Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

samedi 22 août 2009

DD et vacances aux Antilles : compatible ?


Pour couper cours à toute polémique voici un texte pour commenter mon voyage de 6 semaines aux Antilles, cet été 2009.

Pour commencer posons-nous la question de savoir si prendre ses vacances en Guadeloupe alors que l’on habite en métropole à l’heure du réchauffement climatique est compatible avec un engagement pour le Développement Durable ?

La réponse est indubitablement, Non !

Un voyage comme celui que j'ai fais est en total opposition avec ce qu'il faudrait faire pour lutter contre le réchauffement climatique :

• A/R en avion (700 kg de C),
• Utilisation quotidienne de la voiture (pas de transports en commun fonctionnels),
• Pas de tri des déchets,
• Eau chaude et électricité issues du pétrole car pas d'installation de capteurs solaires.
• Etc …

La vie aux Antilles est un crève-coeur pour les écolos.

Aurais-je donc dû ne pas y aller ? Dans l'absolu oui.

Devrais-je vous écrire ce texte ? Dois-je me justifier ? Oui car j’ai été interpellé, à juste titre, par certain de mes colistiers en Mairie ce matin sur cette contradiction (DD et Vacances aux Antilles). Par honnêteté intellectuelle j’ai préféré dire que cet été j’étais aux Antilles car même si je n’avais rien dis cela ce serait su, tout de même, et j'aurai été taxé de ne pas être honnête. J’aurais été taxé d'un "faites ce que je dis et pas ce que je fais !". J'aurais été totalement décrédibilisé. Il est donc normal que je m'explique publiquement auprès de vous.

Maintenant que cela est dis, aurais-je dû ne pas me rendre aux Antilles cet été ? Oui certes, mais c'est oublier que la moitié de ma vie est là-bas, que mes enfants sont de là-bas et qu’ils ont besoin de voir que leur métro de père s’intéresse à leurs origines domiennes afin qu’ils les assument, sans complexe, dans un pays qui ne reconnaît pas les ressortissant des DOM-TOM comme des français à part entière. Dès lors se pose à moi le problème du transport carboné des ultramarins versus la conscience environnementale et le réchauffement climatique.

Maintenant que tous cela est dis et mis sur table, passons aux mathématiques carbonées :

1. Un français moyen consomme 2000 kg de C par an.

2. D'après mon bilan carbone personnel et tous les efforts que je fais dans l'année je suis à 1000 kg de C par an.

3. Pour stabiliser le climat il faudrait que chaque français n'émette plus que 500 kg de C par an.

4. Il me faut donc encore réduire de moitié, ce qui est franchement difficile, mais j'y travail : Réfléchir à manger moins de viande, me séparer de mes deux voitures thermiques pour une électrique etc …

5. Avec mes 700 kg d'avion de cet été, dans l'absolu, j'ai utilisé tout mon quota pour l'année à venir, je ne doit donc plus me nourrir, me loger, me laver, me vêtir, me déplacer ... pendant un an.

6. C'est oublier que, d'un point de vu personnel, j'ai décidé de ne plus jamais prendre l'avion pour partir en vacances (fini donc les belles plongées dans les mers tropicales et exotiques, fini Safaga en Égypte, fini les Seychelles, fini la Nouvelle-Calédonie) si ce n'est tous les 4 ans pour les congés bonifiés en Gwada.

7. Donc ces 700 kg sont à moyenner sur 4 ans (ce n'est pas un tour de passe-passe, c'est comme cela que fonctionne le bilan carbone) ce qui nous donne 175 kg de carbone à rajouter à mes 1000 kg soit : 1175 kg de C par an pour ma personne.

8. Je reste donc en dessous de la moyenne nationale, même si cela n’est pas encore exemplaire.

En conclusion, il est clair qu’il me reste encore des efforts à faire (divorcer pour ne plus devoir me rendre aux Antilles, par exemple ?) pour atteindre l’objectif du facteur 4 du Grenelle de l’Environnement qui vise à n’autoriser que 500 kg de C par an et par français. Je n’ai jamais dis que j’étais vertueux mais je ne m’en contente pas.

2 commentaires:

boggy a dit…

Tiens c'est bizzare j'allais justement t'envoyer un message pour que tu nous parles de tes vacances avec bilan carbone à l'appui. Transmission de pensée?

Je trouve que la démarche de ton article te fait honneur.
Mais j'ajouterais qu'il ne faut pas oublier que le DD repose sur trois piliers (écologique, social et économique). Restreindre le DD à la mesure du taux de C est très réducteur... Le pouvoir des chiffres...
Ton voyage aux Antilles a un impact social auprès de ta famille (comme tu le fait remarquer) et de ceux que tu as rencontré. Ta présence là-bas a également eu un impact sur l'économie locale.
Ton engagement contribue à faire diminuer la moyenne de C par habitant.
etc.
Alors cesse de culpabiliser mais sois plutot fier de ce que tu fais!
Et merci de nous défier à réduire notre propre impact.

Boggy.

PS: Et puis met nous en ligne quelques photos de ton voyage, ca nous permettra de patienter 4 ans.

JC GUILLOU a dit…

En effet ta demarche t'honore. La prochaine tu y vas en bateau.. ca te prendra 3 semaines aller et 3 semaines retour.
Ton voyage n'est pas touristique mais familiale...