"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

jeudi 7 juin 2012

L'Onu tire la sonnette d'alarme sur l'environnement avant Rio

LONDRES/SINGAPOUR (Reuters) - La croissance démographique, l'urbanisation et la consommation sont en passe de causer des dégâts irréversibles à la planète.

Tel est l'avertissement lancé mercredi par les Nations unies, qui appellent de leurs vœux la conclusion rapide d'un accord sur de nouveaux objectifs en matière de préservation de l'environnement mondial.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) tire la sonnette d'alarme dans son cinquième rapport sur les perspectives écologiques de la planète (GEO-5), rendu public à deux semaines du sommet dit Rio+20, au Brésil, qui sera l'une des réunions internationales les plus importantes qui soient consacrées à l'environnement ces dernières années.

Le sommet de Rio, du 20 au 22 juin, devrait attirer plus de 50.000 participants - responsables gouvernementaux, représentants d'entreprises et membres de groupes de pression et d'organisations écologistes. Il s'efforcera de fixer de nouveaux objectifs concernant sept thèmes essentiels, dont la sécurité alimentaire, l'eau et l'énergie.

Le rapport GEO-5, principal diagnostic élaboré par l'Onu sur l'état de la planète, appelle les gouvernements à s'assigner des objectifs plus ambitieux ou de renforcer ceux qui existent déjà et qui, pour la plupart, n'ont pas été atteints.

Une course contre la montre est engagée, d'autant plus que la planète comptera neuf milliards de Terriens en 2050 et que l'économie mondiale consomme de plus en plus de ressources naturelles, a relevé le sous-secrétaire général des Nations unies et directeur exécutif du Pnue, Achim Steiner.

"Si la tendance actuelle se poursuit, si les modes actuels de production et de consommation des ressources naturelles perdurent et ne peuvent être inversés, les États connaîtront un degré sans précédent de dégâts et de dégradations", a déclaré Achim Steiner.

ÉMISSIONS DE CO2

Sur les 90 objectifs les plus importants en matière d'environnement, quatre seulement connaissent des progrès sensibles, lit-on dans le rapport du Pnue.

Parmi les points où des progrès sont réalisés, on note la préservation de la couche d'ozone et le développement de l'accès à l'eau potable.

En revanche, pour ce qui est de 24 autres objectifs, peu de progrès, voire aucun, n'ont été faits. Parmi ceux-ci, la lutte contre les changements climatiques, la reconstitution des ressources halieutiques et la lutte contre la désertification.

Le Pnue recommande aux États de se concentrer sur les aspects à l'origine des changements climatiques, notamment la croissance démographique et l'urbanisation, les énergies fossiles et la mondialisation des échanges.

Les scientifiques établissent clairement une corrélation entre la combustion d'énergies fossiles (pétrole, houille, gaz naturel) et l'accélération des changements climatiques, comme les sécheresses et les inondations.

PISTES

La modification du climat a aussi un coût économique. Les dégâts économiques annuels infligés par ces changements sont évalués entre 1 et 2% du PIB mondial d'ici 2100, si la hausse des températures se situe autour de 2,5° C, dit le Pnue.

Les modèles actuels laissent penser que les émissions de gaz à effet de serre (GES) pourraient doubler dans les 50 ans qui viennent, ce qui provoquera une hausse d'au moins 3° Celsius des températures mondiales d'ici la fin du siècle.

L'essentiel de l'impact des changements climatiques sera ressenti dans les pays en développement, notamment en Afrique et en Asie, où la croissance démocratique et la hausse de la consommation tendent un peu plus des ressources naturelles en diminution, lit-on dans le rapport du GEO-5.

Le sommet Rio+20 ne cherchera pas à emprunter les traces du "Sommet de la Terre" tenu à Rio voici 20 ans. Celui-ci avait débouché sur le protocole de Kyoto, qui avait plafonné les émissions de GES autorisées.

Le sommet de ce mois-ci, sur fond de difficultés économiques, ne cherchera pas à fixer des objectifs contraignants, mais plutôt des pistes à suivre.

De fait, les objectifs contraignants n'ont pas ou peu été atteints depuis 1992. Les émissions de dioxyde de carbone de la planète ont augmenté de près de 40% de 1992 à 2010, notamment à cause de la rapide croissance de pays émergents comme le Brésil, la Chine et l'Inde, au vu des statistiques du Pnue.

Photo : Blade Runner (film)

lundi 4 juin 2012

En vrac : Gaz de schiste, pesticides, biodiversité.

Gaz de Schiste : Dans de nombreux pays, il suscite une levée de boucliers. Jusqu'à récemment, les critiques sur le gaz de schiste se concentraient surtout sur la pollution liée à son extraction, mais plusieurs études américaines soulignent désormais qu'il a aussi un impact sur le climat. La production de ce gaz provoque, en effet, des fuites plus importantes que ce que l'on pensait - au niveau des puits - de méthane, gaz aussi nocif pour le climat, voire plus, que le charbon. Le méthane est un gaz à effet de serre au coefficient de réchauffement 25 fois supérieur à celui du CO2 qui contribue grandement au réchauffement climatique. 

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Bonne nouvelle : Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est prononcé, ce 1er juin, pour une interdiction, sous quinzaine, du pesticide Cruiser OSR utilisé en traitement de semence pour le colza. Confirmant "l'effet néfaste" de la substance active de l'insecticide, le thiamétoxam, sur le comportement des abeilles butineuses. Une étude prouve l'impact du thiaméthoxam de la famille des néonicotinoïdes "même à faible dose" dans la survie des abeilles "non pas par toxicité directe mais en perturbant leur orientation et leur capacité à retrouver la ruche''. "Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre" Einstein.

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Animaux dit nuisibles : Un nouveau dispositif de classement des espèces d'animaux nuisibles entre pleinement en vigueur le 1er juillet prochain, en une vision rétrograde et partisane de la biodiversité, où l’on retrouve pêle-mêle le lapin de garenne, le pigeon ramier, le sanglier, la belette, la fouine, la martre, le putois, le renard, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l'étourneau sansonnet. Les écologistes appellent donc à ''une réhabilitation'' des espèces nuisibles, qui passe par une réforme de leur réglementation, plus en phase avec les enjeux cruciaux de sauvegarde de la biodiversité et les attentes de la société.

dimanche 3 juin 2012

La rose du Kenya, l'envers du glamour.

Les Français achètent chaque année 22 millions de bouquets de roses. Vous êtes-vous déjà posé la question « D’où viennent-elles ? » La majeure partie des roses que nous consommons est importée du Kenya. Bien sûr, nous faisons également appel à des producteurs locaux pour trouver la célèbre fleur mais celle-ci ne pousse pas toute l'année bien qu'on la retrouve 365 jours par an chez notre fleuriste préféré...

"Le Kenya est devenu le premier producteur mondial de fleurs"

L’activité florale du Kenya a commencé en 1972. Aujourd’hui, et depuis déjà quelques années, le Kenya est devenu le premier producteur mondial de fleurs grâce à son climat avantageux et son sol de qualité. Autrement dit, dans des zones comme celles-là, pas besoin de respecter les saisons et les récoltes s’enchaînent beaucoup plus vite.

Pour importer les fleurs des pays de l'hémisphère sud jusqu'en Europe, le mode de transport privilégié est l'avion dans 85% des cas avec un impact négatif de 570 à 1580 g de CO2 émis par tonne de roses et par kilomètre. Pour se faire une idée de l’importance économique du phénomène, sachez que 50 000 personnes vivent de la floriculture au Kenya, sans parler des activités secondaires.




Mais comme partout ailleurs, on observe que, quand la question environnementale n'est pas La Condition dans l'élaboration d'une activité humaine, la nature n'est considéré que comme un élément négligeable, comme un puits dans lequel on peut, impunément, puiser puis, in fine, comme un déversoir qui accrètera, ensuite, toute la misère humaine. Ainsi dans les serres horticoles du Kenya les ouvrier sont des esclaves qui travaillent pour des salaires de misère, dans des environnements pollués, sans moyens de protection, sans sécurité, sans droits, exploités et logés dans des conditions indignes. Au Kenya, on y découvre des usines à fleurs, avec des gardes et des fils barbelé, où l'ouvrier, trop usé par les conditions de travail, est mis à la porte, sans espoir et sans avenir que la misère, quand la maladie, induite par les produits chimiques, ne lui permet plus de travailler. Autour de l'usine de production, tout les produits chimique sont déversés dans la nature entrant dans une chaine de conséquences qui atteignent la faune, la flore puis, au final, toutes les populations humaines limitrophes.

A l'instar des bidonvilles de Lagos au Nigéria, de la destruction du lac victoria en Tanzanie par la perche du Nil et son industrie, des forças du caoutchouc au Liberia, du delta du Niger et ses marées noires permanentes, des agriculteurs victimes des pesticides, la rose du Kenya démontre, une fois de plus, que la destruction de l'environnement atteint la vie humaine dans sa dignité, sa santé ... sa finalité.

Définitivement l'environnement est La Condition.

Reportage: Questions à la une - RTBF - Diffusion 08/02/2012

vendredi 1 juin 2012

Interdira-t-on les prévisions climatiques ?

C'est une histoire tellement incroyable qu'il vaut mieux commencer par donner les faits tels que les a rapportés, lundi 28 mai, le News & Observer, journal implanté en Caroline du Nord. Les autorités fédérales américaines ayant estimé qu'en raison de leur relief peu élevé, les côtes de cet État étaient vulnérables face à la montée du niveau de l'océan due au réchauffement climatique, il a été demandé à une commission scientifique d'évaluer les risques. Son rapport, rendu à la Commission des ressources côtières de Caroline du Nord, a expliqué qu'il fallait s'attendre à une montée des eaux d'un mètre d'ici à la fin du siècle, avec pour corollaire quelque 5 000 kilomètres carrés de terres passant dans la catégorie des zones inondées ou inondables. Ce qui signifie, en clair, des conséquences économiques importantes avec le bouleversement de la politique locale d'aménagement du territoire, la fin de projets de stations balnéaires et l'obligation de construire des routes surélevées.

Beaucoup trop pour le NC-20, un groupement de 20 comtés côtiers de Caroline du Nord. Jugeant que le catastrophisme était mauvais pour les affaires et qu'il ne fallait pas s'appuyer sur "des modèles informatiques basés sur de simples hypothèses humaines", ce lobby local est donc passé à l'offensive contre ce rapport scientifique, avec tant d'efficacité que l'évaluation d'1 mètre de hausse du niveau de l'océan a été substantiellement revue à la baisse : la Commission des ressources côtières a finalement validé le chiffre de 15,6 pouces, soit un peu moins de 40 centimètres. Mais cette contre-attaque ne s'est pas arrêtée là. Un texte amendant une loi sur la politique d'aménagement des côtes de Caroline du Nord a même été préparé en avril, qui ajoute des restrictions sur l'évaluation de la hausse du niveau de l'océan dans cet Etat ! Il explique notamment que la Division de la gestion des côtes (qui n'est pas un organisme scientifique) sera la seule agence habilitée à la réaliser et ce uniquement à la demande de la Commission des ressources côtières. Les chercheurs pourront toujours effectuer des calculs dans leur coin, cela ne sera pas pris en compte par la Commission.

Ce texte présenté par des élus républicains va même plus loin en expliquant comment la hausse future du niveau de l'océan devra être estimée ! La prévision ne s'appuiera sur aucun modèle de climatologie mais devra seulement être extrapolée à partir des relevés historiques de niveau de la mer effectués depuis 1900. Quant à l'extrapolation elle-même, il s'agira d'une simple ligne droite prolongeant la tendance passée et "n'inclura pas de scénario prévoyant une accélération de la montée du niveau des océans". Alors même que tous les modèles prévoient ce genre d'accélération et que les mesures effectuées ces dernières années, en particulier par les altimètres des satellites Topex-Poséidon et Jason 1 et 2, concordent avec ces prévisions.

On pourrait très bien arguer que la valeur de 15,6 pouces est tout à fait correcte puisqu'elle s'insère bien dans la fourchette allant de 18 à 59 centimètres inscrite dans le rapport du GIEC de 2007. Ce serait omettre que cette fourchette a été volontairement conservatrice comme le précisait à l'époque le GIEC lui-même : "Les projections ne tenant compte ni des incertitudes liées aux rétroactions entre le climat et le cycle du carbone, ni des effets complets de l’évolution de l’écoulement dans les nappes glaciaires, les valeurs supérieures des fourchettes ne doivent pas être considérées comme les limites supérieures de l’élévation du niveau de la mer." Dans les faits, la perte de masse des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique s'accélère depuis plusieurs années comme l'ont montré les mesures des satellites GRACE. Une étude de 2009 a donc réévalué la hausse à venir du niveau des mers : selon le scénario le plus modéré (augmentation de température limitée à 2°C à la fin du siècle), la hausse moyenne serait de 104 centimètres, ce qui est en bon accord avec la mesure donnée par le panel de chercheurs s'intéressant aux côtes de la Caroline du Nord.

Le projet de loi en question n'a, à ma connaissance, pas encore été soumis au vote. Cela dit, et au-delà des disputes sur les chiffres, on ne peut que trouver inquiétantes cette envie de vouloir faire taire la science par la législation et cette manière de se dire qu'un phénomène naturel sera limité parce que des responsables politiques ont décidé de le sous-évaluer. Cela rappelle évidemment l'arrêt aux frontières de la France du "nuage" radioactif de Tchernobyl. La hausse conséquente du niveau des océans au XXIe siècle aura lieu partout sur la Terre sauf en Caroline du Nord où elle sera limitée à moins de 40 cm, alors que l'article du News & Observer fait remarquer que d'autres États côtiers américains comme la Louisiane, la Californie, le Delaware et le Maine se préparent respectivement à des hausses de 1, 1,4, 1,5 et 2 mètres.

Il se peut aussi que rien de tout cela n'arrive, à en croire le sénateur républicain de l'Oklahoma James Inhofe, tout simplement parce que Dieu ne permet pas le changement climatique. C'est écrit dans la Bible. Lors d'une intervention à la radio début mars, cet homme politique a cité un passage de la Genèse pour soutenir son propos : "Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l'été et l'hiver, le jour et la nuit ne cesseront point." Il a ajouté : "Dieu est toujours là-haut. Je suis scandalisé par l'arrogance des gens qui pensent que nous, êtres humains, serions capables de changer ce qu'Il fait avec le climat." Tout est dit.

Pierre Barthélémy 
(@PasseurSciences sur Twitter)

Post-scriptum : ce billet a été le sujet de l'Histoire du jour sur France Info, en ce lundi 1er juin où la chaîne de radio fête ses 25 ans d'existence.

(L'illustration de ce billet est une prévision de la hausse des températures pour la dernière décennie du siècle, selon un des scénarios présentés dans le rapport du GIEC 2007.)

mercredi 23 mai 2012

Le réchauffement climatique a déjà des conséquences irréversibles sur la nature

Dans son dernier rapport, publié le 8 mai sous l'égide du Professeur Jorgen Randers et intitulé " Prévision globale pour les quarante prochaines années" (Voir The Club of Rome) ,le célèbre Club de Rome confirme que la hausse attendue des émissions humaines de CO2 devrait bien provoquer une augmentation de 2°C de la température mondiale d'ici 2050 et de 2,8°C d'ici 2080 et cela même en tenant compte des facteurs de pondération que sont la décélération démographique (8 milliards d'habitants prévus en 2040 et la stabilisation de la croissance économique dans les pays développés).

Cette étude rappelle que l'homme émet à présent, en incluant la déforestation, prés de 10 milliards de tonnes de carbone par an (10 fois plus qu'en 1940), soit plus de deux fois la quantité que peut absorber la Terre dans ses sols, ses océans et ses forêts. Or, compte tenu de l'inertie des systèmes et processus de décisions et même si un nouveau traité international ambitieux prend la suite des accords de Kyoto, il faudra au moins 20 ans pour que nos émissions de gaz à effet de serre commencent à baisser au niveau mondial.

C'est dans ce contexte alarmant qu'il est intéressant de mettre en relation plusieurs études scientifiques internationales qui montrent que le réchauffement climatique accéléré (augmentation des températures moyennes mondiales de 0,8°C depuis un siècle et de 0,2°C par décennie depuis trente ans) a déjà des conséquences majeures et irréversibles sur la nature et l'ensemble du vivant.

Réalisée en 2005, la première étude concerne l'impact en Europe des canicules à répétition sur les plantes et plus généralement sur le cycle global du carbone. Cette étude montre que les canicules répétées ont entraîné une profonde modification des échanges gazeux et une diminution d'un tiers de la productivité végétale et agricole au cours du dernier siècle. Concrètement, les sols et forêts européennes ont émis plus de 500 millions de tonnes de CO2 en 2003, ce qui correspond à quatre ans de stockage de carbone par le milieu naturel européen.

Face à l'augmentation annoncée du rythme des fortes chaleurs et canicules, cela signifie que notre continent risque de devenir rapidement une source d'émission de carbone, ce qui ne ferait qu'aggraver encore le réchauffement général de la planète.

Une autre étude publiée dans la revue "Science" en 2009 montre que l'immense forêt tropicale d'Amazonie a stocké deux milliards de tonnes de CO2 par an en moyenne depuis 30 ans mais a émis trois milliards de tonnes de CO2 au cours de l'année 2005, particulièrement chaude et sèche. Au final, le bilan fait apparaître un solde négatif de cinq milliards de tonnes de CO2 relachées dans l’atmosphère, ce qui correspond à environ 15 % de l'ensemble des émissions humaines annuelles de CO2 en 2010 ou encore à l'ensemble des émissions annuelles européennes et russes de CO2.

Cette étude confirme les derniers travaux du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Etude sur le Climat) qui montrent que le réchauffement accéléré du climat risque de provoquer sur à peine un demi-siècle le remplacement des forêts tropicales par de la savane dans tout l'est de l'Amazonie, ce qui se traduira par une augmentation très sensible des émissions de gaz à effet de serre qui viendra en retour aggraver le réchauffement climatique.

Une autre étude, publiée dans "Science" en juin 2008 par des chercheurs de l’INRA et du CNRS a porté sur l'adaptation de 171 espèces des plantes au changement climatique depuis un siècle. Elle montre que les espèces végétales sont remontées, en moyenne, de 30 mètres tous les 10 ans pour tenter de s'adapter aux nouvelles conditions thermiques et climatiques (Science). Cette étude montre que si certaines espèces parviennent à s'adapter tant bien que mal à ce changement climatique, d'autres ont beaucoup plus de mal à survivre et sont globalement menacées dans leur existence.

Un article publié en octobre 2011 dans la revue Nature Climate Change montre que le réchauffement climatique est en train de provoquer une réduction sensible de la taille d'une grande quantité d'espèces animales et végétales. Il semble que la raréfaction de l'eau et des éléments dont se nourrissent les plantes soit à l'origine de ce phénomène de rétrécissement des végétaux.

Dans le milieu marin, l'acidification des océans provoquée par l'augmentation de la concentration de CO2 est également en train d'entraîner une réduction de la taille des espèces marines, comme le confirme une étude publiée en 2009 par le biologiste Martin Daufresne.

Enfin, une récente étude publiée dans la revue Nature confirme les conséquences biologiques majeures du changement climatique sur les espèces végétales (Voir Etude). Cette étude qui porte sur 1 600 espèces de plantes montre notamment que les plantes fleurissent beaucoup plus rapidement que les modèles de prévisions admis par les scientifiques. L'étude montre que la floraison et l'apparition des feuilles se déroulent en moyenne cinq jours plus tôt par degré d’augmentation de température. Dans l'est des Etats-Unis, on observe par exemple que les cerisiers fleurissent une semaine plus tôt qu'en 1970 !

Cette évolution rapide peut sembler anodine, il n'en est rien. Elle risque en effet d'avoir des conséquences très dommageables sur l'ensemble du biotope car dans la biosphère, tout se tient : l'alimentation et la reproduction des espèces animales sont étroitement liées aux cycles de floraison des plantes.

Notre planète forme un système vivant d'une prodigieuse complexité et possède d'extraordinaires capacités d'adaptation face aux grandes ruptures climatiques, comme le montre sa longue histoire. Mais cette fois, la mutation environnementale à laquelle nous sommes confrontés est inédite par son ampleur et sa rapidité et personne n'est en mesure de prévoir comment la nature va réagir à ce bouleversement majeur et irréversible. Ce qui est certain, c'est que le cadre et les conditions de vie de notre espèce vont être affectés bien plus gravement et durablement qu'on ne l'imaginait jusqu'à présent car nous avons sous-estimé l'effet des interactions entre les multiples facteurs et composantes modifiés par le changement climatique. Nous devons également nous rappeler que l'homme fait partie intégrante de la nature et que la technologie, aussi puissante soit-elle, ne pourra pas à elle seul tout résoudre.

Sous l'effet de cette mutation violente de l'environnement, des tensions redoutables pourraient notamment apparaître dans ces prochaines décennies en matière de productions alimentaires car les capacités d'adaptation des milieux naturels et des sociétés humaines ont leurs limites et il y aura deux milliards de bouches supplémentaires à nourrir dans moins de quarante ans, c'est-à-dire l'équivalent des populations de l'Afrique et de l'Inde réunies ! Ces tensions potentiellement porteuses de conflits risquent de s'accompagner de mouvements de population d'une ampleur sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Parviendrons-nous à gérer l'accueil de ces centaines de millions de réfugiés climatiques sans faire "exploser" nos sociétés ?

On se rappelle de la célèbre phrase de Levi-Strauss : "La vie a commencé sans l'homme et finira sans lui". Effectivement la vie sur Terre s'adaptera d'une façon ou d'une autre, au changement climatique actuel mais si notre civilisation veut survivre et préserver des conditions de vie supportables pour les générations futures, elle doit prendre toute la mesure du défi climatique et environnemental que nous venons de rappeler et en faire l'enjeu politique et économique majeur de ce siècle.

René TRÉGOUËT
Sénateur Honoraire

lundi 21 mai 2012

L'écologie ne peut être que de Gauche !

Alors que j'étais en train de refuser, sur facebook, à Hervé Hocquard, candidat UMP sur la 5ème circonscription de l’Essonne, son titre autoproclamé d'écologiste (« écologiste UMP –ou gaulliste vert si vous préférez » dit-il !), un de mes cousins me déclare, une fois de plus, que "La Gauche n'a pas le monopole du vert". Je me suis dont fendu d'une énième démonstration sur le thème, l'écologie ne peut être de droite. Démonstration que je ne résiste pas à mettre sur mon blog.

A mon cousin, donc et à tout ceux qui veulent brouiller les pistes.

"Si ! L’écologie ne peut être que de Gauche et je l’ai expliqué maintes et maintes fois, mais puisque cela ne rentre pas, je vais recommencer :

L’écologie ne peut être de droite, car la droite véhicule des idées totalement contraire à la protection de l’environnement qui passe, quand elle est au pouvoir, toujours en dernière priorité (Souvenez-vous de « l’environnement cela commence à bien faire ! ») tant la droite est productiviste, consumériste, libérale et capitaliste.

La droite ne voit la protection de l’environnement que comme des nimbystes de base et non dans une vision globale de réchauffement climatique, de décroissance, de biodiversité, de sortie du carbone, de propre et de sain qui implique d’aller contre les intérêts financiers (les aides allant vers le crade et non vers le propre. Cf la PAC).

L’écologie politique ne peut qu’être que de gauche puisqu’elle s’inscrit dans le mouvement des progressistes et des humanistes et non dans un mouvement purement environnementaliste qui ne se battrait que pour la planète en oubliant l’Homme. Planète qui, ne l’oublions pas, poursuivra sa course à travers l’univers même si l’humanité venait à disparaitre, victime de sa propre cupidité, victime de sa propre vanité.

L’écologie ne peut être que de Gauche car nous proposons un système humaniste, où les richesses financières, culturelles, alimentaires et environnementales se doivent d’être partagées et non captées par une minorité de privilégiés. Nous défendons une écologie sociale et solidaire, alors que la droite défend et prône la compétition entre les humains, l'élitisme, la stigmatisation, l'individualisme, la destruction du service public, la libre entreprise et la mondialisation libérale qui ont démontré combien tout cela était incompatible avec l’épanouissement des Hommes et
la protection de l’environnement qui ne sont, à ses yeux, que des variables d’ajustement.

Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres encore, j’affirme que ceux qui se parent de vert tout en affirmant leurs orientations droitières ne sont que des affabulateurs.
"

en conclusion je reprendrai la phrase de mon ami Patrick AUBERT qui commentait mon post : "Enfin, non l'écologie politique, si elle ne peut être que de gauche, n'est pas non plus socialiste car elle oppose "le mieux vivre avec moins", à la croissance productiviste. Les écolos français, s'ils peuvent parfois être irréalistes (nucléaire), ont raison et plus tard on les écoutera et plus le prix à payer sera élevé..."

Bruno BOMBLED

dimanche 20 mai 2012

Le monde selon Monsanto (arte)


Ce film retrace l’histoire de Monsanto, une multinationale américaine, aujourd’hui leader mondial des OGM, et considérée comme l’un des plus grands pollueurs de l’ère industrielle (PCB, agent orange, hormones de croissance, roundup...).


Après une enquête de trois ans, en Amérique du nord et du sud, en Europe et en Asie, il reconstitue la genèse d’un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l’administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l’un des premiers semenciers de la planète. En s’appuyant sur des documents et des témoignages inédits de scientifiques, victimes de ses activités toxiques, avocats, hommes politiques et de représentants de la Food and Drug Administration ou de Environnemental Protection Agency des États-Unis, le documentaire montre comment, derrière l’image d’une société propre et verte décrit par la propagande publicitaire, se cache un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde, mais aussi l’équilibre écologique de la planète. Un doc à ne manquer sous aucun prétexte