Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

lundi 14 mars 2011

Le déclin des insectes pollinisateurs inquiète fortement les Nations Unies

Dans un rapport du 10 mars, le PNUE revient sur les menaces qui pèsent sur les insectes pollinisateurs au premier rang desquels figure les abeilles. L'ONU craint pour la sécurité alimentaire des populations et en appelle aux gouvernements.

Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement a publié le 10 mars un rapport complet sur la pollinisation et surtout le déclin des insectes pollinisateurs. L'étude baptisée "Désordre dans les colonies d'abeilles et autres menaces sur les pollinisateurs", constate une nouvelle fois que le nombre de colonies d'abeilles est en chute libre dans de nombreuses régions du monde. Ce phénomène remonte au milieu des années 1960 en Europe, mais s'est accéléré depuis 1998, notamment en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne et en Royaume-Uni. Dans ce pays, 71% des espèces de papillons ont diminué et 3,4% se sont éteints au cours des 20 dernières années. En France, 300.000 colonies d'abeilles disparaissent en moyenne tous les ans depuis 1995, victimes d'intoxications par des produits phytosanitaires et de pathologies, selon l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF).

Un déclin multifactoriel

Pour expliquer ce phénomène, l'agence onusienne met en avant plus d'une douzaine de facteurs déjà évoqués par de nombreuses agences, qui vont de la diminution des espèces de plantes à fleurs aux dommages des insecticides sur la mémoire des insectes, à la propagation d'organismes nuisibles et la pollution atmosphérique. Selon une étude anglo-néerlandaise citée par le PNUE, depuis les années 1980, 70% des fleurs sauvages de la planète sont en régression, dont les plus importantes sont la menthe, les pois et la famille des herbacés vivaces. Et si rien n’est fait en matière de conservation, environ 20.000 espèces de plantes à fleurs dont dépendent de nombreuses espèces d'abeilles pour se nourrir, pourraient être perdues dans les prochaines décennies !

Dans le même temps, le rapport démontre que la pollution de l'air peut aussi interférer avec la capacité des abeilles à trouver ou retrouver des plantes à fleurs et donc de la nourriture, dans la mesure où des odeurs et parfums qui circulaient dans les années 1800 dans un rayon de plus de 800 mètres, ne circulent plus aujourd'hui que dans un périmètre de moins de 200 mètres.

Les pratiques agricoles et notamment l'utilisation de pesticides sont également au premier plan des facteurs de déclin. "Des études en laboratoire montrent que certains insecticides et fongicides, utilisés ensemble, peuvent être 1.000 fois plus toxiques pour les abeilles, affectant leur sens de l'orientation, leur mémoire et le métabolisme de leurs cerveaux", rappelle le PNUE.

Enfin, l'agence place au sommet de tous ces facteurs, le changement climatique qui risque d'aggraver encore la situation d'une multitude de manières, par exemple en modifiant les périodes de floraison des plantes et de précipitations, qui affecteront à leur tour la qualité et la quantité de nectar disponible pour les abeilles.

Le PNUE appelle à l'action immédiate

Pourtant la pollinisation est essentielle pour la production alimentaire. Les rendements de certaines récoltes de fruit ou de graine diminuent de plus de 90% sans ces pollinisateurs. Au total, selon une estimation du CNRS et de l'INRA publiée dans la revue Ecological economics en 2008, le poids économique mondial de la pollinisation serait de 153 milliards d'euros par an. "Sur les cent espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70% dépendent des abeilles pour leur pollinisation", insiste le Directeur du PNUE, Achim Steiner.

Dans ce contexte, le rapport appelle à la mise en place immédiate de mesures d'incitation à la restauration des habitats des pollinisateurs et de leur environnement pour les agriculteurs. "Les êtres humains ont fabriqué une illusion, celle consistant à imaginer qu'au 21ème siècle, ils disposeraient des prouesses technologiques leur permettant d'être indépendants de la nature", explique Achim Steiner, avant d'estimer que la situation des abeilles soulignait "une autre réalité" : "dans un monde de près de 7 milliards d'humains, nous sommes plus dépendants de la nature, et pas non l'inverse".

L'Europe promet de se mobiliser

L'Europe s'est saisie de la question récemment avec la présentation en janvier 2011 d'une communication de la Commission européenne. Plusieurs actions sont prévues afin de prévenir la mortalité des abeilles et renforcer les études existantes. Bruxelles entend notamment désigner un laboratoire de référence de l'UE pour la santé des abeilles qui devrait être opérationnel d'ici avril 2011. Un programme pilote de surveillance a aussi été mis en place afin d'estimer l'ampleur de la hausse de la mortalité des abeilles. Les contributions financières dans les programmes nationaux d'apicultures pour la période 2011-2013 devraient en outre augmenter de 25%. Enfin, des mesures de lutte contre la mortalité des abeilles pourraient également être incluses dans une législation sur la santé animale prévue pour début 2012.

Florence Roussel
actu-environnement.com

1 commentaire:

La Mante a dit…

mieux vaut tard que jamais. Sauf que tard, c'est peut être trop tard.

Il y a 20 ans un ami apiculteur, en Forêt Noire, se plaignait déjà de la mortalité élevée de ses abeilles.