"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 20 août 2024

Soyons le changement ... conversation avec un copain

 

A un copain qui répond, sur facebook, à mon interrogation, faussement naïve, sur ce que l’on doit faire concrètement, individuellement et collectivement, pour éviter l’effondrement, en me disant que « concrètement Bruno, à notre niveau, en dehors du militantisme, que crois-tu que l’on puisse faire ? Par contre n’hésites pas à poser ta question à Patrick Pouyanné, le pdg de total qui s’est fait 20 milliards de bénefs en 2022. Je ne parle pas des Jeff Bezos, Elon Musk et autres. Je pense que nous culpabiliser, nous petit peuple, ne résoudra pas le problème. Nous ne sommes que de tout petit colibri et chacun agit avec sa conscience... » ... j’ai envie de lui dire que ... 

Un, si la vidéo que tu montres n’est pas culpabilisante alors je ne sais pas ce que c’est. Vidéo qui dénonce la futilité des gens qui, subjugués par leurs téléphones, ne voient pas l’urgence climatique et d’effondrement du monde, un monde en feu qui défile au dehors du train dans lequel ils et elles sont. Si ça ce n’est pas culpabilisant en dénonçant leur inconscience !?!? 

Ensuite j’en ai assez marre de cette réflexion qui dit qu’il ne faut pas culpabiliser les gens. Et bien si ! Au contraire !!! Moi je dis qu'il faut responsabiliser les gens puisque nous nous revendiquons adultes et donc logiquement responsables de nos actes. Ce sont les enfants qui sont considérés comme irresponsables. Pas les adultes ! Ainsi ce monde (celui du monde libre, celui de ces gens qui ont la chance d’avoir le droit de vote et de pouvoir s’exprimer librement) est organisé par les électeurs et les électrices qui votent majoritairement pour un monde carboné, climatocidaire et écocidaire. Les gens votent pour maintenir l’organisation actuelle du système. Les gens ne votent pas pour la décroissance, ni pour la préservation de l’environnement, ni pour celle du climat. Les toutes dernières élections françaises et européennes l'ont encore démontré. Donc oui, les gens libres sont responsables de la situation car les politiques et donc l’organisation du système, ne viennent que parce que les gens votent majoritairement pour cela. Ils et elles sont donc responsables et … coupables de la situation. 

Ensuite, non ! Je ne vais pas poser la question à Patrick Pouyanné, à Jeff Bezos, à Elon Musk, ni aux autres car ces gens-là ne se font du bénef que grâce à la demande des consommateur.trice.s. En effet que fait Total si ce n’est que produire de l’essence pour les SUV des parisien.ne.s, du kérosène pour les avions des touristes ou bien encore du gasoil pour les camions d’amazon ? Que fait Jeff Bezos si ce n’est que répondre à la demande des consommateur.trice.s qui ne supportent plus d’attendre pour recevoir le dernier gadget à la mode au détriment de tout ? Que font les entreprises si ce n’est produire des biens de consommations pour répondre à la folie consumériste ? Que fait la CMA-CGM si ce n'est transporter la demande mondiale de produits de consommation ? Que l’on ne vienne pas me dire que les consommateur.trice.s de fast-fashion ne sont pas responsables ni coupables de maintenir un système basé sur l’exploitation et le gâchis ! Que fait Luca de Meo en produisant des voitures toujours plus lourdes si ce n’est de répondre à une vraie demande de grosses voitures ? Que font les marques de téléphones si ce n'est que de répondre aux envies des consommateur.trice.s d'avoir des portables toujours plus complexes, toujours plus hype, toujours plus à la mode ? Sans demandes des consommateur.trice.s, il n'y aurait rien de tout cela. Alors oui, certes les entreprises entretiennent l'envie, mais notre responsabilité devrait nous aider à résister et à refuser. Mais dans l'ensemble nous ne renonçons pas. Telle est notre responsabilité. 

Oui nous sommes toutes et tous responsables et coupables de ce qui arrive car nous refusons de renoncer à tout cela. Donc si déjà les gens pouvaient commencer à ressentir une certaine culpabilité ce serait déjà une excellente étape dans la prise de conscience car, franchement, si l’on voit que rien ne s’arrange au niveau des défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas, c’est qu’il y a un gros paquet de gens qui ne ressentent, souvent en toute conscience, aucune culpabilité. 

Mon camarade (MI) me répond sur ma publication Facebook : Sauf que nous n’arriverons jamais à changer la conscience de la plupart des gens Bruno, l’Homme est ainsi fait ... après je comprends ton raisonnement (tu vois je ne suis pas totalement négatif 😉) et c’est donc pour cela que j’ai mis à la fin que nous ne sommes que des colibris et nous agissons avec notre conscience. Bruno, toi et moi ne sommes pas dupe... l’Homme est et sera malheureusement toujours consumériste, égoïste, aimant le pouvoir, la guerre, il est là le problème, donc en ce sens je ne suis pas responsable de l’inconscience des autres... et c’est pour cela que je dis à part le militantisme (j’aurai dû rajouter en dehors de nous-même être éco-responsable mais ça va de soi), que peut-on faire ? Après il y a aussi malheureusement les pays pauvres, où tu peux comprendre que l’objectif de certains est juste de se nourrir et de se loger car ils doivent survivre. Par contre le côté positif est que nous pouvons bien éduquer nos enfants pour qu’ils prennent conscience des enjeux de l’urgence climatique... Et quant à cette vidéo chacun interprète comme il veut le niveau de culpabilité... moi je trouve qu’elle dénonce une situation point. A chacun de prendre la chose comme il souhaite, selon son niveau d’éco-responsabilité. Autre chose, bien que je sois un peu d’accord avec toi sur ça, je pense que si les hommes comme Musk etc arrêtaient sans cesse d’innover sur des technologies énergivores, nous n’en serions pas là. Nous ne pouvons pas reprocher à l’être humain d’avoir des envies... d’ailleurs je te réponds de mon smartphone 😉. Je pense que nous sommes d’accord sur le fond mais pas sur la forme. Je suis contre l’écologie punitive. Dans tout ça notre vrai "ennemi" est ce monde ultra-capitaliste. Et désolé pour ce long commentaire 😉 Bien à toi. 

BB : merci pour ta réponse, il y aurait encore beaucoup de points à débattre mais merci d'avoir pris le temps d'exposer ta pensée, c'est cool 😊 Cependant, par pitié, arrête avec l'écologie punitive. Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Économie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous promettent. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!! 

MI : Oui et ? Que peut faire le petit peuple que l’on est contre ça, concrètement ? Je te pose la question. Moi j’en ai marre que l’on tape sur les mêmes à chaque fois. 

BB : ben juste arrête de dire que l'écologie est punitive, car c'est complètement faux et c'est la phrase de ceux et celles qui veulent que rien ne change. C'est la phrase des adeptes du greenwashing, de ceux et celles qui parlent d'écologie quand ça fait bien d'en parler mais qui, lorsqu'il faut passer au concret, se débinent et disent que l'écologie ça commence à bien faire et que les ayatollahs de l'écologie sont de dangereux extrémistes. La destruction du climat et de l'environnement n'est pas un droit, juste un crime contre l'humanité. Pour le moment c'est l'absence d'écologie qui est punitive à la vue de ce que l'on se prend dans la gueule et de ce qui va arriver. 

MI : Non Bruno, je ne dis pas que l’écologie est punitive, je dis que certains dont toi faites de l’écologie punitive à vouloir faire culpabiliser le petit peuple que nous sommes et suite à ce que tu as dit, tu préfères plus culpabiliser le peuple que les Pouyanné, Elon Musk, Jeff Bezos et les autres. Les gens qui nient ce besoin d’écologie ou les climato-sceptique je veux bien. Mais les gens qui font des efforts, à leur niveau, que peuvent-ils faire de plus ? Encore une fois c’est pour cela que je dis que chacun agit avec sa conscience en bon colibri... 

BB : En fait je ne m'attaque pas au "petit peuple" en épargnant les gros bonnets du capitalisme écocidaire et climatocide, je m'attaque juste au moteur de notre économie écocidaire et climatocide. Et quel est le moteur de notre économie mondiale ? La consommation ! Et comme tout moteur, celui de l'économie mondiale produit beaucoup de Gaz à Effet de Serre (GES). Donc je m'attaque à la consommation et donc à ceux et celles qui font fonctionner cela, c'est à dire les consommateur.trice.s. Je ne m'attaque pas au "petit peuple", je m'attaque aux consommateur.trice.s. Concernant les efforts que font certaines personnes et ben c'est bien et c'est toujours bon à prendre mais de quels efforts parle-t-on ? Tu parles des gens qui renoncent ? Qui ne prennent plus l'avion ? Qui ne mangent plus de viande ? Qui n'achètent plus de fruits et légumes exotiques mais du bio, local et de saison ? Qui habitent en ville et non dans des lotissements construits sur les terres agricoles et/ou forestières ? Qui vont au boulot en vélo ou en transport en commun ? Qui font du zéro déchet ? Qui n'achètent pas de produits ultra-transformés ? Qui ne renouvellent pas tous les six mois leurs gadgets électroniques ? Qui font réparer plutôt que de racheter ? Qui n'achètent des fringues que quand il faut et non pas parce qu'ils et elles ont envie ? Qui n'achètent pas sur internet mais préfèrent les magasins ? Qui n'ont plus qu'une seule voiture ou plus du tout ? Qui recyclent bien et correctement ? Qui compostent tout ? Si tu me parles de ces gens qui font tout ça, tout le temps, alors oui, je ne sais pas ce qu'ils peuvent encore faire de plus (à part voter écolo, le reste n'est plus trop de leur responsabilité. Mais que représentent ces gens-là dans la population mondiale ? Pas bézef sinon on commencerait à voir les émissions de GES diminuer, à voir les compagnies aériennes s'inquiéter du peu de voyageurs, les constructeurs de voitures, de téléphones etc... s''inquiéter du manque de clients, les GMA-CGM s'inquiéter du ralentissement de la mondialisation, les compagnies de croisières obligées de laisser leurs paquebots de merde à quai faute de touristes. Mais on ne voit rien de tout cela donc cela veut dire que le moteur de l'économie écocidaire, climatocide et anti-social est toujours en marche, donc je continuerai à m'attaquer à lui puisqu'il est le principal émetteur de GES. 

MI : pour moi l’idée c’est de rester sobre et tout doit reposer sur un certain équilibre. Je refuse l’idée de tout rejeter en bloc et puis il y a aussi des conditions qui font que, par exemple, des gens ne peuvent pas faire autrement que de prendre l’avion. Tu ne peux pas interdire l’avion qui permet à des gens issues de l’immigration par exemple d’aller retrouver leur famille, aux Antilles, en Afrique etc... aussi, je pense que l’ on ne peut pas, à MINIMA, interdire des gens à se faire plaisir, je dis bien à minima... voilà pour moi tout doit être dans la sobriété et garder un certain équilibre, mais pas interdire et rejeter tout en bloc... 

BB : Prendre l'avion tous les ans, je n’appelle pas cela rester sobre. Le problème c'est comment tu définis le "à minima" ?!?! Nous n'avons pas tous et toutes les mêmes niveaux de minimum. Donc on ne va pas pouvoir se baser là-dessus, il va falloir légiférer. Ensuite, encore un fois, se faire plaisir, oui, mais au détriment des générations futures, NON !!! Détruire l'environnement, comme je le dis tout le temps, n'est pas un droit, juste un crime contre l'humanité. Ensuite il n'est pas question d'interdire aux gens qui ont de la famille ailleurs d'aller les voir tous les 5 ans, en avion (je serais très mal placé pour dire le contraire), mais moi je te parle de ces gens qui prennent l'avion tous les ans qui pour une semaine à Dubaï, qui 15 jours aux USA, qui 10 jours en Thaïlande, qui une semaine aux Seychelles, qui 10 jours sur un paquebot de merde, etc... Les domiens et autres gens issus de l'immigration, qui retournent au pays, sont souvent mis en avant pour justifier le droit des autres à voyager en avion. Perso je fais une grosse différence entre quelqu'un qui retourne un mois vivre en famille et quelqu'un qui part une semaine, tous les ans (j'en ai un paquet autour de moi), à l'autre bout de la planète pour consommer du voyage. L'état de l'environnement, du climat, de la biodiversité, des réserves d'énergies fossiles et de métaux ne nous permettent plus d'être modéré, il nous faut être radical ou bien nous nous effondrerons dans la douleur. Perso je préférerais que la réalité ne soit pas celle-là mais ce n'est pas le cas. Alors on peut, comme beaucoup, faire l'autruche et nier la gravité de la situation, mais cela ne résoudra pas les problèmes que nous aggravons et refusant de renoncer. Je n'y peux rien, c'est la réalité. 

MI : Après on peut continuer le débat des heures... pour moi à chacun sa conscience, dans le fond nous sommes d’accord sauf que nous ne mettons pas le curseur au même endroit... pour moi il est logique que chaque été un immigré ou fils d’immigré aille voir sa famille au Maghreb ou en Afrique... en vérité nous pouvons juste ralentir le processus mais pas le stopper. La planète a 4 milles milliards d’années, elle a connu plusieurs ères et en connaîtra d’autres... nous, nous sommes arrivés dessus que très récemment... 

BB : Il n'est pas question de nier les différentes phases géologiques de la Terre mais de dire que les bouleversements climatiques et environnementaux fulgurants que nous vivons ne sont pas naturels mais bel et bien anthropiques, qu'ils sont massifs et rapides et mettent en danger notre durabilité. Ensuite et après tout, l'humanité est libre de s'autodétruire si elle le veut. L'humanité disparaîtra par sa propre bêtise, bon débarras ! Encore une fois je ne cherche pas à sauver la Terre qui vivra très bien sans nous, mais à faire comprendre que c'est notre durabilité et celle de nos enfants qui est en danger. Enfin non je ne suis pas d'accord pour dire que les domien.ne.s et autres enfants de l'immigration ont logiquement le droit de prendre l'avion tous les ans. Tous les ans ce n'est pas climato-compatible. Non les efforts doivent être partagés par tout le monde et la conscience écologique et climatique, qui impose des renoncements, doit être chez tout le monde. 

MI : Waw !!! De dire ça c’est du despotisme Bruno ... tu ne peux pas empêcher les enfants d’immigrés de retourner dans leur pays d’origine autant qu’ils le souhaitent ... sinon il ne fallait pas appeler leurs parents quand la France en avait besoin ... bref. j’arrête là on ne sera pas d’accord et c’est ça la démocratie...bonne journée à toi 

BB : Je ne suis pas responsable de ce qu'ont fait mes ancêtres en revanche j'en subit, comme tout le monde, les conséquences écologiques car la génération de mes parents aura bien joui, sans limite, des richesses de la Terre. Mais aujourd'hui nous sommes toutes et tous dans le même bateau des défis écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétique et métallique qui menacent notre durabilité suivant les choix que nous ferons ou ne ferons pas. Et les enfants d'immigrés n'y échappent pas. Eux et elles, comme moi, ne sont pas responsables de l'histoire passée mais nous sommes responsables du futur. Ensuite concernant le despotisme cela fait 40 ans que j'explique les problèmes en misant sur l'intelligence et la bonne volonté en me disant que les gens finiront bien par ouvrir les yeux et enfin agiront car comme Cousteau le disait "on protège ce que l'on aime et on aime ce qu'on connait". Mais force est de constater l'échec de l'exercice. Donc, à un moment, il va falloir contraindre par la loi (c'est mon côté antilibéral de Gauche). Dans son documentaire sur le surtourisme "les réseaux sociaux vont-ils tuer le tourisme", dans son émission "sur le front", Hugo Clément ne dit pas autre chose et met en image ce que je dis. On y découvre l'envers du décor des vacances de rêves boostées par les milliers de photos idylliques d'Instagram (on pourrait lui reprocher de ne pas parler, également, du voyage carboné pour se rendre aux Maldives, mais ce n'est pas le sujet) et ça fait mal aux yeux. On y voit aussi que des communes en viennent à limiter les libertés des touristes car c'est véritablement devenu un fléau. Ce documentaire démontre que je suis dans le vrai et que, puisqu'il est impossible de raisonner les gens et compter sur leur conscience écologique, ben il faut prendre des mesures de limitation des libertés et/ou d'interdictions d'accès aux sites. Démonstration que ce n'est pas moi qui suis punitif mais bel est bien le tourisme consumériste qui, à force d'inconséquences et de "j'ai bien le droit !", oblige à prendre des décisions radicales. Il va donc falloir encore et toujours plus légiférer, voire interdire ou dire clairement qu'on s'en bat le steak des problèmes écologiques ... et au moins ce sera moins hypocrite. Mais on ne peut pas avoir de double discours : dire que l'on a un problème grave avec le climat et l'environnement et ne rien faire pour tenter de régler le problème. Bonne journée à toi aussi. Amitiés 

 MI : Bien sûr que tu ne l’es pas, mais les enfants d’immigrés non plus n’en sont pas responsables . Sauf que nous (oui moi je suis petit fils d’immigrés 😉) on a la chance d’avoir notre famille proche en France. Et on ne peut contraindre personne. Bon on ne sera pas d’accord lol ... moi je suis pour le pragmatisme. Je le répète à chacun sa conscience. Bonne journée. Amitiés 

BB : Les consciences cela s'éveille 😉 Aller, j'arrête de t'embêter. Passe une très bonne journée. Que la paix et l'amour soient toujours sur toi. Amitiés 

MI : Nous avons notre liberté de conscience. Belle journée 😉 

BB : Oui mais comme il y a des bonnes consciences il y a aussi des mauvaises consciences. Des gens peuvent faire les pires choses en pleine conscience et c’est pourquoi ils ou elles sont reconnu.e.s coupables. La conscience peut même être au repos comme le chante Patrick Bruel dans sa chanson "Alors regarde". Encore une fois, les consciences cela s'éveille. La conscience, en soit, n'est pas un argument pour ne pas critiquer les actions et laisser faire le pire. 😉Amitiés et merci pour cette très agréable joute verbale.

 

mercredi 29 mai 2024

Les névroses d’internet


L'histoire d'Internet remonte au début des années 1960. L'idée d’un réseau informatique, permettant aux utilisateurs de différents ordinateurs de communiquer, se développa par de nombreuses étapes successives pour arriver, dans les années 1990, à sa popularisation moderne mondiale lors de l’apparition du World Wide Web. 

L’idée des débuts de l’internet était de mettre en réseau les ordinateurs des scientifiques du monde entier afin de partager plus vite les informations et ainsi de faciliter la croissance du savoir de l’humanité, mais … 

Mais aujourd’hui la légende dit que 50% du trafic mondial d’internet serait pour diffuser du porno, 25% serait pour montrer des vidéos de petits chats et les 25 % restant seraient réservés au reste de l’information mondiale. Je ne parviens pas à vérifier ces chiffres mais les ordres de grandeurs sont là. On est donc très loin des ambitions initiales de formation des masses populaires à la culture, la science et le savoir. 

On voulait un monde plus intelligent mais au final on fabrique des crétins. On voulait un monde de science et on voit le nombre de platistes croitre. On voulait un monde du savoir et l’on voit des enfants remettre en cause le théorème de Pythagore. Adieu le savoir, bonjour le « bon sens », la « sagesse populaire », l’irrationnel, le « vu sur Internet » et l’évaluation au doigt mouillé. Le travail d’éducation populaire que fit, au moins en France, la télé dans les années 70 et 80 a été réduit à néant avec un Internet vampirisé par les extrémistes, les complotistes, les pornographes, les influenceurs et les influenceuses, les scientifiques du dimanche et les spécialistes de comptoirs. 

On pensait que plus d’informations rendrait les gens plus citoyens, résultat, le complotisme explose. X, avec l’arrêt de la modération voulu par Elon Musk, fait croitre les théories du complot avec la fuite des gens censés, comme le montre le « complément d’enquête » de FranceTV de mai 2024. Les complotistes sont des esprits perdus qu'il est impossible de récupérer car il n'y a aucun moyen rationnel de combattre l'irrationnel. Jamais vous ne parviendrez à récupérer les anti-vax, les climato-sceptiques, tous les complotistes des Chemtrails et conspirationnistes en tous genres avec des arguments rationnels. Ils et elles sont tombé.e.s du côté obscur de l'irrationnel, rien ne peut leur faire ouvrir les yeux. Pire encore ! Plus vous leur montrez, plus vous leur démontrez leurs erreurs d'appréciation, plus vous apparaissez comme élément du complot. 

Alors que ce n’est pas l’outil qui fait le mal mais bien ce que l’on fait de l’outil, Internet a produit une société de l’image et les réseaux sociaux, relayés par les télé-réalités, ont libéré ce qu’il y a de pire chez l’Homme, ont libéré l’égocentrisme et le narcissisme. Monde du selfie, monde du trash, du buzz, de la radicalité, de la haine et de la violence sans limite. Société du procès permanent, de la condamnation sans savoir dans les tribunaux du Net, de la remise en cause de l’État de droit, de l’autorité légitime, de la représentativité alimentée par la médiocrité de nos élites. Société qui ne supporte plus le temps long, qui est dans l’immédiateté. 

Or la réflexion demande du temps. 

Dès lors, sans prendre le temps de la réflexion, la complexité du monde se confronte à la simplicité des analyses de Monsieur Blanc-Cassis et de TataDoc012. Idées simples vs la complexité voici l’une des clefs du problème puisque sur internet tout est devenu simple. La vie est simple sur internet, il y a les bons et les méchants, il y a les hommes et les femmes, il y a les blancs et les noirs, il y a les hétéros et les LGBT, il y a les cathos et les musulmans, il y a les Israélien.ne.s et les palestinien.ne.s, il y a les Flics et les gamins de banlieue, il y a les wokes déclaré.e.s anti-France, … toutes et tous se sentant victimes des un.e.s et des autres. « Plus on divise, plus on affaiblit peut-on lire dans libération du 16 mai 2024. Plus on dresse les travailleurs contre les chômeurs vilipendés comme assistés, les agriculteurs contre les défenseurs du climat, les français contre les étrangers, les centres-villes contre les banlieues, les « parisiens » contre « la terre qui ne ment pas », les «vieux » contre les « jeunes » et plus on aggrave injustice, inégalités, préjugés et discriminations. Et au bout du compte tout le monde y perd…. Sauf les nostalgiques d’un pouvoir autoritaire derrière qui toute la société marcherait au pas. ». 

Sur Internet le monde est binaire et l’on nous somme de prendre position car, comme le dit un certain Dark Vador, dans La Revanche des Sith, « Si tu n'es pas avec moi, alors tu es contre moi!». Difficile de résister aux injonctions du groupe et pourtant il le faut pour garder sa liberté. Toutes et tous se sentent légitimes de se radicaliser pour défendre leurs causes. C’est tout l’objet de la série « La fièvre », une production 2024 de Canal+ qui se termine en se demandant si la guerre civile est commencée ou si elle va débuter. « La fièvre », fiction qui traite de l'emballement infernal des réseaux sociaux et des radicalités, se trouve validée par le documentaire « complètement d'enquête » sur les climato-sceptiques, sur France TV, qui croissent notamment grâce à X. Ces deux productions télévisuelles, diffusées concomitamment, se complètent … le documentaire donnant raison à la fiction. Ces deux programmes nous montrent deux exemples de ce qui se passe quand les modéré.e.s, quand les progressistes abandonnent la partie et désertent le terrain ... Il n'y a plus que les radicalités comme offre politique. 

« La complexité n’est pas un complot. L’extrême polarisation tue la démocratie. Informer, c’est résister aux simplistes et aux manipulateurs. » nous dit très justement Caroline Fourest 

Au final Internet aura échoué là où il voulait faire grandir l’humanité et à lire l’article de Slate du 14 mai, « Les jeunes galèrent de plus en plus à se faire des amis » on comprend combien le virtuel montre ses limites pour améliorer la qualité de la vraie vie. Les jeunes sont de plus en plus isolés et cet isolement n'est pas sans conséquences sur leur bien être mental et physique. 62% des jeunes de 18-25 ans se sentent régulièrement seuls et en souffrent. Avant le COVID, 6% des appels reçus par SOS Amitiés étaient des jeunes, aujourd'hui c'est 25%. Les causes ? La précarité et les réseaux sociaux et leurs amitiés virtuelles nous dit Slate. Je rajouterais le mirage de la vie de rêve des influenceurs et influenceuses, le narcissisme, l'individualisme et le culte du fric qui engendrent des relations faussées et superficielles. Pour lutter contre l'isolement il existe plusieurs solutions et notamment s'engager dans la vraie vie, associations, clubs sportifs, syndicats, groupes politiques ... mais que des trucs de vieux boomers aux yeux des jeunes … et bonjour la fracture générationnelle. 

 Au final Internet aura échoué là où il voulait faire grandir l’humanité. L’IA sera peut-être la fossoyeuse de ce qui reste d’intelligence dans notre humanité. Une humanité qui rédigera, peindra, imaginera, légiférera, délibérera, aimera au travers d’algorithmes, laissant ce qui fait l’Homme et sa liberté au bon vouloir de machines. Une humanité qui, en France, préfèrera le TPMP d’un Hanouna effrayant, une Sonia Mabrouk aux ordres d’un Bolloré fanatisé et bien décidé à sauver la France catholique, une Christine Kelly porte flingue d’un Zemmour fascisant ou bien encore un imbuvable Pascal Praud aux analyses politique dignes de fins de soirées à … « La Grande Librairie», à « En société », à « C Politique », à « France Culture » ou bien encore à « Arte ». car tout est maintenant imbriqué, Internet influence la TV et vis-et-versa. Et nous voici donc avec une France peuplée d’heureux consommateurs et d’heureuses consommatrices, abruti.e.s de certitudes simplistes, qui conchient les écolo-bobo-gaucho-wokes, qui conchient les intellectuel.le.s, qui menacent les scientifiques et cela pour la plus grandes joies des capitalistes, des multinationales, des lobbies et des fascistes qui font leur beurre avec. Et pourtant il n’est pas possible de revenir en arrière, Internet et les réseaux sociaux sont là, impossible de les interdire dans les démocraties. Les démocraties se doivent donc d’encadrer les réseaux sociaux et l’IA. 

Dès lors deux choix se posent à nous, citoyens et citoyennes, soit l’on refuse de rentrer dans le jeu (qui n’en est pas un) et on laisse la voie libre au pire du pire et l’on ne s’étonne pas que la société aille de plus en plus mal, ou bien on rentre, avec prudence et en groupe, dans la bataille et on fait sa part sans garantie que cela ait un impact. En vérité je vous le dis, il nous faut également et véritablement occuper le terrain du virtuel qui a des conséquences très concrètes dans la vraie vie. Des gens meurent à cause des réseaux sociaux !!! 

Rien ne nous oblige à faciliter la vie des pires. 

Et pourtant, malgré tout ce marasme, pour moi, il y a une petite lueur d’espoir dans ce monde virtuel et elle se trouve dans Facebook (Précisons que je n’ai aucune action et aucun intérêt chez Meta), même s’il est de bon ton de lui cracher dessus comme étant un réseau social ringard et de boomers. J’ai juste envie de dire que, pour moi, Facebook est définitivement le seul réseau social qui permet la réflexion. La réflexion étant le propre de l'Homme j'aime m'exprimer sur Facebook qui me laisse l'espace nécessaire à la complexité. Facebook est le seul réseau social qui préfère la réflexion à la réaction. Facebook le seul réseau social qui me permet d'expliciter, de développer ma réflexion, qui me laisse l'espace pour développer ma pensée. À la réaction stérile et souvent à côté de la plaque de X ou autre, je préfère l'espace de réflexion qu'offre Facebook. Ainsi donc le problème de notre société n'est pas l'avènement des réseaux sociaux mais bel et bien l'abandon de la réflexion. Facebook me permet de sortir de ma bulle de mes 10 ami.e.s de la vie réelle et d'avoir un tout petit peu d'influence pour une société, une Europe Écologique, Sociale et solidaire. Facebook est pour moi le seul espace qui permet des échanges intellectuels. Facebook est, pour moi, le seul réseau social intelligent, dès lors je comprends qu'il soit moqué et dénigré.

lundi 26 février 2024

propositions de l'exécutif sur l'agriculture : une régression inquiétante

Dans une tribune au « Monde », un collectif de de plus de 1000 scientifiques spécialistes des questions d’écologie et de santé, parmi lesquels la Société française d’écologie et d’évolution, l’Office français de la biodiversité et la réserve naturelle nationale du Val de Loire, s’alarme des décisions prises par le gouvernement pour mettre fin aux mobilisations des agriculteurs.

Publié le 26 Février 2024

Indignation, colère. La communauté scientifique qui travaille sur les enjeux environnementaux constate que, malgré l’accumulation de preuves issues de ses travaux, les récentes décisions de l’exécutif pour mettre fin aux manifestations des agriculteurs représentent des reculs manifestes dans la lutte contre la dégradation environnementale et pour la préservation de ses fonctions écologiques. 

Ces reculs n’apportent aucune réponse satisfaisante aux problèmes de qualité de vie des agriculteurs. Au contraire, ils entraînent des risques majeurs sur la santé humaine, en premier lieu celle des agriculteurs, mais également celle de l’ensemble de la population actuelle et future. 

Notre communauté scientifique est solidaire du monde agricole avec lequel elle collabore et interagit étroitement. Nous constatons que de nombreux agriculteurs souffrent : lourdes charges de travail, contraintes économiques et bureaucratiques, notamment liées à un modèle agricole concurrentiel, basé sur la course aux volumes de production. Ces contraintes se traduisent par des revenus insuffisants, une surexposition aux risques professionnels, dont un taux de suicide très élevé et un fort impact environnemental. De nombreuses maladies, dont certains cancers, ont une plus forte prévalence chez les agriculteurs qui sont ainsi les premières victimes de l’exposition aux pesticides et de la dégradation de l’environnement. 

Le problème est profondément enraciné et résulte notamment des règles commerciales internationales et de leur mise en œuvre nationale, ainsi que d’une surreprésentation, au sein des instances de décision, d'organisations qui ne représentent qu'une partie du monde agricole. Cette situation entrave l’adoption nécessaire d’une approche vers une agriculture paysanne soutenable et nourricière qui concilie les impératifs de subsistance de la population et la préservation des écosystèmes. 

Les décisions prises par le gouvernement représentent un recul majeur pour l’environnement et la santé des habitants des zones rurales, ainsi que pour l’ensemble de la population: 

  • “Pause” des inventaires de zones humides, menaçant leur protection, alors que ce sont des zones clés pour le cycle de l’eau et la biodiversité 
  • Remise en cause de l’obligation de dédier des surfaces aux infrastructures agroécologiques (comme les haies) ou les jachères, pourtant éléments clés dans le maillage écologique et social de nos territoires 
  • « Pause » du plan Ecophyto, visant à réduire l’usage de produits phytopharmaceutiques, et ainsi les pollutions aiguës et diffuses associées, et remise en cause du mode de mesure de ces pollutions. 
  • Recul sur le relèvement de la redevance pour pollutions diffuses, appliquée notamment sur certains produits phytopharmaceutiques, alors que le coût associé au traitement de ces pollutions explose. 
  • Recul sur les décisions prises dans le plan Eau sur la stabilisation des prélèvements en eau agricole. 
  • Recul sur l’harmonisation d’une redevance sur l'eau agricole entre bassins versant pour réduire l’écart entre les redevances payées par les usagers. 
  • Stigmatisation et désarmement envisagé de la police environnementale de l’Office français de la biodiversité, limitation du nombre pourtant déjà faible de contrôles, réduisant les possibilités de détecter les pratiques non-conformes, les situations à risque pour la biodiversité, les atteintes à la qualité de l’eau ou les usages de l’eau pouvant conduire à un partage non-équitable. 

Nous tenons à rappeler que les conséquences de la pollution diffuse causée par les intrants de synthèse (fertilisants minéraux, pesticides de synthèse), dont les coûts sont indexés à celui de l’énergie, ainsi que la poursuite de la dégradation des écosystèmes tels que les zones humides, les haies, les sols, les cours d’eau et les nappes, sont unanimement reconnues par la communauté scientifique comme délétères pour la santé humaine et environnementale, la biodiversité et le fonctionnement des agroécosystèmes et des écosystèmes connexes. 

Ces reculs ne font que retarder davantage la bifurcation indispensable vers des activités humaines soutenables, enviables et respectueuses des communs tels que l’eau, les sols, l’air et la biodiversité. En contravention avec l’article L.110-1 du Code de l’environnement qui stipule le principe de non-régression à notre droit positif suivant lequel la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une progression constante, ce recul compromet également les actions engagées pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité. Les sols peuvent jouer un rôle crucial en tant que réservoirs d’eau, et tout comme la végétation arborée pérenne en tant que puits de carbone. 

Bien que les diagnostics des crises environnementales et de santé publique reposent largement sur les connaissances de la communauté scientifique, les normes qui en découlent peuvent être mal comprises, et perçues comme contre productives lorsqu'elles sont mises en œuvre de manière incompréhensible, tant par les agriculteurs que par les scientifiques. 

Des approches reposant sur la co-construction des savoirs seraient bien plus efficaces pour rendre les normes opérables et acceptables. Ces approches interdisciplinaires permettent de mieux intégrer les aspects sociaux, économiques et politiques de l’agriculture. Elles ne devraient pas servir de prétexte à de nouvelles inerties face à l’urgence de ces crises, mais plutôt être les leviers pour engager les changements indispensables pour les enrayer. 

Nous réaffirmons la nécessité d’une coopération entre les pouvoirs publics, les agriculteurs, les citoyens et les scientifiques pour accélérer la bifurcation vers une agriculture soutenable, pilier de la transition écologique à venir, et rémunératrice des agriculteurs plutôt que l’enfermement dans un modèle destructeur pour l'agriculture, les agriculteurs et l'environnement.

vendredi 2 février 2024

Crise de l'agriculture ... le bal des tartuffes

Et si on arrêtait le bal des tartuffes ? Non, ni le RN ni LR ne défendent les agriculteur.ices au Parlement Européen.... Les parlementaires LR ont voté pour le marché de libre-échange avec la Nouvelle -Zelande.... 


Le bal des faux-culs, la suite .... Il y a celles et ceux dont les élu.e.s européen.ne.s, nationaux et régionaux votent et agissent VRAIMENT en soutien aux agriculteur.trice.s ... et il y a celles et ceux qui posent des panneaux à l'envers quand leurs représentant.e.s votent à l'unanimité les textes qui détruisent à la fois la planète et les revenus des agriculteur.trice.s. 

Et pourtant … Voter pour l'ultra-libéralisme, pour le capitalisme prédateur, pour les accords libre-échangiste, voter pour la concurrence débridée puis pleurer, ensuite, contre les conséquences qui vous affectent tout en accusant les écolos d'être responsables de tous ses malheurs et réclamer à l’État providence de réparer ce que vous avez plébiscité lors de vos votes, tout en affirmant votre détestation de ce même État qui régulerait trop et surprotégerait trop, telle est la logique absurde des agriculteur.trice.s productivistes, largement électeur.trice.s de la droite qui est au pouvoir en Europe et en France totalement responsable de la jungle économique actuelle qui fait souffrir les plus fragiles. 

 

Ainsi donc on peut lire dans Reporterre du 26 janvier 2024 : "[...] Pour Benjamin, agriculteur à Saint-Sulpice-sur-Lèze, les « normes écologistes dictées par les bobos écologistes de Paris » sont responsables de leurs difficultés[...] 

heu 🤔?!?! 🤔 Je ne savais que nous étions au pouvoir 🤔 je méconnaissais notre si grande influence sur les prises de décisions. 

En temps de crise profonde, il est toujours facile de trouver des boucs émissaires. Cependant, les écologistes ne sont pas les responsables du dérèglement climatique (ou pas plus que tout le monde), de l'épuisement des sols par le labourage à outrance et les pesticides qui tuent toutes vies, de l'érosion des sols par la destruction des haies et du labour, du bétonnage des terres agricoles, de l'effondrement de la biodiversité, pas plus que des suicides, des cancers et maladies dû à l'utilisation des pesticides chez les agriculteur.trice.s, ni du mille feuilles administratif, pas plus que du non-respect de la loi Egalim ou des accords de libres échanges. 

Il arrive un moment où il faut savoir reconnaître sa propre responsabilité (c'est pourquoi, personnellement, je cherche, tous les jours, à modifier ma vie afin de ne pas être plus responsable, que ce que le système ne me l'impose, de la destruction de notre environnement et du climat) et aujourd'hui les écolos ne sont pas responsables de la situation difficile (pour ne pas dire dramatique) des agriculteur.trice.s. 

 

Entre vous et moi, si vous voulez bien comprendre l'impasse dans laquelle sont les agriculteur.trice.s aujourd'hui à cause des politiques passées et actuelles et comprendre les méandres d'un système qui, sous couvert de défendre les paysan.ne.s, en fait les broie, je ne peux que vous conseiller de lire (si ce n'est déjà fait) l'excellente enquête d'Inès Leraud "Algues vertes, l'histoire interdite". Enquête qui montre très bien que le but des financiers n'est pas de nourrir les gens mais de faire du fric. Excellente enquête qui montre bien qui sont les responsables de la difficile situation agricole en France et ce ne sont ni les normes, ni les écolos. 

 

Que l’on ne se méprenne pas, il est parfaitement clair que je soutiens l’agriculture française cependant il est clair aussi que je ne soutiens pas la FNSEA qui cogère l’agriculture française, avec les différents gouvernements actuel et précédents, depuis des décennies, non pour défendre les intérêts des paysan.ne.s mais ceux des sociétés de l’agro-alimentaires capitalistes. Je soutiens la confédération paysanne, le seul syndicat paysan qui défend, dans une logique, écologique, sociale et solidaire, les paysan.ne.s et non les multinationales, les banques ou bien encore l'agro-industrie qui étranglent, petit à petit, les agriculteur.trice.s. Pour une agriculture saine, fière et vivante, je soutiens la Conf' !!! ✊ 

Ainsi donc, à la fin de cette séquence agricole, le premier Ministre, Gabiel Attal, en voulant faire un pas vers les agriculteur.trice.s et comme pour leur donner raison, fait un doigt d'honneur aux associations de protection de l'environnement en proclamant … 

  • Moins de normes, notamment environnementales, 
  • Que le délai des recours contre les méga-bassines réduit à deux mois, 
  • Que les contrôles seront moins fréquents, ouvrant la porte à tous les abus écologiques 
  • Un moratoire sur les jachères qui permettent, un peu, de faire souffler la biologie des sols, 
  • Que les réglementations sur les haies seront réduites, 
  • Une pause « pour discuter du zonage » des zones humides 
  • Que l'OFB sera mise sous tutelle des préfets et lui ordonne de réduire sa pression sur l'agriculture. 
  • L’arrêt du plan Écophyto 2030 
  • ...

Aux problèmes de revenus des agriculteur.trice.s, Attal répond par une régression écologique. 

On savait qu'avec Macron et sa clique « l'environnement ça commence à bien faire », mais là c'est un enterrement de première classe. 

Pensez-y à chaque scrutin, si vous aimez vraiment nos agriculteur.trice.s et que vous voulez vraiment les soutenir alors cessez de voter pour l'ultra-libéralisme, cessez de voter pour le capitalisme, cessez de voter pour le libre échangisme ... 

Cessez de voter, tant en France qu'en Europe, pour la droite et son extrême qui détruisent le monde agricole en mettant les européen.ne.s en concurrence les un.e.s avec les autres sans harmonisation sociale et salariale. 

Dès lors la concurrence est biaisée et déloyale, impossible et mortelle pour nos agriculteur.trice.s. La droite, au pouvoir partout, a oublié que l’on ne bâtît pas une communauté sans règles sociales communes. 

Cessez d'être complices des politiques de droite qui détruisent les paysan.ne.s. votez pour une France et une Europe Écologique, sociale et solidaire.