Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 10 mai 2011

Gaz de schiste: la famille écologiste unie avant l'examen d'un texte controversé

PARIS — Des centaines de manifestants, dont Nicolas Hulot et Eva Joly, ont exigé ce jour (mardi 10 mai 2011), devant l'Assemblée, l'interdiction totale des gaz de schiste, jugeant insuffisante la proposition de loi UMP, examinée en soirée, qui ne porte que sur la technique employée, la fracturation hydraulique.

Étaient également présents, au côté des deux candidats écologistes, le chef de file de la contestation anti-gaz de schiste José Bové, ainsi que Danielle Mitterrand qui, en ce jour anniversaire du 10 mai 1981, a préféré manifester plutôt que commémorer.

"Il faut éradiquer complètement l'exploitation des gaz de schiste. On ne va pas encore traumatiser la Terre qui déjà n'en peut plus de nous supporter", a déclaré aux journalistes la veuve de l'ex-président François Mitterrand.

"Tous les écologistes sont unis dans ce grand combat, il n'y a pas de désaccord", a expliqué Eva Joly.

"Sur les gaz de schiste, grâce au mouvement citoyen, il y a plus qu'une prise de conscience, il y a une vraie mobilisation qui va au-delà des clivages politiques: l'écologie devient une évidence", a déclaré de son côté Nicolas Hulot, qui apparaissait pour la première en public au côté d'Eva Joly, sa rivale, depuis sa déclaration de candidature à la primaire écologiste.

Dans la matinée, la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet avait qualifié d'"erreur" les permis d'exploration octroyés. Trois portent sur le gaz de schiste, dans le sud de la France, et trois sur l'huile (pétrole) de schiste dans le Bassin parisien.

Cinq mois après le début d'une contestation qui ne s'essouffle pas, les députés vont examiner dans la soirée une proposition de loi UMP du député de Seine-et-Marne Christian Jacob, élaborée au "non du principe de précaution" et avec la bénédiction du gouvernement.

Celle-ci interdit l'exploration et l'exploitation des "hydrocarbures liquides ou gazeux" par "des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche". La méthode, accusée par les écologistes de polluer les nappes phréatiques, consiste à injecter de grandes quantités d'eau et de produits chimiques afin de briser la roche pour en extraire ensuite le gaz.

Mais, les écologistes dénoncent la modification de l'article 2 relatif à l'abrogation des permis déjà octroyés.

La version initiale prévoyait une abrogation pure et simple, alors que, désormais, les titulaires des permis auront deux mois pour déclarer la technique utilisée. C'est seulement s'ils recourent à la fracturation hydraulique, ou s'ils ne répondent pas, que les permis seront abrogés.

"On demande aux entreprises d'envoyer une belle lettre au ministère de l’Énergie en lui disant quelles vont être les techniques employées. S'ils n'emploient pas le mot "fracturation hydraulique", leurs permis vont continuer", a commenté José Bové.

Du coup, ce texte au départ très consensuel ne devrait pas recueillir les voix de la gauche.

Mais pour Christian Jacob, la nouvelle rédaction de l'article 2, issue du travail en commission la semaine dernière, se justifiait car elle est "beaucoup plus sécurisante".

"On demande aux entreprises de démontrer qu'elles n'utilisent pas la fracturation hydraulique, ce qui permet d'avoir un document opposable aux tiers. S'il y avait une mauvaise déclaration, cela relève du pénal", a-t-il expliqué.

La question d'autoriser ou non une expérimentation devrait également se poser au cours du débat. Le vote solennel est programmé mercredi avant un examen au Sénat le 1er juin.

De Déborah CLAUDE et Claire SNEGAROFF
Texte et photo AFP

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