Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 14 juin 2011

Du béton ou des légumes bio sur l’ancienne base aérienne de BRETIGNY ?

Lors du dernier comité de site, chargé d’étudier les reconversions de l’ancienne base aérienne de BRETIGNY et présidé par le préfet, l’étude réalisée par le cabinet SCET a été présentée aux différents acteurs locaux.

Celle-ci recommande la création de 4 pôles sur les quatre cinquième des 750 hectares libérés par l’armée, à savoir :

- un pôle économique régional de 205 hectares ;
- un pôle scientifique confié à l’INRA, déjà présent sur le site, de 250 hectares ;
- un pôle de recherche de 95 hectares en lien avec les activités de l’INRA et de l’armée ;
- un pôle d’agro-industrie de 95 hectares.

Mais le projet de création d’un lotissement d’une centaine d’hectares destiné à accueillir des producteurs maraîchers bio, pour lequel les organisations professionnelles agricoles se sont mobilisées depuis des mois, passe à la trappe !

M. Christophe HILLAIRET, président de la Chambre d’Agriculture d’ILE-DE-FRANCE, présent lors de la réunion, n’a pas manqué de réagir vivement devant ce revirement aussi inattendu que surprenant :

« Pourtant, a-t-il rappelé, la profession agricole avait été la première à proposer la création d’un pôle maraîcher de taille suffisante pour y développer la production maraîchère biologique car celle-ci est encore très loin de couvrir la demande des consommateurs de notre région. L’ancienne base 217, l’un des rares secteurs du nord de l’ESSONNE encore non urbanisé, va-t-il disparaître sous le bitume et le béton ? Elle peut constituer un lieu de production idéal à proximité immédiate de zones urbaines denses ».

« Un dossier de faisabilité très argumenté techniquement a été transmis au préfet et aux communes concernées dès la fin de l’année 2010 et celui-ci avait été bien accueilli par les services de l’Etat et une majorité d’élus»,, a précisé le président de la Chambre d’Agriculture.

« A l’occasion de la reconversion de ce site qui est propriété de l’Etat, ce dernier va-t-il renier les engagements qu’il a pris dans le cadre du GRENELLE de l’ENVIRONNEMENT et de la récente loi de modernisation agricole, sans oublier la promesse du Président de la République de réduire de moitié d’ici 2020 la consommation de terres agricoles ? Il est temps de traduire en acte le discours public en faveur du développement d’une agriculture de proximité ».

Les responsables professionnels agricoles rappellent que l’agriculture est d’abord une activité économique et qu’elle a déjà subi une perte considérable de surface : 200 000 hectares lui ont été retirés au cours des 50 dernières années pour le développement de la région capitale. Ils ne veulent plus qu’au nom de l’emploi et du logement on justifie une consommation excessive de terre, précisant que le projet de lotissement maraîcher n’a besoin que d’une part modeste des terrains libérés (13 %).

Ils sont aussi persuadés que leur cause rejoint celle des populations locales qui s’opposent à l’étalement urbain sans fin et militent en faveur du maintien d’une agriculture vivante en ILE-DE-FRANCE.

Au cours du débat, M. HILLAIRET n’a pas manqué de relever que le projet de pôle d’agro-industrie que l’étude de la SCET substitué au lotissement maraîcher n’a fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les représentants de la profession agricole.

Quand à la proposition des élus de la communauté d’agglomération du VAL D’ORGE de relocaliser le pôle maraîcher sur un autre site situé au nord-ouest de la base, elle est totalement inacceptable car ce dernier est déjà exploité par des agriculteurs et n’est pas à vendre !

Pour les présidents de Chambres interdépartementale et régionale d’agriculture d’ILE-DE-FRANCE comme pour l’ensemble des responsables professionnels régionaux, le pôle maraîcher, de par sa superficie, n’exclut pas les autres projets. Il est même complémentaire de celui de l’INRA dont il pourrait bénéficier des recherches.

Et surtout, il répond parfaitement aux attentes du PLAN BIO de l’Etat et de la Région et de tous ceux qui considèrent qu’une agriculture dynamique et diversifiée participe aussi à l’équilibre du territoire périurbain. Comment les élus régionaux et généraux ne le soutiendraient-ils pas puisqu’il correspond parfaitement à leurs attentes maintes fois exprimées dans ce domaine ?

Les représentants professionnels sont persuadés que leur projet fédère une majorité de franciliens dont ils attendent le soutien.

M. Christophe HILLAIRET
M. Hervé BILLET
pierre.missioux@safer-idf.com

1 commentaire:

Bruno BOMBLED a dit…

Pour enfoncer le clou, la plaine sud de Wissous (91), est un espace naturel et agricole périurbain protégé de l’urbanisation par l’actuel SDRIF mais qui vient de subir une première modification dangereuse, suite aux accords entre l’Etat et la Région, et qui donne la possibilité aux collectivités locales d’urbaniser une grande partie de la plaine sud : adieux agriculture de proximité et de maraichage.