"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 10 juillet 2012

Gaz, huile et pétrole de schiste : peut-on donner sa confiance au gouvernement ?

Samedi 30 juin et dimanche 1er juillet, les délégués représentant 260 des collectifs contre les pétroles, gaz et huiles de schiste se sont rencontrés en coordination nationale à Lyon.

Les collectifs :
  • S’inquiètent des signaux négatifs envoyés par le gouvernement : éviction de Mme Nicole Bricq du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie après l’annonce faite de la "remise à plat" de l’ensemble des permis de recherche ; volte-face dans le traitement des autorisations données au consortium Shell Tullow Total, titulaire du permis Guyane maritime ;
  • Dénoncent le revirement de M. Jean-Marc Ayrault : le premier ministre a tôt fait d’oublier les propositions de loi du président du groupe parlementaire PS qu’il était.
  • S’alarment du dépôt le 25 mai 2012 de 6 déclarations de travaux de forage en Seine et Marne, date permettant, à 5 jours près, au titulaire du permis de recherche d’hydrocarbure (Hess Toréador) de s’affranchir d’une enquête publique. Selon les dossiers de déclaration de travaux, les forages ciblent des roches situées jusqu’à 3 500 mètres de profondeur.
Tout l’été, les collectifs seront en alerte sur les territoires. A l’automne les collectifs français s’associeront à la journée de mobilisation internationale contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de schiste du 22 septembre 2012.

Les collectifs luttent pour préserver notre environnement, notre santé et prioritairement l’eau et l’air, sources de vie.

Chacun sait qu’il n’y a plus, aujourd’hui, en France, de gisements d’hydrocarbures accessibles sans stimulation ou techniques néfastes pour l’environnement à court, moyen et très long terme.

Il est urgent de transférer les financements, notamment publics, consacrés aux hydrocarbures, vers la recherche et le développement d’énergies renouvelables.

C’est pourquoi, les collectifs s’opposent à toutes les explorations et exploitations d’hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français car elles utilisent des techniques destructrices pour l’environnement et entrainent des conséquences désastreuses pour l’économie des territoires, la santé des populations et le climat mondial.

Nous dénonçons une politique énergétique irresponsable ainsi que les artifices qui nous sont imposés pour la maintenir à flot :

Code minier obsolète, commission illégitime, loi ambiguë.

Plus largement, nous étendons les mêmes revendications au niveau européen et international.

Gaz, huile et pétrole de schiste,
Ni ici Ni ailleurs,
ni aujourd’hui, ni demain !

2 juillet 2012,
Par Romain Porcheron
Les amis de la Terre

jeudi 5 juillet 2012

A quand le vrai changement ?

Mais, Monsieur le président, que faites-vous ?

Cela est donc vrai de vrai, vous n’avez pas pris conscience des enjeux qui se posent à notre monde ? Je parle des enjeux climatiques, des enjeux énergétiques, des enjeux biologiques et écologiques. Cela est donc vrai de vrai, vous n’avez pas pris conscience de ces enjeux alors que tous les voyants sont au rouge. Ce n’est pourtant pas faute de vous avertir.

Cela est donc vrai, aux vues des signaux négatifs que vous nous adressez, que vous n’avez aucune conscience environnementale :
  • Soumission aux lobbys pétroliers lorsque ceux-ci ont voulu la tête de Nicole Bicqu.
  • Éviction, manu militari, le 21 juin, d’une cinquantaine de manifestants qui demandaient, pacifiquement, l’annulation du projet - absurde et d’un autre âge - de l’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes ... il est vrai, si cher à votre premier ministre.
  • Soumission, une fois de plus, aux lobbys de l'agrochimie en refusant, via votre ministre, Stéphane Le Foll, la proposition de la Commission Européenne de réorienter, 25 % des dépenses, vers les mesures agro-environnementales et biologiques préférant les bénéfices des actionnaires à la santé des français.
Quelle sera la prochaine étape ? Urbanisation accélérée ? Perte de notre autonomie alimentaire ? Relance du tout automobile ? Généralisation des OGM ? Livraison de notre pays aux prospecteurs de Gaz de schiste ? Arrêt des efforts en faveur des énergies renouvelables ? Destruction des aires protégées ? Artificialisation de l'humanité ? Assise du diktat du productivisme, de la consommation et poursuite de notre fuite en avant ... et dieu pour tous !

Mon esprit est inquiet. Mon esprit est en alerte, je vais donc commencer à répertorier les atteintes à l'environnement que fait subir, à l'humain, votre gouvernement. Je croyais que cela n'aurait été réservé qu'au précédent gouvernement pour qui l'environnement cela commençait à suffire, mais force est de constater que ce quinquennat commence mal d'un point de vue environnemental ... il est vrai, à l'image de l’absence total de thèmes écolos lors de votre campagne.

A quand le vrai changement, monsieur le président ?

A quand une politique durable qui sache gérer le présent sans hypothéquer le futur ?

Si vous ne savez pas répondre à cette dernière question, sachez que vous avez des partenaires qui y réfléchissent depuis des dizaines et des dizaines d'années et qui ne demandent qu'à vous aider.

Recevez, Monsieur le Président, mes salutations respectueuses.

Bruno BOMBLED

mardi 3 juillet 2012

Nos Enfants nous Accuseront ! (le film)


Rapport du 3 mai 2007 de la FAO :
 "... cultiver l'ensemble des terres arables du monde, 
selon les préceptes de l'agriculture biologique, 
permettrait de nourrir l'humanité."

jeudi 28 juin 2012

Notre monde n'est qu'un épiphénomène dans l'histoire de l'Homme

Bruno : Petit graphique pour faire réfléchir.


Olivier : Petites questions : c'est quoi l'ordonné de ton graphique? Est ce que tu comptes le charbon et le bois dans ton énergie carbonée ? Merci pour ces précisions qui permettrons d'avoir plus d'éléments pour comprendre...

Bruno : Dans énergies carbonées on entend les énergies fossiles : gaz, charbon mais surtout pétrole. L'ordonné est le taux d'utilisation en fonction de l'offre, c'est à dire qu'en l'an 1500 il n'y avait pas de production de pétrole on n'en utilisait donc pas, en 2000 la production est mondialisé, l'humanité (sauf quelques groupes humains qui résistent mais qui sont epsilon dans notre modèle) est perfusée au pétrole, 100 % de sa survie est carboné, elle croit tant en confort, qu'en santé, qu'en technologie mais aussi en misère, en l'an 3000 nous auront épuisé (en même pas 200 ans) les réserves d'énergies fossiles l'humanité aura dû, après avoir anticipé, s'adapter ou disparaitre.

Thibault : Si tu regardes toutes les époques depuis l'homme préhistorique jusqu'en gros dans les années 1900, je pense que dans l'ensemble aussi bien que pour chaque époque spécifique, la misère était bien plus grande et le nombre de miséreux également. Je sais que ce n'est pas le but de ton graphe, mais tu le mentionne dans ton commentaire.

Christophe : le but n'est pas de dire que c'était mieux avant. Le but est de dire que si l'on ne veut pas retomber dans la misère passée, l'obscurantisme et le totalitarisme nous avons intérêts à :
  • Comprendre que notre développement s'appuie exclusivement sur l'énergie carbonée 
  • Que les ressources en énergies carbonées sont limitées 
  • Que notre modèle de développement n'est pas durable dans le temps (et cela d'autant plus que la population ne cesse de croître 
  • Qu'il commence à être urgent de réfléchir à comment décarboner notre monde si l'on ne veut pas subir de plein fouet la déflation des énergies carbonées 
Thibault : D'accord avec vous sur le fond, et si on pouvait remplacer l'ensemble des voitures utilisant du pétrole par de l'électrique, ça serait déjà faire un pas de géant. J'étais juste gêné par ta mention que la misère avait augmenté par rapport aux ères précédentes.

Bruno : Cela ne concerne pas que les voitures, mais principalement notre nourriture et notre habitat. Comment faire pour semer du grain avec un tracteur qui consomme un pétrole à 400 $ le baril ? Comment récolter le grain avec une moissonneuse-batteuse qui consomme un pétrole à 400 $ le baril ? Comment acheminer le grain, aux silos, avec des camions qui consomment un pétrole à 400 $ le baril ? Comment faire fonctionner les machines qui transforment le grain, puis comment acheminer le produit fini au transformateurs ou aux consommateurs avec des camions qui consomment un pétrole à 400 $ le baril ? Comment conditionner les denrées dans des contenants en plastique issus d'un pétrole à 400 $ le baril ? Qui va pouvoir acheter un pain ou des pattes issues de cette accumulation de charges ? Concernant le logement, comment en construire ? Comment terrasser, évacuer des gravats, acheminer les matériaux avec des machines qui consomment un pétrole à 400 $ le baril ? Puis comment chauffer son logement avec un gaz qui suit un pétrole à 400 $ le baril ? Cela concerne aussi notre travail, comment y aller ? comment poursuivre notre activité si dépendante du pétrole ? Notre employeur aura-t-il les moyens de fournir ? Comment nous habiller ? Comment arriver à nous passer de notre perfusion pétrolée sans passer par le krach global ?

dimanche 24 juin 2012

Rio : le sommet enterre l’intérêt général

Comme un préambule à un échec annoncé par l'aveuglement des Nations devant les défis environnementaux, climatiques et énergétiques qui se profilent devant l'humanité, les autorités brésiliennes avaient résolument choisi d’éloigner à 50 km du lieu de la Conférence officielle le sommet alternatif des peuples, où les ONG ont réuni quelque 20 000 personnes durant dix jours.


Ainsi comme le craignaient l'ONU et les ONG, vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, qui a donné naissance aux conventions sur le climat, la biodiversité ou la désertification, l’édition 2012 a cruellement déçu souffrant d’une cruelle absence d’ambition. «Ce futur n’est pas dans ce texte», ont rétorqué - pour contredire la déclaration finale officielle intitulée pompeusement «Le futur que nous voulons» - les leaders de la société civile, parties prenantes de la préparation de la conférence, mais qui ont adressé jeudi une lettre aux Nations Unies pour se désolidariser d’un texte dénué «d’engagements concrets». Parmi les signataires : Marina Silva (ancienne ministre brésilienne de l’Environnement), Kumi Naidoo (patron de Greenpeace), Ignacy Sachs (l’économiste à l’origine de l’éco-développement) ou la philosophe et militante indienne Vandana Shiva.

Les principales ONG ont exprimé leur colère face à ce qu’elles qualifient d’échec. Au final, la déclaration de Rio frappe par la place mineure qu’y tient l’environnement. L’économie verte, qui avait été présentée comme le fer de lance de Rio + 20, a, elle, fait un bide. Appuyée par le Pnue, vantée par les pays industrialisés et les multinationales, elle a été balayée par les pays émergents qui la considèrent comme un greenwashing du capitalisme, masquant des freins à leur développement et des entraves au commerce international. Le thème de la protection des océans, porté par une coalition d’ONG, soutenu par la France et le Brésil notamment, a réussi à émerger. Mais le lancement du processus de négociation sur la protection de la haute mer a finalement été torpillé par les Etats-Unis, qui ont notamment réussi à repousser toute décision à 2015.

La déclaration de Rio + 20 semble donc déconnectée de l’état de la planète, ignorant l’épuisement des ressources naturelles, les défis démographiques ou de sécurité alimentaire. On peut aussi s’interroger sur l’état de la gouvernance mondiale et de l’adaptation du processus onusien aux bouleversements géopolitiques : une Europe affaiblie, un Brésil émergent, mais qui ne veut pas quitter son statut de pays en voie de développement, une Chine très discrète qui s’est abritée derrière les pays du Sud à la manœuvre, un Canada en pleine régression environnementale à la remorque des Etats-Unis. A Rio, on a assisté à l’émergence d’«un monde de nations plutôt que d’institutions internationales», conclut Laurence Tubiana, fondatrice de l’Iddri.

D'après ÉLIANE PATRIARCA
liberation.fr

samedi 23 juin 2012

Rio : le Sommet de la Terre brûlée !

L’accord final du Sommet Rio+20 ne propose rien pour s’attaquer aux crises sociales et écologiques qui secouent le monde. « Notre maison brûle » disait un président français, il y a 10 ans. Aujourd’hui, les grandes entreprises mondiales comptent sur les braises pour faire un immense barbecue ! Elles espèrent bien continuer à exploiter sans aucune limite les humains et la planète, s’insurgent les Amis de la Terre.

C’est sans surprise que Nnimmo Bassey, président de la Fédération internationale des Amis de la Terre, constate que : « Les responsables politiques veulent nous faire croire, par un coup de baguette magique verte, que cet accord minimaliste scandaleux est une avancée, alors que c’est un permis de saccager la planète. C’est une coquille vide sur le plan politique, mais un superbe cadeau pour toutes ces grandes entreprises qui ont pris en otage les Nations unies, afin de mieux favoriser leurs intérêts économiques à court terme. »

Ces 20 dernières années, on a surtout vu le développement durable des... multinationales et de leur emprise sur le cours du monde - aux dépens des peuples et des solutions souhaitables pour la planète. Elles se sont assurées entre autres, le contrôle de l’ONU pour avancer leurs pions dans tous les domaines, notamment pour saper tout effort d’instaurer la justice économique, la justice sociale, la souveraineté alimentaire.

Pour Lucia Ortiz, coordinatrice du programme sur la Justice économique des Amis de la Terre International : « L’accord du Sommet de Rio+20 a superbement ignoré les demandes des 50 000 représentant du Sommet des Peuples qui ont manifesté dans les rues de Rio. Seuls les intérêts des multinationales prévalent. L’accord prévoit même que des pays puissent vendre leur « capital naturel » à de grandes entreprises internationales, sans le moindre règlement exigeant que ces entreprises puissent être tenues responsables des dégâts qu’elles causent. Certes « l’économie verte » n’a pas percé comme les industriels et les financiers l’auraient souhaité. C’est une petite lueur d’espoir dans un bilan très sombre, pour tous ceux qui se sont opposés avec forces à cette nouvelle attaque frontale du monde des affaires contre notre monde naturel. »

Notre système économique favorise des modes de production et de surconsommation extrêmement destructeurs. Il est responsable du désastre écologique et social que nous vivons. Alors que la situation exige des mesures très fortes, les acteurs financiers et industriels sont présentés comme faisant partie des solutions ! Aucune mesure contraignante n’est prévue. Par contre, le marché réglera tous les problèmes et les affaires peuvent continuer et croître.

Juliette Renaud des Amis de la Terre France conclut : « Lors de ce sommet, de nouveaux rapports de force se sont dessinés entre pays émergeants et anciennes puissances mondiales. Chacun essaie d’avancer ses pions économiques. Mais pendant que les « dirigeants » du monde jouent à leur Monopoly planétaire, la Terre « se dirige » vers le gouffre. La dégradation des écosystèmes mondiaux atteint une ampleur sans précédent. Encore quelques sommets comme celui-ci et ce sera Rio +20° ! Face à des dirigeants qui ne voient le monde qu’à travers les intérêts de leur grandes entreprises, les citoyens, les peuples doivent, plus que jamais, reprendre leur destin en main ! »

Les Amis de la Terre
21 juin 2012

samedi 16 juin 2012

Une seule terre vous manque et tout est déséquilibré.

Début mai j'ai passé quatre jours à Barcelone, quatre jours de déambulations dans une ville magnifique à l'empreinte de Gaudi si présente. Atmosphère de jeunesse, d'ancien et de modernité désuète ... ville qui ne laisse pas indifférente et que l'on quitte avec regrets. Ces quatre jours furent notre Gaudi tour à nous, par l'admiration de la "sagrada familia", de la "Casa Vicens", du "Palau Güell", du "Parc Güell" ou bien encore de la "Casa Batllô" ... de pures merveilles. Ce fut la déambulation sur la "Ramblas" et dans le Barcelone médiéval. Ce fut un "Chocolate con churros" exceptionnel au "café de l'opéra" un des cafés les plus anciens de Barcelone où l'on peut se plonger et imaginer l'ambiance moderniste du début du 20ème siècle. Ce fut l'admiration, également, devant la prouesse technique et architecturale, de "la Arena de Barcelona", ce complexe commercial construit dans d'anciennes arènes totalement restaurées pour faire, d'un temple de la mort, un temple de la consommation ... autre forme de mort, en fait ! Ce fut aussi un festival de couleurs et d'odeurs dans le marché de la Boqueria. Barcelone ... hum un régal !


Pour visiter tout cela, Barcelone dispose d'un très bon réseau de métro et de bus ... et c'est au sein de ce métro barcelonais que m'est venu un flash apocalyptique. Pourtant elle était belle et propre cette station de "Liceu". Les aménageurs s'étaient remués les méninges pour en faire une station qui respire la fraîcheur matinale, le printemps qui entour de vie le contemplatif, l'arbre qui rassure, la nature généreuse pour celui qui l'aime. Ils avaient fait quelque chose de beau et de sobre qui, si l'on ne la regarde pas avec un œil en alerte, apporte beaucoup de sérénité dans ce boyau sous-terrain. Ils l'ont aménagé, cette belle station, avec des tons verts heureux, des rouilles d'automne et de belles feuilles d'érable sur des murs lumineux. C'est beau et véritablement serein ... mais pourtant je n'ai pu éviter d'y ressentir un certain malaise. On ne peut éviter de se sentir immergé dans "Blade Runner" ou bien dans "soleil vert", ces film-cultes et prophétiques, ces films de science-fiction qui alertent l'humanité sur les dangers de la surpopulation et la dégradation de l'environnement où toute trace de nature a disparu engendrant, pour le spectateur un certain trouble, une lourdeur et, pour les personnages, une survie plutôt qu'une vie. Ces états d'inquiétudes seront levés, au cours de la séquence cinématographie, par des explosions de nature tant à la fin de "Blade Runner", quand Harisson Ford survole d'immenses paysages, fuyant une ville et une vie devenue inhumaine que lorsque l'ami de Charlton Heston demande, à l'officiant, que lui soit projeté, au mur de la salle d'euthanasie, des images à jamais disparues de nature et de printemps en écoutant "les quatre saisons" de Vivaldi afin de mourir au sein d'un paradis perdu.

Cela n'est que du cinémas me direz-vous, cela ne sort que de l'imagination d'artistes et pourtant ... Et pourtant souvenons-nous de ce que disait Jules Verne : "tout ce que l'Homme imagine, l'Homme peut !". Je pense que, jusqu'à un certain niveau, cette phrase est juste. Aussi, souvent je m'inquiète en voyant comment l'on traite la planète et comment nous ne voyons pas que des images de "Blade Runner" ou de "soleil vert" commencent à devenir réalité. Face à l'expansion urbaine, face à la surpopulation et à la perte de nature toujours plus croissante, l'Homme est de plus en plus cet animal dénaturé si cher à Vercors.


Ces images, qui s'imposent à mon esprit, sont ces décors de nature que l'on retrouve dans les métros, sur les façades de centres commerciaux comme celui des Ulis 2, dans ces parkings aux évocations sonores de vent, d'oiseaux, de mer, ces économiseurs d'écrans qui évoquent les fonds marins, ces noms écolos d’enseignes commerciales comme ces "Carrefour-planète", ou ces "Nature et Découverte" etc ... au delà du Green-washing il y a beaucoup de tristesses dans ces ersatz , il y a beaucoup de misères en germe dans ce monde artificialisé à la nature domestiquée, que l'on nous construit.

Faudra-t-il attendre de ne pouvoir, à coup de finance, plus qu'aller admirer un reste de nature dans une serre, à l'instar de celle de "soleil vert", pour ouvrir les yeux et se dire qu'il est vraiment bien trop tard pour agir ? Je suis souvent en admiration devant le génie humain mais souvent, également, en grand désarrois devant sa capacité à dégrader ce qui le fait vivre ... la nature. Pourtant tout le monde se rends compte, au point de la recréer artificiellement, que lorsque la nature est absente combien elle nous manque, combien elle nous est indispensable.

Dès lors, ne vaudrait-il pas mieux, lorsque l'on se rends compte de cela, préserver la pachamama, notre seule source de vie, afin de pourvoir, durablement et pacifiquement, en profiter ? Afin de pourvoir, encore et toujours, s'y réfugier quand le poids de la ville se fait trop lourd. Puissions nous, un jour, nous rappeler combien notre terre est notre mère, combien elle nous est indispensable, combien, quand nous nous en éloignons elle peut nous manquer, combien, plutôt que de lui être reconnaissant de nos offrir toutes ses fruits et beautés, nous nous sommes conduit en prédateurs d'une nature unique dans l'univers connu. Puissions nous, un jour, ouvrir les yeux. Puissions-nous le faire avant qu'il ne soit trop tard.

Texte et photo : Bruno BOMBLED