"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 25 septembre 2012

AG 21 : les Ulis ne sont pas sur une autre planète


Déclaration en Conseil municipal des Ulis
Bruno BOMBLED
24 Septembre 2012

"Une fois n'est pas coutume je vais me permettre de citer un premier ministre en exercice : « Le constat est sans appel : les ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité recule, les émissions de gaz à effet de serre se concentrent, la qualité de l’eau et de l’air se dégrade », a déclaré le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault lors de la conférence environnementale de ce mois-ci.

Hum qu'il est bon d'entendre, de la bouche de personnes autres qu'écologistes, ce que nous disons et clamons depuis des dizaines et des dizaines d'années. Ne boudons pas notre plaisir car visiblement notre gouvernement est au courant et ne peut plus dire qu'il ne savait pas. Prenons-le au mot et jugeons-le sur ses actes !

Ne boudons pas notre plaisir mais que d'énergie dépensée pour en arriver là, que de temps perdu ! Qu'il est difficile d'avoir raison avant les autres car nous apparaissons oiseaux de mauvais augure et comme il serait bon d'avoir tort, car nous n'aurions pas le risque du changement climatique, nous n'aurions pas la crise énergétique qui nous pend au nez. Mais il se trouve que les écologistes ont toujours eu raison sur les alertes lancées comme viennent de nous le confirmer les résultats effarants, des effets des OGM, dévoilés cette semaine ou bien encore les observations de fonte de la banquise qui vont au delà des prévisions scientifiques.

Tout s'accélère et notre humanité avance à pas de tortues.

Tout s'accélère et nous ne faisons pas ce qu'il faut pour nous sauver nous même comme le montre l'étude du cabinet TEC (Tourisme Environnement Consultants) qui a simulé auprès d'un échantillon de ménages le passage vers un mode de vie plus sobre en carbone et analysé les arbitrages micro-économiques et les facteurs socio-culturels activant ou freinant la transition. Les personnes interrogées parviennent à se projeter dans un imaginaire bas carbone, mais choisissent prioritairement des mesures associées au logement et à l'alimentation, alors que les transports arrivent en dernier : le renoncement au transport aérien reste difficile, l'avion étant encore un vrai marqueur social. Les ménages préfèrent picorer en éteignant les appareils électroniques ou en utilisant moins d'emballage, bref ils consentent à de nombreux petits choix plutôt qu'ils ne renoncent aux comportements les plus émetteurs.

Et il en est de même pour les collectivités.

Il en est de même et pourtant il nous faut accélérer si nous souhaitons durer. C'est, j'espère, le signal que nous adressons aujourd'hui, par le vote de notre premier plan d'actions coordonnées agendas 21 où nous montrons notre volonté d'agir. Mais ce vote ne doit pas être perçu comme la fin d'un long processus, mais bel et bien comme une première étape. Une première étape qu'il est bon de saluer. Qu'il est bon de saluer à sa juste valeur, c'est à dire comme un vrai commencement. Comme un échauffement avant le long sprint qui nous mènera, si nous le voulons, vers une ville durable. Les événements s'accélèrent, l’énergie ne cessera plus d'augmenter, la biodiversité est en chute libre (En 2008 une espèce de mammifère sur quatre était en danger de disparition, d’après la Liste Rouge de l’UICN) fragilisant ainsi la chaîne alimentaire ou nous faisant perdre de potentielles molécules pharmaceutiques, le climat se dérègle plus vite que prévu ... Et les Ulis ne sont pas sur une autre planète. Nous aussi nous serons impactés, tôt ou tard, par toutes les maltraitances que nous infligeons à la Terre. Les premiers qui seront impactés seront ceux qui n’auront pas, qui n’ont déjà pas, les moyens de compenser les contraintes supplémentaires de coûts, de rareté ou de santé. C'est-à-dire, aux Ulis, les plus modestes de la population.

Il ne s’agit pas de vous culpabiliser. Il ne s’agit pas de nous accuser de tous les maux. Il ne s’agit pas de nous faire porter la totale responsabilité des problèmes qui se posent à notre planète et donc à nous en premier lieu. Non, il ne s’agit pas de cela. Il s’agit, à l’instar du colibri, de penser que nous avons tous notre part à accomplir sans toujours reporter, à un échelon plus haut, la capacité d’agir.

Aujourd'hui, en l'état actuel des choses, notre ville n'est pas durable il nous appartient donc de passer à la vitesse supérieure et d'entrer dans l'ère du recyclé, du recyclable, du réparable et du local, dans l'ère de la sobriété heureuse. Pour se faire, nous aurons immanquablement besoin d'un second plan d'actions encore plus ambitieux et nous aurons besoin de toutes les imaginations pour relever les défis que notre monde, hérité des générations passées, nous impose aujourd'hui et demain. Nous aurons besoin que ce plan soit une démarche partagée impliquant tous les acteurs de la démocratie participative. Puissions-nous faire que notre intelligence, qui a fait de nous, cet animal si faible, le prédateur ultime, nous inspire afin de permettre à notre humanité de durer sur une planète qui, avec ou sans nous, continuera sa course autour du soleil. Il est temps d'entendre les écologistes afin que la marche du vrai changement, qui s'imposera à nous, ne soit pas trop grande."


dimanche 23 septembre 2012

Ne pas oublier que le fascisme est partout

Mes réaction sur les manifestations islamistes de septembre

pour ne pas oublier que le fascisme est partout.

Depuis le 11 septembre 2012, le monde arabe se déchaîne contre le soit disant film "L’Innocence des musulmans" avec des conséquences dramatiques : attaque contre le consulat américain à Benghazi, assassinat de l'ambassadeur Chris Stevens et de trois agents américains, relance de la fatwa contre l'écrivain britannique Salman Rushdie, manifestations de colères partout dans le monde et interdiction des rassemblements en France. Les caricatures, opportunes ou non, de Charlie Hebdo, ont attisé un peu plus les colères. Le silence des musulmans modérés et la haine des fascistes islamistes ont participé à brouiller les esprits des autres communautés. Cette situation ubuesque m'a laissé perplexe et m'a inspiré ces petites réflexions - ci-après - que j'ai posté sur facebook ce moi-ci. Je les remets sur mon blog afin de continuer à participer, à ma manière, au débat et en profiter pour rappeler que je ne mélange pas islamistes et Musulmans ... N'oublions jamais que l'on entend toujours l'arbre qui tombe, mais jamais la forêt qui pousse.

------------

18 septembre 2012 : A-t-on le droit de dire que les fous de dieu font peur ? A-t-on le droit de dire que rien, même pas une crasse pseudo-cinématographique, ne justifie des violences faites au nom d'un dieu. Si c'est non, alors je le prends, ce droit. Oui tous les fanatiques me font peur ! Oui tous les fanatiques font plus de mal à leur cause et à leur foi que tout ce qui peut être dit ou écrit sur ou contre un dieu soit disant de tolérance, de paix et d'amour. Les religieux parce qu’ils se disent religieux en oublient la conscience et la morale. Si votre foi est sacrée, ma liberté l'est également ! Aujourd'hui ce sont les islamistes qui font chier le monde entier, hier c'étaient les chrétiens (qui, de temps en temps, se rappellent à notre bon souvenir), demain cela sera au tour de qui ? "Tuez vos dieux à tout jamais, sous aucune croix l'amour ne se plait, ce sont les hommes, mais pas les curés, qui font pousser les orangers !"

19 septembre 2012 : Caricatures : Es-ce les médias qui fabriquent une phobie anti-musulmans, ou es-ce bien réel ? Quoi qu'il en soit le silence des musulmans modérés et démocrates est, à mes oreilles, assourdissant.

20 septembre 2012 : En fait on s'en fout complètement de savoir si Charlie Hebdo a bien fait ou non de publier ces caricature. ils l'ont fait, c'était leur droit. Point barre ! Pendant que les états et les politiques se couchent devant le fascisme islamiste, Charlie résiste contre tous les obscurantismes. C'est quand même un comble que se soit des anarchistes qui sauvent l'honneur de la république !

J'ai entendu, ce matin à la radio, que des islamistes voulaient imposer, dans la charte des droits de l'homme, le délit de blasphème ... on croit rêver. Nous v'là donc revenu au moyen-âge ! Nous v'la donc revenu à l'inquisition ! Il est vrais que dans certains pays on s'en rapproche pas mal avec ces mises à mort pour non respect de la charia, ces atteintes aux libertés individuelles et ces haines contre les femmes. Les fascistes ne sont pas qu'à l'extrême droite, chez les religieux de tous poils, la bête immonde s'y trouve au chaud. Ni dieu, ni maître !

demandez-vous pourquoi on ne se fout jamais de la g.... des bouddhistes ! doit bien y avoir une raison .....

18 octobre 2012 : Sans revenir aucunement sur mes commentaires du mois dernier, concernant le dangers que constituent les fascistes islamistes dans le monde et l’absence de condamnation de ce fléau par les musulman - nous laissant une impression amère que seuls les salauds peuvent s’exprimer - je voudrais saluer, tout de même, le signal fort que nous ont adressé les musulmans de France lors de cette triste période. En effet il est à noter que nous n’avons pas eu d’appel au soulèvement majeur dans notre pays, mais au contraire, une réaction d’indifférence et de tolérance face à ceux qui pouvaient les provoquer, prouvant, par là-même, le caractère totalement démocrate et républicain de nos concitoyens de confession musulmane. Cela allait sans dire mais c’est mieux en le disant, il fallait le saluer.

Bruno BOMBLED

samedi 22 septembre 2012

Corridas : réaction d'Yves Paccalet

La corrida est un jeu cruel que rien ne saurait justifier.
Les traditions, quand elles sont merdiques, d'un autre age,
cruelles ou inégalitaires,
doivent être éliminées !!!!

Bruno

-----------------

la torture animale est bien constitutionnelle 

par d'Yves Paccalet

Le Conseil constitutionnel vient de l’affirmer : la corrida peut continuer. La torture animale est conforme à la Constitution française…

Je ne peindrai pas la déception des amis des bêtes : comment comprendraient-ils que, dans un pays de droit, on ait (pour le plaisir des "aficionados" et le profit des organisateurs) la liberté d’infliger des souffrances abominables à des vaches mâles dans 10% du territoire national, et que cela soit interdit partout ailleurs ? Si cette dérogation n’est pas une distorsion de l’égalité républicaine, il devient difficile de conserver le sens des mots.

Je parlerai philosophie, ça nous changera. L’une des justifications qu’utilisent les amateurs de corridas consiste à dire que c’est un noble et beau spectacle, une magnification symbolique de l’épreuve de la mort, pour ainsi dire une rédemption de l’homme par le truchement des tourments de la bête. Je ne discuterai pas cette logorrhée esthétisante.

Souffrance animale

Un autre argument se prête mieux à la vérification. Les "aficionados" prétendent que le taureau ne souffre pas (ou à peine) des blessures qu’on lui inflige à coups de pique, de banderille ou d’épée. Une vieille lune philosophique consiste à se demander s'il faut avoir conscience qu’on souffre pour souffrir réellement. De rares penseurs, dans la lignée du Descartes des "animaux machines", soutiennent cette idée.

La science montre le contraire, et j’ai tendance à croire le savant plutôt que le pur esprit ébloui par l’habit de lumière ! Nul besoin d’être homo sapiens pour ressentir la douleur. Tous les animaux possèdent des terminaisons nerveuses (des "points de douleur") affectées à la sensation de blessure. Par centimètre carré de peau, ou par centimètre cube de chair, l’homme et le taureau ont exactement le même nombre de ces amas de neurones.

Ils ressentent les agressions corporelles avec la même intensité – la même angoisse, le même besoin réflexe de fuir. La science va plus loin : non seulement les animaux sont tous égaux devant la douleur, mais les plantes la perçoivent à leur façon ; et les microbes aussi !

Il fut un temps où l’on pouvait imaginer que les "êtres inférieurs" ne souffraient pas, ou peu. Les baleiniers prétendaient que les baleines, parce qu’elles sont grosses, sentent à peine le harpon qui les tue. Les pêcheurs à la ligne disaient que le poisson n’éprouve pas la violence de l’hameçon.

Une pratique sadique

On appliquait, du reste, le même raisonnement aux humains qu’on tenait pour "inférieurs". Au temps de l’esclavage, le maître se persuadait que le "Nègre" était moins sensible à la douleur que le "Blanc" ; et il redoublait de coups de fouet. On disait que les femmes (parce qu’elles doivent accoucher) sont plus "dures au mal" que leurs mâles. On affirmait, il n’y a pas bien longtemps, que le système nerveux des bébés n’est pas "terminé", et que ceux-ci n’éprouvent pas la douleur – alors même qu’ils sont pétrifiés d’horreur !

Je regrette qu’on n’aperçoive pas la queue d’un scientifique dans les rangs du Conseil constitutionnel (s’il y en a un, c’est encore pire). Car la science a tranché : la douleur est universelle. Infliger la douleur à autrui pour le plaisir s’appelle le sadisme. Et le sadisme est puni par la loi !

Les taureaux souffrent atrocement lorsqu’on leur plante dans l’échine une banderille armée d’une pointe en harpon longue de vingt centimètres : en proportion, c’est comme si l’on fichait un croc de deux centimètres dans le dos d’un "sage" du Conseil constitutionnel. Sachant que, dans la corrida, on ne "pose" pas une seule banderille. Puis qu’on larde l’épaule du "fauve" avec la pique du picador. En attendant le coup d’épée, si souvent raté, du matador…

Une activité inhumaine

Notre Conseil constitutionnel devrait savoir qu’on n’a pas besoin d’une conscience pour se sentir martyrisé. L’homme tue, certes, par nécessité, et notamment pour manger. Cela ne justifie pas qu’il continue d’organiser des spectacles dans lesquels il jouisse à la vue d’un animal écumant de douleur, qui mugit de panique et crache des ruisseaux de sang par la bouche et les narines.

La corrida constitue une activité totalement inhumaine – au sens juridique du terme. Je trouve logique (et délicieusement ironique) que les adversaires de ce bal tragique aux arènes se préparent, maintenant, à porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). De l’Homme, oui, au sens où tous les êtres vivants, y compris les taureaux, méritent d’être traités comme nos frères sur la Terre…

samedi 25 août 2012

Réflexions de vacances.

Schizophrénie : A regarder les brochures touristiques, il est toujours étrange de voir combien l’environnement naturel et culturel sont des valeurs sûres pour notre humanité, de voir combien elles s’affichent sur toutes les pages, en une pub vendeuse des lieux de villégiatures. Il est étrange de voir le décalage entre la mise en avant de la qualité environnementale, des régions, et de mettre cela en parallèle avec la maltraitance que nous lui infligeons, quotidiennement, par un urbanisme outrancier, par un empoisonnement de l’air, des sols et de l’eau, par la mise au pied d’une nature sauvage qui nous fait peur. Notre humanité est schizophrène, elle aime la nature mais une nature mise au pas. Nous aimons les beaux paysages mais avec un parking à proximité. Nous aimons les beaux oiseaux et les attendrissants mammifères mais détestons les animaux qui nous sont indispensables. Nous aimons la mer mais nous la traitons comme notre poubelle faisant de nous de pauvres bouffeurs de détritus et des baigneurs de vide-ordures. Nous recherchons, en vacances, le bien manger, le produit authentique, le produit du terroir, le produit vrai, mais  le reste de l'année, nous ne voyons aucun problème à subventionner une industrie alimentaire de merde. Notre humanité est totalement schizo vis-à-vis d’elle-même dans le sens où elle ne supporte pas de voir un individu en danger mais ne s’émeut pas de voir en péril des peuples entiers à cause d'un consumériste dictatorial, d'un libéralisme dogmatique et d'un capitalisme péremptoire. Notre condition humaine nous oblige à sauver l’individu mais ne se soucie pas de l’espèce. Nous avons étudié l’écologie et découvert l’importance de la sauvegarde de l’espèce dans son habitat pour le bien être de l’individu. Nous ne sommes pas différent des autres espèces ! Notre intelligence, qui a fait de nous - ces êtres chétifs, faibles et lents – les maîtres de la création, ne pourrait-elle nous inspirer afin de réussir le mariage de la sauvegarde de l’individu et de l’espèce... pour préserver la paix et la liberté.

Biodiversité : Es-ce normal de vivre 15 jours, en ville, sans voir d’insectes ? C’est l’étrange expérience que je viens de faire en Espagne, sur la Costa Azahar. 15 jours sans mouche, sans abeille, sans guêpe qui rôde autour du repas. 15 jours à pouvoir manger dehors sans être envahi d’insectes volants. 15 jours à pouvoir dormir, toutes fenêtres ouvertes, sans craindre les moustiques alors qu’il était censé y avoir une zone humide à proximité du gite. !?!? Pas très normal que cela, non ? Moi - l’insectophobe de base - ça m’a carrément fait flipper en pensant à tous les pesticides, utilisés dans les orangerais ou oliveraies voisines, qui devaient imprégner l’environnement local.

Bruno BOMBLED - Espagne 2012

dimanche 29 juillet 2012

Nous resterons sur terre - le film

"A force de considérer l'urgence de l'immédiat,
on perd de vu l'urgence de l'essentiel."


"Je pense que c'est là,
en ce moment,
que nous perdons la connexion,
que nous perdons le liens,
nous devenons étrangers au monde naturel."

"Vu la direction que nous avons prise,
et au rythme où nous allons,
il y a de fortes chances,
qu'un jour,
cette planète ne soit plus qu'un musée."

"N'oublions pas que les civilisations ne sont pas immortelles.
Elles meurent.
Plus de trentes civilisation ont précédé la nôtre."

samedi 28 juillet 2012

En vrac : Métaux et Jeux Olympiques

Métaux : Les vols de métaux ne sont que le prélude de tensions annoncées. Si aujourd'hui le vol d’or et de bijoux attire toujours le grand banditisme, dorénavant, le cuivre concurrence largement le métal jaune. La tonne de cuivre atteint des niveaux jamais égalés notamment à cause de la spéculation chinoise sur le marché d’une matière première stratégique afin d'étancher sa soif d’expansion et sa volonté de miser sur la pénurie de matières première. Quelque 700.000 tonnes de cuivres seraient stockées par Shanghai. Les vols ont littéralement explosé ces derniers temps et, à la différence de l’or, le métal rouge est partout. Le résultat de cette situation est un renforcement des moyens de surveillances et la mise en place, insidieusement, d'un système sécuritaire. Dès lors que va-t-il se passer lorsque le pic de métaux sera atteint dans 20 ou 30 ans ? Comme la "croissance" implique une consommation toujours plus forte de métaux et que nos politiques, soumis aux lobbys industriels, n'anticipent rien, il est à parier que les cours vont flamber, que les vols vont exploser et que les moyens mis en place, pour s'en prémunir, vont se durcir crescendo, avec les violences qui iront avec. Au final, à ne pas vouloir anticiper, à ne pas vouloir entrer dans la décroissance et la sobriété, à ne pas vouloir faire du durable (recyclé, recyclable, réparable et sobre) nous ne faisons que préparer les futures émeutes de demain.

---------

J.O. 2012 : Quand je mets en parallèle l'enthousiasme et la ferveur d'une humanité à célébrer l'enfumage commercial mondialisé que sont les JO (et autres manifestations de décérébrés en short) et l'indifférence de cette même humanité face aux défis climatique, énergétique, environnemental et humanitaire qui la mettent en péril, je me dis que les armées de commerciaux et autres communicants, au service de ces inhumaines et tentaculaires multinationales, font véritablement bien leur travail, qu'ils sont d'une efficacité mortelle et que nous ne pouvons pas grand chose pour éviter la chute de notre monde. Ouvrez les yeux et refusez ce que l'on vous donne en pâture comme étant votre dû !

vendredi 27 juillet 2012

Point de vue du Parti de Gauche : Les absurdes propositions de Montebourg pour l'automobile

Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif vient de présenter ses mesures de soutien à l’industrie automobile. Au même moment, le CCE de PSA s’est ouvert et la direction présente son plan d’économie.

Elle cherche à économiser au moins un milliards à un milliard et demi d’euros pour maintenir ses taux de profit. Les annonces des pertes de l’entreprise sont effectivement de 820 millions d’euros sur le premier semestre de l’année.

Le Ministre a présenté son plan en Conseil des Ministres : augmentation des bonus écologiques, investissement dans les voitures propres, dans les bornes de recharge, achats par l’Etat de voitures électriques et déblocage de 315 millions d’euros pour l’industrie automobile. En gros, l’Etat propose le financement public du maintien des taux de profits de l’industrie automobile. C’est un manque de vue et de compréhension de la situation de la part du gouvernement.

En utilisant l’argent public pour soutenir à court terme l’industrie automobile, le gouvernement fait le jeu du capitalisme. Celui qui demande la libéralisation des marchés, la mise en concurrence, l’exploitation des ressources naturelles et le soutien public lorsque les taux de profits s’effondrent. Aujourd’hui se sont les salariés des sites français qui payent à nouveau l’addition de la concurrence libérale et de l’exploitation capitaliste. Faut il des mesures d’urgence pour maintenir les sites et empêcher l’entreprise de mettre 8 000 salariés sur le carreau ? Evidemment. Mais là n’est pas mon propos. L’Etat n’est pas dans son rôle. Il reproduit les mesures de la droite qui ont conduit à ce cuisant échec : l’année dernière, PSA a dégagé 600 millions de profits dont 250 ont été redistribués aux actionnaires. En 2010, l’industrie automobile a reçu un milliard d’euros de prime à la casse et 6 milliards d’euros de prêts avantageux en 2009, ceci sans parler des exonérations fiscales et sociales, du financement du chômage partiel etc. Voilà à quoi sert l’argent public, à la rémunération des actionnaires des entreprises. Et c’est ce que propose aujourd’hui le gouvernement « socialiste ».

Sous le double effet combiné de la concurrence et de la pression sur les ressources naturelles (notamment le prix du pétrole), l’industrie automobile est vouée à voir la baisse tendancielle de ses taux de profit. Elle est en première ligne à la fois de la mondialisation et de la crise écologique. En accompagnant le système comme le fait le gouvernement, nous sommes voués à voir les salariés se faire licencier et à accepter la flexibilité des emplois restants d’un côté et de l’autre, à voir l’Etat refinancer annuellement ces politiques de casse sociale. Les comportements épileptiques d’A.Montebourg depuis le début du quinquennat qui coure d’entreprise en entreprise pour négocier avec les « repreneurs » - comprendre le patronat – et leur accorde l’argent public sans conditions d’intérêt général est caractéristique de cette absence de vue alternative et long terme du Ministre.

Un modèle industriel voué à l’échec

Comme le chiffre plusieurs études (Syndex WWF, Amis de la Terre notamment), la seule augmentation du baril de pétrole implique, pour maintenir les taux de profit et la rémunération des actionnaires, le licenciement de 70 à 110 000 salariés dans l’industrie automobile française avant la fin de la décennie. C’est ce qui a commencé avec PSA… Que fait le gouvernement aujourd’hui ? Il parie sur le capitalisme vert. En proposant les voitures écologiques, le gouvernement propose le modèle capitalistique que lui a vendu l’industrie automobile. La tension sur le marché automobile vient notamment (en plus de la concurrence libérale) de la fin d’un modèle de pétrole pas cher et qui pousse et poussera la pression économiques sur les automobilistes en limitant fortement la tendance au renouvellement du parc automobile français.

C’est aujourd’hui se qui fait que l’industrie automobile voit ses taux de profit s’effondrer et limite la capacité au renouvellement du capital. Les voitures électriques par exemple ne changent absolument rien au modèle de la voiture individuelle. Elles ne font que déplacer le problème de la ressource pétrolière à celles nécessaires à la construction des batteries : plomb, lithium, métaux rares etc. Car contrairement à la croyance populaire vendue par le capitalisme vert, si les énergies solaires, éolien, géothermiques etc. sont renouvelables, les supports de transformation de ces énergies (ici les batteries électriques) ne le sont pas.

Il faut une planification écologique !

Seul un modèle de transition énergétique et écologique qui nous permette de sortir de l’usage de la voiture individuelle peut être un modèle pérenne. Cela implique notamment que l’Etat planifie le développement des services de transport collectif, rouvre les gares de proximité, augmente le nombre de train et de kilomètres de voies ferrées, y compris pour les tramway (aujourd’hui encore, il y a moins de kilomètres de voies de tramway qu’avant guerre !). C’est donc un autre aménagement du territoire qui est nécessaire en sortant progressivement de celui qui rend impossible de se passer de l’utilisation de la voiture individuelle.

Une autre solution complémentaire est de passer du remplacement de la voiture à sa réparation. Il y a aujourd’hui quantités de pièces de réemploi issues des voitures classées « épaves » suite à un accident. Ces pièces ne sont pas utilisées car les industriels de l’automobile refusent la concurrence de ces pièces qui sont utilisables et préfèrent vendre des pièces de réparation neuves. Simple logique productiviste de maintien des taux de profits. Or si ce modèle est très différent pour les capitalistes, il est en revanche très producteur d’emplois si l’Etat construisait cette filière de démantèlement des voitures usagées, de leur dépollution et de redistribution des pièces encore valables dans un réseau augmenté de réparation automobile.

Voilà le rôle d’un Etat planificateur. Plutôt que de donner de l’argent aux actionnaires de l’industrie capitaliste automobile sans conditions, il devrait reprendre la main et imposer un modèle de planification écologique qui permettrait aux salariés de se reconvertir facilement dans la construction de trams, de trains, de métros et de bus ainsi que dans une nouvelle filière industrielle de déconstruction automobile, de dépollution, de recyclage et de réutilisation des pièces. Mais cela implique du courage politique, une vision à long terme et de conditionner l’usage de l’argent public qui est aujourd’hui utilisé à l’urgence imposée par la vision court termiste du marché capitaliste."

Penser à plus long terme en somme.

Mathieu Agostini
(responsable de la commission écologie du Parti de Gauche)