"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 30 avril 2019

Brésil : 100e jour de deuil pour l’environnement et la pensée

Élu avec le soutien du puissant lobby agroalimentaire, Jair Bolsonaro vient de fêter son 100e jour à la tête de l’État brésilien. L’environnement, lui, est en deuil. Depuis son arrivée au pouvoir, on ne compte plus les coups de boutoir que le nouveau président a portés à la politique environnementale de son pays. Si ce travail de sape porte préjudice avant tout à la population brésilienne, en particulier aux peuples autochtones, il a aussi des répercussions sur notre assiette et notre climat.



1. Neutralisation du ministère de l’Environnement

Avant même son élection, le nouveau président avait annoncé qu’il supprimerait le ministère de l’Environnement. Les nombreuses critiques l’ont contraint à renoncer à ce projet, mais il n’en a pas moins réussi à totalement démanteler le ministère. Tout d’abord, il a nommé à sa tête un avocat d’affaires, Ricardo Salles. Alors qu’il était secrétaire à l’environnement de l’État de São Paulo, il a été condamné pour fraude administrative au profit de compagnies minières, et a déclaré que le changement climatique est un problème « secondaire ».

Ensuite, le président Bolsonaro a adopté une flopée de mesures et de décrets visant à affaiblir le ministère de l’Environnement en le privant, à petit feu, de ses moyens d’action.

2. Liquidation des territoires autochtones

Lors de ses 100 premiers jours au pouvoir, J. Bolsonaro a commencé à mettre à exécution ses promesses de campagne, à savoir en finir avec la démarcation des terres indigènes et ouvrir ces dernières à l’exploitation minière, agricole et forestière.

Il a privé la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI) de sa responsabilité de délimiter les territoires indigènes, la transférant au ministère de l’Agriculture. Teresa Cristina, à la tête de ce ministère, a déclaré être « favorable au développement de l’agro-négoce sur les terres indigènes ». Selon la FUNAI, 115 territoires indigènes étaient en attente d’être démarqués au début de l’année.

Ces mesures mettent en péril la forêt amazonienne, où se situent la plupart des territoires indigènes, et aggravent la détresse des peuples autochtones et les violences qu’ils subissent.

Les terres indigènes, qui représentent 13 % du territoire brésilien, constituent un rempart contre la destruction de la forêt : seulement 2 % de la déforestation de la forêt tropicale a lieu à l’intérieur des territoires autochtones.

Lire l’appel des peuples indigènes du monde entier à protéger la nature.

3. Bazardage de la forêt amazonienne

Le président, tout comme ses ministres, ne cessent de répéter dans les réunions internationales que le Brésil va ouvrir encore davantage ses forêts à tous types d’industries. Il a par exemple proposé à D. Trump un partenariat pour explorer l’Amazonie. Cela serait non seulement illégal mais, en outre, irait à l’encontre de la souveraineté du Brésil puisque les zones protégées et les terres indigènes, qui appartiennent aujourd’hui à l’État, pourraient tomber aux mains d’une poignée d’entreprises étrangères.

4. Autorisation en masse de pesticides dangereux

En à peine trois mois, le nouveau gouvernement a autorisé l’utilisation de 121 nouveaux pesticides – un record (à titre de comparaison, 13 pesticides avaient été autorisés sur toute l’année 2010). Or 41 % de ces substances sont classées comme très toxiques ou extrêmement toxiques.

La majeure partie de ces pesticides sont utilisées pour les cultures du maïs ou du soja, qui servent ensuite à alimenter le bétail, au Brésil mais aussi dans le monde entier, et notamment en Europe (37 % du soja importé dans l’UE vient du Brésil). Ainsi, même si certains de ces pesticides sont interdits en Europe car trop dangereux, ils pourraient bien se retrouver directement ou indirectement dans nos assiettes.

La politique de sape environnementale de J. Bolsonaro sert les intérêts des industriels qui l’ont fait élire, au détriment de la santé de la population brésilienne, des droits des peuples autochtones et de la préservation de la biodiversité. Alors que la déforestation est repartie à la hausse au Brésil, l’ouverture des territoires autochtones et des forêts aux industriels ne présage rien de bon non plus pour le changement climatique. C’est aussi le climat mondial qui porte le deuil.

Texte : Greenpeace

4. Breaking news : l'interdiction de penser

Le président du Brésil a une vision bien singulière de ce que doit être l’enseignement. Selon maître Jair Bolsonaro, penser par soi-même, aiguiser son esprit critique, relève du supplément d’âme. Dans la lignée des brûleurs de livres, ce chantre de l’extrême droite a ainsi décrété vendredi, dans un tweet hallucinant, que la philosophie et la sociologie ne feraient plus l’objet de financements publics dans les universités fédérales. Au diable les sciences humaines, place aux filières rentables,...

samedi 13 avril 2019

TRIBUNE Lettre ouverte de SOS Méditerranée à Christophe Castaner

SOS Méditerranée a souhaité réagir aux propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui, le 5 avril dernier, s'est exprimé sur les ONG venant en aide aux migrants. Il a notamment évoqué une « collusion » entre les ONG et les passeurs. Francis Vallat, président, et Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée ont donc décidé de rédiger une lettre ouverte au ministre.


« Marseille, le 9 avril 2019

Monsieur le Ministre,

Nous avons pris connaissance de vos déclarations concernant les ONG de sauvetage en mer, lors de la conférence de presse clôturant la réunion des ministres de l’intérieur du G7, vendredi 5 avril.

A la question suivante d’un journaliste : « Nous savons que M. le Ministre italien Matteo Salvini, a une position très claire concernant le rôle des ONG en mer Méditerranée, c’est-à-dire que les ONG aident les filières de passeurs. Je voudrais savoir si sur ce point en particulier il y a un accord entre les pays européens au sein du G7 ? », vous avez répondu :

"Vous semblez découvrir une réalité documentée et évoquée depuis juillet 2017. (…) Ce que nous savons, c’est que les ONG jouent un rôle essentiel pour apporter une aide aux migrants, cela ne fait aucun doute. Toutefois, en Méditerranée centrale, on a observé de façon tout à fait documentée, je vous le dis, une réelle collusion, à certains moments, entre les trafiquants de migrants et certaines ONG. On a observé que certains navires d'ONG étaient ainsi en contact téléphonique direct avec des passeurs qui facilitaient le départ des migrants depuis les côtes libyennes dans des conditions effroyables, souvent au péril de leur vie. Les ONG, dans ce cas-là, ont pu se faire complices des passeurs. Les ONG doivent avoir une attitude responsable."

Ces propos relaient de graves accusations à l’encontre des ONG de sauvetage en mer, dont l’action a été attaquée en Italie dès le début de l’année 2017, dans un climat politique délétère. Or à notre connaissance il ne s’agit que de rumeurs : aucune de ces accusations n’a jamais été démontrée ni étayée par la moindre preuve. Aucune des procédures judiciaires entamées n’a abouti. Aucune de ces allégations ne peut viser SOS MEDITERRANEE.

Parce que vos déclarations portent atteinte à leur honneur et à leur considération et jettent un discrédit général sur les acteurs du sauvetage en mer, dont l’action est plus que jamais aujourd’hui entravée en Méditerranée centrale, nous vous demandons instamment des précisions, des preuves, à l’appui de ces allégations.

Nous vous demandons également de rétablir les faits concernant les ONG de sauvetage, telles que SOS MEDITERRANEE, qui travaillent systématiquement dans le respect absolu du droit maritime international, en toute transparence et en totale coordination avec les autorités maritimes, ce que vous n’ignorez pas. Nous n’avons jamais eu et n’aurons jamais le moindre contact avec les passeurs et trafiquants d’êtres humains dont nous sommes les premiers à condamner les agissements criminels.

Nous vous rappelons que la mer Méditerranée centrale reste l’axe migratoire le plus mortel au monde où plus de 18.000 personnes ont perdu la vie ces cinq dernières années. Pourtant, le droit y est bafoué depuis le mois de juin 2018, avec la fermeture des ports italiens et le transfert des responsabilités du sauvetage aux garde-côtes libyens. Depuis, aucun mécanisme de débarquement des rescapés conforme au droit maritime n’a été mis en place par les Etats européens.

Pour conclure, Monsieur le Ministre, vous demandez que les ONG aient une attitude responsable. Nous en appelons à votre responsabilité pour faire cesser les attaques infondées, et protéger les acteurs du sauvetage en mer injustement incriminés. Car, alors que l’Union européenne a progressivement abdiqué son devoir d’assistance en Méditerranée centrale, il est de votre responsabilité et de celle des autres Etats européens de faire appliquer le droit. Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Francis Vallat Président
Sophie Beau Cofondatrice et directrice générale SOS MEDITERRANEE France »

Photo : Laurin SCHMID / SOS MEDITERRANEE / PICTURE ALLIANCE

mardi 19 mars 2019

Manifestants pour le climat, soyons cohérents, soyons radicaux

Par Hervé Kempf (Reporterre)

Un moment de basculement est en train de se produire pour le climat. Il appelle de la part de celles et ceux qui manifestent et ont pris conscience un engagement réel et durable. Qui ne sera pas toujours facile.


Le succès de la marche pour le climat samedi 16 mars à Paris et dans de nombreuses autres villes, les quelque 2 millions de signatures à l’appui de l’Affaire du siècle, le mouvement international des jeunes pour le climat, et pour tout dire, la vague qui s’est levée depuis septembre dernier pour déclarer l’état d’urgence climatique, constituent un mouvement de fond, un moment de basculement. La question écologique est clairement en train de passer un nouveau cap, de sortir des invocations floues et distantes pour s’incarner dans une forte revendication populaire. Et c’est un moment réconfortant, joyeux, stimulant, roboratif.

Mais pour que la vague soit vraiment puissante, qu’elle envahisse comme la marée la plage atone du conservatisme des politiques et des habitudes, les manifestantes et manifestants doivent être cohérents, et donc radicaux. Cohérents ? Si l’on affirme qu’il y a urgence climatique, qu’il n’y a plus que cinq, dix, quinze ans pour éviter un réchauffement planétaire d’1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, qu’il faut agir fortement à la mesure de la gravité du moment, on ne peut se contenter de retourner chez soi et de continuer comme avant. Il faut réfléchir davantage, s’engager plus loin, changer plus avant.

La cohérence, c’est de comprendre que les mots ne sont pas futiles : que les slogans « Justice climatique, justice sociale » et « Ce n’est pas le climat qu’il faut changer, c’est le système » appellent une transformation globale de la société. Comprendre aussi que revendiquer, parce qu’elle est indispensable, une division par huit des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 suppose un changement radical du mode de vie et des habitudes de consommation dans le sens de la sobriété. Et ce ne sera pas facile (y compris pour l’auteur de ces lignes !) : pas ou presque plus d’avion, du vélo et beaucoup moins d’autos, moins de viande, beaucoup moins de tous ces objets dont on a pris l’habitude de les considérer comme normaux, pas ou plus de publicité, on en passe. Pour le dire autrement, faire face à l’urgence climatique, ce n’est pas mettre des éoliennes partout, c’est réduire drastiquement la consommation d’énergie donc la consommation matérielle. Autant l’avoir en tête si l’on ne veut pas se bercer d’illusions.

Être cohérent implique aussi d’être radical. Changer le système implique que ce ne sont pas les gestes de chacun — même s’ils sont indispensables — qui changeront la donne, comme voudraient nous le faire croire les dominants, à commencer par M. Macron. Non, cela implique de changer les politiques et les rapports de pouvoir.

Et dès lors, la radicalité commence par un constat : les gouvernants, aujourd’hui, ne sont pas de braves gens qui, par pure ignorance, ne voudraient pas agir pour le climat et qu’il faudrait ramener à la raison. Ce sont les instruments d’une oligarchie qui vise essentiellement à maintenir la position privilégiée des ultra-riches et un système économico-financier qui préfère la prédation de la planète à la baisse des profits. Autrement dit, les gouvernants aujourd’hui ne sont pas des alliés, mais des ennemis, et seul le rapport de force — ou le changement de gouvernants — peut faire évoluer fortement les politiques.

La radicalité se prolonge par un engagement : celui de ne pas en rester à des paroles, à des slogans, à des pancartes. Mais de s’engager soi-même ou au moins de soutenir effectivement celles et ceux qui agissent. On peut le faire de façon non violente mais avec efficacité — en se mettant d’ailleurs en danger juridique voire physique — comme le montrent, entre autres, les militants d’ANV-COP21, quand ils vont décrocher les portraits de Macron, les étudiants pour le climat quand ils vont envahir la Société générale, les militants contre le « grand contournement ouest » de Strasbourg ou contre Europacity — pour ne citer que quelques exemples.

Urgence climatique ? Urgence sociale, urgence politique, urgence d’agir.

Photo : Manifestation pour le climat, 16 mars 2019 (© Eric Coquelin/Reporterre)

vendredi 8 mars 2019

#Metoo ... dans l'Eglise Catholique


« Avec les révélations du livre Sodoma sur l’homosexualité au Vatican, on cesse de rire. Car on est en droit d’exiger des hommes qui s’instituent juges de leurs frères et de leurs sœurs qu’ils mettent leurs actes en conformité avec ce qu’ils exigent des autres. Leur hypocrisie est déjà un immense scandale. Le pape François a-t-il la force, les moyens et l’intention de faire la lumière sur ce monde du mensonge et du double langage ? » Nous dit fort justement l’excellente revue « Témoignage Chrétien ».

De son coté, Arte a diffusé, le 5 mars, un documentaire dénommé « Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise » qui traite du sort des religieuses abusées sexuellement et qui font face au silence de l'Eglise et au patriarcat institutionnalisé en dogme.

Pédophilie, homosexualité en son sein et réprouvée pour les laïques, viols, prostitution ... L'Eglise catholique (mais j'imagine tous les groupes religieux également) a vraiment un problème avec le sexe. L'Eglise doit revoir ses dogmes, tous ses dogmes ! Notamment ceux qui ont trait à la Sexualité. À refuser d’admettre l’importance de la sexualité, l’église catholique risque de finir par disparaître complètement.

Ainsi donc, depuis des décennies, des religieuses de tous les continents sont abusées sexuellement par des prêtres prédateurs. Si la parole des victimes de prêtres pédophiles s’est libérée ces dernières années, celle de sœurs agressées sexuellement, par des hommes d’Église, peine à franchir le mur du silence. Pourtant, elles sont nombreuses, partout dans le monde, à subir des viols par des ecclésiastiques abusant de leur autorité. Certains prêtres n’hésitent pas même à détourner les textes des Évangiles pour disposer impunément du corps des religieuses. Lesquelles, lorsqu’elles se retrouvent enceintes, sont exclues de leurs congrégations ou contraintes d’avorter. Quand ces crimes sont avérés, les coupables sont seulement mutés par la justice cléricale et malgré des dénonciations répétées au sein de l’institution, trois papes se sont succédé, sans jamais remédier aux violences sexuelles perpétrées contre les religieuses.

Le silence de l'Eglise sur les crimes commis, par des prêtres, sur des religieuses est une honte profonde, est une infamie, une insulte faite aux victimes, faite aux croyants, faite à l'humanité, faite à dieu. Ce film d'Arte est l'ultime chance pour l'Eglise de retrouver le chemin de l'honneur. Ce film est une chance. L'Eglise doit saisir cette chance. Ce film est une chance et devrait lui être comme un électrochoc parce que, aujourd’hui, beaucoup de gens se détournent d'elle (dans le début des années 60, 35 % des français disaient aller à la messe tous les dimanches, aujourd'hui on atteint à peine 5%) et que si elle persiste dans son hautaine et méprisante position il est à craindre que la situation ne s'aggrave. Ainsi la crise des vocations est un phénomène qui prends de l’ampleur en France, il n'y a plus assez de candidats à la prêtrise comme le montre la fermeture, dernièrement, du séminaire de Lille faute de séminaristes. La crédibilité de l’Eglise est extrêmement écornée et si elle ne révolutionne pas ses comportements et ses dogmes elle sera totalement inaudible. Et enfin, définitivement, l'Eglise a perdu son honneur en se taisant, en étouffant ces affaires, elle s'honorerait à en tirer les bonnes conclusions, à condamner, à exclure et à réformer ses dogmes.

L'impunité des prélas ne peut plus être tolérée !!! L'Eglise ne peut plus se taire !!! L'Eglise doit s'exprimer publiquement !!! L'Eglise doit jouer la transparence !!! L'Eglise doit condamner publiquement les agissements et ceux qui détruisent des enfants, des femmes, des hommes et par la même occasion le message de la bonne nouvelle !!! L'Eglise doit faire le ménage en interne et répudier tous ses criminels !!! La révolution féministe doit aussi passer dans l'Eglise catholique !!! L'église se doit de revoir ses dogmes pour plus de liberté en son sein. « Il y a un besoin urgent de faire la vérité pour rendre sa crédibilité à la parole catholique officielle. Une révolution culturelle est également nécessaire. » nous dit l'essayiste Christine Pedotti dan Témoignage Chrétien.

Si elle ne le fait pas (la fenêtre de tir est étroite) alors elle sera définitivement discréditée et ne pourra jamais plus se présenter devant nous pour nous enseigner car tout sonnera faux, tout ne sera qu'hypocrisie. Ses valeurs sont écornées elle se doit de les redorer ou disparaitre. La communauté des croyants doit demander des comptes à l'Eglise !!! En ce qui me concerne, en tant que catholique j’ai regardé ce documentaire. En tant que catholique j’ai fait la différence entre ma foi en dieu et la perversion, la cruauté, la saleté de certains hommes qui se croient des dieux.

Toutes mes pensées vont aux victimes.

jeudi 28 février 2019

Quand les écolos seront des saints ...


Le 22 Février, le journal Le Monde titrait « L’avion, plaisir coupable de l’écolo voyageur ». En préambule on pouvait lire « En vacances, j’oublie tout, surtout mon empreinte carbone. Pour le citoyen « responsable », le voyage côté hublot fait partie de ces petits arrangements avec la conscience écologique. Dans de nombreux pays, les incitations à la détox aérienne se multiplient. Ils ont renoncé aux Coton-Tige, au Nutella et même à l’harmonie scandinave de la cuisine depuis l’adoption du lombricomposteur et des moucherons qui vont avec. Alors pas question d’annuler le ­Paris-New York de cet été… […] Malaise et premières tensions entre copains, devant la pizza quatre ­légumes. Peut-on se dire écolo tout en s’envolant pour le week-end à Porto ? L’avion sème la zizanie. D’un côté, ceux qui connaissent les chiffres et commencent à s’interroger. De l’autre, ceux qui ne veulent surtout ne rien savoir de peur d’objectiver ce qu’ils pressentent : tous ces efforts louables pour acheter en vrac ou cuisiner les légumes bizarres du panier Amap n’auront rimé à rien s’ils prennent la direction de l’aéroport. Ne me dites pas… Qu’un aller-retour Paris-New York envoie plus d’une tonne de gaz carbonique dans l’atmosphère par passager, soit autant qu’une année de chauffage et le cinquième des émissions annuelles d’un Français. Que tout trajet national ou européen en avion pollue quarante fois plus que le TGV, sept fois plus que le bus, deux fois plus qu’une voiture avec trois passagers. Que le secteur aéronautique est responsable de 2 % des émissions mondiales de CO2. Soit deux fois plus qu’un pays comme la France. 2 % seulement ? Et vous me priveriez pour si peu de la petite semaine andalouse prévue à Pâques ? »

Alors oui j’en connais des écolos qui s’arrangent avec la réalité, moi aussi, tous les 4 ou 5 ans je retourne au pays (par alliance). On est « Schizophrène », comme le dit Pierre Grante, 30 ans, blogueur « d’Un notre monde ». Oui c’est vrai j’en connais, mais que dire, également, de celui et de celle qui se fout éperdument de tout cela ? Qui se fout de manger de l'huile de palme ? De jeter par terre ses merdes ? De changer de téléphone tous les 6 mois ? De bouffer de l'ananas tous les jours à la cantine ? De bouffer des fraises en hiver ? De bouffer de la viande à outrance ? D'habiter à 60 bornes de son taf (qu'importe le budget essence qu'il demandera à l'état de subventionner car définitivement ces taxes sont Insupportables pour son budget !) pour jouir, le dimanche, de son carré de jardin pris sur les terres agricoles ? D'acheter plus de fringues que de raison ? D'acheter des bouteilles d'eau minérale au bilan écologique et carbone dramatique ? De celui qui pense qu'il existe parce qu'il consomme ? Quid de celui qui roule en Pick-up pour bien faire voir comment il emmerde bien le monde entier ? Quid de celui ou celle qui se fout du changement climatique et de l'effondrement de la biodiversité dont il est aussi la cause ? Quid de celui et celle qui refuse de renoncer, car "on a qu'une vie !" et qui ne laisse donc aucune lueur d'espoir aux générations futures et qui, bien évidemment, prend l'avion pour un oui ou pour un non ? Que dire de tous ces gens-là qui foutent ma planète au tombeau ?

Moi j'ai décidé de ne plus prendre l'avion pour partir en vacances (je me limite à ce que je peux faire en voiture ou en train et, comme dit plus haut, à un retour au pays tous les 4 ou 5 ans) !!! Fini pour moi les belles plongées en Égypte, en Grèce ou aux Seychelles !!! J'ai renoncé avant que la planète ne me l'impose car oui, définitivement oui, l'écologie n'est pas de la philo, ni du fanatisme, ni de l'ordre du religieux, c'est de la biologie, de la géologie et de la physique qui nous indiquent que l'effondrement guette. Par ailleurs, chez nous, nous refusons le tourisme consumériste. Nous avons supprimé une voiture, nous avons un appartement, chauffé au chauffage municipal, qui est à 10 km de nos tafs respectifs et nous co-voiturons. Chez moi, pour aller en ville, je préfère la marche à pied ou le vélo. Nous n'allons jamais en voiture à Paris, le métro et le RER nous conviennent très bien ! Sur Internet je n'utilise jamais le Cloud, j'utilise ECOSIA comme moteur de recherche, je limite au strict minimum mes envois de mails, fait régulièrement le ménage dans ma boîte mail et préfère les favoris plutôt que de faire une recherche sur internet. Je ne recharge jamais mon téléphone la nuit et ne le laisse branché que le strict necessaire. Nous achetons toujours de saison et le plus local possible (AMAP, fermes locales), nous sommes à zéro huile de palme et zéro fruits exotiques autre que ceux des DOM-TOM (et encore ! avec parcimonie), nous limitons notre consommation de viande. Nous préferons cuisiner plutôt que d'acheter des plats préparés. Nous achetons parce que nous avons besoin et non pas parce que nous en avons envie. Les magasins sont, pour moi, des temples de la consommation, cette religion dogmatique source de l'impace dans laquelle est l'humanité. Mes actes d'achats sont des choix politiques, ce que j'achète ou non, participe à déterminer le monde que je laisserai à mes enfants. Je sais que mon pouvoir de non-achat peut faire bouger les choses. Ce n'est pas parce que je peux faire les choses, que j'en ai les moyens et que j'en ai le droit que je fais ... avant d'agir je réflechi à mon impact. Nous préférons faire réparer plutôt que de racheter. Mes habits et mes chaussures vont jusqu'à l'usure. Nous ne jetons jamais de nourriture, le tri sélectif est devenu une évidence et nous travaillons sur notre consommation d'emballages (mais c'est pas encore ça 😕), nous faisons notre compostage sur notre balcon. Mon bilan carbone personnel est de 700 kg de carbone par an (500 kg étant la neutralité climatique) contre 2000 pour un français moyen. Qui dit mieux ? Je travaille dans la Recherche Publique sur le climat et l'Environnement, je participe à enrichir le savoir de l'humanité et non les poches d'actionnaires prédateurs. Chez nous, nous cherchons l'amélioration permanente car la perfection n'est pas de ce monde. Je suis pacifiste, non-violent, anti-raciste, ami des LGBT, contre toutes les discriminations et pour le vivre ensemble ... je soutiens toutes les causes qui ont trait à l'écologie sociale et solidaire, je vote en cohérence avec mes idées (écolo), je me fais beaucoup d'animosités quand je dis ce que je fais, je suis le chieur de service,...

Ce genre d’article fait partie de cette mouvance qui permet à ceux qui ne veulent rien faire de le justifier à moindre coût. « Je me bougerai pour la planète quand les écolos seront des saints », autant dire que ce n’est pas demain la veille.

jeudi 10 janvier 2019

Mes doléances

Voici mes doléances, du 7 Janvier 2019, exprimées sur le cahier de Doléances ouvert en Mairie des Ulis, à partir des différents textes déjà édités sur ce blog depuis la crise dite des "Gilets Jaunes".


Il paraîtrait, lit-on ici et là, "qu’aucun désaccord, aucun ras-le-bol ni aucune colère ne peuvent légitimer que l’on mette à mal ce qui fait que l’on vit mieux, plus libre et plus heureux en France qu’à peu près n’importe où ailleurs dans le monde." J’ai furieusement envie de dire qui est ce "on" dans ce "on vit mieux" ? Pour moi, tant qu'il y aura des allocataires aux Restos du Cœur, au Secours Catholique ou Populaire, je ne me contenterais pas de ce "on vit mieux". Définitivement les inégalités sont mortifères pour notre démocratie, pour la paix sociale, pour le vivre ensemble. Pour moi tant qu'il y aura de gens qui brûleront dans leurs logements insalubres, tant qu'il y aura des gens qui crèveront de froid dans leurs logements insalubres, tant qu'il y aura des gens qui mourront sous les gravats de leurs logements insalubres, tant qu'il y aura des gens qui seront malades à cause de leurs logements insalubres alors ce "on vit mieux" ne me consolera jamais. Qui sème la misère récolte la colère. 60 ans de trahisons politiques produisent aujourd'hui la moisson de colères de ceux qui sont exclus de ce "on". "Les mesures favorables aux classes supérieures prises en début de règne devaient provoquer un "choc de confiance". Elles ont provoqué un choc de défiance" nous fait remarquer, fort justement, Laurent Joffrin. Et en effet, depuis 6 semaine les Gilets Jaunes réclament plus de justices sociales, plus d’égalité dans la prise en charge de la Nation. Les Gilets Jaunes disent non aux privilèges, disent non à la féodalité qui sont fielleusement instaurés en France depuis des décennies. Je soutiens leurs colère et profite de la mise en place de ce cahier de doléances pour faire part de ce qui me paraît important à reprendre en mains, dans notre pays, pour revenir à la République sociale, chose qu’elle n’est plus depuis longtemps, et la faire évoluer vers une République Ecologique Sociale et Solidaire, seul et unique voie pour un avenir durable, pacifique et désirable. En effet il ne pourra y avoir de justice sociale dans le chaos environnemental que nous promettent les changements climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions, les saccages des biotopes, l’écocide des terres agricoles, les plastiques ici, là, partout, … Les luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées.

Permettez-moi donc de vous faire part, ici de mes doléances pour une France plus solidaire, plus juste et enfin sociale et écologique :

D’un point de vue financier : Il nous faut supprimer le CICE, rendre l’argent à ceux qui en ont besoin, aux projets qui travaillent pour le bien publique et non pour des intérêts privés. Il nous faut lutter de façon volontaire et transparente contre l'évasion fiscale, l'optimisation fiscale et la fraude fiscale causes principales des problèmes financiers de notre pays. Cesser le sauvetage systématique des banques qui ne travaillent jamais pour les citoyens mais uniquement pour des financiers avides d’argent. Arrêt du versement des milliards de dividendes versés aux capitalistes alors que l’on demande toujours plus d’efforts aux familles. "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches" nous dit Victor Hugo. Dans la même idée il nous faut rétablir l’ISF dont la suppression n’a rien fait ruisseler sur les classes populaires et moyennes mais que celles-ci se doivent de compenser pour équilibrer le budget de l’état. Il nous faut refuser cette mondialisation inhumaine et destructrice pour l'environnement et le climat, retrouvons la voie de la bienveillance. Revenons sur les traités internationaux et taxons le kérosène des avions exonérés, aujourd’hui, de TVA, TIPP/TIC, taxe carbone ... qu’importe le tourisme de masse qui, de toute façon est incompatible avec un monde durable. Car il y a véritablement de la colère contre un système qui prétend être inquiet du bouleversement climatique, mais qui organise l'importation de milliard de tonnes de saloperies par containers entiers transportés par des cargos exonérés de taxes et qu’importe l’impact écologique de cette logique consumériste. Reconnaitre enfin que nous nous sommes fourvoyés avec les dogmes de la croissance et de la consommation et qu’ils ne sont qu'une fuite en avant d'un système qui nous pousse vers notre perte, vers l’effondrement de notre humanité.

D’un point de vue des services rendus à la population : Il nous faut rouvrir des écoles partout car l’éducation doit sortir du dogme de la rentabilité, la culture et le savoir sont l’essence même de notre humanité et cela ne peut être rentable. Il nous faut cesser les fermetures des hôpitaux de proximité et des maternités. Il nous faut investir massivement dans la santé publique et réouvrir les services publics de proximité. Retour aux fondements du CNR pour une Sécurité Sociale au service des citoyens et non au profit du privé. Il nous faut cesser la braderie des autoroutes et aéroport, biens inaliénables des citoyens. Réouverture des petites lignes SNCF et cessation de la mise en concurrence de la SNCF. Cessation des attaques systématiques contre les fonctionnaires, Serviteurs de la Nation, bouc émissaires de choix politiques funestes. Retour à un système de retraite juste, vivable et durable indépendant des moyens de capitalisation des citoyens. Renforcement des moyens de fonctionnement de notre système de Recherche Publique, base de l’économie de tout pays développé. Cessation de l’hypocrisie par rapport au chômage institutionnalisé si utile pour faire taire les colères de ceux qui ont encore un emploi. Reconnaitre que la colère citoyenne est issue de 60 ans de trahisons politiques et qu’il nous faut redonner plus de pouvoir aux citoyens avec plus de contrôles sur les élus.

D’un point de vue environnemental : cesser immédiatement l’utilisation des pesticides, fongicides, herbicides, glyphosate pour une véritable transition écologique de l’agriculture. Militer auprès de l’Europe pour que les aides de la PAC aillent à l’agriculture biologique, de saison et locale. Lutter réellement et non avec des effets d’annonces, s’apparentant à du greenwashing, contre les déchets plastiques, la pollution de l'air, de la terre et de l'eau, la déforestation, le massacre de la biodiversité. Arrêt des additifs alimentaires et des perturbateurs endocriniens. Arrêt du bétonnage sans fin et l'accaparement des terres par des prédateurs financiers. Arrêt de notre système agricole productiviste et polluant, soutenu par la FNSEA et les multinationales de l'agroalimentaire, qui pousse nos agriculteurs au suicide. Arrêt de la souffrance animale. Il nous faut, d’urgence, nous transformer pour arriver à une France décarbonnée.

Lutte contre la violence pour un monde plus pacifique et durable : Cessation de nos participations aux guerres coloniales et cessation de nos ventes d’armes, soyons un pays pacifiste et non-violent. Lutte, encore et toujours, contre les guerres et toutes les violences sexistes, homophobes, racistes et xénophobes. Trouvons les moyens d’être intransigeant vis-à-vis de tous les prêcheurs de haines.

En vous remerciant de transmettre à qui de droit ces doléances et en espérant que celles-ci seront lues et prise en compte. Dans l’espoir qu’enfin des choses puissent changer sans violence et grâce à une écoute sincère, je vous prie de croire en mes sentiments les meilleurs.

Bruno BOMBLED

mardi 1 janvier 2019

2019, passer de la colère légitime à la force tranquille.

« Les mesures favorables aux classes supérieures prises en début de règne devaient provoquer un « choc de confiance ». Elles ont provoqué un choc de défiance » nous fait remarquer, fort justement, Laurent Joffrin. Depuis 6 semaine les « Gilets Jaunes » font vaciller les fondements même de notre démocratie avec leur refus de la représentativité, avec la violence verbales et physiques de certains mais que beaucoup légitimisent, par les outrances racistes de quelques-uns et que peu réprouvent publiquement. Notre République est un système bien fragile me disait souvent mon tendre père. Dieu qu’il avait raison. Aujourd’hui la République vacille et certains nostalgiques d’une eau de Vichy en appellent à l’armée, aux généraux pour renverser un gouvernement élu mais incapable d’être à la hauteur de l’évènement. Ils tâtonnent, ils avancent sans se concerter, reculent, se croient plus intelligents que les autres mais ne répondent pas aux attentes légitimes de justices sociales. Notre Napoléon en guenille et son armée au clinquant usé essaye de garder le cap d’un navire qui prend l’eau. Le mouvement des gilets jaunes est « une catastrophe pour notre économie », estime Bruno Le Maire. J'apprécie et je mesure toute l'humanité qu'il y a dans cette phrase pleine de compassion, mais depuis longtemps on sait que pour la droite, pour les libéraux, pour les capitalistes, ce qui est important ce n'est pas les humains qui vivent un quotidien catastrophique à cause de leurs politiques ultra-libérale, mais bel et bien les bénéfices, l'argent, les thunes, le blé, le flouze, les pépètes, les sous, le fric, l'oseille, le pèze, le pognon pour les actionnaires, les riches et les puissants, qu'importe les conséquences sur les gens et l'environnement. Pour la droite l'économie n'est pas au service de l'Homme mais c'est bien l'Homme qui est au service de l'économie. Ils attisent la haine et les sentiments d'oppression, de spoliation, d'étouffement, ils sèment la misère et s’étonnent de récolter la colère. Pour l’avocat Juan Branco « Aujourd'hui, la seule façon de provoquer un changement, c'est en faisant trembler ces gens, en leur montrant que la politique n'est ni un jeu, ni une opportunité de carrière ; en leur montrant qu'il y a des corps qui la subissent. » Ainsi, si je peux, à force de lectures et de conversations, maintenant comprendre la violence de certains « Gilets Jaunes », je n'arrive toujours pas à l'accepter car, en vérité je vous le dis, on n’obtient rien en en usant si ce n’est toujours plus de répressions de la part de ceux qui ont le pouvoir de le faire, si ce n’est des larmes et du sang. Mais ainsi, si cette violence est faite pour faire peur à Macron et ses copains, alors on peut espérer que cela soit réussi, mais si c’est utilisé dans l’espoir d’obtenir des avancées sociales, alors force est de constater que l’on voit bien que rien de fondamentalement révolutionnaire n'a été lâché. Les riches peuvent continuer de dormir sur leurs dividendes et les pauvres, brûler dans leurs logements insalubres.

Ainsi donc, grâce à Macron -cet objet politique fabriqué, selon Juan Branco, par des Xavier Niel, des Bernard Arnault, des Gabriel Attal, Jean-Pierre Jouyet ou bien encore des Benjamin Griveaux et une constellation d'intérêts - la République vacille faute de fondements humanistes et d’un trop-plein de visions comptables et dogmatiques. « Faut-il être aveugle pour comprendre que ce pouvoir ne tient plus que par la fidélité des forces de l'ordre, dont toute défaillance l'effondrerait ? » nous interroge Juan Branco. Et pendant que certains fous furieux en appellent au sabre, d’autres se retournent en arrière et en appellent au goupillon. Rappellent les valeurs et les traditions chrétiennes de la France, crachent sur l’esprit de laïcité qui anime et soude notre vivre ensemble. La République, sociale et laïque vacille, ses citoyens regardent vers l’extrême droite la Gauche ayant failli, la Gauche ayant trahi depuis 40 ans et c’est effrayant pour moi qui ne crois qu’en elle. Esther Benbassa, sénatrice EELV, pose la question à ses amis, de ce « que pourrait être la réponse politique forte d'une gauche écologiste authentique à un mouvement social de première importance comme les Gilets Jaunes ? Détourner le regard ? Attendre que ça passe ? Dire aux gens « il faut rentrer à la maison » ? » Je lui réponds que dans un premier temps il faut condamner fermement et clairement tous les comportements racistes, xénophobes, antisémites et nationalistes qui fleurissent ici et là. Dire que ces comportements sont indignes d'un soulèvement populaire, incompatibles avec les valeurs de la Gauche et des Ecologistes. Expliquer ensuite, encore et toujours que luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées car pour les riches et les puissants, les gens et l'environnement ne sont que des variables d'ajustements qui permettent de faire toujours plus de profits. Dire, encore et toujours, qu’il ne pourra y avoir de justice sociale dans le chaos environnemental que nous promettent les changement climatiques, l’effondrement de la biodiversité, les pollutions, les saccages des biotopes, l’écocide des terres agricoles, les plastiques ici, là, partout, le sable pillé, … Ensuite il nous faut nous replonger dans les enseignements des grands maîtres de la non-violence et de la désobéissance civile afin de construire une rébellion, juste, forte, déterminée, durable et acceptable. Et enfin apporter une réponse sérieuse, mesurable, vérifiable, honnête et transparente aux causes des maux présents et futurs. Il nous faut penser le présent sans oublier le futur, allier le réalisme et le rêve.



Le rêve. Le rêve je viens de l’avoir en écoutant le discours anticonformiste de Clément Choisne, jeune ingénieur fraîchement diplômé de Centrale Nantes. D'un ton calme et posé, le jeune homme, se souvient « avec amusement » du discours d'entrée du directeur de l'école, « il nous invitait à prendre la parole, à donner un rôle, un vrai, à l'ingénieur dans notre société, à faire entendre notre voix ». « Je la prends aujourd'hui la parole », lance le jeune homme invité à la tribune pour se voir remettre son diplôme. Car si Clément fait ce discours c'est « parce qu'il y a des choses qui ne sont jamais remises en cause dans nos études d'ingénieur », explique le jeune diplômé originaire du Mans, « notamment la remise en cause d'un modèle qui crée des élites qui devront trouver des solutions sans jamais se demander si les solutions que l'on trouve sont pérennes, durables et égalitaires pour la société. […] Je vous rappelle que nous, les ingénieurs, nous sommes les géniteurs de l’obsolescence programmée. […] Je ne pense pas que le changement puisse venir de l'intérieur de ce système d'entreprises qui ont des modèles d'affaire fortement carbonés », explique Clément Choisne, « il y a toute une société alternative qui est en train de se monter par des solutions qui ont un sens, avec des initiatives locales, de votre fournisseur d’énergie à la manière dont vous vous déplacez ou encore la manière dont vous faites vos courses, tout est à repenser ».

Ce discours est réconfortant car il rappelle que nos vies se doivent d’avoir du sens afin qu’elles nous soient gourmandes. Ce discours est réconfortant car il rappelle que nous ne sommes pas des « parts de marchés » ni des « temps de cerveaux disponible », là est la vraie révolution ! Puisse-t-il y avoir encore et toujours plus de jeunes comme ce jeune. Puisse-t-il y avoir encore est toujours plus d’actions solidaires et je pense au Samu social, aux petits frères des pauvres, aux restos du cœur, aux pompiers volontaires, aux personnels des EPHAD, aux infirmières et aux infirmiers ... Malgré tout, malgré les difficultés, malgré les bâtons dans les roues, tous et toutes, ils et elles sont là ... Les bénévoles par milliers ... Il me faut aussi regarder de ce côté parce que c’est aussi ça qui nous porte et nous empêche de sombrer. Ils et elles sont la vraie France, la solidaire, la grande, la belle et la rebelle, la révolutionnaire.

C’est sur cette vison positive que je veux résolument ouvrir cette nouvelle année 2019, loin des violents, loin des méchants, loin des asséchés du cœur. C’est en pensant à tous ceux qui rêvent le monde autrement que par le profit - et qui risquent parfois leur vie (83 défenseurs de l’environnement ont encore été assassinés, en 2018, de par le monde) - mais par la bienveillance et l’engagement que je veux ouvrir mon année 2019.

Et c’est avec bienveillance que je vous souhaite une belle et heureuse année 2019. Que cette année vous apporte la joie, le bonheur, la paix et l’amour que vous méritez. Soyez révolutionnaires, soyez des artisans de paix et d’amour afin de bâtir un monde rempli d’envies sobres et écologiques, de rêves d’avenirs désirables, d’aventures humaines en équilibre avec notre seul et unique vaisseau spatial, avec notre seule et unique planète, berceau de notre vie, biosphère finie et fragile. Belle et heureuse année 2019.