Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

jeudi 21 janvier 2010

Climat : le scepticisme, un nouveau poujadisme ?

Il est intéressant (du simple point de vue de la curiosité intellectuelle) et effarant (du point de vue de la démocratie, donc de l'aptitude d'un peuple à se gouverner lui-même) de voir la nature des doutes qui sont véhiculés sur le réchauffement climatique global. Le discours rationnel ne semble rien pouvoir contre ceux qui, n'ayant pas ou peu de compétence scientifique, ou éventuellement la flemme (pour ceux qui auraient des compétences) de lire dans le détail des articles scientifiques, ne veulent pas, ne peuvent pas admettre que l'humanité a acquis un pouvoir de nuisance sur son environnement, donc sur elle-même. Tout se passe pour ceux-ci comme si les hommes pouvaient vivre virtuellement, déconnectés d'un monde physique.

Les climato-sceptiques ne peuvent présenter les climatologues que comme une secte malfaisante, un groupuscule de krypto-maltuso-écolo-réchauffistes à la solde d'Al Gore, parce que la réalité est trop dure à supporter.

Peu importe l'invraisemblable somme de travaux mobilisant des docteurs, techniciens et ingénieurs de toutes disciplines (physiciens, chimistes, biologistes, mathématiciens, informaticiens, géologues, historiens, astronomes...) et de toutes nationalités : s'ils touchent au climat, de près ou de loin, ce sont forcément des CLIMATOLOGUES.

Vade rétro satanas! Crucifix et gousse d'ail. On n'est pas loin du mythe du complot judéo-massonique et autres peurs irrationnelles.

Mais est-on sûr que l'on ne se trompe pas de comploteurs ?

Posons nous toujours la question : à qui profite le crime ?

Car en effet ne peut-on comprendre qu'un certain lobby industriel a tout intérêt à semer le doute sur la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, et même sur sa réalité, afin de maintenir la consommation et ainsi préserver la production polluante telle quelle est aujourd'hui ?

En revanche, honnêtement, on a plus de mal à voir où sont les intérêts des scientifiques à fomenter un mensonge planétaire sur le climat. Nous ne sommes pas actionnaires de nos instituts de recherche. Il est profondément absurde de penser que l'on pourrait nous payer pour répandre des nouvelles alarmantes qui vont contre le système économique actuel (qui en aurait l'intérêt ?). Que nous alarmions ou non nos compatriotes, notre salaire tombera à la fin du mois.

En clair redevenons sérieux et reconnaissons que les scientifiques n'ont aucun intérêt financier (puisque c'est cela qui motive l'humain, la vénalité est un formidable moteur !) à défendre leurs thèses.

En clair reconnaissons que si les scientifiques affirment, contre vents et marées que le climat est en train d'être bouleversé et que nous en sommes la cause, c'est qu'il se passe vraiment quelque chose. Ils ne souhaitent donc pas être complices d'un crime contre l'humanité, en passant sous silence ce qu'ils savent ... cela est tout à leur honneur.

Je voudrai donc rendre hommage, par ce billet, au courage de mes collègues qui dépensent une énergie (non carbonée) incroyable sur leur temps précieux pour répondre, sur tous les médias, sereinement et scientifiquement à chaque remise en cause de leur probité. Remise en cause de leur honnêteté que le net n'arrange pas en permettant de répandre de lâches calomnies anonymes, faciles et méchantes. Souvenons nous toujours qu'il faut toute une vie pour se construire sa crédibilité et qu'il faut, en revanche, trente secondes, à une personne mal intentionnée, pour la ruiner.

J'affirme donc que cette méfiance vis-à-vis des scientifiques est, une fois de plus, une pure manipulation des lobbys capitalistes et industriels qui ne souhaitent surtout pas changer d'un iota, leurs procès pour investir dans une production environnementalement propre et socialement équitable, bref durable, qui pourrait grignoter sur leurs bénéfices indécents.

Une manipulation qu'il m'appartient de dénoncer.

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