Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mercredi 26 mars 2014

Les nouvelles fables de La Fontaine

Toute ressemblance avec des personnages passés ou actuels ou à des situations passées ou actuelles sont bien évidement le fruit du hasard.


Les agneaux qui ne voulaient pas être des moutons

Il était une fois deux agneaux qui ne voulaient pas être des moutons.

Ces agneaux, qui croyaient en la liberté, l'égalité et la fraternité entre les espèces, avaient travaillés des années durant au sein des meutes de grands carnassiers, maître des herbivores, afin de faire entendre leur petite voix tout en espérant ne pas se faire manger.

Ils ne voulaient pas devenir des grand prédateurs, mais juste des agneaux rebelles, vivants et debout.

Au milieu du peuple des hyènes, des loups, des lions, des vautours et des petits renards, les agneaux levaient haute une tête fière, montrant la gorge du courage.

A la force brutale du nombre ils répondaient, inlassablement, par la réflexion et l'intelligence.

D'herbivores bio, souvent, ils durent se faire carnivore pour avaler de nombreuses couleuvres qui n'avaient rien demandé à personne.

Au final, de moqueurs, les prédateurs finirent par les respecter car ce qu'ils disaient était juste.

Leur défense d'une savane équilibrée afin que tous puissent y vivre durablement avait fini par faire mouche

Cependant, un soir d'hivers surgit, accompagné de ses naïves oies blanches, un Jar (qui était en fait un âne) qui voulait parader, le croupion en l'air, devant les moutons.

Cet âne avait longuement côtoyé un vieux goupil qui lui apprit le métier du renard.

Il usa de tous les stratagèmes, de toutes les fourberies pour obtenir gain de cause. Il se fit doux comme le vison et partagea même l'auge des agneaux pour mieux les endormir et arriver à son but.

Ils le savaient pourtant, ces doux agneaux, que cet âne était en fait un triste renard sournois, mais ils voulaient croire en la rédemption. Ils voulaient croire que le malin pouvait devenir ange.

Aussi bête que méchant et surtout sans scrupule, le jar, qui était un âne, su se faire renard pour usurper le travail des agneaux qui ne voulaient pas être moutons.

Ce qui devait arriver arriva, le Jar, qui était en fait un âne, parvint à ses fins et se mis à parader au sein des carnivores cachant sa vacuité dans une danse ridicule. Pendant que ses oies blanches, sous le charme, ne voyaient pas l'inconsistance de l'ambitieux, les grands carnassiers apprenaient l'hilarité des hyènes.

Le vide de son esprit aurait dû suffire à le disqualifier mais le Jar, qui était aussi un âne, savait se faire chat et attendrir son auditoire, il savait ruser pour faire croire qu'il était du niveau des agneaux.

Seuls les agneaux et quelques renards, habitués à la ruse, voyaient l'entourloupe mais ils ne faisaient pas le poids devant le flot de jacassements mielleux qui savait si bien charmer les douces oies blanches. Il oublia toutes ses obligations mais comme tous étaient d'accord pour rigoler un bon coup, ils le laissèrent jouer si mal son rôle d'agneau.

Au résultat les agneaux, qui avaient si bien résisté aux grands prédateurs, durent céder la place à l'âne et commencèrent, sous l'œil goguenard de ce dernier, une longue traversée du désert.

Bien malin celui qui pourra leur jeter la pierre de s'être fait avoir avec tant de facilité, tant leurs sentiments étaient nobles, vis-à-vis de la lâche bête, mais ils se jurèrent qu'on ne les y reprendrait pas de sitôt même si, pour l'heure, il était trop tard. Ils se jurèrent que perdre une bataille n'était pas perdre la guerre, que s'il gagnait aujourd'hui il n'était écrit, nulle part, qu'il gagnerait demain.

Bruno BOMBLED
Mars 2014

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