Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

jeudi 26 décembre 2013

Ou quand l'égocentrisme et l'égoïsme décomplexé est incarné.

Bruno : Laisser passer Notre-Dame-des-Landes, c’est laisser passer l’idée que notre avenir puisse être celui du développement durable. Laisser passer Notre-Dame-des-Landes, c’est faire passer l’idée terrible que l’écologie ne sert à rien sauf à des beaux discours. Laisser passer Notre-Dame-des-Landes, c’est faire une croix sur la transition écologique et énergétique de ce pays. Mais pas plus aujourd'hui qu'en octobre 2012 nous ne laisserons faire ! ces travaux ne commenceront pas ! Sur place, le mouvement est vivace, les liens denses, les champs cultivés et les habitats plus nombreux. Plus de 200 comités locaux se sont créés, en solidarité avec la lutte et pour la faire essaimer par chez eux.

Thibault : Je continue à penser qu'il y a des combats bien plus importants aujourd'hui en termes d'écologie que celui-là. Je ne comprends toujours pas pourquoi tu prends cette lutte spécifiquement si à cœur. But indulge me, comme on dit là-bas.

Bruno : Ne serais-ce que pour la raison qui est écrite sur l'image ci-dessus. Cet aéroport est inutile, climato-destructeur, symbole d'un pays qui ne comprends pas les défis qui se posent à nous et qui poursuit sa fuite en avant et il est le bébé d'une multinationale qui ne sait faire que bétonner et détruire pour le plus grand bénéfice de ses actionnaires. Maintenant si tu ne comprends toujours pas, même en te renseignant ou, à minima, en relisant les anciens articles sur mon blog, sincèrement je ne peux rien pour toi. je t'embrasse mon cousin.

Thibault : Je n'ai pas dit ça; je pense que ce n'est pas un problème très important par rapport à d'autres problèmes écologiques qui devraient nous mobiliser bc plus, et toi le premier. Celui-là est loin physiquement et ne devrait être en tête de tes priorités par rapport aux Ulis. Et non, je ne vois pas le problème. C'est un aéroport de plus qui pourrait désengorger et redynamiser une région qui en a besoin. À ce compte, pourquoi ne fermerait-on pas tous les aéroports. On range tous les avions qui polluent comme pas possible et on s'isole. C'est Marine qui sera super contente... Sérieusement ?

Bruno : Bon, Thibault, on ne va pas rentrer, à nouveau, dans un long débat épistolaire (si tu veux qu'on en discute, appelle moi demain, ce sera plus simple à l'oral). 1. Je ne vais pas me justifier de défendre ce sujet, car j'en défends plein d'autre, tant aux Ulis qu'ailleurs. Et 2, je te propose, si tu n'as pas trop de temps devant toi, de juste lire les articles qui sont sur mon blog et tu auras une réponse pour chacune de tes affirmations erronées et démontrant (excuse moi de la brutalité du propos) une totale méconnaissance du dossier.

Thibault : D'accord avec toi sur ton second point, mais je dirais plutôt et surtout un non-intérêt entraînant une méconnaissance, car je me sens plus concerné par ce qui me touche directement. Je te l'accorde, c'est clairement égoïste. Je ne pourrais pas t'appeler demain car je suis à Tallinn en ce moment, puis Helsinki pour Noël avant de passer le Nouvel An en Laponie à la recherche des aurores boréales. Je te raconterai. Tout ça pour dire que sans les avions, je ne pourrais pas faire tout ça.

Bruno : Au secours Christophe. Je t'en prie, répond quelque chose à Thibault, je n'ai pas envie d'exploser et de faire une réponse que je regretterai après. Merci.

Bruno : En attendant la réponse de Christophe, Thibault, la destruction de l'environnement par pur égoïsme - comme tu le reconnais toi-même le faire - a un prix que nous payerons tous, collectivement, tôt ou tard ... les plus précaires payeront en premier, ceux qui n'y sont pour rien passeront à la caisse en premier, pendant que les plus nantis continuerons à consumer la planète le ventre bien gras ... et c'est profondément dégueulasse. Et n'oublies jamais à quoi mène l'égoïsme, qu'il soit social ou écologique (les deux sujets s'entrecroisent car l'un ne va pas sans l'autre). Ne s'occuper que de ce qui nous touche directement mène à cela :

«Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.»

Martin Niemöller, pasteur protestant, arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.

Christophe : Il n'y pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Effectivement, sans avion, difficile de voir autant de chose en si peu de temps. Moi, ce que je ne comprends pas c'est que les gens fassent le tour du monde pour en admirer les beautés en utilisant à outrance un moyen de transport qui justement participe à la destruction de ce monde (pour mémoire, chaque individu peut émettre 2 tonnes de CO2 par an, au delà il participe au changement climatique et un paris NY en AR c'est 2 tonnes, tout est dit). Quel est l'intérêt de faire autant de déplacements : juste une photo pour mettre sur facebook et dire j'y étais (et sous entendu, toi pas) ? C'est juste de la consommation, juste une approche superficielle de la réalité, aucune prise de conscience du fait que nous faisons partie de la biosphère et que sans elle nous ne sommes rien, aucune prise de conscience de l'impermanence et de la fragilité de cette biosphère qui chaque jour se dégrade du fait de nos actions de surconsommation prédatrice. Tout est interdépendant, l'équilibre de la biosphère dépend de nous et nous dépendons de son équilibre. Sur l'aéroport inutile, Bruno a tout dit, pas la peine d'en remettre une louche. Il me semble que la moindre des choses, c'est que ceux qui prennent l'avion compensent leur émissions de gaz à effet de serre. Cela ne changera pas le monde, mais c'est un premier pas vers la prise de conscience et au moins c'est utile. Dans les autres cas, j'avoue que j'ai du mal a envier les gens qui voyagent sans se soucier de l'impact de leur geste...

Discussion facebook du 22 décembre 2013

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