Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mercredi 20 août 2014

En vrac : Climat, Overshoot day, biodiversité et mondialité

Climat : Ce que je retiens de l'audition de Nicolas Hulot à l'Assemblée Nationale, vu ce 20 août 2014 sur La Chaîne parlementaire, pour les travaux de la Commission du Développement Durable : 

Il ne sert plus à rien de tergiverser sur l'existence ou non des changements climatiques et sur la responsabilité humaine. Aujourd'hui il existe un organisme reconnu par tous qui est le GIEC et qui affirme qu'à plus de 98 %, les changements climatiques sont une réalité et que la responsabilité en est anthropique. Mais s'il existe, en effet, une faible probabilité que cela soit faux, qui entrerait dans un train qui a plus de 98 % de risque de se cracher ?

Faut-il être optimiste ou pessimiste concernant les changements climatique ? Je dirait qu'il ne faut être ni l'un ni l'autre car les deux ont abandonné le combat et l'action, l'un grâce à sa foi en l'avenir et en notre éventuelle capacité à trouver, in fine, une solution technologique, l'autre face à la fatalité qui lui dicte de ne rien faire puisque tout est foutu. En Afrique il est un dicton qui dit qu'il faut des optimistes et des pessimistes, puisque l'optimiste invente le bateau et le pessimiste le canot de sauvetage. Il ne sert à rien d'être pessimiste ou optimiste il faut être acteur du changement.

La conférence de Paris de 2015 sur le climat, devrait être capitale et historique car, contrairement aux autres conférences sur le climat, qui reposaient sur le volontariat non contraignant des pays, la conférence de Paris sera globale et juridiquement contraignante.

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Overshoot Day : En moins de huit mois, l'humanité a consommé l'intégralité des ressources naturelles que la planète peut produire en une année, selon l'organisation non gouvernementale Global Footprint Network. Ce mardi 19 août marque le point de bascule pour 2014 : désormais, nous vivons à crédit, notre consommation de ressources puise dans les stocks et augmente le dioxyde de carbone de l'atmosphère. L'accumulation des gaz à effet de serre est en effet plus rapide que la capacité d'absorption des forêts et des océans.

C'est ainsi que désormais 72% de la population vivent dans des pays qui surexploitent la biocapacité (dont la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, le Japon, les Etats-Unis, la Grèce, le Danemark, la Suisse, le Qatar et les Émirats arabes unis).

Il faudrait ainsi 1,6 France pour répondre aux besoins des Français, 1,9 Etats-Unis pour les Américains, 2,5 Allemagne pour les Allemands, 3,3 Royaume-Uni pour les Britanniques, 3,1 Grèce pour les Grecs, 4,3 Suisse pour les Suisses, 4,4 Italie pour les Italiens, 7 Japon pour les Japonais et 12,3 Émirats arabes unis pour les Emiriens.

20, 30 voire 40 ans que l'on alerte mais personne n'a voulu entendre et ne veut entendre. Aujourd'hui tous les signaux sont au rouge et le seul chemin que nous propose notre monde est de continuer vers le mur. Perso j'aurai fait ma part de boulot depuis mes 18 ans, je ne regrette qu'une chose, n'avoir pas su convaincre.

Triste jour

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Biodiversité : Une petite confirmation d'une remarque pertinente de mon frère. Après 5 heures de route, pour partir en Bretagne cet été, ma voiture est presque clean, elle n'est pas maculée d'insectes comme pouvait l'être celle de mes parents quand nous partions en vacances quand j'étais môme. Es-ce un bon indicateur visible de la chute de la densité inquiétante de ce maillon indispensable de la chaîne de la vie ?

Pour le biologiste néerlandais Maarten Bijleveld van Lexmond, qui a réunit une douzaine d'entomologistes partageant la même inquiétude en juillet 2009, cela est effectivement un indicateur de la chute de la biodiversité. Tous notaient un déclin accéléré de toutes les espèces d'insectes depuis les années 1990. Selon eux, l'effondrement des abeilles domestiques n'est que la partie visible de ce phénomène aux conséquences considérables pour l'ensemble des écosystèmes.

Encore fallait-il étayer ce soupçon.

Au fil des mois, le petit groupe de chercheurs est devenu un consortium international – le Groupe de travail sur les pesticides systémiques – d'une cinquantaine de scientifiques de 15 nationalités, pour la plupart universitaires ou chercheurs au sein d'organismes publics. Le résultat de leurs cinq années de travail est résumé par Jean-Marc Bonmatin (Centre de biophysique moléculaire du CNRS) "Les preuves sont très claires" que l'exposition chronique à des faibles doses des mélanges de néonicotinoïdes, de fipronil et de leurs produits de dégradation, fragilise les populations de nombreuses espèces (troubles de reproduction, facultés de survie réduites) et que "nous assistons à une menace pour la productivité de notre environnement agricole et naturel". "Le déclin des insectes, c'est aussi le déclin des oiseaux, dont plus de la moitié sont insectivores", note François Ramade (université Paris-Sud) qui ne peux que rappeler que "La recherche en agronomie est sous la tutelle des pouvoirs publics, qui sont généralement soucieux de ne pas gêner l'activité économique et donc l'emploi. De plus, les agences de sécurité sanitaire ne se sont guère préoccupées de ce problème car ces substances ne posent pas de graves problèmes pour l'homme. Il n'en reste pas moins qu'elles finiront par avoir un impact économique négatif important."

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Globetrotters : Un premier cas autochtone de dengue découvert dans le Var, un risque de pandémie d'ébola et toujours le risque de grippe aviaire qui nous pend au nez. Merci à la mondialisation, merci à tous ceux qui ont la bougeotte dans une inconscience coupable, ne pouvant s'empêcher de jouer les globetrotters pour aller "polluer toutes les plages et, par leur unique présence, abîmer tous les paysages", bousiller le climat, répandre des espèces qui deviendront invasives et faire courir des risques à l'ensemble des humains en véhiculant ces saloperies. 

Le seul point positif que je vois à cette situation, c'est de se dire que maintenant qu'il y a un risque que ces maladies tropicales atteignent les occidentaux, ceux-ci vont, peut-être, se bouger le cul pour trouver des remèdes qui pourront ensuite être transférer aux plus pauvres.

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