Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

jeudi 30 janvier 2014

Il était une fois la Terre

Désolé. Vraiment désolé. J’étais vraiment désolé et honteux, ce matin, de m’en prendre à cette petite dame qui témoignait, à la radio, à propos de sa douleur de devoir quitter son logement menacé par l’érosion. Désolé de la traiter de connasse alors que je ne la connais même pas. 


Désolé qu’elle prenne pour tous ceux qui m’énervent et qui me prennent pour un con, mais de dire « ah ben on ne pensait pas que cela serait arrivé si vite » m’a franchement fait sortir de mes gonds. Connasse, cela fait 30 ans, 40 ans qu’on vous alerte pour vous dire qu’il y a un problème d’érosion à cause de vos aménagements de merde, à cause de votre volonté de domestiquer une nature qui sera toujours plus forte, une nature que vous voulez soumettre pour mieux la consommer. Cela fait 30 ans, 40 ans que l’on vous dit qu’il faut changer, s’adapter, respecter, ne pas détruire, ne pas se prendre pour le créateur, ne pas empiéter, qu’il faut protéger, mais vous n’en faites qu’a votre tête, car vous voulez toujours plus de consommation, toujours plus de « marina-pieds-dans-l'eau » type « méga-termitière de béton façon baie des Anges, Grande-Motte ou Leucate », toujours plus de loisirs, de sport d'hiver et de plaisir immédiats, toujours plus de facilité, toujours plus de boulimie territoriale, toujours plus… mais à la fin vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer.

Ainsi nous ne retenons rien de nos expériences et nous continuons à construire en zones inondables, à détruire 100 000 ha de terres agricoles par an, à importer à grand renforts de gaz à effet de serre, à pulvériser, à semer des OGM, à exterminer, à confondre plantation d'arbres et forêt, à mener une « joyeuse croisade contre les haies, les talus, le bocage ou les marais » sans vouloir regarder le dragon qui menace. Ainsi nous ne retenons rien de nos expériences et quand, dans 5 ou 10 ans, le pétrole viendra à manquer, comme cela est écrit, et mettra en péril notre propre survie, on entendra toujours des connards nous dire « ah ben si on avait su ! ». Putain, cela fait 30 ans, 40 ans qu’on alerte, que l’on prêche dans le vide, par tous les moyens possibles et imaginables, afin de dire, de crier, de hurler qu’il y a une crise écologique, climatique et énergétique qui nous menace à court terme ... mais ils n’entendent pas. Mais vous n’entendez pas. Ils n’entendent pas, repoussant toujours à plus tard le nécessaire changement de route, le nécessaire changement de comportements et ils viendront nous dire, des trémolos dans la voix, qu’ils ne pouvaient savoir parce qu’on ne les aurait pas informé. Connards !!!!



Dernier épisode de "Il était une fois l'Homme" datant de 1978. Déjà en 1978 on aura essayé d'éduquer les jeunes générations pour en faire des adultes responsables .... mais ... On aura tout essayé, depuis des années, pour essayer de sensibiliser les adultes ... mais ... Aujourd'hui on continu, mais rien n'y fait ...

Quelle est la bonne solution pour sensibiliser aux crises écologiques, climatiques, énergétiques, métalliques ? Quelle est la bonne solution pour éduquer et convaincre qu'il nous faut changer ? On aura essayé les dessins animés, les BD, les conférences sérieuses, les débats citoyens, les débats Télé, les grands reportages, les films, le théâtre, les fictions, la science-fiction, les chansons, les livres. On aura tout essayé et rien n'y fait. Les signaux sont au rouge et pourtant, ivres de consommations compulsives, nous continuons à faire la fête avec le chauffeur ivre qui nous emmène droit vers le ravin. pfff !!!

Photo : La résidence Le signal à Soulac, à la pointe du Médoc, menacée par l'érosion de la plage © PHOTO THEILLET LAURENT

Aucun commentaire: