Notre Dame des Landes

"Le motif de base de la résistance était l'indignation. Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux."

Stéphane Hessel

mardi 20 novembre 2007

Salauds de grévistes !


En ce jour de manif pour la défense du service public et la recherche publique, je me suis pris à faire un peu le tour de mes collègues. Je leur ai demandé, eux qui sont les premiers concernés par la refonte de notre système de recherche, s'ils vont venir aux manifs cette après-midi ? Les réponses sont toutes embarrassées et négatives : Qui a un rendez-vous pris de longue date, qui de devoir se réinscrire en thèse, qui doit finir quelque chose d'urgent, qui de … Bref tout ce monde là a toujours quelque chose à faire de plus prioritaire que de défendre son outil de travail et sa condition de vie.

Alors il est amusant de poursuivre cette logique.

Poursuivre cette logique permet de révéler ce que les patrons et autres capitalistes distillent dans la tête du bon peuple bien docile. Cela permet de comprendre que finalement, dans les esprits, faire grève et aller aux manifs, cela n'est possible que lorsque l'on a du temps. Aller aux manifs, est révélateur du fait que l'on est pas complètement surchargé de travail. Les manifs deviennent donc la démonstration que ceux qui contestent, qui manifestent et qui protestent sont bien des fainéants qui n'ont rien d'autre à faire de leur journée.

Continuez à travailler, braves gens ! Continuez à engraisser le capital ! N'écoutez pas ces rouges, ces bolchots !

Alors brisons un mythe travailleurophobe :

  • Les ouvriers et autres salariés, ne font pas grève par plaisir. Ils ne sont pas des kamikazes de la lutte sociale, ce sont des pères et mères de famille.
  • Ils ne voient pas avec bonheur le fait d'avoir un salaire diminué à la fin du mois. Hé ! oui nous ne sommes pas payés des jours de grève.
  • Ils ne prennent pas leur pied à mettre en péril leur outil de travail. Il en va de leur propre survie.
  • Ils ne jouissent pas du fait de se mettre en retard dans leur propre boulot. Car souvent, se mettre en grève, ne gène qu'eux.
  • Ils ne se délectent pas de voir leurs compatriotes ramer dans les problèmes de transport. On a tous un proche ou un voisin qui est dans la panade.

Non le gréviste n'est pas un salaud d'égoïste.

Le gréviste est juste une personne qui ne se laisse pas faire et cela, de tout temps, n'a jamais plu aux dirigeants, aux riches, aux puissants et aux collabos.

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