Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 12 décembre 2006

"Exécrer le règne du meilleur et préconiser celui du pire"

Même si je ne partage pas toujours les analyses de J.F. Kahn, et surtout son coté totalement anticommuniste primaire, je trouve qu'il a fait là, dans son édito, une démonstration édifiante de l'absurdité de notre système économique actuel.

Bruno

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Extrait de l'édito de J.F. Kahn dans le "Marianne" n°464 du 11 au 17 mars 2006.

"… Il est des aveux dont il faut se féliciter tant ils contribuent à faire tomber les masques. Ainsi, récemment, un certain Yves de Kerdel, éditorialiste au figaro, lançait ce cri d'alarme : "attention, avec l'invocation d'un patriotisme économique, on revient à l'économie mixte de funeste mémoire !"

Ce qu'il voulais dire, c'est que toute velléité d'humaniser ou de réguler la dynamique prédatrice d'un ultra capitalisme sauvage, revenait à renouer avec la politique économique suivie, durant les trente années d'après guerre. Donc, cette politique était épouvantable. Or, comment même ceux qui, comme ce De Kerdrel, la diabolisent, appellent-ils cette période ? "Les trente glorieuses" ! Oui, ceux-là même qui en font un épouvantail ne peuvent nier qu'elle se caractérisa par une croissance continue, le plein-emploi, des rémunérations salariales en augmentation constante, un processus régulier de progrès social, une quasi éradication de l'extrême misère.

Un observateur qui débarquerait imaginerait alors que, depuis que le système rooseveltien a été aboli et que la logique néolibérale à peu à peu imposé ses normes – privatisation, dérégularisation, flexibilité, précarisation - , la situation s'est, dans presque tous les domaines améliorés.

Or, pas du tout : comment les néolibéraux eux-mêmes qualifient-ils la dernière période ? "Les trente piteuses" ! Et de se lamenter sur le croissance quasi exponentielle du chômage, de la dette des déficits publics, de l'exclusion, de la pauvreté, de l'insécurité.

Alors, voilà des gens qui, froidement, reconnaissent que le système qu'ils exècrent donnait des résultats admirables et que celui qu'ils préconisent débouche sur une débâcle généralisée, mais qui, cependant, même s'ils s'en lamentent, continuent imperturbablement à exécrer le règne du meilleur et à préconiser celui du pire. …"

Jean-François Kahn
Mars 2006

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