de l'anthropocentrisme comme racistes. 

Je ne crois pas qu'une personne biocentrique puisse être raciste puisque nous reconnaissons qu'il n'y a qu'une seule race, la race humaine, et que chaque humain est égal à tout autre humain et que toute vie de toutes les espèces est interdépendante. 

Cependant, nous ne sommes pas écologiquement égaux à de nombreuses autres espèces parce que beaucoup d'autres espèces sont plus précieuses que nous au maintien de la vie sur Terre. Cela signifie concrètement qu'elles n'ont pas besoin de nous, mais nous avons besoin d'elles. Nous ne pouvons pas vivre sur cette planète sans les microbes, les abeilles, les champignons, les arbres, les poissons, le phytoplancton et les baleines. Ils se porteraient en revanche très bien sans nous. 

Certains m'ont accusé d'être anti-autochtone pour m'être opposé à la chasse baleinière de la tribu Makah de l'État de Washington, oubliant commodément que mon opposition était à l'invitation de plus d'une douzaine d'Anciens de la nation Makah et que beaucoup de membres de mon équipage étaient eux mêmes autochtones. 

Ne se revendiquer ni de droite ni de gauche ni même centriste est une position incompréhensible pour certains. Ce sont des valeurs politiquement anthropocentriques, et je rejette les valeurs anthropocentriques. Donc, pour la droite, je suis dénoncé comme gauchiste et pour la gauche, je suis dénoncé comme extrémiste de droite ou cette chose intéressante qu'ils appellent un écofasciste. 

Après toute une vie passée à travailler avec et à lutter pour les droits des autochtones d'Amérique du Nord et du Sud, des Aborigènes d'Australie et des Maoris de Nouvelle-Zélande, c'était hilarant de voir un groupe d'Européens blancs privilégiés me dénoncer sur la base de désinformation et de propagande biaisée de mon histoire, une histoire dont ils ne savent de toute évidence pas grand-chose. 

Certains m'ont accusé d'être anti-immigration, ce à quoi j'ai répondu que je ne crois pas aux frontières et que mes opinions sur l'immigration sont les mêmes que celles du défunt leader du syndicat United Farmworkers, César Chávez : l'immigration illégale est utilisée par l'agrobusiness et les entreprises américaines pour maintenir les communautés latinos dans la pauvreté, une politique qui perpétue la misère et l'esclavage moderne aux États-Unis. 

Je ne suis certainement pas nationaliste et, à mon avis, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud devraient avoir des frontières ouvertes. Un être humain devrait avoir la liberté de se déplacer sur la planète sans restriction ni persécution. 

Et bien sûr, on m’accuse d’être raciste à cause de mon amitié avec Brigitte Bardot. Pour cela, je ne présente aucune excuse. Ce que Brigitte Bardot a accompli en 1977 mit fin au massacre commercial des phoques au Canada. Parce qu'elle a parlé, parce qu'elle a utilisé sa célébrité pour faire avancer la cause, plusieurs millions de bébés phoques ont eu la vie sauve et le marché des produits en peau de phoque s’est effondré dans de nombreux pays, y compris dans toute l'Europe. Je connais très peu de gens qui ont accompli autant pour les animaux qu'elle. 

Une autre accusation est que je veux voir la population humaine réduite de huit milliards à moins d'un milliard de personnes. C'est une déformation grossière de ce que j'ai réellement dit de nombreuses fois, à savoir que si l'humanité persiste à ignorer les lois de l'écologie, de l'interdépendance et la diminution de la diversité, cela conduira à la diminution des ressources et de la capacité de charge et aura des conséquences dévastatrices sur les populations humaines qui chuteraient en deçà de 1 milliard. Je ne préconise pas une réduction forcée de la population, mais je souligne que si la croissance démographique humaine n'est pas stabilisée, cela entraînera un effondrement écologique et l'incapacité de soutenir plus de huit milliards de personnes. 

Un monde sans abeilles, sans arbres, sans herbe, sans poissons n'est pas un monde capable de soutenir tant de milliards de primates consommateurs de ressources finies. 

Énoncer des faits écologiques et exposer des réalités écologiques n'est pas anti-humain. En fait, c'est très pro-humain parce que le mouvement environnemental vise vraiment à sauver l'humanité de la folie écologique de l'humanité. 

Si mes positions politiques ne sont ni de droite ni de gauche, alors que sont-elles ? C'est très simple, mes positions politiques sont anti-guerre (peu importe la raison), anti-racisme, anti-pauvreté, anti-génocide, pro-animal, pro-plante, pro-nature, pro-enfants et pro-paix. 

Je n'ai pas besoin de me définir par les querelles incessantes et improductives entre les stupides idéologies anthropocentriques de gauche et de droite. 

Mes positions ont toujours été écologiquement correctes, c'est-à-dire conformes aux trois lois fondamentales de l'écologie - la loi de la diversité, la loi de l'interdépendance et la loi des ressources finies. 

 Aucune espèce ne peut survivre en dehors de ces impératifs écologiques. 

Mes efforts pour travailler avec les Kayapó remontent à 1989 quand j'étais aux côtés du chef Paulinho Paiakan pour m'opposer au barrage du fleuve Xingu. En 1973, j'ai servi au combat comme infirmier pendant l'occupation de Wounded Knee par l'American Indian Movement pour défendre le traité de Fort Laramie de 1868. 

Tout cela ne signifie grand-chose pour quelques centaines de blancs qui me crient "écofascisme" tout en essayant sans succès de m'empêcher de parler. Ils ont décidé que ce que je disais était inacceptable pour eux et c'est parfaitement compréhensible puisque je ne tiens pas les positions que j'exprime dans le but de plaire aux gens. Je sais que mes opinions énervent beaucoup de gens et c'est le but - forcer les gens à affronter les réalités écologiques. 

Une question qui m'a été posée était si j'avais dit que les vies de quatre cent mille phoques valaient plus que les vies de quatre chasseurs de phoques qui sont morts en essayant de tuer des bébés phoques du Groenland. J'ai dit que oui, j'avais dit ça. Pourquoi dirais-je une telle chose ? Eh bien, parce que les vies de quatre cent mille phoques valent plus que les quatre hommes qui essayaient de les tuer. Est-ce une déclaration écofasciste ? Peut-être, mais je vois ça comme une vérité écologique. La survie d'une espèce menacée est plus importante que les quelques vies d'une espèce beaucoup plus abondante. Je suis monté sur cette scène sans savoir ce qu'était un écofasciste. 

Une heure plus tard, j'en suis descendu sous les applaudissements de mille personnes et les huées de quelques centaines d'autres avec une compréhension claire que selon leurs valeurs anthropocentriques, j'étais un environnementaliste écofasciste qui aime et respecte les animaux et la nature plus que l'humanité. 

 Et à cette accusation, et si c'est leur définition, je plaide fièrement coupable. 

Capitaine Paul Watson

 

Photo : Paul Watson à la Fête de l'Huma samedi 13 septembre. - ©THIERRY LE FOUILLE/SIPA 

mardi 20 août 2024

Soyons le changement ... conversation avec un copain

 

A un copain qui répond, sur facebook, à mon interrogation, faussement naïve, sur ce que l’on doit faire concrètement, individuellement et collectivement, pour éviter l’effondrement, en me disant que « concrètement Bruno, à notre niveau, en dehors du militantisme, que crois-tu que l’on puisse faire ? Par contre n’hésites pas à poser ta question à Patrick Pouyanné, le pdg de total qui s’est fait 20 milliards de bénefs en 2022. Je ne parle pas des Jeff Bezos, Elon Musk et autres. Je pense que nous culpabiliser, nous petit peuple, ne résoudra pas le problème. Nous ne sommes que de tout petit colibri et chacun agit avec sa conscience... » ... j’ai envie de lui dire que ... 

Un, si la vidéo que tu montres n’est pas culpabilisante alors je ne sais pas ce que c’est. Vidéo qui dénonce la futilité des gens qui, subjugués par leurs téléphones, ne voient pas l’urgence climatique et d’effondrement du monde, un monde en feu qui défile au dehors du train dans lequel ils et elles sont. Si ça ce n’est pas culpabilisant en dénonçant leur inconscience !?!? 

Ensuite j’en ai assez marre de cette réflexion qui dit qu’il ne faut pas culpabiliser les gens. Et bien si ! Au contraire !!! Moi je dis qu'il faut responsabiliser les gens puisque nous nous revendiquons adultes et donc logiquement responsables de nos actes. Ce sont les enfants qui sont considérés comme irresponsables. Pas les adultes ! Ainsi ce monde (celui du monde libre, celui de ces gens qui ont la chance d’avoir le droit de vote et de pouvoir s’exprimer librement) est organisé par les électeurs et les électrices qui votent majoritairement pour un monde carboné, climatocidaire et écocidaire. Les gens votent pour maintenir l’organisation actuelle du système. Les gens ne votent pas pour la décroissance, ni pour la préservation de l’environnement, ni pour celle du climat. Les toutes dernières élections françaises et européennes l'ont encore démontré. Donc oui, les gens libres sont responsables de la situation car les politiques et donc l’organisation du système, ne viennent que parce que les gens votent majoritairement pour cela. Ils et elles sont donc responsables et … coupables de la situation. 

Ensuite, non ! Je ne vais pas poser la question à Patrick Pouyanné, à Jeff Bezos, à Elon Musk, ni aux autres car ces gens-là ne se font du bénef que grâce à la demande des consommateur.trice.s. En effet que fait Total si ce n’est que produire de l’essence pour les SUV des parisien.ne.s, du kérosène pour les avions des touristes ou bien encore du gasoil pour les camions d’amazon ? Que fait Jeff Bezos si ce n’est que répondre à la demande des consommateur.trice.s qui ne supportent plus d’attendre pour recevoir le dernier gadget à la mode au détriment de tout ? Que font les entreprises si ce n’est produire des biens de consommations pour répondre à la folie consumériste ? Que fait la CMA-CGM si ce n'est transporter la demande mondiale de produits de consommation ? Que l’on ne vienne pas me dire que les consommateur.trice.s de fast-fashion ne sont pas responsables ni coupables de maintenir un système basé sur l’exploitation et le gâchis ! Que fait Luca de Meo en produisant des voitures toujours plus lourdes si ce n’est de répondre à une vraie demande de grosses voitures ? Que font les marques de téléphones si ce n'est que de répondre aux envies des consommateur.trice.s d'avoir des portables toujours plus complexes, toujours plus hype, toujours plus à la mode ? Sans demandes des consommateur.trice.s, il n'y aurait rien de tout cela. Alors oui, certes les entreprises entretiennent l'envie, mais notre responsabilité devrait nous aider à résister et à refuser. Mais dans l'ensemble nous ne renonçons pas. Telle est notre responsabilité. 

Oui nous sommes toutes et tous responsables et coupables de ce qui arrive car nous refusons de renoncer à tout cela. Donc si déjà les gens pouvaient commencer à ressentir une certaine culpabilité ce serait déjà une excellente étape dans la prise de conscience car, franchement, si l’on voit que rien ne s’arrange au niveau des défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas, c’est qu’il y a un gros paquet de gens qui ne ressentent, souvent en toute conscience, aucune culpabilité. 

Mon camarade (MI) me répond sur ma publication Facebook : Sauf que nous n’arriverons jamais à changer la conscience de la plupart des gens Bruno, l’Homme est ainsi fait ... après je comprends ton raisonnement (tu vois je ne suis pas totalement négatif 😉) et c’est donc pour cela que j’ai mis à la fin que nous ne sommes que des colibris et nous agissons avec notre conscience. Bruno, toi et moi ne sommes pas dupe... l’Homme est et sera malheureusement toujours consumériste, égoïste, aimant le pouvoir, la guerre, il est là le problème, donc en ce sens je ne suis pas responsable de l’inconscience des autres... et c’est pour cela que je dis à part le militantisme (j’aurai dû rajouter en dehors de nous-même être éco-responsable mais ça va de soi), que peut-on faire ? Après il y a aussi malheureusement les pays pauvres, où tu peux comprendre que l’objectif de certains est juste de se nourrir et de se loger car ils doivent survivre. Par contre le côté positif est que nous pouvons bien éduquer nos enfants pour qu’ils prennent conscience des enjeux de l’urgence climatique... Et quant à cette vidéo chacun interprète comme il veut le niveau de culpabilité... moi je trouve qu’elle dénonce une situation point. A chacun de prendre la chose comme il souhaite, selon son niveau d’éco-responsabilité. Autre chose, bien que je sois un peu d’accord avec toi sur ça, je pense que si les hommes comme Musk etc arrêtaient sans cesse d’innover sur des technologies énergivores, nous n’en serions pas là. Nous ne pouvons pas reprocher à l’être humain d’avoir des envies... d’ailleurs je te réponds de mon smartphone 😉. Je pense que nous sommes d’accord sur le fond mais pas sur la forme. Je suis contre l’écologie punitive. Dans tout ça notre vrai "ennemi" est ce monde ultra-capitaliste. Et désolé pour ce long commentaire 😉 Bien à toi. 

BB : merci pour ta réponse, il y aurait encore beaucoup de points à débattre mais merci d'avoir pris le temps d'exposer ta pensée, c'est cool 😊 Cependant, par pitié, arrête avec l'écologie punitive. Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Économie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous promettent. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

MI : Oui et ? Que peut faire le petit peuple que l’on est contre ça, concrètement ? Je te pose la question. Moi j’en ai marre que l’on tape sur les mêmes à chaque fois. 

BB : ben juste arrête de dire que l'écologie est punitive, car c'est complètement faux et c'est la phrase de ceux et celles qui veulent que rien ne change. C'est la phrase des adeptes du greenwashing, de ceux et celles qui parlent d'écologie quand ça fait bien d'en parler mais qui, lorsqu'il faut passer au concret, se débinent et disent que l'écologie ça commence à bien faire et que les ayatollahs de l'écologie sont de dangereux extrémistes. La destruction du climat et de l'environnement n'est pas un droit, juste un crime contre l'humanité. Pour le moment c'est l'absence d'écologie qui est punitive à la vue de ce que l'on se prend dans la gueule et de ce qui va arriver. 

MI : Non Bruno, je ne dis pas que l’écologie est punitive, je dis que certains dont toi faites de l’écologie punitive à vouloir faire culpabiliser le petit peuple que nous sommes et suite à ce que tu as dit, tu préfères plus culpabiliser le peuple que les Pouyanné, Elon Musk, Jeff Bezos et les autres. Les gens qui nient ce besoin d’écologie ou les climato-sceptique je veux bien. Mais les gens qui font des efforts, à leur niveau, que peuvent-ils faire de plus ? Encore une fois c’est pour cela que je dis que chacun agit avec sa conscience en bon colibri... 

BB : En fait je ne m'attaque pas au "petit peuple" en épargnant les gros bonnets du capitalisme écocidaire et climatocide, je m'attaque juste au moteur de notre économie écocidaire et climatocide. Et quel est le moteur de notre économie mondiale ? La consommation ! Et comme tout moteur, celui de l'économie mondiale produit beaucoup de Gaz à Effet de Serre (GES). Donc je m'attaque à la consommation et donc à ceux et celles qui font fonctionner cela, c'est à dire les consommateur.trice.s. Je ne m'attaque pas au "petit peuple", je m'attaque aux consommateur.trice.s. Concernant les efforts que font certaines personnes et ben c'est bien et c'est toujours bon à prendre mais de quels efforts parle-t-on ? Tu parles des gens qui renoncent ? Qui ne prennent plus l'avion ? Qui ne mangent plus de viande ? Qui n'achètent plus de fruits et légumes exotiques mais du bio, local et de saison ? Qui habitent en ville et non dans des lotissements construits sur les terres agricoles et/ou forestières ? Qui vont au boulot en vélo ou en transport en commun ? Qui font du zéro déchet ? Qui n'achètent pas de produits ultra-transformés ? Qui ne renouvellent pas tous les six mois leurs gadgets électroniques ? Qui font réparer plutôt que de racheter ? Qui n'achètent des fringues que quand il faut et non pas parce qu'ils et elles ont envie ? Qui n'achètent pas sur internet mais préfèrent les magasins ? Qui n'ont plus qu'une seule voiture ou plus du tout ? Qui recyclent bien et correctement ? Qui compostent tout ? Si tu me parles de ces gens qui font tout ça, tout le temps, alors oui, je ne sais pas ce qu'ils peuvent encore faire de plus (à part voter écolo, le reste n'est plus trop de leur responsabilité. Mais que représentent ces gens-là dans la population mondiale ? Pas bézef sinon on commencerait à voir les émissions de GES diminuer, à voir les compagnies aériennes s'inquiéter du peu de voyageurs, les constructeurs de voitures, de téléphones etc... s''inquiéter du manque de clients, les GMA-CGM s'inquiéter du ralentissement de la mondialisation, les compagnies de croisières obligées de laisser leurs paquebots de merde à quai faute de touristes. Mais on ne voit rien de tout cela donc cela veut dire que le moteur de l'économie écocidaire, climatocide et anti-social est toujours en marche, donc je continuerai à m'attaquer à lui puisqu'il est le principal émetteur de GES. 

MI : pour moi l’idée c’est de rester sobre et tout doit reposer sur un certain équilibre. Je refuse l’idée de tout rejeter en bloc et puis il y a aussi des conditions qui font que, par exemple, des gens ne peuvent pas faire autrement que de prendre l’avion. Tu ne peux pas interdire l’avion qui permet à des gens issues de l’immigration par exemple d’aller retrouver leur famille, aux Antilles, en Afrique etc... aussi, je pense que l’ on ne peut pas, à MINIMA, interdire des gens à se faire plaisir, je dis bien à minima... voilà pour moi tout doit être dans la sobriété et garder un certain équilibre, mais pas interdire et rejeter tout en bloc... 

BB : Prendre l'avion tous les ans, je n’appelle pas cela rester sobre. Le problème c'est comment tu définis le "à minima" ?!?! Nous n'avons pas tous et toutes les mêmes niveaux de minimum. Donc on ne va pas pouvoir se baser là-dessus, il va falloir légiférer. Ensuite, encore un fois, se faire plaisir, oui, mais au détriment des générations futures, NON !!! Détruire l'environnement, comme je le dis tout le temps, n'est pas un droit, juste un crime contre l'humanité. Ensuite il n'est pas question d'interdire aux gens qui ont de la famille ailleurs d'aller les voir tous les 5 ans, en avion (je serais très mal placé pour dire le contraire), mais moi je te parle de ces gens qui prennent l'avion tous les ans qui pour une semaine à Dubaï, qui 15 jours aux USA, qui 10 jours en Thaïlande, qui une semaine aux Seychelles, qui 10 jours sur un paquebot de merde, etc... Les domiens et autres gens issus de l'immigration, qui retournent au pays, sont souvent mis en avant pour justifier le droit des autres à voyager en avion. Perso je fais une grosse différence entre quelqu'un qui retourne un mois vivre en famille et quelqu'un qui part une semaine, tous les ans (j'en ai un paquet autour de moi), à l'autre bout de la planète pour consommer du voyage. L'état de l'environnement, du climat, de la biodiversité, des réserves d'énergies fossiles et de métaux ne nous permettent plus d'être modéré, il nous faut être radical ou bien nous nous effondrerons dans la douleur. Perso je préférerais que la réalité ne soit pas celle-là mais ce n'est pas le cas. Alors on peut, comme beaucoup, faire l'autruche et nier la gravité de la situation, mais cela ne résoudra pas les problèmes que nous aggravons et refusant de renoncer. Je n'y peux rien, c'est la réalité. 

MI : Après on peut continuer le débat des heures... pour moi à chacun sa conscience, dans le fond nous sommes d’accord sauf que nous ne mettons pas le curseur au même endroit... pour moi il est logique que chaque été un immigré ou fils d’immigré aille voir sa famille au Maghreb ou en Afrique... en vérité nous pouvons juste ralentir le processus mais pas le stopper. La planète a 4 milles milliards d’années, elle a connu plusieurs ères et en connaîtra d’autres... nous, nous sommes arrivés dessus que très récemment... 

BB : Il n'est pas question de nier les différentes phases géologiques de la Terre mais de dire que les bouleversements climatiques et environnementaux fulgurants que nous vivons ne sont pas naturels mais bel et bien anthropiques, qu'ils sont massifs et rapides et mettent en danger notre durabilité. Ensuite et après tout, l'humanité est libre de s'autodétruire si elle le veut. L'humanité disparaîtra par sa propre bêtise, bon débarras ! Encore une fois je ne cherche pas à sauver la Terre qui vivra très bien sans nous, mais à faire comprendre que c'est notre durabilité et celle de nos enfants qui est en danger. Enfin non je ne suis pas d'accord pour dire que les domien.ne.s et autres enfants de l'immigration ont logiquement le droit de prendre l'avion tous les ans. Tous les ans ce n'est pas climato-compatible. Non les efforts doivent être partagés par tout le monde et la conscience écologique et climatique, qui impose des renoncements, doit être chez tout le monde. 

MI : Waw !!! De dire ça c’est du despotisme Bruno ... tu ne peux pas empêcher les enfants d’immigrés de retourner dans leur pays d’origine autant qu’ils le souhaitent ... sinon il ne fallait pas appeler leurs parents quand la France en avait besoin ... bref. j’arrête là on ne sera pas d’accord et c’est ça la démocratie...bonne journée à toi 

BB : Je ne suis pas responsable de ce qu'ont fait mes ancêtres en revanche j'en subit, comme tout le monde, les conséquences écologiques car la génération de mes parents aura bien joui, sans limite, des richesses de la Terre. Mais aujourd'hui nous sommes toutes et tous dans le même bateau des défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétique et métallique qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. Et les enfants d'immigrés n'y échappent pas. Eux et elles, comme moi, ne sont pas responsables de l'histoire passée mais nous sommes responsables du futur. Ensuite concernant le despotisme cela fait 40 ans que j'explique les problèmes en misant sur l'intelligence et la bonne volonté en me disant que les gens finiront bien par ouvrir les yeux et enfin agiront car comme Cousteau le disait "on protège ce que l'on aime et on aime ce qu'on connait". Mais force est de constater l'échec de l'exercice. Donc, à un moment, il va falloir contraindre par la loi (c'est mon côté antilibéral de Gauche). Dans son documentaire sur le surtourisme "les réseaux sociaux vont-ils tuer le tourisme", dans son émission "sur le front", Hugo Clément ne dit pas autre chose et met en image ce que je dis. On y découvre l'envers du décor des vacances de rêves boostées par les milliers de photos idylliques d'Instagram (on pourrait lui reprocher de ne pas parler, également, du voyage carboné pour se rendre aux Maldives, mais ce n'est pas le sujet) et ça fait mal aux yeux. On y voit aussi que des communes en viennent à limiter les libertés des touristes car c'est véritablement devenu un fléau. Ce documentaire démontre que je suis dans le vrai et que, puisqu'il est impossible de raisonner les gens et compter sur leur conscience écologique, ben il faut prendre des mesures de limitation des libertés et/ou d'interdictions d'accès aux sites. Démonstration que ce n'est pas moi qui suis punitif mais bel est bien le tourisme consumériste qui, à force d'inconséquences et de "j'ai bien le droit !", oblige à prendre des décisions radicales. Il va donc falloir encore et toujours plus légiférer, voire interdire ou dire clairement qu'on s'en bat le steak des problèmes écologiques ... et au moins ce sera moins hypocrite. Mais on ne peut pas avoir de double discours : dire que l'on a un problème grave avec le climat et l'environnement et ne rien faire pour tenter de régler le problème. Bonne journée à toi aussi. Amitiés 

 MI : Bien sûr que tu ne l’es pas, mais les enfants d’immigrés non plus n’en sont pas responsables . Sauf que nous (oui moi je suis petit fils d’immigrés 😉) on a la chance d’avoir notre famille proche en France. Et on ne peut contraindre personne. Bon on ne sera pas d’accord lol ... moi je suis pour le pragmatisme. Je le répète à chacun sa conscience. Bonne journée. Amitiés 

BB : Les consciences cela s'éveille 😉 Aller, j'arrête de t'embêter. Passe une très bonne journée. Que la paix et l'amour soient toujours sur toi. Amitiés 

MI : Nous avons notre liberté de conscience. Belle journée 😉 

BB : Oui mais comme il y a des bonnes consciences il y a aussi des mauvaises consciences. Des gens peuvent faire les pires choses en pleine conscience et c’est pourquoi ils ou elles sont reconnu.e.s coupables. La conscience peut même être au repos comme le chante Patrick Bruel dans sa chanson "Alors regarde". Encore une fois, les consciences cela s'éveille. La conscience, en soit, n'est pas un argument pour ne pas critiquer les actions et laisser faire le pire. 😉Amitiés et merci pour cette très agréable joute verbale.