"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

jeudi 2 janvier 2020

Quand je pense à 2019 … tout pour ma gueule

Quand je pense à 2019 c’est l’expression de l’égoïsme et du « j’m’en foutisme » qui me vient en tête. En effet même si les Pays-Bas ont construit, en 2019, 5 îles artificielles pour préserver la biodiversité ou que l'Italie a rendu l'étude du réchauffement climatique obligatoire à l'école, je ne parviens pas à m’ôter de la tête cette impression que le chacun pour soi et le « tout pour ma gueule » s’enracine toujours un peu plus, chaque jour symbolisé par ces gens qui se garent sur deux places car la peinture de leur voiture est tellement importante au regard de ce qui se passe dans le monde.

Ainsi en cette période Sainte je tiens à saluer la religion la plus importante et la plus dévouée au monde, le climatoscepticisme, talonnée par le climato'j'm'enfoutisme. A l'heure où nous pouvons nous asseoir sur l'objectif des 2 degrés pour aller vraisemblablement et plus rapidement que prévu vers les +3 voire +4 degrés, les climatosceptiques ont décidé de miser leur avenir (et celui de leurs enfants dont, visiblement, il se foutent comme de leur première chemise) à 100% sur l'hypothèse que 99% des scientifiques auraient tort. Ça c'est de la foi.

Températures records en Australie, à Moscou et ces jours-ci pic de douceur en France ... Il n’est pas beau notre changement climatique ? M'enfin l'essentiel n'est-il pas que l'on puisse toujours bouffer des fruits exotiques qui détruisent Hommes et environnement, partir en avion, à l'autre bout de la planète, pour voir le soleil en hiver « parce que c'est trop horrible de vivre sans », s'acheter plein de saloperies inutiles mais dont on a tellement envie et qu'importe mon impact environnemental puisque de toute façon, les coupables, c'est les autres.

Bienvenue chez les climato'j'm'enfoutistes ou quand le journal de France 2, le 25 décembre, fait la promotion de la destruction du climat et de l'environnement en vantant la nouvelle destination de Zanzibar pour les touristes. 7000 km pour profiter des plages nous dit le reportage comme si de rien n'était. Comme si détruire le climat et l'environnement était un droit normal et à promouvoir. Et TF1 la promo des serres de tailles équivalentes à Paris, au Pays-Bas, chauffées et éclairées, pour avoir la chance d'avoir des roses à la St Valentin et des fraises en décembre. Bienvenue dans la génération « j'ai le droit et je vous emmerde !!! ». Pfff !!! A quoi bon ?

COP25, en route pour ... toujours plus de dérèglement climatique.

Bienvenue chez les « hors sol » ou à la COP25. En route pour ... toujours plus de dérèglement climatique. Mais avant de critiquer l'incurie des autres nations, balayons devant notre porte. La France, qui se veut championne de l'environnement, « n'a pas joué de rôle fort pendant ces négociations », estime sur France-info Armelle Le Comte, de l'association Oxfam France. « Ces derniers jours, il n'y avait aucun ministre. Le Premier ministre et la ministre de la Transition écologique et solidaire ne sont passés qu'en coup de vent. » La militante dénonce, selon elle, le « double discours d'Emmanuel Macron, qui passe son temps à nous dire à quel point le climat est le défi de notre avenir et en même temps, quand les négociations les plus importantes de l'année ont lieu, il n'y a personne. » Cela n'aura pas empêché le ministère de la Transition écologique de regretter, dans un communiqué envoyé ce dimanche, « un manque d'ambition climatique malgré certaines avancées obtenues dans l'accord ». « Au vu de l’urgence climatique et des attentes des citoyens, la France regrette que les gouvernements ne soient pas allés assez loin dans leurs engagements », indique le ministère, tout en rappelant que « durant toutes les négociations, la France s’est mobilisée pour appeler à l’ambition et ne pas accepter de recul de nos engagements ». #foutagedegueule #hontederien #ilsosenttout #onnousprendpourdescons

Et pour bien le prouver qu’on nous prend pour des cons, pour les vacances de Noël, la ministre de l'Ecologie, Élisabeth Borne, s'est envolée pour Marrakech. Bon, d'un autre côté ce n’est pas comme s'il fallait être crédible en parlant d'écologie et de climat. Ce n’est pas comme s'il y avait un changement climatique. "Heu ?!?! La COP25 ? Heu ?!?! Nan ch'connais pas !" Ce n’est pas comme si le gouvernement se devait de promouvoir un changement de priorités ... De son côté, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au Tourisme, n’est pas en reste. Dans l’avion qui le conduit le week-end sur la côte, il plaisante, devant le journaliste de Paris Match : « Je fais des allers-retours Paris-Biarritz presque aussi facilement que si je prenais le métro ! » Il vient d’acheter un appartement dans le centre-ville avec sa compagne. « make our planet great again » qu'il disait l'autre. Pourquoi ne suis-je pas surpris ?

Et ici ou là, sur Facebook ou ailleurs, qu'est-ce que j'aime, également, tous ces gens qui exposent, comme si de rien n'était, leurs voyages en avions à l'autre bout du monde pour aller, rien que par leur unique présence abîmer tous les paysages. Qu'est-ce que j'aime tous ces gens qui foutent ma planète au tombeau. Moi je ne vois pas un voyage, je vois un grand doigt d'honneur fait à l'humanité. #toutpourmagueule

On n'apprend rien

Ailleurs et un autre jour, la raffinerie Total de Grand puits (77) vote l’arrêt et durcit le mouvement contre la réforme des retraites. Outre le fait que je soutiens cette action, j'espère, aujourd'hui comme à chaque blocage et chaque risque de pénuries d'essence, que mes compatriotes prendront conscience de leur (de notre) dépendance au pétrole, que cela n'est pas durable et qu'il faut tout mettre en œuvre pour nous en émanciper. Notre civilisation est fondée sur sa capacité à brûler du pétrole, supprimez son énergie elle s'effondrera et pas en douceur. Je suis intimement persuadé que ça se passera comme ça, dans le chaos et l’arbitraire de ceux qui détiendrons les dernières réserves d’énergie. Je le prédis depuis longtemps. Je suis persuadé que nous retomberons au moyen âge avec ceux qui possèdent et ceux qui subissent la loi arbitraire de celui qui possède … En pire de ce que l’on connait aujourd’hui. Le droit et la justice n'existera plus. Seul régnera la loi du plus fort, la loi des petits chefs de guerres qui s'accapareront le droit de vie ou de mort.

Pour avoir un avant-goût du sujet il suffit de regarder la panique que suscite, aux stations-service, les blocages de raffineries, l'angoisse que suscite une panne d'électricité un peu longue, ou bien encore une panne de plusieurs jours, d'eau chaude (eau chaude et chauffage produit pour toute la ville par l'usine d'incinération), en hiver, aux Ulis ou enfin, il faut voir le Carrefour des Ulis, vide après trois jours de neige qui empêche les camions de ravitailler. En regardant ces avant-goûts on se rends compte combien nous sommes vulnérables et totalement dépendants des apports extérieurs. Coupez les apports extérieurs en trois jours l'île de France se meurt. Pour s'adapter il faudrait sanctuariser les terres agricoles pour les transformer en terres vivrières puis former la population au maraîchage et l'élevage, car tout le reste sera obsolète et futile. Mais force est de constater que nous n’en prend pas ce chemin. Donc au moment de l'effondrement ce sera le chacun pour soi et dieu pour tous.

L'heure est à réorganiser notre fonctionnement ... Ça urge !!!! Mais j'ai des doutes. Notre espèce n'apprend rien. La jouissance immédiate est bien trop forte face à l'urgence de l'adaptation et de transformation pour espérer un futur.

Le pétrole ne se trouve pas utile que dans nos déplacements, mais également dans notre santé, notre alimentation, notre habillement, tout notre quotidien, toute notre survie, toute notre espérance de vie. Le chantier de la transition écologique est titanesque mais aucun dirigeant ne l'entame, par peur, par paresse intellectuelle, par incompétence, par électoralisme. Mais majorité de mes concitoyens ne souhaite pas qu'on l'entame, alors pourquoi s'enagager dans ce chantier ? Le spectacle doit continuer. Notre monde s'effondrera nous l'aurons bien cherché et nul ne pourra dire qu'on ne savait pas.

Alors rassurez-vous (3 secondes) personne ne parle de la fin du monde ni de l'humanité mais « juste » de la fin de ce monde. La fin de ce monde pour basculer dans un autre monde qui, dans une pénurie d’énergies fossiles, avec le dérèglement climatique la destruction de l’environnement et la dégringolade de la biodiversité, entre autres, risque de ne pas être aussi paisible que celui que nous connaissons aujourd'hui. Personne ne dit que l'humanité disparaîtra on dit juste qu'il va y avoir une diminution dramatique de la population mondiale. Et comment réduit-on une population ? Il n’y a que trois possibilités : la guerre, la maladie et la faim … tout ce que nous sommes en train de préparer en détruisant notre environnement et en épuisant les ressources.

Déjà la baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-unis se confirme. Les causes multiples de cette régression ne sont pas exactement les mêmes entre ces deux pays, mais les inégalités, la dégradation de l’environnement et l'accès au système de santé restent des facteurs communs qui soulignent les limites des politiques pratiquées outre-Manche et outre Atlantique. Ou quand la redistribution ne fonctionne plus. Logiquement, suite à toutes les politiques néfastes, anti-sociales, libérales et anti-écologiques, menées depuis, au bas mot, 30 ans, ce constat, de baisse de l'espérance de vie, devrait être fait en France dans les années qui viennent. Patience, Manu et LREM poursuivent le travail.

L’optimiste me rétorquera que l'on s'adaptera mais l'adaptation n'est possible que si l'on regarde le problème en face et que l’on prend les mesures adéquates d’adaptation. Or aujourd'hui l'immense majorité des humains ne regarde pas le problème donc on ne peut pas prendre les bonnes mesures d'adaptation. Donc non on ne s'adaptera pas au choc.

Belle et heureuse année à vous tous ... malgré tout.

A l’heure de la sixième extinction massive des espèces, c'est fou le bonheur que me procure, maintenant, l'apparition d'une mésange bleue sur mon balcon et je me mets à rêver qu’un futur désirable est possible. Mais je rêve. Je rêve que les humains se réveilleront. Mais je rêve. Je rêve que 2020 sera enfin l’année du réveil de la force. Mais je rêve. Je rêve car il ne me reste plus que cela. Je rêve que 2020 soit l’année de la prise de conscience, du partage, de la paix, de l’équilibre. Alors ce n’est plus un rêve mais un souhait que je vous adresse à tous. Que cette année 2020 vous soit une année d’éveil dans la sérénité de la sobriété, dans la paix et l’amour du vivant et de la beauté simple. Belle et heureuse année à vous tous ... malgré tout.

dimanche 13 octobre 2019

A toi, le petit garçon qu’un élu de la République a fait pleurer

Vendredi 11 octobre, Julien Odoul, président du groupe RN régional a perturbé la séance de l’assemblée plénière du conseil de Bourgogne Franche-Comté en prenant à partie une mère d’élève dans l’assistance, car elle portait un voile.

A toi, le petit garçon qu’un élu de la République a fait pleurer parce qu’il s’en est pris publiquement à ta maman, je veux te dire que ce n’est pas cela la République. Dijon est la ville où j’ai grandi, alors je ne veux pas que tu gardes ce souvenir amer de ce vendredi.

Sèche tes larmes et sois fier de ta maman, fier de qui tu es, de ta famille et aussi de ton pays. Rassure-toi, nous sommes légions derrière toi pour faire face à ces discours de haine du quotidien, qui montent résistiblement.

Il faut que tu le saches, ce n’est pas cela la promesse républicaine. Oui, ta maman peut s’habiller comme elle le veut et t’accompagner avec tes camarades lors des sorties scolaires, sans se faire moquer ou attaquer comme une dangereuse « provocatrice communautariste » comme l’a traitée M. Julien Odoul.

Nos lois, tout comme l’article 6 du règlement du Conseil Régional invoqué par M. Odoul le disent clairement : « La présidente de région peut interdire l’accès à une personne ou à un groupe de personnes dont le comportement est susceptible de troubler le déroulement d’une séance ».

Ta maman ne perturbait pas la séance, elle avait à cœur de te montrer comment fonctionne une assemblée démocratiquement élue, au pays des droits de l’Homme. Le perturbateur de séance, c’était lui, celui qui a attaqué ta maman pour qu’on le remarque et non pas l’inverse.

Sous prétexte d’être un élu, il pervertit les textes de loi et confond la laïcité avec la censure. La laïcité, ce n’est pas se moquer des autres ou leur interdire l’entrée des lieux de la République, la laïcité, c’est un concept fragile mais qui nous permet de vivre ensemble, en toute liberté.

Dans l’ordre laïque, la place de chacun est respectée et la liberté de chacun est reconnue, ce qui permet l’apprentissage de la liberté réelle : être reconnu par l’autre comme son égal, en tant que sujet libre. La laïcité est un terreau fertile pour l’apprentissage des lois en assurant que la citoyenneté transcende les identités individuelles. La laïcité doit pouvoir donner à tout citoyen le sentiment d’appartenance à une communauté libre, où le respect de sa personne se fait à priori sans distinction et sans prérequis. C’est le rôle de l’éducation républicaine promulguée par la France : montrer le caractère universel et l’aspiration de tous à la liberté.

C’est ce cadeau qu’à voulu te faire ta maman, en t’accompagnant voir le fonctionnement d’une assemblée libre. Ne laisse pas un idiot te le gâcher, cette République est la tienne, la mienne, et aussi la sienne. On peut ne pas être d’accord entre tous les citoyens, mais jamais le fantasme ne fera la loi.

Un jour, tu te poseras peut être la question de la foi religieuse, tu douteras même peut être de l’existence d’un dieu, ce sera ta vie, tu te poseras toutes les questions que tu voudras.

Mais ne doute jamais de l’amitié et du soutien de nous tous, qui avons pleuré avec toi ce jour là.

Par Alexis Poulin

jeudi 8 août 2019

Ne pas culpabiliser le consommateur

A l’occasion du jour du dépassement 2019, qui a été encore plus tôt que l’année dernière, notre chère Nathalie Loiseau a twitté « Nous consommons trop. Le comprendre et agir chacun à son échelle est l’affaire de tous et l’urgence est là. La dette écologique que nous laissons à nos enfants s’aggrave sans cesse. Joignons nos efforts ». Je lui réponds alors la phrase de Bossuet « Le Ciel se rit des fous qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». #liberalisme #consumerisme #capitalisme #CETA #croissance

Ne pas culpabiliser le quidam

Amusant de lire cela de la part de Nathalie Loiseau. Amusant et triste à la fois de lire cela, car pourtant, à l'orée de la catastrophe écologique, les adeptes du libéralisme, du consumérisme, du productivisme et du dogme de la croissance, se répandent d'articles adjurant le quidam à n'avoir aucune culpabilité à poursuivre sa vie de consommateur, de voyageur aérien, de bouffeur de fruits exotiques et de bidoche, de moteur de la croissance écocidaire car il n'aurait aucune responsabilité dans les crises écologiques, climatiques et de biodiversité qui sont devant nous, ce n'est pas lui qui serait la cause de toute cette merde, ce n'est pas lui c'est ... les autres. Et ces articles, ou tweets ou post sur Facebook d’adjurer le quidam de ne surtout pas écouter les très méchants écolos parisiens, bobos anti-pauvres, gauchos bien-pensants et même pas LREM, qui ne font rien que de le culpabiliser, lui le quidam, avec leurs gourdes en métal et leur eau du robinet, leurs AMAP et leurs fruits et légumes bio, décarbonés, locaux et de saison, leurs vélos et leurs composteur, leur sobriété heureuse et leur renoncement mortifère ... pour les dividendes des entreprises. Le monde du fric et de la crasse, accompagné de ses kapos, entre en résistance contre tout ce qui met en péril ses profits, car il faudra bien essorer la Terre jusqu'à la dernière goutte et qu'importe si nous sommes obligés de boire le calice jusqu'à la lie. Le monde du fric et de la crasse entre en résistance et elle est violente. Leurs idées et leurs mots sont violents. A mon avis les soubresauts de l'effondrement sont là, dans cette résistance qui se met en place.

La consommation le moteur du système

Et pourtant, s'il est un fait établi c’est que notre système économique est basé sur la consommation. Ainsi donc, si nous voulons changer le système il faut agir sur le moteur de ce système : la consommation et donc sur le consommateur. Devant la désaffection des consommateurs pour ses produits à l'huile de palme et non bio, Ferrero a perdu en trois ans, 10 points de part de marché, aux États Unis beaucoup d'américains commencent à se détourner de la mal bouffe et ainsi, chaque année la multinationale Heinz perd des parts de marché de façon non négligeable. Les multinationales ne pourront ignorer cela longtemps si la pression des consommateurs perdure et s'accentue. En démocratie on a deux cartes pour changer le monde, la carte d'électeur et la carte bleue car si nous avons un pouvoir d'achat nous avons aussi un pouvoir de non-achats. Tant que les consommateurs achètent les produits merdiques il n'y a aucune raison pour que les entreprises changent leurs process. Qui est-ce qui achète des voitures ? Qui est-ce qui achète de l'essence de Total pour les faire avancer ? Qui est-ce qui écluse les produits manufacturés, la bouffe industrielle ? Qui est-ce qui achète de l'eau en bouteille plastique ? Qui est-ce qui achète des saloperies chinoises et souvent inutiles, si ce n'est les consommateurs ? Les multinationales profitent juste du marché de la consommation et font tout pour l'entretenir, entretenir le désir de consommation."[...] Fondamentalement, les industriels s'adaptent à une demande et la demande, c'est nous. Donc, nous sommes tous complices de cette manière de produire, basée sur un marché de masse, un recours massif aux matières premières, la recherche d'économies d'échelles… C'est un modèle de société hérité de la seconde guerre mondiale, construit sur une croissance et une démographie fortes. On est en train de le changer mais on ne peut reprocher à l'industrie de nous avoir servis pendant 70 ans. Elle n'est que le reflet des consommateurs. [...] " Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Lemaire). Tant qu'il y aura consommation il y aura des entreprises criminelles. Et tant que les électeurs voteront pour le libéralisme, les multinationales seront libres de faire de la merde.

Rendez-vous dans 18 mois

Et pourtant. Et pourtant si l'humanité, dont chacun de mes amis et moi-même faisons partie, veut contenir, d’ici à 2100, le réchauffement climatique en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, si nous voulons réellement atteindre cet objectif ambitieux, alors les émissions mondiales d’origine anthropique doivent obligatoirement atteindre leur plus haut niveau entre 2015 et 2020, puis décroître très rapidement et de façon très très significative. Mais nous en sommes loin puisqu'aucun signe ne montre que l'humanité commence à penser à réduire la voilure. Les derniers événements climatiques majeurs – vagues de chaleur, inondations, ouragans – nous rappellent en effet que d’importants et douloureux efforts vont devoir être entrepris par les principaux décisionnaires et par les citoyens. En clair, si l'on souhaite contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 ° cela se joue maintenant, cela se joue dans les 18 prochains mois, ensuite il sera trop tard. Ceci dit comme jamais l'humanité n'a voulu cesser d'émettre des gaz à effet de serre, n'a jamais voulu renoncer à la consommation, au fric et aux voyages, préférant foncer dans le mur plutôt que d'être raisonnable et responsable et cela malgré plus de 40 années d'alertes des scientifiques, relayées par les écologistes, je ne vois pas pourquoi, tout à coup, elle se réveillerait et freinerait, dans un sursaut de lucidité, pour se sauver du dragon qu'elle a elle-même réveillé. Et là on ne parle "que" du réchauffement climatique. En clair je crois sincèrement que c'est foutu. Moi j'aurais fait ma part de boulot, mais j'ai échoué au même titre que tous les écologistes. "J’ai longtemps pensé que les principaux problèmes environnementaux étaient la perte de biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le changement climatique. Je pensais qu’avec 30 ans de bonne science nous pourrions résoudre ces problèmes. Mais j’avais tort. Les principaux problèmes environnementaux sont l’égoïsme, la cupidité et l’apathie ... et pour gérer cela nous avons besoin d’une transformation spirituelle et culturelle. Et nous, scientifiques, nous ne savons pas faire cela." Gus Speth

mercredi 7 août 2019

Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours

Ne jamais oublier que la Méditerranée est le grand cimetière de réfugiés en détresse et celui de nos valeurs européennes. Jamais plus je ne pourrais regarder cette mer comme je la regardais avant. Ne jamais oublier.


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Plateau de Saclay, Triangle de Gonesse, et tous les projets de bétonnages même combat ... Lutter contre la mort et ses valets.


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Le pyromane fou ... no comment !


mercredi 3 juillet 2019

La crevette, une histoire pas si rose que cela


Peu caloriques, riches en protéines, vitamines et sels minéraux, ces charmants invertébrés sont un mets de choix que l'on consomme, sans modération et sans conscience, partout dans le monde et en toute saison. Mais quelles sont les conséquences, pour l'environnement, de notre appétence pour la crevette ?

L'élevage d'abord. Il est connu et maintenant bien documenté que cette pratique est la cause d’une forte déforestation, de dégâts environnementaux (destruction des coraux, des mangroves et de leur faune et pollution des littoraux) et sources d'émissions de gaz à effet de serre (un sachet de 450 grammes de crevettes surgelées = 1 tonne de CO2). Outre l'élevage lui-même, le bilan carbone est également aggravé par l’impact de la nourriture, des emballages, du stockage et de la logistique nécessaire pour les envoyer à l’autre bout du monde.

Les 3/4 de la production de crevettes proviennent d'Asie (Indonésie, Thaïlande, Philippines, etc.), là où les conditions climatiques permettent une croissance rapide (plus la température de l’eau est élevée plus la crevette grandit vite). L'autre quart de la production mondiale de crevettes d'élevages provient d'Amérique latine. Les élevages de crevettes ont explosé dans les années 1970, grâce à la demande des consommateurs aux États-Unis, en Europe de l'ouest et au Japon. Au total, plus de 4 millions de tonnes de crevettes sont vendues chaque année dans le monde. D’immenses surfaces de mangroves ont été défrichées pour installer des élevages de crevettes, ce qui a gravement perturbé de nombreux écosystèmes très fragiles et causé de fortes érosions. De plus, pour nourrir ces élevages, les producteurs n'hésitent pas, contre toute réglementation, à faire ratisser, au chalut, les mangroves (nurseries pour nombre d'espèces animales) pour surpêcher tout ce qui peut être pêché (poissons adultes, juvéniles, et autres animaux vivant là) afin d'en faire de la farine animale qui sera donnée aux crevettes. Ainsi l'élevage des crevettes, à l'instar de l'élevage de poissons, n'évite en rien la surexploitation des mers. Et une fois de plus, la destruction de l'environnement, la destruction des mangroves met en péril les populations locales qui, depuis toujours, savaient prélever leur nourriture sans détruire ces milieux extrêmement fragiles.

Par la suite, au bout de 3 à 5 ans, les étangs d’élevages de crevettes sont abandonnés à cause des maladies qui prolifèrent dans les bassins (les crevettes développent des bactéries multi-résistantes), de l’acidité et de la contamination des sols. En effet au bout de quelques années d'exploitation intensive, il se forme des dépôts importants de boues toxiques, au fond des bassins (mélange d’excréments et de produits chimiques), formant ainsi une zone inexploitable. Pour que les sols se régénèrent, il faut entre 35 et 40 ans de "jachère".

Quel parcours !

Mais la crevette sauvage n'est pas indemne de tous reproches, ainsi les crevettes surgelées que nous trouvons dans nos assiettes ont une histoire assez incroyable et sont un excellent exemple du partage du travail dans l’économie mondialisée où chaque pays se spécialise sur telle ou telle tâche. Les crevettes sont pêchées en Scandinavie, en Norvège ou en Suède, par des bateaux de pêche spécialisés. Puis elles sont expédiées par camion et vont traverser douze frontières jusqu’au Maroc où elles sont lavées, épluchées par des ouvrières payées, en Dirhams, beaucoup moins cher qu’en Scandinavie. Elles repartent ensuite en camion vers ….la Scandinavie. De là, elles sont réexportées vers toute l’Europe. Pour chaque tonne de crevettes ainsi traitée, on dépense 150 litres de gasoil pour parcourir 10 000 kilomètres avant que les crevettes n’atterrissent dans votre assiette.

Enfin et pour couronner le tableau, la pêche intensive des crevettes conduit à la destruction de la faune marine. En effet, pour 1 kg de crevettes pêchées, jusqu'à 10 kg d'animaux marins et de poissons sont pris dans les filets de pêche. La pêche à la crevette, à elle seule, est à l'origine de plus de 30 % des poissons pêchés puis rejetés à la mer.

L’exemple des crevettes est valable pour d’autres produits. Chaque jour sont acheminés par la route 70 kg de marchandises par européen, soit 25 tonnes par an et par personne !

Une fois de plus et dans un nécessaire changement de comportements, afin de prendre en compte les défis écologiques, climatiques, énergétiques et de biodiversité qui conditionnent, suivant les réponses que l'on apportera, notre durabilité, privilégions une alimentation locale (française), artisanale, de qualité et de saison et si l'on ne trouve pas … et bien l'on s'en passe, on y renonce !

Sources : Conso-globe, Futura planète, Radio Télévision Suisse, 

mardi 2 juillet 2019

Sauver des vies n'est pas un crime !!!

Après la capitaine Pia Klemp qui risque 20 ans de prison pour avoir sauvé des milliers de vies, voici que Carola risque 10 ans de prison pour avoir également sauvé des vies. La prison alors qu'elles devraient être célébrées comme des héroïnes qui honorent l'Europe ?!?! ... Définitivement l'humanisme a quitté l'Europe, c'est sans conteste, une victoire idéologique et philosophique majeure des fascistes et de ceux qui votent pour eux ... Honte à vous tous qui soutenez et votez pour ces gens-là. Shame on you !!! "Je ne sais pas quel monstre cela va enfanter, mais il y a lieu de s'inquiéter", insiste Pierre Henry délégué général de France Terre d'asile.

Un appel international

Au gouvernement italien
Au Parlement européen, à la Commission européenne et aux gouvernements de l'Europe
A tous les citoyens et citoyennes de l'Europe

En faisant arrêter la capitaine Carola Rackete comme « hors la loi » et l’accusant de « rébellion » militaire, en séquestrant son navire comme « bateau pirate », en menaçant l’ONG propriétaire d’une « maxi-sanction » de dizaines de milliers d’euros, le Ministre Matteo Salvini qui semble exercer désormais dans son pays un pouvoir sans limites vient d’ajouter le délire à l’infamie. C’est lui qui place l’Italie en dehors du droit international et des principes fondamentaux dont nos Etats tirent leur légitimité démocratique. De graves conséquences vont s’ensuivre si on n’y fait pas obstacle.

De son côté, en « forçant le blocus » de la douane italienne après 14 jours d’atermoiements de l’UE et l’aveu d’incapacité lamentable de la CEDH, en accostant malgré l’interdiction à Lampedusa pour sauver ses passagers en détresse, la Capitaine du Sea Watch 3 n’a fait que son devoir. Elle en a assumé les risques mais ne doit pas en payer injustement le prix. Il appartient aux citoyens d’Europe et à leurs gouvernements – premiers concernés et impliqués – de faire immédiatement le nécessaire pour que cesse la persécution illégale et déshonorante contre les sauveteurs et l’équipage du Sea Watch 3.

Ne l’oublions pas cependant : une autre capitaine allemande est jugée en Italie pour avoir sauvé plus d’un millier de vies en Méditerranée : accusée d’aide à l’immigration clandestine et de complicité avec les « passeurs », Pia Klemp risque vingt ans de prison et une amende de 15 000 euros pour chaque vie qu’elle aura sauvée – ce qui provoque l’indignation de beaucoup en Europe et dans le monde mais ne semble pas émouvoir nos gouvernements. On veut faire peur aux sauveteurs, mais Carola et Pia ne seront pas les dernières à prendre de tels risques alors que l’hécatombe des noyades se poursuit en Méditerranée avec la complicité des Etats qui devraient l’empêcher.

Nous exigeons donc que le gouvernement italien se ressaisisse, abandonne ses poursuites, libère immédiatement la capitaine Rackete et débloque le Sea Watch 3 pour qu’il puisse poursuivre sa mission. Nous exigeons qu’il accueille les hommes, femmes et enfants rescapés de la guerre et de la noyade, en concertation avec les ONG et les autres pays européens, et instruise correctement leur demande d’asile. Nous exigeons qu’il cesse de criminaliser la solidarité exercée au nom des droits humains par ses propres citoyens. Nous exigeons qu’il cesse d’ameuter l’opinion publique contre les migrants dénués de tout et forcés de quitter l’Afrique.

Nous appelons le nouveau Parlement européen à proposer, la Commission à élaborer, et les Gouvernements à décider enfin, dans l’esprit de la Convention de Genève, la politique commune de l’asile, ainsi que les règles de répartition équitable des personnes qui permettront à l’Europe de remplir ses obligations, de restaurer sa légitimité morale, en faisant preuve de sa capacité politique. Nous les appelons à respecter les conventions SOLAS et SAR qui imposent le débarquement en lieu sûr des personnes secourues en mer, en déclarant que ni la Libye ni la Tunisie ne sont aujourd’hui des lieux sûrs. Nous les appelons à ordonner la reprise des sauvetages en mer et à cesser de financer et d’entraîner les garde-côtes libyens qui traquent et torturent les fugitifs sous prétexte de lutter contre les trafics. Toute autre attitude est en réalité criminelle, elle relève de la lâcheté et de l’idiotie. En voulant épargner des conflits à l’Europe, elle les aiguise et détruit son propre avenir.

Enfin nous appelons tous les citoyens et citoyennes d’Europe à s’élever contre la politique d’hostilité envers les réfugiés et les migrants dont l’Italie aujourd’hui se fait gloire et que d’autres pays pratiquent de façon hypocrite. Nous les appelons à se solidariser avec Carola Rackete et Pia Klemp. A l’heure où Matteo Salvini et d’autres cherchent ainsi à nous entraîner dans l’ignominie, ces femmes courageuses, avec leurs équipages, sont l’honneur du continent européen. Citoyens et citoyennes de l’UE, battons-nous pour les libérer et rejoignons-les dans leur combat qui s’amplifie. Il est certes difficile, mais ses enjeux sont incontestables : contre l’arbitraire, contre l’hystérie xénophobe et le racisme, pour le droit, pour la vie humaine, pour l’hospitalité et aux côtés de tous ceux qui la font vivre. Ne restons pas spectateurs.

Texte proposé par le Comité Européen contre la Criminalisation du Sauvetage en Mer (CECCSM)

lundi 1 juillet 2019

L'écologisme est-il un totalitarisme? Réponse à Pascal Bruckner

Ce matin, vous pointez une tendance à la mode… 

Oui, certains intellectuels, politiques, polémistes de chaines d’info qui trouvent envahissante la préoccupation écologiste, se demandent si elle ne va pas finir par engendrer un nouveau totalitarisme. Le texte le plus abouti est celui publié ce week-end dans le Figaro par Pascal Bruckner. L’essayiste voit dans l’écologie, seule pensée originale de ce siècle, un potentiel totalitaire. Il compare l’écologie d’aujourd’hui aux débuts du socialisme, quand celui-ci s’est scindé en deux courants, l’un démocratique, l’autre totalitaire. Bruckner perçoit dans l’injonction morale du ‘l’écologie ou la mort’, une pression liberticide. Il y a sur ce créneau de la critique de l’écologie (qui ne nie pas- ou plus- l’urgence climatique) de nombreux libéraux, conservateurs ou socialistes.

La possibilité du totalitarisme verts existe-elle vraiment ?

Elle est intrinsèque à toute idée politique. L’écologisme, c’est vrai, pourrait, puisqu’il s’agit plus d’un impératif existentiel que d’un projet collectif précis, comporter une inclinaison totalitaire. Pour autant, ce procès ne parait pas justifié. D’abord l’écologie politique, très largement émanation du monde associatif, ne connait pas de branche violente ni antidémocratique. Les ZAD et la culture de désobéissance civile y tiennent une bonne place pas vraiment musclée mais il n’y a ni grand manitou ni hommes providentiels. C’est quand même étonnant que Pascal Bruckner sente sa liberté menacée par une jeune fille comme Greta Thunberg, dépeinte en marionnette manipulée. L’image de ces militants écologistes assis sur le pont de Sully, recevant du gaz lacrymogène, donne l’impression d’une force déterminée mais certainement pas totalitaire ! Au contraire, les organisations écolos sont généralement des caricatures de démocratie bavarde et inefficace. On les brocarde assez à ce sujet. Quant à l’injonction morale écologiste qui serait insupportable aux oreilles libérales ou socialistes, constatons qu’elle est loin d’être triomphante. Elle n’a tué ni enfermé personne et fait penser à cet automobiliste citadin, qui, dans ses 2 tonnes de ferraille, explique que c’est le vélo qui est dangereux… Généralement Bruckner se dresse contre l’obscurantisme, comme lorsqu’il démonte (efficacement pour le coup) le piège de l’islamophobie… ici il décrit l’écologie en nouvelle religion. Où a-t-il vu ça ? Les adorations dominantes ne seraient-elles pas plutôt toujours consuméristes ? Pourquoi, sur l’écologie, ne se range-il pas du côté de la rationalité ? Les scientifiques, dans leur ensemble, considèrent que l’urgence climatique exige des changements drastiques. Il y a de nombreuses façons d’y répondre et beaucoup de formes d’écologie possibles. Peu de catéchisme, beaucoup de concret. Rien de totalitaire donc. Ce sont justement les obscurantistes d’aujourd’hui qui refusent la transition : je ne parle pas de l’islamisme (son aspect moyen-âgeux ne lui permet même pas d’appréhender cette question). Mais Donald Trump et Mike Pence, son vice-président fondamentaliste chrétien, climato-sceptique tout comme le massacreur de l’Amazonie Jair Boslonaro, lui aussi religieux ultra. Voilà les obscurantistes du moment ! Quelle liberté fondamentale l’écologie, pour l’instant, a-t-elle tué ? C’est étonnant comme cette obsession anti-politiquement correcte, cache-sexe de ceux qui sont en train de perdre des batailles culturelles, peut faire déraisonner !

Thomas Legrand Éditorialiste politique à France Inter