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"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.
Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."
Stéphane Hessel
vendredi 22 février 2013
samedi 16 février 2013
Pierre Rabhi : "l’écologie interroge notre regard sur la vie"
Dans un entretien avec Reporterre, Pierre Rabhi souligne la dimension humaniste de l’écologie et la confronte avec la lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes.
En ce début 2013, il est encore temps de tirer un bilan de l’année précédente. Que retenez-vous des élections présidentielles françaises, américaines, russes ; des conférences de Rio, de Doha ou d’Hyderabad ?
Pierre Rabhi - Nous sommes aujourd’hui dans un contexte général d’interrogations sur l’avenir, et l’écologie entre en ligne de compte comme un paramètre qu’il faut appréhender. C’est normal. Mais ce paramètre, qui est essentiel, n’est pas suffisamment mis en exergue, selon moi. Je dirais qu’on met un peu d’écologie pour condimenter l’ensemble du système, mais l’écologie n’apparaît pas encore comme un urgence et une priorité absolue. Au contraire. Je dirais même que l’écologie politique reste un peu limitée. Je pense que c’est parce qu’elle s’appuie sur du factuel. Or l’écologie ne nous interpelle pas seulement sur le trou d’ozone, le carbone ou sur l’épuisement des ressources, mais aussi sur un registre plus intime, un registre de l’ordre du personnel. L’écologie interroge notre regard sur la vie, notre positionnement par rapport aux mystères de la vie. Il n’y a pas assez de beauté invoquée, pas assez de mystères. On reste sur un discours élémentaire, mais qui ne prend pas l’élan de quelque chose de plus fondamental et essentiel.
Vous reconnaissez-vous dans la mobilisation populaire qui s’est formée à Notre Dame des Landes ?
Je ne peux que m’y reconnaître. Notre-Dame-des-Landes est un exemple de cette modernité qui ne prend à l’évidence pas en compte la priorité écologiste. Quand on détériore un espace vivant, on le détériore pour très longtemps. On fait une soustraction douloureuse sur ce patrimoine vivant, alors qu’on aurait besoin au contraire de mieux le préserver. A partir de là, je ne peux pas souscrire à des caprices immédiats face à quelque chose qui a plutôt une densité éternelle.
Qu’est-ce que vous dérange particulièrement dans le projet de Notre-Dame-des-Landes ?
Je sens derrière tout ça une manifestation de la vanité humaine, je sens un prétexte à créer de l’emploi et du profit. Je ne suis pas dupe de tout ça.
L’argument de l’emploi n’est-il pas valable ?
C’est un argument que tout le monde sort. C’est un argument facile, puisque le modèle dit effectivement qu’il faut de la croissance pour s’en sortir. C’est comme cela qu’on s’installe dans un quiproquo type « c’est par la croissance qu’on va augmenter les choses ». Seulement, ce qu’on oublie, c’est que lorsqu’on commet un préjudice sur la nature, celui-ci dure longtemps. Cela peut être un préjudice immédiat, mais quoiqu’il en soit, on l’inflige aux générations futures. On ne peut pas, sous prétexte de créer de l’emploi, détruire ce qui est le patrimoine collectif de l’humanité, depuis le passé jusqu’au futur.
Le chômage est pourtant un problème fondamental de notre société actuelle, comment crée-t-on de l’emploi sans créer de richesses, lorsque l’on porte, comme vous, un projet de décroissance ?
Je récuse de manière radicale le modèle, car il donne la priorité absolue au profit au détriment de l’humain et de la nature. Je ne peux pas admettre ce modèle, qui est comme une idéologie intégrée. Il provoque les symptômes négatifs, et ensuite on nous demande de nous acharner sur ces symptômes, sans aller vers la raison première qui a elle-même déterminée le modèle. C’est de cette raison dont il faut se débarrasser. Sinon, on maintiendra la logique qui produit les dérives et les dysfonctionnements. Croire que, parce qu’on va rajouter quelques emplois par-ci ou par-là – même s’il s’agit de milliers d’emploi ! – cela s’inscrit dans une continuité de la durée de la vie, c’est une illusion. On répond à une problématique limitée en mettant en cause les fondements limités. On est dans le délire complet. Il faut se débarrasser de ce modèle de croissance économique infinie, qui a produit une féodalité planétaire. Si on fait le bilan, qui profite de toute cette mécanique mondiale ? C’est quand même un tout petit club de super-nantis, qui laisse dans la détresse, voire dans l’indigence, la majorité de l’humanité…
Que doit faire l’écologie politique pour porter ce contre-modèle ? Quels sont les leviers du changement pour les écologistes ?
L’écologie, telle qu’elle est, ce n’est pas un défaut. L’écologie, c’est la Vie. [...] On l’oublie complètement, mais l’écologie concerne la survie de l’humanité, ou pas. Il y a une biosphère, qui s’est construite d’une certaine façon, depuis des millénaires ; la Vie est advenue, la vôtre, la mienne, etc. L’écologie ne doit pas être réduite à une pensée politique et limitée, car construite sur l’éphémère. On ne peut pas prendre ce qui est de l’ordre de la pérennité de la vie elle-même, pour une pensée limitée et simplement conjoncturel. On est en train de faire des mélanges.
Vous savez, l’écologie aurait dû être enseigné à l’enfant depuis tout petit. On devrait lui apprendre qu’il est vivant grâce à la vie, telle qu’elle s’est organisée, et qu’il est une des expressions de cette Vie. Qu’il doit respecter. Mais on est loin du compte, car il y a le profit, complètement stupide et sans limites, qui s’est emparé de tout, et au lieu de voir notre planète comme une magnifique oasis sur laquelle on a beaucoup de chances de vivre, on la voit comme un gisement de ressources qu’il faut épuiser jusqu’au dernier arbre. Tant que notre conscience ne se sera pas suffisamment élevée pour concevoir que cette planète nous offre tout, absolument tout, de quoi nous nourrir, de quoi nous réjouir, de quoi nous guérir, etc… nous continuerons de la polluer, de la dégrader, d’en faire un champ de bataille, de violence et d’égorgement. C’est l’horreur.
Soyons fous, imaginons que François Hollande vous appelle demain matin et vous nomme médiateur sur ce dossier de Notre-Dame-des-Landes, que faîtes-vous ? Quelles décisions prenez-vous ?
Je ne suis pas du tout sûr que François Hollande est libre de cette décision… La question est de comprendre qui gouverne véritablement. Moi, j’ai eu beaucoup d’estime pour Obama au début, j’ai suivi un peu sa vie antérieure, son application sociale. Il avait démontré qu’il avait cette générosité nécessaire. Mais si on compare le Obama « militant », dans son engagement personnel, et le Obama « président des Etats-Unis », il n’y a pas du tout le même espace de liberté. Aujourd’hui, au vu de la complexité des systèmes – où se mêlent le politique et le profit – je m’interroge sur les marges de manœuvre. Il y a des consciences éveillées, qui veulent bien faire et avec beaucoup de sincérité, mais je me demande s’ils ont les coudées franches.
NDDL est donc la représentation d’une oligarchie qui possède tout ?
Où est l’intérêt collectif dans le projet, c’est ça qu’il faut voir. Y a-t-il un réel intérêt à réaliser cet aéroport ou est-ce seulement l’intérêt de quelques-uns ? Je ne suis pas dupe de ce que signifie le politique, aujourd’hui, je ne suis pas dupe des accointances, de ce qui se passe dans les coulisses, des intérêts des uns et des autres. Je sais tout ce qui se déclenche quand il y a du « politico-commercialo-profito » derrière tout ça. C’est ce qui fait obstacle au changement. Quand je me suis présenté aux élections présidentielles en 2002, notre slogan, c’était l’appel à l’insurrection des consciences. Et le deuxième, c’était « quelle planète laisserons-nous à nos enfants et quels enfants laisserons-nous à la planète ? ». Il faut vraiment reconnecter le destin de l’humanité avec les fondements de la Vie. Or, aujourd’hui le destin de l’humanité a mis une règle du jeu totalement artificielle, puisqu’on est parti sur une dissociation de la nature et de nous-mêmes. Non ! Je suis la Nature, vous comme moi, nous sommes la nature. Nous ne sommes pas des robots fabriqués je ne sais comment, nous sommes véritablement la nature. Nous sommes des mammifères, qu’on le veuille ou non. Ce n’est pas « la nature » et « moi ». La Nature, c’est moi.
Propos recueillis par Barnabé Binctin
dimanche 10 février 2013
Pourquoi tant de haine ?
Entre Notre Dame des Landes, Electrabel, via ERSCIA, qui va réaliser des coupes à blanc dans la forêt du Morvan, la relance du Gaz de Schiste ou les éternels dogmes de la consommation et de la croissance, les gouvernements, qu'ils soient sous Sarkozy ou sous Hollande s'apparentent plus à des pyromanes environnementaux qu'à des gens réalistes. Plus largement nos grands dirigeants, qui n'ont pas le courage de dire "Non" aux puissances de l'argent, me donnent l'impression de haïr tout ce qui peut-être, de près ou de loin, naturel, qu'il faut soumettre, qu'il faut faire plier préférant laisser vivre le peuple dans la merde plutôt que de risquer leur place sous les sunlights. Ils me font penser à ces hommes qui détestent les femmes au point de les brutaliser, de les humilier, de les voiler, de les tuer. Comme les femmes, la nature doit être soumise et surement pas considérée comme notre égale.
La dégradation de l'environnement atteint en premier les
plus pauvres qui subissent, alors, toutes les misères sociales,
économiques, sanitaires ...
Mais comme il est politiquement incorrect de détester la nature et les p'tits oiseaux, on fait de l'affichage, on semble donner de gages. Et ainsi, pour le gouvernement, l'écologie c'est facile, c'est yaka-focon : Besoin de créer 4000 ha de zones humides - pour compenser un projet d'Ayraultport inutile - à un endroit où ni la géologie, ni l'hydrologie, ni la géographie ne l'aurait permis ? Pas grave, yaka-focon ! On est plus fort que la Pachamama, on va le faire ! Les loups sont méchants en s'attaquant à nos gentils moutons ? On a la solution on va les "éduquer" (Delphine Batho) ... et s'ils ne comprennent rien ? Ben on autorisera leur élimination. Facile !
Ailleurs et 30 ans après les premières alertes, on en est toujours au même point. Rien ne change. Chaque année des milliers d’éléphants d’Afrique sont massacrés pour leur ivoire. A ce jour, il ne reste plus que 690 000 individus en Afrique. L’une des principales raisons de ce braconnage est la demande asiatique pour confectionner des sculptures et bibelots en ivoire pour le tourisme de masse. Parmi ces pays d’Asie, la Thaïlande est le plus grand marché au monde d’ivoire non réglementé. On y blanchit des quantités énormes d’ivoire africain, car dans ce pays la vente d’ivoire est légale. Il est urgent de combler ce vide juridique pour sauver les éléphants d’Afrique, un des symboles de la lutte pour la biodiversité.
A Pékin, respirer rime avec danger! Ci dessus il ne s'agit pas d'une image de film de science-fiction mais de la réalité en ce début 2013 : Un écran vidéo montre des images lumineuses de ciel bleu sur la place Tiananmen en période de niveaux dangereux de pollution de l'air à Pékin. On est en plein "soleil vert" ou "blade runner". Ce que l'on montrait dans ces films, comme de la science fiction est devenue la réalité sur la planète Plutard ... la planète où l'on remettait toujours tout à plus tard. "Souvenez vous comment la Terre était belle avant que vous ne la pourrissiez ! Pour les personnages il est trop tard mais pour vous, il est encore temps" nous disaient ces films. Mais la fiction rattrape la réalité et l'on s'y habitue. Vous allez me dire que cela est à Pékin et que cela ne peut pas nous arriver en France puisque nous, les français, on est beaucoup plus intelligent que le reste de l'humanité, on a les meilleurs ingénieurs qui calculent tout vachement bien ! On a les meilleurs politiques qui travaillent tous pour le bien de la collectivité. On a les meilleurs patrons hyper-sensibilisés aux problèmes environnementaux. Dormez braves gens, vos élites travaillent pour vous, soyez tranquilles. Pfff ! Pauvre de nous.
Essorer le sous sol jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une seule goutte de pétrole au fond, semble être le credo de notre monde drogué au carbone. Pourtant, en novembre dernier, l’Agence Internationale de l’Energie estimait que pour empêcher une augmentation globale des températures au-delà de 2°C, les 2/3 de nos ressources fossiles devaient rester dans le sol. Dans le même temps, le rapport « Global Risks 2013 » du World Economic Forum, qui annonçait, en janvier 2013, une augmentation globale, à terme, des températures de 3,6 à 4℃, si rien n'était fait, et qui identifiait la hausse des émissions de GES anthropiques comme étant parmi les plus importants risques mondiaux, informait également, que la Chine prévoit d’augmenter de 20 % sa production de charbon, malgré une pollution de l’air insoutenable, et l’Australie de multiplier par deux ses exportations de charbon, alors que la barrière de corail est en danger. La ruée vers les réserves pétrolières et gazières de l’Arctique, facilitée par la fonte des glaces, risque d’en accélérer encore plus le recul. Le Canada envisage de tripler la production de ses sables bitumineux. L’exploitation de ces gisements est la façon la plus sale et la plus chère et la plus énergivore de produire du pétrole.
On me dit, "Bruno tu nous fais peur avec tes alertes environnementales, on ne peut pas te suivre.".
Moi je réponds que ce sont eux qui me font peur en ne voulant pas regarder le dragon dans les yeux, c'est eux les irréalistes et les inconscients en pensant que leur modèle, pourtant moribond, est durable. Rappelons une évidence : ce n'est surement pas nous, les écologistes, qui inventons les problèmes, mais que c'est bien à force d'observer la Terre que l'on découvre les dangers.
Opération de réinstallation dans la ferme de bellevue,
nouveau symbole de la résistance à l’Ayraultport, le 3 janvier 2013.
Heureusement qu'il existe de îlots d'espoir venant de citoyens responsables et éveillés, comme cette résistance fraternelle qui se déroule à Notre Dame des Landes. L'amitié, la solidarité et la paix comme moyens de résistance au bétonnage, au gâchis et aux avions que préfère Ayrault. NDDL nous adresse un beau message de vie conforté par une première victoire juridique : Aucune expulsion ne devrait avoir lieu à Notre-Dame-des-Landes pendant au moins deux ans et demi. Telle semble être la conséquence de 5 arrêts de la Cour de cassation, rendus le 29 janvier, qui mettent le dossier en attente jusqu’à la fin des autres recours.
De son coté Nicolas Hulot, le tout nouveau «envoyé spécial du chef de l’Etat pour la préservation de la planète», affirme, dans l’Express du 31 janvier que François Hollande serait «embarrassé». «Concernant la pertinence du projet, je ne suis pas certain que le président en soit convaincu, mais il ne peut pas désavouer son Premier ministre». Voilà qui n'arrange pas les affaires du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, fervent défenseur du projet mais qui nous met du baume au coeur.
Maintenant la lutte se poursuit !!!!!
Rien n'est gagné !!!!
mardi 29 janvier 2013
Prostitution : vers une nouvelle prohibition ?
Une réflexion pas très élégante et parfaitement suffisante d’une personne de la LDH m’oblige à revenir sur le sujet de la prostitution. Je crains de n’être, encore une fois, obligé de clarifier mon positionnement face à ce phénomène aussi vieux que l’humanité. Je vais être obligé de redire qu’il est bien évident que je suis contre et archi-contre tout esclavage sexuel … mais que je me méfie, aussi, des moralisateurs et autres vertueux qui cachent des part d’ombre souvent bien dégueulasse.
Quatre principes guident ma réflexion sur la prostitution :
- La lutte contre l’esclavage
- La liberté de faire ce que l’on veut avec son corps même si cela choque la morale
- Pas d’angélisme ni de manichéisme, la prostitution est polymorphe
- L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Ainsi, ce militant des droits de l’Homme - après avoir lu, sur mon blog, mon texte de décembre 2011, "La fin de la prostitution. Une bonne chose ?" - pensait n'y avoir trouvé que (je cite) "préjugés, stéréotypes, idées préconçues, clichés, lieux communs et poncifs". Ma première réaction fut de mépriser cette réflexion non argumentée, puis je me suis dis qu’il me fallait tenter d'être plus intelligent que cela et remettre mon travail sur le métier, dans toutes les limites de mes capacités intellectuelles.
Rappelons les faits afin que chacun puisse comprendre. Ce Monsieur soutient le projet de son épouse et députée PS qui souhaite lutter contre la prostitution en pénalisant les clients et moi je m'y oppose ouvertement, persuadé que c'est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette. Sur le principe de la lutte contre l’esclavage sexuel je ne peux qu’être d'accord, mais là où je ne le suis plus, c’est sur les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Ainsi j’avais envie de lui dire, ironiquement, qu’en prenant cette disposition il est sûr que nous allions, tout de suite, ôter toute envie et toute pulsion aux hommes qui vont voir les prostituées. Toujours moqueur, j’imaginais l’image d’un monde tout rose, tout beau où, grâce à cette nouvelle prohibition, nous aurions enfin construit une belle société de maris fidèles ou de sages branleurs. Nous pourrions enfin - les pires abjections cachées (pas disparues, juste cachées) - dire, à l'instar de Candide, que tout est bien dans le meilleur des mondes. Et c'est moi que l'on dit irréaliste !
"Un animal dénaturé"
Mais pourquoi, diable, ne parviendrait-on pas à éradiquer la prostitution ? Question légitime, non ? Pourquoi nous ne parviendrons jamais à supprimer la recherche de relations tarifées ? Basiquement parce que la sexualité humaine est un programme génétique issu de l'évolution, comme l'ont démontré les anthropologues : "Du fait de sa bipédie, Lucy avait certainement perdu les signes de l'œstrus (l’ovulation visible). On peut donc supposer qu'elle avait une sexualité permanente, à la différence des grands primates qui ont des périodes de rut (traces olfactives, vulve saillante...) induisant des combats entre mâles pour accéder à la femelle le jour même de l’ovulation. On sait aujourd'hui que la perte de l'œstrus conduit à une transformation profonde des rapports entre les sexes." Claudine Cohen - Paléontologue et historienne des sciences. Ainsi, puisqu'il ne pouvait plus savoir, visuellement, quand sa femelle était féconde, l'évolution a programmé le mâle humain pour être en permanence disponible à l'accouplement, induisant une recherche permanente de partenaires. Malgré notre modernité nous restons un primate avec les signes des société de grands singes : hiérarchisation entre mâles dominants et dominés dans un groupe d'hommes, l'homme bombe le torse devant une femme ou lance des objets, quand il se laisse aller à la colère, cela comme n'importe quel gorille etc ... Nul homme n'échappe à cette condition évolutive et pour s'en convaincre, observons combien et sans pour autant faire de nous des obsédés ou des détraqués sexuels, notre regard tombe très souvent, malgré nous, sur les seins ou sur les fesses féminines, caractères sexuels secondaire et mesdames regardez, avec honnêteté, la demande sexuelle de vos hommes. L'Homme est bel et bien cet animal dénaturé comme nous le dit Vercors. Aujourd'hui l'homme moderne - qu’il soit bien élevé, marié, président de la république, curé de campagne, ouvrier chez Renault ou père la morale - n’échappe donc pas à cette condition, mais il la contrôle et la maîtrise grâce à l’éducation et aux règles de savoir vivre (c’est la société qui civilise). "[...] Ce qui ne l'empêchait pas, comme son fils, d'être convaincu de la toute-puissance du sexe dans ce bas monde. Première leçon du métier de flic : le cul est partout, tout le temps. Sous le vernis de la culture, des discours, des religions, des uniformes, il y a la chair. Le besoin de toucher des mamelles, de plonger son dard dans fente humide et brûlante. Le reste, c'était de la littérature. [...]" J-C Grangé - Lontano - Roman - Pgs 52-53. Ainsi, à moins de castrer tous les hommes après qu'ils se soient reproduits ou bien de les mettre sous camisole chimique, il y aura toujours de la demande masculine ... car nous sommes programmés pour cela. C'est peut-être déplaisant pour ces dames, mais c'est une réalité physiologique que l'on ne peut ignorer. Mais tout le monde n’est pas égal devant la vie sexuelle en effet : Soit on a de la chance d’être avec quelqu’un qui nous aime et c’est possiblement Byzance, soit on est un tombeur et on multiplies les relations consenties (toujours protégées, of course). Soit on est seul parce que pas doué en drague, timide, handicapé, délaissé dans son couple … et alors, les expériences se résument à sa main droite ou gauche, seul ou devant un petit porno (qu’il faudra aussi interdire ?) ce qui, à la longue, peut-être assez triste et déprimant comme perspective de vie. Ainsi, si l’on ne souhaite pas voler sa relation sexuelle par un viol toujours immonde, reste l’achat de services sexuel. En fait, n’en déplaise aux féministes intégristes, sans compassion, ni compréhension, il n’y a pas 36 000 solutions pour avoir cette part de la vie qui est si impérieuse pour un homme car s'il n'existe pas, à priori, de droit à la sexualité (ce qui devrait pourtant faire débat), celle-ci est pourtant "universellement reconnue comme une dimension fondamentale de la personne humaine, nécessaire au plein développement de sa santé, de sa personnalité" Pascale Ribes (présidente de l’association CH(s)OSE). Ainsi dire, à ceux qui n’ont pas de partenaire, qu’ils n’ont qu’à s’en passer est tout juste une abomination !!!!
Une fausse bonne idée
En vérité je vous le dis, il ne faut pas se tromper, le politiquement correct ne supprimera pas le trafic humain, ainsi depuis les années 90, le tourisme sexuel frappe les pays de l'ancien bloc communiste : la Pologne, la République tchèque, les Pays baltes, la Bulgarie..., et plus encore l'Ukraine sont devenus des destinations renommées de tourisme sexuel. Or, la plupart de ces pays interdisent la prostitution. L’exemple de la Suède est également probant ... La prostitution n’a pas disparu ni diminué, elle s’est juste transformée et s’est adaptée en se cachant. La pénalisation des clients est une mauvaise idée ...
"[…] Après une hypothétique "loi Najat Vallaud-Belkacem", les tenants de l’interdiction pensent probablement que les hommes ne chercheront plus à coucher avec des femmes pour de l’argent. Ils seront « guéris » par cette mini révolution culturelle qui amènera l’Etat à pouvoir légitimement contrôler la nature des relations sexuelles entre les individus pour déterminer si, tenez vous bien, elles étaient tarifées ou pas ! Mais pour faire respecter la loi, il faudra un appareil de surveillance et de répression dont on peut déjà deviner la nature insupportable et menaçante : contrôle des communications téléphoniques et des connexions Internet des présumé(e)s prostitué(e)s et de leurs clients, surveillance des comptes bancaires, des hôtels, des locations, et même des déplacements suspects. Et puis, pourquoi pas, séances de rééducation pour sensibiliser les récalcitrants sur l’immoralité de leurs actes ... […]" Alain Cohen-Dumouchel
Si ce projet de flicage n'était pas une catastrophe humaine et sanitaire annoncée, cela me ferait marrer. Mais je ne rigole pas car ces gens sont sérieux. Pourtant véritablement "ce qui est choquant, ce qui n’est pas admissible sur le territoire d’une République comme la nôtre, ce n’est pas d’échanger une relation sexuelle contre de l’argent, c’est d’y être contraint et d’être abandonné face à cette contrainte." (Contribution thématique au congrès de Toulouse (2012) du Parti Socialiste)
Ne pas faire d’affichage
C'est pourquoi je suis pour que l'on travail à trouver un moyen, efficace et non d'affichage, pour faire cesser l'esclavage sexuel car il est facile d’être dans l’incantation mais il est plus dangereux de se frotter au milieu.
Je suis pour une méthode radicale et musclée d’éradication du trafic humain et contre des mesurettes qui ne feront plaisir qu’à ses promoteurs.
J’ai toujours été contre une république à deux vitesses, une école à deux vitesses, une justice à deux vitesses et donc, en cohérence avec cela, je ne souhaite pas que cette nouvelle prohibition n’engendre, une fois de plus, des différences de traitements dont on peut penser qu'elles auront lieu. Et ainsi j’ai des doutes sur la capacité et la volonté de l’état et de ses fonctionnaires ("Dans la police, il y a aussi des clients" Françoise Gil) à verbaliser ou mettre en examen de riches héritiers saoudiens, de riches hommes d’affaires ou de riches américains en goguette à Paris et qui seraient pris en présence d’Escort Girls (Cf : "Les Michetonneuses" – TF1 - 7 à 8 - 27-01-13). Non on ne touchera pas à ces clients là ! Ainsi et dans les faits, même si elle est votée, la proposition de loi PS, visant à pénaliser le client ne sera pas appliquée. Tout le monde le sait. Il s'agit plutôt de faire peser une réprobation morale plutôt que de réellement "pénaliser" le client. Il s'agit de donner une bonne conscience à la République.
Ainsi donc définitivement la lutte contre l'esclavage sexuel ne passera pas par la pénalisation des clients, mais par la chasse aux proxénètes et aux réseaux mafieux. Alors que l'on lutte, oui que l'on lutte mais lorsque l'on voit que l'Office central de répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), ne regroupe qu'une cinquantaine de policiers pour tout le territoire ( Françoise Gil, sociologue) et que la Brigade de répression du proxénétisme (BRP) n'a assurément pas assez de moyens on peut s'interroger sur la volonté politique de s'attaquer réellement aux réseaux.
Que l'on poursuive les vrais coupables ! Que l'on poursuive les vrais criminels que sont les proxos souvent associés aux trafics des drogues ! Que l'on combatte vraiment le crime afin que l'esclavage sexuel ne puisse plus être possible mais sans organiser le flicage des citoyens. Que l'on lutte oui, que l'on lutte, mais que, en parallèle, l’on garantisse, à chaque personne, la liberté de faire ce qu'elle veut de son corps.
Bruno BOMBLED
mardi 1 janvier 2013
Une bonne et heureuse année 2013 ... en pleine conscience
En cette nuit de la St Sylvestre je me pose la question de ce que je pourrai souhaiter aux miens, à mes amis, à mes collègues, à mes camarades, à ceux que j'aime et à ceux que je n'aime pas (ils ne sont pas nombreux), à ceux que je connais et à la multitude de gens qui vivent sur cette Terre et que je n'aurai jamais l'honneur de rencontrer. En cette nuit je me pose la question et rien ne vient car tout semble avoir été souhaité sans que cela n'ait jamais vraiment changé grand chose. Alors, faute d'imagination, on peut se souhaiter des choses banales et convenues (amour, santé, richesses), cela ne porte pas beaucoup à conséquence et cela n'engage personne à changer. Mais le vrai souhait ne serait-il pas celui qui engage, celui qui responsabilise, celui qui ouvre les yeux ? Et sur quoi faudrait-il ouvrir les yeux ? Je proposerai, une fois de plus, la précarité de notre humanité au moment où celle-ci est si persuadée de sa puissance et de son invulnérabilité. Cette humanité si persuadée de son pouvoir de domination qu'elle nie les défis qui sont aujourd'hui sous ses yeux. Cette humanité si persuadée de son emprise et de sa toute puissance sur la nature, qu'elle en ignore le dragon qui menace. Et pourtant. Et pourtant il faudrait bien que l'on ouvre les yeux. Oui il faudrait bien. Il faudrait pouvoir le faire sans être effrayé au point de ne plus pouvoir agir, tétanisé par l'ampleur du danger. Ainsi probablement le souhait, pour cette année 2013, serait peut-être que nous ouvrions enfin les yeux sur les défis qui s'ouvrent devant nous et qui, suivant ce que l'on en fera, engendreront la chute ou tous les possibles.
Mais de quels défis parle-t-on, me direz vous ? Le premier serait d'accepter que la crise économique n'est pas le problème et de la remettre à sa juste place, c'est à dire comme un mal structurel, révélateur de la frilosité et de la couardise des politiques et comme une muleta que ces derniers, dirigés par les financiers, agitent pour occulter les vrais danger qui menacent et qu'ils sont incapables d'affronter : D'un point de vue planétaire, changements climatiques, crise métallique, crise énergétique, pollutions des eaux, des sols et de l'air, perte de biodiversité, incapacité à faire de l'agriculture de proximité, expansion urbaine, destruction des sols et, d'un point de vue purement humain, surpopulation, capitalisme, libéralisme, égoïsmes, captation des richesses et fondamentalismes sont des défis bien plus périlleux qu'une "simple" crise économique qui perdure depuis près de 40 ans, qui arrange bien des puissants et qui musèle les peuples.
L'humanité a survécu à toutes les crises économiques qui ont émaillé son histoire, en revanche il n'est pas du tout sûr que nous puissions survivre, si nous n'anticipons pas, aux crises écologiques et géologiques qui sont là. Notre humanité est tellement persuadée de sa puissance qu'elle s'est dénaturée au point de croire qu'elle peut vivre déconnectée des équilibres naturels. Et pourtant ... et pourtant nous continuons à dépendre des fruits de la terre, de l'air maintenu dans une kilométrique couche atmosphérique, de l'eau que nous buvons ... nous ne sommes pas hors sol même si certains rêveraient de cela. Il n'est pas du tout sûr que nous puissions survivre, si nous n'anticipons pas, à toutes ces crises, toutes liées les unes aux autres, générées par notre humanité toujours plus prédatrice et qui dépassent nos capacités que nos voudrions à l'égale des dieux. Il n'est pas du tout sûr que nous puissions survivre, si nous n'anticipons pas, aux crises écologiques et géologiques qui sont là et qui exacerbent et exacerberont toujours plus les oppositions et les conflits entre les Hommes et entre les civilisations, car, véritablement, nos économies vont dans un mur terrible, portées par un déni incroyable de réalité ... celle de la fin de l'ère pétrolière. Seulement 1 % des gens croient à ce scénario car tout le monde plane dans le rêve nostalgique des Trente Glorieuses. Ainsi je pense que tous ces grands dirigeants, qui négligent les crises écologiques et géologiques qui sont là et qui n'agissent pas en conséquence, sont des criminels génocidaires et devront être condamnés pour crime contre l'humanité car c'est bien de risque d'exterminations d'enfants, de femmes et d'hommes dont il s'agit là ... à très court terme.
L'alerte est lancée depuis des années, à chacun, maintenant, "la découverte ou l'ignorance" ... de cela découlera une aube nouvelle ou un soleil vert.
Ainsi devant l'inévitable, qui s'ouvre devant nous, si rien n'est entrepris et devant l'urgence des changements radicaux qui devraient s'imposer, je crois que véritablement le souhait que l'on pourrait tous se souhaiter, pour cette année 2013, serait que l'on ouvre les yeux collectivement, sur tout cela, afin d'impulser un nouveau plan Marshall international pour préserver une humanité aussi belle qu'absurde. Pour cela, souhaitons que le vent du combattant de l'arc-en-ciel souffle en nous tous afin de nous permettre d'affronter ce qui s'ouvre devant nous.
Dans l'attente de la réalisation de ce rêve un peu naïf, je vous souhaite, à tous et à tous ceux que vous aimez, de passer une très belle et heureuse année 2013 en pleine conscience.
Bruno BOMBLED
dimanche 30 décembre 2012
L’art des grands projets inutiles
Les grands projets d’aménagement du territoire ne visent pas toujours à satisfaire des besoins. Pour vendre la construction d’une ligne de train à grande vitesse que peu de gens souhaitent utiliser ou celle d’un aéroport dans une région qui n’en nécessite pas, ingénieurs, promoteurs et maîtres d’ouvrage rivalisent d’habileté et de rhétorique. Justifier l’inutile est devenu une véritable culture dont on peut saisir les règles, les rites et les rythmes en lisant la conclusion d’un séminaire — fictif — sur le sujet.
Vous, bâtisseurs de cathédrales du nouveau millénaire, poursuivez un dessein plein d’esprit et de noblesse. Mais la population ne comprend pas toujours le sens de vos rêves. « Votre projet ne sert à rien ! », vous oppose-t-on parfois. Comment, dans ces conditions, faire fructifier vos ambitions ?
Les intervenants que nous venons d’entendre ont su nous faire partager leur inestimable expérience, et je vais tenter de dégager les axes stratégiques forts qui vous aideront à y parvenir.
Commençons par les transports. C’est un réconfort pour le bâtisseur contemporain que d’observer une campagne traversée comme l’éclair par des trains perchés sur leur digue de ballast. La course à la mobilité est synonyme de réussite. Nos sociétés vivent à la vitesse d’Internet. L’économie est un écheveau de flux tendus. L’homme doit s’y soumettre, et ce secteur offre un large éventail d’opportunités.
Pour séduire vos interlocuteurs, la démesure sera votre premier atout. Incitez vos ingénieurs à ébaucher des plans pharaoniques : percer cinquante kilomètres de tunnel sous les Alpes pour le tracé du train à grande vitesse (TGV) Lyon-Turin, mettre en valeur des milliers de mètres carrés de bocage pour implanter un aéroport dans la région nantaise, creuser sous la ville de Barcelone… L’exploit technologique, nourrissant l’orgueil national, occultera les désagréments pour les autochtones.
Sachez tirer parti de la concurrence entre métropoles : elle favorise le gigantisme et sert vos projets. Labourez le terrain politique en flattant la mégalomanie des grands élus qui rêvent tous d’une tour Eiffel dans leur cité. Une fois que vous aurez gagné leur confiance, ils sauront faire pression sur la cohorte des élus plus modestes, dont les finances seront ponctionnées même si les retombées pour leur territoire n’existent que sur le papier. Afin qu’aucune objection ne s’élève, votre pari sur l’avenir devra être pourvoyeur d’emplois. Le chantier terminé, si l’on vous fait remarquer que les promesses ne sont pas tenues, il sera toujours temps d’échafauder des analyses vous dédouanant : la crise, la crise ! Jouez de vos accointances gouvernementales pour obtenir un label d’intérêt général : ce dispositif administratif procure un véritable passe-droit.
Entourez-vous de bureaux d’études maîtrisant l’art de sophistiquer les dossiers jusqu’à les rendre indéchiffrables. Quand le fait le plus anodin se présente de manière abstraite, les curieux se découragent. La science étant l’apanage des scientifiques, seul un polytechnicien sera en mesure de compter les trains d’une ligne L durant un temps t. Pour se forger un avis, les élus s’en tiendront aux conclusions de vos études sérieuses, véridiques et bien intentionnées. Inutile, en revanche, de déployer trop de subtilité pour approcher la presse régionale : c’est un allié toujours fiable, et la générosité de votre régie publicitaire sera perçue par ce secteur sinistré comme un geste en faveur de la liberté de la presse.
Lorsque vous vous estimez en mesure d’œuvrer en harmonie avec les élus et les médias, présentez le plan de financement. Le secteur français de la grande vitesse fonctionne selon un schéma avisé. Réseau ferré de France (RFF) cumule des dizaines de milliards d’euros de dettes. Plusieurs lignes à grande vitesse (LGV) sont déficitaires, et le réseau secondaire se détériore. Pourtant, il faut se féliciter qu’une élite mobile bénéficie des TGV. Même si l’Espagne, numéro un européen en la matière, se trouve en pleine tempête financière, l’audace commande de persister dans la construction de deux mille kilomètres de voies nouvelles, pour un budget moyen de 20 millions d’euros le kilomètre.
Pour financer ces projets à la viabilité économique plus que douteuse, il est capital d’emprunter la voie des partenariats public-privé. En obtenant la construction, la maintenance, la gestion et l’exploitation d’une infrastructure, votre maîtrise sera totale, et les collectivités publiques vous seront pieds et poings liés. Vos experts expliqueront que vos bénéfices reflètent votre patriotisme, et le fardeau des pertes publiques sera dépeint comme un moindre mal au regard des emplois — hum ! — créés.
Au vu de l’ampleur des déficits budgétaires actuels, l’enveloppe présentée (qui explosera par la suite) pourra sembler exorbitante à vos commanditaires. Afin qu’ils fassent avaler aux contribuables des pilules de plusieurs milliards d’euros, fournissez-leur des chiffres propres à enivrer les plus sceptiques. Certaines données sont à minimiser, d’autres à amplifier. C’est en spéculant sur des besoins futurs que vous hypnotiserez vos concitoyens. Multipliez les tonnes de fret de marchandises et les passagers par millions, sans hésiter à flirter avec l’absurde. Seul un avenir où vous aurez gagné pourra vous donner tort.
Si le domaine du transport ferroviaire réserve de juteux contrats, ne négligez pas l’aérien, à l’exemple du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes. Nantes est certes pourvue d’un aéroport sous-exploité, et la région, en cul-de-sac, en accueille déjà douze. Mais c’est oublier que l’époque est à la virtualité. Car enfin, il n’est nul besoin de besoins pour faire prospérer une idée !
Evoluer avec son époque a un coût. Il est bien sûr regrettable d’ensevelir des hectares de biodiversité sous des bijoux de technologie, mais ces sacrifices sont indispensables. Avec une législation de plus en plus contraignante, vos infrastructures doivent offrir des garanties d’insertion écologique et paysagère. Il existe de nombreux artifices pour enduire acier et béton du vert HQE (haute qualité environnementale) : un musée sur l’agriculture locale, des panneaux solaires, un toit végétal…
Il vous faudra, sur ce dossier, conserver un moral à toute épreuve. Car, malgré tous vos engagements, les écologistes aboieront. Ils seront rejoints par une foule d’esprits influençables, dont l’approche naïve peut dresser un obstacle imprévu. Un retraité dans la force de l’âge se révèle parfois un adversaire opiniâtre, qui va décortiquer vos plans de manière obsessionnelle. On le déplore au Pays basque, autour du projet de LGV vers l’Espagne : un argumentaire enflammé, livré par deux trublions, est relayé par les réseaux alternatifs. Misez sur votre service de communication pour leur barrer l’accès aux médias de grande envergure. Évitez que la contestation ne s’étende, ne devienne emblématique ou gagne les tribunaux administratifs, au risque d’un gel des chantiers.
Une bataille de chiffres ne peut opposer que des adversaires de même catégorie. Face aux arguments amateurs, invoquez la rigueur technocratique de vos spécialistes. Avec l’ardeur des pionniers, brandissez l’intérêt national, voire international, face à la vision passéiste de vos contradicteurs. Revendiquez votre participation sincère et transparente aux concertations publiques. Compte tenu de vos soutiens politiques et médiatiques, le dialogue, mené selon les méthodes adéquates, ne devrait pas vous inquiéter.
La contre-offensive doit être graduée. Vous devrez peut-être piloter une campagne de dénigrement par voie de presse. Si vous n’étouffez pas la révolte dans l’œuf, votre lobbying devra œuvrer à la criminalisation de l’opposition à votre ouvrage. A la légitimité revendiquée par les protestataires, répondez par la légalité institutionnelle et le recours à la force publique. Et si on vous accule au bras de fer, montrez votre détermination ; vous aussi avez le droit de vous exprimer ! Au nom de l’intérêt général, assignez, inondez les protestations sous des nuages de gaz lacrymogène, distribuez les amendes par milliers et faites éventuellement interpeller à tour de bras, comme en Allemagne pour la nouvelle gare de Stuttgart. La bataille peut aussi se gagner manu militari, comme nous l’enseigne l’expérience contre le maquis radical des « No TAV » du val de Suze, en Italie. Si la tournure des évènements l’impose, la possibilité de décréter un chantier « zone militaire d’intérêt stratégique » n’est pas à écarter.
Certes, planifier un grand marché public s’avère de plus en plus laborieux ; mais le jeu en vaut la chandelle. Les concessions accordées par les autorités s’étalent de nos jours sur plus d’un demi-siècle. Pour votre entreprise et vos actionnaires, c’est la promesse de décennies de prospérité. D’autant que l’éventail des pyramides du futur ne cesse de s’élargir : groupes hospitaliers, centres commerciaux, quartiers d’affaires, infrastructures sportives, tours ... Pour paraphraser George Orwell, dont l’un des personnages déclarait : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force », je n’hésiterai pas à l’affirmer : l’inutile, c’est rentable !
monde-diplomatique.fr
jeudi 27 décembre 2012
Notre Dame des Luttes !
Voici le documentaire de 52 minutes de Jean-François Castell qui a mis en ligne, en un acte de solidarité, l'intégralité de son travail consacré à la lutte des opposants à Notre Dame des Landes .
Ce no comment laisse volontairement la parole aux opposants, ceux de la première heure comme l'agriculteur Michel Tarin et ceux arrivés plus récemment sur le site pour lutter contre le projet d'aéroport du Grand Ouest.Tous les Zadistes expriment ainsi une solidarité, une expérience de vie et de lutte en commun loin de l'image que le gouvernement et les élus locaux souhaiteraient que nous croyons, loin de cette image de terroristes.
Cette résistance est une résistance réfléchie, argumentée, légitime et salutaire.
Ce documentaire montre bien que si nous gagnons - et nous gagnerons - ce sera grâce à toutes les mobilisations qu'elles soient sur le terrain, dans les champs, les rues, les réseaux sociaux ou bien encore auprès des politiques. Ce grand mouvement, qui ne faibli pas, même si les médias n'en parlent plus, se nourrit de tous.
J'en suis, ils en sont, vous en êtes, nous en sommes tous et tous ensemble !!!
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de Hervé Kempf
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