"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

jeudi 22 juin 2023

Le Titan ou l'allégorie de l'arrogance

 

Cette recherche de sous-marin en perdition autour de l'épave du Titanic mise en parallèle avec le dernier naufrage meurtrier en Méditerranée, met en lumière l'inégalité écœurante des vies que vous soyez puissant.e ou misérable. 

Que l'on ne se méprenne pas, je souhaite ardemment que l'on retrouve vivants les cinq passagers du sous-marin. Aussi stupides soient ces gens riches qui se croient tout permis parce qu'ils en ont les moyens, personne ne mérite de mourir au fond de l'océan. 

Mourir en mer c'est, pour moi qui suis un gens de mer, un cauchemar. 

Ceci étant dit, c'est une fois de plus la démonstration que la vie humaine n'a pas la même valeur suivant que tu sois riche ou pauvre. Si tu es riche on déploiera des moyens fous pour te venir en aide en revanche, si tu es pauvre et réfugié.e sur une misérable épave flottante, on souhaitera presque que tu ne coules avec tes compagnons d'infortune. 

Il y a clairement deux poids, deux mesures. 

C'est une triste allégorie de notre monde. 

Le Titan ou l'allégorie de l'effondrement. 

Ces stupides gens riches qui sont en perdition dans le sous-marin au dessus du Titanic et qui s'arrogent le droit de le faire parce qu'ils peuvent le faire, parce qu'ils ont les moyens de le faire, c'est une image de notre monde de gens riches, dont nous sommes. 

Nous sommes toutes et tous dans le sous-marin dans les abysses des crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité. 

Nous sommes dans ce sous-marin, jouissant de la possibilité de naviguer en eaux profondes sans en saisir le danger, jouant même avec le danger. 

Nous sommes stupides de poursuivre la descente alors qu'en surface, si nous cessons l'expérience, notre survie est assurée. 

Et pourtant nous continuons la descente. 

Pire !!! Nous, gens riches, à refuser de renoncer à la jouissance de la toute puissance, nous entraînons, dans le sous-marin le reste de l'humanité et les générations futures. 

Nous sommes ces stupides gens riches dans ce sous-marin en perdition et nous attendons que le monde entier, à notre service parce que nous sommes riches, vienne nous sauver. Nous sommes ces stupides gens riches dans ce sous-marin en perdition, mais personne ne pourra nous sauver malgré la technologie déployée. 

Le Titan ou l'allégorie de l'arrogance


 

dimanche 11 juin 2023

Paris-Saclay, Ligne 18 un obstacle écologique et agricole

 

ZPNAF. Le plateau de Saclay constitue une zone à vocation agricole au sud de Paris et bénéficie, de part sa configuration géologique et géographique, de terres exceptionnellement fertiles et tolérantes à la sécheresse. En 2008-2010, la conjonction de l’Opération d’Intérêt National Paris-Saclay et du projet du Grand Paris annoncent une forte urbanisation du Plateau de Saclay. Les mobilisations de la société civile et d’élus locaux aboutissent à la création d’une zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) à Paris-Saclay dans le cadre de la Loi du Grand Paris. Cette zone (4115 ha) rend non urbanisables les espaces naturels et agricoles qui la composent. 

 https://epa-paris-saclay.fr/le-territoire/tout-savoir-sur-la-zpnaf/ 

Ligne 18. L’utilité publique de la ligne 18 a été confirmée par le conseil d’État en juin 2018. La ligne 18 relie Orly à Versailles et comporte initialement une section souterraine (Orly-Palaiseau) et une section aérienne en viaduc (Palaiseau-Versailles). En novembre 2020, la Société du Grand Paris (SGP) a décidé de « mettre au sol » une section de 5.1 km entre Saclay et Châteaufort, pour des raisons «à la fois paysagères et budgétaires». Ces 5km au sol coupent en deux la zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF). Une étude d’impact est réalisée par la SGP (SGP juin 2021, mars 2022). Les mesures de réduction des impacts consistent à mettre en place des zones de passages pour la faune pour préserver les continuités écologiques et un tunnel pour la traversée de la Ligne 18 par des engins agricoles. 

Zaclay. Le collectif contre la Ligne 18 (https://nonalaligne18.fr/) s’installe le 22 mai 2021 sur des champs agricoles du Plateau de Saclay, prêtés par des agriculteurs du plateau. Le collectif défend, entre autre, l’abandon du tronçon Massy-Versailles de la Ligne 18 : un transport inadapté aux besoins de la population et surdimensionné. Cette revendication est confirmée (au moins sur la partie Saclay-Versailles) par la publication récente, par la SGP, des prévisions de trafic de voyageurs. La soutenabilité financière du tronçon Saclay-Versailles est questionnée par de nombreuses associations. 

Une proposition alternative au tronçon au sol. Une enquête publique est ouverte du 28 juin au 30 juillet 2021, concernant, notamment, la modification du projet Ligne 18 avec le passage au sol de la Ligne 18 sur le tronçon Saclay-Châteaufort. Le 12 octobre 2021, la commission d’enquête publique remet son rapport. Elle souligne les impacts négatifs de ce passage au sol et propose une solution alternative dont voici un extrait : "Ainsi, il apparaît à la commission d’enquête judicieux d’apporter un correctif au projet modifié présenté en prolongeant en tranchée ouverte avec un passage en tranchée couverte sous la RD938. La ligne 18 pourrait être à la même profondeur entre la zone des Graviers et le rond-point de Châteaufort. " 

(https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/content/download/87795/564358/file/2021-10-12_Conclusions_L18DUPmodif2.pdf). 

Terre & Cité. L’association Terre & Cité (créée dès 2001 pour préserver les terres agricoles du plateau de Saclay, https://terreetcite.org/) et sa présidente Caroline Doucerain (maire des Loges en Josas) tentent de négocier avec la SGP et la préfecture de l’Essonne pour défendre la solution de la tranchée ouverte. La préservation des fonctionnalités agricoles de la ZPNAF inclue la facilitation des circulations agricoles, qui sont menacées par le passage au sol de la Ligne 18. Les plans fournis à l’association par la SGP concernant le passage des engins agricoles sous la Ligne 18 ne sont pas convaincants. De façon générale, chaque nouvel élément d’urbanisation du plateau de Saclay réduit la facilité des circulations agricoles. Une lettre ouverte est adressée par les agriculteurs et les élus locaux du plateau à la Première Ministre le 1er décembre 2022. 

Continuités écologiques. Le 6 juin 2023, une étude menée par des scientifiques de l’Institut Diversité, Ecologie, Evolution du Vivant (IDEEV) sous la direction de Paul Leadley montre que le passage au sol de la Ligne 18 sur le tronçon Saclay-Châteaufort menace les continuités écologiques du plateau. Elle est disponible sur le lien : 

https://moulon.inrae.fr/news/2023/06/continuit%C3%A9s-%C3%A9cologiques-du-plateau-de-saclay/ 

Conclusions. Les agriculteurs du plateau, les élus, des collectifs citoyens et des scientifiques de l’IDEEV s’accordent pour s’inquiéter des impacts négatifs du passage au sol de la ligne 18 sur le tronçon Saclay-Châteaufort. Le rapport de Paul Leadley pose un regard nouveau sur la question des continuités écologiques. Les négociations entre l’association Terre & Cité et la SGP, qui ne prend pas en compte les recommandations de la commission d’enquête publique pour des questions budgétaires, sont plus que difficiles. Quel est le prix de la préservation de la biodiversité sur le Plateau de Saclay ? 

Par Christine Dillmann, professeure à l’Université Paris-Saclay et dirige l’UMR GQE-Le Moulon, membre fondateur de l’Institut Diversité, Ecologie, Evolution du Vivant (IDEEV). Elle est depuis janvier 2019 responsable du domaine agricole expérimental de l’unité de recherche. A ce titre, elle fait partie du collège agriculteurs de l’association Terre & Cité.

dimanche 2 avril 2023

Sainte-Soline, témoignage de Mathieu Eisinger

Je suis traumatisé. 

Pas la peine d’euphémiser, de tourner autour du pot. 

Je suis traumatisé. 

Par ces deux heures. Était-ce une ? Trois ? Je ne sais pas. 

Le temps s’est fracturé, disloqué, étendu, rétréci. 

Impossible de savoir. 

Pendant tout ce temps où j’étais à Sainte-Soline, j’étais en enfer. 

Un enfer champêtre, entouré d’ami·es, en ayant marché dans la joie, accompagné de drapeaux au vent, de chants d’oiseaux, d‘un timide soleil et de gâteaux à la fleur d’oranger distribués ça et là, à qui en avait envie. Et puis le sol s’est dérobé sous mes pieds. 

Quelqu’un a brutalement changé la bande-son, a poussé le volume à 150db, les bouchons d’oreille que je mettrais plus tard, trop tard, n’y changeront que peu de choses. D’ailleurs merci mille fois à la personne qui a sorti un sac de 20 bouchons et les a distribués aux affamés de silence que nous étions. Je ne te connais pas mais je t’aime. 

Combien d’explosions ai-je entendu 100, 1000 ? plus encore ? De toute façon c’était trop, beaucoup trop. 

Et des lacrymos encore. Partout. De manière aléatoire, disproportionnée et soudaine. 

A l’héroïsme de la lutte du début, à l’affrontement presqu’enfantin de nos oiseaux de bois et de nos pancartes succède une pluie de lacrymogène partout. 

Une nuée de quads vole et attaque le cortège à ma droite. À mon extrême droite ? 

Je vois une chaîne humaine se former pour entourer le talus de terre que je devine être cette méga-bassines encore vide. 

Et cette chaîne mange des lacrymos. Encore et encore. 

Au milieu de ce tumulte, je me sens en danger psychique, je prends le large, je me recule mais là c’est pire. 

Les grenades assourdissantes vont plus loin que les lacrymos. Une d’elle explose à 5m de moi, j’ai le temps de voir la petite lumière rouge qui vibre et boum. L’onde du bruit me percute au thorax, souffle coupé. Je suis sonné debout. Mais où suis-je ? Qu’ai-je donc fait ? 

N’y-a-t-il aucun endroit où je suis en sécurité ? La foule crie pour soutenir les camarades qui partent au combat. 

Je hurle. No Bassaran ! No bassaran ! Je sors la rage qui est en moi. No Bassaran ! No bassaran ! 

Ce caillou qui est à mes pieds, vais-je le lancer ? Tout mon corps crie oui ! Je résiste. Je refuse. Je regrette aujourd’hui. 

Et ça pète. Ça pète sans cesse. Devant, derrière, à gauche, à droite. Des « attention ! » ponctuent chaque minute mais attention où ? En haut ? Il n’y a rien à faire. 

Des « Medic, Medic ! » fusent de plus en plus. 

Des mains se lèvent pour montrer la source de la demande d’un·e Medic. 

Mais quand est-ce que cela va finir ? Jamais ? Heureusement le vent nous aide. Notre agilité collective aussi. Dès qu’une lacrymo tombe nous sommes 8 à venir l’enterrer sous des mottes de terre que nous avons préparées mais contre les grenades de désencerclement ? Contre les grenades assourdissantes ? 

Nous sommes nu·es… Rien à faire. Rien. Nous ne sommes pas des guerriers. La puissance militaire est de leur coté. 

Combat perdu d’avance. Ridicule de nos parapluies contre leurs explosifs. Va-t-il y avoir des morts ? Combien ? 

Et médiatiquement… je sais que nous perdrons. 

Ha qu’il va bien leur servir ce camion qui brûle à cause d’un molotov de chez nous. Oui il y avait des molotov. Défense du pauvre j’ai envie de dire. 

Vous pourrez l’ouvrir votre JT avec cette image du camion CRS « en proie aux flammes » comme vous direz. Toute pensée de ce qui se joue ici s’arrêtera là. « Inacceptable » sera la couverture du Parisien du dimanche. Honte à vous, journaliste de l’ordre. 

Et ça pète encore. Et encore. Medic ! Medic ! Cela doit cesser. 

Nous ne faisons pas le poids. Tant pis. Préservons-nous. Il n’y a pas de mal à reconnaître la supériorité de force de l’ennemi. 

Qu’il garde la vacuité de son combat. 

Le ridicule de la situation. 

Ces 3000 robocops grotesques qui défendent un trou. Un immense trou que leur bêtise ne pourrait remplir tellement il est grand et pourtant… Ce sont des lâches, des faibles. Ils ne savent que taper. 

Et ça pète. Ça pète. 

Et puis ça s’arrête. 

Silence. 

Je suis devenu sourd ? Non, ça marche. Des cris. Des gens boitent. 

De la musique sur une remorque tirée à bout de bras arrive. Irréel. 

Ai-je rêvé cet enfer ? 

Petit à petit tout le monde s’affale, s’étend. 

On dort. On danse. On respire. 

On se retrouve. 

Donnez-moi des bras. 

Dans lesquels m’enfouir, m’enfuir, m’évanouir, disparaître. 

Des pétards d’artifices explosent. 

Mais n’en avez vous pas eu assez ?? 

Premier sursaut post-assaut. 

Je comprends instantanément que ce bruit s’est imprégné en moi. 

Profondément. 

Je marche sans réfléchir. 

Je suis le flot. 

I am the flow 

Mes yeux tombent sur deux compresses imbibées de sang. 

Tâche rouge sur la terre marron. 

La terre a bu du sang. 

La terre a bu du sang parce que des puissants s’accaparent l’eau. 

La terre a bu du sang parce que l’État protège les puissants. 

La terre a bu du sang parce que la propriété privé est plus forte que le bien commun. 

Ce qui se passe ici est essentiel. 

L’eau c’est la vie. 

La vie n’appartient à personne. 

Et surtout pas aux jeteurs de grenades ni à leur chef. 

La terre a bu du sang. 

Pourquoi ? Pourquoi tout ça ? Tout ça pour ça ? Quelle absurdité. 

Nous rentrons abattus. 

Je traverse la soirée comme un zombie. 

Envie d’être là. Envie d’être ailleurs. 

Le dimanche se passe. 

Je suis brassé mais rien de précis. 

Ça monte. 

Une chorale chante « à bas l’État policier » Nous reprenons à 300 voix. 

Je pleure. Ça monte. 

Le lundi, je me retrouve en salle de montage devant des images de la lutte de samedi. 

La bande son. 

Cette bande son me saute au visage. 

Je ne vais pas pouvoir regarder ça longtemps. 

J’écourte ma journée. 

Mardi manif. J’arrive place de la République. 

Un pétard explose. 

Je suis pétrifié. 

Panique-attaque. 

Je ne peux pas vraiment bougé. 

Heureusement je ne suis pas seul. 

-Ça va ? 

-Heu pas trop en fait. 

Des frissons montent le long de mes jambes. 

Je pleure. 

Je respire pour me calmer. 

Je redescend. 

Je pars dans le cortège. 

Re pétard. 

Puis un autre, celui de trop, à cinq mètres de moi. 

Je n’en peux plus. 

Je dois partir. 

J’ai du mal à marcher. 

Je remonte le cortège pour récupérer mon vélo laissé place de la République.

 C’est la République qui m’a gazé ? 

C’est la République qui m’a fait ça ? 

Je croise 40 CRS. 

Je me glace. 

Je suffoque.

Je marche mais je suis paralysé.

Je bouge mais je meurs. 

Je suis traumatisé. 

Pas la peine d’euphémiser, de tourner autour du pot. 

Je suis traumatisé.

lundi 27 mars 2023

Non à la réforme des retraites !!!!


« Penser les retraites du monde à venir, c’est penser un équilibre vivable pour toutes et tous, un projet qui permette à toutes les générations de bien vivre et de ne pas transmettre en héritage à nos enfants la dette sociale comme on reporte aujourd’hui la dette écologique. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de repos, la planète aussi ! » Nous dit, très justement, EELV 

 « Cette réforme des retraites n’a aucune légitimité, ni populaire, ni parlementaire. Emmanuel Macron refuse d’entendre le mouvement social massif et exemplaire, les manifestations d’une ampleur inédite, sans équivalent depuis plus de 50 ans, les millions de personnes qui continuent à se mettre en grève, en sacrifiant plusieurs jours de salaire. 

Depuis des semaines, nous dénonçons et luttons contre cette réforme injuste, inégalitaire et qui risque d’enfermer toute une partie de la population dans une précarité inextricable. Depuis des semaines, le gouvernement nous oppose brutalité et passages en force. 

Ce passage en force augmente encore notre détermination à continuer le combat et à défendre un autre modèle de système de retraites, plus juste, plus équitable et avec l’objectif commun de la retraite à 60 ans. » Poursuit, avec raison, la NUPES. 

Face à nos mobilisations monstres, le Président Macron s’est exprimé Mercredi 22 mars dans une interview totalement lunaire et, selon lui, ce que nous aurions réclamé, lors des manifs, ce serait de mettre au boulot les pauvres qui profitent, lâchement, du système sans rien faire de leurs journées, pendant que les travailleurs et travailleuses triment … et bien sûr, pas un mot sur ses copains les riches. Lunaire on vous dit.

Bien sûr le problème ne viendrait pas du système inégalitaire dont il s’est arrogé le rôle de gardien. Bien évidemment le problème ne viendrait pas des cadeaux fait aux riches et aux puissants où, ce qu’ils perdent, ce sont les françaises et le français qui le remboursent et ce qu’ils gagnent, ce sont les français et les françaises qui le perdent. Tel Don Salluste dans « La folie des grandeurs » de Gérard Oury, Macron nous dit, en substance, que « les pauvres c’est fait pour être très pauvre et les riches pour être très riche ». Le gouvernement verse 216 milliards d’euros sous forme de cadeaux aux riches et aux puissants (refus de lutter contre la fraude fiscale, augmentation de la fortune des milliardaires sans redistribution, suppression de l’ISF, baisse des impôts de production et des bénéfices des entreprises, refus de taxer les super-profits, acceptation que Total ne paye aucun impôt en France, etc…) mais il est incapable de trouver 12 milliards d’euros par ans pour compléter les 345 milliards du budget des retraites. Est-on sûr que l’on a cherché partout ? Non, le faux problème du financement des retraites n’est pas un problème d’allongement de l’espérance de vie, ni de démographie, c’est juste un problème de choix politiques capitalistes où les humains et l’environnement ne sont que des variables d’ajustements. C'est tellement facile, pour les capitalistes et les libéraux, après avoir organisé la faillite de l'Etat, aux profits des entreprises privées et du capital, de réclamer, ensuite, aux salarié.e.s de payer les pots cassés, sous le faux et fétide prétexte que "c'est ça ou la banqueroute", alors que ce n'est juste qu'une question de choix politiques. C'est tellement facile. C'est tellement immoral. 

Mercredi 22 mars, nous avons eu le droit à un président à la logorrhée directement sortie de la droite de Thénardiers, où se mêle mépris, irresponsabilité des français.e.s, valeur travail, ordre et sécurité ... Un président complètement agaçant. Un président totalement hors sol. 

Plus personne ne peut dire, qu'en politique, les choses ne sont pas claires : La droite travaille pour les riches et les puissants, la Nupes travaille pour les vrais gens avec le seul projet social et écologique. Tout ne se vaut pas, Macron l'a démontré ! Mais tout de même je ne peux m’empêcher de penser que si les français.e.s avaient massivement voté et surtout massivement voté pour la NUPES, aux dernières législatives, on n'en serait pas là, on ne serait pas obligé de faire grève, ni de défiler dans la rue, ni de bloquer le pays. C’était aux dernières législatives qu’il fallait bloquer Le Président. Les français.e.s, aux dernières législatives, ont voté pour donner une majorité au Président Macron ou se sont abstenu mais, quand on s'abstient, on vote pour le ou la gagnant.e, .... la majorité des votant.e.s a donc préféré une droite de Thénardiers à une Nupes émancipatrice. Les français.e.s ont préféré le joug, la sueur et la peine à la vie, à la justice sociale, à l'équité. Que d'énergies perdues. Que de temps perdu. Que d‘opportunités perdues ! 

Mercredi 22 mars, nous avons eu le droit à un Président aux faux airs de père de la Nation alors que nous avons un Président qui martyrise ses compatriotes. Un Président qui gaz, qui humilie, qui éborgne et mutile des pères et mères de familles qui sont loin d’être des casseurs et des casseuses. Macron gaz et martyrise les jeunes qui sont l’avenir de notre Nation. Il gaz et martyrise les travailleurs et travailleuses qui sont l’énergie de cette Nation. Les écologistes expriment leur indignation face à la multiplication des témoignages de violences policières et aux stratégies d’intimidation des manifestant·es. Nous dénonçons également un schéma national de maintien de l’ordre aussi brutal qu’inefficace. Les écologistes réaffirment leur opposition à toute violence qu’elle soit dirigée vers les forces de l’ordre (que je préfèrerais revoir baptisée, « gardiens de la paix », leurs missions en seraient toute autres) ou qu’elle soit dirigée vers les citoyens et citoyennes. La Police et la Gendarmerie devraient être là pour nous protéger et non pour nous martyriser. 

Mercredi 22 mars nous avons eu le droit à un Président qui n’entend rien et reste, comme d’autres avant lui, droit dans ses bottes, campé dans ses certitudes, persuadé de la justesse de ses choix, seul contre toutes et tous. 

Et cela alors que nos arguments sont clairs : Nos vies ne sont pas destinées à être enchainées au travail, à user notre patience dans les embouteillages, à respirer les gaz d’échappements et à mourir le plus vite possible quand nous ne serions plus productifs et productives. La vie c’est aussi les week-ends, les vacances, les RTT et la retraite. La vie c’est pouvoir visiter la France et découvrir ses trésors, marcher dans la nature, se baigner dans la mer, vivre en famille en bonne santé, se cultiver… VIVRE en somme ! Souvenons-nous pourtant qu’actuellement 2/3 des plus de 60 ans sont au chômage et les plus de 55 ans sont ceux et celles qui ont le plus de mal à retrouver un emploi, les entreprises ne voulant pas embaucher les seniors. Dès lors quel sens cela a-t-il de repousser l'âge de départ à la retraite ? « A 62 ans 25 % des plus pauvres sont déjà morts, contre 5% des plus riches. La retraite à 64 ans c’est achever les classes populaires pour financer les retraites des plus riches » nous dit très justement Karima Delli, eurodéputée EELV. 

« Le rapport du COR ne nous prédit pas un monde invivable en 2050, le rapport du GIEC, si !!! Travailler plus, c'est produire plus, c'est extraire plus, c'est polluer plus. C'est pourquoi, avec la majorité de la population, nous, les écologistes, sommes opposés à cette réforme des retraites. Elle participe d'une logique qui épuise les humains et la planète en visant les objectifs insoutenables d'une croissance infinie dans un monde fini. » nous disent, dans une tribune publiée sur France-info le 5 mars, les principales associations environnementales et des personnalités, comme la militante Camille Etienne, qui appellent à manifester contre la réforme des retraites, qu'elles jugent préjudiciable pour la lutte contre le réchauffement climatique. 

Travailler plus, mais pour quoi faire ? Pour produire quoi ? Pour poursuivre le dogme de la croissance écocidaire ? Pour renforcer le productivisme climatocide ? pour bétonner ? pour épuiser la planète et les humains ? Je dis, haut et fort que je suis pour la transition écologique de la vie et cela passe par le droit de vivre sa retraite en bonne santé pendant de longues années. Je dis haut et fort que je suis opposé.e.s à la réforme des retraites du Président Macron et je réclame avec la majorité de Français.e.s purement et simplement sa suppression.

lundi 2 janvier 2023

A vous pour 2023, par Sonia Roisin


Voilà plus de trente ans que je vais à la rencontre des enfants des écoles de la République avec instruments, chansons, musiques de toutes époques et tous styles…. Cela avec beaucoup d’enthousiasme partagé… 

Plus de 30 ans que j’observe les mutations de notre société à travers leurs réactions, leurs questionnements, leur créativité. Et ce que cela révèle de leur rapport aux adultes et au monde. 

Une réflexion s’impose de manière toujours plus prégnante : l’école fait face à des bouleversements profonds dont elle ne peut seule assumer tous les défis, y compris celui de la transmission. 

Nous avons basculé dans l’ère du numérique, et il est urgent d’ « enseigner à vivre » selon Edgar Morin. 

Je fais partie de la dernière génération à ne pas être née avec les écrans et le tout numérique. 

Aussi, me semble-t-il important, pour les générations futures, de témoigner et de dire ce que le numérique a apporté de positif à nos vies, mais également tout ce qu’il a profondément modifié et parfois altéré. 

Oui Internet, nous a ouvert un champ de connaissances et d’explorations quasiment infini, et les enfants sont bien plus éveillés que notre génération dans bien des domaines quand ils sont bien accompagnés dans leurs navigations sur la toile. Il est fascinant d’avoir toutes ces informations à portée de clic, d’être connectés les un.es aux autres d’un bout à l’autre de la planète. 

Mais, les réseaux sociaux nous ont aussi isolés tout en nous donnant l’illusion de communauté. Ils ont séparé les générations, chacun vit désormais dans son univers virtuel. 

 Le temps de transmission culturelle inter générationnel s’est nettement réduit, les enfants sont de plus en plus tôt face à leurs écrans casques vissés sur les oreilles. Ils n’écoutent plus la musique de leurs parents, qui inversement sont de plus en plus déconnectés de l’univers culturel et virtuel de leurs enfants. 

A l’heure où nous devrions prendre le virage de la sobriété, internet a boosté notre consommation toujours plus rapidement assouvie, nous donnant l’illusion que tout est accessible et en quantité infinie. Renforçant nos instincts de prédation et nos pulsions au détriment de notre capacité à penser le temps long, celui de la sobriété. 

Les enfants sont l’avenir de l’humanité et pourtant notre société prend-elle la mesure de ce à quoi elle devrait être vigilante en termes de transmission ? 

La numérisation de leur univers a profondément modifié l’accès au monde des enfants. Comme je l’ai déjà dit, ils peuvent tout explorer sur la toile et découvrir de nombreux domaines passionnants. 

Mais les enfants, souvent seuls face aux écrans, sont aussi livrés sans filtres, ni accompagnement aux influenceurs et influenceuses de tout genre, aux Fake news, à la pornographie, la violence, au harcèlement, à l’addiction des jeux en ligne …Le tout numérique a également fait voler en éclat le droit à l’oubli et donc réduit leur espace de liberté… 

Le virtuel, les a extraits d’une immersion (réelle) dans la nature, ses odeurs, ses textures, ses reliefs, ses lumières, ses sons… A modifié leur rapport au vivant… 

Les enfants ne demandent qu’à explorer le monde. Prenons donc le temps de les ancrer aussi et surtout dans le réel. 

Oui, prenons le temps de les emmener dans nos belles forêts, faisons-leur partager les plaisirs simples de la vie, de ceux qui laissent une trace indélébile dans le corps et l’âme des futurs adultes qu’ils deviendront. 

Jouons avec eux sous la pluie, dans l’eau des rivières, de la mer, observons ensemble les étoiles, la nature, ressortons les jeux de société, allons au spectacle vivant, au concert, organisons des jeux de pistes dans nos quartiers, à la campagne, sortons dehors sentir l’odeur de la terre mouillée, faisons-leur écouter et reconnaitre le chant des oiseaux, préparons de bons petits plats avec eux, faisons-leur découvrir les goûts, les odeurs, chantons avec eux encore et encore... 

Apprenons l’observation, l’empathie, la solidarité loin des logiques d’accumulation, et d’individualisme. Cultivons le jardin de la paix, seule voie possible pour construire et préserver un monde vivable. Ne l’oublions jamais, la guerre détruit l’intelligence, la beauté et l’avenir. 

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre ! » Paul Valéry 

Transmettons aux enfants le pouvoir de vivre ! 

Belle année à vous ! 

Sonia ROISIN (Marcoussis)

dimanche 1 janvier 2023

Bonne et heureuse année 2023


En ce premier janvier mes pensées pacifistes vont à toutes les victimes de violences et de guerres.

N'étant pas superstitieux, je connais le côté vain des vœux mais ils racontent tout de même toute la bienveillance que l'on porte à nos proches et nos ami.e.s. Alors pourquoi s'en priver ? 

Aujourd'hui je pense aux iranien.ne.s et aux Ukrainien.ne.s et je leur souhaite que 2023 voit la fin de leur calvaire et que leur combat pour la liberté soit couronné de toutes les victoires espérées. 

À vous toutes et tous je vous souhaite une belle et heureuse année 2023 riche de tous les possibles. 

À nous tous et toutes je nous souhaite qu'enfin notre espèce découvre la sagesse afin que nous puissions réellement relever le défi de la durabilité. Ça urge !!!! 

Et en effet, la lutte pour l’environnement versus les dégradations de la planète est une course de vélo contre un TGV. Personne ne peut dire que nos idées n’infusent pas les groupes humains, mais à un rythme qui ne permet pas de contrebalancer les atteintes irréversibles que notre humanité inflige à son seul et unique vaisseau spatial. Tout prend trop de temps et du temps on en a de moins en moins. L’ADN des écologistes c’est d’être des lanceurs d’alertes et de ne pas relâcher la pression devant une opinion qui est plus encline à s’illusionner de bonnes petites nouvelles, au détriment des catastrophes annoncées, afin de se rassurer et poursuivre tranquillement notre fuite en avant. En matière d’écologie, l’opinion préférera, aux vérités qui dérangent, les mensonges qui rassurent. La maison brule et nous regardons ailleurs. Et pourtant, depuis plus de 50 ans nous alertons sur les défis climatiques, de biodiversité, énergétiques, écologiques et métalliques qui sont devant nous et qui conditionnent notre durabilité suivant les réponses collectives que nous apporterons ou non. Depuis plus de 50 ans nous alertons et l’histoire nous donne tristement raison. Il y a urgence dans la mobilisation générale. 

Mais en ce début d’année, fatigué de plus de 30 ans de militantisme, j’ai envie de voir le verre à moitié rempli afin de nous redonner un peu d’énergie positive pour poursuivre, demain, avec entrain et volonté, les luttes écologiques, sociales et solidaires. Pour ces vœux de nouvelle année, une fois n’est pas coutume, je vais m’efforcer de regarder ce qui a été encourageant en 2022 afin de se dire que 2023 pourra être encore mieux et montrer que c’est possible dès lors que la mobilisation est collective. Ainsi janvier 2022 a vu la loi « antigaspillage » entrer en vigueur et aura aussi marqué l’interdiction de nombreux plastiques à usage unique. De même le projet controversé d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion (Côtes-d’Armor) a été abandonné par la Compagnie armoricaine de navigation qui le portait. Le 1er février, le tribunal administratif de Paris a mis fin aux activités de la cellule Demeter censée lutter contre « l’agribashing » et qui servait à surveiller et entraver les associations écologistes. Toujours en février, l’Islande a annoncé qu’elle mettra fin à la pêche à la baleine à partir de 2024. Le 31 mars, le tribunal administratif de Besançon a annulé le permis de construire et l’autorisation environnementale accordés à Amazon pour un projet d’entrepôt de 76 000 mètres carrés prévu à Fontaine (Territoire de Belfort). En 2022 il s’est vendu plus de bicyclettes neuves que de voitures, motos et scooters réunis. Depuis septembre 2022 les menus végétariens sont devenus la norme dans les cantines de Grenoble (Isère). Fin juin, le gouvernement des Pays-Bas a annoncé son intention de limiter le trafic de l’aéroport Amsterdam-Schiphol. Le 17 août, le groupe Florian, industriel du bois, a abandonné son projet de méga-scierie à Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Le 5 septembre, l’installation du premier parc éolien en mer de France a été achevée au large de Saint-Nazaire. Loups, ours, baleines ou aigles démontrent que lorsqu’on la laisse prospérer, la faune sauvage parvient à faire son retour, comme le révèle un rapport de l’ONG European wildlife comeback paru le 26 septembre. Le 21 octobre, la France s’est retirée du Traité sur la charte de l’énergie (TCE), jugé incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris suivie par l’Union Européenne le 24 novembre. Le 25 octobre, le tribunal administratif de Grenoble (Isère) a suspendu le projet de construction d’une retenue collinaire visant à alimenter la station de ski de la Clusaz (Haute-Savoie). Le 2 décembre, la Commission européenne a validé la suppression, en France, de certaines lignes aériennes lorsqu’il existe une alternative en train de moins de 2h30. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le Parlement européen et les États membres se sont accordés pour interdire l’importation de plusieurs produits, comme le cacao, le café ou le soja, lorsqu’ils contribuent à la déforestation. Etc, etc, etc … Le site « Vert, le média » ressence 80 bonnes nouvelles dans son article « Bonnes nouvelles (ou presque) pour l’écologie en 2022 ». Merci à lui pour cet article qui fait du bien dans ce monde de brutes. 

De notre côté, aux Ulis, le chemin vers la résilience avance après 40 ans de déni municipal. Ainsi et entre autres, notre ville a été désignée « Ville engagée pour la biodiversité » par la Région Ile de France, c’est une belle étape pour atteindre le titre de capitale de la biodiversité. La Municipalité que par ailleurs je soutiens ne veut pas regarder la maison bruler et même si le chemin de la résilience, pour notre ville et ses habitant.e.s, n’est pas encore gagné, je reconnais que l’écoute et la volonté sont là et je m’en félicite. 

Mais tout ceci n’est pas venu de la seule et unique bonne volonté des dirigeant.e.s de cette planète, il aura fallu la mobilisation sans faille, des écologistes du monde entier, pendant des années et des années, pour arracher ces avancées. L’écologie est la démonstration de l’union fait la force, que la mobilisation paye. Je vous appelle donc à vous mobiliser, à vous engager pour 2023 et les années qui suivront pour l’écologie concrète, politique et/ou associative. Nous n’avons plus le choix que la lutte engagée, déterminée, comme les jeunes de « Bigger than us » nous y invitent, et pacifique et ce ne sera jamais que groupé.e.s que nous y parviendrons. Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas juste de le prévoir mais de le rendre vivable, viable, paisible, désirable, en un mot … durable. Engagez-vous ! rejoignez-nous ! rejoignez les Ecologistes 

Bonne et heureuse année 2023 à toutes et à tous

jeudi 17 novembre 2022

Depuis 1972 … on sait !


 

Depuis 1972, le club de Rome, les scientifiques et les écologistes n’ont de cesse d’alerter sur les limites de la croissance. Depuis 1972 les informations existent et sont diffusées partout dans le monde. Partout dans le monde les écologistes avec des artistes, des auteur.e.s , des cinéastes, des journalistes, des documentaristes, par tous les moyens, alertent sur des vérités qui dérangent. Mais jamais nous n’avons trouvé le bon média qui mobiliserait les foules. Beaucoup de nos concitoyen.ne.s, devant l'urgence écologique, ont l'impression de maîtriser leur futur et rien n’est fait pour les détromper. Notre société capitaliste et productiviste fait tout pour entretenir l’illusion et nous prendre pour des clients. La voiture électrique en est un bon exemple, elle n’est pas faite pour sauver le climat mais pour sauver l’industrie automobile. j'ai le sentiment qu'avec le tout électrique, sans remettre en cause la voiture personnelle et sans renforcer les moyens alternatifs, confortables, faciles et nombreux, au mieux, la France et l’Europe sont en train de rater la transition de la mobilité, au pire, préparent le crash de l’effondrement. Pas assez de métaux et pas assez d'énergie pour ce rêve techno-croyant, pour cette utopie, pour ce show qui doit continuer. 

Depuis 1972 les défis écologiques, climatiques, de biodiversité et métalliques, qui se poseront dans les années qui suivront vont être documentés (GIEC, Rapport Greenpeace de 1993, …) mais notre monde aura préféré l’orchestre à la vigie. Depuis 1972 nous, les écologistes, ne cessons de dire qu’il faut ralentir, économiser les ressources mais on nous a fait passer, au mieux pour de doux rêveurs et rêveuses utopistes, au pire pour des ayatollahs, des khmers vert.e.s. Encore aujourd’hui certain nous traitent d’«Ecoterroristes» alors que ceux et celles qui me terrorisent sont les bétonneurs, ceux et celles de la pétrochimie, de la pétro-agriculture et de l'agriculture intensive, qui ne sont pas faites pour nourrir les gens mais pour faire de l’argent, les entreprises polluantes, la mondialisation écocidaire, ceux et celles qui détruisent la forêt, les terres agricoles, les rivières, les sols et la biodiversité,... Mais il est vrai qu'il est plus facile de taper le messager que d’écouter le message. 

Mardi dernier, la population mondiale a dépassé les 8 milliards d’habitants, selon l’estimation officielle des Nations unies, qui y voit « un important jalon du développement humain » et un rappel, en pleine COP27, de « notre responsabilité partagée de prendre soin de notre planète ». 8 milliards d’humains, sommes-nous trop nombreux et nombreuses ? Jennifer Sciubba, chercheuse en résidence au cercle de réflexion Wilson Center, résume « Notre impact sur la planète est déterminé bien plus par nos comportements que par notre nombre ». 

8 milliards d’humains sur cette Terre, dès lors la bonne question ne serait-elle pas ? Est-ce que les 10 % de la population mondiale la plus riche, absolument responsable de l'essentiel des crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques, à ne pas vouloir renoncer et à clamer leur droit de détruire la planète parce qu'ils et elles en ont les moyens, n'est pas juste totalement égoïste, insensible et préfère sa gueule et la captation des ressources et des richesses à la survie de notre espèce ? 

A cela Antonio Guterres, devant près de 100 chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Charm el-Cheikh, répond : « L'humanité a un choix : coopérer ou périr. C'est soit un Pacte de solidarité climatique soit un Pacte de suicide collectif ». 

Canicules mortelles. Zones inhabitables car trop chaudes. Terres assoiffées. Méga feux. Cultures avortées. Cheptels décimés. Inondations dévastatrices et pénuries d'eau. Vents destructeurs. Biodiversité effondrée. Pétrole rare, cher et réservé aux plus nantis. Crise métallique qui arrive. Economie et citoyen.ne.s à la peine sous le poids des catastrophes. Voici le monde de rêve que les productivistes, les croissantistes, et les consuméristes nous promettent. C'est bien l'absence d'écologie qui est punitive !!!

En 1972 le club de Rome modélisait l’effondrement de notre société thermo-industrielle vers les années 2030. Nous y arrivons. Je me souviens de ce que me répondait Jean Jouzel, quand je lui demandais ce qu’il pensait du club de Rome et du rapport Meadows, lui de me répondre que « le problème de ces gens, c’est qu’ils ont eu raison trop tôt ». Aujourd’hui tous les voyants sont au rouge et que faisons-nous ? Nous nous apprêtons à regarder une coupe du monde, très contestable, au Qatar et nous apprenons que l’Arabie Saoudite veut organiser des jeux d’hivers là où il ne neige jamais. Partout on bétonne, on privatise l’eau dans des méga-bassines, on construit des complexes hôteliers et des golfs sur 400 hectares de prairies et de bois classés Natura 2000, en Sologne. Partout on détruit. On extrait du pétrole dans des réserves naturelles. Imaginez. Des nouveaux puits de pétrole en Ouganda. 419. Creusés en partie dans un parc naturel. Imaginez. Un oléoduc géant. Qui va transporter le liquide noir visqueux sur plus de 1400 kilomètres. Et qui sera chauffé à 50 degrés … Parce que ce pétrole-là, est épais. On prévoit de chercher les métaux précieux par 5000 m de fond, dans les mers lointaines, car nous avons épuisé ceux facilement accessibles sur la terre ferme. Partout on surproduit de la viande. En Chine, 650 000 cochons seront bientôt entassés et engraissés dans un bloc de béton de 26 étages. On sur-voyage car « on n’a qu’une vie et que l’on ne peut se passer de s’en vanter sur Facebook ». Nous admirons ceux et celles qui font de l’argent même si pour cela l’environnement et des femmes et des hommes souffrent. L’espèce humaine est une espèce invasive et destructrice. « Tant que vous nommerez “croissance” le fait de raser un espace gorgé de vie pour le remplacer par un espace commercial, nous n’aurons pas commencé à réfléchir sérieusement » a déclaré l'astrophysicien Aurélien Barrau, aux grands patrons du Medef, en septembre 2022. C’est bien résumé. 

Tous les voyants sont au rouge. Crises écologiques et climatiques mais aussi crise énergétiques et métalliques. Rappelons la nasse dans laquelle nous sommes toutes et tous : sans métaux pas d'énergie et sans énergie pas de métaux. Sans métaux et sans énergie notre monde moderne va droit à l'effondrement. « En vérité, ce récit de la transition énergétique capitaliste s’ancre dans une histoire qui est fausse : il renvoie à l’idée que, par le passé, on aurait déjà initié des transitions, et que, en ce moment, on s’apprêterait à entrer dans une phase nouvelle. Mais les énergies et les matières sont dans un rapport de symbiose » qui nous nasse, nous dit Jean-Baptiste Fressoz, historien de l'environnement. Les pénuries d'essence, comme celle que nous venons de subir, avec la peur que cela engendre chez nous, nous font prendre conscience (je l’espère) de notre dépendance non-durable aux énergies fossiles et qu'il est urgent de nous en émanciper (par une organisation systémique) volontairement, de nous en désintoxiquer avant que, au minimum, la géologie ne nous l'impose ... au pire, le climat dont les dérèglements s’accélèrent. 

Dès lors quelles sont nos marges de manœuvres, à notre échelle au moment où ce ne sont plus les petits gestes qui pourront nous sauver, même s'ils seront toujours bons à prendre ? Les petits gestes ne peuvent plus contrebalancer les crises écologiques, climatiques, de biodiversité, énergétiques et métalliques qui menacent notre durabilité. Aujourd'hui l'heure est à la transformation écologique radicale et résolument sociale de notre système de pensées et de valeurs, de l'Europe et de notre économie. L'heure est à la sobriété voulue et heureuse, aux renoncements massifs. L'heure est à l'arrêt du consumérisme, à l'arrêt du tourisme de masse et de la mondialisation écocidaire. L'heure est au deuil de la techno-croyance car la solution ne peut venir de la technologie puisqu'elle est le problème. L'heure est à la décroissance de l'inutile, du jetables et du futile mais à la croissance du local, du bio et du saisonnier, du durable, du réparable, du simple, du partage, de l'amitié, de la solidarité, de l'art, de la culture, du savoir ... L'heure est venue de voter pour l’écologie car seule la conjonction de politiques écologiques européennes avec la mobilisation citoyenne, quelle soit municipale et individuelle, pourra nous faire espérer un avenir durable. 

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » nous exhortait Gandhi. 

A nous de le faire.