Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

lundi 2 novembre 2009

Qui sème la misère, récolte la colère !

J'écris ce texte pour alerter, une fois de plus.

Une fois de plus j'écris un texte noir, mais j'y suis contraint, ne pouvant me résoudre à me taire. Et les sujets ne manquent pas depuis deux ans, c'est le résultat de la tactique de Sarkozy, qui consiste à attaquer sur tous les fronts, en même temps, divisant, par là même, les forces des opposants, qui se concentrent, alors, sur leurs sujets premiers et respectifs, ne pouvant être partout à la fois. Les syndicalistes et les militants s'essoufflent, ils sont usés d'aller dans la rue. Au final il n'y a plus d'opposition. Je ne suis pas mieux que les autres, je ne suis pas plus brave, je m'épuise aussi. Je suis épuisé de devoir toujours raller et ruer dans les brancards. Mais la nécessité faisant la loi, une fois de plus je reprends mon clavier et mon blog pour alerter. Pour alerter sur un projet dont tout le monde a entendu parler, mais qui ne semble pas émouvoir plus que cela les citoyens de ce pays. Cela fait se soulever tous les élus locaux, de Droite (qui n'en contestent que la méthode) comme de Gauche (qui, eux, contestent le fond), mais les citoyens ne semblent pas se rendre compte de la gravité de la suppression de la Taxe Professionnelle - puisque c'est de cela qu'il s'agit- sur leur vie, sur notre modèle français.

Sarko est en train de détruire, par ses intempestives et impulsives annonces de pseudo réformes de modernisation (en langage Sarkosien cela signifie régression sociale), notre pays à petit feu, dans l'indifférence totale.

J'écris ce texte pour alerter, pour essayer de mobiliser, avec mes modestes moyens, les citoyens de ce pays que j'aime et qui se meurt sous les coups de boutoirs d'un président dogmatique et inconséquent. J'écris ce texte pour alerter contre un projet qui va toucher la vie des Français très concrètement, violement et directement et ce, au quotidien.

Je voudrais dire qu'il ne faut pas s'y tromper cette mobilisation contre la suppression de la Taxe Professionnelle (TP) n'est pas juste une affaire de politiciens mais qu'il s'agit bel et bien de ce qui fait notre vie et des facilités que nous avons à faire telle ou telle chose en dehors du temps de travail. Ne nous y trompons pas la Taxe Professionnelle est, pour une commune, ce qui lui permet de subventionner la vie de ses habitants et de leurs enfants leur permettant d'avoir accès aux associations, à la culture, aux équipements sportifs.

Maintenant vous allez me dire qu'avec la perte des finalités philosophiques du travail qui sont, non pas d'avoir un quelconque honneur que l'on perdrait en cas de chômage, mais bel et bien de permettre aux gens de vivre une vie de famille, de loisir, de sport, de culture, tout cela n'aura plus de raison d'être. Avec la survalorisation testostéronée de "la valeur travail", tout ce qui fait la vie à coté, sera désuet pour ne pas dire honteux. Nous pourrons, dés lors, regagner le flot des travailleurs-esclaves qui n'ont, comme seul horizon de vie que celui du travail, de l'épuisement puis de la mort. Bonjour les perspectives de lendemains qui chantent. Merci à la Droite de préparer un troupeau d'esclaves travaillant pour que les classes aisées puissent jouir des douceurs de la vie comme c'était le cas au 19ème siècle en France ou bien en Chine aujourd'hui.

Ne nous y trompons pas, c'est bien ce qui risque d'arriver. Prenons comme cas concret une ville comme les Ulis. En effet, la ville des Ulis est, avec la TP est la 10ème ville la plus riche de l'Essonne mais sans la TP, juste avec les revenus des impôts locaux nous redescendons à la 3ème ville la plus pauvre de l'Essonne. C'est vous dire si cet arrêt de versement de TP va avoir un impact direct sur les activités des Ulissiens. Pour comprendre il faut voir qu'il est plus que probable que nous ne pourrons plus subventionner les associations qui devront, dès lors, augmenter leurs tarifs ou bien mettre la clef sous la porte. Dans les deux cas de figures, les associations seront condamnées à court terme car les Ulissiens ne pourront plus payer leurs participations. La ville ne pourra plus offrir une si belle médiathèque, des entrés peu chères à la piscine, des spectacles de qualités reconnues et bons marchés au théâtre, une ville aussi bien entretenue et verte, etc... Tout cela déséquilibrera les villes populaires comme la nôtre qui se sentiront légitimement stigmatisées et abandonnées par la Nation. Cet abandon qui entraînera, c'est à craindre, des débordements violents de citoyens qui n'auront plus rien à perdre et qui serviront, ensuite, d'alibi à une politique ultra-sécuritaire.

Alors dans un premier temps les Communes, les Conseils Généraux ou bien les Régions se verront dans l'obligation d'augmenter les impôts locaux pour essayer de compresser l'hémorragie, mais cela aura des limites car nous ne pourrons, indéfiniment, ponctionner le peuple. Mais en attendant il y aura eu transfert des solidarités des entreprises, sur les citoyens qui devront, une fois de plus mettre la main au porte-monnaie pendant que les plus riches, eux, empocheront le pactole. Cela est révoltant. Cela me révolte !

Il ne faut pas que les citoyens soient dupes des supercheries et des cadeaux (allègements de charges, les emplois aidés, exonération de Taxe carbone …) fais aux entreprises depuis de très nombreuses années afin que celles-ci soient, soit disant, plus compétitives. Ne soyons pas dupes, car cela n'a jamais amené d'emplois supplémentaires mais au contraire de plus en plus de délocalisations et de plus en plus de bénéfices dans la poche des actionnaires. On peut même se poser la question, en un triste rire, de savoir si les entreprises privées, à force d'aides de l'état, ne s'apparenteraient pas à des entreprises publiques ? Autant de capitaux qui ne vont pas dans les entreprises publiques et qui se meurent justifiant les pseudo-salvatrices privatisations. Avec la suppression de la TP les entreprises vont avoir un nouveau cadeau, emballé par l'argument de la compétitivité internationale, mais cela ne se traduira par, une fois de plus, aucun bénéfice pour les salariés, les embauches, les investissement vers une plus grande sobriété environnementale, mais vers plus de bénéfices pour les patrons et les actionnaires et plus de misère dans les villes populaires.

Comme pour prouver cette roublardise des patrons et de la Droite, regardons le dernier cadeau fait aux entreprises en date par la baisse de la TVA dans le secteur de la restauration. Baisse de la TVA que l'on nous a vendu comme étant la solution pour plus d'embauches, une baisse significative des prix et une redynamisation du secteur hôtelier. Qu'en est-il aujourd'hui ? Rien n'est venu. Aucun engagement n'a été tenu, en revanche on peut légitimement se dire que les bénéfices, entre les prix qui n'ont pas baissé et la baisse de la TVA, sont allés dans la poche, déjà bien pleine, des patrons et autres actionnaires.

Enfin et pour conclure inutile de dire que cette suppression de TP sera irréversible. Même si la Gauche revenait au pouvoir et qu'il lui venait l'idée de remettre la TP nous assisterions à une levée de bouliers du lobby patronal, maniant la menace des licenciements à tour de bras faisant que nous ne pourrions jamais rétablir ce qui n'aurait jamais du disparaître.

Ne nous y trompons pas l'heure est grave, levons nous, mettons tout en œuvre pour que cela ne se fasse pas, soutenez vos élus locaux qui doivent sentir que le peuple est en colère.

Dessin : Enki Bilal

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